« Les Colonnes sont muettes »… mais le Temple va prendre la parole

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La Grande Loge Féminine de France (GLFF) ouvre exceptionnellement son Grand Temple au public, le dimanche 20 septembre 2026, pour deux représentations d’un spectacle mêlant théâtre, musique, poésie et humour. Une manière sensible et inattendue d’approcher la Franc-Maçonnerie, tout en soutenant les femmes et les enfants en situation de fragilité.

Le spectacle présenté par François Fanfan Morel et Philippe Benhamou entend faire découvrir la Franc-Maçonnerie sans céder aux clichés, aux révélations faciles ni au folklore du prétendu secret. 

Ouvrir les portes sans forcer le mystère

Comment parler de la Franc-Maçonnerie à celles et ceux qui n’en connaissent que les images convenues, les rumeurs persistantes ou les caricatures héritées de plusieurs siècles d’antimaçonnisme ?

À cette question, Les Colonnes sont muettes chez les Argonautes apporte une réponse originale. Ne pas prétendre tout expliquer, mais donner à entendre, à ressentir et à imaginer.

Le dimanche 20 septembre 2026, le Grand Temple de la Grande Loge Féminine de France, situé au 4, cité du Couvent, dans le XIᵉ arrondissement de Paris, deviendra ainsi une scène de théâtre. Deux représentations, programmées à 14 heures et à 17 heures, permettront au public de franchir le seuil d’un lieu habituellement réservé aux travaux maçonniques.

Il ne s’agira évidemment pas d’assister à une Tenue ni d’observer quelque rituel reconstitué. Le spectateur sera invité à entrer dans un autre espace. Celui de la parole poétique, de la musique vivante et de l’humour, trois chemins qui, à leur manière, savent eux aussi conduire de l’apparence vers l’intériorité.

Philippe Benhamou

Quand l’humour devient un instrument de connaissance

Le titre lui-même donne le ton. Les Colonnes sont peut-être muettes, mais autour d’elles les mots circulent, les voix s’élèvent, les instruments résonnent et les symboles se prêtent au sourire.

Le spectacle imaginé par François Fanfan Morel et Philippe Benhamou associe des textes empruntés à de grands auteurs du patrimoine littéraire à des créations originales. Poèmes, chants, musique jouée en direct et saynètes humoristiques s’enchaînent dans une composition annoncée comme tour à tour drôle, tendre et émouvante.

François Fanfan Morel

L’autodérision occupe ici une place essentielle. Elle permet de prendre quelque distance avec les habitudes, les formules toutes faites et les petites solennités dont aucune institution humaine n’est totalement préservée.

Car rire de soi n’est pas de diminuer. C’est parfois retrouver le sens de la mesure. Dans la démarche initiatique, le rire peut devenir un discret ciseau. Il détache quelques aspérités de la pierre, fissure les certitudes trop massives et rappelle que nul ne saurait se prétendre propriétaire de la Lumière.

La poésie là où le discours s’arrête

La poésie possède cette vertu singulière de pouvoir suggérer sans enfermer. Elle ne définit pas mais dévoile un horizon. Elle ne démontre pas : elle met en mouvement.

À travers les textes choisis, le spectacle ne cherche donc pas à proposer un cours d’histoire maçonnique ni un exposé doctrinal. Il tente plutôt de faire percevoir ce qui anime la quête. Le désir de fraternité, l’amour de la liberté, la recherche de sens et la volonté de construire un monde plus humain.

Sous la Voûte étoilée, les mots des poètes devraient trouver une résonance particulière. Le Temple, conçu comme un espace symbolique séparé du tumulte profane, deviendra pour quelques heures une chambre d’échos où se rencontreront littérature, musique et imaginaire initiatique.

L’entreprise relève presque de l’alchimie scénique

Réunir le sérieux et le sourire, la tradition et la fantaisie, l’émotion individuelle et l’élan collectif, afin que de leur rencontre naisse une perception nouvelle.

Un spectacle véritablement ouvert à toutes et à tous

Les Colonnes sont muettes chez les Argonautes s’adresse aussi bien aux Francs-Maçons qu’aux profanes, aux amateurs de théâtre qu’aux amoureux de littérature et de musique.

GLFF, 80 ans

Cette ouverture constitue l’un des enjeux majeurs de la manifestation. Trop souvent encore, la Franc-Maçonnerie est présentée à travers le prisme du soupçon ou de la fascination. Entre les fantasmes complotistes et les récits sensationnalistes, il reste peu de place pour une approche simplement humaine.

Le spectacle propose précisément de retrouver cette humanité

Non pas dévoiler ce qui doit demeurer de l’ordre de l’expérience personnelle, mais montrer que derrière les décors, les symboles et les traditions se trouvent des femmes et des hommes qui doutent, espèrent, travaillent, chantent et parfois rient d’eux-mêmes.

La Franc-Maçonnerie ne sera donc pas expliquée comme on démonte un mécanisme. Elle sera approchée comme on écoute une œuvre musicale. En acceptant que tout ne soit pas immédiatement traduit en concepts.

Du Grand Temple à la solidarité concrète

L’après-midi ne se limitera pas à sa dimension artistique. L’intégralité de la recette sera reversée au Fonds de dotation Femmes Ensemble, créé par la Grande Loge Féminine de France.

Celui-ci agit en faveur des femmes confrontées à la précarité, aux violences ou à différentes situations de fragilité, ainsi que de leurs enfants. Il participe également à la défense des droits des femmes.

Cité du couvent

Le prix d’entrée, fixé à 20 euros, prendra ainsi la valeur d’un geste de solidarité. La représentation quittera le seul domaine symbolique pour rejoindre le terrain de l’action concrète.

Cette articulation entre spectacle et engagement n’est pas secondaire. Elle rappelle que la construction du Temple intérieur ne saurait dispenser d’œuvrer dans la Cité. La fraternité ne devient pleinement réelle que lorsqu’elle se transforme en présence, en soutien et en secours.

Ouvert à toutes et à tous, ce rendez-vous offre une rare occasion de pénétrer dans un Temple maçonnique non pour surprendre un secret, mais pour partager une parole, une musique et une émotion.

Grande Loge Féminine de France, Cité du Couvent
Grande Loge Féminine de France, Cité du Couvent

Car les Colonnes ne sont peut-être muettes qu’en apparence. Lorsque la poésie les effleure, que l’humour les ébranle et que la musique circule entre elles, elles semblent nous rappeler une vérité ancienne. Le Temple ne livre pas ses secrets, il partage une lumière.

LE FONDS DE DOTATION « Femmes Ensemble »

Cet après-midi, les applaudissements et les entrées solidaires soutiennent le Fonds de dotation « Femmes Ensemble » de la Grande Loge Féminine de France.

Créé en 2017, ce fonds agit concrètement pour les femmes fragilisées et leurs enfants, en sélectionnant et en finançant des projets associatifs sur tout le territoire.

Solidarité, défense des droits des femmes, laïcité et fraternité guident chacune de ses actions : lutte contre les violences, aide aux femmes sans-abri, accueil des réfugiées, soutien alimentaire et éducation.

Grâce à des bénévoles engagées et à des frais très réduits, chaque euro donné multiplie son impact auprès de celles qui en ont le plus besoin.

Par votre présence et votre générosité, vous contribuez directement à faire vivre ces actions essentielles pour les femmes et leurs enfants.

Informations pratiques

Les Colonnes sont muettes chez les Argonautes sera présenté le dimanche 20 septembre 2026, à 14 heures et à 17 heures, pour une durée d’environ 1 h 30.

Les représentations auront lieu dans le Grand Temple de la Grande Loge Féminine de France, au 4, cité du Couvent, 75011 Paris, à proximité du métro Charonne.

Le tarif est fixé à 20 euros. Un verre de l’amitié sera proposé à 19 heures. L’inscription est obligatoire, par l’intermédiaire du site de la GLFF Penser, transmettre et agir avec les Franc-Maçonnes de la Grande Loge féminine de France (mars 2026) – ou du QR code figurant sur l’affiche. ou ici : Inscription obligatoire.

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Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti a été directeur de la rédaction de 450.fm, de sa création jusqu’en septembre 2024. Chroniqueur littéraire, animé par sa maxime « Élever l’Homme, éclairer l’Humanité », il a siégé au bureau de l’Institut Maçonnique de France, est médiateur culturel au musée de la franc-maçonnerie, directeur de collection chez des éditeurs maçonniques et auteur de plusieurs ouvrages maçonniques. Il contribue notamment à des revues telles que « La Chaîne d’Union » du Grand Orient de France, « Chemins de traverse » de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain, et « Le Compagnonnage » de l’Union Compagnonnique. Il a également été commissaire général des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, qu’il a initiées.

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