ven 04 avril 2025 - 04:04
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Croyances, Connaissance et Franc-maçonnerie

Les croyances

La religion répond au besoin essentiel de l’homme d’expliquer et de donner un sens à son existence. Sa naissance et son éducation sont bien souvent déterminants dans ses choix religieux. Toutefois, l’homme adulte et responsable est divisé devant les multiples croyances qui lui sont proposées. Je vais donc les décrire afin de voir plus clair dans ce dédale qui nous semble obscur au prime abord. L’initiation maçonnique que nous avons choisie remplit la même fonction sans imposer l’adhésion à des dogmes ou à des mythes qui heurtent la raison.

Mon intention n’est pas de faire œuvre d’érudition, mais d’analyser les diverses visions religieuses confrontées au rite Ecossais Ancien et Accepté. Je citerais à priori trois grands courants, le Théisme, le Déisme et l’Athéisme et naturellement l’agnosticisme.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’une religion ?

« La religion est le fait de se soucier d’une nature supérieure qu’on appelle divine et de lui rendre un culte » disait Cicéron. Le Littré quant à lui nous dit « que c’est l’ensemble de doctrines et de pratiques qui constitue le rapport de l’homme avec la puissance divine »

Les doctrines en question consistent essentiellement en diverses croyances propres à chacune des religions qui peuvent se résumer ainsi :

  • L’existence de Dieu
  • La providence divine
  • La réalité de la révélation
  • La nécessité des dogmes
  • La réalité du bien et du mal moral
  • L’immortalité de l’âme
  • Les punitions et les récompenses dans un monde à venir, auxquelles on ajoutera pour la religion chrétienne, la divinité du christ et ses miracles.

En prenant la croyance en Dieu comme point de référence pour mon travail, je peux dores et déjà dégager l’approche philosophique du divin en plusieurs classes nuançant et s’éloignant de plus en plus des critères de cette croyance jusqu’à la négation de l’existence de Dieu. On trouve ainsi dans l’ordre de l’affirmation jusqu’à la négation, en première position le théisme, puis le déisme, puis l’agnosticisme et enfin l’athéisme.

« L’athéisme est une négation de Dieu et par cette négation, il pose l’existence de l’homme »

Karl Marx

Commençons par la négation de Dieu.

Les athées proposent comme réponse de dire que l’univers est éternel, sans début et sans fin, voilà tout. Si Dieu n’existe pas, comment expliquer l’ordre du monde ?

L’athée doit l’attribuer à un hasard aveugle, à des forces cosmiques qui ne viennent de nulle part. Le monde est sans explication et forcément il n’y a pas de loi morale, celle dont nous disons être soumis en Maçonnerie. L’Être suprême ou Dieu, ne peut pas être l’auteur cette loi morale. Sur quoi allons-nous donc fonder l’action humaine ? La réponse est évidente : Si Dieu n’existe pas, chacun peut vivre comme bon lui semble.

Si Dieu n’existe pas, l’humanité vit depuis son origine sur un malentendu au sujet du sens et de la destinée de l’homme. La vie est une farce. Il faut naître pour rien, vivre pour rien et mourir pour rien.

 L’espérance de l’homme est uniquement dans le bonheur terrestre. L’athée est en continuelle contradiction avec lui-même chaque fois qu’il se soumet aux diktats d’une loi morale et notamment celle du REAA s’il y adhère par mégarde. Vous noterez mes TCF que l’athéisme est en complète contradiction avec notre démarche. D’ailleurs, devant la condition humaine et ce qui le dépasse, le REAA proclame en 1875 au Convent de Lausanne « La Franc-maçonnerie proclame, comme elle a toujours proclamé, l’existence d’un Principe Créateur, sous le nom de Grand Architecte de l’Univers. » nom qui est assurément en tant que symbole celui qui permet le plus large consensus car chacun est libre de mettre ce qu’il veut derrière ce symbole.

Cette formulation conservait la formule traditionnelle « Grand Architecte de l’Univers » sans plus la rattacher obligatoirement à une foi en un Dieu personnel et transcendant. Elle ouvrait ainsi très clairement les portes de la franc-maçonnerie aux déistes, ce qui correspondait aux évolutions survenues dans les franc-maçonneries.

Cela nous ouvre la réflexion sur les deux courants que sont le théisme et le déisme.

 C’est à la fin du XVIIIème siècle qu’apparait le mot théiste sous la plume de l’anglais Cudworth pour désigner l’affirmation de l’existence de Dieu, conforté par des preuves philosophiques. Ce fut pour lui une façon de lutter contre l’athéisme. Le théisme consiste à placer Dieu au centre. On considérera donc la définition très globale, comme définition de vie pratique plutôt que sujet de considération théologique, on ne rentrera donc pas dans le détail des preuves ontologiques, des nuances entre déisme et théisme.

Jusqu’à la Renaissance, c’était la vision commune aux Hommes ; certes, d’aucuns objecteront que c’était davantage une vision plutôt imposée que « réfléchie » et que l’Homme agissait d’abord par crainte de Dieu et non par idéalisme, ce qui est vrai mais « la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse » et à notre époque où les Hommes n’ont jamais été aussi libres de penser, d’agir et de parler, l’amélioration reste à prouver. Dieu au centre signifie donc que tout était fait dans l’intention de plaire et obéir à Dieu. Cette vision de Dieu au centre à côté duquel l’Homme n’est rien est une conception absolutiste de la croyance.

Denis Diderot, rédacteur en chef de l’Encyclopédie

C’est Diderot qui en donnera la définition la plus étendue. Pour lui, le théiste est celui qui est déjà convaincu de l’existence de Dieu, de la réalité du bien et du mal moral, de l’immortalité de l’âme et des peines et des récompenses à venir mais qui attend, pour admettre la révélation, qu’on la lui démontre.

Pour le théiste, ce Dieu n’appartient à aucune religion en particulier, il est créateur, unique personnel et transcendant. Il est libre de l’invoquer et de le servir selon les rites et traditions de chaque culture.

C’est en cela qu’il diffère du déisme.

Abordons maintenant le thème du déisme. Dans le langage théologique, le « Déiste » désigne de façon péjorative ceux qui se disent croyants mais qui ignorent les prescriptions religieuses et ne pratiquent pas le culte.

Voltaire

Voltaire se disait déiste et proclamait : Le dieu déiste est universel, il n’y a pas d’intermédiaire entre les êtres et Dieu, ce Dieu est bien supérieur à la « petitesse humaine » et ne s’occupe donc pas de ses affaires, ses cultes, ses rites et autres superstitions.

Cette conception d’un Dieu distant et indifférent se résume dans cette célèbre phrase « L’univers m’embarrasse, et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger. »

En résumé, le déisme peut être défini comme la croyance en un Dieu unique, suprême, immanent, ordonnateur ou créateur de l’univers, mais qui, contrairement au théiste, n’interagit pas avec le monde et n’intervient pas dans la destinée des hommes. C’est une philosophie sans dogme, ni religion, qui rejette toute révélation divine et ne condescend à aucun culte ni aucun rite.

Pour le déiste, la religion se réduit souvent à une éthique.

Un Maçon est obligé, par son engagement, d’obéir à la loi Morale et, s’il comprend bien l’art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux. (Article 1 des constitutions.) Le déisme nous convient donc parfaitement à priori.

L’agnosticisme prétend que Dieu est inconnaissable. Il ne sert à rien de se mettre en quête ou en recherche de Dieu, il est et il sera toujours inaccessible à nos pauvres intelligences humaines. Certains, un peu moins radicaux, disent qu’on peut avoir une certaine connaissance de Dieu, mais qu’on est incapable d’avoir la certitude de son existence.

Les conclusions de l’agnosticisme et de l’athéisme sont cependant les mêmes: il ne sert à rien de rendre un culte à un Dieu, car on est incapable d’en prouver l’existence ; il ne sert à rien de se soumettre à une loi morale qui aurait comme auteur l’Être suprême, car on n’est pas certain que cet être-là existe. Bref, l’agnosticisme arrive aux mêmes conclusions que l’athéisme : l’être humain n’a aucune obligation à l’égard d’un Être suprême qui est non existant ou inconnaissable. Maintenant que nous avons fait le tour des diverses positions philosophiques et croyances, il convient de se poser la question, à quoi ça sert tout ça ? Que cherchons-nous dans nos loges ?

Alors, si le Maçon comprend bien l’art, c’est-à-dire la pratique intelligente des vertus éthiques auxquelles tout homme d’honneur, libre, sensible, et charitable, d’où qu’il vienne, ne peut que souscrire, il ne peut se contenter de rester indéfiniment dans l’ignorance de leur véritable source principielle sans faillir à son devoir d’homme.

Car il ne suffit pas d’être un homme bon, il faut aussi vouloir devenir un homme vrai, c’est-à-dire un homme conscient de l’Esprit qui l’anime. C’est cette recherche de la vérité de l’Être qui constitue l’horizon de toute voie initiatique traditionnelle.

La recherche de la vérité n’est pas une orientation intellectuelle que l’homme s’impose après réflexion. La recherche de la vérité est avant tout un besoin, le besoin de connaitre, le besoin de savoir ce qui est vrai. C’est un besoin puissant profondément enraciné dans la nature humaine, une des composantes essentielles de la vie.

La connaissance apaise la faim et la soif inextinguible de la conscience comme les nourritures biologiques apaisent la faim et la soif du corps.

C’est ce que propose la pratique régulière du rite écossais.

En retour, et c’est le résultat le plus important, la pensée s’organise et se structure. Toutes les facultés de la conscience pratique s’accroissent en mémorisant, de façon automatique, les expériences acquises sous forme de connaissance du monde extérieur. Tout cela, bien entendu, dans une quasi obscurité consciente de ce processus lui-même. C’est tout l’intérêt d’une fréquentation assidue de son atelier.

Mais s’il lui arrive de s’intérioriser, c’est-à-dire à se retirer dans le monde de la pensée, il va découvrir progressivement tout un monde nouveau dans lequel sa faim et sa soif de connaître vont pouvoir trouver une nourriture adaptée à chaque palier de sa progression intérieure.

C’est le principe ultime de l’Être, le pôle caché vers lequel tendent, en fin de compte, les chemins sinueux de nos multiples tentatives de connaître la Vérité sur quelque niveau que ce soit. Ce principe n’est pas inerte ou passif. Il n’attend pas qu’on veuille bien le découvrir, il aspire lui-même à être connu. C’est cette aspiration même qui nous habite en manifestant sa présence sous la forme vitale du désir de connaître. Une fois comprise, elle va nous aider à remonter le chemin vers sa source, celle qui est à l’origine de la Vie et de son mystère.

Mais la descente en soi-même n’est-elle pas surtout la seule façon de se rencontrer soi-même, dans sa nue réalité, pour se présenter, avec son vrai visage, à la mystérieuse lumière du royaume de l’Esprit.

Le royaume de l’esprit est un domaine bien particulier, un domaine à part, si nous pouvons encore parler de domaine pour une réalité qui remplit tout espace. Au plus profond de nous-mêmes, à la frontière subliminale qui sépare le conscient de l’inconscient, nous nous trouvons face à l’inconnu. Non conceptualisable, inexprimable en mots, laissant la pensée vide d’images, il est, c’est tout ce qu’on peut en dire. Une barrière infranchissable s’oppose à toute pénétration par nos moyens d’investigation psychiques habituels. Ici, rien ne se manifeste hors un sentiment de présence et de puissance informulables. Comment connaître ce qui laisse la pensée en suspens et tout concept vain ?

Notre voie maçonnique est discrète sur ce point comme elle est discrète sur de nombreux autres points concernant les moyens à utiliser pour pénétrer dans l’obscurité de la caverne du cœur. Ce n’est qu’avec le temps et le travail personnel que chacun doit trouver son chemin.

L’idée est simple à comprendre mais d’une difficulté extrême à réaliser sans un entrainement constant. Alors, peut-être pourrons-nous entendre comme une voix venue du fond de nous-mêmes, une voix porteuse d’une parole comblant notre attente informulée, cette parole de vie que nous cherchons inlassablement ; “la parole perdue”.

La connaissance obtenue dans ces conditions n’a plus rien à voir avec ce que nous appelons connaissance, au sens profane. Il ne s’agit plus ici d’une accumulation, dans le mental, d’un savoir obtenu par communication, par transmission. Il ne s’agit pas non plus d’une imprégnation plus complète de notre être corporel par une expérience directe de la vie existentielle. Cette connaissance là ne touche que les fonctions psychiques enracinées dans notre être biologique, ainsi que nous l’avons déjà dit. Elle est incertaine, modifiable et sujette à disparition.

La connaissance dont nous parlons est d’un autre ordre. Elle ne provient plus du contact du moi avec l’extérieur. ll ne s’agit donc plus d’une connaissance objective. Elle surgit de l’intérieur, directement de notre foyer spirituel, pour investir la conscience réceptive que nous sommes. C’est l’éveil de notre conscience à une autre conscience, une transformation instantanée, totale et irréversible. Connaitre devient ici synonyme d’état d’être, d’état de conscience, mais aussi de communion ou de participation à un certain niveau d’éveil. Connaitre, c’est être, connaissance et conscience sont identiques. Les expressions “perdre conscience” ou “ne plus avoir sa connaissance” ne sont-elles pas équivalentes dans le langage courant?

Il ne s’agit pas en effet de se contenter d’une simple compréhension intellectuelle du processus de transformation de notre être véritable. Il faut le réaliser pour soi et en soi. C’est le devoir de l’homme.

La connaissance que nous cherchons ne sortira jamais du domaine psychique dans lequel nous nous complaisons. Elle ne peut s’exprimer en termes de concepts ni se montrer dans le traitement de ceux-ci aussi savants soient-ils. La Vérité n’est pas une idée, c’est une réalité vivante à découvrir. Elle se trouve dans la racine de notre être, au cœur le plus profond de notre intériorité, dans le Saint des Saints de notre Temple intérieur, même si la barrière qui nous en sépare nous empêche encore d’entendre sa voix.

Hiram dans cercueil
Hiram sortant du cercueil

Nous avons tous perdu un être cher, et tout naturellement la question s’est posée sur cette finitude de l’Être définitive ou provisoire. Sachez mes sœurs et mes frères que je n’ai pas de réponse toute prête ni de définition dogmatique à vous soumettre, mais plutôt mon intime conviction à partager.

Si nous n’avons aucun signe de l’Être disparu, cela ne veut pas signifier pour autant que le néant s’oppose à la vie. Nous avons vu plus haut que notre recherche fait appel à d’autres niveaux de compréhension et qu’aujourd’hui nous ne sommes pas en capacité d’appréhender seulement avec nos 5 sens.

Lorsqu’un de nos Frères nous a définitivement privés de sa présence, nous disons qu’il est passé à I’Orient éternel. L’Orient est pour nous un terme familier qui désigne le lieu où siège la plus haute Lumière, celle du Delta symbole de la Suprême Pensée qui anime le monde comme elle guide et éclaire notre quête spirituelle. C’est pourquoi c’est aussi celui où siège le Vénérable Maître de la Loge. Mais il est clair que l’Orient parce qu’il suggère une éternité de Lumière, se situe au delà du Temple et du monde matériel, qu’il a un rapport avec la présence du Grand Architecte de l’Univers, et qu’il est ce lieu sacré et inconnu où se retrouvent tous ceux qui ont quitté ce monde et tous nos Frères disparus. Nous Maçons, nous voyons l’Orient éternel comme un espace où la vie se perpétue, puisque nos Frères dans notre esprit demeurent vivants, immortels, que nous les associons à notre Chaîne d’Union rituelle où nous les pensons là, nous tenant par la main et poursuivant cependant ailleurs et dans une autre Lumière l’œuvre de perfection à laquelle ils se sont voués. Victor Hugo, qui fut aussi un grand poète initié, n’a t-il pas écrit: Les morts sont des vivants mêlés à nos combats ? Lui aussi ne pouvait les concevoir séparés de la vie et surtout de notre vie, de nos espérances et de nos travaux.

Nos ancêtres ont toujours cru à la survivance de l’esprit des morts et les premiers gestes funéraires des humains primitifs témoignent pour les spécialistes de la préhistoire de la préoccupation d’un passage des disparus dans un autre monde. Et que signifieraient le mot d’espoir qui suit les multiples « gémissons » de la batterie de deuil, et le fait qu’elle soit toujours suivie d’une batterie d’espérance, de confiance et de sérénité, si ce rite ne nous invitait pas à croire que la vie se prolonge ailleurs dans un monde de lumière où l’initié connaîtra l’initiation véritable.

Est-ce que nous dirions: « Les corps de nos Frères disparus ont rejoint les ténèbres, mais leur esprit brille encore » si nous ne partagions cette espérance d’une survie future que toutes les symboliques initiatiques et religieuses nous ont toujours enseignée ?

Après la tombée de la nuit : mythes, méfaits et paranormal

De notre confrère de la bbc.co.uk

Dévoiler les Illuminati : la véritable société derrière les mythes et les théories du complot

Il existait bel et bien une société secrète appelée les Illuminati, dont le but était de créer un Nouvel Ordre Mondial. Dans cet épisode d’After Dark : Mythes, Méfaits et Paranormal , l’équipe lève le voile sur les véritables secrets des Illuminati et le mythe monstrueux qu’ils sont devenus.

Maddy Pelling et Anthony Delaney sont rejoints par Michael Taylor dont le nouveau livre s’intitule Impossible Monsters: Dinosaurs, Darwin, and the War between Science and Religion et qui travaille sur une histoire complète des Illuminati.

Alors, d’où vient cette société secrète ?

1. Les Illuminati ont été fondés en 1776 par un érudit mécontent.

Il s’agissait d’Adam Weishaupt, alors âgé de 28 ans, professeur à l’université d’Ingolstadt, en Bavière. Cette époque marquait l’apogée des Lumières en Europe, qui donnèrent naissance à une nouvelle forme de pensée rationnelle et laïque. « [Weishaupt] était de plus en plus frustré par le contrôle exercé par les anciens prêtres jésuites, non seulement sur l’université, mais aussi sur sa carrière », explique Michael Taylor. « Pour exprimer le type de Lumières qu’il souhaitait voir se répandre en Allemagne et dans le monde, il décida de créer une société secrète au sein de laquelle lui, ses amis et ses étudiants échangeraient des idées sur la manière de changer le monde, conformément à ses valeurs éclairées. »

Symbole de la société secrète des Illuminati de Bavière (1776-1785) dont les membres étaient issus de la franc-maçonnerie, accusés de conspiration, détail d’un billet d’un dollar, document colorisé (Photo par Apic/Getty Images)

2. Cela a commencé comme un petit projet.

En réalité, il n’y avait que cinq personnes lors de la première réunion de l’organisation. « Et vous pourriez bien vous dire : « N’est-ce pas, en fait, un club de lecture ? » demande Michael. « Mais Weishaupt est très clair. Il a en lui une sorte de complexe messianique, et il veut vraiment révolutionner le fonctionnement du monde. »

3. Ils ont vraiment recruté des noms célèbres.

Cartes de crédit avec la pyramide du dollar US
Cartes de crédit avec la pyramide du dollar US

Les Illuminati atteignirent leur apogée au début des années 1780. À cette époque, la franc-maçonnerie traversait une crise en Allemagne, et de nombreux intellectuels influents et instruits commencèrent à chercher d’autres lieux pour fonder une société intellectuelle. « Il est tout à fait exact que Wolfgang Goethe, à Weimar, était membre des Illuminati », affirme Michael. « Il existe des preuves solides, mais peut-être indirectes, que Friedrich Schiller et Mozart en étaient également membres. » Cela ne signifie pas qu’ils complotaient pour renverser tous les gouvernements du monde et détruire la religion, ajoute-t-il. « Cela signifie, en revanche, qu’ils voyaient chez les Illuminati les idées éclairées et rationnelles qui les séduisaient tant, eux et leurs semblables. »

4. Ils utilisaient les loges franc-maçonnes comme lieux de réunion.

Ils permettaient de rencontrer un vivier de candidats apparemment favorables à leurs idées. « C’était aussi un moyen d’infiltrer différentes sociétés ou différents gouvernements », explique Michael. « Par exemple, si vous rejoignez une loge franc-maçonne en Bavière, celle-ci sera liée à une loge rhénane, et elle-même à une loge prussienne. C’est ainsi que les idées des Illuminati ont commencé à se répandre dans toute l’Allemagne. »

5. Il n’y avait aucune femme parmi les membres.

Sur la photo, le chapitre n° 26 de Sœurs et Frères de Vertu.

« Mais perversement, chaque fois que la théorie du complot prend son envol, l’une des accusations portées contre les Illuminati est qu’ils créaient les « Illuminata » et que c’était la séduction du sexe soi-disant faible qui leur permettait d’infiltrer les gouvernements mondiaux par la corruption des épouses, des mères et des sœurs des hommes puissants », explique Michael.

6. En 1780, les Illuminati comptaient au moins 1 500 membres.

Symbole des illuminati - Crédit image : Illuminavissem - CC BY-SA 3.0
Symbole des illuminati – Crédit image : Illuminavissem – CC BY-SA 3.0

Cependant, c’est à ce moment-là que la situation a commencé à se dégrader pour la société. À Munich – probablement le centre le plus important des activités des Illuminati –, ils ont commencé à devenir « trop confiants », explique Michael. « Ils parlent un peu trop ouvertement de leurs activités et de leurs projets. Le duché de Bavière et le gouvernement de l’État bavarois sont extrêmement conservateurs et profondément catholiques, et ils commencent à s’inquiéter de cette société secrète. Le duc de Bavière promulgua alors une série d’édits en 1785 et 1786, et la maison d’un des Illuminati les plus influents fut perquisitionnée. Ils trouvèrent des documents qu’ils conservaient en permanence, et tout fut dévoilé. » Des membres commencèrent à quitter la société, et en 1786, la première mouture des Illuminati était quasiment achevée.

7. On croyait que les Illuminati étaient derrière la Révolution française.

Il s’agissait peut-être de la première théorie du complot au monde, fomentée par l’abbé Augustin Barruel, prêtre français résolument conservateur et homme de lettres respecté. En 1797, Barruel écrivit un mémoire en quatre parties sur l’histoire du jacobinisme, dans lequel il attribuait la chute de l’Ancien Régime français et le carnage des huit dernières années aux Illuminati. À la même époque, explique Michael, John Robison – figure clé des Lumières écossaises – écrivait quelque chose de très similaire, quoique pour des raisons différentes. « Robison tente de défendre la franc-maçonnerie contre l’insulte d’être associée à la Révolution française parce qu’il est lui-même franc-maçon. Barruel s’en prend simplement à tout ce que la révolution représente. Ainsi, en Grande-Bretagne, en 1797 et 1798, ces deux livres affirment la même chose : les Illuminati étaient à l’origine de la conspiration de la Révolution française. »

8. La théorie du complot s’est développée pendant la révolution russe au début du XXe siècle.

Si la théorie du complot a en partie survécu grâce à ses liens avec la mythologie des pères fondateurs américains, ce sont les événements en Russie qui ont fait des Illuminati la théorie du « monstre » qu’elle est devenue, explique Michael. « Comme la Révolution française, il s’agit d’un événement tout aussi traumatisant et dramatique. La monarchie et l’Empire russes sont remplacés par leur opposé, un gouvernement bolchevique athée. Des deux côtés de l’Atlantique, dans le monde anglophone, des gens tentent alors d’expliquer cette révolution par des forces qu’ils ne peuvent apparemment ni voir ni comprendre. Et c’est là que le moment est vraiment troublant, car lorsque des personnes comme Nesta Webster, chroniqueuse pour des journaux britanniques à Londres à la fin des années 1910 et dans les années 1920, tentent d’expliquer cette nouvelle révolution, elles mêlent la théorie du complot des Illuminati aux Protocoles des Sages de Sion. C’est ainsi que naît la théorie du complot antisémite des Illuminati. »

Le Chemin Hermétique : Un voyage vers la Lumière intérieure (I)

De notre confrère elnacional.com – Par Mario Múnera Muñoz PGM

Nous sommes sortis du silence, mais nous savons qu’un jour nous y retournerons. Le silence n’est pas une absence, mais une présence profonde, un espace sacré où se dévoilent les mystères de la vie. C’est dans la solitude silencieuse de notre cœur que nous accédons aux grandes vérités de l’existence et de l’amour. Pour entendre cette voix subtile, celle du Guide intérieur – l’Homme et la Femme véritables en nous –, il faut apaiser le tumulte de notre nature inférieure.

Les passions égoïstes, les désirs ardents, la haine destructrice ou la malveillance doivent s’effacer pour laisser place à une vision claire, empreinte d’équité et de fermeté. Comme l’écrit Arthur Powell dans La Magie de la Franc-Maçonnerie, c’est dans ce calme intérieur que l’âme s’élève et que la vérité se révèle.

La tradition initiatique, au cœur de la Franc-Maçonnerie, ne repose ni sur des dogmes ni sur du fanatisme. Elle puise sa source dans une Lumière Supérieure, transmise par des êtres dont la conscience transcende le commun. Ses racines plongent au-delà du physique et de la raison, dans un espace où les symboles deviennent les porteurs de cette connaissance intemporelle. En Franc-Maçonnerie, ces symboles se dévoilent progressivement à l’initié, à mesure que son esprit s’ouvre et que sa conscience s’élargit. Le Chemin Initiatique n’est pas une quête vers un ailleurs lointain, mais un voyage vers les profondeurs de notre être. Accompagnés de nos Frères et Sœurs, nous empruntons d’anciennes voies de Lumière, guidés par une tradition qui transcende le temps.

Hermes Trismegiste

Être un apprenti hermétique, c’est s’immerger dans une philosophie millénaire, celle d’Hermès Trismégiste, où s’entrelacent alchimie, astrologie et théologie. Cette voie explore le lien sacré entre le microcosme – l’individu – et le macrocosme – l’univers. Elle invite à une réflexion profonde sur ce que signifie marcher sur ce chemin.

Voici quelques clés pour en saisir l’essence :

  • La recherche de la connaissance : L’apprenti hermétique est un éternel chercheur de sagesse. Cette quête ne se limite pas à l’intellect ; elle s’ancre dans la méditation et la connaissance de soi. Car en se découvrant soi-même, on commence à comprendre l’Univers.
  • L’interconnexion : Nos pensées, nos actions, nos émotions ne sont pas isolées. Elles résonnent dans le monde qui nous entoure, reflétant l’unité entre l’individu et le cosmos. Si le microcosme que nous sommes manque d’équilibre, le Tout s’en trouve altéré.
  • La transformation personnelle : Le chemin hermétique est une alchimie intérieure. À travers les symboles et leurs enseignements, l’initié s’élève vers un état de conscience supérieur. Ce processus, parfois exigeant, demande détachement et lâcher-prise, conditions essentielles à toute progression initiatique.
  • Les symboles : Langage universel de la connaissance hermétique, les symboles maçonniques – révélés au fil des 33 degrés – portent des vérités qui dépassent la raison et le tangible. Chaque étape dévoile une couche plus profonde, éveillant l’initié à ce qui se trouve au-delà du visible.
  • Les pratiques rituelles : Au-delà des symboles, le chemin s’incarne dans les Tenues, ces réunions symboliques qui, loin de toute religiosité, favorisent une connexion avec l’Être Suprême et le moi intérieur. Ces rituels sont des ponts vers une harmonie spirituelle.

En somme, le chemin hermétique est une odyssée de découverte de soi, une quête de connaissance pure qui apaise l’esprit et aligne l’être avec le cosmos.

Il nous pousse à interroger notre mission sur ce plan d’existence, à comprendre les lois qui nous gouvernent et à chercher une sagesse qui transcende la matière. Pour entreprendre ce voyage, quelques premiers pas s’imposent : cultiver la curiosité en explorant des textes comme le Corpus Hermeticum ou le Kybalion ; s’engager dans la connaissance de soi par la méditation ; étudier les sept principes hermétiques ; pratiquer des rituels ou des moments de connexion spirituelle ; observer la nature comme miroir de notre propre vie ; chercher une communauté pour partager cette quête ; et enfin, faire preuve de patience et de persévérance face aux défis de ce chemin.

Le voyage initiatique est une exploration intime, un retour à l’essentiel. Mais gare à l’oubli : si l’Initiatique se coupe du sacré, de l’intériorité, il devient lettre morte, voué à s’évanouir avec le temps. Comme le dit Alfonso Gil Colmenares, « la vérité cesserait d’être vraie si elle changeait avec le temps ». Ainsi, le Chemin Hermétique nous appelle à rester fidèles à sa source, à cette Lumière qui éclaire à la fois l’âme et l’Univers.

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Le Temple de Salomon et la science sacrée du Ciel

Les plans du Temple de Salomon, nous dit la Bible, ont été donnés à David par son dieu Yahvé : « Tout cela c’est dans un écrit de la main de Yahvé qui m’a fait connaître tous les détails du plan » (I Chroniques XXVIII, 19), mais David pour autant n’aura pas l’honneur de le faire construire. Cet honneur sera réservé à son fils Salomon. David va donc faire ce qui est en son pouvoir pour préparer le travail avant sa mort : rassembler des carriers pour tailler des pierres, préparer des métaux, notamment du fer et du cuivre, faire venir des bois de cèdre en grande quantité, et enfin transmettre à Salomon (I Chroniques XXVIII, 11, 12) le plan :

« Le plan du vestibule (Ulam), de ses maisons, de ses magasins, de ses chambres hautes, de ses salles intérieures, et de la pièce du Kaporet (le couvercle de l’Arche ou Propitiatoire) soit le Débir ; et le plan de tout ce qu’il avait dans l’esprit concernant les cours de la Maison de Yahvé, toutes les salles alentour, les trésors de la maison d’Elohim) et les trésors des choses consacrées.».

Le plan du Temple

Le temple, de forme rectangulaire, est orienté Est – Ouest, l’entrée étant face à l’Est, face au Soleil levant.

Ses dimensions font référence aux dieux du Ciel en Mésopotamie :

Sa longueur de soixante coudées fait référence au dieu du Ciel, Anu, représenté par le nombre soixante ; sa largeur de vingt coudées à Shamash, dieu du Soleil, tandis que sa hauteur de trente coudées évoque le dieu Lune, Sin, dont le nombre était trente.
Son volume était donc de 60 x 20 x 30 soit 36000 coudées cube, nombre mettant en évidence le cercle de 360 degrés, symbole de l’univers, rappelant que ce temple, comme tous les temples, n’était que le reflet du celui de l’Univers, trône du Principe suprême.

Il comprenait trois parties

À l’avant : le Ulam (« qui est en avant »), ou « Vestibule », une entrée de dix coudées de profondeur à double porte, donnant accès au Héikhal.
Au milieu : le Héikhal (« Palais » ou « Maison grande») qui se nommait également Qodesh « Saint ». C’était la salle du culte. Elle mesurait quarante coudées de long sur les vingt de largeur.
À l’arrière : soit derrière le Héikhal était le Débir (« Derrière » ou « À l’arrière » ou encore « Lieu de la parole » de Davar « parole ») ou encore le Qodesh ha Qodeshim « Saint des saints ». Ce lieu très sacré était cubique.

De la sorte, le cube étant composé de six faces, de douze arêtes et de huit sommets soit (6+12+8), soit vingt-six éléments, le Débir faisait référence au nombre de Yahvé, le Tétragramme IHVH soit Yod 10 + Hé 5 + Vav 6 + Hé 5 = 26.
Ce cube de vingt coudées de côté, disposait de sa propre toiture (dix coudées au-dessous du plafond du Héikhal).

Dans le Héikhal : les objets de culte en rapport avec le cosmos

Dans cette pièce où officiaient les prêtres, se trouvaient :
À droite en entrant, soit du côté nord (côté lunaire), une table portant les douze pains des faces, pains sans levain, les uns sur les autres, six d’un côté, six de l’autre, en rapport avec les douze Pleines Lunes, les douze mois, les douze signes du zodiaque.
Puis, disposés de chaque côté de l’accès au Débir, cinq chandeliers à sept branches, soit dix au total, les sept branches de chacun faisant référence aux sept planètes, dites traditionnelles.
Au milieu devant l’entrée du Débir : l’Autel d’or des encens.

Dans le Débir

C’est là qu’on avait mis l’Arche d’Alliance (Aron ha ‘Edout « Coffre du Témoignage ») contenant les Tables de la Loi. Elle était fermée par un couvercle d’or, le Kaporet, d’où s’élevaient les deux Kérubim, leurs faces tournées vers le Héikhal et leurs ailes remplissant toute la largeur de la pièce.

Devant le Ulam, deux colonnes marquant les solstices

À l’Est, devant l’entrée, les deux colonnes en cuivre (nekhoshet), nommées par Khiram le bronzier Yakhin et Bo’az, marquaient les solstices, tout comme le faisaient les deux obélisques devant les frontons des temples égyptiens ; ou comme le faisaient les deux colonnes, ne portant rien, devant d’autres temples du Moyen Orient, comme on peut le voir sur cette image reconstituée d’un temple du Liban dans la plaine de la Bekaa, datant de l’époque du bronze tardif.

Celles du Temple de Salomon mesuraient dix-huit coudées de hauteur et douze de circonférence. Elles étaient surmontées de deux chapiteaux de cinq coudées de haut ce qui leur faisait un total de vingt-trois coudées de hauteur, soit pas loin de douze mètres. Elles reliaient le Ciel à la Terre et marquaient le passage du monde profane au monde sacré.

Les chapiteaux en forme de lotus

Ces chapiteaux avaient, sur une hauteur de quatre coudées, la forme d’une fleur de lotus (shôshan en hébreu, de l’égyptien ssn), la fleur impériale des pharaons, le lotus bleu d’Égypte, « le lotus d’or aux pétales de lapis-lazuli », le premier élément émergé de l’océan primordial, lors de la création du monde. C’est ainsi que le dieu Ré est sorti du lotus au commencement des temps, renaissant chaque matin, faisant du lotus un symbole de renaissance. Le lotus bleu au cœur jaune, en effet, s’ouvre et se ferme en fonction de la course du Soleil.

Ainsi, déjà dans le temple égyptien, des colonnes lotiformes incarnaient le mythe : les chapiteaux étaient alors en forme de fleur de lotus ouverte (comme à gauche sur l’image) ou fermée (comme à droite).

Dans le Livre des morts (Chap. 81) l’initié devient un lotus : « Formule pour prendre l’aspect d’un lotus, paroles dites par l’adepte : je suis ce pur lotus qui sort portant le Lumineux, celui qui est attaché au nez de Ré. Je suis descendu le chercher pour Horus. Je suis le pur qui sort de la prairie marécageuse.» Et sur de nombreuses peintures des tombeaux du Nouvel Empire on voit les trépassés reprendre vigueur en respirant le parfum d’un lotus.

On comprend donc que les colonnes marquent bien les solstices ! Les points équinoxiaux se repérant exactement entre les deux.

Des treillis en forme de réseaux de sept chaînettes

Autour du chapiteau il y avait des treillis en forme de réseaux de chaînettes (sept chaînettes). Sept, nombre sacré chez les Hébreux, en rapport avec les six directions de l’espace plus le centre et les six jours de la création plus celui du repos. Et bien sûr avec les sept planètes qui sont en rapport avec les sept métaux.

Deux rangs de cent grenades soit en tout quatre cents grenades

Enfin se trouvaient deux rangs de cent grenades autour des treillis pour recouvrir les moulures, ce qui ajoutait une coudée à la hauteur du chapiteau et qui faisait un total de quatre cents grenades pour les deux colonnes.

Le symbolisme des grenades

Si des grenades étaient attachées au bas de la robe couleur du ciel du grand Prêtre pour représenter les éclairs, et symbolisaient pour les Hébreux, la lumière, le feu, l’énergie, par sa forme, une sphère portant une couronne, la grenade est aussi un symbole de puissance et de royauté. Elle peut représenter l’Univers, le royaume du Très Haut.

En tous cas on trouve des grenades au sommet des sceptres royaux :
Ainsi au musée du Louvre, on peut voir un sceptre en os surmonté d’une grenade dont la couronne a six pétales.

Et on a découvert deux petits sceptres d’ivoire semblables, de 24 cm de longueur surmontés eux aussi de grenades dans un temple du XIII° siècle av. J.C. à Lakish dans le sud de Juda (image).

Les 400 grenades et le Tav

Enfin par ses nombreux grains couleur de sang elle est symbole de vie et de fertilité. Aussi en Mésopotamie le grenadier était fréquemment représenté comme Arbre de vie.

Mieux encore, sur les colonnes, par leur nombre 400, elles représentent le Tav qui est ce nombre. Dernière lettre de l’alphabet hébreu, anciennement représentée (jusqu’à l’ère chrétienne) par un X, le Tav, marque du sceau divin, représente l’aboutissement la Création et la Totalité des choses crées. Elle est l’absolu, la perfection du créé. Les grenades ici par leur nombre sur les colonnes et par la multitude de leurs graines (qui va de 400 environ à 868) représentent elles aussi la totalité des univers.

La suite… semaine prochaine

Tentative de dépossession illégale de la Grande Loge Unie du Mexique à Veracruz : une plainte pour enlèvement annoncée

De notre confrère mexicain xeu.mx

Veracruz, 26 mars 2025 – Une situation tendue a éclaté ce mardi dans le centre historique de Veracruz, où des individus, identifiés comme des francs-maçons expulsés, ont tenté de s’emparer des locaux de la Grande Loge Unie du Mexique, situés rue Juárez, entre les rues Saragosse et Independencia. L’incident, qui a impliqué des actes d’intimidation et la rétention présumée de personnel administratif, a suscité une vive réaction de la part des représentants légaux de l’institution maçonnique, qui prévoient de porter plainte pour enlèvement dès ce mercredi.

Dans une interview exclusive accordée à XEU Noticias, Me Guillermo Cinta, avocat de la Grande Loge Unie du Mexique, a relaté les événements troublants survenus dans la matinée. Selon lui, un groupe composé d’éléments de sécurité et de personnes non identifiées a pris le contrôle des lieux sans justification légale apparente. « Nous sommes arrivés sur place et l’un d’eux s’est présenté comme un fonctionnaire de justice. Nous lui avons demandé de s’identifier officiellement et de présenter un document prouvant ses allégations, mais il a refusé. Il a évoqué un prétendu ordre d’expulsion, mais lorsqu’on lui a demandé de nous le montrer, il n’a rien produit et s’est visiblement énervé », a expliqué Me Cinta.

La situation s’est rapidement aggravée. Les intrus auraient interdit l’accès au personnel régulier de la Loge, tout en retenant à l’intérieur une secrétaire et un employé administratif contre leur gré. Face à cette escalade, les responsables de la Grande Loge ont alerté les autorités locales. « Ils ont appelé la police en prétendant qu’il y avait des personnes ‘kidnappées’ dans le bâtiment, ce qui est absurde vu les circonstances », a ajouté l’avocat, soulignant l’ironie de l’accusation portée par les assaillants.

Une action sans fondement légal

Le premier Grand Orateur de la Grande Loge Unie du Mexique, dont l’identité n’a pas été précisée dans l’immédiat, a apporté des éclaircissements sur l’origine de cette tentative de prise de contrôle. Selon lui, les responsables seraient d’anciens membres de l’organisation, expulsés pour des raisons non divulguées, qui chercheraient à revendiquer les lieux par la force. « Ces individus n’ont présenté aucun document officiel, aucune ordonnance judiciaire pour justifier leur action. Il s’agit d’une tentative illégale de dépossession, pure et simple », a-t-il déclaré avec fermeté.

L’absence de mandat ou d’ordre du tribunal constitue un point central de cette affaire. En droit mexicain, toute saisie ou expulsion doit être accompagnée d’une décision judiciaire claire et exécutée par des autorités compétentes. Or, d’après les témoignages recueillis, les intrus n’ont pu produire aucun justificatif légal, ce qui renforce les soupçons d’une opération menée en dehors du cadre de la loi.

Une plainte pour enlèvement en préparation

Face à la gravité des faits, Me Guillermo Cinta a annoncé que la Grande Loge Unie du Mexique déposera une plainte officielle auprès du parquet de Veracruz ce mercredi 26 mars. L’accusation principale portera sur le délit d’enlèvement, en raison de la rétention forcée des deux employés. « En fin de compte, c’est le mot juste. Retenir des personnes contre leur volonté, c’est un acte criminel qui ne peut rester impuni », a insisté l’avocat, visiblement déterminé à faire valoir les droits de son client.

Cette démarche judiciaire vise non seulement à sanctionner les responsables directs de l’incident, mais aussi à établir les circonstances exactes de cette intrusion. Les autorités devront notamment déterminer si des complices ou des instigateurs se trouvent derrière cette opération, et si elle s’inscrit dans un conflit plus large au sein de la communauté maçonnique locale.

Un bâtiment chargé d’histoire

La Grande Loge Unie du Mexique, dont le siège à Veracruz est au cœur de cette affaire, est une institution maçonnique reconnue dans le pays. Située dans le centre historique, à proximité de lieux emblématiques de la ville portuaire, elle occupe un bâtiment qui revêt une importance symbolique pour ses membres. Cette tentative de dépossession intervient dans un contexte où les tensions internes au sein de certaines obédiences maçonniques mexicaines ne sont pas rares, bien que peu d’incidents de cette ampleur aient été rendus publics ces dernières années.

Pour l’heure, les autorités locales n’ont pas encore commenté officiellement l’affaire, mais une enquête devrait être ouverte suite à la plainte déposée. Les regards se tournent désormais vers le parquet, qui aura la lourde tâche de démêler les responsabilités dans cette intrusion spectaculaire.

Une affaire à suivre

Cet incident soulève des questions sur la sécurité des institutions privées et sur les recours possibles face à des actions illégales de ce type. Alors que la Grande Loge Unie du Mexique prépare sa riposte judiciaire, la ville de Veracruz reste en attente de clarifications. Les prochains jours devraient apporter des développements significatifs, tant sur le plan juridique que sur celui des éventuelles répercussions au sein de la franc-maçonnerie mexicaine.

La Franc-maçonnerie et la sagesse antique

De notre confrère universalfreemasonry.org

La Franc-Maçonnerie dérive-t-elle de la Sagesse Ancienne ?

Les membres des groupes d’études maçonniques sont naturellement des étudiants passionnés de l’origine et de l’histoire de l’Ordre, et nombre de chercheurs sérieux admettent franchement que la lecture de la littérature disponible sur le sujet les a laissés perplexes et sceptiques. Cet article propose donc de tracer les grandes lignes d’un mouvement aussi vieux que l’humanité elle-même, dont le but et la doctrine sont encore fidèlement préservés, quoique de manière très rudimentaire, dans notre système maçonnique.

Ce faisant, nous tenterons de répondre aux principales questions posées par de nombreux étudiants en quête d’une illumination plus complète, telles que : Quelle était la nature des Mystères Anciens que la Franc-Maçonnerie moderne prétend perpétuer ? Pouvons-nous justifier la nécessité de leur perpétuation aujourd’hui ? Dans quel but l’Initiation a-t-elle été instituée ? A-t-elle jamais servi à quelque chose de réel, ou peut-elle le faire aujourd’hui ? La résolution satisfaisante de ces problèmes dépend, dans une large mesure, de la compréhension des buts et des idéaux de l’Ordre maçonnique.

L’une des premières choses qui frappe tout étudiant en littérature maçonnique et en religion comparée est la remarquable présence de facteurs, de croyances, de doctrines, de pratiques et de symboles communs dans les religions de toutes les races, anciennes ou modernes, civilisées ou barbares, chrétiennes ou païennes. Aussi éloignées les unes des autres par le temps ou la distance, aussi intellectualisées ou primitives soient-elles, et aussi profondes soient-elles – et malgré leurs différences importantes – chaque peuple a employé et emploie encore des idées, des symboles et des pratiques communs aux autres. Un examen attentif de la littérature maçonnique confirme et amplifie cette impression, car l’étudiant constatera que de nombreux auteurs liés à la Franc-Maçonnerie ont démontré l’étroite correspondance entre des systèmes apparemment sans rapport, et ont souligné l’ancienneté et l’universalité des idées, des symboles et des pratiques incarnés dans notre système moderne de Franc-Maçonnerie. Il est cependant un point que l’étudiant a invariablement beaucoup de mal à cerner : c’est la raison pour laquelle l’ancienneté et l’universalité sont si clairement mises en évidence par les archives existantes. Il est regrettable que la majorité de ceux qui ont écrit des traités sur l’histoire et le but maçonniques aient négligé de donner une explication sur ce point, et puisqu’il nous fournit la clé essentielle de tout le problème de la genèse, de l’histoire et de la raison de l’existence de la Franc-Maçonnerie, il est si important de clarifier la question avant de procéder au plan général de notre sujet.

Si l’on persévère dans la recherche et la réflexion, l’étudiant comprendra que l’universalité et l’uniformité constatées par les historiens sont dues au fait qu’à une époque lointaine, dans le passé, fut implantée dans l’esprit de toute la famille humaine – alors sans doute beaucoup plus concentrée qu’aujourd’hui – une doctrine fondamentale concernant la nature et la destinée de l’âme humaine et sa relation avec la Divinité. Dans toutes les Écritures et cosmologies, la tradition d’un « Âge d’Or » est universelle, un âge d’innocence, de sagesse et de spiritualité relatives, où prévalaient l’unité raciale, le bonheur individuel et l’illumination ; où régnait cette vision ouverte dont il est écrit qu’un peuple périt, mais en vertu de laquelle les hommes étaient autrefois en dialogue conscient avec les mondes invisibles et étaient guidés, instruits et guidés par les « dieux » ou surintendants désincarnés de la race naissante, qui leur transmettaient les principes sûrs dont dépendaient leur bien-être spirituel et leur évolution. Les témoignages concernant cet « Âge d’Or » sont consignés dans toutes les langues, et il est unanimement reconnu comme la période des débuts de l’espèce humaine.

À cette époque, nous apprenons que l’intellect psychique et physique de l’homme était endormi, et c’est pour cette raison que l’humanité naissante fut guidée et instruite sous la supervision directe d’Instructeurs divins. Il est particulièrement significatif pour les francs-maçons de constater que la tradition affirme que c’est sous la direction de ces Instructeurs que l’humanité reçut ses premières notions de tous les arts et de toutes les sciences, et que ce sont eux qui posèrent les fondations de ces civilisations antiques qui intriguent tant notre génération moderne d’érudits. Ceci explique que, aussi loin que remontent les recherches archéologiques ou autres, on trouve des stades avancés de civilisation, chacun doté d’un système numérique élaboré ; là où, selon les théories scientifiques modernes, seules les conditions les plus primitives seraient envisageables. La présence de systèmes numériques pleinement développés dans les civilisations anciennes prouve que la science des nombres n’a pas été lentement développée par l’homme primitif apprenant à compter sur ses doigts, comme on le suppose communément, et confirme la tradition d’un système de calcul pleinement élaboré qui a été révélé au sacerdoce des premières races par les enseignants spirituels de l’humanité.

Nous nous enorgueillissons aujourd’hui d’être plus sages et plus avancés que l’humanité primitive. Nous supposons que nos ancêtres vivaient dans une ignorance morale, dont nous sommes depuis progressivement sortis vers une lumière relative. Cependant, toutes les preuves contredisent ces suppositions. En réalité, elles indiquent que l’homme primitif, malgré son sous-développement intellectuel selon les normes modernes, était spirituellement conscient et psychiquement perceptif à un degré inimaginable de nos jours. C’est donc nous qui, malgré toute notre intelligence et notre développement intellectuel dans les domaines temporels, sommes néanmoins plongés dans l’obscurité et l’ignorance de notre propre nature, du monde invisible qui nous entoure et des vérités spirituelles éternelles. Nous pouvons donc nous demander comment il se fait que nous nous soyons éloignés à ce point de notre état originel, et une fois de plus, la tradition nous vient en aide.

La tradition universelle veut également que l’âme collective de l’espèce humaine ait subi une « chute », un déclin moral loin de son véritable chemin de vie et d’évolution. Ce déclin a eu pour effet de la couper presque entièrement de sa source créatrice et, au fil des siècles, de l’enfoncer de plus en plus profondément dans les conditions physiques. Cette séparation, d’une unité utilisant une langue unique, s’est transformée en une diversité de races conflictuelles, parlant des langues et présentant des degrés de développement moral différents. Elle s’est accompagnée d’une densification progressive du corps matériel et d’une atrophie correspondante de la conscience spirituelle. Cette tradition de l’expulsion de la Chute, quelle qu’en soit la cause, des limites les plus proches de la Déité est si catholique qu’elle a dû constituer un canon de la doctrine fondamentale, ou proto-évangile, qui sous-tend tous les grands systèmes religieux de l’histoire. L’antiquité et l’universalité constituent, bien sûr, des preuves insuffisantes de sa véracité pour le rationalisme moderne, mais pour l’étudiant sincère, un témoignage d’un autre ordre peut être apporté. On le retrouve dans le sacralisation volubile de la Nature, perpétuée et enregistrée d’une manière aisément discernable par l’œil et l’esprit compréhensif.

De nos jours, l’évolution, ou la tendance perpétuelle des choses à s’élever, est généralement acceptée comme un processus cosmique. Mais la capacité à s’élever n’implique-t-elle pas nécessairement un échec antérieur ? La valeur logique de l’hypothèse évolutionniste, comme de toute hypothèse, ne peut être appréciée qu’en la comparant à son antithèse, et les lois de la logique humaine, comme les francs-maçons devraient bien le savoir, ne sont que l’ombre de celles du LOGOS, le Logicien Divin. La vérité de la Chute a donc été perpétuée dans notre monde phénoménal par le fait que la chute est la propriété de toute chose matérielle. Seul l’esprit purifié est capable d’ascension, de contrecarrer la loi de la gravitation qui, comme le montre l’allégorie de l’épée flamboyante des Chérubins gardant l’Éden, exclut rigoureusement de l’ascension tout ce qui est inapte à habiter un monde plus avancé que le monde physique. Ainsi, l’acte initial de l’existence terrestre de chaque graine, germe, œuf, de chaque animal nouveau-né et enfant, est de tomber à terre. Au tout début de sa carrière, il répète donc, sous sa propre forme ou personne, la Chute primordiale de l’Esprit Cosmique dans le plan de la Nature, tandis que sa fonction ultérieure est de s’élever et de croître physiquement ou moralement selon son espèce.

Pour autant qu’elle affecte l’humanité, la doctrine de la Chute, décrite dans la légende biblique d’Adam et Ève et de leur expulsion de l’Éden, n’était pas due, comme on le suppose communément, à la transgression d’un individu, mais résultait d’un défaut de l’âme collective de la race adamique, et constituait un processus couvrant de vastes cycles temporels. Tel est le témoignage unanime de la tradition de la Sagesse Antique et, malgré son rejet par beaucoup de nos jours, je suis convaincu que nous ne pouvons appréhender adéquatement le plan divin sans comprendre que la Chute en était un incident, ordonné par la Déité et existant originellement dans sa prescience ; que la descente de l’esprit et son incarnation dans le monde matériel furent un processus aussi graduel que l’a été et l’est l’émergence de la vie spirituelle hors de ses limites physiques actuelles. L’emprisonnement de l’esprit dans des conditions matérielles, impliquant, comme il l’a fait et le fait encore, la lutte pour l’émancipation et la connaissance du mal, était et reste essentiel et nécessaire pour permettre à l’esprit humain de prendre conscience de sa perfection et de sa divinité inhérentes, en traversant une expérience contraire à son droit de naissance dans un monde d’existence aux antipodes de son foyer naturel.

Il s’ensuit que la Rédemption est le complément nécessaire de la Création, et c’est pourquoi nous constatons que la tradition affirme qu’en conséquence de la Chute, il était nécessaire et conforme à la Divine Providence que l’humanité soit rachetée et restaurée à son ancien état, restauration qui nécessitait à son tour de longs cycles de temps. Et cela exigeait quelque chose de plus : l’application d’une méthode méthodique et scientifique, sous une direction experte, et nous pouvons raisonnablement nous demander d’où pouvaient venir cette compétence et cette connaissance scientifique, sinon du monde divin, désormais invisible, de ces « dieux » et gardiens de la race errante dont parlent toutes les anciennes traditions et les écrits sacrés.

Cette méthode experte ne serait-elle pas correctement décrite si elle était qualifiée, comme dans notre Franc-Maçonnerie moderne, de « science céleste » et de « science noble », et ne serait-elle pas accueillie avec les mots que les Francs-Maçons utilisent : « Salut, Art Royal ! » Ceux de nos Frères, responsables de l’inscription figurant sur la première pierre de la première salle des Francs-Maçons, consacrée le 1er mai 1775, ont reconnu très tôt ce fait, car en déclarant l’autorité en vertu de laquelle la Franc-Maçonnerie anglaise revendique la préséance et la juridiction sur « l’ensemble des Frères du monde entier », ils ont réaffirmé l’« Ancien Repère » concernant l’origine de la Science par ces mots significatifs : « Elle descend du Ciel ».

Il faut donc attribuer aux gardiens spirituels de l’homme primitif la transmission de cette science universelle de la reconstruction du temple déchu de l’humanité, et à cette source la diffusion, en tout pays et parmi tous les peuples, de symboles, pratiques et doctrines identiques ou équivalents. C’était la seule et sainte religion catholique « dans le monde entier », qui établissait les « us et coutumes » anciens et établis, à suivre en tout temps par quiconque acceptait sa discipline. C’était la « Loi sacrée » destinée à guider l’humanité déchue, une loi valable depuis des temps immémoriaux, autrement dit, de l’aube des temps jusqu’à leur crépuscule, et dont il est écrit : « Comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. »

On attribue à cette science universelle son origine orientale, car l’Orient, à tous égards, géographiquement, astronomiquement et spirituellement, est toujours la source de la lumière « Ex Oriente Lux » (Lumière venue de l’Orient) ; à mesure que l’humanité s’est diffusée et distribuée sur le globe, elle s’est progressivement étendue vers l’Occident. Cette vérité est consignée dans nos cours d’instruction modernes par la formule sibylline : « La science est née en Orient et a ensuite étendu son influence bénéfique vers l’Occident » (Quatrième section, Première leçon).

Au cours de la dispersion de l’humanité, il s’est produit une densification progressive du corps matériel et une atrophie conséquente de la perception spirituelle, déjà mentionnée. De ce fait, l’influence de l’enseignement de la Sagesse a diminué d’autant, bien que ses principes soient restés valables et efficaces. Suivre en détail son évolution nécessiterait un long traité et dépasse donc le cadre du présent article. Il convient toutefois de noter que, malgré les caprices et les conceptions humaines, la Lumière, telle celle d’un Maître Maçon, ne s’est jamais totalement éteinte, aussi sombre que soit l’époque, et que, selon la tradition, l’époque actuelle est spirituellement la plus sombre des époques obscures. Il est vrai que « Dieu ne s’est jamais privé d’un témoin vivant parmi les hommes », et parmi les témoins de la Sagesse Antique se trouve le système que nous connaissons sous le nom de Franc-Maçonnerie ; une faible lueur, peut-être, mais néanmoins une véritable lumière, dans la lignée de la doctrine primitive.

Les premiers enseignements des Mystères dont on puisse retrouver la trace dans l’histoire se trouvent en Orient et dans la langue connue sous le nom de sanskrit – un nom en soi significatif et approprié, car il signifie Écriture Sainte ou « Sanctum Scriptum » ; et pour les plus grandes lumières sur la Sagesse Ancienne, il faut encore se référer aux écritures religieuses et philosophiques de l’Inde, qui était à son apogée spirituelle et temporelle lorsque l’Europe moderne était gelée sous une coupe de glace. Mais les races humaines, comme les individus, ont leur enfance, leur maturité et leur vieillesse ; elles ne sont que des unités, à une échelle plus grande que l’individu, au service du but général de la vie. Lorsqu’une race donnée a atteint ou échoué dans ce but, la gestion des Mystères passe à d’autres mains, plus efficaces. Le grand porteur suivant de la Lumière du monde fut l’Égypte. Après des siècles de suprématie spirituelle, elle devint à son tour le désert aride qu’elle est aujourd’hui, tant spirituellement que matériellement, laissant néanmoins une masse de vestiges structurels et écrits témoignant encore de sa possession de la Doctrine à l’époque de sa gloire. D’Égypte, à mesure que les civilisations se développaient dans les pays voisins, des centres mineurs de diffusion de la connaissance furent institués en Chaldée, en Perse, en Grèce et en Asie Mineure. Un témoignage de cette diffusion est conservé au V de la LS, car l’EXODE est, dans l’une de ses nombreuses allusions, un témoignage de la transmission des mystères catholiques d’Égypte vers des régions nouvelles et vierges pour leur illumination.

Parmi ces différentes traductions, deux nous intéressent particulièrement : l’une en Grèce, l’autre en Palestine. Nous savons, d’après le V de la LS, que Moïse fut initié aux Mystères égyptiens et acquit toute leur sagesse, tandis que les écrits du philosophe alexandrin Philon le Juif nous apprennent qu’en Égypte, Moïse acquit « une grande maîtrise de la musique, de la géométrie, de l’arithmétique, des hiéroglyphes et de tout le domaine des arts et des sciences ». Autrement dit, il devint véritablement un maître maçon et, à ce titre, se qualifia pour sa grande tâche ultérieure : diriger le peuple hébreu et formuler son système religieux et ses règles de vie, tels qu’ils sont énoncés dans le Pentateuque. Le système mosaïque a continué, comme nous le savons, le long du canal indiqué dans les livres de l’Ancien Testament, puis, après de nombreux siècles, a fleuri dans la plus grande de toutes les expressions des Mystères, comme révélé dans les Évangiles du Nouveau Testament, ou Nouveau Témoin, impliquant le déploiement, la compréhension et le rassemblement du passé religieux du monde entier, centralisé sous la Grande Maîtrise Suprême de Celui qui est appelé la Lumière du Monde, et incarnant toutes les caractéristiques, légendes et symboles appartenant jusqu’ici aux figures centrales des dispensations précédentes, proclamant l’unité de toute aspiration humaine, et formulant dans un grand système les doctrines de l’Orient et de l’Occident.

Ruins of ancient city AI generated image

Parallèlement à l’existence des Mystères hébraïques sous la dispensation mosaïque, se développait la grande école grecque. Issue de la religion orphique, elle culmina et parvint à son apogée à Delphes, générant la sagesse philosophique associée à Athènes et à l’époque de Périclès. La Grèce était la descendante spirituelle de l’Inde et de l’Égypte, et nous savons que le grand Initié, surnommé Pythagore, voyagea en Inde avant d’être reçu en Égypte pour recevoir son initiation finale, avant de fonder l’école qui lui était associée à Crotone. Platon nous apprend également que les aspirants à l’initiation visitaient l’Égypte avant de promouvoir leur avancement spirituel en Grèce.

Il ne sera pas possible de traiter de manière adéquate de tous les systèmes de mystères dans cet article, bien qu’à des fins d’illustration en ce qui concerne notre sujet actuel, une référence sera faite à l’un des plus célèbres d’entre eux, l’Éleusisien, qui a existé en Grèce pendant plusieurs siècles. Le mot « Éleusis » signifie lumière, et par conséquent, l’initiation aux Mystères d’Éleusis proclamait la quête de lumière de l’aspirant, exactement au même titre que le franc-maçon est aujourd’hui amené à déclarer que la « Lumière » est le souhait prédominant de son cœur. Autrement dit, le candidat cherchait à être doté d’une « compétence de la sagesse divine » et était prêt à se soumettre volontairement à un processus par lequel il passait de l’état naturel à l’état spirituel. L’initiation signifiait donc l’orientation de la conscience du candidat vers un principe nouveau et supérieur, la formation d’un homme nouveau, au sens d’une nouvelle façon de vivre et d’une nouvelle vision de l’univers.

À propos de ce processus, saint Paul écrit dans son Épître aux Éphésiens : « Soyez renouvelés dans l’esprit de votre intelligence ; Et que vous revêtiez l’homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté véritables. Ce processus de « revêtir l’homme nouveau », évoqué par saint Paul au chapitre 4 de son Épître aux Éphésiens (versets 23 et 24), implique notre compréhension de l’interprétation ésotérique ou spirituelle de l’Immaculée Conception, autrement dit de la naissance du Principe Divin pour agir dans l’organisme de l’homme naturel. En Franc-Maçonnerie, cette naissance mystique est reproduite par le nom « Lewis », traditionnellement associé à l’Art. Ce mot est un excellent exemple du langage cryptique délibérément employé par les rédacteurs de notre Rituel, car un examen attentif révèle qu’il s’agit d’une corruption d’Éleusis et d’autres noms grecs et latins désignant la Lumière.

C’est pourquoi, dans nos conférences d’instruction, « Lewis » est utilisé pour désigner « le fils d’un franc-maçon », mais cela n’a assurément aucune référence à l’humain. Filiation et filiation. Il s’agit de la naissance mystique de la Lumière Divine, la Lumière du Monde, en soi ; comme le dit un texte biblique familier : « Un enfant nous est né, un fils nous est donné », une filiation véritablement sublime. Les conférences d’instruction décrivent également un « Lewis » comme quelque chose qui, « une fois intégré à une pierre, forme une bride et permet au Maçon d’élever de lourds poids à certaines hauteurs, tout en les fixant sur leurs supports appropriés », ce qui est une manière cachée d’exprimer le fait que, lorsque la Lumière de la Sagesse Divine est amenée des profondeurs de l’homme et fermement greffée ou imbriquée dans son organisme naturel, il devient alors capable d’affronter aisément les difficultés, les problèmes et les « poids » de toutes sortes, insurmontables pour l’homme ordinaire.

À l’époque où les Mystères d’Éleusis étaient une institution publique florissante, les personnes cultivées considéraient comme essentielle la candidature à l’initiation, car la formation et l’instruction étaient religieusement propices à la formation d’hommes et de citoyens vertueux. Il convient de noter qu’aujourd’hui, le même message est transmis au grand public par le biais de la presse par le Comité des Objectifs et des Relations de la Grande Loge Unie d’Angleterre. Autrefois, cependant, les principes de la science de l’initiation n’étaient pas communiqués aux candidats, mais simplement par l’accomplissement de certaines formalités cérémonielles. Les hommes instruits postulaient pour entrer aux Mystères de la même manière qu’aujourd’hui, les étudiants entrent en résidence à l’université et sont tenus d’obtenir leur diplôme. Le développement futur et la valeur de l’Ordre Maçonnique en tant que force morale dans la société dépendront donc d’une renaissance, sous une forme adaptée aux conditions modernes, de l’ancien enseignement de la Sagesse et aussi de la pratique de ces Mystères qui ont été prescrits il y a quinze siècles, mais dont la Franc-Maçonnerie moderne est le descendant direct et représentatif.

Sous bois à l'aube, forêt de gros arbres en été

À l’époque où les Mystères prospéraient, les candidats admis étaient classés selon leur capacité morale et leur stature intellectuelle ou spirituelle. Pendant plusieurs années, ils se soumettaient à des exercices intellectuels disciplinaires et à une ascèse corporelle, au cours desquels ils étaient soumis à des tests périodiques afin de déterminer leur aptitude à accéder aux processus plus solennels et sérieux de l’initiation proprement dite. L’initiation était administrée uniquement aux personnes dûment qualifiées, et sa nature précise était secrète et jalousement gardée.

On retrouve un écho de cette progression par étapes régulières dans notre rituel actuel, dans les informations données au candidat lors de la cérémonie d’initiation, stipulant qu’« il existe plusieurs degrés en Franc-Maçonnerie, chacun ayant ses propres secrets », et rappelant que ceux-ci « ne sont pas conférés aux candidats sans distinction, mais uniquement en fonction de leur mérite et de leurs aptitudes ». L’éducation des aspirants à l’Initiation était exclusivement axée sur la culture des « quatre vertus cardinales », ce qui rappelle immédiatement la référence de nos propres Conférences où il est affirmé que « la tradition nous informe » qu’elles étaient « constamment pratiquées par la majorité de nos anciens Frères ». Une autre condition préalable à l’accès à l’ordre supérieur de la vie était l’étude des « sept arts et sciences libéraux ».

3 Piliers
3 Piliers – Sagesse Force et Beauté

L’interprétation donnée à ces vertus et sciences était cependant bien plus avancée que ce que l’esprit moderne considère comme adéquat ; et il est intéressant de noter que, bien que nous ne nous soyons pas écartés du programme théorique essentiel de l’Art actuel, la pratique diffère considérablement. Par exemple, chez nos anciens Frères, la vertu de TEMPÉRANCE impliquait la maîtrise totale de la nature passionnelle ; la FORCE impliquait un courage qui ne se laisse pas décourager par l’adversité et qui ne permet aucun détournement du but visé ; La PRUDENCE comprenait cette profonde perspicacité conduisant à la vision prospective et produisant la faculté prophétique de vision ; la JUSTICE exigeait une droiture inébranlable de pensée, de parole et d’action.

Les « arts et sciences » étaient également de nature positive, et on les qualifiait de « libéraux » car le programme éducatif était expressément conçu pour « libérer » l’âme de l’aspirant des illusions inhérentes à l’état naturel. Ainsi, la GRAMMAIRE, la LOGIQUE et la RHÉTORIQUE étaient considérées comme des disciplines de nature morale, grâce auxquelles les tendances irrationnelles étaient éradiquées et les candidats formés à devenir des témoins vivants du Logos universel et à parler efficacement avec la « langue de bonne réputation ». La GÉOMÉTRIE et l’ARITHMÉTIQUE étaient des sciences de l’espace transcendantal et de la numération, dont la compréhension complète fournissait la clé de l’Univers et de l’homme lui-même, car chaque expression de la vie était dotée de son nombre, de son taux vibratoire ou de sa longueur d’onde.La science de l’ASTRONOMIE n’incluait pas seulement l’observation des corps célestes, mais était principalement orientée vers l’étude de la métaphysique et la compréhension correcte de la distribution des forces dans, et déterminant le destin des individus, des nations et de la race. Enfin, la MUSIQUE, ne se limitait pas à l’étude d’œuvres vocales ou instrumentales, mais s’intéressait à l’ajustement de la vie personnelle en harmonie avec le Centre de Toute Vie, Dieu, par la pratique vivante de la philosophie.

Les Mystères d’Éleusis impliquaient donc bien plus qu’une simple philosophie théorique ; ils exigeaient également une méthode de vie philosophique, divisée en deux parties principales, les Petits et les Grands Mystères. Les Petits Mystères dispensaient l’instruction élémentaire, mais leur objectif était de permettre aux candidats de poursuivre leur tâche de purification et d’adaptation aux vérités qui leur étaient révélées. Les Grands Mystères concernaient le développement de la conscience au sein même de l’âme et étaient liés à la vie nouvelle et intense résultant directement de la fidélité aux disciplines prescrites. Pour faire une légère analogie, les Petits Mystères entretenaient avec les Grands Mystères le même rapport que nos grades d’Arts actuels avec la Sainte Arche Royale. Les candidats compétents et correctement préparés conformément au programme des Petits Mystères étaient finalement admis à l’initiation aux Grands Mystères, tandis que ceux qui échouaient n’étaient pas autorisés à poursuivre. Le décret interdisant l’accès aux Grands Mystères aux candidats non qualifiés n’était pas arbitraire, mais absolument nécessaire dans l’intérêt des candidats eux-mêmes. En effet, la pureté intérieure du cœur et de l’esprit, associée à la possession des quatre vertus cardinales, était essentielle aux épreuves de l’initiation, qui, sans cela, exposaient l’aspirant à la folie et aux obsessions. C’est pour cette raison que le nombre de candidats qualifiés ne représentait qu’un faible pourcentage de ceux qui entraient aux Mystères, et cette loi reste valable de nos jours, car nous retrouvons la même vérité réaffirmée dans le V. de la LS, manuel de notre système moderne, par ces mots familiers : « Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »

Une qualité primordiale était exigée de ceux qui postulaient pour entrer aux Mystères : l’humilité. Il est important de noter que le candidat à l’admission en Franc-Maçonnerie est toujours tenu de solliciter humblement. La raison en était, et demeure aujourd’hui, que la sagesse à laquelle les Mystères et l’initiation permettent d’accéder est une folie pour les esprits mondains.

Miroir magique dans la nature
Miroir magique dans la nature

Pour l’atteindre, un candidat doit donc être prêt à renoncer complètement et volontairement à la sagesse mondaine, ce qui peut l’amener à considérer comme invalide tout ce qu’il tenait auparavant pour vrai, et que, de plus, ceux qu’il fréquente habituellement continueront de croire et d’affirmer comme vrai. Parlant de cette manière d’aborder la compréhension des choses spirituelles, saint Paul, dans son Épître aux Corinthiens, déclare : « Que personne ne s’y trompe. Si quelqu’un parmi vous croit être sage selon ce monde, qu’il devienne fou afin de devenir sage » (1 Corinthiens ; chapitre 3, verset 18). Le candidat aux mystères chrétiens était instruit qu’il devait se contenter de « devenir fou pour le royaume des cieux » et être prêt à subir l’adversité et le ridicule, si nécessaire. C’était l’une des principales raisons du secret et l’une – mais pas la seule – des origines de l’injonction maçonnique au secret. Lors des processions publiques des Petits Mystères d’Éleusis, les vases et les éléments sacramentels étaient portés sur le dos d’un âne, pour signifier que pour recevoir la connaissance divine, « l’humilité est une vertu essentielle ». Dans le V. des Petits Mystères, la même chose est symbolisée par la chevauchée populaire du dimanche des Rameaux vers Jérusalem, dont on lit : « Ton Roi vient à toi, juste et sauvé, humble et monté sur un âne ». Apulée, dans « L’Âne d’or », en fournit l’explication lorsqu’il écrit : « Il n’est aucune créature aussi capable de recevoir la divinité qu’un âne ; si vous ne vous transformez pas en lui, vous ne pourrez en aucune façon porter les mystères divins. »

Outre l’enseignement pratique inclus dans le programme des Mystères, un autre moyen, très instructif, était l’expression, par le biais de mythes, des vérités du monde divin et de toute l’histoire spirituelle de l’homme. Les mythologues grecs étaient passés maîtres dans l’art d’exprimer des vérités cosmiques et philosophiques sous forme de fables, transmettant l’enseignement théosophique aux esprits avertis et le dissimulant aux profanes. La création de mythes était une science, et non, comme beaucoup le prétendent, une indulgence pour une fiction irresponsable. Leur présentation théâtrale instruisait les candidats aux vérités fondamentales de la vie. L’un des mythes grecs les plus connus est celui de Déméter et de sa fille Perséphone, célébré chaque année en grande pompe à Éleusis. Il racontait comment la jeune Perséphone s’était éloignée de l’Arcadie (le paradis) et de sa mère Déméter pour cueillir des fleurs dans les champs d’Enna. Comment le sol s’était ouvert et l’avait précipitée dans le monde obscur d’Hadès, gouverné par Pluton.

Zeus tenant dans sa main un éclair du ciel
Zeus tenant dans sa main un éclair du ciel

Le désespoir de la mère face à la perte de sa fille atteignit Zeus, le chef des dieux, qui ordonna que, si la jeune fille n’avait pas mangé du fruit d’Hadès, elle serait immédiatement rendue à sa mère pour toujours ; mais que si elle en avait mangé, elle devrait passer un tiers de l’année avec Pluton et retourner auprès de Déméter pour les deux autres tiers. L’enquête révéla que, malheureusement, Perséphone avait mangé une grenade dans le monde inférieur, de sorte que sa restitution à sa mère ne pouvait être permanente, mais seulement périodique. Ce mythe est l’histoire de l’âme humaine et est de même nature que le mythe mosaïque d’Adam et Ève et de la pomme, et que, comme la parabole du fils prodigue, aucun des deux n’a de référence physique.

Perséphone désigne l’âme humaine, issue de cette Terre-Mère primordiale et incorruptible que les Grecs personnifiaient sous le nom de Déméter, de la même manière que le récit mosaïque parle de Dieu façonnant l’homme à partir de la poussière du sol. Son errance loin de sa patrie arcadienne et de sa mère céleste, à la recherche de fleurs (fleurs symbolisant de nouvelles expériences) dans les champs d’Enna, correspond aux mêmes impulsions de désir qui ont conduit à la désobéissance d’Adam au jardin d’Éden et à sa chute dans ce monde extérieur. Le mot « Enna » signifie « ténèbres et amertume », résultat de désirs incontrôlés. Une explication plus complète de sa signification se trouve dans le V. du Livre des Sept, où il est traduit de l’original par Géhenne. Pluton est désigné comme le « dieu des richesses », signifiant les richesses de la sagesse et de l’expérience, et c’est dans son royaume que Perséphone est tombée. « Manger des fruits » fait allusion aux plaisirs inférieurs de ce plan d’existence inférieur, qui, comme le symbolise la grenade, est peuplé d’illusions et de vanités. Tant que ces tendances erronées ne seront pas éradiquées, tant que les désirs du cœur ne seront pas totalement sevrés des plaisirs extérieurs,il ne peut y avoir de restauration permanente de l’âme à sa source, mais simplement le répit périodique et le rafraîchissement que la mort physique apporte lorsqu’elle retire l’âme du royaume de Pluton vers le monde céleste, pour être suivie encore et encore par des descentes périodiques dans des limitations matérielles et des réascensions dans des conditions désincarnées, jusqu’à ce qu’elle devienne pleinement parfaite.

Comme indiqué précédemment, la Franc-Maçonnerie, descendante directe de l’ancien enseignement de la Sagesse, suit la méthode traditionnelle d’enseignement par le biais des mythes. Son canon d’enseignement des degrés de l’Art contient deux mythes. Le premier est celui de la construction du Temple du roi Salomon, et le second, le récit de la mort et de l’enterrement du Maître Bâtisseur, relaté dans l’histoire traditionnelle. Pour un esprit littéral, la construction du Temple de Jérusalem apparaît comme l’histoire d’une véritable structure de pierre et de mortier, érigée par trois notables asiatiques : l’un en conçut l’idée, l’autre en fournit les matériaux, tandis que le troisième en était l’architecte et le chef des travaux. Les deux premiers auraient été rois de petites nations voisines ; le troisième n’était pas un membre de la famille royale, mais apparemment un personnage sans dignité sociale, fils de veuve.

Pour le bien de la Franc-Maçonnerie en général, il convient de rappeler clairement les paroles de saint Paul : « Ces choses sont une allégorie », car le Temple maçonnique de Salomon n’est pas un temple de briques et de pierres ordinaires. Il est façonné à partir de cette « pierre brute », cette matière première incorruptible avec laquelle le Créateur a façonné l’organisme humain. La Jérusalem où ce temple a été construit n’était évidemment pas la Jérusalem géographique de Palestine, mais faisait référence à l’éternelle « cité de paix » céleste, ou, autrement dit, à « cette Maison non faite de main d’homme » ; non pas, comme l’affirme également saint Paul, « la Jérusalem d’aujourd’hui », mais « la Jérusalem d’en haut, qui est notre mère à tous » (Épître aux Galates, chapitre 4, verset 26), correspondant ainsi à la Jérusalem grecque.

Les bâtisseurs du Temple n’étaient pas non plus trois personnages humains résidant au Levant, car leurs noms personnifient l’énergie divine considérée dans ses trois principes constitutifs, autrement appelés Sagesse, Force et Beauté dans nos conférences. Ces trois principes, appelés « Piliers », comme on les appelle également dans les conférences d’instruction, sont personnifiés par SK de I., HK de T. et HA. Une explication de leur signification cachée est nécessaire pour interpréter correctement le mythe. Salomon personnifie l’Essence-Vie primordiale, ou Sagesse Divine substantialisée, qui est le fondement de notre être ; elle est décrite comme « Roi d’Israël », car Israël signifie « coopérer ou gouverner avec Dieu ». Pour conjuguer cette Essence-Vie transcendantale à un véhicule qui lui confère fixité et forme, il a fallu l’aide d’un autre principe « royal », personnifié par le « Roi de Tyr », dont on peut donc dire à juste titre qu’il a fourni le « matériau de construction ».

En hébreu, le nom « Tyr » signifie « roc » et évoque la force ou la durabilité. La conjonction de Salomon et d’Hiram de Tyr (Essence-Vie et Moule ou Matrice) représente donc le fondement de l’âme, rendu fonctionnellement efficace par l’ajout du troisième principe, décrit comme le « fils de la veuve », et personnifiant le principe intellectuel actif ou Logos. Ainsi, HA est le principe christique immanent à chaque âme ; crucifié, mort et enseveli en tous ceux qui ne sont pas conscients de sa présence, mais néanmoins présent en tous comme une force salvatrice. Pour citer encore saint Paul : « Le Christ en vous, l’espérance de la gloire ». La description de ce principe comme « le fils de la veuve » reflète dans notre système moderne une belle part du symbolisme gnostique et fait référence à la nature veuve de la Divine Maternité, conséquence de l’abandon de la sagesse par ses enfants fragiles. La véritable Gnose nous informe que seuls les enfants qui, dans la chair, luttent pour rejoindre leur Mère sont dignes d’être appelés « fils de la veuve », et comme l’indique clairement notre rite cérémoniel, c’est de ceux qui œuvrent à cette tâche qu’est adressée la traditionnelle supplique à tous ceux qui l’ont rejointe : « Venez à mon secours, fils de la Veuve, car je suis aussi le fils de la Veuve ».

Roi salomon bâtisseur, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas

Le Temple de l’âme humaine, constitué originellement des trois principes parfaitement équilibrés et divinement déclarés « très bons », a été renversé de son éminence primitive par un incident fâcheux, objet de notre légende maçonnique centrale. Sa chute a été provoquée par l’abus disproportionné, déséquilibré et donc désordonné de ses pouvoirs inhérents. Ainsi, l’homme est désormais, au sens figuré, un temple en ruine, sur lequel est écrit « Ichabod » – « la gloire s’en est allée » – car, coupé de toute communion consciente avec son Principe Vital et Immortel, l’homme est prisonnier de lui-même et de sa nature temporelle ; il lui reste à revenir sur ses pas et à reconstruire son temple. C’est pourquoi il est conseillé au candidat maçonnique de ne plus rester esclave de ses illusions et de l’attrait des « possessions matérielles », mais de devenir un homme libre et un maçon, engagé dans l’œuvre de se façonner en une « pierre vivante » pour le temple cosmique d’une humanité régénérée.

Dans l’Ordre, être installé sur la « Chaire du Roi Salomon » signifie donc, au sens propre, retrouver « ce qui est perdu », et c’est à juste titre que l’on présente cela comme le but de tout franc-maçon. En fait, si nous ne retrouvons pas la Sagesse Divine durant notre séjour en ce monde, nous manquons cette occasion, car il est universellement attesté que l’état après la mort n’est pas un état de travail, mais de ressourcement et de repos, où aucun progrès réel n’est possible. L’initiation fut donc instituée pour transmettre la science de la réincarnation.

Cependant, comme l’enseignaient les Mystères Anciens, nous rappelons que l’âme qui n’entreprend jamais ce travail en ce monde ne pourra le faire dans l’au-delà et restera suspendue dans les plans les plus ténus de cette planète, jusqu’à ce qu’elle soit à nouveau entraînée dans le tourbillon de la génération par la roue incessante de la vie. C’est pourquoi le candidat maçonnique est exhorté à « veiller à accomplir la tâche qui lui est assignée tant qu’il est encore jour », ce qui implique ce qui est dit dans le V de la LS : « C’est maintenant le temps du salut, car la nuit vient où personne ne peut travailler. » La conception maçonnique de la « Grande Loge d’en haut » est également en accord avec l’enseignement contenu dans le V de la SL concernant les niveaux d’existence post-mortem, car nous lisons que « Dans la maison de mon Père se trouvent de nombreuses demeures », ou littéralement des lieux de repos, et que celles-ci et leurs occupants sont gradués dans l’ordre hiérarchique selon leur degré d’éminence spirituelle. « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », affirme l’ancien axiome, mais malheureusement, le monde moderne a perdu tout sens du principe de hiérarchie, qui, puisqu’il prévaut dans le monde supérieur, devrait se refléter dans celui-ci.

Temple de la Grande Loge Unie d’Angleterre – Le Temple (GLUA)

La Franc-Maçonnerie, cependant,La Maçonnerie conserve le témoignage de cette gradation dans la répartition symbolique de ses membres. Au-dessus de la Loge de Métier préside la Grande Loge Provinciale, tandis qu’au-delà règne la Grande Loge de la nation. Plus haut, théoriquement, se trouvent les Chapitres de l’Arche Royale, avec les Chapitres Provinciaux et les Grands Chapitres à leur sommet. De plus, dans le vêtement symbolique porté par les membres de chacun de ces rangs, l’étudiant attentif percevra l’intention d’exprimer de manière appropriée la vérité ainsi signifiée. Ainsi, le tablier maçonnique d’un blanc immaculé est bordé d’un bleu pâle pour les jeunes frères, une nuance pâle de ce bleu qui, même physiquement, est la couleur du ciel. Pour les aînés des Loges Provinciales et des Grandes Loges, le bleu pâle de la Maçonnerie est intensifié au plus profond, et le vêtement est orné de dentelles d’or, symbolisant ainsi ce que le Psalmiste dit : « La fille du Roi (l’âme) est toute glorieuse intérieurement, son vêtement est façonné d’or. » En se dirigeant vers l’Arche Royale, on remarquera que le bleu dévotionnel de l’Ordre est désormais teinté de rouge, couleur du feu symbolisant la tonnelle spirituelle. Ce mélange donne le violet, toujours apanage de la royauté, sur terre comme au ciel. Ainsi, par leurs vêtements des différents grades, les membres de l’Ordre maçonnique symbolisent sur terre les anges, les archanges et toute la compagnie du Ciel.

Temple de la Grande Loge Unie d’Angleterre – Le Temple (GLUA)

Et maintenant, frères, puis-je conclure cet article, et le conclure, comme chaque Loge est close, en paix et en concorde avec tous mes Frères, et avec l’antique prière que l’Ordre soit préservé par Dieu et que ses membres soient cimentés par toutes les vertus. Si, dans ce que j’ai écrit, la Franc-Maçonnerie a reçu une conception spiritualisée au-delà de sa compréhension commune, je n’ai fait que suivre l’exemple de nos Anciens Frères, qui, levant les yeux vers les collines d’où vient la force, ont travaillé sur les plus hautes éminences de l’esprit et ont discerné les Mystères, non avec les yeux de la chair, mais avec la vision et la compréhension de l’esprit. Il se peut que peu soient prêts à gravir ces hautes collines aujourd’hui, en cette époque plus que d’habitude troublée et sombre, mais néanmoins certains sont prêts et désireux de le faire malgré les grandes épreuves et tribulations qui accompagnent un monde en plein bouleversement, et c’est spécialement pour eux que j’ai compilé ce récit. Actuellement, l’esprit du monde domine toutes les institutions. La sagesse est peu apparente ; Faute de vision, le peuple périt ; et la quête de la lumière doit se poursuivre dans des conditions particulièrement difficiles. Mais il nous est rappelé qu’il existe un mystère d’obscurité autant que de Lumière ; et, entre les mains modelantes du Grand Architecte de la Maison de Vie, l’obscurité et la lumière se ressemblent et servent de piliers jumeaux qui, finalement, établiront la Maison dans la force. Ceux donc qui ne sont pas encore prêts à s’engager sur la voie supérieure de la compréhension des choses de l’Art, sont néanmoins intégrés à notre grande Fraternité, car, comme nous le rappellent les paroles d’une Ode maçonnique familière, nous sommes chargés et tenus d’étendre :

« Un doux accueil à tous ceux que nous rencontrons dans nos murs sacrés ; que Dieu accorde encore à ceux que nous saluons de se hâter lorsque le devoir les appelle. »

Finalement, il appartient au métier lui-même de décider s’il entrera dans son propre héritage en tant que successeur direct des anciens Mystères et de l’enseignement de la Sagesse, ou si, en échouant à le faire, il subira le sort inévitable de tout ce qui n’est que forme, dont l’esprit s’est éloigné.

Le symbolisme de l’arbre

SYMBOLE DE LA VIE

Selon la mythologie de l’ancienne Egypte, l’arbre représente les trois mondes. Souterrains par ses racines visibles, par son tronc et ses branches et l’invisible grâce aux mystères de son enseignement. L’un des enseignements secrets de l’arbre est constitué par sa sève. Elle demeure présente dans le tronc, lors du dépouillement du feuillage, ainsi la vie hivernale n’est qu’une apparence et non une réalité, elle indique un changement de vie.

L’arbre est un symbole de verticalité entre la terre et le ciel, il éprouve les changements provoqués par les saisons, à ces mutations correspondent les saisons de l’homme, enfance, jeunesse, maturité et vieillesse.

Il enseigne l’intériorité, le détachement, le mystère du dedans, est-il privé de parure, semble t-il endormi, mort, la sève perdure en lui.

Les frères maîtres peuvent connaître l’expression que l’on trouve dans un ancien rituel maçonnique de 1725, et qui fait allusion à «la chair quitte les os».

C’est à dire la séparation entre la chair mortelle et la nature immortelle : les os. L’expression maçonnique «Marrow in the Bone «, c’est à dire « la moelle dans l’os» dont les initiales sont M et B, expression que l’on peut associer symboliquement à cette explication à :

« la sève qui est dans l’arbre, autrement dit la lumière est intérieure et elle transcende la forme apparente de la mort. »

L’ARBRE DANS LA NATURE

Ses racines communiquent avec la terre et l’eau. A la verticalité du tronc s’ajoute l’horizontalité des branches quand à la ramure, feuilles, fleurs, fruits, elle accuse ses liens avec l’air.  La création assume la fonction d’un miroir dans lequel les arbres apparaissent comme des guides.

Le symbole de l’arbre est lié au développement de l’agriculture, environ 6000 ans av JC.

A l’ère agricole, c’est le monde végétal qui enseigne. Dans le monde de la chasse, si vous coupez une patte d’un lapin, elle ne repousse pas. L’arbre constitue une parfaite image de l’ordre cosmique, de la création réconciliée avec elle même.

A ses pieds reptiles, dans ses branches, insectes et oiseaux de toutes espèces. Il est signe d’alliance entre la terre qu’il fouille de ses racines et à laquelle il prend ses richesses, l’eau qu’il aspire et redistribue, l’air auxquelles, il offre ses feuilles, le feu solaire qui le fait croître, épanouit ses fleurs et ses fruits. Son ombre sur la plaine marque l’écoulement du jour, son feuillage, l’écoulement des saisons, il est maitre du temps qui passe.

Tout arbre est un arbre de vie car il symbolise la puissance, la longévité, la générosité, la patience, la protection. Chaque civilisation possède son arbre de vie, les Indiens ont élu le figuier, les Scandinaves, le sapin, les Celtes, le chêne, les Phéniciens, le cyprès, l’islam, l’olivier.

Egypte, l’acacia signifiait la régénération, d’où son symbole d’immortalité. Chez les hébreux, l’arche d’alliance avait été construite en bois d’acacia.

Le cèdre pour son extrême majesté aurait la caractéristique d’être incorruptible chez les hébreux, la charpente des temples étaient en cèdre. «Les justes s’élèvent comme les cèdres du Liban» Ps

L’olivier en Grèce, il était consacré à Athéna, pour les traditions Judéo-chrétiennes, il est symbole de paix.

Le laurier comme toutes les plantes qui demeurent vertes en hiver, il symbolise l’immortalité, les Romains en feront un symbole de gloire.

Le chêne est le roi des arbres, sacralisé depuis des siècles son symbole véhicule principalement la puissance de ses énergies et la solidité de son bois. St Louis rendait sa justice sous un chêne, il le coupait avec une faucille d’or.

Le képi des généraux est entouré de feuilles de chêne brodées à la main avec des fils d’or, elles symbolisent la victoire.

Le pommier, Dionysos Dieu du vin et de la poésie serait l’instigateur de la pomme ; il l’aurait crée afin de l’offrir à la déesse de l’amour Aphrodite. Sa rondeur évoque les seins de la femme et aussi le globe terrestre. Quand aux fleurs de pommiers, elles signifiaient la beauté féminine et la fraicheur de son teint.

Lorsqu’on coupe une pomme en deux, dans le secret de son centre, des alvéoles enveloppent les pépins et on peut observer une minuscule étoile à cinq branches, elle peut être interpréter comme la plénitude d’une connaissance initiatique. Réputée pour la qualité de sa nourriture, la pomme était associée à l’immortalité. Le texte de la genèse a pris comme symbole la pomme, les textes le précisent.

« l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal »

Gen 2,9

La doctrine de la chute de l’home qui a gouté le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal fait partie intégrante de notre culture occidentale au point que toute notre morale en est imprégnée. Le thème des deux arbres remarque Roger Cook n’appartient pas exclusivement ni au judaïsme, ni au christianisme. Les anciens Babyloniens avaient deux arbres, l’arbre de vérité et de l’arbre de vie qui se dressaient deux arbres colonnes.

Nous avons des sceaux sumériens datant de 3500 ans avant Jésus Christ qui représentent le serpent, l’arbre et la déesse qui offre des fruits aux visiteurs mâles. Que l’arbre soit un symbole de connaissance universelle tient tout d’abord à sa verticalité, le bas vers le haut, passage des ténèbres souterraines à la lumière céleste.

Il y a une différence fondamentale entre l’homme et l’arbre, c’est la mobilité de l’un et l’immobilité de l’autre : l’homme a ses pieds posés sur le sol où l’arbre s’enracine mais les cimes de l’arbre sont plus près du ciel que la tête de l’homme.

La dualité se trouve dans l’arbre lui-même qui est arbre de la connaissance du Bien et du Mal.

Pour la tradition Chrétienne, il s’agirait de la dualité du Bien et du Mal. La tradition judaïque Tov et Ra renvoient davantage à des notions accomplis et de non accomplis, de juste ou d’erroné. Je rappelle que le mot péché en hébreu signifie littéralement «manquer sa cible».

En mangeant du fruit de l’arbre de la connaissance, l’homme s’engage dans la roue des dualités, dans la di-vision, c’est à dire deux visions. Il se condamne à explorer horizontalement le sol qu’il doit travailler à la sueur de son tronc verticalement, à s’échiner, à grimper par degrés au tronc vertical de la connaissance d’où son horizon ne s’élargit que peu à peu et à grand peine.

Psychologie- Judaïsme- Kabbale

En psychologie, le test de l’arbre est important, il permettrait de découvrir les blocages d’évolution chez l’enfant.

Dans l’univers judaïque, l’arbre jouit d’une grande considération

« Si tu es arrêté longtemps au siège d’une ville, tu ne détruiras pas les arbres en portant sur eux la cognée ; ce sont eux qui te nourrissent, tu ne les couperas donc pas, car l’homme est un arbre des champs »

Deut, 20,19

Cet axiome du Talmud est d’une grande actualité écologique.

Pour la kabbale, l’arbre est au cœur de la transmission, il exprime l’idée d’une descente de l’esprit dans la matière, de Kether à Malkuth. Pour les maitres de la tradition, notre rôle serait d’inverser le processus et de ramener le matériel au spirituel. Cette vision n’est pas choquante pour les Franc-maçons.  Toutefois, il y a des religions qui refusent la matière, d’autres qui l’opposent comme les Grecs, et enfin beaucoup qui refusent la lumière.

L’Arbre Inversé

Les deux maîtres grecs d’Averroès : Platon et surtout Aristote. Panneau en marbre provenant de la façade nord, registre inférieur, du campanile de Florence. Attribué à Luca della Robbia, vers 1437-1439.

L’arbre céleste inversé est l’arbre de vie, tandis que l’arbre terrestre est celui qui nous mène à cette vie, l’arbre du bien et du mal. Il y a entre eux une analogie, comme « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas». (L’analogie n’est pas une comparaison parallèle mais un effet miroir identique et inverse).selon R.Guénon

L’arbre retourné serait l’image restitué du sens réel de la vie, la vie vient d’en haut, elle vient du céleste et de l’Eternel. L’homme doit s’y pendre, tel le pendu du tarot, il doit retourner sa vision afin de rétablir le courant entre lui et sa source de vie.

Dans cette arcane, l’homme est pendu par les pieds entre deux troncs d’arbres, symbole de verticalité comme le sont les deux colonnes à l’entrée du temple. Elles marquent les limites du monde profane, la demeure de l’Un.

Pour le Zohar III, 18,3 :

« le juste est le fondement du monde, le juste est une colonne qui va de la terre au ciel et selon que cette colonne qui porte l’univers se fortifie ou s’affaiblit l’univers lui-même gagne ou perd en force ».

L’universalité du symbolisme de l’arbre témoigne d’un lien primordial entre l’arbre et l’homme sous tous les continents et à travers le temps. Il n’est pas étonnant qu’il soit un symbole de l’initiation que ce soit sous sa forme propre ou sous celle de la croix. Il nous apprend que rien ne meurt que tout se transforme pour le miracle d’une seule chose. Il nous apprend que la nature est le premier livre de la révélation, tout homme ne sachant, ni lire, ni écrire peut percevoir L’Eternel mouvement de le Vie.

« Si tu veux connaître l’invisible regarde le visible »

Talmud

Métaphysique: « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie »

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TRANSUBSTANTIATION est constitué d’un échange entre un étudiant et un Maître symbolique qui dégage des réponses inédites. Qu’il s’agisse de notre origine ou des raisons de notre présence sur terre, l’ouvrage permet au lecteur de se frotter à la philosophie comme aux sciences humaines tout en mesurant le sens grandiose de notre existence spirituelle. Ce livre ne contient aucun dogme religieux, aucune intolérance sectaire. Il s’adresse à des esprits libres, sans préjugés mais capables de mesurer les lumières de la divine Providence.

Claude Le Moal, actuellement retraité au cœur de la Toscane française ( le Gers), Après avoir exercé différents métiers, de coursier à l’Agence Havas, rue de Vivienne à Paris, dès l’âge de 14ans, d’électricien au sein de l’entreprise paternelle, puis d’ électromécanicien pour une grande entreprise américaine (Otis ascenseurs)…il a poursuivi dans le commercial, avec responsabilité d’agence et de sociétés anonymes en tant que directeur général. Entrée dans la finance à la Banque Rothschild il y est devenu fondé de pouvoir. Il a aussi lancé une entreprise de diffusion de compléments alimentaires à caractère thérapeutique, durant 25 ans – Parallèlement à ses activités, il a poursuivi des recherches dans le domaine de l’alchimie, l’hermétisme et la Métaphysique.

Le secret maçonnique : Peut-on le garder ?

Dans certains rituels, le ou la vénérable, ouvre les travaux en prononçant la phrase « Le secret est disponible » !

Les initiés comprennent très bien que la disponibilité ne veut pas dire que la connaissance est disponible mais bien que le secret doit être pratiqué y compris pendant les travaux rituels !

Peut-être le sujet maçonnique le plus difficile à aborder !

Notre frère, de façon méthodique, dédramatise le sujet, la pratique du secret en franc-maçonnerie, et le magnifie !

Celles et ceux qui connaissent Jean Dumonteil ne seront pas étonnés qu’il ait relevé le défi !
En sept chapitres et autant de questions, l’auteur aborde les différentes entrées dans le sujet en ne se privant pas d’une liberté de parole qui fait plaisir.

Table des matières


I – Secret maçonnique : existe-t-il un malentendu ?
II – La spiritualité nécessite-t-elle le secret ?
III – Le silence est-il le commencement du secret ?
IV – Secret et sacré sont-ils des chemins de la vérité ?
V – Secret, rite et traditions, sont-ce d’autres façons d’exprimer l’ineffable ?
VI – Secret et mystère sont-ils les remparts de l’ésotérisme ?
VII – Pratiquer la fraternité dans l’honneur, est-ce un objectif hors d’atteinte ?

Chaque chapitre se termine par un « Nous sommes-nous bien compris ? » qui permet de mettre en valeur les messages fondamentaux du chapitre concerné.

Le secret renvoie à la connaissance.

La connaissance sur le plan ésotérique nous conduit au sacré !

La connaissance sur le plan profane renvoie aux pouvoirs.

Le secret c’est bien sûr, au premier degré, une convention : ce que l’on a ou pas le droit de dire, de divulguer et de transmettre !

Le secret au troisième degré mène à l’ineffable et au silence !

Selon les époques, selon les conventions, certaines connaissances n’étaient pas autorisées à être divulguées par celles et ceux qui les possédaient ! L’histoire des idées montre que le domaine des interdits s’est rétrécit.

Oui le secret existe et doit être compris ! Non il n’y a pas de secret pour protéger les dérives comportementales !

La démarche maçonnique permet l’accès à des connaissances ; parmi celles-ci, certaines sont du domaine des relations interpersonnelles alors que d’autres concernent ce que Jean Dumonteil nomme « l’ineffable ».

C’est dans cette approche de l’ineffable que, même si l’expression n’est pas écrite, on pourrait dire que l’auteur apporte une réponse positive à la question qui constitue le titre de l’ouvrage : Oui, il faut garder le secret maçonnique !

Je me permettrais d’ajouter qu’à mon humble avis, celui ou celle qui possède la connaissance acquise par le parcours maçonnique sait très bien qu’il est obligé de garder le secret sur son contenu car qui pourrait comprendre l’intimité de cette connaissance ?

Finalement le secret s’impose à celui qui sait qu’il approche la Vérité.

En conclusion, l’intérêt de cet ouvrage me semble justifié par les réponses qu’il apporte aux nouveaux (et parfois anciens) initiés qui semblent affolés par les menaces qu’ils ont perçues en entendant des paroles menaçantes au cas où ils ou elles contreviendraient au serment ! Jean Dumonteil rappelle qu’il s’agit d’abord d’une question éthique où chacun est face à sa conscience dans la solitude et le silence !

Une réflexion fondamentale dans la pensée symbolique : L’interdit !

Le secret maçonnique rentre dans la catégorie des interdits ! L’interdit est un élément de la pensée symbolique et ceci de trois manières :

1. L’interdit marque le sacré

Dans toutes les cultures traditionnelles, ce qui est sacré est séparé, mis à part, interdit d’accès sauf dans des conditions précises. L’interdit trace la frontière entre le profane et le sacré !

Exemple :

  • Le fruit défendu dans la Genèse
  • Le nom imprononçable de Dieu dans la tradition hébraïque
  • L’arbre sacré ou le lieu interdit dans les mythes archaïques

Ces interdits ne sont pas là pour punir, mais pour signaler qu’un mystère se cache au-delà, et qu’il ne peut être abordé qu’avec respect, préparation et métamorphose.

2. L’interdit est le moteur de l’initiation

Dans les traditions initiatiques (comme en franc-maçonnerie, dans les mystères antiques ou les mythes chamaniques), l’interdit structure le passage :

  • Il crée une tension,
  • Il éveille la quête,
  • Il pousse à franchir un seuil, en conscience.

L’interdit pousse à sa transgression : c’est le moteur de l’initiation !

3. L’interdit est le langage de l’inconscient

La psychanalyse nous a démontré que l’interdit est ce qui :

  • Structure le désir,
  • Marque la loi intérieure,
  • Fonde la morale et la culture.

Il n’est donc pas un simple “non”, mais une organisation symbolique du rapport entre soi, l’autre, le monde et l’invisible.

L’interdit est la clé du passage, à condition de l’affronter avec courage, conscience et transformation.

Pour plusieurs raisons, il y a une relation entre les mots “clef” et “secret” ! On le trouve aussi dans un rituel maçonnique !

Ainsi pourrait-on dire que le secret maçonnique est à la fois un interdit et une clef qu’il faut savoir manier pour accéder aux mystères ! On ne dira pas comment …

Date de parution : 27/02/2025

Editeur : Dervy-Livres

Collection : Outils Maconniqyes Du 21e Siec

Nombre de pages : 100

Prix : 9,90 €

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Les Francs-maçons centrafricains s’émancipent : une nouvelle ère pour la Franc-maçonnerie en Afrique Centrale

De notre confrère africaintelligence

Une nouvelle page s’écrit dans l’histoire de la Franc-maçonnerie en République centrafricaine (RCA). Selon une révélation d’Africa Intelligence, l’entité maçonnique centrafricaine, jusqu’alors simple cellule « provinciale » de la Grande Loge du Congo, a réuni les conditions nécessaires pour obtenir son autonomie complète. Ce mouvement d’émancipation, bien plus qu’une formalité administrative, marque un tournant symbolique et stratégique pour les Francs-maçons centrafricains, dans un contexte où la Franc-maçonnerie africaine cherche à s’affranchir des tutelles historiques pour affirmer une identité propre. Décryptage d’un phénomène qui dépasse les frontières de la RCA et interroge les dynamiques maçonniques en Afrique francophone.

Une autonomie longuement mûrie

La Franc-maçonnerie centrafricaine n’est pas une nouveauté. Depuis des décennies, elle opère sous l’égide de la Grande Loge du Congo, une obédience influente en Afrique centrale, souvent perçue comme un bastion des loges dites « régulières », c’est-à-dire affiliées à des traditions maçonniques conservatrices, proches de la Grande Loge unie d’Angleterre. Cette tutelle congolaise, bien que structurante, reflétait une forme de dépendance héritée des dynamiques postcoloniales. La Grande Loge du Congo, dirigée par des figures comme le président Denis Sassou Nguesso – lui-même une figure tutélaire de la Franc-maçonnerie africaine –, a longtemps joué un rôle de « grand frère » pour les loges de la région, y compris en RCA.

Mais cette dépendance n’était pas sans tensions. En RCA, les Francs-maçons locaux, souvent issus des élites urbaines et politiques, aspiraient à une autonomie qui leur permettrait de mieux répondre aux enjeux spécifiques de leur pays. La RCA, marquée par des décennies d’instabilité politique et de conflits armés, a vu ses institutions maçonniques fonctionner dans un cadre discret, voire clandestin, pour éviter les persécutions politico-religieuses. L’autonomie nouvellement acquise offre donc une opportunité de renforcer leur visibilité et leur influence, tout en s’éloignant de l’ombre pesante du Congo-Brazzaville.

Un contexte maçonnique africain en mutation

Pour comprendre l’ampleur de cette émancipation, il faut replacer l’événement dans le contexte plus large de la Franc-maçonnerie en Afrique francophone. Introduite dès 1781 à Saint-Louis du Sénégal par le Grand Orient de France, la Franc-maçonnerie africaine est un héritage colonial qui s’est progressivement africanisé après les indépendances des années 1960. Cependant, elle reste marquée par une forte influence des obédiences européennes, notamment françaises, comme la Grande Loge nationale française (GLNF) ou la Grande Loge de France (GLDF). En RCA, comme dans d’autres pays, les loges ont souvent été perçues comme des instruments de cooptation des élites par les pouvoirs en place, un rôle qui a alimenté une défiance croissante envers leur indépendance.

Cette défiance est particulièrement palpable dans les loges « régulières », dont la Grande Loge du Congo est un pilier. Ces loges, qui proscrivent officiellement l’athéisme et le débat politique, sont souvent traversées par des ambitions politiques, comme le soulignent des enquêtes d’Africa Intelligence. Denis Sassou Nguesso, qui a initié des figures comme le président tchadien Idriss Déby au début des années 2000, incarne cette imbrication entre pouvoir politique et Franc-maçonnerie. En RCA, cette proximité a parfois été mal vécue, notamment sous la présidence de François Bozizé (2003-2013), lui-même Franc-maçon initié par Sassou Nguesso, qui s’appuyait sur les réseaux maçonniques pour asseoir son pouvoir.

L’émancipation des Francs-maçons centrafricains peut donc être lue comme une volonté de s’affranchir de ces réseaux d’influence régionaux, dominés par des figures comme Sassou Nguesso. Elle s’inscrit aussi dans une dynamique plus large de « rééquilibrage » des relations maçonniques en Afrique centrale. Par exemple, au Gabon, le nouveau grand maître Jacques-Denis Tsanga a récemment réorienté les alliances de la Grande Loge du Gabon vers les loges congolaises et françaises, au détriment de l’obédience béninoise, illustrant une reconfiguration des rapports de force.

Les conditions de l’autonomie

Quelles sont les « conditions » mentionnées par Africa Intelligence pour cette autonomie ? Si les détails précis restent confidentiels – une pratique courante dans le monde maçonnique –, plusieurs critères sont généralement requis pour qu’une entité maçonnique accède à l’indépendance. D’abord, il faut un nombre suffisant de loges actives et de membres pour garantir la viabilité de l’organisation. En RCA, malgré les défis liés à l’instabilité du pays, les loges ont su se maintenir, souvent grâce à la discrétion et à la résilience de leurs membres, majoritairement issus des élites intellectuelles et administratives.

Ensuite, une obédience autonome doit démontrer sa capacité à fonctionner selon les principes maçonniques « réguliers », comme le respect des landmarks (règles fondamentales de la Franc-maçonnerie traditionnelle) et l’absence de débat politique ou religieux en loge. Enfin, elle doit obtenir la reconnaissance d’autres grandes loges, un processus qui peut être long et politiquement chargé. Dans le cas centrafricain, l’autonomie a probablement été facilitée par un soutien de la GLNF, à laquelle la Grande Loge du Congo est affiliée, mais aussi par une volonté de diversifier les alliances, notamment avec des obédiences comme la Grande Loge de France ou même des loges anglophones.

Une émancipation aux enjeux multiples

Cette autonomie n’est pas sans enjeux. Sur le plan interne, elle pourrait renforcer l’influence des Francs-maçons centrafricains dans un pays où les institutions étatiques sont fragiles. La RCA, encore marquée par les conflits armés et les luttes de pouvoir, pourrait voir les loges jouer un rôle accru dans la médiation sociale ou politique, comme elles l’ont tenté – sans succès – au Congo-Brazzaville en 1997, lors des affrontements entre Denis Sassou Nguesso et Pascal Lissouba, tous deux Francs-maçons mais d’obédiences opposées.

Sur le plan régional, cette émancipation pourrait redéfinir les équilibres maçonniques en Afrique centrale. La Grande Loge du Congo perd une partie de son influence directe, ce qui pourrait affaiblir son rôle de pivot régional. Par ailleurs, des posts sur X datés du 25 mars 2025, comme ceux de

@Sahelintel1 et

@LucaMainoldi, interprètent cet événement comme une émancipation non seulement du Congo, mais aussi, indirectement, de la tutelle française, via la GLNF. Cette lecture, bien que spéculative, reflète un sentiment partagé : la Franc-maçonnerie africaine aspire à une identité propre, moins dépendante des obédiences occidentales.

Enfin, sur le plan symbolique, cette autonomie s’inscrit dans un mouvement plus large de construction d’une « afro-maçonnerie », comme le note Wikipédia. Depuis le début du XXIe siècle, des loges africaines cherchent à réinventer leurs rites dans une perspective locale, intégrant des éléments culturels africains tout en s’inspirant de modèles comme les loges Prince Hall, historiquement liées aux communautés afro-américaines. En RCA, cette quête d’identité pourrait revitaliser une Franc-maçonnerie souvent perçue comme élitiste et déconnectée des réalités locales.

Défis et perspectives

L’autonomie des Francs-maçons centrafricains, si elle est une victoire, n’est pas exempte de défis. Le premier est celui de l’indépendance réelle : comment éviter que cette nouvelle obédience ne devienne, comme dans d’autres pays, un instrument au service du pouvoir en place ? En RCA, où les élites politiques et maçonniques sont souvent imbriquées, ce risque est réel. Le deuxième défi est celui de la reconnaissance internationale : sans l’appui de grandes loges influentes, l’obédience centrafricaine pourrait rester marginale.

Enfin, les loges centrafricaines devront naviguer dans un environnement hostile, marqué par les critiques des courants religieux, notamment chrétiens, qui dénoncent régulièrement la Franc-maçonnerie comme une organisation secrète et anti-religieuse. Ce climat de suspicion, exacerbé par l’instabilité du pays, pourrait compliquer leur développement.

Une étape vers une Franc-maçonnerie africaine souveraine ?

L’émancipation des Francs-maçons centrafricains de la Grande Loge du Congo est un événement significatif, mais elle n’est qu’une étape dans un processus plus vaste. À l’heure où la Franc-maçonnerie africaine cherche à s’affranchir des héritages coloniaux, cette autonomie pourrait inspirer d’autres obédiences de la région, comme au Tchad ou au Cameroun, où les loges restent sous influence française ou congolaise. Elle pose aussi la question de l’avenir des loges « régulières » : continueront-elles à dominer, ou verront-elles émerger des obédiences plus libérales, comme celles affiliées au Grand Orient de France, qui tolèrent les débats politiques et l’athéisme ?

En attendant, les Francs-maçons centrafricains célèbrent une victoire symbolique. Dans un pays où les institutions peinent à s’imposer, cette nouvelle obédience pourrait, si elle reste fidèle à ses idéaux, devenir un espace de dialogue et de réflexion. Mais, comme le souligne Claude Wauthier dans Le Monde diplomatique (1997), la Franc-maçonnerie africaine doit encore prouver qu’elle peut transcender les rivalités politiques et religieuses pour incarner une véritable force d’humanisme et de fraternité. L’avenir dira si les Francs-maçons centrafricains relèveront ce défi.