
L’allumage des feux est la cérémonie par laquelle une nouvelle loge est officiellement installée et commence ses travaux. Conduite par des représentants de l’obédience, elle consacre le Temple, transmet à l’atelier ses lettres constitutives et installe ses premiers officiers. L’expression, empruntée à l’image du foyer que l’on allume, a pour pendant l’extinction des feux, lorsqu’une loge cesse de travailler. Elle dit bien l’idée maçonnique d’une Lumière qui se transmet : une loge ne naît pas seule, elle reçoit son feu d’une loge ou d’une obédience déjà constituée.
Définition

Le vocabulaire maçonnique définit l’allumage des feux comme la cérémonie rituelle d’installation d’une nouvelle loge. Les fondateurs, déjà maçons, ont obtenu de leur obédience l’autorisation de constituer un atelier ; l’allumage des feux en est la consécration solennelle. À partir de ce jour, la loge peut initier, voter, élire ses officiers et correspondre avec les autres ateliers.
Le feu, la lumière et le foyer
« Feux » renvoie ici à la flamme et à la lumière, mais aussi au foyer, au sens ancien du mot : on comptait autrefois les feux d’un village pour en connaître les maisonnées. Allumer les feux d’une loge, c’est donc fonder une maison, une communauté qui vivra et se transmettra. Le vocabulaire maçonnique utilise d’ailleurs la même image dans l’autre sens : on éteint les feux d’une loge qui se dissout, on la met en sommeil lorsqu’elle suspend ses travaux, et l’on parle de réveil lorsqu’elle les reprend.
Le déroulement
Les modalités varient selon les obédiences et les rites, mais les grandes étapes, publiques, sont les suivantes :
- Ouverture des travaux par les représentants de l’obédience, souvent le Grand Maître ou ses délégués.
- Lecture des lettres constitutives, ou patente, qui donnent à la loge son existence régulière, son nom et son numéro.
- Consécration du Temple et allumage des lumières de la nouvelle loge.
- Installation du premier Vénérable Maître et des officiers, qui prennent leur engagement.
- Remise des documents, des décors et parfois des outils symboliques de l’atelier.
- Premiers travaux de la loge, puis banquet ou agapes.
Dans la tradition anglaise, la cérémonie de consécration comporte notamment l’usage symbolique du blé, du vin et de l’huile, répandus sur la loge en signe d’abondance, de joie et de paix. D’autres rites font usage de rituels de consécration différents, plus ou moins développés.
Une Lumière reçue

La symbolique centrale de l’allumage des feux est celle de la transmission. Une loge ne s’autoproclame pas : elle reçoit sa Lumière d’une autorité maçonnique existante, ce qui fonde sa régularité aux yeux de son obédience. La flamme allumée est l’image de cette filiation. Elle rappelle aussi l’initiation individuelle : comme le nouvel initié reçoit la Lumière, la nouvelle loge reçoit le feu qui la fait vivre.
Une fête pour l’obédience
L’allumage des feux est un moment d’accueil et de fraternité qui dépasse la seule loge concernée. Des délégations des ateliers voisins y assistent, et les obédiences en rendent souvent compte dans leurs publications. La presse maçonnique, dont 450.fm, relate régulièrement l’allumage des feux de loges nouvelles, qu’il s’agisse d’ateliers d’études thématiques ou de loges créées dans de nouvelles régions.
Avant l’allumage des feux, les fondateurs doivent généralement réunir un nombre minimal de Maîtres, rédiger un projet, choisir un nom distinctif et un rite, puis obtenir l’accord des instances de l’obédience. Ce cheminement administratif, souvent long, rappelle qu’une loge est un engagement durable : l’allumage des feux en est le point d’aboutissement, mais aussi le début d’une histoire.
Le saviez-vous ?

La plupart des obédiences conservent dans leurs archives la date d’allumage des feux de chaque loge, qui fixe son ancienneté. Dans les cortèges et les préséances, l’ordre des loges suit parfois cette chronologie, et les anniversaires d’allumage des feux, cinquantenaires ou centenaires, donnent lieu à des tenues solennelles.
Pour approfondir : ouvrages de référence
- Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.
- Oswald Wirth, Le Livre du Maître, 1922.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Patente, Installation, Consécration, Obédience, Lumières (trois), Régularité.
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