mer 26 janvier 2022 - 10:01

Agricol Perdiguier

Compagnon menuisier du Devoir de Liberté dit Avignonnais la Vertu

Pacificateur et rénovateur du compagnonnage

François Icher – Mor – Éditions Cairn, 2021, 82 pages, 14,90 €

Présentation de l’éditeur :

Agricol Perdiguier, dit Avignonnais La Vertu, compagnon menuisier du devoir de liberté, est l’homme qui a le plus oeuvré pour pacifier et rénover les différentes sociétés compagnonniques au XIXe siècle. Né en 1805, à Morières-lès-Avignon, il part à l’âge de 17 ans sur les routes du tour de France et gravit rapidement tous les échelons de l’initiation compagnonnique.

Marqué par les querelles et les rixes entre compagnons, il se consacre alors à la pacification du tour de France, préconisant respect et tolérance entre compagnons.

En 1839, la parution de son Livre du compagnonnage, le fait connaître auprès de personnalités littéraires et politiques comme George Sand, Victor Hugo, Lamartine, Arago… Élu représentant du peuple en 1848, il est exilé par l’Empire en 1852. Il met à profit cette épreuve pour rédiger, depuis la Suisse, ses Mémoires d’un compagnon.

Dès son retour en France en 1855, il consacre le restant de sa vie au compagnonnage qu’il considère comme la forme la plus élevée de toute association ouvrière.

Mort dans la pauvreté en 1875, Agricol Perdiguier est enterré au cimetière du père Lachaise à Paris où, chaque année à la Toussaint, les diverses familles compagnonniques viennent lui rendre hommage.

Avec les desseins réalistes de Mor, François Icher, historien des compagnonnages, nous offre ici un voyage passionnant dans la vie et l’œuvre d’Agricol Perdiguier dit Avignonnais la Vertu dont une des devises étaient : « Que tous les nobles cœurs s’unissent, le règne d’amour est proche. »

Biographie des auteurs :

François Icher

Né en 1958, François Icher est Professeur agrégé, docteur en histoire, chargé de mission à l’Inspection Académique de l’Aude et au Rectorat de Montpellier. Il est également chercheur associé au CNRS (laboratoire FRAMESPA, université de Toulouse 2). À l’âge de vingt et un ans, dans le cadre du Centre National de Documentation Pédagogique, il publie son premier ouvrage consacré à la vie d’un compagnon menuisier audois du XIXe siècle. C’est le début d’un long parcours et d’une passion entièrement dédiés à l’univers des compagnons, des artisans et des métiers d’autrefois. En 1997, il obtient le titre de Docteur en histoire de l’université de Toulouse 2 avec la soutenance de sa thèse consacrée aux compagnonnages en France. Ses travaux portent non seulement sur les sociétés compagnonniques, sur les bâtisseurs de cathédrales mais aussi sur les corporations et les métiers de l’Ancien régime. On lui doit plus d’une vingtaine d’ouvrages dont plusieurs ont fait l’objet de traductions dans des pays aussi divers que l’Allemagne, les États-Unis ou le Japon. On citera, entre autres publications, La France des compagnons (Éditions de La Martinière, 1998), Les compagnons ou l’amour de la belle ouvrage (Gallimard, Coll. Découvertes, 1995), Les œuvriers des cathédrales (Éditions de La Martinière, 2000), grand prix du livre d’art religieux au salon du livre de Paris 2000, Le compagnonnage (Desclée de Brouwer, 2000), La France des artisans et des métiers – Du Moyen Âge à l’époque industrielle (Éditions de La Martinière) ou encore Les compagnonnages en France au XXe siècle – Histoire, mémoire, représentations (Grancher, 1999).

Mor

Marcel Morote (1951-2017) dessine sous le pseudo de Mor.

« Habitant le Languedoc depuis moult années, c’est tout naturellement que ses plumes et ses crayons se sont animés pour illustrer pendant 10 albums, l’épopée de la croisade albigeoise du 13e siècle. Mor relance sa carrière dès 2011 avec « Lili sur les quais » puis grâce au site de financement participatif Sandawe, il entame « Le chevalier Mécanique » une série de 3 tomes sur un scénario de Cédric Mainil. Suivront « Demba Diop, la force des rochers » en 2013 chez Physalis, « Waterloo » en 2015 chez Sandawe, tous deux sur scénario de TemPoe. En 2016, il sort « Les Archéos », « La Bête de Jumièges » et participe au collectif « Rouen ». Il nous quitte en août 2017 ».

Texte et photo © Philippe Descroix

[NDLR : Dans son avant-propos, François Icher ne cache pas que si cet Agricol Perdiguier, publié initialement en 1988 – la 1re de couverture est celle de la réédition parue chez Jacques Grancher en 1994 -, est offert au lecteur, c’est bien à Cairn, maison d’édition fondée en 1997 et portant haut et fort territoire, histoire, valeurs et culture des Pyrénées et du Sud-Ouest, que nous le devons. Une publication qui toutefois n’aurait pu voir le jour sans le soutien des compagnons du tour de France.

Il rend hommage à Mor, son ami, parti trop tôt à l’âge de 65 ans.

Suit ensuite un abrégé de la vie de celui qui fut ouvrier menuisier et inspira à la fois la baronne Dudevant, de son nom de jeune fille d’Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil, plus connue sous le pseudonyme de George Sand (1804-1876) qui, en 1841, écrivit Le Compagnon du tour de France, Eugène Sue (1804-1857) qui le loue dans son roman-feuilleton Le Juif errant et Frédéric Mistral (1830-1914), écrivain et lexicographe français provençal de langue d’oc, qui s’en souviendra en évoquant Calendal.

D’entrée, un lexique des termes compagnonniques de trois pages nous est proposé pour mieux comprendre l’histoire, les traditions et l’importance du savoir-faire ancestral de ces artisans d’exception que sont les compagnons…

Nous découvrons avec plaisir ce récit au premier temps du présent et la vie palpitante d’Agricol Perdiguier (1805-1875), compagnon menuisier du Devoir de Liberté dit Avignonnais la Vertu, écrivain et député français, à l’Assemblée constituante puis législative, et infatigable travailleur qui, toute sa vie, œuvra à la réconciliation des sociétés compagnonniques ainsi qu’à l’amélioration matérielle, intellectuelle et morale des compagnons.

En 1839, il publie Le livre du Compagnonnage, premier ouvrage historique sur ce sujet, essai sous-tendu par un idéal fraternel qui lui amène rapidement la sympathie des milieux littéraires républicains et la célébrité.

Effectuant pas moins de trois tours de France, rappelons que cet « apôtre du compagnonnage » comme le décrit le Fichier Bossu, reçoit la lumière au sein de la Loge « Les Hospitaliers de la Palestine », à l’Orient de Paris, le 21 décembre 1845… même s’il pratiqua peu la Maçonnerie.

Signalons que la couverture de Mor est colorisée par Rodolphe Lupano, dit Ohazar, illustrateur autodidacte et multicasquette : graphiste (communication, événementiel, institutionnel, etc.), illustrateur (jeunesse, presse, BD, jeux de rôles, character design…) et coloriste (Ma Révérence chez Delcourt, prix du polar 2014 à Angoulême).

Nous gardons aussi en mémoire, en avril 2004, cette intéressante exposition retraçant la vie et l’œuvre de Perdiguier à la mairie du 4e arrondissement de Paris qui avait pour thème « Agricol Perdiguier – Compagnon du tour de France & Représentant du Peuple (1805-1875) », prélude aux manifestations du bicentenaire de sa naissance.]

Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti, membre de la Respectable Loge Le Centre des Amis N° 1 de la Grande Loge Nationale Française et Chapelain de la Loge Nationale de Recherches Villard de Honnecourt, est désormais, après six ans passés en qualité de Député Grand Archiviste, responsable, dans le cadre de la culture et de la communication, de l'organisation des salons maçonniques et de l’éditorial des réseaux sociaux. Membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France, il est le chroniqueur littéraire de la G.L.N.F., écrit aussi dans La Chaîne d’Union du Grand Orient de France et collabore à de nombreux ouvrages.

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