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Le passage sous le bandeau est une étape de la procédure d’admission dans plusieurs obédiences françaises, dont le Grand Orient de France. Après les entretiens individuels menés par des membres de la loge, le candidat est présenté à l’atelier réuni, les yeux bandés, et répond aux questions qui lui sont posées. La loge vote ensuite sur son admission. Le bandeau protège la discrétion des membres, place le candidat dans une situation inhabituelle et donne toute sa place à la parole. Ce n’est pas encore l’initiation, mais c’en est souvent la première expérience marquante.
Une étape de la procédure d’admission

Le Grand Orient de France décrit publiquement son parcours d’admission : une lettre de candidature adressée à une loge précise, un premier contact avec le Vénérable Maître, puis trois entretiens d’une à deux heures avec des membres de l’atelier, parfois appelés enquêtes. Les trois enquêteurs font rapport à la loge. Vient ensuite le passage sous le bandeau, suivi d’un vote. L’ensemble prend souvent plusieurs mois.
- Candidature écrite, présentée à une loge déterminée.
- Premier contact avec le Vénérable Maître.
- Trois entretiens individuels, suivis de rapports à la loge.
- Lecture des rapports et passage sous le bandeau devant la loge réunie.
- Vote de l’atelier : au Grand Orient de France, plus des trois quarts des suffrages sont requis.
- Initiation, en cas de vote favorable.
Pourquoi un bandeau ?
Le Grand Orient de France présente le bandeau comme une mesure de discrétion : le candidat ne voit pas les membres de la loge, dont l’appartenance n’a pas à lui être révélée tant qu’il n’est pas admis. Le bandeau a aussi des effets que les maçons soulignent volontiers : il neutralise les apparences, empêche de se fier aux visages et aux réactions, et concentre l’attention sur la parole échangée.
Le déroulement
Le candidat est introduit dans le Temple, guidé, puis invité à s’asseoir. Le Vénérable rappelle le sens de l’exercice, et les membres posent leurs questions dans l’ordre fixé par le rituel ou par l’usage de l’atelier. Les questions portent généralement sur les motivations du candidat, sa conception de la morale, de la société, de la liberté de conscience, sa disponibilité et ce qu’il attend de la Franc-maçonnerie. Le candidat est ensuite reconduit hors du Temple, et la loge délibère hors de sa présence.
Une épreuve de sincérité

La loge ne cherche pas des réponses savantes ni une connaissance de la Franc-maçonnerie que le candidat n’a pas à posséder. Elle attend de la sincérité, de la réflexion personnelle, une capacité d’écoute et d’ouverture. Le stress de la situation fait partie de l’épreuve : il révèle la manière dont chacun réagit à l’inconnu, sans que cela soit en soi un motif de refus.
Une responsabilité collective
Le passage sous le bandeau engage aussi la loge. En votant, chaque membre se prononce sur l’entrée d’un futur Frère ou d’une future Sœur avec qui il partagera les travaux. Les débats qui suivent le passage sont souvent parmi les plus importants de la vie d’un atelier, car l’harmonie de la loge dépend de la qualité de son recrutement. L’Orateur donne ses conclusions avant le vote, qui se fait généralement à bulletin secret ou au moyen de boules blanches et noires.
Usages et variantes
Toutes les obédiences ne pratiquent pas le passage sous le bandeau, et celles qui le pratiquent n’en ont pas toutes les mêmes modalités. Dans la tradition anglaise, par exemple, l’admission repose sur des entretiens et un vote sans comparution devant la loge réunie. En France, la pratique est surtout répandue dans les obédiences dites libérales et mixtes, où elle est considérée comme un moment fort de la démocratie interne de la loge.
Le résultat du vote est communiqué au candidat sans que lui soient révélés le détail du scrutin ni l’identité des votants. En cas de refus, la candidature peut en général être présentée de nouveau après un délai fixé par les règlements. Cette discrétion protège autant le candidat que la loge, et préserve la sérénité d’une décision qui engage les deux parties.
Le saviez-vous ?

Le candidat ne doit pas confondre le passage sous le bandeau avec l’initiation : il n’y prend aucun engagement et ne reçoit aucun enseignement. Mais beaucoup de maçons le décrivent comme leur premier contact réel avec la loge, celui où ils ont mesuré, avant même de voir le Temple, le poids de la parole dans la vie maçonnique.
Pour approfondir : ouvrages de référence
- Oswald Wirth, Le Livre de l’Apprenti, 1894.
- Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Bandeau, Profane, Initiation, Vote, Élection de Portalis comme orateur de la loge L’Amitié d’Aix-en-Provence, 1784 (date historique).
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