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C comme Canon en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Dans le vocabulaire des travaux de table, le « canon » désigne le verre, et par extension son contenu. Il appartient à un lexique emprunté en grande partie à l’artillerie, où le vin devient « poudre forte », l’eau « poudre faible » et l’action de boire « tirer une canonnée ». Le mot rythme les santés rituelles du banquet d’ordre, au cours desquelles les canons sont levés et reposés à l’unisson. Contrairement à une idée répandue, l’expression populaire « boire un canon » ne vient pas des loges : elle dérive d’une ancienne mesure de vin.

Une étymologie à démêler

Canon
Banquet maçonnique

Le français a deux mots « canon ». Le premier, la « règle », vient du grec kanôn et a donné le canon des Écritures ou le droit canonique. Le second, la pièce d’artillerie, vient de l’italien cannone, dérivé de canna, « roseau, tube ». C’est ce second mot, et non le premier, qui est à l’origine du canon de table. Le Trésor de la langue française relève aussi un sens de mesure pour les liquides, attesté dès la fin du XVIe siècle, et un sens populaire de « verre de vin » au début du XIXe siècle.

Le canon au banquet d’ordre

Le banquet rituel, ou loge de table, prolonge les travaux du temple selon un cérémonial précis. Chaque convive dispose de son canon, aligné devant lui avec les autres « instruments ». Au signal du Vénérable, on « charge » les canons, on les lève pour porter une santé, puis on les décharge et on les repose ensemble. Le geste final, frappé en cadence sur la table, produit un seul bruit : l’unisson sonore exprime l’union des cœurs.

Le vocabulaire de table

  • Canon : verre ; barrique : bouteille.
  • Poudre forte : vin ; poudre faible : eau ; poudre fulminante : liqueur.
  • Tirer une canonnée : boire ; charger : verser.
  • Pierre brute : pain ; matériaux : mets ; mastiquer : manger.
  • Glaive : couteau ; pioche : fourchette ; truelle : cuillère ; tuile : assiette.
  • Sable : sel ; sable jaune ou ciment : poivre ou moutarde selon les listes.

Une origine militaire ?

Canon

La parenté de ce lexique avec l’artillerie a souvent été rapprochée de l’importance des loges militaires sous l’Ancien Régime et l’Empire, où nombre d’officiers étaient maçons. L’hypothèse est plausible mais non démontrée ; le vocabulaire mêle d’ailleurs l’artillerie, le métier de maçon (truelle, pierre brute, tuile) et peut-être l’alchimie (les couleurs des poudres). Il est fixé dans les rituels et tuileurs imprimés du XIXe siècle.

« Boire un canon » : une fausse étymologie maçonnique

Il est tentant de croire que l’expression populaire est sortie des banquets maçonniques. Les dictionnaires ne le confirment pas : au XVIe et au XVIIe siècle, le canon était une mesure de vin d’environ un seizième de pinte, servie dans les cabarets, et l’expression « prendre un canon » apparaît dans la langue populaire parisienne au début du XIXe siècle, chez Zola notamment. La langue de table des loges et celle des comptoirs ont plutôt puisé à une même source qu’elles ne se sont empruntées l’une à l’autre.

Le saviez-vous ?

Les travaux de table ont leurs déclinaisons : dans les chapitres de Rose-Croix, les verres deviennent des calices et les bouteilles des amphores ; dans l’ancienne maçonnerie d’adoption, le verre était appelé lampe. Un menu de banquet de 1847 conservé dans une loge parisienne parle même de « poudre pétillante » pour le champagne, réservé aux santés importantes.

Symbolique du canon

Canon

Au-delà de l’humour, le canon porte une leçon. Tous les convives disposent du même verre et le lèvent ensemble : égalité et communion. Les santés se succèdent dans un ordre réglé, et la modération est de rigueur : le banquet maçonnique célèbre la qualité du partage, non l’abondance. Le langage codé lui-même, qui oblige à l’attention, maintient la table dans l’esprit des travaux.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.

Voir aussi dans le glossaire : Banquet d’ordre, Poudre Forte, Ciment fort, Pierre brute.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Canne ou Bâton en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

La canne, ou bâton de cérémonie, est l’insigne du Maître des cérémonies, l’officier chargé d’ordonner les déplacements en loge, d’introduire les visiteurs et d’accompagner les candidats. Elle n’est pas une arme ni un sceptre de pouvoir, mais un instrument de mesure et de conduite : elle marque le rythme du rituel et la place de chacun. Héritière des bâtons des maîtres de cérémonie des cours et des confréries, elle se retrouve sous d’autres formes dans les loges anglophones, où diacres et directeurs de cérémonies portent des baguettes. Son étude éclaire la dimension chorégraphique du rite maçonnique.

Un attribut d’office

Canne ou Bâton

En France, le Maître des cérémonies tient une canne lors des tenues, souvent en bois sombre avec un pommeau ou un embout métallique. Selon les rituels, elle sert à ouvrir la marche, à guider le candidat ou le visiteur, à former la voûte d’acier avec les glaives lors de certaines entrées, ou à présenter les objets rituels. Selon les sources, son bijou associe une canne et deux glaives croisés, ou se réduit à un glaive dans certains usages modernes. L’officier peut porter un bâton de cérémonie ou un glaive.

Le Maître des cérémonies

Officier non élu dans la plupart des loges, nommé par le Vénérable, le Maître des cérémonies veille au bon ordre des circulations : il introduit les visiteurs selon leur rang, conduit les cortèges, place les frères et sœurs, apporte ce dont les officiers ont besoin. Il fait le lien entre l’Orient et les colonnes. Sa canne rend visible cette fonction de médiation : il ne commande pas, il conduit.

Dans les loges anglophones

Le rituel Emulation confie une part des déplacements à deux diacres, porteurs de longues baguettes, les wands, souvent ornées d’une colombe ou d’un Mercure, et au Directeur des cérémonies, dont le bijou figure deux baguettes croisées. Les stewards ont eux aussi des baguettes. Cette répartition différente montre que la fonction, guider et ordonner, est partout présente, même si l’objet et l’office changent de nom.

Un symbole très ancien

Le bâton est l’un des plus vieux insignes d’autorité et de guide : bâton du pèlerin, crosse de l’évêque, sceptre du roi, caducée d’Hermès, messager des dieux et conducteur des âmes. La Bible donne à Moïse et à Aaron un bâton qui accompagne leur mission. Les maîtres de cérémonie des cours européennes portaient un bâton pour régler l’étiquette, et les confréries avaient leurs bâtonniers. La franc-maçonnerie s’inscrit dans cette tradition, mais réduit le symbole à sa dimension de service.

Lectures symboliques

Bijou du Maître des Cérémonies
Bijou du Maître des Cérémonies
  • la verticalité : le bâton tenu droit rappelle la perpendiculaire et la rectitude ;
  • la mesure : comme la règle, il rythme et proportionne les déplacements ;
  • la conduite : comme le caducée d’Hermès, il guide de l’extérieur vers l’intérieur ;
  • le soutien : le bâton du marcheur rappelle que le chemin initiatique se parcourt pas à pas.

Usages et protocole

La canne se tient selon un protocole propre à chaque rite : le Maître des cérémonies la garde à la main pendant ses déplacements et la pose ou l’incline à certains moments du rituel. Lors des tenues solennelles, des installations ou des réceptions de dignitaires, plusieurs porteurs de cannes ou de glaives peuvent former un cortège. Les détails varient beaucoup selon les obédiences et ne doivent pas être généralisés.

Le saviez-vous ?

Les cours royales françaises avaient leur grand maître des cérémonies, chargé de régler préséances et cortèges, un bâton à la main. Le titre maçonnique reprend directement ce vocabulaire de l’étiquette d’Ancien Régime, à une époque où de nombreux nobles et officiers fréquentaient les loges.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948 (rééd.).
  • Oswald Wirth, La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, Dervy (rééd.).

Les rituels publiés par les obédiences, pour le Rite Français comme pour le REAA, décrivent l’office du Maître des cérémonies et l’usage de sa canne ; on s’y reportera pour les détails propres à chaque rite.

À retenir

  • La canne est l’insigne du Maître des cérémonies.
  • Elle sert à conduire, ordonner et rythmer les déplacements en loge.
  • Dans le rite Emulation, diacres et Directeur des cérémonies portent des baguettes.
  • Elle exprime une autorité de service, non de pouvoir.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Maître des cérémonies (MDC), Officiers, Diacres, Glaive, Attributs.

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Candidat en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le candidat est le profane qui a demandé à entrer en franc-maçonnerie et dont la candidature est examinée par une loge. Les glossaires le définissent simplement comme un profane proposé à l’initiation. Entre la première démarche et la cérémonie, il traverse plusieurs étapes : présentation par un parrain, enquêtes, audition, vote de la loge, puis cabinet de réflexion et épreuves. Le mot, venu du latin, évoque la blancheur : celle du vêtement des candidats romains, et celle d’une page encore à écrire.

Étymologie

Candidat

« Candidat » vient du latin candidatus, « vêtu de blanc ». À Rome, celui qui briguait une magistrature portait une toge blanchie à la craie, la toga candida, pour se faire remarquer et afficher la pureté de ses intentions. Le mot dérive de candidus, blanc éclatant, qui a aussi donné « candide ». Le parallèle avec la maçonnerie est parlant : le candidat se présente tel qu’il est, et le tablier blanc qu’il recevra à l’initiation en reprendra la couleur.

Du profane au candidat

Toute personne qui n’est pas initiée est, en langage maçonnique, un profane. Le profane devient candidat lorsqu’il fait acte de candidature, généralement par une lettre manuscrite adressée à une loge ou à son obédience, accompagnée d’un curriculum vitae. La plupart des obédiences exigent qu’il soit présenté par un parrain, membre de la loge, qui se porte garant de sa démarche et l’accompagnera ensuite.

Les étapes de l’admission

  • La demande : lettre de candidature et présentation par un parrain.
  • Les enquêtes : plusieurs membres de la loge, souvent trois, rencontrent séparément le candidat et rédigent un rapport.
  • L’audition : dans de nombreuses obédiences françaises, le candidat est entendu par la loge, parfois les yeux bandés, c’est le « passage sous le bandeau ».
  • Le vote : la loge se prononce, traditionnellement à boules blanches et noires.
  • L’initiation : le candidat est convoqué pour la cérémonie, qui commence par le cabinet de réflexion.

Les modalités varient selon les obédiences et les rites, mais le principe est constant : l’entrée en maçonnerie suppose une double volonté, celle du candidat et celle de la loge qui l’accueille.

Les qualités demandées

Candidat

Les anciens textes demandaient que le candidat soit « libre et de bonnes mœurs », formule héritée des Anciens Devoirs et reprise par les Constitutions d’Anderson (1723). Les obédiences précisent aujourd’hui leurs propres conditions : majorité, casier judiciaire, croyance en un Être suprême pour les obédiences dites régulières, ou au contraire liberté absolue de conscience pour les obédiences libérales. La mixité ou non des loges détermine aussi qui peut être candidat.

La préparation

Le jour de l’initiation, le candidat est préparé selon les usages du rite : il est dépouillé de ses métaux, c’est-à-dire de l’argent et des objets de valeur, et sa tenue est symboliquement modifiée. Il passe un temps de méditation dans le cabinet de réflexion, où il rédige son testament philosophique et répond à quelques questions sur ses devoirs envers lui-même, envers autrui et envers l’humanité. Puis il est conduit, les yeux bandés, à la porte du temple.

Un statut de passage

Le candidat n’est déjà plus tout à fait un profane, puisqu’il a été accepté ; il n’est pas encore maçon, puisqu’il n’a pas reçu la lumière. Ce statut intermédiaire est au cœur de la cérémonie : les voyages et les épreuves le font passer de l’obscurité à la lumière. À l’issue de l’initiation, il devient apprenti, et le mot « candidat » disparaît de son vocabulaire, sauf lorsqu’il deviendra un jour le parrain d’un autre.

Le regard de la loge

Candidat

Recevoir un candidat engage la loge tout entière. Les enquêtes ne sont pas un interrogatoire mais une rencontre : il s’agit de vérifier la sincérité de la démarche, d’expliquer ce qu’est réellement la franc-maçonnerie et de dissiper les malentendus. Beaucoup de candidats arrivent avec des images fausses, nourries de fantasmes ou de clichés sur les réseaux d’influence. Les enquêteurs rappellent alors que l’Ordre n’offre ni avantages ni pouvoirs, mais un travail sur soi dans un cadre fraternel, avec ses exigences d’assiduité et de discrétion.

Le saviez-vous ?

En Angleterre, la Grande Loge Unie demande traditionnellement deux parrains, appelés proposer et seconder. En France, la pratique varie : un parrain suffit dans la plupart des obédiences, mais certaines loges demandent un second garant. Dans tous les cas, le parrainage engage la responsabilité morale de celui qui présente.

Voir aussi dans le glossaire : Profane, Parrain, Passage sous le bandeau, Cabinet de Réflexion, Initiation, Apprenti, Métaux.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Cabinet de Réflexion en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le cabinet de réflexion est le lieu clos et obscur où le candidat est enfermé seul avant son initiation. Il y trouve des objets et inscriptions qui l’invitent à méditer sur la mort, le temps et la transformation : crâne, sablier, pain, eau, sel, soufre et mercure, image du coq, devise VITRIOL. Il y rédige son testament philosophique. Présent dans la plupart des rites pratiqués en France, sous des formes variables, ce passage par la « terre » est la première étape de l’initiation, celle où l’homme ancien doit symboliquement mourir.

Une épreuve de la terre

Cabinet de Réflexion

Dans la symbolique des quatre éléments qui organise l’initiation au premier degré, le cabinet de réflexion correspond à l’épreuve de la terre, avant les voyages qui évoquent l’air, l’eau et le feu. Le candidat descend symboliquement sous terre, dans un lieu qui évoque le tombeau ou la caverne, pour y être confronté à lui-même. Le cabinet est souvent peint en noir, éclairé d’une simple bougie, et meublé d’une petite table et d’un siège.

Les objets et leur sens

  • Le crâne, parfois accompagné d’os : la mortalité, l’humilité, la mort du profane.
  • Le sablier : la fuite du temps et la brièveté de la vie.
  • Le pain et l’eau : la nourriture la plus simple, la vie réduite à l’essentiel.
  • Le sel, le soufre et le mercure : les trois principes de l’alchimie, déposés dans de petits récipients.
  • Le coq : l’annonce de la lumière à venir et la vigilance.
  • La faux, dans certains cabinets : la mort qui frappe sans distinction.
  • Les inscriptions : maximes morales invitant à la persévérance et à la sincérité.

VITRIOL

La devise VITRIOL, inscrite sur les murs des cabinets dans les rites d’origine écossaise et dans beaucoup de loges françaises, est l’acronyme de la formule latine Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem : « visite l’intérieur de la terre, en rectifiant tu trouveras la pierre cachée ». Venue de la tradition alchimique, elle est parfois complétée en VITRIOLUM. Elle résume le sens du lieu : descendre en soi-même pour y découvrir, par un travail de correction, ce qui est caché.

Le testament philosophique

Cabinet de Réflexion

Avant de sortir, le candidat rédige un testament philosophique. Il y répond à des questions sur ses devoirs envers lui-même, envers ses semblables et envers sa patrie ou l’humanité, selon les formulations des rites. Le terme de testament n’est pas anodin : l’homme qui écrit est celui qui va mourir symboliquement. Ce texte est lu en loge, ou du moins pris en considération, pendant la cérémonie, et parfois rendu au nouvel initié des années plus tard.

Histoire et origines

L’origine précise du cabinet de réflexion est difficile à établir. Il n’apparaît pas dans les plus anciennes divulgations anglaises et se développe dans la maçonnerie continentale au cours du XVIIIe siècle. Ses objets témoignent d’une forte influence hermétique, qu’illustrent des textes de la même époque ; le Rite français le nomme traditionnellement « chambre de réflexions ». Oswald Wirth a beaucoup contribué, au XXe siècle, à diffuser sa lecture alchimique, qui reste dominante dans les commentaires.

Variations selon les rites

Le cabinet est un élément constant du Rite français et du Rite Écossais Rectifié. Au Rite Écossais Ancien et Accepté, il est généralement absent des pays anglophones mais pratiqué en France, en Belgique et dans les pays qui ont reçu ce rite par la Grande Loge de France. Le rite Emulation connaît une simple pièce de préparation, sans le décor symbolique continental. Ces différences rappellent qu’il n’existe pas une franc-maçonnerie uniforme, mais des traditions diverses.

Une pédagogie du silence

Cabinet de Réflexion

Le cabinet de réflexion ne délivre aucun enseignement explicite. Il agit par le silence, l’obscurité et la solitude, qui obligent le candidat à se confronter à ses propres pensées. Beaucoup de maçons gardent de ce moment un souvenir intense. Le cabinet introduit une idée centrale de la démarche maçonnique : la lumière ne se reçoit pas passivement, elle se prépare par une introspection.

Le saviez-vous ?

Le cabinet de réflexion a inspiré la littérature : dans Guerre et Paix, Tolstoï décrit l’initiation de Pierre Bézoukhov et son passage dans une chambre obscure avant la cérémonie. Plus près de nous, Dan Brown en a fait une scène de son roman Le Symbole perdu.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Testament (philosophique), Ossements, Pain, Coq, Épreuves, Initiation.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Buis en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le buis est un bois compact, dur et sonore, traditionnellement employé pour fabriquer les maillets du Vénérable Maître et des Surveillants. C’est la définition que retiennent les glossaires maçonniques. Ses qualités physiques, densité, finesse du grain, résistance, en font un matériau de choix pour un outil qui frappe souvent et doit sonner clair. Arbuste toujours vert, longtemps associé à la durée et à la protection dans la culture populaire, il apporte au maillet une dimension symbolique qui dépasse son simple usage.

Un bois d’exception

Buis
Buis

Le buis commun, Buxus sempervirens, est un arbuste à croissance très lente, dont le bois figure parmi les plus denses d’Europe. Son grain très fin et homogène, sa couleur jaune pâle et sa dureté l’ont fait rechercher par les tourneurs, les graveurs sur bois, les luthiers et les fabricants d’instruments de mesure. On en faisait des règles graduées, des pièces d’échecs, des peignes, des flûtes. Pour un maillet, il offre un compromis idéal : assez lourd pour frapper, assez dur pour ne pas se marquer.

Le maillet en loge

Le maillet est l’insigne de l’autorité des trois lumières de la loge : le Vénérable Maître à l’Orient, le Premier et le Second Surveillant. C’est avec lui que l’on ouvre et ferme les travaux, que l’on frappe les coups rituels, que l’on demande le silence et que l’on scande les batteries. Le son qu’il produit doit être net, ce que le buis garantit. Le maillet en buis, frappé sur le plateau, donne à la parole du Vénérable sa ponctuation sonore.

Maillet et ciseau

Le maillet n’est pas seulement un insigne de direction. Il est aussi, avec le ciseau, l’outil de l’apprenti, qui dégrossit la pierre brute. Les rituels associent le maillet à la volonté et le ciseau au discernement : la force sans discernement brise la pierre, le discernement sans force ne l’entame pas. Le maillet de bois, plutôt que le marteau de fer, convient au travail du ciseau, car il frappe sans rebondir et sans endommager l’outil. Le buis donne à ce symbole de la volonté sa matière.

Repères

Buis
  • Nom scientifique : Buxus sempervirens, « toujours vert ».
  • Bois parmi les plus durs et les plus denses d’Europe, au grain très fin.
  • Usage maçonnique : maillets du Vénérable et des Surveillants.
  • Symbolique : durée, persévérance, fermeté sans brutalité.
  • Tradition populaire : rameaux bénits et protection du foyer.

Un arbuste toujours vert

Le nom latin sempervirens dit l’essentiel : le buis garde ses feuilles en hiver. Comme l’acacia au grade de Maître, il évoque la persistance de la vie à travers les saisons. Dans de nombreuses régions de France, des rameaux de buis sont bénis le dimanche des Rameaux et accrochés dans les maisons, au-dessus des lits ou des crucifix, où ils restent toute l’année. Le buis a aussi été planté dans les cimetières, signe de fidélité et d’espérance.

Lenteur et persévérance

Le buis pousse avec une lenteur remarquable : il faut de longues années pour obtenir un tronc d’un diamètre suffisant pour un maillet. Cette lenteur est souvent rapprochée du travail maçonnique, qui ne se mesure pas en résultats immédiats mais en progrès patients. La densité du bois serait le fruit de cette croissance lente : une image de la solidité intérieure que l’on acquiert par la persévérance.

Une analogie ancienne

Certains auteurs présentent le buis comme l’équivalent, parmi les bois, de l’airain parmi les métaux : un matériau qui résiste et dure. Cette analogie, reprise dans les glossaires, renvoie aux colonnes d’airain du temple de Salomon, symboles de stabilité. Elle relève de l’interprétation symbolique plus que d’une tradition rituelle fixée, mais elle montre comment la maçonnerie donne sens à des choix de matériaux d’abord pratiques.

Le saviez-vous ?

Le bois de buis était si apprécié des graveurs que la gravure sur bois de bout, développée en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle, l’utilisait presque exclusivement. Une grande partie des illustrations de livres et de journaux du XIXe siècle, y compris maçonniques, a été tirée de blocs de buis.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Maillet, Ciseau, Sautoir de Vénérable Maître, Surveillants, Batterie, Acacia, Pierre brute.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Brique en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Dans le vocabulaire maçonnique recensé par les glossaires, la brique désigne une pièce d’un franc, la petite monnaie que l’on déposait dans le tronc de la veuve. Ce terme d’usage, aujourd’hui désuet depuis le passage à l’euro, appartient à la langue imagée des loges, qui rebaptise l’argent et les objets courants. Il renvoie à la bienfaisance discrète pratiquée à la fin de chaque tenue. Le mot évoque aussi, plus largement, le matériau des bâtisseurs, présent dans les récits bibliques que la maçonnerie a médités.

Une pièce pour le tronc

Brique

Les glossaires maçonniques français définissent la brique, sans autre commentaire, comme une « pièce d’un franc ». Le terme s’employait pour désigner l’obole déposée dans le tronc de la veuve, la boîte ou la bourse qui circule parmi les membres à la fin des travaux. Il s’agit d’un usage de vocabulaire, propre à certaines loges et à certaines époques, plutôt que d’un terme rituel fixé par les textes des obédiences. Avec la disparition du franc, il est devenu une curiosité lexicale.

Le tronc de la veuve

Le tronc de la veuve est l’une des pratiques les plus constantes de la vie de loge. Avant la clôture des travaux, l’Hospitalier, appelé aussi Éléémosynaire, fait circuler le tronc. Chacun y glisse la main fermée, qu’il ait ou non quelque chose à donner : personne ne sait qui a donné ni combien. Le produit est destiné à l’entraide, envers des membres en difficulté, leurs familles ou des œuvres extérieures. La discrétion absolue du geste en fait la valeur : le don ne doit ni humilier ni glorifier.

Pourquoi « la veuve » ?

Deux sources se croisent. La Bible présente Hiram, l’artisan du temple de Salomon, comme le « fils d’une veuve » de la tribu de Nephtali (1 Rois 7, 14) ; les maçons se disent par extension « enfants de la veuve ». L’Évangile de Marc (12, 41-44) rapporte par ailleurs l’épisode de la pauvre veuve qui dépose deux petites pièces dans le trésor du temple : Jésus affirme qu’elle a donné plus que tous les autres, car elle a donné de son nécessaire. Cette leçon, la valeur de l’intention plutôt que celle du montant, s’accorde avec l’esprit de la brique, pièce modeste.

La monnaie dans le langage des loges

Pièces jaune au mieux de feux
Pièces jaune du tronc de la veuve
  • Les métaux désignent l’argent et les objets de valeur, dont le candidat est dépouillé avant son initiation.
  • Le tronc de la veuve, ou tronc de bienfaisance, reçoit les dons anonymes en fin de tenue.
  • L’Hospitalier est l’officier responsable des sommes recueillies.
  • La brique, selon les glossaires, est la pièce d’un franc que l’on y déposait.
  • Le triangle désigne, dans la langue de table, la participation aux frais du banquet.

La brique des bâtisseurs

Hors de ce sens monétaire, la brique est un matériau que la maçonnerie spéculative cite peu, préférant la pierre. La Bible l’associe à deux épisodes : la tour de Babel, bâtie en briques cuites avec du bitume pour mortier (Genèse 11), et le travail forcé des Hébreux en Égypte, contraints de fabriquer des briques (Exode 1 et 5). Dans les deux cas, la brique est le matériau d’une construction humaine fragile ou imposée, quand la pierre taillée du temple figure l’édifice durable.

Un mot à manier avec prudence

On lit parfois des développements ambitieux sur la symbolique de la brique monétaire, rattachée à l’alchimie ou aux mystères antiques. Ces lectures ne s’appuient sur aucune source rituelle. Le sens attesté est simple : une petite pièce de monnaie, déposée sans ostentation. C’est justement dans cette simplicité que réside l’enseignement : la bienfaisance maçonnique ne se mesure pas au montant, mais à la régularité et à la discrétion du geste.

Donner sans être vu

Brique
Tronc de la Veuve – Nos Colonnes

Le geste du tronc obéit à une règle simple : chacun met la main dans la bourse, même s’il ne donne rien. Ainsi, celui qui est dans la gêne n’est pas distingué de celui qui donne largement. Cette pratique, très ancienne, traduit l’égalité des frères en loge et le refus de toute ostentation. L’Hospitalier annonce ensuite le produit du tronc sans jamais dire qui a donné quoi, et rend compte de son usage à la loge.

Le saviez-vous ?

Dans l’argot français du XXe siècle, « une brique » désignait au contraire une grosse somme : un million d’anciens francs, soit dix mille nouveaux francs, en raison de l’épaisseur d’une liasse de billets. Le même mot servait donc, selon que l’on était en loge ou dans la rue, à désigner la plus petite et l’une des plus grosses unités de compte.

Voir aussi dans le glossaire : Tronc de la veuve, Hospitalier (ou Elémosinaire), Métaux, Enfants de la veuve, Bienfaisance, Hiram, Triangle.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Breuvage en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En franc-maçonnerie, le breuvage désigne la boisson que l’on fait goûter au candidat lors de son initiation au grade d’Apprenti, dans une coupe souvent appelée « coupe d’amertume » ou « coupe des libations ». Selon les rituels, l’eau, d’abord pure et douce, devient amère à la seconde gorgée. Ce contraste éprouve le récipiendaire et illustre le sens de l’engagement qu’il prend : la douceur répond à la sincérité, l’amertume figure le remords qui attendrait le parjure. Petite séquence de la cérémonie, la coupe est pourtant l’un des symboles les plus commentés du premier degré.

De quoi parle-t-on ?

Breuvage

Le terme ne désigne pas un objet rituel autonome mais un moment de la réception. Le candidat, les yeux bandés, reçoit une coupe et y boit. Dans la version la plus répandue en France, il prend d’abord une gorgée d’eau claire ; puis, après qu’une substance amère a été ajoutée à son insu, on l’invite à vider la coupe. Les textes et commentaires évoquent souvent l’aloès comme agent d’amertume. Le breuvage est inoffensif : il ne s’agit ni d’une « potion » ni d’une épreuve physique, mais d’une expérience sensible porteuse de sens.

Place dans la cérémonie

Selon les rites et les obédiences, la coupe intervient soit au début des épreuves, soit en lien étroit avec le premier engagement demandé au candidat, avant le serment solennel. Certains rituels la placent dans une séquence où le récipiendaire prononce une promesse la coupe à la main ; d’autres l’associent aux voyages et aux purifications. Le Rite Écossais Ancien et Accepté et le Rite Français pratiqués en France connaissent tous deux ce moment, avec des formulations différentes ; il est en revanche absent du rituel anglais Emulation.

Une symbolique à plusieurs niveaux

  • Douceur et amertume : l’existence mêle les deux, et l’initié doit accueillir l’une comme l’autre avec égalité d’âme.
  • L’imprécation du serment : l’amertume figure le regret et le remords qui suivraient la trahison de la parole donnée.
  • La maîtrise de soi : boire jusqu’au bout une boisson désagréable montre que l’on peut surmonter un dégoût passager.
  • La purification : boire l’eau rejoint les épreuves élémentaires que traverse le candidat.

Des commentateurs rapprochent aussi la coupe des herbes amères de la Pâque juive, prescrites dans le livre de l’Exode, ou de la coupe que le Christ demande d’éloigner de lui au jardin des Oliviers. Ces parallèles relèvent de l’interprétation personnelle et non d’une filiation historique établie.

Origines et histoire

Breuvage

La coupe d’amertume appartient aux rituels français élaborés au XVIIIe siècle, qui ont développé la mise en scène de la réception : cabinet de réflexion, voyages, épreuves des éléments. Les divulgations anglaises des années 1720-1730, comme Masonry Dissected de Samuel Prichard (1730), n’en font pas mention. Le motif se fixe dans les rituels du XIXe siècle et a été largement commenté par les auteurs symbolistes du XXe siècle, notamment Oswald Wirth et Jules Boucher, qui y voient une leçon sur l’acceptation des épreuves de la vie.

Erreurs à éviter

L’ancienne version de cette notice évoquait une « potion de vérité » et un breuvage à base de vinaigre ou d’herbes, placé lors de la « troisième épreuve » : ces précisions ne correspondent à aucun rituel publié de référence. Il faut aussi distinguer le breuvage initiatique des santés portées lors des banquets d’ordre, où le vin est appelé « poudre forte » : les deux usages n’ont ni la même fonction ni la même place dans la vie de la loge.

Le saviez-vous ?

Le Vocabulaire des francs-maçons d’Étienne-François Bazot (1810) ne comporte pas d’entrée « breuvage » : dans le lexique maçonnique ancien, la boisson est surtout désignée par le mot « poudre », vocabulaire de la loge de table. Le « breuvage d’amertume » est donc une expression de commentateurs plus que de rituel.

Pour approfondir : ouvrages de référence

Breuvage
Wirth
  • Oswald Wirth, La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, t. I, L’Apprenti, Dervy (rééd.).
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948 (rééd.).
  • Étienne-François Bazot, Vocabulaire des francs-maçons, 1810 (rééd. numérique Arbre d’Or, 2008).

Ce que la coupe enseigne à l’Apprenti

Pour le nouvel initié, la coupe est souvent le premier symbole dont il garde un souvenir physique : un goût, une surprise. Les instructions du premier degré invitent à revenir sur cette expérience pour en tirer une leçon de constance : celui qui s’engage doit tenir sa parole dans la douceur comme dans l’amertume. Beaucoup de loges consacrent des planches d’Apprenti à ce moment, preuve qu’un geste très bref peut nourrir une longue réflexion.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Serment, Épreuves, Cabinet de Réflexion, Purification, Apprenti.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Boule en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En franc-maçonnerie, les « boules » sont les petites sphères blanches et noires qui servent au scrutin secret de la loge. Elles interviennent surtout lorsque l’atelier doit se prononcer sur une personne : admission d’un profane, affiliation d’un frère venu d’une autre loge, parfois passage à un grade supérieur. Le procédé est simple, mais il engage chacun : la boule blanche accepte, la boule noire refuse, et nul ne sait qui a voté quoi. De cet usage, partagé avec les clubs britanniques, la langue française a tiré le verbe « blackbouler ». Les boules disent beaucoup de la loge : une communauté qui se choisit, et qui protège sa cohésion par le secret du vote.

Un vocabulaire hérité du vote secret

Boule

Voter avec de petites billes ou des cailloux est une pratique très ancienne. Le mot français « ballottage » vient de l’italien ballotta, la petite balle utilisée dans les scrutins de Venise et d’autres républiques urbaines ; « scrutin » vient du latin scrutinium, l’examen. La franc-maçonnerie n’a donc pas inventé le procédé : elle l’a reçu de la culture politique et associative européenne et l’a intégré à sa vie interne.

Au XVIIIe siècle, les loges anglaises partagent ce mode de décision avec les clubs et sociétés de Londres, où le blackball permet d’écarter discrètement un candidat. L’anglais emploie le verbe to blackball dès la fin du XVIIIe siècle ; le français l’adapte en « blackbouler » au XIXe siècle, d’abord à propos des cercles et des académies, avant que le mot ne désigne tout refus, à un examen comme à une élection. Contrairement à une idée répandue, l’expression n’est donc pas une invention maçonnique, même si la loge en reste l’un des cadres les plus visibles.

Le scrutin dans la vie de la loge

Dans les obédiences françaises, l’admission d’un profane suit un parcours connu : demande écrite, enquêtes confiées à plusieurs frères ou sœurs, éventuel « passage sous le bandeau » où le candidat répond aux questions de l’atelier, puis vote par boules. Le même scrutin est souvent requis pour une affiliation ou une régularisation. Les élections des officiers, elles, se font généralement à bulletin secret et non avec des boules.

Le matériel varie : boîte à deux compartiments, urne munie d’un tiroir, ou deux réceptacles distincts. Chaque votant dépose sa boule à l’abri des regards, la main couverte par la boîte. Le dépouillement est fait à l’autel ou au plateau du Vénérable Maître, qui proclame le résultat sans jamais chercher à connaître l’auteur d’un vote. Le seuil de refus n’est pas universel : il est fixé par les règlements généraux de chaque obédience et parfois par le règlement intérieur de la loge, certaines exigeant l’unanimité, d’autres une proportion de boules noires.

Dans les rituels et les usages

  • Admission : le scrutin conclut le parcours d’enquêtes et d’audition ; un résultat négatif ajourne ou écarte la candidature.
  • Affiliation : un maçon venu d’une autre loge est soumis, selon les obédiences, à un vote comparable.
  • Augmentation de salaire : le passage au grade de Compagnon ou de Maître peut donner lieu à un scrutin, selon les usages de l’atelier.
  • Discrétion : nul n’a à justifier publiquement son vote ; certaines obédiences prévoient toutefois qu’un refus puisse être expliqué au Vénérable Maître en privé.
  • Monde anglo-saxon : le ballot est souvent régi par la règle d’une ou de quelques boules noires suffisant à refuser un candidat.

Blanc et noir : une lecture symbolique

Boule

Les maçons ont naturellement rapproché les deux couleurs du pavé mosaïque, ce sol à carreaux blancs et noirs qui rappelle la coexistence des contraires : lumière et ténèbres, oui et non, accueil et réserve. Le scrutin devient alors un petit exercice de discernement : trancher, en conscience, pour le bien de l’atelier. Cette lecture est une interprétation, non une règle rituelle.

On souligne aussi la responsabilité individuelle qu’implique le vote secret. Une boule noire déposée par rancune personnelle trahit l’esprit de la loge ; une boule blanche déposée par complaisance aussi. Beaucoup de rituels et de règlements rappellent que l’on vote pour l’intérêt de l’atelier et du candidat, non pour soi.

Une pratique discutée

Le vote par boules a ses critiques. Une petite minorité peut bloquer une admission sans débat, et le secret rend difficile la correction d’un refus injustifié. C’est pourquoi de nombreuses obédiences encadrent la procédure : enquêtes contradictoires, possibilité de représenter une candidature après un délai, information du Vénérable Maître. D’autres défendent au contraire la règle stricte, au nom de l’harmonie : mieux vaut écarter un candidat qu’introduire la discorde.

Le saviez-vous ?

Dans de nombreuses loges américaines, le vote se fait avec des boules blanches et des cubes noirs : la forme différente permet de reconnaître au toucher, dans l’obscurité de la boîte, ce que l’on dépose. Les fournisseurs de matériel maçonnique proposent encore aujourd’hui des boîtes de scrutin à deux compartiments, avec boules blanches et noires, pour les loges francophones.

À retenir

  • Les boules servent au scrutin secret, surtout pour l’admission et l’affiliation.
  • Le procédé vient de la culture du vote européenne et des clubs britanniques, non d’une invention maçonnique.
  • Le seuil de refus dépend des règlements de chaque obédience.
  • Le verbe « blackbouler » vient de l’anglais to blackball.
  • La lecture symbolique rapproche les boules du pavé mosaïque, sans en faire une règle.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Scrutin, Pavé mosaïque, Profane, Passage sous le bandeau, Enquêteur, Affiliation, Augmentation de salaire….

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Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Boaz dans la Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Boaz est le nom de l’une des deux colonnes de bronze qui se dressaient à l’entrée du temple de Salomon, l’autre se nommant Jakin. Les loges maçonniques reproduisent ces deux colonnes à l’entrée du temple, où elles portent souvent les initiales B et J. Le nom, que l’on traduit par « en lui la force », est aussi celui d’un ancêtre du roi David. Sa place à gauche ou à droite, le grade auquel il se rattache et son rôle dans les mots de reconnaissance diffèrent selon les rites, ce qui a nourri un long débat dans la maçonnerie francophone.

Les colonnes du temple de Salomon

Boaz dans la Franc-maçonnerie

Le premier livre des Rois (chapitre 7) et le deuxième livre des Chroniques (chapitre 3) décrivent deux colonnes de bronze, ou d’airain, fondues par Hiram de Tyr et placées devant le portique du temple. Elles étaient couronnées de chapiteaux ornés de lys et de grenades. Le texte biblique précise que Jakin était placée à droite et Boaz à gauche, sans que l’on sache avec certitude de quel point de vue.

Le nom et ses sens

Le nom Boaz est généralement interprété comme « en lui la force » ou « dans la force », tandis que Jakin signifie « il établira ». Les traductions anciennes, la Septante grecque et la Vulgate latine, rendent ces noms de manière différente. Dans la Bible, Boaz, Booz en français, est aussi le riche propriétaire de Bethléem qui épouse Ruth la Moabite : leur descendance mène au roi David. La colonne porte donc le nom d’un ancêtre royal, ce que les commentateurs ont souvent souligné.

Les colonnes dans la loge

Toute loge maçonnique figure les deux colonnes à son entrée, à l’Occident. Elles délimitent le seuil du temple et rappellent que la loge se veut l’image du sanctuaire de Salomon. Elles sont souvent surmontées de grenades, et parfois de globes céleste et terrestre, ajout propre à la tradition maçonnique. Les frères siègent sur les colonnes, c’est-à-dire sur les bancs placés dans leur prolongement, et l’on parle de la colonne du Nord et de la colonne du Midi.

Une question de rite : l’inversion des colonnes

Boaz dans la Franc-maçonnerie

La place des colonnes et l’usage de leurs noms ne sont pas les mêmes partout. Les loges issues de la tradition dite des « Modernes », dont le Rite français, placent Jakin à gauche en entrant, donc au Nord, et Boaz au Midi. Les loges issues des « Anciens », dont le Rite Écossais Ancien et Accepté, placent Jakin au Midi et Boaz au Nord. Les mots de grade qui leur sont associés sont également inversés entre ces traditions : la colonne liée au grade d’Apprenti dans l’une est liée au grade de Compagnon dans l’autre.

Cette divergence remonte au XVIIIe siècle anglais. On l’explique souvent par une modification introduite par la Première Grande Loge après la publication de divulgations comme celle de Samuel Prichard (1730), afin de déjouer les imposteurs. Le débat, ravivé dans les cercles francophones au début du XXIe siècle, oppose ceux qui défendent la cohérence de chaque tradition et ceux qui cherchent la disposition « originelle ».

Symbolisme

  • La force : sens du nom, que la maçonnerie relie à la fermeté morale et à la stabilité.
  • La dualité : avec Jakin, Boaz forme un couple que l’on rapproche du jour et de la nuit, du soleil et de la lune, de l’actif et du passif.
  • Le seuil : passer entre les colonnes, c’est entrer dans un autre espace.
  • Les grenades : leurs grains serrés sous une même écorce figurent l’union des frères.
  • L’équilibre : le maçon chemine entre les deux colonnes, sans se figer dans l’une ni dans l’autre.

Boaz et le premier degré

Boaz dans la Franc-maçonnerie

Dans les rites où Boaz est associée au premier degré, la colonne est celle près de laquelle se tiennent les apprentis, qui reçoivent là leur salaire symbolique. Elle représente alors la force nécessaire au travail sur la pierre brute. Dans les autres rites, cette fonction revient à Jakin. Ces différences n’empêchent pas une même lecture : les deux colonnes ensemble fondent l’édifice, et chacune n’a de sens que par l’autre.

Le saviez-vous ?

Victor Hugo a consacré au personnage biblique de Boaz l’un de ses poèmes les plus célèbres, Booz endormi, publié dans La Légende des siècles en 1859. Le poème évoque le songe du vieil homme qui voit sortir de son ventre un chêne, image de la lignée qui mènera jusqu’à David.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Jakin, Colonnes, Grenade, Hiram, Apprenti, Compagnon.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Bleu en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En franc-maçonnerie, le bleu désigne d’abord la maçonnerie des trois premiers grades, Apprenti, Compagnon et Maître : on parle de « maçonnerie bleue », de « loges bleues » ou de loges symboliques, par opposition à la « maçonnerie rouge » des hauts grades. Le mot renvoie à la couleur des décors de la maçonnerie anglaise et du Rite Français, bleu ciel ou azur, mais aussi à un riche symbolisme de la voûte céleste, de la sérénité et de la fidélité. Couleur du socle commun de tous les maçons, le bleu dit l’essentiel : c’est dans la loge bleue que se reçoit et se travaille l’initiation.

Maçonnerie bleue, maçonnerie symbolique

Bleu
Loge du GODF La Rochelle. (Crédit photo Hugo Marsault – Journaliste pour France Bleu)

Le Vocabulaire des francs-maçons de Bazot (1810) présente les trois grades d’Apprenti, de Compagnon et de Maître comme la maçonnerie symbolique ou bleue, et précise que ce nom lui est donné par rapport aux hauts grades. La loge bleue est donc l’atelier qui travaille à ces trois degrés, sous l’autorité d’une obédience. Pour la plupart des grandes obédiences, elle constitue la maçonnerie complète : les hauts grades en sont des développements facultatifs, gérés par des juridictions distinctes.

Pourquoi le bleu ?

L’origine de la couleur est d’abord anglaise. Les décors de la Grande Loge de Londres adoptent au XVIIIe siècle le bleu pour les tabliers bordés et les cordons des loges, et un bleu plus soutenu, dit « bleu Garter » en référence à l’ordre de la Jarretière, pour les grands officiers. La maçonnerie française d’inspiration anglaise, dont le Rite Français, a repris cette couleur. Plusieurs explications symboliques ont été proposées ensuite : le bleu du ciel qui sert de voûte à la loge, la couleur de la vérité et de la fidélité, celle du manteau de la Vierge dans l’iconographie chrétienne. Elles relèvent de l’interprétation plus que de l’histoire documentée.

Bleu, rouge, noir, blanc

Le vocabulaire des couleurs sert à classer les étapes du parcours maçonnique, surtout au Rite Écossais Ancien et Accepté :

  • bleu : les loges symboliques, trois premiers degrés ;
  • vert : souvent associé aux loges de perfection, qui ouvrent les degrés de perfectionnement ;
  • rouge : les chapitres, en particulier le grade de Rose-Croix, d’où l’expression « maçonnerie rouge » pour les hauts grades ;
  • noir : les aréopages et le grade de Chevalier Kadosh, dits philosophiques ;
  • blanc : les derniers degrés, dits administratifs.

Ces associations varient selon les juridictions. En France, les loges symboliques du REAA ont longtemps porté des décors à dominante rouge, ce qui rend la distinction entre « bleu » et « rouge » moins tranchée qu’en Angleterre.

La voûte étoilée

De nombreux temples maçonniques sont surmontés d’une voûte étoilée, plafond peint en bleu nuit constellé d’étoiles. Elle signifie que la loge s’étend symboliquement jusqu’aux cieux et que les travaux se tiennent à couvert. Le bleu du ciel rejoint ainsi le bleu des décors : la loge bleue est celle qui travaille sous la voûte céleste, image d’un univers ordonné.

Symbolique de la couleur

Bleu
Les symboles sont légion dans une loge maçonnique : tenues traditionnelles, formes géométriques, carrelage à damier … ©Le Journal des Sables

Couleur de l’air et de l’eau, le bleu évoque l’immatériel, la profondeur et la paix. Dans la tradition héraldique, l’azur est une couleur noble, signe de loyauté. Les auteurs symbolistes y voient la couleur de la contemplation et de la sérénité intérieure, qui convient aux premiers pas de l’initié : l’Apprenti apprend le silence et l’écoute, le Compagnon le travail, le Maître la fidélité, sous un même ciel.

Dans le monde anglophone

Aux États-Unis, l’expression Blue Lodge est d’usage courant pour désigner la loge des trois premiers degrés, par opposition aux corps du Rite Écossais ou du Rite d’York. En Angleterre, on parle plutôt de Craft pour la maçonnerie des trois grades. Dans les deux cas, la loge bleue reste le passage obligé pour tout autre engagement maçonnique.

Le saviez-vous ?

L’expression « maçonnerie bleue » n’a rien à voir avec les « anciens devoirs », textes des maçons opératifs médiévaux, contrairement à une confusion fréquente. Elle est née de la nécessité, au XVIIIe siècle, de distinguer les trois grades fondamentaux de la profusion des grades nouveaux.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Michel Pastoureau, Bleu. Histoire d’une couleur, Seuil, 2000.
  • Étienne-François Bazot, Vocabulaire des francs-maçons, 1810 (rééd. numérique Arbre d’Or, 2008).

À retenir

  • La maçonnerie bleue désigne les trois premiers grades et les loges qui les confèrent.
  • La couleur vient des décors de la maçonnerie anglaise du XVIIIe siècle.
  • Elle s’oppose à la maçonnerie rouge des hauts grades.
  • Le bleu évoque la voûte céleste, la fidélité et la sérénité.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Voûte étoilée, Tablier, Décors, Couleurs.

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Glossaire de la franc-maçonnerie