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A comme Acclamations en Franc-maçonnerie : la voix joyeuse et solennelle de la Loge

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Les acclamations sont les exclamations que la loge prononce d’une seule voix, généralement trois fois, après la batterie qui accompagne l’ouverture ou la clôture des travaux, certaines cérémonies et les santés des banquets. Elles varient selon les rites : « Houzzé ! » au Rite Écossais Ancien et Accepté, « Vivat ! » dans la tradition du Rite Français, souvent complétés ou remplacés en France par la devise « Liberté, Égalité, Fraternité ». Moment où le silence rituel laisse place à la voix collective, l’acclamation exprime l’unanimité et la joie de l’atelier ; son histoire, documentée depuis le XVIIIe siècle, réserve quelques surprises.

Définition et fonction

Acclamations en Franc-maçonnerie : la voix joyeuse et solennelle de la Loge

Le mot vient du latin acclamatio, cri d’approbation poussé par une assemblée. En loge, l’acclamation suit la batterie, série de coups frappés dans les mains selon le rythme propre au grade. Ensemble, batterie et acclamation scellent un moment rituel : ouverture ou fermeture des travaux, consécration d’un nouvel initié, installation d’un Vénérable, santés portées lors des banquets.

Leur rôle est triple : marquer solennellement l’entrée dans le temps rituel ou la sortie, manifester l’unanimité de l’atelier et exprimer la joie fraternelle. C’est l’un des rares moments où toute la loge parle d’une seule voix.

Les principales acclamations selon les rites

  • Rite Écossais Ancien et Accepté : « Houzzé ! » répété trois fois, avec des graphies variables selon les époques (Houzzai, Houzé).
  • Rite Français : traditionnellement « Vivat ! », parfois sous la forme « Vivat, vivat, semper vivat ! » ; le rituel dit Groussier (1938), suivi par la plupart des loges du Grand Orient de France, retient « Liberté, Égalité, Fraternité ».
  • Dans de nombreuses loges françaises, toutes obédiences confondues, la devise républicaine accompagne ou suit l’acclamation propre au rite.
  • Rite Émulation : point de cri ; les Frères concluent les prières par « So mote it be » (« Qu’il en soit ainsi »).
  • Loge de table : chaque santé est suivie d’une triple batterie et d’une triple acclamation, comme le décrivent les manuels du début du XIXe siècle.

Houzzé : une énigme étymologique

L’origine du « Houzzé » a suscité de nombreuses hypothèses. La plus solide le rattache à l’anglais huzza, cri de joie équivalent à « hourra ». L’histoire de la Grande Loge d’Angleterre mentionne « trois huzzas » dès 1725, et la première mention rituelle d’un « Houzzai » remonte à 1753. Au début du XIXe siècle, Vuillaume indique qu’il faut prononcer « houzzai » et le rapproche du latin vivat ; Quantin, en 1825, le glose par « Vive le roi ».

D’autres auteurs ont proposé des origines hébraïques, comme Jules Boucher, qui y voyait le mot oz, « force ». Ces lectures symboliques n’ont pas de fondement philologique établi ; l’historien Albert Lantoine suggérait même que les « zz » pourraient résulter d’une mauvaise lecture des « rr » dans des rituels manuscrits.

Vivat et la devise républicaine

Acclamations en Franc-maçonnerie : la voix joyeuse et solennelle de la Loge

« Vivat », subjonctif latin signifiant « qu’il vive », est attesté dans la maçonnerie française dès le XVIIIe siècle et figure dans le Régulateur du Maçon de 1801, texte de référence du Rite Français. La devise « Liberté, Égalité, Fraternité » a une histoire profane : formulée pendant la Révolution, elle devient devise de la République en 1848, puis s’inscrit au fronton des édifices publics sous la Troisième République. L’idée d’une origine maçonnique de la devise a été qualifiée de légende par Albert Lantoine ; son adoption comme acclamation par plusieurs obédiences est en revanche bien documentée.

Le nombre trois

La triple répétition s’accorde avec le symbolisme ternaire omniprésent en loge : trois grades symboliques, trois grands piliers — Sagesse, Force et Beauté —, trois lumières, batteries rythmées par trois. Elle donne aussi au cri une ampleur et une régularité qui le distinguent d’une simple exclamation.

Signification

L’acclamation rompt le silence rituel par une parole commune. Elle dit l’accord de l’atelier, sa vitalité et sa joie d’être réuni. Elle relie aussi la loge à une mémoire : celle des cris d’honneur rendus aux dignitaires, des santés portées au banquet, de la devise républicaine pour les maçons qui l’ont adoptée. Bien prononcée, ensemble et sans précipitation, elle est l’un des moments où l’on éprouve le plus nettement l’unité de la loge.

Le saviez-vous ?

Le cri « hourra » rendu par les équipages pour saluer un dignitaire, dans la marine britannique comme dans la marine française, est souvent cité comme cousin du « Houzzé » maçonnique : les deux dérivent, selon l’hypothèse la plus répandue, de la même acclamation anglaise.

Voir aussi dans le glossaire : Batterie, Houzzé, VIVAT, Loge de Table.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Accepté : l’acte fondateur de la Franc-maçonnerie spéculative

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Glossaire de la franc-maçonnerie

« Accepté » désigne, dans la langue maçonnique ancienne, un homme reçu dans une loge de maçons sans exercer le métier de bâtisseur. Ces membres « acceptés », gentilshommes, savants, ecclésiastiques ou marchands, apparaissent dans les loges écossaises dès 1600 et dans la « Acception » de la Compagnie des maçons de Londres au XVIIe siècle. Leur présence croissante a transformé une organisation de métier en société initiatique et philosophique : la franc-maçonnerie spéculative. Le mot survit dans les titres officiels, de « Free and Accepted Masons » au Rite Écossais Ancien et Accepté.

Le sens du mot

Accepté : l’acte fondateur de la Franc-maçonnerie spéculative

Du latin acceptare, « recevoir », le mot désigne une réception : celle d’un homme admis dans la confrérie sans appartenir au métier. Les règles corporatives exigeaient normalement un long apprentissage et la maîtrise de l’art ; l’accepté y échappe, par cooptation. L’anglais parle d’accepted mason ; l’écossais, plus souvent, de gentleman mason ou de maçon « non opératif ».

Les loges écossaises

Les statuts édictés en 1598 et 1599 par William Schaw, maître des travaux du roi Jacques VI, organisent les loges écossaises et leur imposent de tenir des registres. Grâce à eux, on peut suivre l’entrée des non-opératifs. Le 8 juin 1600, John Boswell, laird d’Auchinleck, assiste à une réunion de la loge d’Édimbourg et signe le procès-verbal. Le 20 mai 1641, Sir Robert Moray est reçu à Newcastle par des membres de la loge d’Édimbourg, alors que l’armée écossaise occupe la ville.

À Aberdeen, le registre de 1670 recense quarante-neuf membres, dont seulement dix maçons de métier : des comtes, des ministres du culte, des membres des professions libérales forment la majorité.

L’Acception de Londres et Elias Ashmole

En Angleterre, la Compagnie des maçons de Londres abritait une Acception, réunion distincte où l’on recevait des « accepted masons » ; ses traces remontent aux années 1620. L’antiquaire Elias Ashmole note dans son journal qu’il a été « fait franc-maçon » à Warrington le 16 octobre 1646, avec le colonel Henry Mainwaring. Le 11 mars 1682, il assiste au Masons’ Hall de Londres à la réception de six gentilshommes ; seuls trois appartenaient à la Compagnie. Un dîner suivit à la taverne de la Half Moon, à Cheapside.

  • 1598-1599 : statuts Schaw en Écosse.
  • 1600 : John Boswell signe un procès-verbal de la loge d’Édimbourg.
  • 1641 : réception de Robert Moray à Newcastle.
  • 1646 : Elias Ashmole reçu à Warrington.
  • 1670 : à Aberdeen, 39 non-opératifs sur 49 membres.
  • 1682 : réception de gentilshommes au Masons’ Hall de Londres.

Vers la maçonnerie spéculative

Accepté : l’acte fondateur de la Franc-maçonnerie spéculative
Source : Wikimedia Commons – After John Riley – Public domain

Ces acceptés transforment peu à peu les loges. En 1717, quatre loges londoniennes fondent la première Grande Loge ; en 1723, les Constitutions rédigées par le pasteur James Anderson posent les principes de la nouvelle maçonnerie, ouverte à des hommes de toutes confessions tenus seulement à la « loi morale ». Jean-Théophile Désaguliers, savant de la Royal Society et troisième Grand Maître (1719), joue un rôle majeur dans cette évolution. Montesquieu est reçu à Londres en 1730 ; Voltaire sera initié à Paris, à la loge des Neuf Sœurs, en 1778.

Free and Accepted

La formule « Free and Accepted Masons » associe deux héritages. « Free » a reçu plusieurs explications : maçons libres de la guilde, ouvriers itinérants affranchis des contraintes locales, ou travailleurs de la freestone, pierre fine propre à la sculpture. « Accepted » rappelle l’entrée des non-opératifs. L’expression figure dans le titre des Constitutions de la Grande Loge Unie d’Angleterre et dans le nom de nombreuses grandes loges américaines. En France, elle survit dans le nom du Rite Écossais Ancien et Accepté.

Mythes et réalités

Certaines listes d’« acceptés célèbres » mêlent faits et légendes. L’appartenance de l’architecte Christopher Wren reste discutée ; celle de John Locke repose sur un document reconnu comme apocryphe. Une phrase souvent attribuée à Oswald Wirth sur le premier homme « accepté » parmi les tailleurs de pierre n’est pas sourcée. La prudence s’impose : l’histoire de l’acceptation est assez riche pour se passer de légendes.

Le sens symbolique

Accepté : l’acte fondateur de la Franc-maçonnerie spéculative
Source : Wikimedia Commons – Christophe Dioux – Public domain

Être accepté, c’est être reçu pour ce que l’on est, non pour sa naissance ou son métier. L’acceptation marque l’ouverture d’une confrérie à des hommes venus d’horizons différents, réunis par une recherche commune. Elle fonde l’idée que le véritable ouvrage n’est plus la pierre, mais l’homme lui-même.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • David Stevenson, The Origins of Freemasonry: Scotland’s Century, 1590-1710, Cambridge University Press, 1988.
  • James Anderson, The Constitutions of the Free-Masons, Londres, 1723 (source primaire).
  • Pierre-Yves Beaurepaire, L’Europe des francs-maçons, XVIIIe-XXIe siècles, Belin, 2002.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Opératif, Spéculatif, Premiers statuts Schaw pour les maçons d’Écosse, 28 décembre 1598 (date historique), Grandes Constitutions du Rite écossais ancien et accepté, 1er mai 1786 (date historique), Fondation de la Grande Loge de Londres et de Westminster, 24 juin 1717 (date historique).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Acacia en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’acacia est le symbole végétal le plus célèbre de la franc-maçonnerie. Il est lié à la légende d’Hiram, au cœur du grade de maître : une branche d’acacia marque la tombe du maître assassiné et permet de la retrouver. Arbre au bois réputé imputrescible, employé selon la Bible pour l’Arche d’alliance, il est devenu l’emblème de l’immortalité, de la résurrection initiatique et de la fidélité à la parole donnée. On le retrouve sur les tableaux de loge du 3e grade, dans les cérémonies funèbres et dans la réponse rituelle par laquelle un maître se fait reconnaître : « L’acacia m’est connu. »

Dans la légende d’Hiram

Acacia

Selon la légende du 3e grade, telle que la rapportent les divulgations du XVIIIe siècle, Hiram, maître d’œuvre du Temple de Salomon, est tué par trois mauvais compagnons qui veulent lui arracher le mot de maître. Ils l’enterrent hors de la ville et plantent une branche sur la tombe pour la reconnaître. Des maîtres envoyés par Salomon remarquent cette branche, découvrent la sépulture et relèvent le corps. L’acacia devient ainsi le signe qui conduit au maître et, par extension, l’emblème du maître lui-même.

Cassia ou acacia ?

La plus ancienne divulgation détaillée du grade de maître, Masonry Dissected de Samuel Prichard (1730), parle d’une branche de cassia. Le mot acacia s’impose ensuite, en Angleterre comme en France, sans doute par rapprochement avec l’arbre biblique. Dans le monde anglophone, on parle aujourd’hui du sprig of acacia. Cette hésitation rappelle que les symboles maçonniques se sont fixés progressivement, au fil des copies et des traductions.

L’arbre de l’Arche

Dans l’Exode, le bois de shittim, identifié à l’acacia, sert à fabriquer l’Arche d’alliance, la table des pains de proposition, les autels et les barres de transport du Tabernacle. Cet arbre des déserts du Sinaï et du Néguev, au bois dur et durable, est ainsi associé au sacré et à la permanence. La lecture maçonnique y voit l’image de ce qui résiste à la corruption, dans la matière comme dans la conscience.

Ce que symbolise l’acacia

  • L’immortalité : la branche qui reverdit sur la tombe affirme que la vie l’emporte sur la mort.
  • La résurrection initiatique : le maître meurt symboliquement pour renaître à un nouvel état.
  • L’incorruptibilité : Hiram a préféré mourir plutôt que livrer le secret.
  • La mémoire : l’acacia marque le lieu où repose ce qui a été perdu et doit être retrouvé.
  • La reconnaissance : la formule « L’acacia m’est connu » sert à se dire maître.

Dans les rituels et les décors

Acacia

La branche d’acacia figure sur les tableaux du grade de maître, près du cercueil ou de la tombe, et dans les décors de la chambre du milieu. Lors des tenues funèbres, il est d’usage de déposer une branche ou des feuilles d’acacia en hommage au frère ou à la sœur disparus ; la pratique se retrouve parfois au cimetière. Des bijoux, des sautoirs et des pierres tombales portent également ce motif, qui signale discrètement l’appartenance maçonnique du défunt.

Lectures et interprétations

Les auteurs maçonniques ont rapproché l’acacia d’autres végétaux sacrés : le rameau d’or de Virgile, le buisson ardent, la branche de myrte des mystères antiques, ou encore la bruyère qui, dans le mythe égyptien, enveloppe le cercueil d’Osiris. Ces rapprochements relèvent de l’interprétation et non de l’histoire, mais ils montrent que la légende d’Hiram s’inscrit dans une famille de récits de mort et de renaissance que l’on retrouve dans de nombreuses traditions.

Le saviez-vous ?

L’arbre que l’on appelle couramment « acacia » en France est le plus souvent un robinier, Robinia pseudoacacia, venu d’Amérique du Nord au XVIIe siècle. Les vrais acacias, du genre Acacia ou Vachellia, poussent surtout dans les régions chaudes et arides, comme celui de la Bible. Le mimosa des fleuristes en est un.

Un symbole de la mémoire maçonnique

Acacia

Au-delà du rituel, l’acacia est devenu le signe par lequel les maçons honorent leurs morts. Dans les tenues funèbres, l’éloge du frère ou de la sœur disparu se termine souvent par le geste de déposer une branche, qui rappelle que l’œuvre continue et que la chaîne n’est pas rompue. Il est aussi, pour beaucoup, un rappel adressé aux vivants : la mort d’Hiram enseigne la fidélité à la parole donnée, et l’acacia rappelle que cette fidélité survit à celui qui l’a tenue.

Pour approfondir

  • Samuel Prichard, Masonry Dissected, Londres, 1730.
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Hiram, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Cercueil, Tenue Funèbre, Chambre du Milieu, Parole perdue, Mauvais Compagnons.

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