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A comme Allumage des Feux en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’allumage des feux est la cérémonie par laquelle une nouvelle loge est officiellement installée et commence ses travaux. Conduite par des représentants de l’obédience, elle consacre le Temple, transmet à l’atelier ses lettres constitutives et installe ses premiers officiers. L’expression, empruntée à l’image du foyer que l’on allume, a pour pendant l’extinction des feux, lorsqu’une loge cesse de travailler. Elle dit bien l’idée maçonnique d’une Lumière qui se transmet : une loge ne naît pas seule, elle reçoit son feu d’une loge ou d’une obédience déjà constituée.

Définition

Secte,Rassemblement,Mystique,Rituel,Abstrait,Concept, bougie, flambeau, lumière, flamme
Abstraction en bois d’une réunion de 7 personnages différents autour d’un flambeau

Le vocabulaire maçonnique définit l’allumage des feux comme la cérémonie rituelle d’installation d’une nouvelle loge. Les fondateurs, déjà maçons, ont obtenu de leur obédience l’autorisation de constituer un atelier ; l’allumage des feux en est la consécration solennelle. À partir de ce jour, la loge peut initier, voter, élire ses officiers et correspondre avec les autres ateliers.

Le feu, la lumière et le foyer

« Feux » renvoie ici à la flamme et à la lumière, mais aussi au foyer, au sens ancien du mot : on comptait autrefois les feux d’un village pour en connaître les maisonnées. Allumer les feux d’une loge, c’est donc fonder une maison, une communauté qui vivra et se transmettra. Le vocabulaire maçonnique utilise d’ailleurs la même image dans l’autre sens : on éteint les feux d’une loge qui se dissout, on la met en sommeil lorsqu’elle suspend ses travaux, et l’on parle de réveil lorsqu’elle les reprend.

Le déroulement

Les modalités varient selon les obédiences et les rites, mais les grandes étapes, publiques, sont les suivantes :

  • Ouverture des travaux par les représentants de l’obédience, souvent le Grand Maître ou ses délégués.
  • Lecture des lettres constitutives, ou patente, qui donnent à la loge son existence régulière, son nom et son numéro.
  • Consécration du Temple et allumage des lumières de la nouvelle loge.
  • Installation du premier Vénérable Maître et des officiers, qui prennent leur engagement.
  • Remise des documents, des décors et parfois des outils symboliques de l’atelier.
  • Premiers travaux de la loge, puis banquet ou agapes.

Dans la tradition anglaise, la cérémonie de consécration comporte notamment l’usage symbolique du blé, du vin et de l’huile, répandus sur la loge en signe d’abondance, de joie et de paix. D’autres rites font usage de rituels de consécration différents, plus ou moins développés.

Une Lumière reçue

Allumage des Feux

La symbolique centrale de l’allumage des feux est celle de la transmission. Une loge ne s’autoproclame pas : elle reçoit sa Lumière d’une autorité maçonnique existante, ce qui fonde sa régularité aux yeux de son obédience. La flamme allumée est l’image de cette filiation. Elle rappelle aussi l’initiation individuelle : comme le nouvel initié reçoit la Lumière, la nouvelle loge reçoit le feu qui la fait vivre.

Une fête pour l’obédience

L’allumage des feux est un moment d’accueil et de fraternité qui dépasse la seule loge concernée. Des délégations des ateliers voisins y assistent, et les obédiences en rendent souvent compte dans leurs publications. La presse maçonnique, dont 450.fm, relate régulièrement l’allumage des feux de loges nouvelles, qu’il s’agisse d’ateliers d’études thématiques ou de loges créées dans de nouvelles régions.

Avant l’allumage des feux, les fondateurs doivent généralement réunir un nombre minimal de Maîtres, rédiger un projet, choisir un nom distinctif et un rite, puis obtenir l’accord des instances de l’obédience. Ce cheminement administratif, souvent long, rappelle qu’une loge est un engagement durable : l’allumage des feux en est le point d’aboutissement, mais aussi le début d’une histoire.

Le saviez-vous ?

Allumage des Feux

La plupart des obédiences conservent dans leurs archives la date d’allumage des feux de chaque loge, qui fixe son ancienneté. Dans les cortèges et les préséances, l’ordre des loges suit parfois cette chronologie, et les anniversaires d’allumage des feux, cinquantenaires ou centenaires, donnent lieu à des tenues solennelles.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.
  • Oswald Wirth, Le Livre du Maître, 1922.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Patente, Installation, Consécration, Obédience, Lumières (trois), Régularité.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Aligner en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Aligner est un terme de la langue de table maçonnique. Lors des banquets d’ordre et des travaux de table, il désigne l’action de ranger sur une même ligne les verres, appelés « canons », et plus largement les instruments de table, avant de porter une santé. Ce petit geste, commandé par le Vénérable et exécuté par tous, fait du repas une suite d’actes ordonnés. Il appartient à un vocabulaire codifié, en partie d’inspiration militaire, qui transpose la discipline de la loge dans la convivialité du banquet.

Définition

Aligner

Les glossaires maçonniques donnent une définition précise : aligner les canons ou les armes, c’est ranger les verres sur la même ligne avant de porter un toast. Le mot s’emploie dans le cadre des travaux de table, que l’on appelle aussi loge de table ou banquet d’ordre, et dont le cérémonial rappelle celui des tenues : ouverture, santés rituelles, clôture.

La langue de table

Le banquet maçonnique possède son propre vocabulaire. Les objets ordinaires y reçoivent des noms empruntés à l’artillerie, au chantier ou à l’atelier. Les relevés publiés, qui varient légèrement selon les rites, en donnent une idée :

  • le verre devient un canon, la bouteille une barrique ;
  • le vin est la poudre forte, l’eau la poudre faible ;
  • le pain est la pierre brute, le sel le sable ;
  • l’assiette est une tuile, le couteau un glaive, la fourchette une pioche, la cuillère une truelle ;
  • les bougies sont des étoiles, la table une planche à tracer ou un atelier ;
  • verser du vin, c’est charger ; boire, c’est tirer une canonnée ; ranger les instruments, c’est aligner.

Le geste dans le déroulement de la santé

Une santé suit un ordre établi. Le Vénérable annonce la santé et invite les frères à charger, c’est-à-dire à remplir les canons. Vient ensuite le commandement d’aligner : chaque convive place son canon devant lui, sur une ligne commune, de sorte que tous les verres forment un alignement régulier le long de la table. On porte ensuite la santé selon le rituel propre au rite, puis l’on repose les canons, souvent avec un ensemble qui produit un seul bruit. L’alignement prépare ainsi l’unité du geste collectif.

D’où vient ce vocabulaire ?

Aligner

Les banquets ritualisés sont attestés dès le XVIIIe siècle, à une époque où les loges se réunissaient souvent dans des auberges et où les repas faisaient partie intégrante de la vie maçonnique. Les Constitutions d’Anderson (1723) consacrent déjà un article à la conduite des frères une fois la loge fermée, en recommandant la gaieté sans excès. Le vocabulaire d’artillerie est souvent rattaché à la présence de nombreux militaires dans les loges de l’Ancien Régime et de l’Empire, notamment dans les loges régimentaires. Cette explication est plausible, mais les auteurs qui ont étudié la question la présentent avec prudence.

Ce que signifie l’alignement

Aligner, c’est mettre de l’ordre. Le geste transpose à table la rectitude que figurent en loge la règle et le niveau. Chacun garde sa place, mais tous les verres sont sur la même ligne : la convivialité reste ordonnée, l’égalité est visible. Le commandement collectif rappelle aussi que le banquet n’est pas un repas comme un autre : il est un prolongement des travaux, où la discipline commune rend possible une fraternité sans débordement.

Qui aligne ?

Selon les loges, chaque convive aligne ses propres instruments au commandement, ou bien le service est assuré par des frères désignés, souvent les plus jeunes. Le Maître des banquets veille à la préparation de la table et au bon déroulement du repas. Cette répartition rappelle que, dans la tradition maçonnique, servir ses frères à table est aussi une manière d’apprendre.

Aligner, au-delà de la table

Aligner

Le verbe a aussi un sens plus large dans la vie de la loge. Les frères « s’alignent » sur les colonnes, se mettent à l’ordre ensemble, accomplissent les signes et les batteries d’un même mouvement. Le banquet ne fait que transposer à table cette exigence de synchronie. Le geste d’aligner les canons rappelle que la loge, même à table, reste un corps qui agit d’un seul élan, et que la liberté de chacun s’exerce dans un cadre commun accepté.

Le saviez-vous ?

Le mot « canon » au sens de verre de vin, aujourd’hui courant dans la langue familière, est souvent présenté par les glossaires maçonniques comme issu des banquets de loge, d’où il serait passé dans le langage populaire. L’étymologie exacte reste discutée, mais l’usage maçonnique du terme est ancien et bien attesté.

Voir aussi dans le glossaire : Banquet, Loge de Table, Canon, Santé, Charger, Poudre Forte.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme À la Gloire du Grand Architecte de l’Univers (A.L.G.D.G.A.D.l’U.)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

« À la Gloire du Grand Architecte de l’Univers », abrégé A∴L∴G∴D∴G∴A∴D∴L∴U∴, est la formule par laquelle de nombreuses loges ouvrent leurs travaux et placent en tête leurs documents. Elle désigne un principe ordonnateur du monde, sans imposer une définition religieuse : chacun peut y reconnaître Dieu, un principe créateur ou un idéal d’ordre et d’harmonie. Son maintien, sa reformulation ou son abandon ont été au cœur des grands clivages de la franc-maçonnerie depuis le XIXe siècle, en particulier depuis la décision du Grand Orient de France en 1877. Peu de formules maçonniques ont autant compté dans l’histoire de l’Ordre.

Une formule et une abréviation

À la Gloire du Grand Architecte de l'Univers (A.L.G.D.G.A.D.l’U.)

L’abréviation maçonnique utilise les initiales suivies des trois points disposés en triangle : A∴L∴G∴D∴G∴A∴D∴L∴U∴. On la trouve en tête des planches, des convocations, des diplômes et des procès-verbaux, et elle est prononcée lors de l’ouverture et de la fermeture des travaux dans les obédiences qui la conservent. Le sigle G∴A∴D∴L∴U∴ désigne le Grand Architecte lui-même.

Les origines de l’image

L’idée d’un Dieu architecte est ancienne. Le Timée de Platon décrit un démiurge qui ordonne le monde ; les théologiens médiévaux représentent Dieu un compas à la main, traçant le cercle de la création, comme sur les célèbres enluminures de Bibles moralisées du XIIIe siècle. Au XVIe siècle, Calvin emploie aussi l’image de l’architecte de l’univers. Pour des bâtisseurs, l’analogie s’imposait : le monde est un édifice, Dieu en est le maître d’œuvre.

Dans les Constitutions d’Anderson

Les Constitutions publiées en 1723 par James Anderson pour la Grande Loge de Londres font du « Grand Architecte de l’Univers » une désignation de Dieu dès les premières lignes de leur histoire légendaire, à propos d’Adam créé à l’image de Dieu. Leur premier article, « Concernant Dieu et la religion », se contente de demander au maçon de ne pas être un athée stupide ni un libertin irréligieux, et de l’obliger à la seule religion « sur laquelle tous les hommes sont d’accord ». Cette formulation large a permis de réunir des hommes de confessions différentes.

1877 : la rupture du Grand Orient de France

À la Gloire du Grand Architecte de l'Univers (A.L.G.D.G.A.D.l’U.)

En 1849, le Grand Orient de France avait inscrit dans sa constitution l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme. En septembre 1877, sur le rapport du pasteur Frédéric Desmons, son convent supprime cette référence obligatoire au nom de la liberté absolue de conscience. Les loges deviennent libres de travailler ou non à la gloire du Grand Architecte. En réaction, la Grande Loge Unie d’Angleterre rompt ses relations avec le Grand Orient en 1878 : c’est l’origine du clivage durable entre maçonnerie dite « régulière » et maçonnerie libérale ou adogmatique.

Usages actuels selon les obédiences

  • Obédiences dites régulières, comme la Grande Loge Nationale Française : croyance en un Être suprême exigée, travaux à la gloire du Grand Architecte et présence du Volume de la Loi sacrée.
  • Grande Loge de France : travaux à la gloire du Grand Architecte de l’Univers, conçu comme un principe dont chacun garde l’interprétation.
  • Grand Orient de France : liberté de chaque loge ; beaucoup de loges du Rite Français ne l’invoquent pas, alors que des loges du REAA le conservent.
  • Droit Humain, Grande Loge Féminine de France et d’autres : usages variables selon les rites et les loges.

Un symbole plutôt qu’une définition

Le convent de Lausanne de 1875, qui réunit des Suprêmes Conseils du REAA, avait déjà proposé de voir dans le Grand Architecte un principe créateur, laissant à chacun le soin de le comprendre. Cette lecture symbolique est aujourd’hui celle de nombreux maçons : la formule désigne ce vers quoi tend le travail, l’ordre que l’on cherche à construire en soi et dans le monde, plutôt qu’une profession de foi. D’autres y voient au contraire l’affirmation claire de la transcendance. La pluralité des interprétations fait partie de l’histoire même de la formule.

Le saviez-vous ?

À la Gloire du Grand Architecte de l'Univers (A.L.G.D.G.A.D.l’U.)

Les trois points disposés en triangle, qui ponctuent l’abréviation, ne sont attestés dans les documents du Grand Orient de France qu’à partir de la fin du XVIIIe siècle. Ils ont valu aux francs-maçons français le surnom de « frères trois-points », popularisé au XIXe siècle par la presse et les polémistes antimaçonniques.

À retenir

  • La formule placée en tête des travaux désigne un principe ordonnateur de l’univers.
  • L’image du Dieu architecte remonte à l’Antiquité et au Moyen Âge.
  • Les Constitutions de 1723 l’emploient pour désigner Dieu.
  • Le Grand Orient de France en a rendu l’usage facultatif en 1877.
  • Son interprétation varie selon les obédiences et les rites.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Grand Architecte de l’Univers mal interprété (antimaçonnisme), Volume de la loi sacrée, Régularité, Trois points, Planche, Convent.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Âge Maçonnique

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’âge maçonnique est l’âge symbolique attaché à chaque grade : trois ans pour l’Apprenti, cinq ans pour le Compagnon, sept ans et plus pour le Maître. Demander à un frère ou à une sœur « Quel est votre âge ? » revient donc à s’enquérir de son grade, selon une formule héritée des anciens catéchismes. Sans rapport avec l’âge civil ni avec l’ancienneté dans l’Ordre, cet âge exprime une maturité initiatique. Ses nombres impairs renvoient à la symbolique des nombres propre à chaque degré, et l’on retrouve des âges symboliques dans de nombreux grades supérieurs.

Trois, cinq, sept

Âge Maçonnique

Dans les rituels français, l’Apprenti répond qu’il a trois ans, le Compagnon cinq ans et le Maître sept ans et plus. Ces nombres reprennent ceux qui structurent chaque grade : trois coups de la batterie d’Apprenti, trois lumières, trois pas ; cinq pour le Compagnon, associé à l’étoile flamboyante et aux cinq sens ; sept pour le Maître, nombre de la plénitude, qui fait la loge « juste et parfaite ». Le « et plus » du Maître signifie que la maîtrise n’est jamais achevée.

Les catéchismes du XVIIIe siècle

La question de l’âge figure déjà dans les divulgations anglaises. Dans Masonry Dissected de Samuel Prichard (1730), l’Apprenti interrogé répond : « Under Seven », c’est-à-dire « moins de sept », ce qui indique qu’il n’est pas encore passé Maître ; un maçon qui répond « au-dessus de sept » montre qu’il a reçu la maîtrise. Le chiffre sept est ici lié à la durée traditionnelle de l’apprentissage dans les métiers. Les rituels français ont ensuite fixé la série trois, cinq, sept, devenue classique.

Un héritage du monde des métiers

Dans les corporations d’Ancien Régime et en Grande-Bretagne, l’apprentissage durait souvent sept ans avant que l’ouvrier ne devienne compagnon ou maître. L’âge maçonnique transpose cette durée réelle en un temps symbolique : il ne mesure plus des années de chantier mais un degré d’avancement sur la voie initiatique. On évitera cependant de faire de chaque nombre une reprise directe d’usages médiévaux documentés : la mise en forme est maçonnique.

Un moyen de reconnaissance

L’âge fait partie du dialogue d’instruction et de tuilage. Lorsqu’un visiteur se présente, l’Expert ou le Couvreur peut lui demander son âge pour vérifier son grade, aux côtés des mots, signes et attouchements. La réponse attendue est brève et codifiée : elle montre que l’interlocuteur connaît les usages du degré dont il se réclame.

Âges symboliques dans les hauts grades

Tailleurs de pierres
Tailleurs de pierres

La plupart des grades au-delà de la maîtrise possèdent aussi un âge, souvent fondé sur un nombre symbolique ou sur un multiple des nombres précédents. Ces âges, fixés par les rituels propres à chaque degré, varient selon les rites et les époques ; ils participent du même langage numérique que les batteries et les marches.

Âge maçonnique et ancienneté

  • L’âge maçonnique est symbolique et dépend du grade.
  • L’ancienneté se compte en années depuis l’initiation et figure sur les tableaux de loge.
  • L’âge civil est sans rapport : un Apprenti de soixante ans a trois ans en loge.
  • Les délais réglementaires entre deux grades, souvent d’un an au moins, sont une autre réalité encore.

Une leçon d’humilité

Le symbolisme de l’âge rappelle que l’on ne devient pas maçon en un jour. Un Maître reste un Apprenti dans bien des domaines ; l’expression « sept ans et plus » ouvre une durée indéfinie. Plusieurs auteurs y voient une invitation à garder l’esprit du commencement : l’âge maçonnique ne vieillit pas, il mûrit.

Pour approfondir : ouvrages de référence

Âge Maçonnique
  • Samuel Prichard, Masonry Dissected, Londres, 1730.
  • Étienne-François Bazot, Vocabulaire des francs-maçons, 1810 (rééd. numérique Arbre d’Or, 2008).
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948 (rééd.).

À retenir

  • Apprenti : trois ans ; Compagnon : cinq ans ; Maître : sept ans et plus.
  • La question de l’âge figure dès les catéchismes anglais de 1730.
  • Elle sert de moyen de reconnaissance du grade.
  • L’âge maçonnique est distinct de l’ancienneté et de l’âge civil.

Voir aussi dans le glossaire : Apprenti, Compagnon, Maître des cérémonies (MDC), Tuilage, Batterie, Étoile flamboyante.

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A comme Agape en Franc-maçonnerie

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Les agapes sont le repas fraternel qui suit une tenue de loge. Le mot vient du grec agapè, l’amour désintéressé, et rappelle les repas communautaires des premiers chrétiens. Moins ritualisées que le banquet d’ordre, elles prolongent pourtant les travaux : on y poursuit les échanges, on y accueille les visiteurs, on y apprend à mieux se connaître. Elles se tiennent dans la « salle humide » attenante au temple ou au restaurant, et constituent pour beaucoup de francs-maçons un moment essentiel de la vie de loge, où la fraternité se vit autour d’une table.

Étymologie

Agape

Le grec ancien distingue plusieurs formes d’amour : éros, le désir ; philia, l’amitié ; agapè, l’amour bienveillant et gratuit. Le Nouveau Testament emploie agapè pour l’amour de Dieu et du prochain, que le latin a traduit par caritas. Par extension, l’épître de Jude et des auteurs chrétiens anciens appellent « agapes » les repas fraternels des premières communautés, pris en commun et associés au partage avec les pauvres. Le mot est passé en français au pluriel pour désigner un repas amical.

Définition maçonnique

Les glossaires maçonniques définissent les agapes comme le repas pris ensemble après la tenue, à la salle humide ou au restaurant. Elles ne sont pas une tenue rituelle, à la différence du banquet d’ordre ou loge de table, qui obéit à un cérémonial précis. Selon les loges, elles peuvent toutefois commencer et finir par quelques mots du Vénérable, comporter un toast ou une santé aux visiteurs, et se terminer par une chaîne d’union.

La salle humide

On appelle « salle humide » la pièce où l’on mange et boit, par opposition au temple, lieu des travaux. Les maçons y restent entre eux mais adoptent une règle de prudence : si un profane peut entendre la conversation, on dit qu’il pleut, signal invitant à la discrétion. Le passage du temple à la salle humide marque la fin du temps rituel sans rompre l’esprit de fraternité.

Agapes, banquet d’ordre, banquet familial

  • Agapes : repas fraternel après la tenue, informel ou légèrement codifié.
  • Banquet d’ordre : tenue de table rituelle, avec santés d’obligation et vocabulaire propre, notamment aux fêtes de la Saint-Jean.
  • Banquet familial ou agapes blanches : repas auquel les familles et des invités non maçons sont conviés.
  • Festive board : équivalent anglophone, ponctué de toasts réglés.

Une tradition ancienne

Agape

La franc-maçonnerie spéculative est née dans les tavernes de Londres : les quatre loges qui fondent la Grande Loge en 1717 se réunissaient dans des auberges comme The Goose and Gridiron. Dans les loges du XVIIIe siècle, réunion et repas étaient étroitement liés, au point que les règlements devaient parfois rappeler la modération. La séparation entre le temple et la table s’est affirmée au XIXe siècle avec la construction de temples dédiés.

Fonction et sens

Les agapes ont une fonction sociale évidente : elles permettent aux nouveaux initiés, encore tenus au silence en loge, d’échanger librement avec les anciens, et aux visiteurs d’être accueillis. Elles ont aussi un sens symbolique. Partager le pain et le vin prolonge l’égalité vécue en loge : tous mangent à la même table, quel que soit leur rang dans le monde profane. Beaucoup de maçons considèrent que l’on ne connaît vraiment une loge qu’après avoir partagé ses agapes.

Le saviez-vous ?

Le peintre allemand Lovis Corinth, lui-même franc-maçon, a représenté en 1898-1899 des frères de sa loge réunis en décors dans un tableau intitulé Frères de loge. Il témoigne de la sociabilité maçonnique de la fin du XIXe siècle, où le portrait de groupe affirmait l’identité collective de l’atelier.

Organisation pratique

Agape

Dans beaucoup de loges, un frère ou une sœur, parfois appelé Maître des banquets ou Architecte, est chargé d’organiser les agapes : réservation, menu, participation financière. Les visiteurs sont souvent invités par la loge. La place à table peut être libre ou fixée par le Maître des cérémonies. Les nouveaux initiés y découvrent des aspects de la vie de loge qu’aucun rituel ne transmet : histoires, usages, caractère des membres.

À retenir

  • Agapes vient du grec agapè, l’amour fraternel désintéressé.
  • Ce sont les repas pris ensemble après la tenue, en salle humide ou au restaurant.
  • Elles se distinguent du banquet d’ordre, qui est une tenue de table ritualisée.
  • « Il pleut » signale la présence d’oreilles profanes.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Banquet d’ordre, Salle Humide, Tenue, Saint-Jean d’été, Fraternité.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Affiliation en Franc-maçonnerie

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L’affiliation est l’admission, comme membre actif d’une loge, d’un franc-maçon déjà initié ailleurs. Elle ne confère aucun grade nouveau : le frère ou la sœur conserve son ancienneté et ses degrés, mais rejoint une autre communauté de travail, souvent à la suite d’un déménagement ou d’un désir de pratiquer un autre rite. Encadrée par les règlements de chaque obédience, elle suppose une demande, une enquête et un vote de la loge d’accueil. Elle se distingue de la simple visite, de la double appartenance et de la régularisation d’un maçon venu d’une autre obédience.

Définition et vocabulaire

Affiliation
s’affilier

Le Vocabulaire des francs-maçons de Bazot (1810) parle d’« affiliation ou agrégation » : un maçon d’une loge régulière peut demander à être affilié à une autre loge, mais avec le consentement de sa propre loge. Le mot vient du latin médiéval affiliare, « adopter comme fils ». En anglais, on parle de joining member. Le frère affilié est dit membre affilié ; s’il reste membre de sa loge d’origine, on parle de double appartenance ou de membre multiple.

Une pratique aussi ancienne que les grandes loges

Les Règlements généraux publiés avec les Constitutions d’Anderson en 1723 posent déjà le principe : nul ne peut être admis membre d’une loge sans le consentement unanime des membres présents. Dès le XVIIIe siècle, militaires, négociants et voyageurs changeaient souvent de résidence ; l’affiliation permettait de continuer à travailler sans repasser par l’initiation, à condition de prouver sa qualité maçonnique par un certificat ou une patente.

Le déroulement type

  • demande écrite du maçon, accompagnée d’un certificat de sa loge d’origine attestant qu’il est en règle (parfois appelé exeat ou quitus) ;
  • vérification de son appartenance auprès de l’obédience et, souvent, entretiens avec un ou plusieurs enquêteurs ;
  • lecture des rapports en loge et vote des membres, selon les règles de majorité propres à l’obédience ;
  • accueil rituel du nouveau membre lors d’une tenue, inscription au tableau de la loge et versement de la capitation.

Les modalités précises varient : certaines obédiences exigent un temps de visites préalables, d’autres fixent des délais entre la demande et le vote. Le maçon qui quitte sa loge doit en principe être à jour de ses cotisations.

Affiliation, visite, régularisation

Affiliation

La visite est ponctuelle : un maçon assiste à la tenue d’une autre loge sans en devenir membre. L’affiliation est durable et ouvre le droit de vote et l’accès aux offices. La régularisation concerne un maçon venu d’une obédience qui n’est pas reconnue par celle qu’il rejoint ; selon les cas, elle passe par une cérémonie spécifique, voire par une nouvelle initiation. Les relations de reconnaissance entre obédiences déterminent donc la procédure applicable.

Enjeux humains et symboliques

L’affiliation rappelle que l’initiation est reçue dans une loge mais vaut pour tout l’Ordre : le maçon appartient à une chaîne qui dépasse son atelier. Elle oblige aussi la loge d’accueil à vérifier l’harmonie : un nouveau membre, même expérimenté, doit s’intégrer à une égrégore existante. Beaucoup de loges tiennent pour cette raison à une période de visites avant tout vote. Pour le maçon, changer de loge peut être l’occasion de découvrir un autre rite, une autre culture d’atelier, et d’enrichir sa pratique.

Le saviez-vous ?

Les loges du XVIIIe siècle délivraient des certificats ornés et scellés, que les maçons voyageurs présentaient pour être reçus ailleurs. Ces diplômes, souvent conservés dans les musées maçonniques, sont aujourd’hui une précieuse source pour retracer la mobilité des francs-maçons d’une ville ou d’un pays à l’autre.

Dans le monde anglophone

Affiliation

Dans les loges anglaises et américaines, le joining member fait l’objet d’une proposition, d’un appui par un second frère et d’un scrutin, comme un candidat à l’initiation. La présentation d’un certificat de la Grande Loge, attestant l’initiation, le passage et l’élévation, est généralement exigée. La pratique de l’appartenance à plusieurs loges y est très répandue, chaque loge pouvant compter de nombreux membres affiliés.

À retenir

  • L’affiliation fait entrer un maçon déjà initié dans une nouvelle loge, sans changer son grade.
  • Elle suppose une demande, une enquête et un vote de la loge d’accueil.
  • Elle se distingue de la visite, ponctuelle, et de la régularisation entre obédiences.
  • Le principe du consentement des membres figure dès les Règlements de 1723.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Visiteur, Scrutin, Tableau de Loge (ou Tapis de Loge), Capitation, Obédience.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Aréopage en Franc-maçonnerie

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L’Aréopage est, au Rite Écossais Ancien et Accepté tel qu’il est pratiqué en France, l’atelier qui travaille aux degrés dits philosophiques, du 19e au 30e, et dont le grade terminal est celui de Chevalier Kadosh. Son nom vient de l’Aréopage d’Athènes, conseil et tribunal siégeant sur la colline d’Arès, symbole antique de sagesse et de justice. Dans le parcours écossais, il succède aux loges de perfection et aux chapitres de Rose-Croix, et précède les derniers degrés administratifs. Le terme désigne aussi, par extension, toute assemblée de juges ou de sages réputés.

L’Aréopage d’Athènes

temple du parthénon acropole d'Athènes
temple du Parthénon

L’Aréopage, en grec Areios pagos, « colline d’Arès », était à Athènes un conseil composé d’anciens archontes. Tribunal pour les crimes de sang, il avait aussi un rôle de gardien des lois et des mœurs. Dans Les Euménides, Eschyle en fait remonter l’institution à Athéna, qui y aurait jugé Oreste. Les Actes des Apôtres situent devant l’Aréopage le discours de saint Paul au « Dieu inconnu ». Dans la langue française, le mot a pris le sens d’assemblée de sages ou de juges éminents.

La place de l’Aréopage au REAA

Le REAA, organisé à Charleston en 1801 et introduit en France en 1804, compte trente-trois degrés. Les degrés 4 à 33 relèvent d’un Suprême Conseil, qui les répartit, en France, entre plusieurs types d’ateliers :

  • loges de perfection, du 4e au 14e degré ;
  • chapitres, du 15e au 18e degré, dont le Souverain Prince Rose-Croix ;
  • aréopages, du 19e au 30e degré, dont le Chevalier Kadosh ;
  • tribunal pour le 31e, consistoire pour le 32e, Suprême Conseil pour le 33e.

Toutes les juridictions n’emploient pas ce mot : aux États-Unis, par exemple, les degrés correspondants sont répartis autrement et l’on parle de Council of Kadosh. En France, on rencontre aussi l’appellation de « conseil philosophique ».

Des degrés conférés et communiqués

Parmi les degrés du 19e au 29e, la plupart ne sont pas conférés par une cérémonie complète mais communiqués, c’est-à-dire transmis par une lecture ou un résumé de leur enseignement. Quelques-uns font l’objet de travaux, selon les usages de chaque Suprême Conseil, comme le 22e degré, Chevalier Royale Hache ou Prince du Liban. Le 30e degré, Grand Élu Chevalier Kadosh, est le grade principal et le plus solennel de l’aréopage.

Le Chevalier Kadosh

Aréopage

Kadosh signifie « saint » ou « séparé » en hébreu. Le grade, issu de traditions du XVIIIe siècle mêlant vengeance d’Hiram et mémoire de l’ordre du Temple, a été diversement interprété : au XIXe siècle, certains y ont vu une proclamation de lutte contre le despotisme et l’intolérance ; d’autres en ont souligné la dimension spirituelle et chevaleresque. Les décors à dominante noire lui ont valu l’image d’une maçonnerie « noire », par opposition au rouge des chapitres.

Symbolique du nom

Choisir le nom d’Aréopage, c’est placer ces degrés sous le signe du jugement et de la sagesse. L’initié y est invité à exercer son discernement, à éprouver ses convictions et à s’engager pour la justice. Le rapprochement avec l’assemblée athénienne n’implique pas de filiation historique : il s’agit d’une référence humaniste, dans le goût du XVIIIe et du XIXe siècle pour l’Antiquité.

Le saviez-vous ?

La colline de l’Aréopage, au pied de l’Acropole, se visite encore à Athènes. Une plaque de bronze y reproduit le discours de saint Paul aux Athéniens, rappelant que le lieu fut, pendant des siècles, symbole de la parole publique et de la justice.

Pour approfondir : ouvrages de référence

Aréopage
  • Eschyle, Les Euménides, trad. Paul Mazon, Les Belles Lettres.
  • Paul Naudon, Histoire, rituels et tuileur des hauts grades maçonniques, Dervy (rééd.).

Les Suprêmes Conseils publient par ailleurs des présentations de leurs degrés, utiles pour connaître l’organisation propre à chaque juridiction.

À retenir

  • L’Aréopage est l’atelier REAA des 19e au 30e degrés en France.
  • Son grade principal est le 30e, Chevalier Kadosh.
  • Le nom vient du conseil athénien siégeant sur la colline d’Arès.
  • La plupart des degrés intermédiaires y sont communiqués.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Chapitre, Loge de Perfection, Suprême Conseil, Conseil philosophique ou Aréopage.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Adoption

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le mot « adoption » a deux sens en franc-maçonnerie. Le plus important historiquement désigne la maçonnerie d’adoption, née en France au XVIIIe siècle : des loges de femmes, souvent épouses, sœurs ou filles de maçons, rattachées à une loge masculine et pratiquant un rite propre. Le second sens désigne la cérémonie par laquelle une loge adopte symboliquement l’enfant d’un de ses membres, le « louveteau ». Les deux usages disent la même chose : la loge n’est pas un monde clos, elle cherche à associer les proches de ses membres. La maçonnerie d’adoption est surtout l’une des racines de la franc-maçonnerie féminine et mixte d’aujourd’hui.

Naissance des loges d’adoption

Adoption
Source : Wikimedia Commons – Marie-Victoire Lemoine – Public domain

La franc-maçonnerie spéculative du début du XVIIIe siècle est exclusivement masculine : les Constitutions d’Anderson de 1723 n’envisagent que des hommes. Dès les années 1740, pourtant, la sociabilité mixte des Lumières pousse des loges françaises à organiser des réunions avec des femmes. Ces assemblées, d’abord festives, se dotent peu à peu d’un rituel propre : c’est la naissance de la maçonnerie d’adoption, appelée ainsi parce que les loges féminines sont « adoptées » par une loge masculine qui les patronne.

Le phénomène s’étend hors de France : on cite souvent une loge d’adoption fondée à La Haye en 1751 sous l’égide du baron de Wassenaer. Mais c’est à Paris et dans les grandes villes françaises que ces loges prospèrent, en particulier dans les milieux aristocratiques.

La reconnaissance par le Grand Orient en 1774

Le 10 juin 1774, le Grand Orient de France reconnaît officiellement les loges d’adoption. Il les place sous son gouvernement et impose qu’elles portent le même nom que la loge masculine à laquelle elles sont rattachées. Cette décision encadre une pratique devenue trop répandue pour être ignorée.

Les années 1775-1789 sont l’âge d’or de l’adoption. La duchesse de Bourbon est installée Grande Maîtresse en 1775, et la princesse de Lamballe, amie de Marie-Antoinette, reçoit en 1781 le titre de Grande Maîtresse de la Mère Loge écossaise d’adoption. Les fêtes d’adoption, avec banquets, chants et actions de bienfaisance, comptent parmi les événements mondains de la fin de l’Ancien Régime.

Le rite d’adoption

  • Grades : le rite comporte classiquement quatre grades, Apprentie, Compagnonne, Maîtresse et Parfaite Maîtresse, auxquels s’ajoutent parfois des grades supplémentaires.
  • Thèmes : au lieu de la construction du Temple de Salomon, les rituels puisent dans la Genèse, avec l’Éden, l’arbre de la connaissance, l’Arche de Noé et la Tour de Babel.
  • Valeurs : vertu, bienfaisance et discrétion sont mises en avant, dans l’esprit de la morale des Lumières.
  • Direction : la loge est présidée par un Vénérable et une Grande Maîtresse, la tutelle masculine restant la règle.

Éclipse et renaissance

Adoption
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – Public domain

La Révolution disperse les loges d’adoption. Sous l’Empire, quelques-unes renaissent dans les milieux proches du pouvoir, puis l’adoption décline au XIXe siècle. La question de l’initiation des femmes est relancée en 1882 lorsque Maria Deraismes est initiée par la loge Les Libres Penseurs du Pecq ; elle fonde en 1893, avec Georges Martin, l’ordre mixte du Droit Humain.

La Grande Loge de France constitue à son tour des loges d’adoption à partir de 1901 : la loge Le Libre Examen tient sa première tenue le 20 mars 1901, et elle est aujourd’hui la loge n° 1 de la Grande Loge féminine de France. Un congrès des loges d’adoption devient officiel en 1936, avec un Grand Secrétariat présidé par Anne-Marie Pedeneau-Gentily. Après la Seconde Guerre mondiale, ces loges deviennent autonomes : l’Union maçonnique féminine de France, créée en 1945, prend en 1952 le nom de Grande Loge féminine de France.

L’adoption des louveteaux

Le second sens du mot désigne l’adoption d’un enfant de maçon par la loge. Le fils, et aujourd’hui l’enfant, d’un maçon est appelé louveteau, ou lewis en anglais. Le terme anglais désigne aussi la louve, ce coin de fer que l’on insère dans une pierre pour la soulever : l’image d’un fils qui soutiendra son père dans ses vieux jours. La cérémonie, décrite au XIXe siècle par des auteurs comme Clavel, se déroule en tenue ouverte aux familles : la loge s’engage à veiller sur l’enfant, à l’aider en cas de malheur et à favoriser son éducation, sans l’initier pour autant.

Cette pratique, attestée en France, en Espagne au XIXe siècle et ailleurs, a parfois été critiquée comme un pseudo-baptême laïque. Elle est aujourd’hui rare, mais subsiste dans certaines loges, où elle exprime l’idée d’une famille maçonnique solidaire.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Gisèle et Yves Hivert-Messeca, Comment la franc-maçonnerie vint aux femmes, Dervy, 1997.
  • Janet Burke et Margaret Jacob, Les Premières Francs-Maçonnes au siècle des Lumières, Presses universitaires de Bordeaux, 2010.
  • François-Timoléon Bègue-Clavel, Histoire pittoresque de la franc-maçonnerie et des sociétés secrètes anciennes et modernes, 1843.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Loge d’Adoption, Louveteau, Lufton ou Lowton, Rite d’adoption (Rite maçonnique), Initiation de Maria Deraismes au Pecq, 14 janvier 1882 (date historique), Fondation du Droit Humain par Maria Deraismes et Georges Martin, 4 avril 1893 (date historique), Naissance de la Grande Loge féminine de France, 22 septembre 1952 (date historique), Mixité.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Activité (Maçon en)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Un maçon est dit en activité lorsqu’il participe régulièrement à la vie de sa loge et s’acquitte de ses obligations, au premier rang desquelles la cotisation, appelée capitation dans de nombreuses obédiences. L’expression s’oppose à l’état de sommeil, qui désigne une suspension volontaire ou constatée de la participation, sans rupture définitive avec l’Ordre. Ce couple de notions, d’apparence administrative, touche à quelque chose d’essentiel : la franc-maçonnerie se vit dans l’assiduité, et l’engagement pris lors de l’initiation se renouvelle tenue après tenue.

Ce que recouvre l’activité

A comme Activité (Maçon en)
Source : Wikimedia Commons – Popular Graphic Arts – Public domain

Être en activité, c’est d’abord être à jour de ses obligations matérielles envers la loge et l’obédience : la cotisation annuelle finance le fonctionnement de l’atelier, la location du temple, la part reversée à l’obédience et la solidarité. C’est ensuite remplir ses obligations morales : assister aux tenues, participer aux travaux, tenir les offices confiés. Seul le maçon actif peut voter en loge, être élu à un office, recevoir une augmentation de salaire ou représenter son atelier.

Le sommeil : une parenthèse

Le maçon en sommeil a cessé, pour un temps, de fréquenter sa loge. Les raisons sont diverses : éloignement géographique, contraintes professionnelles ou familiales, santé, lassitude. Selon les règlements des obédiences, le sommeil peut être demandé par le frère, qui obtient alors un document attestant sa situation, ou constaté par la loge après une longue absence ou un défaut de paiement. Il reste maçon, conserve son grade et peut, en principe, être « réveillé ».

Activité, sommeil, démission, radiation

  • Activité : participation régulière et cotisation à jour ; tous les droits maçonniques.
  • Sommeil : suspension de la participation, sans perte de la qualité de maçon ni du grade.
  • Démission : départ volontaire, souvent accompagné d’un certificat de régularité (exeat ou quitus).
  • Radiation : exclusion prononcée par la loge ou l’obédience, notamment pour non-paiement prolongé ou faute grave.

Les modalités précises, durée, conditions du réveil, rappel ou non des cotisations, relèvent des règlements généraux de chaque obédience et des règlements particuliers des loges. Elles varient sensiblement d’une institution à l’autre.

Les loges aussi s’endorment

A comme Activité (Maçon en)
Source : Wikimedia Commons – sailko – CC BY 2.5

Le vocabulaire vaut pour les ateliers eux-mêmes. Une loge qui ne réunit plus assez de membres pour tenir régulièrement peut être mise en sommeil par son obédience ; elle peut être réveillée plus tard, parfois après des décennies, en reprenant son titre distinctif et son histoire. L’histoire maçonnique est pleine de ces réveils : de nombreuses loges françaises, dissoutes sous l’Occupation, ont ainsi repris leurs travaux à la Libération.

Une métaphore initiatique

Le choix des mots n’est pas indifférent. Le sommeil évoque un état d’attente, où la lumière reçue n’est pas éteinte mais mise en veille ; l’activité renvoie au travail sur la pierre brute, qui ne progresse que par la régularité. Beaucoup de vénérables rappellent que la loge ne vit que par ceux qui la font vivre, et que l’assiduité est déjà une forme de fraternité. À l’inverse, le sommeil, accordé avec bienveillance, permet de traverser une période difficile sans rompre le lien.

Revenir en loge

Le réveil d’un maçon en sommeil suppose généralement une demande, l’accord de la loge et, selon les règlements, la régularisation de sa situation. Le frère ou la sœur qui revient retrouve ses repères, parfois dans une loge différente par affiliation. Ce retour est souvent vécu comme une seconde entrée dans le temple, et nombre de loges l’accueillent avec une attention particulière.

Le saviez-vous ?

Le mot capitation, employé dans plusieurs obédiences pour la cotisation reversée par chaque membre, vient d’un impôt de l’Ancien Régime calculé « par tête », du latin caput. Il rappelle que l’activité maçonnique a aussi une dimension matérielle : sans la contribution de chacun, il n’y aurait ni temple, ni décors, ni bienfaisance.

À retenir

  • L’activité suppose la participation aux tenues et une cotisation à jour.
  • Le sommeil suspend la participation sans faire perdre la qualité de maçon.
  • Les règles précises dépendent de chaque obédience.
  • Les loges peuvent, elles aussi, être mises en sommeil puis réveillées.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Sommeil, Capitation, Radiation, Affiliation, Assiduité.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Accolade (Fraternelle) : le baiser sacré de la Fraternité maçonnique

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’accolade fraternelle, souvent appelée « triple accolade » ou « triple baiser fraternel », est le geste par lequel le Vénérable Maître accueille le nouvel initié, ou le frère nouvellement promu, dans la communauté de la loge. Elle se donne généralement après la prestation d’obligation et la consécration. Héritière du baiser de paix chrétien et des rites d’hommage médiévaux, elle exprime de façon simple et charnelle ce que les discours ne disent qu’imparfaitement : l’entrée dans une chaîne fraternelle. Ses formes ont évolué avec le temps et les sensibilités.

Un geste ancien

Accolade (Fraternelle) : le baiser sacré de la Fraternité maçonnique

Le baiser comme signe d’alliance est bien antérieur à la maçonnerie. Le Nouveau Testament y fait plusieurs fois allusion : « Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser » (Romains 16, 16 ; 1 Corinthiens 16, 20), ou « par un baiser d’amour » (1 Pierre 5, 14). Le osculum pacis, ou baiser de paix, prend place dans la liturgie chrétienne, avant d’être progressivement réduit à un geste symbolique.

Le Moyen Âge féodal connaît aussi le baiser de l’hommage, par lequel seigneur et vassal scellent leur engagement. Les ordres religieux et militaires connaissent des rites de réception comportant un baiser ; lors du procès des Templiers en 1307, l’accusation tenta d’ailleurs de transformer ce geste en preuve d’obscénité, exemple précoce de la manière dont un rite d’accueil peut être retourné contre ceux qui le pratiquent.

L’accolade en loge

Dans la Franc-maçonnerie continentale, et notamment française, l’accolade intervient au terme de la cérémonie d’initiation, d’augmentation de salaire ou d’élévation. Elle est donnée par le Vénérable Maître, parfois relayé par les Surveillants ou par l’ensemble des frères. Le nombre trois, omniprésent au premier grade, se retrouve dans la triple accolade. Elle est aussi échangée lors de visites solennelles, de l’installation d’un Vénérable ou des retrouvailles entre frères.

Dans les loges anglo-saxonnes pratiquant le Rite Émulation, l’usage du baiser est beaucoup moins répandu : la poignée de main fraternelle y tient la place principale. L’accolade est donc d’abord une tradition des rites d’origine française et latine.

Ce que signifie le geste

  • Le sceau de l’accueil : après l’isolement du cabinet de réflexion et du bandeau, le nouvel initié est reçu physiquement par la communauté.
  • La paix : en loge, les rancœurs profanes doivent être laissées à la porte.
  • L’égalité : le Vénérable accueille le nouveau venu comme un égal en dignité.
  • La chaîne : l’accolade relie le nouvel initié à tous ceux qui l’ont précédé, comme la chaîne d’union.

Des interprétations multiples

Accolade (Fraternelle) : le baiser sacré de la Fraternité maçonnique

Les auteurs maçonniques ont proposé de nombreuses lectures du triple baiser. Certains y voient la devise républicaine, Liberté, Égalité, Fraternité, adoptée par le Grand Orient de France au XIXe siècle ; d’autres le rattachent aux trois piliers Sagesse, Force et Beauté, ou aux trois grades symboliques. Ces correspondances relèvent de l’interprétation personnelle : aucun rituel ancien ne fixe un sens unique à chacun des baisers, et c’est précisément ce qui laisse au geste sa liberté.

Une pratique qui évolue

Les formes de l’accolade ont changé avec les époques. L’embrassade sur les joues est aujourd’hui la règle dans la plupart des loges françaises. Pendant l’épidémie de Covid-19, de nombreuses obédiences ont suspendu le contact physique et l’ont remplacé par un salut à distance, la main sur le cœur ou une inclinaison de la tête. Dans les loges mixtes et féminines, l’accolade est donnée de la même manière entre sœurs et frères, et l’on parle volontiers d’accolade fraternelle et sororale.

L’accolade dans la vie de la loge

Au-delà des cérémonies, l’accolade marque les moments où la loge se reconnaît comme communauté : accueil d’un frère après une longue absence, réconciliation après un différend, départ d’un frère qui quitte l’Orient. Beaucoup de maçons gardent de leur initiation le souvenir de ce moment comme l’un des plus forts : après les épreuves symboliques, il est le premier contact chaleureux, celui qui dit sans mots « tu es des nôtres ».

Le saviez-vous ?

Le mot « accolade » vient de l’ancien geste consistant à prendre quelqu’un par le cou, col en ancien français. Il a désigné aussi le coup donné du plat de l’épée lors de l’adoubement du chevalier, ce qui explique sa présence dans des rituels de réception très différents.

À retenir

  • L’accolade est donnée au nouvel initié après sa consécration.
  • Elle hérite du baiser de paix chrétien et des rites d’hommage.
  • Elle est surtout pratiquée dans les rites d’origine française.
  • Ses interprétations symboliques sont libres ; aucune n’est imposée.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Sautoir de Vénérable Maître, Fraternité, Consécration, Bandeau, Obligation.

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Glossaire de la franc-maçonnerie