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Le 22 septembre 1952, l’Union maçonnique féminine de France, née en 1945 de l’émancipation des anciennes loges d’adoption de la Grande Loge de France, prend le nom de Grande Loge féminine de France (GLFF). C’est l’acte de naissance, sous son nom définitif, de la première obédience maçonnique française exclusivement féminine. Dans la foulée, en octobre 1952, la loge Éleusis ouvre ses travaux à Lille : c’est la première loge fondée sous les auspices de la nouvelle Grande Loge. Le mouvement, parti de cinq loges et d’une centaine de sœurs, réunit aujourd’hui plus de 14 000 femmes.
Date : 22 septembre 1952
Lieu : Paris (convent) ; Lille (première loge, octobre 1952), France
Des loges d’adoption à l’indépendance

Pendant des décennies, les femmes ne sont admises dans la franc-maçonnerie française que dans des loges d’adoption, placées sous la tutelle de loges masculines. La Grande Loge de France en encadre plusieurs, régies par une Constitution de 1906. La Seconde Guerre mondiale disperse les sœurs. À la Libération, un comité de reconstruction animé par Anne-Marie Gentily, Suzanne Galland et Germaine Rhéal demande la réintégration des loges d’adoption. Le 17 septembre 1945, le convent de la Grande Loge de France répond en abrogeant la Constitution de 1906 : les sœurs doivent désormais voler de leurs propres ailes.
L’Union maçonnique féminine de France (1945)
Le 21 octobre 1945, Anne-Marie Gentily annonce la création de l’Union maçonnique féminine de France avec cinq loges reconstituées : Le Libre Examen, La Nouvelle Jérusalem, Le Général Peigné, Minerve et Thébah, soit à peine une centaine de sœurs. En 1946, une première Constitution, au titre explicite, Des loges d’adoption aux loges féminines indépendantes, est adoptée ; un Conseil supérieur de dix femmes est élu et Anne-Marie Gentily (1882-1972) devient la première Grande Maîtresse. En 1948, la loge Athéna de Toulouse est la première loge de province créée par des femmes pour des femmes.
Le 22 septembre 1952 : un nouveau nom
Le 22 septembre 1952, l’obédience adopte le nom de Grande Loge féminine de France. Selon la biographie de Gisèle Faivre, alors Grande Oratrice, le vote du convent s’appuie sur ses conclusions. Le terme de « Grande Loge » affirme une souveraineté pleine et entière, à égalité de statut avec les obédiences masculines. Les travaux se font encore au Rite d’adoption, hérité du XVIIIe siècle, mais une commission est chargée d’établir des rituels plus proches de ceux pratiqués par les hommes.
Éleusis, première loge de la GLFF à Lille

En octobre 1952, la loge Éleusis ouvre à Lille sous les auspices de la GLFF. Son nom, emprunté au sanctuaire grec des mystères de Déméter, annonce une série de titres inspirés des cultes initiatiques antiques : suivront Cybèle à Aulnay-sous-Bois en juin 1953, puis Isis à Paris en novembre 1954. Le choix d’une grande ville du Nord pour cette première création montre la volonté de la jeune obédience de s’implanter au-delà de la capitale.
Le choix du Rite écossais
La réflexion rituelle engagée en 1952 aboutit à la fin des années 1950 : le convent abandonne le Rite d’adoption et fait du Rite écossais ancien et accepté le rite de l’obédience (1958 ou 1959 selon les textes de la GLFF). Une dizaine de sœurs attachées à l’ancien rite fondent alors la loge Cosmos, qui rejoindra la GLFF en 1977. En 1972 naît le Suprême Conseil féminin de France, qui donne aux sœurs leur propre juridiction des hauts grades écossais.
Une obédience devenue majeure
Partie d’une centaine de membres, la GLFF connaît une croissance continue : vingt-deux loges sont fondées dans les années 1960, dont une à Genève, et ses loges essaiment en Belgique, où elles donneront naissance en 1981 à la Grande Loge féminine de Belgique. L’obédience revendique aujourd’hui environ 14 000 sœurs réparties dans plus de 400 loges. Elle reste la principale obédience féminine de France et une référence pour la franc-maçonnerie féminine dans le monde.
Repères chronologiques
- 17 septembre 1945 : la Grande Loge de France abroge la Constitution des loges d’adoption de 1906.
- 21 octobre 1945 : création de l’Union maçonnique féminine de France.
- 1946 : Anne-Marie Gentily, première Grande Maîtresse.
- 22 septembre 1952 : l’UMFF devient la Grande Loge féminine de France.
- Octobre 1952 : ouverture de la loge Éleusis à Lille.
- Fin des années 1950 : adoption du Rite écossais ancien et accepté.
- 1972 : création du Suprême Conseil féminin de France.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Loge d’Adoption, Rite d’adoption (Rite maçonnique), Suzanne Galland (Personnalité).

