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« La Transmission à l’épreuve de l’actualisation » – Jean-Francis Dauriac, quand le Rite Français interroge l’héritage pour mieux le transmettre

Toute tradition initiatique finit par rencontrer une question décisive. Que faut-il conserver pour demeurer fidèle, et que faut-il transformer pour rester vivant ? Les deux tomes de La Transmission à l’épreuve de l’actualisation, travail collectif du Chapitre National de Recherche du Grand Chapitre Général du Grand Orient de France, placent cette tension au cœur d’une réflexion qui déborde le champ maçonnique. Sous la direction de Jean-Francis Dauriac, les contributeurs confrontent l’héritage à l’épreuve du présent. Une tradition demeure-t-elle fidèle lorsqu’elle répète ses formes, ou lorsqu’elle préserve assez fortement leur sens pour leur permettre de traverser les métamorphoses du monde ? Transmettre revient à discerner. Actualiser exige de savoir ce qui ne doit pas être perdu.

Jean-Francis Dauriac, GSAI du GCG du GODF – Préfet du Vème Ordre du RF

La fidélité commence lorsque la répétition cesse

Philippe Guglielmi donne immédiatement la mesure du débat. La transmission ne saurait être reproduction, puisque la reproduction finit par transformer l’héritage en répétition stérile. Mais l’actualisation ne saurait davantage signifier rupture avec les origines, car elle condamnerait alors la tradition à perdre la mémoire de ce qui la fonde. Entre ces deux risques s’ouvre l’espace initiatique du discernement. Une forme peut changer sans que le sens soit trahi. Une forme peut aussi demeurer intacte tandis que le sens s’éteint. La fidélité ne se juge donc pas à l’immobilité du geste, mais à sa capacité à continuer de produire de la conscience, du lien et de la liberté.

Jean-Francis Dauriac inscrit cette interrogation dans l’histoire des Franc-Maçonneries

Leurs différences s’expliquent en partie par leurs manières distinctes de transmettre un héritage commun et de penser la relation entre transformation de l’individu et transformation de la société. Le Rite Français apparaît ici avec son centre de gravité particulier. Le perfectionnement de soi n’y est pas isolé de la Cité. L’initié se construit dans la confrontation aux autres, dans la pluralité des opinions, dans l’exercice de la liberté de conscience et dans la responsabilité du citoyen. L’homme transformé peut transformer le monde, mais l’homme se transforme également en travaillant avec d’autres à transformer le monde.

Président du Chapitre National de Recherche, Jean-Francis Dauriac dirige un ensemble qui refuse l’uniformité doctrinale. Études historiques, planches maçonniques et témoignages professionnels créent parfois des écarts de ton, mais cette pluralité appartient pleinement au projet.

Le symbole demeure vivant parce qu’il reste interprétable

Jacques Le Disez

Le premier tome trouve son noyau maçonnique dans les contributions consacrées au rituel et au symbole. Jacques Le Disez rappelle que la ritualisation des travaux crée une parenthèse hors du bruit du monde, un espace réglé où deviennent possibles l’écoute, l’attention et la pensée partagée. À une époque où l’accélération permanente fragmente la durée, cette fonction mérite d’être méditée. Le Temple ne s’oppose pas à la société. Il instaure une autre qualité de temps afin de permettre un retour plus lucide dans la société. La transmission rituelle devient moins affaire de conservation que de mise en condition de la conscience.

Le débat se resserre sur l’évolution des symboles. Le corpus hérité des bâtisseurs peut-il traverser les différences culturelles et les révolutions techniques, jusqu’à l’intelligence artificielle ou au laser ? Une Équerre garde-t-elle partout la même charge morale ? Les auteurs refusent de résoudre trop vite ces difficultés. Le symbole maçonnique possède sa fécondité parce qu’il n’est pas un signe à définition close. Sa polysémie l’expose aux lectures arbitraires, mais elle lui permet également de devenir un outil de travail intérieur.

Aline Kotlyar

Le Rite Français assume ainsi la coexistence d’une pensée rationnelle et d’une intelligence symbolique. Le symbole n’abolit pas la raison. Il déplace le regard par l’image, le geste et la parole rituelle. Aline Kotlyar prolonge cette ligne en décrivant la transmission comme respiration entre mémoire incorporée et futur désirable, convoquant notamment l’hermétisme, l’alchimie et la Renaissance pour penser la transformation des formes.

Une société transmet par ses mémoires, ses écoles et ses médias

Le premier tome quitte ensuite l’espace rituel pour observer les institutions civiles où se forment les consciences. Les valeurs des Lumières, les politiques de mémoire, l’école, la presse et l’innovation deviennent des lieux de transmission où une société décide, souvent sans en avoir pleinement conscience, de ce qu’elle veut devenir.

Cécile Revauger et Serge Barcellini rappellent que la mémoire collective ne saurait être abandonnée à l’automatisme commémoratif. Une mémoire officielle qui ne serait plus interrogée se refermerait, tandis qu’une communauté sans mémoire perdrait les raisons historiques de son unité. Que faut-il recevoir des morts pour que les vivants demeurent libres ? La mémoire demande sélection, interprétation et parfois désaccord. Elle oblige aussi à se demander si une nation peut se rassembler autrement que dans la remémoration de ses drames.

Renaud-Dély

Le même examen critique traverse les pages consacrées aux médias. Renaud Dély rapproche méthode journalistique et démarche maçonnique par le doute, la lutte contre les présupposés et le refus des vérités révélées. La liberté suppose ici de soumettre ses propres convictions à l’épreuve des faits et de la contradiction. Lorsque l’horizontalité numérique confond savoir, rumeur, expertise et invective, l’espace commun de la parole responsable se fragilise.

L’école prolonge cette interrogation. Elle transmet des connaissances, mais aussi une relation au savoir, à la différence et à l’émancipation. Initiation et éducation partagent ici une question. Comment conduire quelqu’un vers davantage d’autonomie sans penser à sa place ? Former n’est pas remplir. Transmettre n’est pas soumettre. L’innovation ne prend sens qu’au regard de l’humain qu’elle sert.

Qui tient le cadre tient déjà une part du réel

Le second tome déplace la réflexion vers un terrain plus inquiet. Comment les idées naissent-elles, se déposent-elles et finissent-elles par organiser notre perception du réel ? Aline Kotlyar propose une stratigraphie de la pensée. Les idées se forment dans des usages, des milieux, des mots, des récits et des rapports de force. Leur histoire ressemble moins à une filiation droite qu’à une sédimentation de couches successives.

Cette image rejoint le travail initiatique. Le Franc-Maçon apprend à interroger ce qui paraît aller de soi, à distinguer l’évidence de l’habitude et la conviction de la preuve. La bataille des idées commence lorsque le cadre qui rend certaines pensées possibles demeure invisible. Mots codés, récits préfabriqués et oppositions binaires produisent alors des interprétations presque spontanées. Interroger le cadre revient à déplacer la lumière, afin de voir ce qui orientait déjà le regard.

Fabrice Millon-Desvignes

Fabrice Millon-Desvignes convoque Antonio Gramsci pour montrer que le pouvoir s’exerce aussi par l’hégémonie culturelle, par la capacité à faire apparaître une vision du monde comme naturelle. École, médias, arts et littérature participent à la construction des évidences collectives. La Franc-Maçonnerie retrouve ici une vocation ancienne, former des esprits capables de douter et de penser par eux-mêmes. Le second tome prend parfois une tonalité plus militante. C’est sa vigueur autant que sa fragilité. Comment défendre des valeurs sans les transformer en dogmes ? Cette tension traverse utilement l’ensemble.

La peur rétrécit le monde avant de gouverner les hommes

Dominique Lamoureux

Les textes de Jean-Claude Laroche, Aline Kotlyar et Dominique Lamoureux donnent au second tome sa profondeur anthropologique. Ils examinent le passage d’une peur identifiable à des formes diffuses d’anxiété liées aux ruptures technologiques, à la fragmentation du monde commun et au sentiment d’imprévisibilité. La peur simplifie, désigne des ennemis et rétrécit le champ des possibles.

Toute initiation organise pourtant une rencontre réglée avec l’inconnu. Elle ne promet pas l’abolition de la peur, mais une manière de la traverser sans lui abandonner la conduite de soi. Les ténèbres initiatiques apprennent que la Lumière n’est pas l’absence de nuit, mais la capacité de s’orienter malgré elle. Lorsque la peur devient principe d’organisation du réel collectif, la transmission, le discernement et la reconstruction du lien prennent donc une portée civique. La fraternité devient alors une résistance à la fabrication des ennemis nécessaires.

Lorsque la guerre transforme aussi la vérité en champ de bataille

La dernière partie conduit la réflexion jusqu’à la guerre, là où l’information, le secret, la propagande et la raison d’État soumettent la notion de vérité à une pression extrême. Matthieu Dauriac analyse la contradiction des démocraties qui fondent leur légitimité sur la publicité du pouvoir et la libre circulation de l’information, tout en recourant en temps de guerre au secret, au contrôle narratif et à la dissimulation stratégique. La guerre contemporaine engage désormais la maîtrise des perceptions et la capacité d’imposer des cadres interprétatifs.

Les témoignages diplomatiques d’Arthur Garbarini sur le Golfe arabo-persique et de François Larche sur l’Ukraine donnent à cette analyse un ancrage concret. Dans le brouillard de la guerre, établir les faits demeure un devoir, même lorsque la vérité politique est disputée. Chercher la vérité ne signifie pas prétendre la posséder. Il faut accepter l’incertitude sans renoncer à la rigueur et distinguer le doute méthodique du relativisme commode.

La belle réussite des deux tomes tient à leur mouvement.

Du rite et du symbole, ils vont vers la mémoire, l’école, les médias, puis le langage, la peur et la guerre. La transmission devient une réflexion sur le lien entre passé et avenir. Certaines contributions sont plus affirmatives que démonstratives et les méthodes diffèrent. Cette hétérogénéité oblige pourtant le lecteur à accomplir le travail que l’ensemble défend. Distinguer, comparer, douter, interpréter.

Très-Sage-&-Parfait-Grand-Vénérable

La tradition véritable ne demande pas des gardiens de cendres. Elle demande des femmes et des hommes capables de discerner ce qui, dans le feu reçu, mérite encore d’être transmis. Le Rite Français trouve ici une définition exigeante de sa modernité. Non celle qui sacrifie l’héritage au goût du jour, mais celle qui consent à remettre chaque héritage au travail. Une question demeure alors pour chaque Franc-Maçon comme pour chaque citoyen. Lorsque viendra notre tour de transmettre, léguerons-nous des formes intactes dont le sens se sera retiré, ou une parole vivante assez fidèle à sa source pour continuer d’éclairer ceux qui viendront après nous ?

La Transmission à l’épreuve de l’actualisation, tomes 1 et 2, sous la direction de Jean-Francis Dauriac, préface de Philippe Guglielmi, collection Les Cahiers du Rite Français, Chapitre National de Recherche du Grand Chapitre Général du Grand Orient de France, Conform édition, 2026, 160 pages pour le tome 1, 14 € et 176 pages pour le tome 2, 14 € / Conform édition, le SITE

Journées Européennes du Patrimoine : visite du Temple maçonnique de Piolenc (84)

Comme depuis de nombreuses années, le temple maçonnique de Piolenc est ouvert au public lors des Journées Européennes du Patrimoine. Ce temple est unique en France et en Europe. Il a d’ailleurs à ce titre, rejoint récemment les temples dans le cadre de l’Association Architecture et Patrimoine Maçonnique (ROUTES D’ARCHITECTURE ET DE PATRIMOINE MAÇONNIQUES) mettant en valeur la richesse de nos structures.

La construction du Temple de Piolenc est dû à Serge et Fabienne Boÿer qui furent les maîtres d’œuvre des décorations symboliques du Temple regroupant une véritable avalanche de symboles tant maçonniques qu’appartenant à d’autres traditions ésotériques.

Le Temple est propriété de la Grande Loge de France qui met un point d’honneur à ce qu’il soit ouvert au public complétant ainsi la démarche entreprise par l’obédience d’ouvrir les portes et ainsi faire découvrir nos activités au grand public. Démystifiions nos aventures initiatiques en permettant à tout un chacun de venir humer le parfum de notre démarche.

Le Temple dont l’adresse géographique est Zone du Crepon 380 avenue de l’Aygues 84 420 Piolenc ouvrira ses portes, le samedi 19 septembre de 14h à 17h environ et le dimanche toute la journée. Des collations seront offertes aux visiteurs permettant de prolonger la visite par des explications par les membres des loges de Piolenc, présents ce jour-là. Aucune inscription n’est nécessaire. Les visites s’organiseront par petits groupes en fonction de l’arrivée des visiteurs dans le local du Temple.

Alain Lloret

☎ 06 19 26 37 13

L’éveil collectif, du centième singe au centième franc-maçon

Le concept de champ morphogénétique, ou plus précisément de champ morphique et de résonance morphique tel que développé par le biologiste britannique Rupert Sheldrake, fascine depuis des décennies. Il propose une vision audacieuse de la nature où la mémoire n’est pas confinée au cerveau individuel ni aux gènes, mais inhérente à l’univers lui-même, sous forme de champs invisibles qui guident formes, comportements et habitudes à travers le temps et l’espace.

Pour illustrer cette idée, on invoque souvent l’anecdote célèbre – et controversée – du centième singe. Cette histoire, popularisée dans les cercles du développement personnel et de la conscience collective, sert de métaphore puissante à un phénomène plus vaste : celui d’une transmission non locale d’information, où un apprentissage individuel, une fois atteint un seuil critique, semble se diffuser instantanément au sein d’une espèce entière, voire au-delà des barrières physiques.

Imaginons une île japonaise, Koshima, au milieu des années 1950. Des chercheurs, dans le cadre d’études sur les macaques japonais (Macaca fuscata), lancent des patates douces dans le sable pour observer leur comportement alimentaire. Les singes s’emparent des tubercules, les mangent avec appétit, mais le sable leur irrite les dents et la bouche. Un jour, une jeune femelle particulièrement ingénieuse, baptisée Imo par les scientifiques, a une idée révolutionnaire : elle transporte sa patate jusqu’à un ruisseau voisin et la lave soigneusement avant de la consommer. Le sable disparaît, le goût s’améliore. Curieux, comme le sont les primates, les autres singes observent, imitent. Bientôt, les jeunes, plus ouverts au changement, adoptent cette nouvelle habitude. Les adultes, plus conservateurs, résistent d’abord, mais progressivement, le comportement se répand au sein de la colonie. Jusqu’ici, rien d’extraordinaire : une transmission culturelle classique par observation et imitation, documentée dans de nombreuses espèces animales.

Mais l’histoire prend une tournure plus mystérieuse lorsque, selon la version popularisée, un « centième » singe franchit un seuil décisif. Dans la légende, ce centième individu ne se contente pas du ruisseau ; il va jusqu’à la mer et lave sa patate à l’eau salée. Le sel rehausse le goût d’une saveur nouvelle et subtile. Soudain, non seulement les singes de l’île l’imitent massivement, mais ceux d’îles voisines, situées à des dizaines de kilomètres, sans aucun contact direct, commencent eux aussi à laver leurs patates directement dans la mer. Comme si une énergie invisible, un champ de pensée collective, avait été libéré.
Le centième singe, sorte de « Nikola Tesla » simiesque, aurait catalysé un saut quantique dans la conscience de l’espèce. Ce n’est plus seulement de l’apprentissage individuel ou social ; c’est une résonance à l’échelle du groupe, une mémoire partagée qui transcende la distance et le temps.

Cette narration, bien que romancée, trouve ses racines dans des observations réelles menées par des primatologues japonais dès 1952. L’expérience, initiée par des équipes dirigées notamment par Kinji Imanishi et Masao Kawai, visait à étudier la propagation culturelle chez les primates.
Imo, âgée d’environ 18 mois en 1953, fut effectivement la pionnière du lavage des patates douces. La diffusion fut graduelle : d’abord chez les jeunes et les juvéniles, puis chez certaines femelles adultes liées par la parenté ou l’observation. Vers 1958, une grande partie de la colonie pratiquait ce comportement, et des variantes apparurent, comme le lavage en eau de mer pour le sel. Des singes d’autres troupes, sur des îles voisines, adoptèrent parfois des habitudes similaires, mais les études précises (comme celles publiées par Kawai en 1965 dans la revue Primates) montrent une propagation par migration de jeunes individus ou par observation indirecte lors de provisions alimentaires, et non un phénomène paranormal soudain. Pourtant, c’est la version dramatisée qui a captivé l’imaginaire collectif.

Le biologiste Lyall Watson, dans son ouvrage Lifetide : The Biology of the Unconscious (1979, voir l’article de Maureen Miller O’Hara The Hundredth humanistic psychologist), popularisa cette histoire en y ajoutant des détails improvisés pour en faire une parabole. Il évoque ce « seuil critique » où, une fois atteint le nombre symbolique de cent singes, le comportement « saute » les barrières naturelles comme par magie. Watson lui-même admet dans son texte qu’il dramatise à partir d’anecdotes de chercheurs. Cette version fut reprise et amplifiée par des auteurs du mouvement du potentiel humain, comme Ken Keyes Jr. dans The Hundredth Monkey (1982), qui en fit un appel à la transformation collective de la conscience humaine.
Rupert Sheldrake, quant à lui, ne l’utilise pas comme preuve littérale de sa théorie, mais y voit une illustration suggestive. Dans ses FAQ sur son site officiel, il précise : « La plupart des versions qui circulent ont dérivé loin des faits réels. […] Je ne l’utilise pas moi-même car il est alors facile pour les sceptiques de la démolir. » Il préfère des exemples plus contrôlés, comme des expériences sur des rats apprenant des labyrinthes dans des laboratoires distants (Harvard, Écosse, Australie), où les générations suivantes réussissent plus vite sans contact direct.

Quoi qu’il en soit, cette anecdote nous introduit au cœur de la théorie des champs morphogénétiques, rebaptisés par Sheldrake « champs morphiques » pour plus de clarté. Dans ses ouvrages fondateurs, Une nouvelle science de la vie (A New Science of Life, 1981, réédité sous le titre Morphic Resonance) et La Présence du passé (The Presence of the Past, 1988), Sheldrake propose une hypothèse révolutionnaire : la mémoire est inhérente à la nature. Les lois de la nature ne sont pas des règles fixes et immuables posées une fois pour toutes au Big Bang, mais des habitudes qui se renforcent au fil du temps par un processus de résonance morphique.
Les champs morphiques sont des champs d’information non locaux qui organisent les systèmes auto-organisés, qu’il s’agisse d’atomes, de molécules, de cellules, d’organismes, de sociétés ou même de cultures. Ils imposent des patterns (formes et comportements) sur des processus autrement aléatoires ou indéterminés.

Comment cela fonctionne-t-il ? Imaginez un champ morphique comme un champ gravitationnel ou électromagnétique, mais informationnel. Chaque fois qu’un système (une patate lavée par un singe, une habitude apprise par un rat, une forme cristalline d’un minéral) se réalise, il laisse une « trace » dans le champ correspondant. Les systèmes futurs similaires « résonnent » avec ces traces passées via une similarité vibratoire. Plus un pattern se répète, plus il devient probable, comme un sillon qui se creuse dans le sable : la première balle roule au hasard, mais la centième suit presque inévitablement le chemin tracé.
Sheldrake parle de « chréodes » (chemins habituels) et d’une mémoire cumulative. Les gènes ne suffisent pas à expliquer la morphogenèse (le développement des formes vivantes) ; ils fournissent les briques, mais les champs morphiques guident l’architecture. Ainsi, un embryon de mouche ou d’humain suit des patterns hérités non seulement génétiquement, mais morphiquement, de tous les ancêtres similaires.

Cette théorie s’étend bien au-delà de la biologie. Elle explique pourquoi certaines habitudes se répandent rapidement dans une espèce : un nouvel apprentissage renforce le champ, rendant plus facile son acquisition par d’autres individus, même isolés. Elle rend compte des instincts collectifs chez les animaux (bancs de poissons, vols d’oiseaux) organisés par des champs sociaux.
Chez l’humain, elle pourrait sous-tendre la transmission culturelle, les traditions, les rituels qui « font revivre » le passé.
Sheldrake cite des expériences suggestives : des rats apprenant plus vite un labyrinthe si leurs congénères l’ont déjà maîtrisé ailleurs ; des poussins évitant une substance toxique sans l’avoir goûtée personnellement ; ou encore des humains détectant le regard posé sur eux à distance (expériences sur « le sentiment d’être observé »).
Bien que controversées et souvent critiquées par la communauté scientifique mainstream comme relevant de la parapsychologie ou du pseudoscience, ces travaux ont été publiés dans des revues comme Journal of Scientific Exploration et font l’objet de débats ouverts.

Les critiques ne manquent pas.

Des sceptiques comme ceux du Committee for Skeptical Inquiry ont déconstruit la légende du centième singe en soulignant que la propagation réelle était culturelle et progressive, documentée dans des articles scientifiques japonais (Kawai, 1965 ; Hirata et al., 2001 sur le « sweet-potato washing revisited »). Ils reprochent à Sheldrake de ne pas proposer un mécanisme physique testable au sens strict, et de remettre en cause le matérialisme réductionniste sans preuves irréfutables.
Pourtant, la théorie trouve des échos dans d’autres domaines : en physique quantique (non-localité, intrication), en biologie du développement (champs bioélectriques découverts récemment par Michael Levin), ou même en sociologie des sciences où Robert K. Merton a étudié les « découvertes multiples » indépendantes.
Critiques et débats scientifiques persistent. La théorie de Sheldrake reste marginale dans l’académie orthodoxe, souvent reléguée au rayon de la « nouvelle science » ou de la spiritualité. Toutefois, elle inspire des recherches en biologie des systèmes, en neurosciences de la conscience et même en physique théorique (champs informationnels). Des expériences en ligne sur le site de Sheldrake (tests de télépathie par téléphone ou email) accumulent des données statistiquement significatives, bien que sujettes à controverse. L’avenir dira si elle résistera à l’épreuve du temps, comme les idées de Darwin ou Einstein l’ont fait après des décennies de scepticisme.

Précisément, le parallèle avec les inventions et découvertes scientifiques est frappant. Combien de fois une innovation surgit-elle simultanément en des lieux éloignés, sans que les inventeurs se connaissent ? Le calcul infinitésimal par Isaac Newton et Gottfried Wilhelm Leibniz vers 1680 ; la théorie de l’évolution par Charles Darwin et Alfred Russel Wallace en 1858 ; le téléphone par Alexander Graham Bell et Elisha Gray le même jour en 1876 ; l’oxygène par Carl Wilhelm Scheele, Joseph Priestley et Antoine Lavoisier indépendamment ; ou encore l’aluminium par électrolyse par Charles Martin Hall et Paul Héroult en 1886. La sociologie des sciences parle de « multiples » (multiples discoveries) versus « singletons ». Merton, dans ses travaux des années 1960, montre que ces coïncidences ne sont pas rares mais presque la norme en science mature : le contexte intellectuel, les problèmes posés par l’époque créent un « champ » propice. Une fois la première découverte faite, le « pattern » est activé, rendant les suivantes plus probables. Le premier inventeur laboure le sillon ; les suivants y glissent plus aisément. N’est-ce pas l’exact mécanisme de la résonance morphique appliqué à la pensée humaine ?

Poussons plus loin dans l’histoire. Au Ve et VIe siècles avant J.-C. – plus largement entre 800 et 200 av. J.-C. –, un phénomène extraordinaire se produit, que le philosophe allemand Karl Jaspers a baptisé « période axiale » ou « âge axial » dans son ouvrage majeur Origine et sens de l’histoire (1949, traduction française 1954).

En Grèce, Thalès de Milet pose les bases de la philosophie rationnelle, bientôt suivi par Pythagore, Héraclite, Parménide, puis Socrate, Platon et Aristote (ce dernier un peu plus tard). En Inde, Siddhartha Gautama (le Bouddha) enseigne la voie du milieu et l’éveil ; les Upanishad explorent l’Atman et le Brahman. En Chine, Confucius codifie l’éthique sociale et l’harmonie, tandis que Lao-Tseu (Laozi) fonde le taoïsme avec le Tao Te King. En Perse, Zarathoustra (Zoroastre) introduit un dualisme éthique entre bien et mal. En Palestine, les prophètes hébreux (Élie, Isaïe, Jérémie) réforment la vision monothéiste. Ces penseurs, séparés par des milliers de kilomètres, sans communication directe, développent des idées d’une profondeur inédite : conscience de soi, éthique universelle, quête de transcendance, rationalité critique

Était-ce un hasard ? Ou le même « champ morphique » activé à l’échelle de l’humanité ? Jaspers y voit un « axe » de l’histoire humaine, un moment pivot où l’homme prend conscience de lui-même et de l’univers. Sheldrake, sans y référer directement, fournirait une explication complémentaire : un champ morphique collectif de la conscience humaine, renforcé par des conditions socio-économiques communes (urbanisation, écriture, empires naissants), aurait rendu possible cette floraison simultanée. Une fois les premiers « centièmes » penseurs – Thalès ou Confucius – ayant tracé le sillon, la résonance facilite l’émergence des autres. Ce n’est plus de la coïncidence, mais une mémoire collective de l’espèce qui s’éveille.

Les implications de cette vision sont immenses.

Si les champs morphiques existent, notre responsabilité individuelle grandit : chaque pensée, chaque acte, chaque habitude contribue à façonner le champ collectif.

Changer soi-même, en adoptant une éthique plus juste, une conscience écologique, une spiritualité ouverte, renforce ces patterns pour tous. En psychologie, cela rejoint l’inconscient collectif de Jung, mais avec un mécanisme plus précis. En sociologie, les mouvements de masse, les révolutions culturelles ou les changements de paradigme (comme la Renaissance ou l’ère numérique) pourraient s’expliquer par une masse critique atteinte. En écologie, la « conscience Gaïa » n’est plus une métaphore poétique, mais un champ morphique planétaire.

Quel sera le centième franc-maçon ?

C’est ici que le sujet du champ morphogénétique trouve un écho particulièrement profond avec la Franc-maçonnerie, cette fraternité initiatique pluricentenaire qui vise l’amélioration de l’homme et de la société par le travail sur soi, le symbole et le rituel.
La Maçonnerie n’est-elle pas, par essence, une machine à créer et à entretenir des champs morphiques ? Ses rites d’initiation, par passage du profane à l’apprenti, de l’apprenti au compagnon puis au maître, reproduisent des archétypes anciens (construction du Temple de Salomon, mort et résurrection d’Hiram, quête de la parole perdue). Chaque cérémonie, chaque tenue, chaque symbole (équerre, compas, pierre brute à polir) résonne avec les initiations passées, renforçant un champ de sagesse collective. Les loges, dispersées à travers le monde, fonctionnent comme des « nœuds » locaux d’un vaste champ morphique universel : la « chaîne d’union » n’est pas seulement un geste fraternel, mais une visualisation de cette résonance non locale.

Les francs-maçons ont souvent été à l’avant-garde des idées progressistes : droits de l’homme, laïcité, éducation, abolition de l’esclavage, science ouverte. Nombre d’entre eux – Voltaire, Benjamin Franklin, Mozart, Goethe, ou plus près de nous des figures du XXe siècle – ont incarné cet esprit. Voir l’article Mind, Memory, and Archetype: Morphic Resonance and the Collective Unconscious

Imaginez maintenant que la Franc-maçonnerie, face aux crises contemporaines (écologiques, éthiques, spirituelles), atteigne un seuil critique. Le « centième franc-maçon » ne serait pas un nombre littéral, mais le symbole d’un maçon exemplaire (homme ou femme) par son engagement total, son travail intérieur et son action dans le monde. Il libèrera un potentiel d’énergie suffisant pour que le champ morphique maçonnique rayonne au-delà des temples. Ce centième pourrait être celui qui, dans une loge anonyme, atteint une maîtrise parfaite du symbole, ou un penseur maçonnique qui reformule les anciens rites pour l’ère numérique, ou encore un frère/sœur engagé dans la société civile qui incarne la fraternité universelle face aux divisions.

Une fois ce seuil franchi, le champ s’active : non seulement les maçons du monde entier ressentent une accélération de leur cheminement initiatique, mais l’idéal maçonnique – liberté, égalité, fraternité, recherche de la Lumière – se diffuse spontanément dans la société. Comme les singes de l’île voisine, des non-initiés « lavent leurs patates » à l’eau salée sans savoir pourquoi : ils adoptent des valeurs de tolérance, de rationalité spirituelle, d’engagement humaniste. La Franc-maçonnerie, loin d’être une société secrète fermée, deviendrait le catalyseur d’un nouvel âge axial, où l’humanité entière résonne avec une mémoire collective de sagesse et d’unité.

Dans cette perspective, chaque maçon est appelé à être ce centième potentiel. Par la pratique régulière des rituels, l’étude des textes fondateurs, le travail sur les colonnes J et B, chacun contribue au champ. Le rapprochement est clair : si Sheldrake a raison, la maçonnerie n’invente pas la Lumière ; elle la canalise, la renforce par résonance avec tous les bâtisseurs du passé et du futur. Le centième franc-maçon sera celui qui, comme Imo ou le singe visionnaire, ose aller jusqu’à la mer – métaphore d’une initiation plus profonde, océanique, universelle – et fait goûter à tous la saveur nouvelle de l’humanité éveillée.

Le champ morphogénétique nous invite à repenser notre place dans l’univers : non comme des atomes isolés dans un cosmos mécanique, mais comme des participants actifs à une mémoire vivante, collective, évolutive. De la légende du centième singe à l’âge axial, des découvertes simultanées aux rituels maçonniques, tout converge vers cette idée : nos pensées, nos actes, nos éveils ne nous appartiennent pas entièrement ; ils s’inscrivent dans un grand champ qui nous dépasse et nous relie.

Peut-être est-il temps, individuellement et collectivement, d’être ce centième quel que soit notre chemin pour que l’humanité tout entière lave ses « patates » dans l’eau claire de la conscience.

19 & 20-09-2026 – Les mystères de l’Égypte ouvrent les portes d’un Temple maçonnique

Et si, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, vous franchissiez la porte d’un Temple où l’Égypte ne dort jamais tout à fait ? Les samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026, la Grande Loge Française de Misraïm ouvrira pour la première fois son Temple parisien au public. Un rendez-vous rare, au cœur d’une tradition maçonnique singulière, où l’imaginaire de l’Égypte ancienne, la quête de la lumière et les chemins de la transformation intérieure se rencontrent.

Cette ouverture n’est pas un simple événement patrimonial. Elle intervient l’année du trentième anniversaire de la Grande Loge Française de Misraïm. Trente ans d’une histoire maçonnique qui assume une voie traditionnelle et spiritualiste, avec une identité forte : celle du Rite de Misraïm, l’un des courants les plus fascinants et les plus mystérieux de la constellation maçonnique.

Derrière la porte du Temple

Il est des bâtiments que l’on visite. Il est aussi des lieux que l’on franchit avec une légère hésitation.

Un Temple maçonnique appartient à cette seconde catégorie.

La porte est fermée la plupart du temps. Derrière elle, l’imaginaire collectif place volontiers des initiés silencieux, des symboles énigmatiques, des rites anciens, des colonnes, des lumières tamisées et quelques secrets jalousement gardés. Le cinéma, les romans et les fantasmes ont fait le reste.

Mais que se passe-t-il réellement derrière cette porte ? Que signifient ces signes que l’on aperçoit parfois sans les comprendre ? Pourquoi, au XXIe siècle, des femmes et des hommes continuent-ils de se réunir dans un espace symbolique pour réfléchir, travailler sur eux-mêmes et chercher du sens ?

Les 19 et 20 septembre, le public pourra enfin entrer, regarder, écouter et poser ses questions. Sans obligation de croire, sans initiation imposée, sans discours de recrutement : simplement pour découvrir un lieu et une tradition que l’on connaît souvent mal.

Misraïm, l’Égypte comme chemin symbolique

Le mot même de Misraïm ouvre une porte. Dans les traditions bibliques, Mizraïm désigne l’Égypte. Et l’Égypte, dans l’imaginaire occidental, est bien davantage qu’un pays ancien : elle est le territoire des temples, des tombeaux royaux, des hiéroglyphes, des étoiles, du Nil, des initiations supposées et des grandes interrogations sur la mort, la connaissance et la renaissance.

Le Rite de Misraïm ne prétend pas reconstituer l’Égypte des pharaons, pas plus qu’il ne transforme ses membres en prêtres d’Osiris ou en spécialistes du papyrus. Son inspiration est symbolique. L’Égypte y devient un immense langage intérieur.

Elle évoque la traversée de l’ombre vers la lumière.
Elle suggère que l’être humain peut se connaître, se corriger et se transformer.
Elle rappelle que toute fin peut contenir une renaissance.
Elle invite à regarder autrement le temps, le silence et le mystère.

Dans cette perspective, les références égyptiennes ne sont pas des accessoires décoratifs. Elles proposent une manière de cheminer. La figure d’Isis, le mythe d’Osiris, la quête de la parole perdue, les passages de l’obscurité à la clarté, les cycles de destruction et de recommencement : autant d’images qui résonnent avec les interrogations très contemporaines de l’être humain.

Que faisons-nous de nos blessures ?
Que devient ce que nous croyions définitivement perdu ?
Comment renaître sans cesser d’être soi-même ?
Que cherchons-nous lorsque nous parlons de lumière ?

Le Temple de la Grande Loge Française de Misraïm est l’un des rares lieux où cette tradition maçonnique à tonalité égyptienne est pratiquée et vécue au quotidien. C’est ce caractère exceptionnel qui rend cette ouverture particulièrement précieuse.

Un patrimoine qui ne dort pas

À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, il est facile de penser aux façades, aux monuments, aux œuvres d’art et aux collections. Mais un Temple maçonnique ne se résume ni à ses murs ni à son mobilier.

Son patrimoine est vivant.

Il repose sur des objets, bien sûr : décors, livres, outils symboliques, tableaux de loge. Mais il repose aussi sur des gestes, des paroles, une mise en ordre de l’espace, une attention au silence et un langage transmis de génération en génération.

Une équerre, un compas ou une colonne peuvent sembler familiers. Dans un Temple, ils changent pourtant de statut. Ils ne sont plus seulement des formes graphiques ou des outils de construction : ils deviennent des supports de réflexion sur la droiture, la mesure, l’équilibre, le travail collectif et la construction intérieure.

Dans la tradition de Misraïm, cette grammaire maçonnique dialogue avec l’horizon égyptien. La pierre, la lumière, les cycles, les passages et les portes acquièrent une profondeur particulière. Il ne s’agit pas de livrer un manuel de secrets, mais d’offrir au visiteur une expérience rare : celle d’un lieu où le symbole est encore utilisé, interrogé, transmis.

Voir sans tout révéler

Ouvrir un Temple maçonnique n’est jamais une démarche anodine. La Franc-maçonnerie vit d’une tension féconde entre ce qui peut être montré et ce qui relève d’une expérience intime.

Un décor peut être observé.
Un livre peut être exposé.
Un symbole peut être expliqué.
Une histoire peut être racontée.

Mais personne ne peut, à la place d’un autre, vivre le cheminement initiatique. Le mystère n’est pas nécessairement ce que l’on cache ; il est parfois ce qui ne se livre qu’à celui qui accepte de chercher, de réfléchir et de faire sa propre expérience.

C’est tout l’intérêt de ces deux journées. La GLFM ne prétend pas tout dévoiler, et elle n’en a pas besoin. Elle propose mieux : une rencontre directe avec celles et ceux qui font vivre ce Temple, loin des légendes faciles comme des récits complotistes.

Les visiteurs pourront découvrir les espaces du Temple, observer une exposition d’objets et de livres maçonniques, assister à de courtes conférences et dialoguer avec des membres de l’Obédience. Ils auront surtout l’occasion de comprendre que la Franc-maçonnerie n’est pas une société sortie d’un roman d’aventure, mais une communauté de femmes et d’hommes engagés dans une recherche symbolique, philosophique et fraternelle.

Trente ans et une porte ouverte

La Grande Loge Française de Misraïm célèbre cette année ses trente ans. Cet anniversaire pourrait se vivre entre initiés, dans le confort discret des habitudes fraternelles. Elle a choisi au contraire d’ouvrir son Temple et de partager une part de son univers.

Le geste est symbolique.

Ouvrir une porte n’est pas livrer un secret. C’est inviter à regarder autrement. C’est rappeler que le patrimoine ne doit pas être enfermé dans des vitrines, mais transmis, expliqué et interrogé. C’est aussi répondre simplement à la curiosité : oui, les temples maçonniques existent ; oui, ils possèdent une histoire et un langage ; oui, le public peut venir les découvrir.

Les 19 et 20 septembre, rue Cugnot, dans le 18e arrondissement de Paris, les visiteurs pourront donc s’approcher de cet univers où l’Égypte devient symbole, où les objets racontent un chemin et où le silence lui-même a quelque chose à dire.

Il faudra peut-être commencer par lever les yeux, observer les signes, écouter les questions qu’ils suscitent. Puis franchir la porte.

Car certains patrimoines ne demandent pas seulement à être regardés. Ils demandent à être éprouvés.

Informations pratiques

Journées européennes du patrimoine — Grande Loge de Misraïm

  • Samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026, de 9 h à 19 h.
  • 21, rue Cugnot, 75018 Paris.
  • Visites guidées, exposition d’objets et de livres maçonniques, mini-conférences et rencontres avec des membres de la GLFM.
  • Entrée libre, réservation recommandée.
  • Réservation : formulaire de visite.
  • Présentation de l’obédience : Grande Loge Française de Misraïm.

« Chemins de traverse » du Droit Humain : « Passage(s) » met le seuil maçonnique à l’épreuve du monde

Naître, entrer, sortir, traverser, quitter, mourir symboliquement, renaître, changer de rive, de condition ou de regard : l’existence humaine pourrait presque se raconter comme une succession de passages. Pour son cinquième numéro, la revue maçonnique de la Fédération française du Droit Humain choisit un thème d’une simplicité trompeuse et d’une profondeur inépuisable. Avec « Passage(s) », le pluriel entre parenthèses ouvre tout un monde : passages désirés ou subis, initiatiques ou sociaux, libérateurs ou humiliants. De George Sand aux migrations contemporaines, du Shibboleth biblique aux cagots, de Chantal Jaquet à Ravensbrück, cette livraison interroge moins le seuil lui-même que ce que son franchissement fait réellement de nous.

Le numéro refuse d’enfermer le passage dans sa seule acception maçonnique. Le Temple en demeure un centre de gravité, jamais une clôture. Histoire, littérature, philosophie, sociologie, mémoire et symbolisme s’y croisent ; le passage devient porte, frontière, eau, mot ou exil. Cette mobilité convient au titre même de la revue, tandis que la photographie, fil rouge de la livraison, accompagne cette grammaire du mouvement.

Une revue qui change de peau sans perdre son chemin

Cette cinquième livraison marque aussi une nouvelle étape dans la vie de Chemins de traverse. La revue affirme davantage son identité graphique et prolonge désormais l’objet imprimé par un site dédié, où l’on peut découvrir des extraits et retrouver contributeurs, artistes et photographes. Ce prolongement numérique correspond bien à l’esprit d’une publication qui veut mettre la réflexion maçonnique en dialogue avec les symboles, les humanités et les interrogations contemporaines.

Maurice Leduc, Grand Maître National

L’évolution s’accompagne d’un choix d’accessibilité bienvenu : le numéro est désormais proposé à 15 euros, contre 22 euros auparavant. Chemins de traverse conserve ainsi la qualité d’un bel objet éditorial, largement illustré, tout en devenant plus facile à découvrir et à collectionner.

Le passage ne vaut que par la transformation qu’il produit

Maurice Leduc place d’emblée la clef sous la porte : le passage n’est pas seulement un lieu, mais un processus de transformation. Le montagnard franchissant un col, l’enfant quittant l’univers amniotique ou le postulant s’engageant sous la porte basse relèvent d’une même structure : quelque chose doit être abandonné pour que quelque chose d’autre puisse advenir.

George Sand

L’histoire du Droit Humain se laisse elle-même lire dans cette symbolique. L’initiation de Maria Deraismes en 1882 puis, onze années plus tard, la création de la première Loge mixte à l’origine de l’Obédience font du passage une transgression féconde d’une frontière institutionnelle. Une femme franchit un seuil jusque-là réservé aux hommes et le geste finit par modifier l’institution. Toute porte distingue ainsi un dedans d’un dehors : elle ouvre autant qu’elle sépare.

George Sand : la littérature ouvre parfois avant l’histoire

L’étude de Christine Roux consacrée à George Sand évite de transformer rétrospectivement l’écrivaine en Franc-Maçonne : aucun document ne permet d’attester son initiation. Ses lectures lui permettent cependant de réinventer cet univers dans La Comtesse de Rudolstadt, où les Invisibles se pensent comme des « architectes du temple de la vérité ». Consuelo y reçoit des grades dans un monde où les femmes en étaient historiquement exclues : la littérature accomplit symboliquement un passage que l’histoire institutionnelle n’a pas encore réalisé.

Le texte consacré à Sybille De Dietrich prolonge cette réapparition de figures féminines dans une histoire longtemps racontée au masculin, même si quelques affirmations sensibles auraient mérité davantage de sources : en histoire maçonnique, mémoire, vraisemblance et preuve doivent demeurer distinctes.

Des mots, de l’eau et de la profondeur

Annick Drogou choisit la porte du langage et rappelle combien l’idée de passage se trouve enfouie dans l’histoire des mots. Avant d’être métaphore spirituelle, le seuil demeure ce lieu où l’on cesse d’être tout à fait ici sans être encore ailleurs. Toute initiation ritualise cet entre-deux.

Laure-Scheffel

Laure Scheffel donne à cette expérience son élément le plus universel : l’eau. Dans « La rive invisible », du Styx à la barque solaire de Rê, du baptême au Léthé, une même intuition se dégage : nul ne rejoint une autre rive sans abandonner quelque chose sur la première. La transformation n’est donc pas pure accumulation ; elle suppose aussi de vider, de défaire, de consentir à perdre. Dominique Segalen inverse enfin le voyage : dans « Le stylite inversé », VITRIOL rappelle que la terre à visiter est d’abord intérieure. Le passage initiatique ne se mesure pas en kilomètres, mais en profondeur.

« De ses ténèbres à sa lumière »

L’entretien mené par Anne Amis avec Michel Meley constitue la charpente la plus explicitement maçonnique du numéro. L’initiation y apparaît comme une « pédagogie de la transformation intérieure », lente et progressive. Le bandeau tombe, mais aucune vérité définitive ne tombe avec lui : la Lumière n’est pas un objet distribué par l’institution, elle demeure une tâche.

La formule la plus féconde consiste à ne plus parler abstraitement du passage « des ténèbres à la Lumière », mais « de SES ténèbres à SA lumière ». Ce déplacement restitue à chacun la responsabilité de reconnaître ses aveuglements, ses peurs et ses automatismes. Si le passage initiatique ne modifie pas notre manière d’habiter le monde, que reste-t-il du passage ?

Du Shibboleth à la porte basse : le symbole confronté à l’histoire

L’étude des mots de passe rappelle que, bien avant d’être maçonnique, le mot de reconnaissance appartient à l’univers de la guerre et de la survie. Dans le Livre des Juges, le Shibboleth transforme la langue en frontière : une prononciation suffit à identifier l’origine et peut condamner un homme. La Franc-Maçonnerie reçoit cet héritage mais en renverse idéalement la fonction : l’outil de discrimination extérieure devient instrument de discernement intérieur.

La réflexion sur les cagots pousse plus loin cette confrontation. Dans certaines églises pyrénéennes, des portes particulières ont inscrit dans la pierre l’humiliation de populations admises dans l’édifice, mais pas comme les autres. Les rapprocher de la porte basse maçonnique n’a de sens qu’en soulignant leur opposition morale : ici l’abaissement est imposé ; là l’inclination relève d’un dépouillement librement consenti. À quoi servirait de s’incliner rituellement si cette expérience ne rendait pas plus attentif aux portes secondaires que chaque société continue d’inventer ?

Chantal Jaquet

Changer de place n’est pas encore changer d’être

Le passage devient social à travers la réflexion sur les transclasses inspirée des travaux de Chantal Jaquet. Certains individus traversent les frontières économiques, scolaires ou culturelles, mais quelques trajectoires exceptionnelles ne prouvent pas nécessairement l’ouverture d’un système ; elles peuvent devenir l’alibi qui évite d’interroger ceux qui demeurent assignés à leur condition.

Le parallèle initiatique est saisissant : recevoir un degré ne fait pas nécessairement grandir, pas plus que porter un décor ne garantit d’avoir incorporé ce qu’il représente. L’image alchimique du plomb prend ici tout son sens : l’œuvre ne consiste pas à dorer la matière, mais à la transmuter. Changer de place ne suffit donc pas à changer d’être.

Lorsque la frontière cesse d’être symbolique

Le texte de Catherine Wihtol de Wenden provoque une rupture salutaire. La circulation humaine contemporaine demeure profondément inégalitaire : le droit de sortir s’est largement étendu tandis que celui d’entrer reste sévèrement limité. La Méditerranée, Ceuta, Melilla, Calais ou les traversées de la Manche racontent une tout autre histoire du seuil. Il n’est plus question de voyage symbolique, mais de femmes, d’hommes et d’enfants affrontant réellement la mer, le froid, les murs et les contrôles.

Le lecteur maçonnique se trouve alors placé devant une contradiction féconde : les rites transforment la traversée en outil de connaissance, tandis que le monde rappelle qu’il existe des passages ni métaphoriques ni librement choisis. Nathalie Mémoire, en étudiant les « passages du vivant », rappelle opportunément que l’analogie a ses limites. Le symbole devient dangereux lorsqu’il absorbe le réel : toutes les portes ne sont pas la Porte, toutes les morts ne sont pas symboliques.

Lili Keller-Rosenberg

Ravensbrück : le passage retourné contre l’homme

Le témoignage de de Lili Keller-Rosenberg, déportée enfant à Ravensbrück puis à Bergen-Belsen, constitue l’un des moments les plus graves du numéro. Tout ce que le vocabulaire initiatique pourrait rendre familier – séparation, dépouillement, perte des repères, franchissement d’un seuil – se trouve ici retourné contre l’homme. La nudité, le rasage, le matricule et la dépossession du nom ne visent pas à délivrer l’être de ses illusions, mais à abolir méthodiquement sa personne. Le camp devient un contre-Temple, espace organisé non pour construire l’humain, mais pour le défaire.

Et pourtant, dans cet univers voué à la destruction du lien, la mémoire des survivants raconte des gestes infimes de fraternité : partager, soutenir, protéger, demeurer auprès de l’autre. Ce sont peut-être les lumières les plus bouleversantes de la livraison, précisément parce qu’elles n’ont besoin ni de décor ni de rituel pour dire l’essentiel. Certains seuils, rappelle aussi le récit de la libération, sont franchis par le corps bien avant de l’être par l’âme.

Une porte basse n’a de sens que si elle apprend à relever l’autre

Cette cinquième livraison ne construit pas un traité systématique du passage. Littérature, symbolisme, sociologie, migrations, mémoire et philosophie s’y répondent davantage par échos que par démonstrations ; mais cette dispersion apparente appartient précisément au projet de la revue. Chemins de traverse ne construit pas une autoroute conceptuelle : elle ouvre des chemins et invite le lecteur à poser lui-même les passerelles.

Une réserve demeure toutefois. Le dossier met avec force le rite à l’épreuve de l’histoire et de la cité, mais laisse souvent au lecteur le soin d’en tirer les conséquences concrètes. Comment la Loge traduit-elle la transformation intérieure en vigilance, en comportement et en responsabilité ? La question pourrait constituer la prochaine porte à ouvrir.

Au terme de ces soixante-douze pages, la véritable opposition n’est peut-être pas celle des ténèbres et de la Lumière, du profane et de l’initié, du dehors et du dedans. Elle se situe entre le passage qui transforme et celui qui ne fait que déplacer, entre le seuil qui ouvre et celui qui exclut, entre l’inclination librement consentie et l’humiliation imposée, entre le mot qui condamne et celui qui oblige à discerner.

La Franc-Maçonnerie connaît admirablement l’art de ritualiser les seuils. Mais la beauté du rite ne garantit jamais sa fécondité. Il serait paradoxal de s’incliner sous la porte basse sans apprendre à reconnaître ceux que l’histoire contraint encore à entrer par des portes secondaires ; vain de recevoir des mots de reconnaissance tout en fabriquant de nouveaux shibboleths ; contradictoire de célébrer la fraternité au Temple si elle cessait d’être opérante sur les parvis.

Le proverbe oriental placé au commencement du numéro affirme que « ce que la chenille appelle la mort, le maître l’appelle le papillon ». Belle promesse de métamorphose. Mais que doit celui qui a appris à devenir papillon à toutes les chenilles auxquelles le monde refuse encore cette possibilité ? C’est là que « Passage(s) » devient pleinement humain : le véritable initié se reconnaît moins aux signes qu’il porte qu’aux portes qu’il contribue à ouvrir.

Chemins de traverse, revue maçonnique semestrielle de la Fédération française du Droit Humain, n° 5, « Passage(s) », directeur de la publication Maurice Leduc, rédaction en chef Anne Amis, Éditions Numérilivre, août 2026, 72 pages, 15 € TTC

Pour aller plus loin

Parce qu’une revue ne vit véritablement que lorsqu’elle trouve ses lecteurs, cette nouvelle étape de Chemins de traverse mérite d’être accompagnée. Publiée deux fois par an, elle constitue peu à peu une collection dont chaque livraison explore, sous des regards historiques, philosophiques, symboliques, artistiques et maçonniques, l’une des grandes questions qui traversent l’être humain et la cité.

Le site dédié de Chemins de traverse prolonge la lecture entre deux numéros : on peut y feuilleter des extraits, retrouver les contributeurs et les artistes, accéder à la boutique et suivre l’actualité de la revue.

S’abonner, c’est aussi donner du temps à cette aventure éditoriale : deux numéros par an, pour 40 euros, frais de port compris en France, selon le bulletin proposé par le Droit Humain.

Enfin, parce que Chemins de traverse entend elle-même demeurer en mouvement, ses responsables invitent les lecteurs à répondre à un court questionnaire sur leur expérience d’achat et de lecture. Quelques minutes pour contribuer, à leur tour, à tracer les prochains chemins de traverse.

Dans la franc-maçonnerie, non plus

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

N’avait été la censure de la loi par le Conseil constitutionnel, l’utilisation des téléphones portables aurait été interdite, depuis la présente rentrée de septembre, dans tous les établissements scolaires, de la maternelle au lycée, sous le bénéfice de quelques exceptions et aménagements. Or cela fait déjà une quinzaine d’années, soit précisément depuis 2010-2011, c.-à-d. à compter de l’explosion des smartphones et de l’apparition de l’iPad, que des milliardaires de la Tech et bien d’autres dirigeants et ingénieurs, à leur suite, dans la Silicon Valley, notamment, ont délibérément choisi d’éloigner leurs enfants des écrans, à l’instar de Steve Jobs (Apple) et de Bill Gates (Microsoft).

Beaucoup exigent même de leurs nounous un engagement écrit spécifiant qu’aucun écran ne sera utilisé devant leurs bambins et, très récemment, Sam Altman (OpenAI) a déclaré qu’il préférait voir les enfants « s’ennuyer et jouer dans la boue », plutôt qu’être exposés trop tôt aux outils numériques.

Waldorf School of the Peninsula (Source : site officiel)

Un célèbre exemple nous en est donné par la Waldorf School of the Peninsula, située juste à côté de Palo Alto et des sièges de Google et d’Apple. Dans cette école privée (dont les frais annuels de scolarité avoisinent les 50 000 dollars par petite tête brune ou blonde), les ordinateurs, tablettes et smartphones sont totalement proscrits jusqu’à l’entrée au lycée. Les élèves y apprennent à écrire à la craie, à tricoter, à compter avec des objets bien matériels et à interagir directement entre personnes humaines.

La tendance que nous relevons, loin de s’affaiblir, s’intensifie. Les créateurs des technologies en cause savent exactement comment fonctionnent les boucles de dopamine[1] de leurs applications. Ils estiment que, pour former la future élite, le cerveau doit d’abord développer des capacités fondamentales (concentration, patience, pensée critique), grâce à des pratiques concrètes de jeu et à une immersion dans le monde physique, loin avant d’apprendre à utiliser des outils permettant de se connecter à Internet et à tous les services informatiques actuels ou futurs dont ces grands spécialistes sont eux-mêmes les principaux inventeurs et diffuseurs à l’échelle mondiale ! Aussi bien, les méthodes pédagogiques alternatives (comme l’approche Waldorf ou Montessori) ont, désormais, le vent en poupe dans ces milieux.

Depuis Paris, on se contente, avec une fortune contrariée, de crier haro sur le portable, seule réponse concomitante, semble-t-il, au classement PISA publié en ce même mois de septembre par l’OCDE, confirmant que la France enregistre les pires performances de son histoire. Les résultats issus de l’évaluation menée en 2025 montrent une chute structurelle et prolongée du niveau des élèves de 15 ans. La France recule globalement au 27e ou au 28e rang mondial, sur plus de 90 pays observés, se maintenant péniblement dans la moyenne des pays dits développés.

Rien sur les programmes, rien sur les méthodes, rien sur l’organisation des rythmes scolaires, rien sur le recrutement, la rémunération ni la formation continue des professeurs… Rien donc sur tout ce qui détermine le rapport substantiel aux apprentissages.

Claude Allègre

Non seulement, on ne va pas « dégraisser le mammouth », selon la formule choc prononcée en 1997 – il y a donc bientôt trente ans ! – par le ministre Claude Allègre, stigmatisant l’étouffement bureaucratique de l’Éducation nationale, mais ce n’est pas à l’heure où la charge de la dette se rapproche un peu plus dangereusement, chaque année, du budget de l’Éducation nationale (64 milliards d’euros, d’un côté, contre un peu plus de 87 milliards d’euros, de l’autre) – une aggravation de la situation étant, par ailleurs, prévisible en raison de la hausse continuelle des taux d’intérêt et du niveau de plus en plus élevé de l’emprunt public –, ce n’est donc pas dans pareil contexte qu’on va retrouver des marges de manœuvre, sans compter que les protagonistes, enseignants et corps administratifs, ne semblent guère s’être davantage posé les questions fondamentales, depuis des lustres, hormis peut-être en ce qui concerne l’école maternelle[2]

Pourquoi diable, dans le cadre de cette chronique, me suis-je saisi d’un tel sujet ? Parce que, si l’on veut continuer à réfléchir « à la papa », à se conduire « à la papa », à vivre « à la papa », il va falloir quand même accepter de passer en revue un ensemble de pratiques. Et si jamais il nous prenait l’envie d’embrasser notre temps sans être à la traîne ou, pis encore, sombrer dans le déclin, il nous faudrait aussi nous imposer de petites révolutions mentales et de salutaires sursauts collectifs or nous n’en sommes pas là, ni sur le premier plan ni sur le second. Et, globalement, dans la franc-maçonnerie, non plus.


[1] Les boucles de dopamine sont des mécanismes cérébraux où une action déclenche une récompense imprévisible, ce qui pousse le cerveau à répéter ce comportement de manière compulsive.

[2] J’aurais pu évoquer ici la pédagogie Freinet qui, au bas mot, a réellement été mise au point il y a soixante ans, mais dont les premières bases ont été jetées il y a déjà un siècle. C’est, pourtant, la seule à avoir durablement influencé l’école publique, dans l’enseignement primaire (conseils d’élèves, journal scolaire, expression libre), quoique la proportion de ses praticiens n’ait probablement jamais atteint 5 pour cent des effectifs « d’instituteurs ».

Aujourd’hui, elle reste toujours une pratique minoritaire, choisie par des enseignants isolés ou au sein de rares écoles alternatives et cette situation résulte des mêmes freins structurels, institutionnels et matériels qu’elle a rencontrés, à toute époque : tout d’abord, elle entre en contradiction avec le modèle jacobin de l’Éducation nationale, à la fois centralisé, pyramidal et uniformisé ; ensuite, elle demande une certain effacement du rôle du maître qui, de transmetteur de savoir, devient un guide et un organisateur – ce qui chamboule un peu trop sa posture professionnelle  et lui demande des efforts importants – ; enfin, le « tâtonnement expérimental » qui s’ensuit nuit à l’uniformité des programmes, remplaçant des manuels uniques par la fabrication ou l’adaptation par l’enseignant de ses propres outils pédagogiques (fiches autocorrectives, brevets, matériel de coopération).

L’auto-évaluation par les élèves s’oppose, de plus, au système traditionnel des notes chiffrées, ce qui ne manque pas d’engendrer l’inquiétude des parents comme le blocage de l’institution, la culture de l’individualisme dominant, par ailleurs, de longue date, dans les esprits, à rebours de toute coopération.

Or on voit à quels échecs le prétendu modèle d’excellence à la française a conduit la population, en général. Il serait peut-être temps, au-delà de l’exemple évoqué, de s’emparer des problématiques de l’éducation avec le secours des apports majeurs des sciences de l’apprentissage (learning sciences, en anglais) qui, de façon interdisciplinaire, permettent de concevoir des environnements et des méthodes plus efficaces. Jusqu’à présent, silence radio…

La Revue de Presse FM France & Monde du 15/09/26

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Mardi 15 septembre 2026

Mes très chères Sœurs, mes très chers Frères,

De la France aux horizons du monde, 450.fm vous propose un regard quotidien sur l’actualité maçonnique, ses échos dans la presse et les débats qui traversent nos sociétés. Entre vie des obédiences, culture, histoire et questions contemporaines, cette revue rassemble les informations utiles pour nourrir notre réflexion et exercer ce discernement auquel nous invite la démarche initiatique.

Période couverte : du dimanche 13 septembre 2026 à 12h00 au lundi 14 septembre 2026 à 12h00, heure de Paris.

FRANCE

VIE MAÇONNIQUE, TRANSMISSION ET HISTOIRE

Être Franc-Maçon ne suffit pas, encore faut-il le devenir

Source : GADLU.INFO (blog maçonnique, contribution de réflexion) · Pays : France . Publication : 13 septembre 2026 · Langue originale : français · Lien direct

Partant de l’image du bateau qu’il faut quitter, cette planche distingue l’appartenance administrative de la transformation initiatique. Elle insiste sur la remise en cause des certitudes, la confrontation fraternelle et le travail sur soi. Il s’agit d’une adaptation éditoriale assumée d’un texte de Frédéric L. Milliken, publiée par un blog et non d’un article de presse.

1943-1945 : le renouveau maçonnique après les persécutions de Vichy

Source : GADLU.INFO (blog maçonnique, chronique historique de Guy Chassagnard) · Pays : France · Publication : 13 septembre 2026 · Langue originale : français · Lien direct

La chronique retrace l’abolition des mesures antimaçonniques, la restitution des sièges et des biens, puis les projets de réorganisation au sortir de la guerre. Elle rappelle aussi le rôle de réseaux clandestins et l’émancipation des Loges d’adoption. Le texte offre une chronologie utile, à lire comme une synthèse d’auteur plutôt que comme une étude académique critique.

Le bénéfice du doute comme discipline intérieure

Source : La Franc-Maçonnerie au Cœur (blog maçonnique) · Pays : France · Publication : septembre 2026 ; jour de publication non vérifiable · Langue originale : français · Lien direct

Le billet prend le doute non comme faiblesse, mais comme condition d’une connaissance capable d’intégrer l’incertitude. Cette perspective rejoint le refus maçonnique du dogmatisme et la suspension du jugement avant examen. La page n’ayant pas été accessible, cette notice repose sur le titre et l’extrait transmis par Google Alerts.

Affaire Athanor : le parcours de Dylan Bilheude au cœur du procès

Source : Le Télégramme (presse régionale, article réservé ou inaccessible) · Pays : France · Publication : 13 septembre 2026 · Langue originale : français · Lien direct

Le quotidien dresse le portrait d’un prévenu breton présenté comme pris dans l’engrenage de l’affaire Athanor, entre policiers corrompus, faux agents de renseignement et Francs-Maçons qualifiés de « dévoyés ». Ces qualifications relèvent du récit judiciaire du média : elles ne sauraient être étendues à la Franc-Maçonnerie. Faute d’accès, la notice s’appuie sur l’extrait Google Alerts.

Le patrimoine, « expression vivante du creuset républicain »

Source : La Tribune Dimanche (tribune d’opinion de Jean-Raphaël Notton, Grand Maître de la GLDF) · Pays : France · Publication : 13 septembre 2026 à 8h30 · Langue originale : français · Lien direct

Jean-Raphaël Notton défend le patrimoine comme mémoire incarnée, outil de transmission et métaphore de l’unité républicaine dans la diversité. Face aux radicalités et aux fragmentations, il relie liberté de conscience, Fraternité et connaissance du temps long. Le texte est une prise de position du Grand Maître de la GLDF, clairement identifiée comme opinion.

À La Réunion, un temple s’ouvre et une Loge de recherche voit le jour

Source : Linfo.re (presse locale) · Pays : France – La Réunion · Publication : 13 septembre 2026 à 16h51 · Langue originale : français · Lien direct

Le reportage accompagne l’ouverture exceptionnelle d’un temple de Saint-Denis et explique au public symboles, débats et transmission. Il annonce surtout la création d’une Loge consacrée à l’histoire maçonnique dans l’océan Indien. Cette initiative relie ouverture civique et conservation d’une mémoire régionale encore peu connue, de La Réunion à Maurice, Madagascar et Mayotte.

Raphaël Imbert : le jazz, le sacré et la recherche maçonnique

Source : Le Jazzophone (média culturel spécialisé) · Pays : France · Publication : 13 septembre 2026 · Langue originale : français · Lien direct

Le portrait présente le saxophoniste marseillais, compositeur, pédagogue et chercheur, dont les travaux interrogent la spiritualité du jazz et les liens maçonniques de musiciens afro-américains. Son parcours associe création, enquête ethnomusicologique et transmission. Il montre comment l’étude du fait maçonnique peut éclairer une histoire culturelle sans réduire les œuvres à l’appartenance de leurs auteurs.

Grenoble 2026 : les Rencontres Écossaises du SCPLF-REAA

Source : 450.fm (journal maçonnique) · Pays : France · Publication : 13 septembre 2026 · Langue originale : français · Lien direct

L’article annonce les rencontres des 19 et 20 septembre consacrées au Rite Écossais Ancien et Accepté, avec conférences, échanges et présentation de travaux historiques. Cette mise en perspective complète l’annonce antérieure sur le Manuscrit Vuillaume sans la répéter : l’accent porte ici sur l’ensemble du rendez-vous et sur sa fonction de transmission entre recherche, pratique rituelle et débat.

Gandhi : l’erreur répétée ne devient pas vérité

Source : 450.fm (chronique de réflexion) · Pays : France · Publication : 13 septembre 2026 · Langue originale : français · Lien direct

À partir d’une sentence attribuée à Gandhi, la chronique rapproche discernement, examen critique et idéal maçonnique. Elle rappelle que la vérité ne se décide ni au nombre ni au bruit, et qu’une opinion majoritaire demeure justiciable de la raison. Ce texte relève de la méditation éditoriale, non du reportage ni de l’établissement historique de l’attribution.

PATRIMOINE ET OUVERTURE AU PUBLIC

Le Musée de la Franc-Maçonnerie – musée de France depuis 2003 – ouvre ses portes pour les Journées du patrimoine

Musée de la franc-maçonnerie
Musée de la franc-maçonnerie

Source : Grand Orient de France (communication officielle) · Pays : France · Publication : date de mise en ligne non indiquée ; alerte reçue le 14 septembre 2026 · Langue originale : français · Lien direct

Le GODF annonce l’ouverture gratuite du musée et de ses espaces du 16 rue Cadet les 19 et 20 septembre. Le programme permet de découvrir collections, histoire et architecture maçonniques dans leur contexte. La date de publication n’étant pas affichée, seule la réception de l’alerte dans la période est certaine ; les dates de l’événement sont, elles, vérifiées.

La Grande Loge Féminine de France, exceptionnellement accessible au public

Source : Sortiraparis (média culturel et agenda) · Pays : France · Publication : mise à jour le 13 septembre 2026 à 13h49 · Langue originale : français · Lien direct

La GLFF accueillera le public à Paris le samedi 19 septembre, tandis que son site officiel annonce également des ouvertures à Lyon pendant le week-end. Au-delà de la curiosité des lieux, cette visite rend visible une histoire institutionnelle liée à l’émancipation des femmes et à l’autonomie progressive de la Maçonnerie féminine en France.

À Villeurbanne, un temple figure parmi les découvertes patrimoniales lyonnaises

Source : Mesinfos.fr (presse locale) · Pays : France · Publication : 14 septembre 2026 · Langue originale : français · Lien direct

La sélection lyonnaise des Journées du patrimoine signale l’ouverture d’un temple à Villeurbanne, occasion d’aborder histoire, organisation et symbolisme. La page n’ayant pas été accessible lors de la vérification, cette notice repose sur l’extrait Google Alerts. Elle complète, sans les confondre, les ouvertures annoncées par les obédiences à Paris et ailleurs.

Bellot, l’officier rochefortais disparu dans l’Arctique, et une mémoire familiale maçonnique

Source : Sud Ouest (presse régionale, accès non obtenu) · Pays : France · Publication : 14 septembre 2026 · Langue originale : français · Lien direct

Le journal revient sur Joseph-René Bellot, jeune officier de marine disparu lors d’une expédition arctique, et mentionne l’activité maçonnique de son père à une époque de poursuites. Le lien maçonnique paraît ici familial et contextuel, non le cœur de la carrière du navigateur. L’article étant inaccessible, la notice reste strictement fondée sur son titre et l’extrait d’alerte.

« Dans le secret des Templiers » : une rediffusion entre histoire et imaginaire

Source : CesoirTV (guide de programmes) · Pays : France · Publication : date de mise en ligne non indiquée · Langue originale : français · Lien direct

Le guide annonce un épisode de La France des mystères consacré aux Templiers, présentés comme un ordre religieux et militaire puissant du Moyen Âge. La page n’a pas permis de vérifier le contenu ni l’horaire de diffusion ; la notice repose donc sur l’extrait Google Alerts. Le sujet appelle à distinguer histoire documentée, légendes templières et récupérations ésotériques tardives.

LAÏCITÉ ET LIBERTÉ DE CONSCIENCE

Une responsable de la Libre Pensée menacée de mort dans le Vaucluse

Source : Le Dauphiné Libéré (presse régionale, article réservé) · Pays : France · Publication : 12 septembre 2026 · Langue originale : français · Lien direct

Le quotidien rapporte les menaces dénoncées par la Libre Pensée du Vaucluse dans un communiqué du 10 septembre. Les faits allégués doivent être attribués à l’association tant qu’ils ne sont pas judiciairement établis. L’épisode rappelle que le débat sur la laïcité ne peut s’affranchir de la protection des personnes, de la liberté d’expression et du refus de l’intimidation.

Visite papale à Metz : l’UFAL poursuit son recours sur les dépenses publiques

Source : France 3 Grand Est (service public d’information) · Pays : France · Publication : date de publication non vérifiée ; alerte reçue le 13 septembre 2026 · Langue originale : français · Lien direct

Après le rejet d’un référé, l’UFAL affirme maintenir sa demande de transparence sur le financement public lié à la visite du pape à Metz. L’article n’ayant pas été accessible, la notice se limite à l’extrait Google Alerts. Le différend pose une question classique de laïcité : tracer la frontière entre accueil protocolaire, sécurité publique et soutien matériel à un culte.

Camille Pascal conteste l’interprétation française de la laïcité

Source : Le Point (entretien ou chronique d’opinion, article inaccessible) · Pays : France · Publication : date de publication non vérifiée ; alerte reçue le 13 septembre 2026 · Langue originale : français · Lien direct

L’historien et écrivain Camille Pascal soutient que la France commet un contresens sur la laïcité, à l’occasion de la visite de Léon XIV. Faute d’accès au texte, il est impossible d’en restituer l’argumentation complète : cette notice ne vaut que signalement fondé sur l’extrait Google Alerts. La thèse doit être comprise comme une opinion soumise au débat.

MONDE

ALLEMAGNE — MUSÉES ET PATRIMOINE

À Bayreuth, le Musée allemand de la Franc-Maçonnerie démonte les mythes

Source : Abendzeitung München (presse régionale) · Pays : Allemagne · Publication : 13 septembre 2026 · Langue originale : allemand · Lien direct

Le reportage visite le musée de Bayreuth, dont les collections et les quelque 19 000 volumes permettent de replacer la Franc-Maçonnerie dans l’histoire des idées plutôt que dans le registre du fantasme. L’article n’ayant pas été directement accessible, ce résumé s’appuie sur l’extrait Google Alerts, conforté par les informations publiques du musée et des institutions bavaroises.

À Gera, une ancienne Loge devenue « Maison des pionniers » est mise en vente

Source : Ostthüringer Zeitung (presse régionale, accès bloqué) · Pays : Allemagne · Publication : 13 septembre 2026 · Langue originale : allemand · Lien direct

Une villa de plus de 170 ans, ancien lieu maçonnique ensuite associé à l’histoire est-allemande des « pionniers », arrive sur le marché. Le bâtiment condense plusieurs strates politiques et sociales de la mémoire de Gera. Le prix et les détails n’ayant pu être vérifiés derrière le blocage d’accès, la notice reste fondée sur l’extrait Google Alerts.

ESPAGNE — SOCIABILITÉ ET OUVERTURE

À Mijas, une Loge invite les femmes à une soirée de rencontre

Source : Euro Weekly News (presse locale anglophone) · Pays : Espagne · Publication : 13 septembre 2026 · Langue originale : anglais · Lien direct

Gemini Lodge n° 51 annonce un dîner ouvert aux femmes le 19 septembre au Miraflores Golf Restaurant. La démarche relève moins d’une ouverture initiatique que d’une sociabilité publique destinée à faire connaître la Loge et ses membres. Elle illustre les stratégies locales par lesquelles certaines structures masculines cherchent à réduire la distance avec leur environnement social.

PORTUGAL — POLITIQUE ET APPARTENANCE

La question de l’appartenance maçonnique d’un ministre au cœur d’une polémique

Source : Diário de Coimbra (tribune d’opinion d’Américo Figueiredo) · Pays : Portugal · Publication : 13 septembre 2026 à 14h30 · Langue originale : portugais · Lien direct

L’auteur critique le député Rui Rocha pour avoir demandé au ministre de l’Administration intérieure, Luís Neves, s’il appartenait ou avait appartenu à la Maçonnerie. Il juge la question déplacée au regard des dossiers examinés. Il s’agit d’une opinion, partiellement accessible, qui révèle la persistance de l’appartenance maçonnique comme marqueur polémique dans la vie parlementaire portugaise.

KENYA — ARCHITECTURE ET HISTOIRE COLONIALE

Comment la Franc-Maçonnerie entre dans l’histoire de la cathédrale All Saints de Nairobi

Source : K24 Digital (média d’information) · Pays : Kenya · Publication : 13 septembre 2026 à 11h22 · Langue originale : anglais · Lien direct

K24 rappelle qu’un contremaître Franc-Maçon participa à la construction de la cathédrale anglicane commencée en 1917. Le média prend soin de préciser que cette présence ne transforme ni l’édifice ni l’Église en institution maçonnique. Ce rappel méthodique aide à distinguer contribution de bâtisseurs, sociabilité coloniale européenne et interprétations contemporaines excessives.

ROYAUME-UNI — SOLIDARITÉ INTERNATIONALE

Les Francs-Maçons du Warwickshire financent une aide d’urgence après les inondations au Népal

Source : The Solihull Observer (presse locale) · Pays : Royaume-Uni · Publication : date de publication non vérifiée ; alerte reçue le 13 septembre 2026 · Langue originale : anglais · Lien direct

Une subvention de 50 000 livres est annoncée pour fournir des secours aux victimes des inondations au Népal. Le site n’ayant pas livré son contenu lors de la vérification, le montant et la finalité sont rapportés exclusivement d’après l’extrait Google Alerts. L’information illustre la dimension caritative publique de la Maçonnerie britannique, distincte de ses travaux rituels.

ÉTATS-UNIS — FRATERNITÉ ET ACTION LOCALE

Les Widows Sons de Virginie célèbrent dix ans de présence à Tazewell

Source : WVVA (télévision locale) · Pays : États-Unis · Publication : 12 septembre 2026 à 17h35 EDT · Langue originale : anglais · Lien direct

Le rassemblement annuel de ces motocyclistes Francs-Maçons a réuni des participants venus jusqu’au Maine et collecté des fonds pour le Masonic Home of Virginia ainsi que le service du shérif. Le groupe se définit aussi comme soutien aux veuves et orphelins de Frères. L’événement traduit une Fraternité vécue dans l’action associative locale.

BRÉSIL — RÉPUBLIQUE, CITOYENNETÉ ET DÉBAT PUBLIC

Au Paraná, trois puissances maçonniques défendent la République et l’État de droit

Source : Folha do Litoral (rubrique maçonnique ; relais d’un manifeste institutionnel) · Pays : Brésil · Publication : 13 septembre 2026 à 11h51 · Langue originale : portugais · Lien direct

Le GOB-Paraná, la Grande Loge maçonnique de l’État et le Grand Orient du Paraná publient un texte commun appelant à la prudence, au respect de la Constitution, à la présomption d’innocence et au contradictoire face à une affaire institutionnelle. Les allégations évoquées restent celles du manifeste ; l’essentiel de la prise de parole porte sur les garanties de l’État de droit.

À Rondônia, le candidat Pedro Abib répond aux questions d’une Grande Loge

Source : Tribuna Popular (presse régionale ; article signalé « Assessoria ») · Pays : Brésil · Publication : 12 septembre 2026 · Langue originale : portugais · Lien direct

Lors d’une séance fermée de politique et citoyenneté organisée par la Grande Loge de Rondônia, le candidat a exposé ses propositions économiques, foncières, sanitaires et critiqué le calendrier de privatisation de la compagnie des eaux. Le texte est attribué à une « assessoria », donc proche d’une communication de campagne plutôt que d’un reportage indépendant.

Au Piauí, une vidéo commémore la Journée de la Franc-Maçonnerie

Drapeau de Piauí

Source : YouTube (publication vidéo indexée par Google Alerts) · Pays : Brésil · Publication : date de publication non vérifiée ; alerte reçue le 14 septembre 2026 · Langue originale : portugais · Lien direct

La séquence annonce des conférences et un moment de convivialité organisés au Piauí pour marquer la Journée de la Franc-Maçonnerie. La vidéo n’ayant pas été accessible, cette notice repose uniquement sur l’extrait Google Alerts et ne permet pas d’identifier avec certitude l’organisateur ni le programme détaillé. Elle témoigne néanmoins d’une présence maçonnique publique et commémorative au Brésil.

BELGIQUE — MÉMOIRE LOCALE

À Tournai, souvenir de la Loge « Les Frères Réunis » fondée en 1906

Source : Groupe Facebook « Beauté de Tournai » (publication sociale, non presse) · Pays : Belgique · Publication : date de publication non vérifiable ; alerte reçue le 14 septembre 2026 · Langue originale : français · Lien direct

Une publication locale évoque la Loge masculine « Les Frères Réunis », fondée en 1906 au quai des Salines, et son affiliation. Facebook n’ayant pas permis d’accéder au message complet, la notice s’en tient au fragment indexé par Google Alerts. Ce signalement invite à documenter plus largement la géographie et la mémoire des Loges tournaisiennes.

INTERNATIONAL — RÉSEAUX SOCIAUX ET DÉBATS INTERNES

Une personne transgenre interroge son maintien en Loge

Source : Reddit, r/freemasonry (témoignage social, non vérifié) · Pays : pays non déterminé · Publication : date de publication non vérifiée ; alerte reçue le 14 septembre 2026 · Langue originale : anglais · Lien direct

L’auteur dit aimer la symbolique, la philosophie, le rituel et la communauté maçonniques, tout en s’interrogeant sur une éventuelle démission en raison de son identité transgenre. Il s’agit d’un témoignage anonyme, non d’un fait généralisable. Le fil révèle toutefois une question concrète d’accueil, d’appartenance et de cohérence entre règles obédientielles et parcours personnels.

Le 32e degré ne signifie pas « Franc-Maçon de haut rang »

Source : Blue Collar Freemason sur Facebook (publication pédagogique d’un compte maçonnique) · Pays : pays non déterminé · Publication : date de publication non vérifiée ; alerte reçue le 13 septembre 2026 · Langue originale : anglais · Lien direct

La publication met en garde contre les vidéos présentant automatiquement un titulaire du 32e degré comme un dirigeant supérieur de toute la Franc-Maçonnerie. Elle rappelle implicitement la pluralité des juridictions et la différence entre degrés de systèmes complémentaires et responsabilités administratives. Facebook étant inaccessible, cette synthèse demeure strictement fondée sur l’extrait Google Alerts.

Le retour d’une Franc-Maçonnerie plus intellectuelle et « geek » ?

Source : Blue Collar Freemason sur Facebook (publication d’opinion) · Pays : pays non déterminé · Publication : date de publication non vérifiée ; alerte reçue le 14 septembre 2026 · Langue originale : anglais · Lien direct

Le compte estime que l’image publique des Loges, longtemps associée aux petits-déjeuners caritatifs et à la convivialité, pourrait renouer avec un goût plus marqué pour l’étude et la culture symbolique. L’extrait ne permet pas d’en connaître l’argumentation complète. Cette opinion signale néanmoins une tension féconde entre service communautaire, sociabilité et ambition initiatique.

Signe, attouchement et parole : une lecture des modes de reconnaissance

Source : Alp Yıldırım sur X (publication personnelle) · Pays : pays non déterminé · Publication : date de publication non vérifiée ; alerte reçue le 13 septembre 2026 · Langue originale : anglais · Lien direct

La publication propose d’interpréter les trois modes de reconnaissance maçonnique — signe, attouchement et parole — au-delà de simples codes formels. Le fil n’ayant pas été accessible, il est impossible d’évaluer la démonstration complète ou son rattachement à une tradition précise. La notice signale donc une lecture personnelle, non une définition rituelle universelle.

La « patte du lion » expliquée en vidéo

Source : Timothy Hogan sur Facebook (vidéo pédagogique personnelle) · Pays : pays non déterminé · Publication : date de publication non vérifiée ; alerte reçue le 13 septembre 2026 · Langue originale : anglais · Lien direct

Une courte vidéo relie l’appellation « patte du lion » à l’un des modes de reconnaissance du Maître Maçon et l’insère dans une présentation générale des racines et symboles de l’Ordre. Le contenu n’ayant pas été directement accessible, cette notice repose sur l’extrait Google Alerts. L’interprétation doit être rapportée à son auteur et non tenue pour universelle.

Un souvenir familial de rituel funèbre maçonnique circule sur Instagram

Source : Instagram (témoignage vidéo personnel) · Pays : pays non déterminé · Publication : date de publication non vérifiée ; alerte reçue le 14 septembre 2026 · Langue originale : anglais · Lien direct

L’extrait évoque un rituel maçonnique accompli lors des funérailles du grand-père de l’auteur, puis un souvenir d’enfance lié aux obsèques de son père. La vidéo n’a pas été accessible et son contexte reste incomplet : il serait abusif d’en tirer une description rituelle. Elle signale néanmoins la place de la mémoire familiale dans la perception publique de la Maçonnerie.

Au fil de ces regards croisés, cette revue de presse invite à prolonger la réflexion, à confronter les points de vue et à demeurer attentifs aux mouvements de notre temps, dans un esprit de liberté, de vigilance et de fraternité.

Mes très chères Sœurs, mes très chers Frères, nous vous souhaitons une bonne lecture.

Ainsi va le Monde…

TÉMOIGNAGE : Hubert Quentin, de la prison à la loge maçonnique… pendant 30 ans

Une histoire de dépassement

Il y a des vies qui semblent écrites d’avance. Et puis il y a celles qui refusent obstinément de suivre le chemin qu’on leur avait tracé. L’histoire d’Hubert Quentin appartient à cette seconde catégorie. Né un 18 septembre 1966 dans le Calvados, il grandit dans une famille simple, auprès de parents qui lui transmettent avant tout le goût du travail, de la dignité et de la persévérance. Son père exerce un métier consacré à l’entretien et à la propreté des espaces publics ; sa mère est couturière. Hubert grandit avec deux sœurs, dans un environnement modeste mais solide, où l’on apprend moins à parler de réussite qu’à la construire patiemment.

Rien, dans son enfance, ne semble pourtant le destiner aux études longues, aux travaux philosophiques ou aux degrés de perfectionnement maçonnique. Son parcours scolaire est difficile. Il triple son CE2 et souffre d’une dyslexie et d’une dysorthographie importantes, des troubles du langage écrit qui peuvent rendre la lecture et l’expression écrite particulièrement éprouvantes. À treize ans, il quitte le système scolaire.

À cet âge, beaucoup auraient pu se résigner à cette première étiquette : enfant en difficulté, élève incapable, parcours limité. Hubert, lui, va simplement emprunter une autre route.

Du billot aux portes de la prison

Hubert Quentin

On lui laisse alors le choix entre deux métiers : couvreur ou boucher. Il choisit la boucherie.

De treize à vingt-trois ans, il se forme et travaille dans ce métier, notamment à la Porte de Paris et dans plusieurs établissements de la région parisienne. C’est un univers concret, exigeant, où l’on apprend la précision du geste, la résistance physique, le rapport aux autres et le sens du travail bien fait.

Puis, à vingt-trois ans, il réussit le concours de surveillant pénitentiaire. Le jeune homme qui avait quitté l’école à treize ans entre alors dans un univers professionnel que beaucoup imaginent fermé, dur et strictement hiérarchisé. Hubert y découvre surtout un monde profondément humain.

Il exercera dans plusieurs établissements, notamment à la maison d’arrêt de Fresnes, à la maison d’arrêt de Nanterre et au centre de détention de Liancourt. Pendant ses dernières années de carrière, il travaille dans les ateliers de production et de formation, et enfin dans le renseignement pénitentiaire.

Il résume cette période avec une simplicité qui lui ressemble : il a aimé y rencontrer des hommes, traiter avec eux, écouter des parcours et découvrir des personnalités. Derrière les murs, il n’a pas seulement vu des détenus ; il a rencontré des êtres humains, avec leurs failles, leurs contradictions et leurs possibilités de changement.

C’est peut-être là que se trouve l’un des fils conducteurs de sa vie : ne jamais réduire une personne à son apparence, à son passé ou à l’étiquette que les autres lui ont collée.

Une famille comme première colonne

Hubert est marié depuis trente-deux ans et père de trois grandes filles. Elles sont aujourd’hui ingénieures pour deux d’entre elles, et vétérinaire pour la troisième. Il en parle avec une fierté discrète, sans emphase, comme si leur réussite était avant tout le prolongement naturel d’un accompagnement familial. Comme il le dit lui-même, j’ai toujours été là pour faire le papa taxi quand il le fallait. J’étais un père très présent et aimant.

Pour lui, cette famille constitue une source constante de motivation. Elle représente aussi une forme de transmission inversée : l’homme qui avait connu l’échec scolaire a accompagné ses enfants vers des études exigeantes, avec la conviction qu’aucune trajectoire ne devait être enfermée dans les premières difficultés de la vie. Comme il le rappelle, tout cela fut rendu possible grâce à son épouse, car ils forment un tandem très solide ou la confiance et l’amour règnent.

Hubert n’a pas cessé d’apprendre. Il a beaucoup lu, notamment sur la Seconde Guerre mondiale, mais aussi des romans policiers, parmi lesquels les aventures de San-Antonio. Plus tard, il découvre Alexandre Jollien et d’autres auteurs qui l’accompagnent dans une réflexion sur la fragilité, le handicap, la liberté et la dignité.

Sa plus grande fierté tient dans un diplôme unique : un Diplôme interuniversitaire d’éthique, obtenu à la faculté de médecine de l’Université Paris-Descartes. Un seul diplôme, peut-être, mais un diplôme qui dit beaucoup de sa volonté de reprendre, à l’âge adulte, le chemin intellectuel interrompu dans l’enfance.

Une rencontre à l’origine de l’initiation

La Grande Loge de France, rue Puteaux Paris XVIIe.
La Grande Loge de France, rue Puteaux Paris XVIIe.

L’entrée d’Hubert en Franc-maçonnerie ne résulte ni d’une tradition familiale, ni d’une fréquentation des cercles mondains, ni d’une image préconçue de l’initié. Elle naît d’une rencontre indirecte, presque inattendue. C’est un patient de son épouse, médecin, qui lui ouvre cette porte. Une relation humaine, un échange, une confiance : parfois, les grandes bifurcations d’une vie commencent par une conversation ordinaire. Il y a bientôt vingt-cinq ans, Hubert est reçu au sein de la Grande Loge de France, dans la loge « L’Esprit Cosmique », à l’Orient de Chantilly. Il y devient compagnon, puis maître, avant de poursuivre son parcours dans d’autres ateliers, notamment « L’Éclat de Saint-Germain » et « Le Grain de Sénevé ».

Son entrée en Franc-maçonnerie n’a rien d’un changement de décor. Elle est plutôt la continuité d’une recherche déjà présente : comprendre l’être humain, donner du sens aux expériences, progresser malgré les limites, et trouver dans la fraternité un espace où l’on n’est pas réduit à son histoire.

L’apparence contre la réalité

Hubert ne correspond pas nécessairement à l’image fantasmée que certains profanes se font du franc-maçon.

Avec plus de cent kilos, une carrure qui évoque davantage l’ancien métier de boucher que l’iconographie élégante et policée des salons, il pourrait sembler appartenir à un autre univers. On l’imaginerait volontiers derrière un étal de marché, au milieu des couteaux et des quartiers de viande, plutôt que sous les colonnes d’un temple maçonnique.

Et pourtant, dès qu’il parle de la loge, son visage change. Il s’y sent « comme un poisson dans l’eau ». La formule est simple, mais elle dit l’essentiel : Hubert n’a pas eu besoin de se fabriquer un personnage pour entrer en Maçonnerie. Il y est venu avec son histoire, son accent de vie, ses expériences, sa force physique, ses fragilités et son immense capacité de relation.

La Franc-maçonnerie ne lui a pas demandé de devenir quelqu’un d’autre. Elle lui a offert un cadre dans lequel il pouvait devenir davantage lui-même.

Bijou de l’hospitalier

De l’apprenti au frère responsable

Au fil des années, Hubert franchit les degrés de la Maçonnerie symbolique et assume de nombreuses responsabilités. Il exerce notamment les fonctions de maître des cérémonies, d’expert, de surveillant, de maître des banquets, de député et de délégué à l’entraide fraternelle.

Mais une fonction semble lui correspondre plus particulièrement : celle d’hospitalier.

L’Hospitalier est celui qui prend soin des absents, des malades, des Frères confrontés aux difficultés, à l’isolement ou à la précarité. Il veille à ce que la fraternité ne reste pas un mot prononcé dans le rituel. Il la traduit en visites, en appels, en attention et parfois en aide concrète. Pour Hubert, cette fonction apparaît comme une évidence. Après avoir travaillé dans l’univers pénitentiaire, où il a appris à regarder les hommes au-delà de leur statut, il se trouve à présent chargé de veiller sur ceux que la vie fragilise.

Il ne s’agit plus de surveiller des portes, mais de maintenir un lien. Plus de garder un établissement, mais de garder une présence. L’ancien surveillant pénitentiaire est devenu gardien d’une autre forme de solidarité.

Une pensée en construction

Les sujets sur lesquels Hubert travaille en loge dessinent un portrait intellectuel très éloigné des caricatures. Il réfléchit à Boaz, à l’épée flamboyante, aux métaux, à l’arbre, à la porte basse, aux gants, au tableau de loge, à la lune, à la perpendiculaire, au sablier, à la liberté et au temps sacré.

Il s’interroge aussi sur des questions qui le touchent directement :

  • Que signifie être libre ?
  • Que peut transmettre une initiation ?
  • La parole permet-elle réellement d’évoluer sur soi ?
  • Quelles vérités acquises à l’intérieur peut-on porter à l’extérieur ?
  • Pourquoi l’assiduité et la répétition du rituel sont-elles importantes ?
  • Peut-on recevoir sans chercher, ou trouver sans frapper ?

Parmi les titres de ses travaux, l’un frappe particulièrement :

« Je ne sais ni lire ni écrire, je suis dyslexique ».

Ce sujet n’est pas une confession de faiblesse. C’est une manière de transformer une difficulté intime en question universelle. Que signifie apprendre lorsque l’école vous a désigné comme incapable ? Que signifie prendre la parole lorsque l’écriture a longtemps été un obstacle ? Que vaut une pensée lorsqu’elle ne se présente pas dans les formes scolaires attendues ?

Hubert apporte à la loge ce que les livres ne peuvent pas toujours transmettre : l’expérience d’un homme qui a dû conquérir chaque marche au lieu de les trouver naturellement devant lui.

Du travail symbolique aux degrés de perfectionnement

Depuis quelques années, Hubert a également rejoint les degrés de perfectionnement du Suprême Conseil de France, au sein du « Parvis philosophique », à l’Orient de Paris. Son parcours l’a conduit à approfondir plusieurs degrés et à travailler sur des thèmes comme le juste équilibre, la justice sans préjugé ni partialité, la beauté, la lumière et la loi universelle.

Il participe également à la vie de la loge de perfection de Chantilly, dont il est membre fondateur, « La Vraie Concorde ». Ces étapes ne constituent pas, pour lui, une course aux titres. Elles prolongent une démarche déjà ancienne : avancer, comprendre, transmettre et chercher l’unité derrière la diversité des expériences.

L’homme qui n’avait pas été autorisé à poursuivre longtemps sa scolarité est devenu un lecteur assidu, un auteur de planches, un responsable d’atelier et un chercheur de sens. Celui qui avait été confronté très tôt aux limites du système éducatif s’est engagé dans une véritable formation permanente. Il ne s’agit pas de nier les difficultés de départ. Il s’agit de montrer qu’elles ne disent jamais toute une personne.

Une maçonnerie de cœur

L’histoire d’Hubert Quentin rappelle une évidence parfois oubliée : la Franc-maçonnerie ne se reconnaît pas à une silhouette, à un costume, à un niveau d’études ou à une profession. On peut venir d’une famille populaire, avoir travaillé dans une boucherie, avoir gardé des détenus, avoir connu l’échec scolaire et porter les traces d’un handicap. On peut avoir un parcours qui ne ressemble à aucune biographie officielle et devenir pourtant un homme profondément attaché à la fraternité. Le véritable Maçon ne se mesure pas seulement à la manière dont il connaît les symboles, mais à la façon dont il les fait vivre.

La règle n’est pas uniquement un objet rituel : elle devient exigence de droiture.
La perpendiculaire n’est pas seulement un outil : elle devient recherche d’équilibre.
La chaîne d’union n’est pas un geste : elle devient attention aux absents.
La lumière n’est pas un mot : elle devient la volonté de ne pas laisser quelqu’un seul dans l’obscurité.

Chez Hubert, les symboles rencontrent la vie réelle. La fraternité n’est pas une posture ; elle est une manière d’être avec les autres.

Une bonne fée, peut-être ; surtout une volonté

Hubert doit être protégé par une bonne fée. La formule possède une grâce particulière. Elle exprime la reconnaissance envers les rencontres, les soutiens, les hasards heureux et les personnes qui ont ouvert une porte au bon moment. Mais une fée, même bienveillante, ne suffit pas à expliquer une telle trajectoire. Il a fallu travailler, recommencer, supporter le regard des autres, apprendre autrement, se former, réussir un concours, exercer un métier difficile, élever une famille, reprendre des études et entrer en loge avec l’humilité de celui qui sait ce qu’il a dû surmonter. La bonne fée a peut-être montré le chemin. Hubert, lui, a continué à marcher.

Une leçon pour la Franc-maçonnerie

Dans une époque qui aime classer les individus selon leurs diplômes, leurs réseaux, leur apparence ou leur capital social, le parcours d’Hubert Quentin constitue une salutaire leçon.

Il rappelle que la Franc-maçonnerie peut encore être un lieu d’accueil pour les parcours singuliers. Une loge véritablement fraternelle ne demande pas d’où vient un homme pour décider de ce qu’il vaut. Elle regarde ce qu’il cherche, ce qu’il apporte et ce qu’il est prêt à construire avec les autres.

Hubert n’est pas devenu franc-maçon malgré son histoire. Il l’est devenu avec son histoire.

Avec ses difficultés scolaires.
Avec son expérience de boucher.
Avec ses années dans les établissements pénitentiaires.
Avec son amour de la lecture.
Avec son diplôme d’éthique.
Avec sa famille.
Avec sa carrure.
Avec ses doutes.
Avec sa fidélité aux autres.

Et peut-être est-ce cela, au fond, être un Maçon de cœur : ne pas prétendre être né dans la lumière, mais accepter de la chercher, patiemment, même lorsque le chemin commence dans l’obscurité.

« N’importe qui peut devenir un vrai Maçon »

Le parcours d’Hubert Quentin ne raconte pas seulement la réussite d’un homme. Il défend une certaine idée de la Franc-maçonnerie : une fraternité capable d’accueillir des individus qui ne se ressemblent pas, de réunir des existences improbables et de transformer la différence en richesse commune.

On peut ne pas avoir fait de longues études et devenir un homme de réflexion.
On peut avoir connu l’échec et devenir un guide pour les autres.
On peut avoir franchi les portes d’une prison pour son métier et franchir ensuite celles d’un temple pour y chercher la liberté.
On peut sembler appartenir au monde du billot et trouver sa place parmi les Frères.

La vraie initiation ne consiste peut-être pas à devenir conforme à l’image que l’on se fait du Maçon. Elle consiste à découvrir que l’on peut, malgré tout ce que l’on croyait impossible, devenir soi-même un homme de fraternité.

Et dans ce domaine, Hubert Quentin n’a rien d’un personnage ordinaire. Une fois n’est pas coutume, la rédaction souhaitait vous présenter Hubert Quentin, qui n’est certes pas un cas unique, mais comme nous sommes à l’ère des surhommes et des héros marveliens…

il nous semblait important de rappeler que ce ne sont pas les pierres les plus brillantes qui ont le plus de valeur.

La recherche de la vérité face à la désinformation

C’est le thème de réflexion qui a imbibé les articles du dernier numéro de la revue « Idéal Maçonnique  » du mois de septembre qui vient de paraître en format papier.

À l’heure des réseaux sociaux, des chaînes d’information en continu et de l’intelligence artificielle, l’accès à l’information n’a jamais été aussi facile.

Mais cette abondance constitue aussi une fragilité : comment distinguer une information fiable d’une information fausse, manipulée ou volontairement trompeuse ? La désinformation pose ainsi une question essentielle à nos démocraties : comment rechercher la vérité dans un espace public où chacun peut produire et diffuser des contenus ?

Dans les systèmes d’IA tels que les agents conversationnels, on parle également d’algorithmes génératifs capables de produire du texte, de l’audio ou des images à partir d’une requête écrite par l’utilisateur en langage naturel. Ces algorithmes présentent par construction un risque d’invention de contenu qui contredit des faits pourtant vérifiés ou démontrés. On parle aussi d’« hallucinations », même si je n’aime pas trop ce terme, qui anthropomorphise le système d’IA.
 

La question de la désinformation et de la recherche de la vérité est d’autant plus intéressante en franc-maçonnerie que cette dernière a toujours suscité des récits contradictoires que plusieurs facteurs expliquent notamment par :

· Le secret et la discrétion qui entourent certaines pratiques et cérémonies et qui ont favorise les spéculations.

· Les réseaux sociaux qui amplifient largement aujourd’hui les théories sensationnalistes : « pouvoir occulte », « gouvernement secret», « société satanique », et j’en passe. Certains magazines aux titres aguicheurs leur emboitent le pas.

· L’histoire ancienne et complexe de la franc-maçonnerie qui permet de mélanger facilement les faits historiques, les interprétations et les légendes. Les oppositions politiques ou religieuses ont parfois également produit ·des discours très hostiles à son égard.

  •  On parle de fake news, de manipulation, d’algorithmes, de propagande. Très bien. Mais la désinformation ne consiste pas seulement à diffuser une fausse information. Elle peut aussi orienter notre perception en déformant, en sélectionnant ou en sortant certains faits de leur contexte. Et parfois, il suffit encore de décider, avant même d’écouter, qui mérite d’être cru.

Le scepticisme en tant que doctrine philosophique naît en Grèce où les disciples de Pyrrhon doutent du monde physique mais pas du monde spirituel. Les sceptiques modernes, quant à eux, proclament la vérité du monde perçu par nos sens contre celle révélée par le divin. Tout ça pour qu’à la fin du XVIIIème s., Pierre Bayle les envoie tous balader et déclare une guerre totale aux certitudes.


Notre scepticisme d’aujourd’hui prospère encore vigoureusement sur le terreau de nos certitudes. Un soupçon de mensonge généralisé nimbe d’un halo de défiance une surabondance d’informations. Si j’ai, par exemple, la certitude que les immigrés sont des terroristes, les analyses statistiques qui démontrent que l’économie de mon pays dépend d’eux notamment pour réaliser les missions de service public délaissées par les nationaux, me paraissent d’intolérables tentatives de manipulation.

Nous estimons que nous avons raison, mais lorsque nous sommes peu à avoir raison, qui est dans le vrai ? Essayons de raisonner un “platiste”, ses arguments ne peuvent être démontrés scientifiquement et pourtant, il est persuadé d’avoir fait le bon choix, et puis ça se voit que la Terre est plate. On descend d’un cran, on signale qu’un bouffon prend deux F,  mais rien n’y fait, on à  donné un avis contraire (sans critiquer l’avis de départ, juste donner une autre piste).

La désinformation fait courir des risques internes et externes aux entreprises : ce sont des risques surtout économiques et financiers  liés à la sécurité. Toutes les entreprises sont concernées et courent des risques. C’est souvent un casse-tête pour protéger la réputation des entreprises : par exemple, les ex-employés qui deviennent des cybercriminels ; certains employés sont des infiltrés de gouvernements étrangers ; l’épouse du PDG de PFIZER n’étant pas favorable au vaccin contre la COVID 19, le PDG a dû rédiger un communiqué.

Il suffit parfois d’une image, d’une phrase répétée plusieurs fois pour qu’une idée finisse par s’imposer comme une vérité.

  • « Les étrangers viennent profiter de nos aides . » 
  • « Les étrangers prennent le travail des Français. » 
  • « Les étrangers coûtent cher à la collectivité. » 
  • « On ne peut plus accueillir toute cette immigration. » 

Numéro 8 Revue Idéal Maçonnique

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