– On ne plaisante avec la sécurité dans cette bibliothèque ! Lâcha Alexander.
Ils sourirent du double sens de cette remarque évoquant à la fois les vigiles armés et la protection impérieuse de la bibliothèque en prévenance du feu, terrible souvenir des quatre incendies qui la ravagèrent depuis 1660.
Sur une table, il était bien là le coffret de bois sombre, scellé dans la table sur laquelle il se trouvait, avec une serrure énigmatique : un cadenas à code mobile de 21 positions dont chacune pouvait s’arrêter sur un des 26 caractères de l’alphabet latin.
Sur le côté était collé une étiquette sur laquelle des figures, qu’Alexander reconnut comme les lettres de l’alphabet crypté des francs-maçons, étaient disposées dans un carré de 5 par 5.
Maintenant, il fallait choisir, pour le décoder, un des divers alphabets utilisés à des époques différentes et dans différents pays d’Europe par les Frères. Son intuition lui fit retenir celui de l’abbé Préau révélé en premier dans L’ordre des francs-maçons trahi en 1745.
Alexander utilise le dos d’un de ses chèques comme papier sur lequel il trace cet alphabet, le donne à Amélie pour qu’elle l’aide et, à l’énoncé des formes successives du message, il écrit sa traduction en lettres sur un second papier :
Ce fut vainement qu’ils essayèrent d’y trouver un sens cohérent, combinant les caractères en horizontal, en vertical, en diagonale.
Persévérant, comprenant qu’il fallait rajouter une autre logique, Alexander, songea à combiner les lettres avec le carré magique dit de Mars selon Agrippa, justement de 5 par 5, ce qui donnait aux lettres une position ordinale dans la phrase.
APERILIBRUMAMICORUMTUORUM fut le résultat de l’ordre issu du chaos initial sur l’étiquette.
– C’est du latin, forcément, comme sur le message de Prague, mais sans espace entre les mots ! s’exclama Alexander. Et maintenant, que faire des 25 lettres pour avoir les 21 positions ?
– Si on traduisait dans la langue de l’abbé, en français ?
– C’est bien cela, ça marche, nous avons 21 lettres maintenant, regarde lui dit-il en lui tendant son bout de papier improvisé : OUVRE LE LIVRE DE TES AMIS
Alexander fit tourner le mécanisme avec jubilation pour faire apparaître le potentiel mot de passe, manipula délicatement la serrure, et le coffret s’ouvrit, dévoilant ses secrets. Ils en rirent comme des enfants.
Point de diamant ! Il n’y avait, sous formes de rouleaux, que plusieurs cartes astronomiques célestes.
Deux d’Albrecht Dürer datées de 1515, figurant les constellations, une vues au nord, l’autre au sud. Désignant à Amélie les portraits d’astronomes qui y sont représentés aux quatre coins du dessin du nord, Alexander remarqua :
– Il avait dû les étudier, quelle érudition pour une époque où l’imprimerie n’existait pas encore ! Par quelle tradition orale ou par quels manuscrits avait-il pu connaître les travaux de ces astronomes ? On reconnaît les personnages : l’égyptien Claude Ptolémée du IIe s., le successeur d’Hipparque et de ses tables astronomiques, connu pour son Almageste qui contient un catalogue de synthèse de 1022 étoiles regroupées en quarante-huit constellations ; le grec Aratos de Soles du IIIe av. J.-C., célèbre pour son poème les Phénomènes sur les positions respectives des constellations et leur attribuant les noms de personnages de la mythologie grecque ; le latin Marcus Manilius du premier siècle qui, dans son poème Astronomica, divisa le ciel en maisons, base de l’astrologie ; le perse Abd al-Rahman al-Sufi qui illustra dans son Livre des étoiles fixes, au Xe s., chaque constellation par deux dessins descriptifs, l’un de l’extérieur d’un globe céleste et l’autre de l’intérieur.
– La vision globale de l’univers a tellement évolué d’erreurs en erreurs, d’abord géocentrée sur la terre, héliocentrée sur le soleil, puis galactocentrée et maintenant cosmocentrée sur l’univers ! Cette dernière avancée n’est-elle pas aussi une erreur qui ignorerait l’hétérotopie des multivers ? demanda Amélie.
Ils n’eurent pas le temps d’en discuter car ils trouvèrent aussi une carte mystérieuse où les astres deviennent des témoins silencieux de secrets anciens. Elle retint plus que toute leur attention. Penchés l’un contre l’autre, ils commencent à discerner des configurations particulières, des alignements d’étoiles qui révèlent des portails illustrés reliant des lieux précis. La carte mentionne Istanbul comme un lieu de convergence.
– Bien sûr, un portail ouvre sur Istanbul, une ville où les étoiles jouent un rôle central dans l’histoire et la spiritualité. Les constellations semblent danser au-dessus du Bosphore, reliant les cieux à la mystique de la ville.
– Pas étonnant, commenta Alexander, puisque l’un des astronomes les plus renommés associés à Istanbul est Taqi ad-Din Muhammad ibn Ma’ruf qui fonda l’observatoire de Constantinople en 1577. Il était l’un des plus grands observatoires astronomiques du monde pré-moderne. Taqi ad-Din a également construit une collection d’instruments astronomiques sophistiqués, y compris une sphère armillaire géante et une horloge astronomique mécanique précise pour mesurer la position et la vitesse des planètes. Ce qui montre l’importance d’Istanbul dans l’histoire de l’astronomie et son rôle dans l’avancement des études astronomiques pendant la période de l’Empire ottoman.
– Pourquoi cette importance accordée aux cieux d’après toi ? demanda Amélie.
– Les lettres du Coran seraient la matérialisation des signes du ciel, la création et le Livre en miroir ne seraient que révélations. Observer l’un ou l’autre, pourrait être la contemplation d’Allah.
En suivant les chemins tracés de sa main, effleurant à peine la carte, Amélie relève les indications étonnamment écrites non en arabe mais en caractères latins.
– Le premier portail astral conduit à une tour astronomique oubliée, où jadis, des érudits s’étaient réunis pour scruter le cosmos. Le deuxième portail conduit à Florence, où un observatoire astronomique indique les traces des savants de la Renaissance, où il y a eu des savants qui, comme les Grecs, se sont vraiment consacrés à l’astronomie. Ils ont eu une approche rationnelle et mathématiques et qui distinguaient l’astronomie de l’approche religieuse. Les cieux toscans murmurent des légendes de mystiques qui, sous le regard des astres, échangeaient des connaissances transcendant les frontières de la science et de l’ésotérisme.
– Mais il y a un portail différent, regarde, là, en bas de la carte. Nommé explicitement «Chemin des Alchimistes», il y a une figure de lion posant une de ses pattes sur la confluence de deux rivières ingurgitant avec sa gueule un liquide doré, le mot vitriolum écrit dessus.
Se penchant davantage sur le dessin, Amélie, fit remarquer que, sur leur le long, était indiqués Rhodanus et Arar.
– Je suis sûre que c’est une indication de Willey Reveley.
Autant qu’ils le purent, Alexander et Amélie prenaient des photos de tout ce qu’ils avaient découvert et les envoyait au fur et à mesure à Guido, sans trop savoir, encore, le rapport qu’il pouvait y avoir avec leur recherche sur la pose si particulière des mains sur les tableaux. Mais ils suivaient la voie.
– À l’évidence, il y a un lien comme avec celui de Christopher Wren qui fut aussi un ingénieux astronome. Outre la fabrication de remarquables cadrans solaires, il fut le premier à cartographier les cratères de la lune. Lui qui disait que les mathématiques sont les fondements imprenables de la géométrie et sont les seules vérités qui peuvent pénétrer dans l’esprit de l’homme sans incertitudes.
Alexander pressentait ainsi que des artistes, des scientifiques, des philosophes et des théologiens de différentes régions, de différentes époques pouvaient être unis par une quête commune, la compréhension profonde de l’univers et la préservation de la connaissance contre les forces de l’ignorance, de la superstition et de la destruction.
Après avoir remis tout en état et brouillé le code, enveloppant tendrement Amélie de son bras posé comme une étole sur la cicatrice de sa nuque, Alexander l’entraîna vers la sortie de la pièce, pensant tout haut
– Il y a un jeu de piste à suivre à Lyon. Nous verrons bien plus tard, ensemble avec nos amis, quand nous serons rentrés, donnons tous ses possibles au temps.
Le Podcast Maçonnique revient dans une nouvelle formule pour une nouvelle saison. Je sais que vous l’attendiez, alors voilà qui est fait ! Cette nouvelle mouture réserve quelques surprises : des épisodes plus longs, un comparse, Cédric, pour animer à deux et surtout des invités de marque.
Aujourd’hui, c’est Franck qui s’y colle. Oui, Franck Fouqueray, le fondateur de 450.fm, votre journal d’informations maçonniques préféré !
Alors n’attendez pas et venez écouter ce nouvel épisode disponible sur :
De notre confrère portuguais observador.pt – Par Eduardo Moreira da Silva
Les institutions si importantes dans la formation de la pensée occidentale doivent surmonter les antagonismes artificiels et embrasser un dialogue profond sur la condition humaine.
Cet article n’a pas pour but de défendre qui que ce soit, et encore moins d’attaquer qui que ce soit. Il s’agit d’une analyse qui place la philosophie dans son rôle de créatrice de concepts, cherchant à dépasser les débats superficiels et dénués de sens.
L’idée répandue d’une prétendue incompatibilité entre la franc-maçonnerie et le christianisme n’est pas nouvelle, surtout dans le contexte du catholicisme. Si, d’un côté, l’Église catholique et certaines branches protestantes maintiennent leur position de rejet envers la franc-maçonnerie, de l’autre, on sait que, dans plusieurs loges maçonniques, l’adhésion exige que le candidat affirme sa foi en un Dieu révélé.
Au lieu de répéter des arguments intemporels et souvent creux, il est important de se demander – en s’appuyant sur l’expérience humaine – s’il existe en fait une réelle incompatibilité entre ces deux réalités.
Fotografi efter blyantstegning udført ca. 1840 af N. C. Kierkegaard
Je commence par citer Søren Kierkegaard, l’auteur qui a écrit un livre pour expliquer qu’il n’était pas seulement un philosophe ou un écrivain esthétique, mais plutôt un auteur religieux dont le but est d’aider les individus à devenir de vrais chrétiens : « Om min Forfatter-Virksomhed » (traduit en portugais par « Point de vue explicatif de mon travail d’écrivain »). Pour Kierkegaard, être chrétien ne consiste pas en une simple adhésion institutionnelle, mais en une tâche existentielle qui exige une décision et un engagement personnels, dans un contexte où l’expérience de la foi est souvent négligée.
Cette approche valorise l’expérience individuelle et le choix existentiel, contrastant avec les points de vue qui cherchent à comprendre le christianisme à travers des systèmes rationnels et objectivants. Ce qui compte vraiment, c’est la pratique personnelle du christianisme, qui se traduit par un engagement éthique et spirituel intrinsèquement humain.
Kierkegaard critique également le concept de « christianisme » comme un obstacle à la vraie foi. Selon lui, en institutionnalisant la religion, la société transforme le christianisme en un ensemble de rituels et de doctrines dépourvus de l’élément vital – l’engagement personnel envers Dieu. Pour lui, la foi n’est pas un simple exercice rationnel, mais un paradoxe existentiel qui exige un saut qualitatif – un abandon radical au sacré, révélé dans l’expérience authentique de l’existence, dans la tension entre la finitude et ce qui la transcende.
Cette perspective nous rappelle les paroles du Christ dans le Sermon sur la montagne :
« Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le lieu secret. Et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. »
(Matthieu 6:6, traduction de Frederico Lourenço)
Nous trouvons ici l’appel à une expérience intime et directe de la foi, libre des dogmes et des systèmes théologiques. Saint Augustin exprime une idée similaire lorsqu’il affirme : « Si tu as compris, tu n’es pas Dieu » (Si comprehendis, non est Deus, sermon 117,3). En d’autres termes, le divin n’est pas saisi à travers des formulations rationnelles ou des systèmes théoriques, restant mystérieux et vivant dans l’expérience personnelle.
Si, en abandonnant les dogmes au profit d’une foi authentique et existentielle, on comprend que le christianisme assume une dimension essentiellement personnelle, il devient évident qu’il n’y a pas d’incompatibilité fondamentale entre la franc-maçonnerie et le christianisme. Tous deux partagent un chemin éthique qui transcende le simple rituel, basé sur l’expérience directe du sacré.
Dans une Europe en quête désespérée d’identité, il est impératif de cartographier l’histoire – non pas au sens traditionnel du terme, mais à la lumière du nouveau matérialisme, qui propose une approche dynamique, relationnelle et non linéaire, centrée sur les interactions et les forces qui façonnent la réalité. Ainsi surgit le paradoxe de la foi : une tension entre le matériel et le transcendant qui se révèle comme un élément constitutif de la sagesse nécessaire à la reconstruction de l’essence occidentale, par opposition à la sagesse fondée sur le conformisme. De cette façon, les institutions si importantes dans la formation de la pensée occidentale doivent surmonter les antagonismes artificiels et embrasser un dialogue profond sur la condition humaine, nous mettant au défi de transcender les limites du fini.
De notre confrère elnacional.com – Par Mario Múnera Muñoz PGM
Pour relire la partie 1 de cet article (cliquez ici)
Il existe une unité fondamentale au cœur de toutes les religions. Comme l’affirmait Swami Sri Yukteswar, né en 1855 à Serampore, en Inde, les vérités enseignées par les différentes confessions convergent vers une seule essence : une méthode unique guide l’évolution du monde, intérieur comme extérieur, et toutes les Écritures s’accordent sur un même but ultime de l’existence. Pourtant, les divergences entre ces traditions, amplifiées par l’ignorance humaine, obscurcissent cette grande Vérité, rendant son dévoilement ardu.
Le voyage initiatique de Christian Rose-Croix
La Tradition Initiatique, partagée par toutes les Écoles Initiatiques et les grandes religions, transcende ces divisions. Elle ne s’enracine ni dans les dogmes ni dans le fanatisme, mais dans une dimension qui dépasse le physique et la lettre des textes sacrés. Nos anciens Maîtres, dotés d’une conscience élevée, percevaient l’ésotérique au cœur de chaque enseignement. Lorsqu’un mouvement spirituel s’éloigne de cette tradition et de la Grande Énergie Universelle, il se réduit à une coquille vide, une forme intellectuelle dépourvue de vie, vouée à s’éteindre, comme un fil spirituel rompu qui cesse de nourrir l’institution.
L’existence, qu’elle soit physique ou spirituelle, est un mouvement perpétuel, soumis aux lois du plan où nous évoluons.
Chemin forestier en été
Selon leur niveau de conscience, les êtres humains cherchent un chemin au-delà du tangible pour donner sens à leur vie. Ce chemin, que nous nommons « Chemin Initiatique », est un processus d’expansion de la conscience, une traversée de l’obscurité vers la Lumière, de l’ignorance vers la sagesse et le sacré. Il nous révèle une compréhension plus profonde de nous-mêmes, des lois universelles et du Tout. Ce voyage, à la fois simple et complexe, exige une initiation préalable. En plongeant en nous-mêmes, en apprenant à nous connaître, nous entamons une transformation intérieure – non pas vers une perfection illusoire, car l’esprit est déjà pur, mais vers une ouverture de la conscience qui transcende la dualité. C’est un passage du doute à la clarté, où les réponses émergent au fil du parcours.
Dans le bouddhisme, ce chemin est soumis au Dharma et au Karma. Le Dharma exige discipline, persévérance et une attitude ouverte aux réalités spirituelles – une disposition à percevoir la Lumière en soi.
Soleil levant, temple boudhiste
Il incarne la voie juste sur ce plan, où le bien triomphe du mal. Le Karma, quant à lui, reflète la loi hermétique de cause et d’effet, énoncée dans le Kybalion : toute action entraîne une réaction. « Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse », ou encore « Fais à autrui ce que tu voudrais qu’on te fasse », comme l’enseigne Jésus dans Matthieu 7:12 et Luc 6:31. Maître Sri Anantram ajoute : « Tant que les ennemis intérieurs ne sont pas vaincus, les ennemis extérieurs reviendront toujours. » Ces ennemis – orgueil, inconstance, envie, dogmatisme, fanatisme, hypocrisie – sont si familiers qu’ils sont souvent pris, par ignorance, pour des alliés. Pourtant, tout ce qui nous arrive, qu’il s’agisse de bien ou de mal, n’est pas toujours karmique au sens de dettes passées. Ce sont souvent des expériences nécessaires à notre purification et à l’élévation de notre conscience. Si nous n’en tirons pas les leçons, elles se répéteront jusqu’à ce que nous les comprenions.
Serge Raynaud de la Ferrière l’exprime ainsi : « Une pierre qui roule ne crée pas de moule. » Rien dans l’Univers n’est statique ; tout est relié par des liens invisibles.
En ouvrant notre conscience, nous unissons ces fils subtils. La raison cède la place à l’intuition, nous permettant de voir au-delà du physique. Le chemin initiatique est une action consciente, portée par la certitude que tout est interconnecté. Les expériences, bonnes ou mauvaises, sculptent notre évolution. La Vérité réside en nous, et sanctifier chaque acte de notre vie revient à reconnaître que nous faisons partie du Tout. Ce chemin ne nous change pas au sens littéral ; il opère une alchimie intérieure, une transmutation en Lumière et en sagesse. Quelque chose de supérieur émerge alors, transcendant le matériel.
Alchimie laboratoire
L’Initiatique est une communion consciente avec les états supérieurs de l’être. Sans amour – la force la plus puissante de l’Univers –, les mystères mineurs restent vains, profanes, incompris. Nos enseignements puisent leur essence dans les symboles, ces messagers de Lumière qui se révèlent à mesure que la conscience s’éveille. Le symbole, par sa nature sensible, rend l’invisible accessible. Mais pour l’initié, cela implique une mort symbolique au monde profane, à ses illusions et ses attachements. Cette connaissance acquise impose une responsabilité : agir avec détachement, compassion et bienveillance, afin que l’énergie initiatique ne se disperse pas. Comme le souligne Dion Fortune (Violet Mary Firth Evans) : « Très peu d’âmes possèdent la persévérance nécessaire pour progresser de manière tangible. Mais si le désir reste constant et inflexible, le but sera atteint, et le candidat accédera aux connaissances qui guideront ses efforts vers une fin précise. »
Helena Blavatsky
Ouvrir sa conscience, pratiquer le détachement et le lâcher-prise est déjà un grand pas. Le monde des illusions, aussi séduisant soit-il, doit être transcendé. Helena Blavatsky (1831-1891), figure majeure de la théosophie, nous guide ainsi : « Toi, néophyte en quête d’initiation, ou profane mû par la curiosité, apaise ton esprit, purifie tes pensées, calme tes émotions. Éloigne-toi du tumulte du monde, réfugie-toi dans ton être intérieur pour franchir en sécurité le seuil des mystères. Abandonne préjugés et égoïsme, fuis l’impulsivité, et contemple avec sérénité. » Vivre au centre, libre de l’humilité comme de l’orgueil, telle est la voie des ouvriers d’Hiram Abiff, artisans d’une transformation qui illumine l’âme et l’Univers.
Inspiré par un article de notre confrère fr.aleteia.org – Par Agnès Pinard Legry
Selon une enquête récente relayée par Aleteia le 27 mars 2025, 34 % des Français déclarent avoir abandonné la religion dans laquelle ils ont été élevés [1]. Ce chiffre, qui reflète une tendance croissante à la sécularisation et à la diversification des parcours spirituels, interroge les dynamiques sociales, culturelles et personnelles à l’œuvre dans la France contemporaine. Alors que le catholicisme, religion historiquement dominante dans le pays, perd du terrain, d’autres formes de quête de sens émergent, notamment un intérêt marqué pour des mouvements comme la Franc-maçonnerie.
Cet article explore les causes, les conséquences et les nouvelles orientations spirituelles de ce phénomène, en s’appuyant sur des données statistiques, des études sociologiques et des témoignages.
I. Un constat chiffré : la désaffection religieuse en France
Archevêque Dionysius Latas de Zante
Le chiffre de 34 % provient d’une étude menée en 2024 par l’Institut français d’opinion publique (IFOP), en partenariat avec des chercheurs spécialisés en sociologie des religions. Cette enquête, réalisée sur un échantillon représentatif de 2 500 personnes, montre une accélération de la sécularisation entamée dès le XXe siècle. Historiquement, la France a été façonnée par le catholicisme, qui a structuré son calendrier, ses institutions et ses valeurs pendant des siècles. Pourtant, selon l’INSEE, la proportion de Français se déclarant catholiques est passée de 81 % en 1986 à environ 47 % en 2020 [2]. Le dernier rapport de l’IFOP confirme cette érosion : parmi les 34 % ayant quitté leur religion d’enfance, la grande majorité (28 %) étaient initialement catholiques, tandis que les autres proviennent de minorités protestantes, musulmanes ou juives.
Personne en prière
Cette désaffection ne signifie pas nécessairement un rejet total de la spiritualité. Pierre Bréchon, sociologue et auteur de La France des valeurs (2017), note que « la sécularisation ne rime pas avec athéisme systématique. Beaucoup de Français restent en quête de sens, mais hors des cadres traditionnels » [3]. En effet, l’étude de l’IFOP révèle que 12 % des déserteurs religieux se tournent vers une autre forme de croyance ou de pratique spirituelle, tandis que 22 % se déclarent agnostiques ou athées.
II. Les raisons d’un abandon
Qom en Iran Palais
Plusieurs facteurs expliquent cette rupture avec la religion d’enfance. Le premier est sociétal : la laïcité, pilier de la République française depuis la loi de 1905, a progressivement relégué la religion à la sphère privée. Selon une analyse de l’Observatoire de la laïcité (2023), cette séparation a favorisé une désinstitutionnalisation des pratiques religieuses, notamment chez les jeunes générations [4]. « Mes parents allaient à la messe tous les dimanches, mais pour moi, ça n’a jamais eu de sens », témoigne Claire, 32 ans, cadre dans une entreprise parisienne. Comme elle, beaucoup citent un décalage entre les dogmes hérités et leur réalité quotidienne.
Un second facteur est la défiance envers les institutions religieuses. Les scandales de pédophilie dans l’Église catholique, révélés en France par le rapport Sauvé en 2021 (estimant 330 000 victimes depuis 1950) [5], ont ébranlé la confiance des fidèles. « J’ai grandi dans une famille très pieuse, mais après ces révélations, je ne pouvais plus cautionner cette institution », confie Julien, 45 ans, qui a coupé les ponts avec le catholicisme en 2022.
Enfin, l’individualisation des croyances joue un rôle clé. Dans La Religion des Français (2020), le sociologue Jean-Paul Willaime observe une montée du « croire sans appartenir » [6]. Les Français, influencés par la mondialisation et l’accès à une diversité de philosophies via Internet, composent désormais leur propre spiritualité, souvent en dehors des cadres rigides des religions traditionnelles.
III. Vers où se tournent les déserteurs religieux ?
Si une majorité des 34 % se détourne totalement de la religion, une partie significative explore d’autres voies spirituelles. Parmi elles, les spiritualités orientales (bouddhisme, hindouisme) et le New Age gagnent du terrain, notamment chez les 25-40 ans. Cependant, un phénomène moins médiatisé mais notable est l’attraction exercée par la franc-maçonnerie, qui séduit certains de ces « orphelins spirituels » en quête de sens et de fraternité.
IV. La franc-maçonnerie : une alternative spirituelle ?
a) Une montée discrète mais réelle
La franc-maçonnerie, souvent perçue comme une société secrète ou un réseau d’influence, est avant tout une voie initiatique centrée sur la réflexion philosophique et la recherche de la « Lumière ». En France, elle compte environ 180 000 membres répartis dans diverses obédiences, dont le Grand Orient de France (GODF), la Grande Loge de France (GLDF) et la Grande Loge Nationale Française (GLNF) [7]. Selon une estimation interne du GODF, environ 15 % des nouveaux initiés depuis 2015 déclarent avoir quitté une religion traditionnelle avant de frapper à la porte des loges [8].
« Après avoir abandonné le protestantisme de mes parents, j’ai cherché un cadre qui valorise la liberté de pensée sans m’imposer de dogmes. La franc-maçonnerie m’a offert cela », explique Sophie, 38 ans, membre de la GLDF depuis 2023. Ce témoignage illustre une tendance : les anciens croyants, déçus par les institutions religieuses, trouvent dans la maçonnerie une structure qui conjugue rituel, symbolisme et autonomie spirituelle.
b) Pourquoi la franc-maçonnerie attire-t-elle ?
Plusieurs éléments expliquent cet attrait. D’abord, son caractère non dogmatique. Contrairement aux religions monothéistes, la franc-maçonnerie ne propose pas de vérité révélée, mais un cheminement personnel à travers des symboles (équerre, compas, temple de Salomon). « C’est une spiritualité sans dieu imposé, où chacun construit sa propre quête », précise Alain Bauer, ancien Grand Maître du GODF et auteur de Le Grand Orient de France (2018) [9].
Ensuite, elle répond à un besoin de communauté. Dans une société marquée par l’individualisme, les loges offrent un espace de fraternité et d’échange. « J’avais besoin de retrouver un sens d’appartenance, mais sans les contraintes d’une Église », raconte Marc, 50 ans, initié en 2021 après avoir rompu avec le catholicisme.
Enfin, la franc-maçonnerie séduit par son approche universaliste. Elle intègre des influences de traditions variées – hermétisme, alchimie, philosophie des Lumières – ce qui résonne avec ceux qui rejettent l’exclusivité des religions d’enfance. Une étude de l’Université de Paris-Sorbonne (2022) note que 8 % des Français ayant quitté leur religion envisageraient de rejoindre une loge maçonnique, un chiffre en hausse depuis dix ans [10].
c) Limites et défis
Cependant, ce transfert reste marginal et ne concerne pas tous les profils. La franc-maçonnerie exige un engagement (rituels, cotisations, discrétion) qui peut rebuter. De plus, son image élitiste ou ses liens historiques avec le pouvoir politique alimentent des réticences. « J’ai hésité à cause des clichés sur les réseaux d’influence, mais j’ai finalement trouvé une vraie richesse intérieure », nuance Sophie.
V. Une société en quête de sens
Le phénomène des 34 % illustre une mutation profonde du paysage spirituel français. Si la sécularisation progresse, elle s’accompagne d’une recomposition des croyances, où la franc-maçonnerie joue un rôle discret mais significatif. Selon Dominique Reynié, directeur de la Fondation pour l’innovation politique, « la France n’est pas devenue areligieuse, elle est devenue plurispirituelle » [11].
Cette évolution pose des questions sur l’avenir des religions traditionnelles et des institutions comme la franc-maçonnerie. Face à une jeunesse de plus en plus détachée des héritages confessionnels, les Églises devront peut-être s’adapter, tandis que les loges pourraient voir leur attractivité croître, à condition de surmonter les préjugés qui les entourent.
Sources
Reynié, Dominique, entretien dans Le Figaro, 15 janvier 2024.
Aleteia, « 34 % des Français ont quitté la religion de leur enfance », 27 mars 2025, fr.aleteia.org.
INSEE, « Enquête sur les pratiques religieuses en France », 2020.
Bréchon, Pierre, La France des valeurs, Presses Universitaires de Grenoble, 2017.
Observatoire de la laïcité, « Rapport annuel sur la laïcité en France », 2023.
Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE), « Rapport Sauvé », octobre 2021.
Willaime, Jean-Paul, La Religion des Français, Cerf, 2020.
Estimation du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, 2024.
Données internes du GODF, communication personnelle, 2023.
Bauer, Alain, Le Grand Orient de France, PUF, 2018.
Université de Paris-Sorbonne, « Les nouvelles spiritualités en France », 2022.
A l’occasion du 120e anniversaire de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, un texte fondamental de la laïcité française, le magazine l’Express annonce la visite du Président de la République Emmanuel Macron, le 5 mai au siège de la Grande Loge de France rue Louis Puteaux, à Paris (17e).
Cette loi, promulguée le 9 décembre 1905 sous la IIIe République, consacre la neutralité de l’État vis-à-vis des cultes, tout en garantissant la liberté de conscience et de pratique religieuse. Elle est souvent perçue comme un pilier de l’identité républicaine française. Son anniversaire est une occasion pour les dirigeants politiques de réaffirmer leur attachement à la laïcité, tout en abordant les défis contemporains liés à la place des religions dans la société.
Président Emmanuel Macron
Emmanuel Macron, en choisissant de célébrer cet anniversaire à la Grande Loge de France, envoie un message à plusieurs niveaux. La GLDF, fondée en 1894 mais héritière d’une tradition maçonnique remontant au XVIIIe siècle, est une obédience laïque et spiritualiste, qui se distingue par son attachement à une quête de sens universel sans imposer de dogme religieux. A la différence du Grand Orient de France (GODF), qui est plus orienté vers les questions sociétales et politiquement perçu comme engagé à gauche, la GLDF met l’accent sur une spiritualité sans dogme, ce qui fait écho à la recherche présidentielle d’une laïcité « apaisée ».
Emmanuel Macron a notamment montré un intérêt pour la laïcité comme outil de cohésion nationale. Lors de son discours devant la Conférence des Évêques de France en avril 2018, il avait appelé à « réparer » le lien entre l’Église et l’État, une déclaration qui avait suscité des critiques de la gauche, qui y voyait une entorse à la loi de 1905. En 2023, à l’occasion des 250 ans du GODF, il avait également prononcé un discours devant cette obédience, soulignant l’importance de la franc-maçonnerie dans la défense des valeurs républicaines. Sa venue à la GLDF en 2025 s’inscrit donc dans une continuité : celle d’un président qui cherche à dialoguer avec les différents courants de pensée qui traversent la société française, tout en réaffirmant son rôle de garant de la laïcité.
La Grande Loge de France : un lieu chargé d’histoire et de symboles
La GLDF est l’une des plus anciennes obédiences maçonniques françaises. Elle se distingue par son attachement au Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), un rite riche en symbolisme qui met l’accent sur la quête intérieure et sur la fraternité universelle. La GLDF revendique environ 33 000 membres en 2024, selon des estimations internes. Ancien couvent, son siège, situé rue Puteaux à Paris, est un lieu emblématique de la maçonnerie française.
L’article de L’Express souligne que la GLDF présente un « caractère particulier » pour Macron en raison de son lien avec deux figures héroïques : le colonel Arnaud Beltrame et Hubert Germain.
Arnaud Beltrame
Arnaud Beltrame, membre de la loge Jérôme Bonaparte à Rueil-Nanterre, est devenu un symbole national après son sacrifice lors de l’attaque terroriste de Trèbes en 2018. En se substituant à une otage, il a donné sa vie pour en sauver une autre, un acte salué comme un exemple d’héroïsme et de dévouement. La GLDF lui a rendu hommage à plusieurs reprises, notamment en 2018 en lui dédicaçant un de ses temple. Lors de l’hommage national aux Invalides le 28 mars 2018, Macron avait qualifié Beltrame de « héros » dont la grandeur « sidère la France », mettant en avant son engagement de gendarme et sa force morale.
Hubert Germainet le Président Macron
Hubert Germain, quant à lui, était le dernier compagnon de la Libération, décédé en 2021 à l’âge de 101 ans. Résistant de la première heure, il avait rejoint les Forces françaises libres dès 1940 et s’était illustré par son courage. Initié à la GLDF, il incarnait une France « ouverte sur l’universel », selon un proche du Président cité par Le Monde en 2021. Lors de l’hommage national aux Invalides le 15 octobre 2021, Macron avait loué « une anthologie d’engagements et de courage », voyant en Germain un modèle pour la jeunesse. La présence de ces deux figures dans l’histoire de la GLDF donne à la visite de Macron une dimension mémorielle et patriotique, en plus de sa portée laïque.
Les enjeux politiques de la visite
La visite de Macron à la GLDF n’est pas un simple geste protocolaire. À deux ans de la fin de son second mandat (qui s’achève en 2027), le président cherche à consolider son héritage et à adresser des messages à plusieurs publics.
1. Réaffirmer la laïcité face aux tensions contemporaines
Le Grand Maître de la Grande Loge de France, Thierry Zaveroni, lors de son discours de présentation de la revue au Parlement des Canaries. (Crédit photo : Efe)
La laïcité reste un sujet sensible en France, notamment face à la montée des tensions communautaires et des discours extrémistes. En 2021, Macron avait déjà utilisé les figures de Beltrame et Germain pour contrer l’extrême droite, en particulier Éric Zemmour, qualifié de « contre-révolutionnaire » par un proche du président. En 2025, alors que le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen est crédité de 35 % d’intentions de vote selon un sondage IFOP de mars 2025, Macron pourrait chercher à réaffirmer une vision de la laïcité qui unit plutôt qu’elle n’oppose. La GLDF, par son caractère spiritualiste mais non dogmatique, offre un terrain idéal pour ce message.
2. Dialoguer avec la franc-maçonnerie, un acteur influent
Jacques Attali
La franc-maçonnerie, bien que discrète, reste une force d’influence en France. Avec environ 180 000 membres répartis entre différentes obédiences (GODF, GLDF, GLNF, DH, GLFF, etc.), elle regroupe des élites intellectuelles, politiques et économiques. Macron a déjà montré un intérêt pour ce milieu. En 2017, des rumeurs relayées par Boulevard Voltaire et des sources italiennes comme Gioele Magaldi ont affirmé que Macron lui-même serait maçon, affilié à des « super-loges » comme la « Fraternité verte » ou « Atlantis Aletheia », sous l’égide de figures comme Jacques Attali. Ces allégations fantaisistes, témoignent de l’aura maçonnique qui entoure le président.
Sa venue à la GLDF peut être vue comme une tentative de renforcer ses liens avec ce réseau, tout en s’adressant à une obédience plus traditionnelle que le GODF, attirant vers son électorat des membres de la GLDF, et, plus globalement, des maçons modérés.
3. S’appuyer sur des figures héroïques pour un message patriotique
Simone Veil (Crédit : Marie-Lan Nguyen)
En évoquant Beltrame et Germain, Macron s’inscrit dans une stratégie mémorielle qu’il affectionne. Depuis le début de son mandat, il a multiplié les hommages à des figures héroïques – Joséphine Baker au Panthéon en 2021, Simone Veil en 2018, ou encore les commandos Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello en 2019. Ces hommages, souvent empreints de lyrisme, visent à exalter des valeurs d’engagement, de fraternité et de sacrifice, tout en fédérant les Français autour d’un récit national positif. La GLDF, en tant qu’obédience de ces deux héros, devient un lieu symbolique pour porter ce discours.
Une visite dans un contexte maçonnique plus large
La visite de Macron à la GLDF s’inscrit aussi dans une histoire plus longue de relations entre la franc-maçonnerie et le pouvoir en France. La maçonnerie a joué un rôle clé dans la construction de la République, notamment sous la IIIe République, où elle a soutenu des réformes comme la loi de 1905. De larges pans de la Franc-maçonnerie française revendiquent la devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité ».
La religion répond au besoin essentiel de l’homme d’expliquer et de donner un sens à son existence. Sa naissance et son éducation sont bien souvent déterminants dans ses choix religieux. Toutefois, l’homme adulte et responsable est divisé devant les multiples croyances qui lui sont proposées. Je vais donc les décrire afin de voir plus clair dans ce dédale qui nous semble obscur au prime abord. L’initiation maçonnique que nous avons choisie remplit la même fonction sans imposer l’adhésion à des dogmes ou à des mythes qui heurtent la raison.
Mon intention n’est pas de faire œuvre d’érudition, mais d’analyser les diverses visions religieuses confrontées au rite Ecossais Ancien et Accepté. Je citerais à priori trois grands courants, le Théisme, le Déisme et l’Athéisme et naturellement l’agnosticisme.
Tout d’abord, qu’est-ce qu’une religion ?
« La religion est le fait de se soucier d’une nature supérieure qu’on appelle divine et de lui rendre un culte » disait Cicéron. Le Littré quant à lui nous dit « que c’est l’ensemble de doctrines et de pratiques qui constitue le rapport de l’homme avec la puissance divine»
Les doctrines en question consistent essentiellement en diverses croyances propres à chacune des religions qui peuvent se résumer ainsi :
L’existence de Dieu
La providence divine
La réalité de la révélation
La nécessité des dogmes
La réalité du bien et du mal moral
L’immortalité de l’âme
Les punitions et les récompenses dans un monde à venir, auxquelles on ajoutera pour la religion chrétienne, la divinité du christ et ses miracles.
En prenant la croyance en Dieu comme point de référence pour mon travail, je peux dores et déjà dégager l’approche philosophique du divin en plusieurs classes nuançant et s’éloignant de plus en plus des critères de cette croyance jusqu’à la négation de l’existence de Dieu. On trouve ainsi dans l’ordre de l’affirmation jusqu’à la négation, en première position le théisme, puis le déisme, puis l’agnosticisme et enfin l’athéisme.
« L’athéisme est une négation de Dieu et par cette négation, il pose l’existence de l’homme »
Karl Marx
Commençons par la négation de Dieu.
Les athées proposent comme réponse de dire que l’univers est éternel, sans début et sans fin, voilà tout. Si Dieu n’existe pas, comment expliquer l’ordre du monde ?
L’athée doit l’attribuer à un hasard aveugle, à des forces cosmiques qui ne viennent de nulle part. Le monde est sans explication et forcément il n’y a pas de loi morale, celle dont nous disons être soumis en Maçonnerie. L’Être suprême ou Dieu, ne peut pas être l’auteur cette loi morale. Sur quoi allons-nous donc fonder l’action humaine ? La réponse est évidente : Si Dieu n’existe pas, chacun peut vivre comme bon lui semble.
Si Dieu n’existe pas, l’humanité vit depuis son origine sur un malentendu au sujet du sens et de la destinée de l’homme. La vie est une farce. Il faut naître pour rien, vivre pour rien et mourir pour rien.
L’espérance de l’homme est uniquement dans le bonheur terrestre. L’athée est en continuelle contradiction avec lui-même chaque fois qu’il se soumet aux diktats d’une loi morale et notamment celle du REAA s’il y adhère par mégarde. Vous noterez mes TCF que l’athéisme est en complète contradiction avec notre démarche. D’ailleurs, devant la condition humaine et ce qui le dépasse, le REAA proclame en 1875 au Convent de Lausanne « La Franc-maçonnerie proclame, comme elle a toujours proclamé, l’existence d’un Principe Créateur, sous le nom de Grand Architecte de l’Univers. » nom qui est assurément en tant que symbole celui qui permet le plus large consensus car chacun est libre de mettre ce qu’il veut derrière ce symbole.
Cette formulation conservait la formule traditionnelle « Grand Architecte de l’Univers » sans plus la rattacher obligatoirement à une foi en un Dieu personnel et transcendant. Elle ouvrait ainsi très clairement les portes de la franc-maçonnerie aux déistes, ce qui correspondait aux évolutions survenues dans les franc-maçonneries.
Cela nous ouvre la réflexion sur les deux courants que sont le théisme et le déisme.
C’est à la fin du XVIIIème siècle qu’apparait le mot théiste sous la plume de l’anglais Cudworth pour désigner l’affirmation de l’existence de Dieu, conforté par des preuves philosophiques. Ce fut pour lui une façon de lutter contre l’athéisme. Le théisme consiste à placer Dieu au centre. On considérera donc la définition très globale, comme définition de vie pratique plutôt que sujet de considération théologique, on ne rentrera donc pas dans le détail des preuves ontologiques, des nuances entre déisme et théisme.
Jusqu’à la Renaissance, c’était la vision commune aux Hommes ; certes, d’aucuns objecteront que c’était davantage une vision plutôt imposée que « réfléchie » et que l’Homme agissait d’abord par crainte de Dieu et non par idéalisme, ce qui est vrai mais « la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse » et à notre époque où les Hommes n’ont jamais été aussi libres de penser, d’agir et de parler, l’amélioration reste à prouver. Dieu au centre signifie donc que tout était fait dans l’intention de plaire et obéir à Dieu. Cette vision de Dieu au centre à côté duquel l’Homme n’est rien est une conception absolutiste de la croyance.
Denis Diderot, rédacteur en chef de l’Encyclopédie
C’est Diderot qui en donnera la définition la plus étendue. Pour lui, le théiste est celui qui est déjà convaincu de l’existence de Dieu, de la réalité du bien et du mal moral, de l’immortalité de l’âme et des peines et des récompenses à venir mais qui attend, pour admettre la révélation, qu’on la lui démontre.
Pour le théiste, ce Dieu n’appartient à aucune religion en particulier, il est créateur, unique personnel et transcendant. Il est libre de l’invoquer et de le servir selon les rites et traditions de chaque culture.
C’est en cela qu’il diffère du déisme.
Abordons maintenant le thème du déisme. Dans le langage théologique, le « Déiste » désigne de façon péjorative ceux qui se disent croyants mais qui ignorent les prescriptions religieuses et ne pratiquent pas le culte.
Voltaire
Voltaire se disait déiste et proclamait : Le dieu déiste est universel, il n’y a pas d’intermédiaire entre les êtres et Dieu, ce Dieu est bien supérieur à la « petitesse humaine » et ne s’occupe donc pas de ses affaires, ses cultes, ses rites et autres superstitions.
Cette conception d’un Dieu distant et indifférent se résume dans cette célèbre phrase « L’univers m’embarrasse, et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger. »
En résumé, le déisme peut être défini comme la croyance en un Dieu unique, suprême, immanent, ordonnateur ou créateur de l’univers, mais qui, contrairement au théiste, n’interagit pas avec le monde et n’intervient pas dans la destinée des hommes. C’est une philosophie sans dogme, ni religion, qui rejette toute révélation divine et ne condescend à aucun culte ni aucun rite.
Pour le déiste, la religion se réduit souvent à une éthique.
Un Maçon est obligé, par son engagement, d’obéir à la loi Morale et, s’il comprend bien l’art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux. (Article 1 des constitutions.) Le déisme nous convient donc parfaitement à priori.
L’agnosticisme prétend que Dieu est inconnaissable. Il ne sert à rien de se mettre en quête ou en recherche de Dieu, il est et il sera toujours inaccessible à nos pauvres intelligences humaines. Certains, un peu moins radicaux, disent qu’on peut avoir une certaine connaissance de Dieu, mais qu’on est incapable d’avoir la certitude de son existence.
Les conclusions de l’agnosticisme et de l’athéisme sont cependant les mêmes: il ne sert à rien de rendre un culte à un Dieu, car on est incapable d’en prouver l’existence ; il ne sert à rien de se soumettre à une loi morale qui aurait comme auteur l’Être suprême, car on n’est pas certain que cet être-là existe. Bref, l’agnosticisme arrive aux mêmes conclusions que l’athéisme : l’être humain n’a aucune obligation à l’égard d’un Être suprême qui est non existant ou inconnaissable. Maintenant que nous avons fait le tour des diverses positions philosophiques et croyances, il convient de se poser la question, à quoi ça sert tout ça ? Que cherchons-nous dans nos loges ?
Alors, si le Maçon comprend bien l’art, c’est-à-dire la pratique intelligente des vertus éthiques auxquelles tout homme d’honneur, libre, sensible, et charitable, d’où qu’il vienne, ne peut que souscrire, il ne peut se contenter de rester indéfiniment dans l’ignorance de leur véritable source principielle sans faillir à son devoir d’homme.
Car il ne suffit pas d’être un homme bon, il faut aussi vouloir devenir un homme vrai, c’est-à-dire un homme conscient de l’Esprit qui l’anime. C’est cette recherche de la vérité de l’Être qui constitue l’horizon de toute voie initiatique traditionnelle.
La recherche de la vérité n’est pas une orientation intellectuelle que l’homme s’impose après réflexion. La recherche de la vérité est avant tout un besoin, le besoin de connaitre, le besoin de savoir ce qui est vrai. C’est un besoin puissant profondément enraciné dans la nature humaine, une des composantes essentielles de la vie.
La connaissance apaise la faim et la soif inextinguible de la conscience comme les nourritures biologiques apaisent la faim et la soif du corps.
C’est ce que propose la pratique régulière du rite écossais.
En retour, et c’est le résultat le plus important, la pensée s’organise et se structure. Toutes les facultés de la conscience pratique s’accroissent en mémorisant, de façon automatique, les expériences acquises sous forme de connaissance du monde extérieur. Tout cela, bien entendu, dans une quasi obscurité consciente de ce processus lui-même. C’est tout l’intérêt d’une fréquentation assidue de son atelier.
Mais s’il lui arrive de s’intérioriser, c’est-à-dire à se retirer dans le monde de la pensée, il va découvrir progressivement tout un monde nouveau dans lequel sa faim et sa soif de connaître vont pouvoir trouver une nourriture adaptée à chaque palier de sa progression intérieure.
C’est le principe ultime de l’Être, le pôle caché vers lequel tendent, en fin de compte, les chemins sinueux de nos multiples tentatives de connaître la Vérité sur quelque niveau que ce soit. Ce principe n’est pas inerte ou passif. Il n’attend pas qu’on veuille bien le découvrir, il aspire lui-même à être connu. C’est cette aspiration même qui nous habite en manifestant sa présence sous la forme vitale du désir de connaître. Une fois comprise, elle va nous aider à remonter le chemin vers sa source, celle qui est à l’origine de la Vie et de son mystère.
Mais la descente en soi-même n’est-elle pas surtout la seule façon de se rencontrer soi-même, dans sa nue réalité, pour se présenter, avec son vrai visage, à la mystérieuse lumière du royaume de l’Esprit.
Le royaume de l’esprit est un domaine bien particulier, un domaine à part, si nous pouvons encore parler de domaine pour une réalité qui remplit tout espace. Au plus profond de nous-mêmes, à la frontière subliminale qui sépare le conscient de l’inconscient, nous nous trouvons face à l’inconnu. Non conceptualisable, inexprimable en mots, laissant la pensée vide d’images, il est, c’est tout ce qu’on peut en dire. Une barrière infranchissable s’oppose à toute pénétration par nos moyens d’investigation psychiques habituels. Ici, rien ne se manifeste hors un sentiment de présence et de puissance informulables. Comment connaître ce qui laisse la pensée en suspens et tout concept vain ?
Notre voie maçonnique est discrète sur ce point comme elle est discrète sur de nombreux autres points concernant les moyens à utiliser pour pénétrer dans l’obscurité de la caverne du cœur. Ce n’est qu’avec le temps et le travail personnel que chacun doit trouver son chemin.
L’idée est simple à comprendre mais d’une difficulté extrême à réaliser sans un entrainement constant. Alors, peut-être pourrons-nous entendre comme une voix venue du fond de nous-mêmes, une voix porteuse d’une parole comblant notre attente informulée, cette parole de vie que nous cherchons inlassablement ; “la parole perdue”.
La connaissance obtenue dans ces conditions n’a plus rien à voir avec ce que nous appelons connaissance, au sens profane. Il ne s’agit plus ici d’une accumulation, dans le mental, d’un savoir obtenu par communication, par transmission. Il ne s’agit pas non plus d’une imprégnation plus complète de notre être corporel par une expérience directe de la vie existentielle. Cette connaissance là ne touche que les fonctions psychiques enracinées dans notre être biologique, ainsi que nous l’avons déjà dit. Elle est incertaine, modifiable et sujette à disparition.
La connaissance dont nous parlons est dun autre ordre. Elle ne provient plus du contact du moi avec l’extérieur. ll ne s’agit donc plus d’une connaissance objective. Elle surgit de l’intérieur, directement de notre foyer spirituel, pour investir la conscience réceptive que nous sommes. C’est l’éveil de notre conscience à une autre conscience, une transformation instantanée, totale et irréversible. Connaitre devient ici synonyme d’état d’être, d’état de conscience, mais aussi de communion ou de participation à un certain niveau d’éveil. Connaitre, c’est être, connaissance et conscience sont identiques. Les expressions “perdre conscience” ou “ne plus avoir sa connaissance” ne sont-elles pas équivalentes dans le langage courant?
Il ne s’agit pas en effet de se contenter d’une simple compréhension intellectuelle du processus de transformation de notre être véritable. Il faut le réaliser pour soi et en soi. C’est le devoir de l’homme.
La connaissance que nous cherchons ne sortira jamais du domaine psychique dans lequel nous nous complaisons. Elle ne peut s’exprimer en termes de concepts ni se montrer dans le traitement de ceux-ci aussi savants soient-ils. La Vérité n’est pas une idée, c’est une réalité vivante à découvrir. Elle se trouve dans la racine de notre être, au cœur le plus profond de notre intériorité, dans le Saint des Saints de notre Temple intérieur, même si la barrière qui nous en sépare nous empêche encore d’entendre sa voix.
Hiram sortant du cercueil
Nous avons tous perdu un être cher, et tout naturellement la question s’est posée sur cette finitude de l’Être définitive ou provisoire. Sachez mes sœurs et mes frères que je n’ai pas de réponse toute prête ni de définition dogmatique à vous soumettre, mais plutôt mon intime conviction à partager.
Si nous n’avons aucun signe de l’Être disparu, cela ne veut pas signifier pour autant que le néant s’oppose à la vie. Nous avons vu plus haut que notre recherche fait appel à d’autres niveaux de compréhension et qu’aujourd’hui nous ne sommes pas en capacité d’appréhender seulement avec nos 5 sens.
Lorsqu’un de nos Frères nous a définitivement privés de sa présence, nous disons qu’il est passé à I’Orient éternel. L’Orient est pour nous un terme familier qui désigne le lieu où siège la plus haute Lumière, celle du Delta symbole de la Suprême Pensée qui anime le monde comme elle guide et éclaire notre quête spirituelle. C’est pourquoi c’est aussi celui où siège le Vénérable Maître de la Loge. Mais il est clair que l’Orient parce qu’il suggère une éternité de Lumière, se situe au delà du Temple et du monde matériel, qu’il a un rapport avec la présence du Grand Architecte de l’Univers, et qu’il est ce lieu sacré et inconnu où se retrouvent tous ceux qui ont quitté ce monde et tous nos Frères disparus. Nous Maçons, nous voyons l’Orient éternel comme un espace où la vie se perpétue, puisque nos Frères dans notre esprit demeurent vivants, immortels, que nous les associons à notre Chaîne d’Union rituelle où nous les pensons là, nous tenant par la main et poursuivant cependant ailleurs et dans une autre Lumière l’œuvre de perfection à laquelle ils se sont voués. Victor Hugo, qui fut aussi un grand poète initié, n’a t-il pas écrit: Les morts sont des vivants mêlés à nos combats ? Lui aussi ne pouvait les concevoir séparés de la vie et surtout de notre vie, de nos espérances et de nos travaux.
Nos ancêtres ont toujours cru à la survivance de l’esprit des morts et les premiers gestes funéraires des humains primitifs témoignent pour les spécialistes de la préhistoire de la préoccupation d’un passage des disparus dans un autre monde. Et que signifieraient le mot d’espoir qui suit les multiples « gémissons » de la batterie de deuil, et le fait qu’elle soit toujours suivie d’une batterie d’espérance, de confiance et de sérénité, si ce rite ne nous invitait pas à croire que la vie se prolonge ailleurs dans un monde de lumière où l’initié connaîtra l’initiation véritable.
Est-ce que nous dirions: « Les corps de nos Frères disparus ont rejoint les ténèbres, mais leur esprit brille encore » si nous ne partagions cette espérance d’une survie future que toutes les symboliques initiatiques et religieuses nous ont toujours enseignée ?
Dévoiler les Illuminati : la véritable société derrière les mythes et les théories du complot
Il existait bel et bien une société secrète appelée les Illuminati, dont le but était de créer un Nouvel Ordre Mondial. Dans cet épisode d’After Dark : Mythes, Méfaits et Paranormal , l’équipe lève le voile sur les véritables secrets des Illuminati et le mythe monstrueux qu’ils sont devenus.
Maddy Pelling et Anthony Delaney sont rejoints par Michael Taylor dont le nouveau livre s’intitule Impossible Monsters: Dinosaurs, Darwin, and the War between Science and Religion et qui travaille sur une histoire complète des Illuminati.
Alors, d’où vient cette société secrète ?
1. Les Illuminati ont été fondés en 1776 par un érudit mécontent.
Il s’agissait d’Adam Weishaupt, alors âgé de 28 ans, professeur à l’université d’Ingolstadt, en Bavière. Cette époque marquait l’apogée des Lumières en Europe, qui donnèrent naissance à une nouvelle forme de pensée rationnelle et laïque. « [Weishaupt] était de plus en plus frustré par le contrôle exercé par les anciens prêtres jésuites, non seulement sur l’université, mais aussi sur sa carrière », explique Michael Taylor. « Pour exprimer le type de Lumières qu’il souhaitait voir se répandre en Allemagne et dans le monde, il décida de créer une société secrète au sein de laquelle lui, ses amis et ses étudiants échangeraient des idées sur la manière de changer le monde, conformément à ses valeurs éclairées. »
Symbole de la société secrète des Illuminati de Bavière (1776-1785) dont les membres étaient issus de la franc-maçonnerie, accusés de conspiration, détail d’un billet d’un dollar, document colorisé (Photo par Apic/Getty Images)
2. Cela a commencé comme un petit projet.
En réalité, il n’y avait que cinq personnes lors de la première réunion de l’organisation. « Et vous pourriez bien vous dire : « N’est-ce pas, en fait, un club de lecture ? » demande Michael. « Mais Weishaupt est très clair. Il a en lui une sorte de complexe messianique, et il veut vraiment révolutionner le fonctionnement du monde. »
3. Ils ont vraiment recruté des noms célèbres.
Cartes de crédit avec la pyramide du dollar US
Les Illuminati atteignirent leur apogée au début des années 1780. À cette époque, la franc-maçonnerie traversait une crise en Allemagne, et de nombreux intellectuels influents et instruits commencèrent à chercher d’autres lieux pour fonder une société intellectuelle. « Il est tout à fait exact que Wolfgang Goethe, à Weimar, était membre des Illuminati », affirme Michael. « Il existe des preuves solides, mais peut-être indirectes, que Friedrich Schiller et Mozart en étaient également membres. » Cela ne signifie pas qu’ils complotaient pour renverser tous les gouvernements du monde et détruire la religion, ajoute-t-il. « Cela signifie, en revanche, qu’ils voyaient chez les Illuminati les idées éclairées et rationnelles qui les séduisaient tant, eux et leurs semblables. »
4. Ils utilisaient les loges franc-maçonnes comme lieux de réunion.
Ils permettaient de rencontrer un vivier de candidats apparemment favorables à leurs idées. « C’était aussi un moyen d’infiltrer différentes sociétés ou différents gouvernements », explique Michael. « Par exemple, si vous rejoignez une loge franc-maçonne en Bavière, celle-ci sera liée à une loge rhénane, et elle-même à une loge prussienne. C’est ainsi que les idées des Illuminati ont commencé à se répandre dans toute l’Allemagne. »
5. Il n’y avait aucune femme parmi les membres.
Sur la photo, le chapitre n° 26 de Sœurs et Frères de Vertu.
« Mais perversement, chaque fois que la théorie du complot prend son envol, l’une des accusations portées contre les Illuminati est qu’ils créaient les « Illuminata » et que c’était la séduction du sexe soi-disant faible qui leur permettait d’infiltrer les gouvernements mondiaux par la corruption des épouses, des mères et des sœurs des hommes puissants », explique Michael.
6. En 1780, les Illuminati comptaient au moins 1 500 membres.
Symbole des illuminati – Crédit image : Illuminavissem – CC BY-SA 3.0
Cependant, c’est à ce moment-là que la situation a commencé à se dégrader pour la société. À Munich – probablement le centre le plus important des activités des Illuminati –, ils ont commencé à devenir « trop confiants », explique Michael. « Ils parlent un peu trop ouvertement de leurs activités et de leurs projets. Le duché de Bavière et le gouvernement de l’État bavarois sont extrêmement conservateurs et profondément catholiques, et ils commencent à s’inquiéter de cette société secrète. Le duc de Bavière promulgua alors une série d’édits en 1785 et 1786, et la maison d’un des Illuminati les plus influents fut perquisitionnée. Ils trouvèrent des documents qu’ils conservaient en permanence, et tout fut dévoilé. » Des membres commencèrent à quitter la société, et en 1786, la première mouture des Illuminati était quasiment achevée.
7. On croyait que les Illuminati étaient derrière la Révolution française.
Il s’agissait peut-être de la première théorie du complot au monde, fomentée par l’abbé Augustin Barruel, prêtre français résolument conservateur et homme de lettres respecté. En 1797, Barruel écrivit un mémoire en quatre parties sur l’histoire du jacobinisme, dans lequel il attribuait la chute de l’Ancien Régime français et le carnage des huit dernières années aux Illuminati. À la même époque, explique Michael, John Robison – figure clé des Lumières écossaises – écrivait quelque chose de très similaire, quoique pour des raisons différentes. « Robison tente de défendre la franc-maçonnerie contre l’insulte d’être associée à la Révolution française parce qu’il est lui-même franc-maçon. Barruel s’en prend simplement à tout ce que la révolution représente. Ainsi, en Grande-Bretagne, en 1797 et 1798, ces deux livres affirment la même chose : les Illuminati étaient à l’origine de la conspiration de la Révolution française. »
8. La théorie du complot s’est développée pendant la révolution russe au début du XXe siècle.
Si la théorie du complot a en partie survécu grâce à ses liens avec la mythologie des pères fondateurs américains, ce sont les événements en Russie qui ont fait des Illuminati la théorie du « monstre » qu’elle est devenue, explique Michael. « Comme la Révolution française, il s’agit d’un événement tout aussi traumatisant et dramatique. La monarchie et l’Empire russes sont remplacés par leur opposé, un gouvernement bolchevique athée. Des deux côtés de l’Atlantique, dans le monde anglophone, des gens tentent alors d’expliquer cette révolution par des forces qu’ils ne peuvent apparemment ni voir ni comprendre. Et c’est là que le moment est vraiment troublant, car lorsque des personnes comme Nesta Webster, chroniqueuse pour des journaux britanniques à Londres à la fin des années 1910 et dans les années 1920, tentent d’expliquer cette nouvelle révolution, elles mêlent la théorie du complot des Illuminati aux Protocoles des Sages de Sion. C’est ainsi que naît la théorie du complot antisémite des Illuminati. »
De notre confrère elnacional.com – Par Mario Múnera Muñoz PGM
Nous sommes sortis du silence, mais nous savons qu’un jour nous y retournerons. Le silence n’est pas une absence, mais une présence profonde, un espace sacré où se dévoilent les mystères de la vie. C’est dans la solitude silencieuse de notre cœur que nous accédons aux grandes vérités de l’existence et de l’amour. Pour entendre cette voix subtile, celle du Guide intérieur – l’Homme et la Femme véritables en nous –, il faut apaiser le tumulte de notre nature inférieure.
Les passions égoïstes, les désirs ardents, la haine destructrice ou la malveillance doivent s’effacer pour laisser place à une vision claire, empreinte d’équité et de fermeté. Comme l’écrit Arthur Powell dans La Magie de la Franc-Maçonnerie, c’est dans ce calme intérieur que l’âme s’élève et que la vérité se révèle.
La tradition initiatique, au cœur de la Franc-Maçonnerie, ne repose ni sur des dogmes ni sur du fanatisme. Elle puise sa source dans une Lumière Supérieure, transmise par des êtres dont la conscience transcende le commun. Ses racines plongent au-delà du physique et de la raison, dans un espace où les symboles deviennent les porteurs de cette connaissance intemporelle. En Franc-Maçonnerie, ces symboles se dévoilent progressivement à l’initié, à mesure que son esprit s’ouvre et que sa conscience s’élargit. Le Chemin Initiatique n’est pas une quête vers un ailleurs lointain, mais un voyage vers les profondeurs de notre être. Accompagnés de nos Frères et Sœurs, nous empruntons d’anciennes voies de Lumière, guidés par une tradition qui transcende le temps.
Hermes Trismegiste
Être un apprenti hermétique, c’est s’immerger dans une philosophie millénaire, celle d’Hermès Trismégiste, où s’entrelacent alchimie, astrologie et théologie. Cette voie explore le lien sacré entre le microcosme – l’individu – et le macrocosme – l’univers. Elle invite à une réflexion profonde sur ce que signifie marcher sur ce chemin.
Voici quelques clés pour en saisir l’essence :
La recherche de la connaissance : L’apprenti hermétique est un éternel chercheur de sagesse. Cette quête ne se limite pas à l’intellect ; elle s’ancre dans la méditation et la connaissance de soi. Car en se découvrant soi-même, on commence à comprendre l’Univers.
L’interconnexion : Nos pensées, nos actions, nos émotions ne sont pas isolées. Elles résonnent dans le monde qui nous entoure, reflétant l’unité entre l’individu et le cosmos. Si le microcosme que nous sommes manque d’équilibre, le Tout s’en trouve altéré.
La transformation personnelle : Le chemin hermétique est une alchimie intérieure. À travers les symboles et leurs enseignements, l’initié s’élève vers un état de conscience supérieur. Ce processus, parfois exigeant, demande détachement et lâcher-prise, conditions essentielles à toute progression initiatique.
Les symboles : Langage universel de la connaissance hermétique, les symboles maçonniques – révélés au fil des 33 degrés – portent des vérités qui dépassent la raison et le tangible. Chaque étape dévoile une couche plus profonde, éveillant l’initié à ce qui se trouve au-delà du visible.
Les pratiques rituelles : Au-delà des symboles, le chemin s’incarne dans les Tenues, ces réunions symboliques qui, loin de toute religiosité, favorisent une connexion avec l’Être Suprême et le moi intérieur. Ces rituels sont des ponts vers une harmonie spirituelle.
En somme, le chemin hermétique est une odyssée de découverte de soi, une quête de connaissance pure qui apaise l’esprit et aligne l’être avec le cosmos.
Il nous pousse à interroger notre mission sur ce plan d’existence, à comprendre les lois qui nous gouvernent et à chercher une sagesse qui transcende la matière. Pour entreprendre ce voyage, quelques premiers pas s’imposent : cultiver la curiosité en explorant des textes comme le Corpus Hermeticum ou le Kybalion ; s’engager dans la connaissance de soi par la méditation ; étudier les sept principes hermétiques ; pratiquer des rituels ou des moments de connexion spirituelle ; observer la nature comme miroir de notre propre vie ; chercher une communauté pour partager cette quête ; et enfin, faire preuve de patience et de persévérance face aux défis de ce chemin.
Le voyage initiatique est une exploration intime, un retour à l’essentiel. Mais gare à l’oubli : si l’Initiatique se coupe du sacré, de l’intériorité, il devient lettre morte, voué à s’évanouir avec le temps. Comme le dit Alfonso Gil Colmenares, « la vérité cesserait d’être vraie si elle changeait avec le temps ». Ainsi, le Chemin Hermétique nous appelle à rester fidèles à sa source, à cette Lumière qui éclaire à la fois l’âme et l’Univers.
Les plans du Temple de Salomon, nous dit la Bible, ont été donnés à David par son dieu Yahvé : « Tout cela c’est dans un écrit de la main de Yahvé qui m’a fait connaître tous les détails du plan » (I Chroniques XXVIII, 19), mais David pour autant n’aura pas l’honneur de le faire construire. Cet honneur sera réservé à son fils Salomon. David va donc faire ce qui est en son pouvoir pour préparer le travail avant sa mort : rassembler des carriers pour tailler des pierres, préparer des métaux, notamment du fer et du cuivre, faire venir des bois de cèdre en grande quantité, et enfin transmettre à Salomon (I Chroniques XXVIII, 11, 12) le plan :
« Le plan du vestibule (Ulam), de ses maisons, de ses magasins, de ses chambres hautes, de ses salles intérieures, et de la pièce du Kaporet (le couvercle de l’Arche ou Propitiatoire) soit le Débir ; et le plan de tout ce qu’il avait dans l’esprit concernant les cours de la Maison de Yahvé, toutes les salles alentour, les trésors de la maison d’Elohim) et les trésors des choses consacrées.».
Le plan du Temple
Le temple, de forme rectangulaire, est orienté Est – Ouest, l’entrée étant face à l’Est, face au Soleil levant.
Ses dimensions font référence aux dieux du Ciel en Mésopotamie :
Sa longueur de soixante coudées fait référence au dieu du Ciel, Anu, représenté par le nombre soixante ; sa largeur de vingt coudées à Shamash, dieu du Soleil, tandis que sa hauteur de trente coudées évoque le dieu Lune, Sin, dont le nombre était trente. Son volume était donc de 60 x 20 x 30 soit 36000 coudées cube, nombre mettant en évidence le cercle de 360 degrés, symbole de l’univers, rappelant que ce temple, comme tous les temples, n’était que le reflet du celui de l’Univers, trône du Principe suprême.
Il comprenait trois parties
À l’avant : le Ulam (« qui est en avant »), ou « Vestibule », une entrée de dix coudées de profondeur à double porte, donnant accès au Héikhal. Au milieu : le Héikhal (« Palais » ou « Maison grande») qui se nommait également Qodesh « Saint ». C’était la salle du culte. Elle mesurait quarante coudées de long sur les vingt de largeur. À l’arrière : soit derrière le Héikhal était le Débir (« Derrière » ou « À l’arrière » ou encore « Lieu de la parole » de Davar « parole ») ou encore le Qodesh ha Qodeshim « Saint des saints ». Ce lieu très sacré était cubique.
De la sorte, le cube étant composé de six faces, de douze arêtes et de huit sommets soit (6+12+8), soit vingt-six éléments, le Débir faisait référence au nombre de Yahvé, le Tétragramme IHVH soit Yod 10 + Hé 5 + Vav 6 + Hé 5 = 26. Ce cube de vingt coudées de côté, disposait de sa propre toiture (dix coudées au-dessous du plafond du Héikhal).
Dans le Héikhal : les objets de culte en rapport avec le cosmos
Dans cette pièce où officiaient les prêtres, se trouvaient : À droite en entrant, soit du côté nord (côté lunaire), une table portant les douze pains des faces, pains sans levain, les uns sur les autres, six d’un côté, six de l’autre, en rapport avec les douze Pleines Lunes, les douze mois, les douze signes du zodiaque. Puis, disposés de chaque côté de l’accès au Débir, cinq chandeliers à sept branches, soit dix au total, les sept branches de chacun faisant référence aux sept planètes, dites traditionnelles. Au milieu devant l’entrée du Débir : l’Autel d’or des encens.
Dans le Débir
C’est là qu’on avait mis l’Arche d’Alliance (Aron ha ‘Edout « Coffre du Témoignage ») contenant les Tables de la Loi. Elle était fermée par un couvercle d’or, le Kaporet, d’où s’élevaient les deux Kérubim, leurs faces tournées vers le Héikhal et leurs ailes remplissant toute la largeur de la pièce.
Devant le Ulam, deux colonnes marquant les solstices
À l’Est, devant l’entrée, les deux colonnes en cuivre (nekhoshet), nommées par Khiram le bronzier Yakhin et Bo’az, marquaient les solstices, tout comme le faisaient les deux obélisques devant les frontons des temples égyptiens ; ou comme le faisaient les deux colonnes, ne portant rien, devant d’autres temples du Moyen Orient, comme on peut le voir sur cette image reconstituée d’un temple du Liban dans la plaine de la Bekaa, datant de l’époque du bronze tardif.
Celles du Temple de Salomon mesuraient dix-huit coudées de hauteur et douze de circonférence. Elles étaient surmontées de deux chapiteaux de cinq coudées de haut ce qui leur faisait un total de vingt-trois coudées de hauteur, soit pas loin de douze mètres. Elles reliaient le Ciel à la Terre et marquaient le passage du monde profane au monde sacré.
Les chapiteaux en forme de lotus
Ces chapiteaux avaient, sur une hauteur de quatre coudées, la forme d’une fleur de lotus (shôshan en hébreu, de l’égyptien ssn), la fleur impériale des pharaons, le lotus bleu d’Égypte, « le lotus d’or aux pétales de lapis-lazuli », le premier élément émergé de l’océan primordial, lors de la création du monde. C’est ainsi que le dieu Ré est sorti du lotus au commencement des temps, renaissant chaque matin, faisant du lotus un symbole de renaissance. Le lotus bleu au cœur jaune, en effet, s’ouvre et se ferme en fonction de la course du Soleil.
Ainsi, déjà dans le temple égyptien, des colonnes lotiformes incarnaient le mythe : les chapiteaux étaient alors en forme de fleur de lotus ouverte (comme à gauche sur l’image) ou fermée (comme à droite).
Dans le Livre des morts (Chap. 81) l’initié devient un lotus : « Formule pour prendre l’aspect d’un lotus, paroles dites par l’adepte : je suis ce pur lotus qui sort portant le Lumineux, celui qui est attaché au nez de Ré. Je suis descendu le chercher pour Horus. Je suis le pur qui sort de la prairie marécageuse.» Et sur de nombreuses peintures des tombeaux du Nouvel Empire on voit les trépassés reprendre vigueur en respirant le parfum d’un lotus.
On comprend donc que les colonnes marquent bien les solstices ! Les points équinoxiaux se repérant exactement entre les deux.
Des treillis en forme de réseaux de sept chaînettes
Autour du chapiteau il y avait des treillis en forme de réseaux de chaînettes (sept chaînettes). Sept, nombre sacré chez les Hébreux, en rapport avec les six directions de l’espace plus le centre et les six jours de la création plus celui du repos. Et bien sûr avec les sept planètes qui sont en rapport avec les sept métaux.
Deux rangs de cent grenades soit en tout quatre cents grenades
Enfin se trouvaient deux rangs de cent grenades autour des treillis pour recouvrir les moulures, ce qui ajoutait une coudée à la hauteur du chapiteau et qui faisait un total de quatre cents grenades pour les deux colonnes.
Le symbolisme des grenades
Si des grenades étaient attachées au bas de la robe couleur du ciel du grand Prêtre pour représenter les éclairs, et symbolisaient pour les Hébreux, la lumière, le feu, l’énergie, par sa forme, une sphère portant une couronne, la grenade est aussi un symbole de puissance et de royauté. Elle peut représenter l’Univers, le royaume du Très Haut.
En tous cas on trouve des grenades au sommet des sceptres royaux : Ainsi au musée du Louvre, on peut voir un sceptre en os surmonté d’une grenade dont la couronne a six pétales.
Et on a découvert deux petits sceptres d’ivoire semblables, de 24 cm de longueur surmontés eux aussi de grenades dans un temple du XIII° siècle av. J.C. à Lakish dans le sud de Juda (image).
Les 400 grenades et le Tav
Enfin par ses nombreux grains couleur de sang elle est symbole de vie et de fertilité. Aussi en Mésopotamie le grenadier était fréquemment représenté comme Arbre de vie.
Mieux encore, sur les colonnes, par leur nombre 400, elles représentent le Tav qui est ce nombre. Dernière lettre de l’alphabet hébreu, anciennement représentée (jusqu’à l’ère chrétienne) par un X, le Tav, marque du sceau divin, représente l’aboutissement la Création et la Totalité des choses crées. Elle est l’absolu, la perfection du créé. Les grenades ici par leur nombre sur les colonnes et par la multitude de leurs graines (qui va de 400 environ à 868) représentent elles aussi la totalité des univers.