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La Revue de Presse FM France & Monde

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Samedi 12 septembre 2026

Mes très chères Sœurs, mes très chers Frères,

De la France aux horizons du monde, 450.fm vous propose un regard quotidien sur l’actualité maçonnique, ses échos dans la presse et les débats qui traversent nos sociétés. Entre vie des obédiences, culture, histoire et questions contemporaines, cette revue rassemble les informations utiles pour nourrir notre réflexion et exercer ce discernement auquel nous invite la démarche initiatique.

Période couverte : alertes reçues du jeudi 10 septembre 2026 à 16 heures au vendredi 11 septembre 2026 à 16 heures, heure de Paris.Vendredi 11 septembre 2026

FRANCE – Obédiences, société et débats publics

Guillaume Trichard retrouve la Grande Maîtrise du Grand Orient de France

Guillaume Trichard

Lyon Capitale – presse régionale | France | 10 septembre 2026 à 16 h | Français |

Le quotidien régional revient sur la réélection de Guillaume Trichard, originaire du Beaujolais, et sur les priorités qu’il assigne au GODF : lutte contre les extrémismes, santé globale, dignité du grand âge, éducation populaire et protection des Francs-Maçons menacés. Sa venue à Villefranche-sur-Saône, le 14 septembre, doit permettre de préciser ce cap.

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Guillaume Trichard expose à 450.fm le cap de sa mandature

450.fm – presse maçonnique, entretien | France | 11 septembre 2026 | Français |

L’entretien annonce notamment la volonté de renforcer les coopérations internationales entre Franc-Maçonneries libérales et adogmatiques, dans un contexte où certains Frères sont menacés en raison de leur appartenance. La notice repose sur l’extrait de l’alerte et l’index du journal ; les développements complets devront être lus dans l’article.

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Écoles hors contrat : la controverse autour des propos du Grand Maître s’internationalise

EWTN Italie – média catholique ; Le Salon Beige – blog d’opinion | France, regard italien |

EWTN traduit le débat français en affrontement historique entre Maçonnerie et enseignement catholique, tandis que la Fédération des parents d’élèves des écoles indépendantes répond à Guillaume Trichard. Ces publications expriment un cadrage confessionnel et militant. Elles ne doivent pas conduire à confondre l’ensemble des écoles privées avec le seul secteur hors contrat visé par la déclaration.

Lire EWTN Italie · Lire la réponse de la FPEEI

Emmanuel Pierrat

Emmanuel Pierrat condamné à deux ans de prison avec sursis pour harcèlement moral

450.fm – presse maçonnique ; décision corroborée par Actu-Juridique et Le Parisien | France |

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’avocat, présenté par 450.fm comme membre du GODF, pour le harcèlement moral de dix-huit anciens collaborateurs. Il devra aussi indemniser les victimes ; aucune interdiction d’exercer n’a été prononcée. Cette décision pénale, distincte d’une sanction disciplinaire antérieure, appelle une restitution factuelle, sans atténuation ni extrapolation maçonnique.

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« Passages » : les Minutes de liberté maçonnique du Droit Humain

Fédération française du Droit Humain – communication institutionnelle, podcast | France |

La Fédération française du Droit Humain publie un nouvel épisode de ses « Minutes de liberté maçonnique » consacré aux passages. Le thème touche naturellement aux seuils, aux changements d’état et à la transformation initiatique. La page n’ayant pas pu être ouverte, aucun contenu précis ni aucune citation du podcast ne sont ici reconstitués.

Écouter le podcast

Étampes : laïcité, spiritualité et Franc-Maçonnerie en débat

Grand Orient de France – communication institutionnelle | France |

Une conférence publique organisée par une Loge du GODF se tiendra le 9 octobre à l’établissement public de santé Barthélemy-Durand, à Étampes. En rapprochant laïcité et spiritualité, l’intitulé invite à penser une articulation souvent caricaturée : garantir la liberté de conscience n’interdit nullement l’expérience intérieure, mais protège précisément la pluralité de ses expressions.

Voir l’annonce · Consulter l’agenda du GODF

Mahsa Jina Amini : le GODF fait de la mémoire un devoir de justice

450.fm – presse maçonnique | France / Iran | 10 septembre 2026 | Français |

Le 16 septembre, le GODF projettera à Paris le documentaire « Iran : Plaidoyer pour la justice », quatre ans après la mort en détention de Mahsa Jina Amini. Producteur, sociologue, équipe du film et représentants de l’Obédience participeront à la rencontre. L’événement relie liberté de conscience, dignité des femmes et vigilance envers la répression politico-religieuse.

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FRANCE – Patrimoine et transmission

La Grande Loge de France ouvre plusieurs Temples pour les Journées du patrimoine

La Grande Loge de France, rue Puteaux Paris XVIIe.
La Grande Loge de France, rue Puteaux Paris XVIIe.

Le Populaire du Centre et Grande Loge de France – presse régionale et communication institutionnelle | France |

À Couzeix, Villefranche-de-Rouergue et Carsac-Aillac, la GLDF associe visites guidées, présentation des symboles et conférences sur l’engagement maçonnique. Villefranche propose trois créneaux sur inscription ; Carsac ouvre son Temple pendant deux jours et accueille, le samedi à 17 h 30, une conférence du Premier Grand Maître adjoint. Le patrimoine devient ainsi médiation vivante.

Couzeix – Le Populaire · Villefranche-de-Rouergue – GLDF · Carsac-Aillac – GLDF

Rillieux-la-Pape : la GLNF ouvre son Temple et son musée

Logo-GLNF-Officiel

Le Progrès – presse régionale | France | 10 septembre 2026 | Français |

La Grande Loge Nationale Française annonce l’ouverture au public de son Temple situé 140 avenue de l’Industrie, à Rillieux-la-Pape, ainsi que de son musée. Le détail du programme reste derrière l’accès abonnés. Cette ouverture permet néanmoins de confronter les représentations fantasmées de la Loge à un lieu réel, inscrit dans une histoire, une architecture et une pratique.

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La GLTSO ouvre ses Temples : « Raviver, Résister, Réimaginer »

450.fm, d’après un communiqué de la GLTSO – presse maçonnique et source institutionnelle | France |

Le dimanche 20 septembre, la GLTSO accueillera le public à Saint-André-lez-Lille, Levallois-Perret et Villeurbanne pour des visites et conférences sur inscription. Son triptyque invite à recevoir un héritage sans le figer : raviver les sources, résister à l’effacement et réimaginer la transmission. Le Temple se présente moins comme décor que comme architecture de pensée.

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L’ésotérisme dans le rituel maçonnique : une lecture du travail intérieur

GADLU.INFO – blog maçonnique | France |

Le billet annoncé interroge la raison de la participation aux travaux de Loge et l’associe à la taille de la pierre brute, à la maîtrise des passions et au progrès intérieur. Cette approche relève d’une interprétation initiatique du rituel, non d’une enquête historique. Le texte complet n’étant pas accessible, ses arguments précis ne sont pas reconstruits.

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Marcas-Ravenne-et-Giacometti
Marcas-Ravenne-et-Giacometti

« Marcas, Maître Franc-Maçon » : « Le Rituel de l’ombre » en édition intégrale

Decitre et Furet du Nord – fiches commerciales de librairie | France |

Les libraires annoncent une édition intégrale du « Rituel de l’ombre » d’Éric Giacometti, dans la série « Marcas, Maître Franc-Maçon ». Ces fiches ne constituent ni une critique ni une information éditoriale indépendante, mais elles signalent la réunion d’un récit où l’imaginaire du secret maçonnique sert les ressorts du thriller et de la bande dessinée populaire.

Voir chez Decitre · Voir au Furet du Nord

FRANCE – Veille critique des discours

Quand un site polémique prétend que l’armée serait « passée en revue » par le GODF

Riposte Laïque – site d’opinion polémique | France |

Le titre et l’extrait associent la hiérarchie militaire, des appartenances supposées et le Grand Orient dans un registre accusatoire. Faute d’accès au texte et de documents établissant les liens avancés, aucune de ces insinuations n’est reprise comme un fait. Ce signalement relève surtout de la veille sur la permanence d’un imaginaire antimaçonnique des réseaux cachés.

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MONDE – Australie – Justice et sécurité

Bondi : une irrégularité de sécurité incendie conduit le centre maçonnique devant le tribunal

Daily Telegraph / Wentworth Courier – presse | Australie | 10 septembre 2026 | Anglais |

Le Bondi Masonic Centre avait omis de remettre sa déclaration annuelle de sécurité incendie et a plaidé coupable après une convocation judiciaire. Le juge a finalement classé l’affaire sans condamnation. Le titre joue sur le « secret brûlant » maçonnique ; les faits rapportés relèvent plus simplement d’une obligation réglementaire et de sa régularisation judiciaire.

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MONDE – Bulgarie – Justice et soupçon d’appartenance

Conseil supérieur de la magistrature : Atanas Slavov invoque le risque des fidélités de Loge

Fakti.bg, d’après Bulgaria ON AIR – presse | Bulgarie |

L’ancien ministre de la Justice Atanas Slavov exige indépendance et intégrité des candidats au nouveau Conseil supérieur de la magistrature. Il évoque les Francs-Maçons et les Templiers pour opposer la loi aux fidélités fraternelles. Il s’agit d’une mise en garde politique générale : l’article ne démontre l’appartenance d’aucun candidat ni une influence maçonnique déterminée.

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MONDE – Italie – Politique et représentations

Luca Sforzini récuse le récit de « pouvoirs forts » autour de Vannacci

Visione TV – entretien vidéo / média d’opinion | Italie |

Luca Sforzini rejette l’idée d’une « Maçonnerie obscure » agissant autour de Roberto Vannacci et affirme appartenir à une Maçonnerie régulière. La formule visant des « Maçons improbables » relève de son jugement personnel. La page n’ayant pas pu être consultée, le contexte politique complet et les personnes éventuellement mises en cause restent à vérifier.

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MONDE – Royaume-Uni – Solidarité et patrimoine

Inondations au Népal : 50 000 livres d’aide financées par la charité maçonnique

Lancashire Post et Stand Up For Southport – presse locale ; Freemasons’ Charity – source institutionnelle | Royaume-Uni / Népal |

La Freemasons’ Charity finance une aide d’urgence de 50 000 livres, acheminée par la Croix-Rouge britannique avec son homologue népalaise auprès des victimes d’inondations. Les deux articles locaux associent ce soutien aux Francs-Maçons du Lancashire occidental. La reprise groupée évite de transformer une même opération nationale de solidarité en plusieurs informations distinctes.

Lire le Lancashire Post · Lire le relais de Southport

Wisbech et March : des lieux maçonniques participent aux journées portes ouvertes

Fenland Citizen – presse locale | Royaume-Uni | Date de publication non vérifiée | Anglais | Article inaccessible ; extrait Google Alerts

À l’occasion des Heritage Open Days, des sites historiques de Wisbech et March accueilleront le public, avec des membres disponibles pour expliquer la Franc-Maçonnerie, son héritage local et ses actions caritatives. Le programme détaillé repose sur l’extrait de l’alerte. Cette médiation de proximité fait du patrimoine bâti un seuil vers la rencontre plutôt qu’un simple objet de curiosité.

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Dix ans de festivals caritatifs et 86 millions de livres annoncés

Freemasons’ Charity sur Instagram – communication institutionnelle et réseau social | Royaume-Uni |

La publication institutionnelle affirme que le système des festivals maçonniques a permis de réunir 86 millions de livres depuis 2016. Le chiffre n’a pas été vérifié dans un rapport financier au cours de cette revue et doit donc rester attribué à l’organisme. Il témoigne néanmoins de la place structurelle donnée à la philanthropie dans la Maçonnerie britannique.

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MONDE – États-Unis – Solidarité locale

Wisconsin : deux Loges soutiennent les repas scolaires et un camp de jeunesse

Grand Lodge of Wisconsin – communication institutionnelle | États-Unis | Mise en ligne en septembre 2026 ; jour non indiqué | Anglais |

La Loge de Waterloo a versé 2 000 dollars à chacun de deux programmes scolaires destinés à financer des repas, avec l’appui du programme « Acts of Kindness ». À Ladysmith, une autre Loge annonce un don au Trail’s End Youth Camp. Ces communications illustrent une philanthropie de proximité, mais ne constituent pas une couverture de presse indépendante.

Waterloo – repas scolaires · Ladysmith – camp de jeunesse


FRANCE – Vie publique, justice et liberté de conscience

Guillaume Trichard attendu à Villefranche-sur-Saône le 14 septembre

Lyon Capitale – presse régionale | Publication : 10 septembre 2026, 16h00 | Langue : Français |

Lyon Capitale revient sur le retour de Guillaume Trichard à la Grande Maîtrise du GODF et annonce son déplacement dans le Beaujolais le 14 septembre. Le journal présente les « Chantiers de la République », cycle de conférences publiques destiné à porter les orientations de l’obédience dans les territoires.

Lyon Capitale – presse régionale

Mahsa Jina Amini : une soirée de mémoire et de justice rue Cadet

450.fm – presse maçonnique, annonce et analyse | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français |

Le GODF accueillera le 16 septembre, de 19h30 à 22h00, la projection d’Iran : Plaidoyer pour la justice, suivie d’une conférence avec notamment Hirbod Dehghani-Azar et Chahla Chafiq. Organisée au Temple Arthur Groussier, sur inscription, la rencontre relie la mémoire de Mahsa Jina Amini à la défense des libertés.

450.fm – presse maçonnique, annonce et analyse

Emmanuel Pierrat

Emmanuel Pierrat : une condamnation pour harcèlement moral rapportée par 450.fm

450.fm – presse maçonnique, compte rendu judiciaire | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français |

Selon 450.fm, Emmanuel Pierrat a été condamné le 9 septembre à deux ans de prison avec sursis pour le harcèlement moral de dix-huit anciens collaborateurs, sans interdiction d’exercer. Son ancienne associée a été relaxée. Le jugement intégral n’a pas été consulté et le caractère définitif de la décision n’est pas établi ici.

450.fm – presse maçonnique, compte rendu judiciaire

Rue Cadet : le tag contre le GODF ravive la question de l’antimaçonnisme

450.fm ; GADLU.INFO – article et reprise sur un blog maçonnique | Publication : 9 septembre 2026 pour 450.fm ; reprise le 10 septembre | Langue : Français |

450.fm rapporte une dégradation du siège du GODF dans la nuit du 5 au 6 septembre et le dépôt d’une plainte, information également relayée par GADLU.INFO. L’article analyse le vocabulaire de l’influence cachée comme un ressort du soupçon antimaçonnique, sans que l’identité des auteurs de l’inscription soit établie.

450.fm ; GADLU.INFO

Les obsèques de Charles Josselin alimentent un nouveau commentaire catholique

Tribune Chrétienne – média confessionnel, opinion | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Après le cas de François Patriat, Tribune Chrétienne prend les obsèques catholiques de Charles Josselin pour interroger la cohérence de la pratique ecclésiale envers les Francs-Maçons. L’article défend une position doctrinale restrictive ; cette appréciation appartient au média et ne constitue ni une décision épiscopale publiée ni une enquête sur la conscience des défunts.

Tribune Chrétienne – média confessionnel, opinion

Écoles indépendantes : des réponses aux prises de position du GODF

Le Salon Beige ; Famille Chrétienne – publications catholiques d’opinion | Publication : Dates de publication non vérifiées | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Le Salon Beige annonce une réponse de la Fédération des Parents d’Élèves des Écoles Indépendantes au Grand Maître du GODF, tandis que Famille Chrétienne défend la liberté de l’enseignement catholique. Ces deux signalements reposent sur les extraits Google Alerts : les textes complets étant inaccessibles, leurs arguments détaillés ne sont pas repris.

Le Salon Beige ; Famille Chrétienne – publications catholiques d’opinion · Famille Chrétienne

Riposte Laïque s’en prend à la visibilité publique du Grand Orient

Riposte Laïque – site d’opinion | Publication : Date de publication non vérifiée | Langue : Français |

Sous un titre consacré à l’armée française et au chef du Grand Orient, Riposte Laïque mobilise des références à l’appartenance maçonnique de personnalités publiques. La page étant inaccessible, le signalement repose uniquement sur l’extrait Google Alerts ; ses insinuations ne sont pas reprises comme des faits, ni ses affiliations affirmées comme vérifiées.

Riposte Laïque – site d’opinion

À Angoulême, une conférence de conversion dans un cadre polémique

Médias-Presse.Info – média catholique traditionaliste, annonce | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Médias-Presse.Info annonce, le 3 octobre à 11h00, une intervention de Serge Abad-Gallardo sur sa conversion après son parcours maçonnique. Le texte d’accompagnement lui attribue une dénonciation générale de la Franc-Maçonnerie comme adversaire du catholicisme. Ce discours militant doit être distingué d’un travail historique et d’une description impartiale des obédiences.

Médias-Presse.Info – média catholique traditionaliste, annonce

FRANCE – Les temples s’ouvrent au public

Villefranche-de-Rouergue : trois rendez-vous pour découvrir le Temple

Grande Loge de France – communication institutionnelle | Publication : Mise en ligne non datée ; événement les 19 et 20 septembre 2026 | Langue : Français |

La GLDF annonce des visites guidées d’une heure trente, uniquement sur inscription : samedi 19 septembre à 16h00, puis dimanche 20 à 10h00 et 16h00. Cette ouverture propose une découverte accompagnée du lieu maçonnique, où l’explication des usages et des symboles peut donner sa profondeur à la visite patrimoniale.

Grande Loge de France – communication institutionnelle

La GLTSO ouvre ses temples dans trois villes

450.fm – presse maçonnique, relais d’un communiqué GLTSO | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Saint-André-lez-Lille, Levallois-Perret et Villeurbanne accueilleront le public le dimanche 20 septembre pour des visites et conférences. L’article précise qu’une inscription préalable est indispensable, avec confirmation et pièce d’identité à présenter. Le programme associe découverte des lieux et rencontre avec leurs membres, autour d’une réflexion sur la transmission d’un patrimoine vivant.

450.fm – presse maçonnique, relais d’un communiqué GLTSO

Rillieux-la-Pape : le Temple et le musée de la GLNF annoncés au programme

Le Progrès – presse régionale | Publication : 10 septembre 2026, 19h48 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Le Progrès signale l’ouverture du Temple de la GLNF et de son musée, au 140 avenue de l’Industrie, pour les Journées du patrimoine. Seul le début de l’article est accessible : l’annonce est confirmée, mais les horaires et modalités de visite ne peuvent pas être précisés à partir de ce contenu.

Le Progrès – presse régionale

Clermont-Ferrand : la GLDF parmi les lieux à découvrir

La Montagne – presse régionale | Publication : Date de publication non vérifiée | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Dans une sélection de lieux insolites du Puy-de-Dôme, La Montagne annonce un accueil par les Francs-Maçons de la GLDF les 19 et 20 septembre, de 10h00 à 18h00. La notice repose sur l’extrait Google Alerts, l’article étant inaccessible ; adresse et conditions d’accès restent à confirmer avant déplacement.

La Montagne – presse régionale

Saint-Germain-en-Laye : visites et conférences au Temple La Bonne Foi

Sortiraparis – agenda culturel | Publication : Date de mise à jour non relevée ; événement les 19 et 20 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Le programme annonce des visites guidées et une présentation d’objets et de décors maçonniques, de 14h00 à 18h00 les deux jours. Une conférence de découverte est prévue à 16h00 chaque après-midi. L’accès est indiqué gratuit et sans réservation, offrant une entrée concrète dans la compréhension du patrimoine maçonnique local.

Sortiraparis – agenda culturel

FRANCE – Conférences et transmission

Lauriane Josende annoncée au Grand Orient le 23 septembre

Ouillade – média local, agenda | Publication : 9 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Ouillade annonce la présence de la sénatrice Lauriane Josende au Grand Orient de France le mercredi 23 septembre à 19h30. L’alerte rattache ce rendez-vous au 234e anniversaire de la Première République ; la page consultée confirme l’invitée et l’horaire, mais ne fournit pas de programme textuel détaillé ni de modalités d’inscription.

Ouillade – média local, agenda

Rennes : Thomas Denicourt présentera la démarche de l’OITAR

Infolocale – annonce du Cercle François Rabelais | Publication : Mise en ligne non datée ; événement le 9 octobre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Blason OITAR

Le Cercle François Rabelais propose une conférence gratuite le 9 octobre à 19h00, salle Pélican du Jeu de Paume à Rennes. Thomas Denicourt, présenté comme ancien Grand Maître Général de l’OITAR, abordera la méthode initiatique, l’écoute et le travail symbolique, avant un échange avec le public et un moment convivial.

Infolocale – annonce du Cercle François Rabelais

René Guénon et les débuts du REAA au programme de la Commission Histoire

René Guénon, photographie de 1925 (à 38 ans)
René Guénon, photographie de 1925 (à 38 ans)

Bloc-notes de Jean-Laurent Turbet – blog maçonnique | Publication : Page classée en août 2026 ; jour de publication non vérifié | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

L’alerte annonce une réunion de la Commission Histoire de la GLDF le 26 septembre à 10h00, consacrée à René Guénon et à la Franc-Maçonnerie au REAA jusqu’en 1805, avec Jean-Laurent Turbet et N.-E. Bessis. La page étant inaccessible, ce signalement d’agenda repose sur l’extrait Google Alerts ; les conditions d’accès restent à vérifier.

Bloc-notes de Jean-Laurent Turbet – blog maçonnique

FRANCE – Livres, symboles et patrimoine culturel

Jean Monard : faire passer les outils du commentaire à l’expérience

450.fm – presse maçonnique, critique de livres | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

La chronique rapproche les livres d’exercices de l’Apprenti et du Compagnon de Jean Monard, en soulignant leur progression du travail intérieur vers la relation au monde. Elle propose une lecture pratique de l’initiation : le symbole prend son sens lorsqu’il transforme les comportements, la qualité de l’écoute et la manière de transmettre.

450.fm – presse maçonnique, critique de livres

Pic de la Mirandole et Botticelli dans un nouveau chapitre littéraire

450.fm – feuilleton de Solange Sudarskis | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Le douzième chapitre d’Il fut Pic de la Mirandole met en scène une rencontre avec Botticelli autour du mystère du Printemps. Ce dialogue littéraire fait voisiner humanisme renaissant, peinture et interprétation symbolique. Il convient de le lire comme une création narrative, et non comme le compte rendu documentaire d’une conversation historiquement attestée.

450.fm – feuilleton de Solange Sudarskis

Apprentissage et première pierre : deux méditations sur le commencement

GADLU.INFO – blog maçonnique, réflexions symboliques | Publication : 10 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Deux contributions interrogent le début du chemin : l’une accompagne l’Apprenti après son entrée en Loge, l’autre médite sur la pose de la première pierre. Leur rapprochement invite à penser le commencement comme un engagement durable plutôt qu’un instant cérémoniel ; il s’agit de propositions symboliques, distinctes d’une enquête sur les pratiques contemporaines.

GADLU.INFO – blog maçonnique, réflexions symboliques · La première pierre – GADLU.INFO

Alexandre Chambat : les valeurs du Compagnonnage à l’épreuve de la cuisine

Le Parisien – presse, portrait | Publication : 9 septembre 2026, 13h55 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Le Parisien présente Alexandre Chambat, chef du restaurant Eskal à Paris, et relie sa cuisine à son parcours de Compagnon du Tour de France. Le début accessible du portrait montre l’attention au geste et au travail collectif ; l’entretien intégral est réservé aux abonnés. Ce voisinage culturel n’implique aucune appartenance maçonnique.

Le Parisien – presse, portrait

Échirolles lance une collecte pour sauver la chapelle des Templiers

Ville d’Échirolles – communication municipale | Publication : 9 septembre 2026 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

La Ville annonce des travaux de sauvegarde à partir de cet automne et une collecte avec la Fondation du patrimoine. Celle-ci doublera les dons recueillis dans la limite de 10 000 euros. Ce chantier concerne un vestige de commanderie médiévale : son intérêt patrimonial ne doit pas être confondu avec une filiation maçonnique démontrée.

Ville d’Échirolles – communication municipale

À Cherbourg, l’ange déchu devient une figure de la révolte

Le Monde – presse, critique d’exposition | Publication : 10 septembre 2026 ; mise à jour à 14h34 | Langue : Français | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Le Monde présente l’exposition L’Ange de la révolte au Musée Thomas-Henry, consacrée aux représentations de Satan au XIXe siècle. Le chapeau accessible décrit le passage du monstre au rebelle humanisé, puis aux démons intérieurs. L’article complet est réservé aux abonnés ; cette piste éclaire l’histoire des imaginaires sans assimiler symbolisme et croyance.

Le Monde – presse, critique d’exposition

MONDE – Allemagne | Patrimoine

Hildesheim : la maison de Loge ouvre ses portes

Hildesheimer Allgemeine Zeitung – presse régionale | Publication : 9 septembre 2026, 19h44 ; mise à jour le 10 septembre à 01h35 | Langue : Allemand | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Le quotidien annonce des visites du bâtiment historique de la Loge de Hildesheim. Le titre et le début du texte sont consultables, mais le détail de l’événement n’est pas accessible ; dates de visite et modalités ne sont donc pas précisées ici. L’initiative témoigne d’une mise en partage du patrimoine maçonnique local.

Hildesheimer Allgemeine Zeitung – presse régionale

MONDE – Australie | Vie associative et justice

Bondi : une affaire de déclaration de sécurité incendie, sans condamnation

The Daily Telegraph / Wentworth Courier – presse locale | Publication : 10 septembre 2026 selon l’index de presse | Langue : Anglais | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Selon le texte disponible dans l’index de presse, le centre maçonnique de Bondi a comparu pour défaut de transmission d’une déclaration annuelle de sécurité incendie. L’affaire s’est terminée sans condamnation. La page directe étant inaccessible, la notice repose sur cet index ; le titre accrocheur ne doit pas masquer la nature administrative du dossier.

The Daily Telegraph / Wentworth Courier – presse locale

MONDE – États-Unis | Solidarité

Wisconsin : 4 000 dollars pour aider les élèves à déjeuner

Wisconsin Freemasons – communication institutionnelle | Publication : Septembre 2026 selon l’URL ; jour non indiqué | Langue : Anglais | Alerte reçue le 11 septembre 2026

La Loge Waterloo n°63 annonce un don total de 4 000 dollars aux programmes de repas scolaires de Waterloo et de Marshall, soit 2 000 dollars pour chaque district. Soutenue par la Wisconsin Masonic Foundation, cette initiative traduit la solidarité fraternelle en aide alimentaire concrète pour les enfants qui en ont besoin.

Wisconsin Freemasons – communication institutionnelle

MONDE – Royaume-Uni | Patrimoine et histoire

Fenland : des lieux historiques et maçonniques accueillent le public

Fenland Citizen – presse locale | Publication : Date de publication non vérifiée | Langue : Anglais | Alerte reçue le 10 septembre 2026

L’alerte signale des ouvertures patrimoniales à Wisbech et March, avec présentation de l’histoire maçonnique locale et des activités caritatives. La page étant inaccessible, ce signalement repose sur l’extrait Google Alerts ; les lieux et horaires exacts restent à confirmer. L’accueil annoncé privilégie l’échange avec les membres plutôt que la seule découverte architecturale.

Fenland Citizen – presse locale

Craftcast explore l’évolution de la Franc-Maçonnerie avec Martin Faulks

Craftcast – podcast maçonnique institutionnel, vidéo | Publication : Date de publication non vérifiée | Langue : Anglais | Alerte reçue le 10 septembre 2026

Un nouvel épisode signalé par les alertes reçoit Martin Faulks pour explorer l’évolution de la Franc-Maçonnerie au cours des trois derniers siècles. La vidéo n’a pas été visionnée : cette notice repose sur sa présentation dans Google Alerts, sans reprendre comme établies les thèses historiques suggérées par son titre sur les origines.

Craftcast – podcast maçonnique institutionnel, vidéo

Jeudi 11 septembre 2026

Catholique et Franc-Maçon : un prêtre et un évêque répondent

Le Club de Mediapart – billet de blog, non assimilable à la rédaction de Mediapart | France

Le billet interroge la compatibilité entre catholicisme et appartenance maçonnique en rapportant les réponses d’un curé et d’un évêque. D’après l’extrait, le prêtre estime cette double appartenance impossible. Le texte intégral n’ayant pas été consulté, cette position reste attribuée à l’auteur et aux interlocuteurs annoncés, sans généralisation à l’ensemble des catholiques.

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Écoles privées catholiques : un média confessionnel américain observe le GODF

National Catholic Register – presse catholique | États-Unis / sujet France | 9 septembre 2026 selon l’index de recherche

Le National Catholic Register présente les prises de position de Guillaume Trichard sur l’enseignement privé catholique à l’approche de l’élection présidentielle. Son cadrage, explicitement confessionnel, rappelle le rôle maçonnique dans les lois scolaires de Jules Ferry. Faute d’accès au corps du texte, les formulations politiques précises et les citations complètes ne sont pas reprises comme vérifiées.

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Funérailles catholiques de Francs-Maçons : des pratiques épiscopales contrastées

Enterrement plus écologique

ZENIT – média catholique | France et Italie | 9 septembre 2026, 16 h 54

ZENIT rapproche deux refus de funérailles liturgiques en Italie et la cérémonie présidée en France pour François Patriat, sans eucharistie selon le diocèse de Dijon. L’article défend la doctrine catholique d’incompatibilité avec la Franc-Maçonnerie. Il s’agit d’une lecture confessionnelle et canonique, distincte d’un jugement sur la personne ou son destin spirituel.

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« Trente jours d’influence » : la FSSPX propose une lecture polémique

FSSPX Actualités – média institutionnel catholique traditionaliste | France | 9 septembre 2026 |

La publication rapproche plusieurs événements récents — débat sur l’euthanasie, funérailles de personnalités et réception d’un candidat au siège du GODF — pour soutenir une thèse d’influence maçonnique. Cette causalité relève du cadrage éditorial de la FSSPX : la simultanéité des faits cités ne suffit pas, à elle seule, à démontrer une coordination.

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Franc-Maçonnerie et religions : construire un dialogue sans effacer les divergences

450.fm – presse maçonnique, analyse | France / source initiale Brésil | 9 septembre 2026 |

À partir d’un article de Manuel Luiz Figueiroa publié au Brésil, 450.fm examine trois siècles de défiance entre Franc-Maçonnerie et institutions religieuses. Le texte ne prétend pas à une réconciliation doctrinale ; il propose plutôt une coexistence fondée sur la liberté de conscience et des actions communes, en maintenant clairement les désaccords.

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Pierre Bertinotti : « la méthode maçonnique, c’est l’école de la démocratie »

Le Télégramme – presse régionale | France | Date de publication non vérifiée | Français |

L’extrait donne la parole à Pierre Bertinotti sur la liberté d’expression en Loge et la règle qui autorise chacun à révéler sa propre appartenance, mais non celle d’autrui. L’idée d’une « école de la démocratie » constitue son appréciation de la méthode maçonnique ; l’entretien complet n’a pas pu être vérifié.

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FRANCE – Culture, histoire et patrimoine

« Fauda » relue à travers le masque et la frontière intérieure

450.fm – presse maçonnique, critique culturelle | France | 9 septembre 2026 | Français |

Erwan Le Bihan lit la série israélienne comme une interrogation sur l’identité de celui qui doit porter le visage de son adversaire. L’article distingue la fiction née en 2015 des événements postérieurs au 7 octobre 2023 et précise qu’elle n’a rien « prédit ». Le regard maçonnique est ici interprétatif, non documentaire.

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À Orléans, un parchemin maçonnique vendu plus de 200 000 euros

actu Orléans – presse locale | France | Date de publication non vérifiée | Français |

L’alerte annonce la vente à plus de 200 000 euros d’un parchemin ancien présenté lors d’une vacation consacrée à la Franc-Maçonnerie. L’index évoque un document de plus de cinq siècles, mais le détail matériel, la provenance et le prix exact n’ont pas été consultés. L’intérêt patrimonial est donc signalé sous réserve.

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Léon Blum à Londres en 1936

Des pionniers masculins du féminisme, de Condorcet à Léon Blum

The Conversation – média d’analyse universitaire | France |

L’article annoncé retrace l’engagement d’hommes en faveur des droits des femmes, de Condorcet à Léon Blum, en évoquant notamment les réseaux maçonniques comme espaces de circulation des idées émancipatrices. Le corps du texte étant inaccessible, cette piste historique ne permet pas ici d’évaluer la place exacte attribuée aux Loges ni les nuances chronologiques.

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Grasse : la Loge PAX célèbre ses 120 ans

Grand Orient de France

Grand Orient de France – communication institutionnelle | France |

La Loge PAX organise au Palais des Congrès de Grasse une exposition sur l’histoire maçonnique locale, puis une conférence avec Guillaume Trichard et l’historien Pierre-Yves Beaurepaire. L’entrée est libre de 14 h à 19 h 30. L’anniversaire relie mémoire territoriale, recherche historique et présentation publique d’une obédience.

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La Réunion : le temple de Saint-Denis ouvre ses portes

Linfo.re – média d’actualité, vidéo | France (La Réunion) |

L’alerte signale un reportage vidéo sur l’ouverture au public du temple de Saint-Denis. La page renvoie désormais vers l’index général des vidéos, empêchant de vérifier le contenu et les modalités pratiques. Le sujet reste culturellement notable : l’ouverture d’un lieu maçonnique permet d’inscrire son histoire dans le patrimoine réunionnais.

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Toulouse : une conférence pour découvrir la Grande Loge de France

Oazis – agenda événementiel | France |

L’agenda annonce une conférence gratuite au Club Écossais Toulousain afin de présenter la Franc-Maçonnerie pratiquée à la Grande Loge de France et d’échanger avec le public. L’annonce n’ayant pas pu être consultée directement, le lieu précis, les conditions d’accès et l’éventuelle inscription doivent être confirmés avant déplacement.

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Le complotisme prend la Franc-Maçonnerie parmi ses objets d’étude

Front Populaire – revue d’opinion souverainiste, présentation commerciale | France |

Le numéro 26 annonce un dossier sur la frontière entre doute légitime, raisonnement complotiste et usage polémique de l’étiquette « complotiste ». La Franc-Maçonnerie figure parmi les thèmes évoqués, sans être l’unique objet du dossier. Cette présence rappelle combien l’imaginaire maçonnique demeure un laboratoire privilégié des récits de pouvoir caché.

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MONDE – Allemagne

Kurt Tucholsky, « la voix qui avait raison trop tôt »

European Security – média d’analyse | Allemagne | Date de publication non vérifiée | Français |

L’article annoncé revient sur l’écrivain et journaliste allemand Kurt Tucholsky, critique précoce du nationalisme et du militarisme, en renvoyant à des travaux sur son identité juive, socialiste et maçonnique. Le texte n’a pas été consulté : l’appartenance et son rôle biographique doivent donc être lus à partir des références historiques citées, non de l’extrait seul.

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MONDE – Irlande

Les Francs-Maçons lancent une initiative sur la santé des femmes

Business Eye – presse économique régionale | Irlande | 9 septembre 2026 | Anglais |

Les Freemasons of Ireland annoncent une série de rencontres publiques gratuites sur la santé et le bien-être. La première, le 22 septembre près de Belfast, portera sur les cancers du sein et de l’ovaire avec deux spécialistes de Queen’s University. Cette publication précise et confirme un signalement plus sommaire relevé dans l’édition précédente.

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MONDE – Russie

Mort d’Andreï Serkov, historien majeur de la Franc-Maçonnerie russe

Kommersant, information reprise par RBC, KP et Life – presse | Russie |

Andreï Serkov est mort à 62 ans. Chercheur à l’Institut de littérature mondiale de l’Académie des sciences de Russie, il avait consacré plus de trente ans aux archives maçonniques. Son dictionnaire encyclopédique « Franc-Maçonnerie russe, 1731-2000 » rassemble plus de 12 000 biographies et visait à sortir le sujet du registre conspirationniste pour l’établir académiquement.

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Au fil de ces regards croisés, cette revue de presse invite à prolonger la réflexion, à confronter les points de vue et à demeurer attentifs aux mouvements de notre temps, dans un esprit de liberté, de vigilance et de fraternité.

Mes très chères Sœurs, mes très chers Frères, nous vous souhaitons une bonne lecture.

Ainsi va le Monde…

L’Art au compas – « Tribute in Light » : deux colonnes de lumière pour rendre visible l’absence

Vingt-cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001, New York rallume, ce vendredi 11 septembre 2026, les deux faisceaux bleus de Tribute in Light. Depuis leur première apparition, six mois après la catastrophe, ces colonnes immatérielles sont devenues bien davantage qu’un dispositif commémoratif : elles constituent une véritable architecture de l’absence, un monument sans pierre qui restitue non les tours disparues, mais le vide qu’elles ont laissé dans le paysage et dans la mémoire.

Pour le Franc-Maçon, la contemplation d’une telle œuvre fait nécessairement résonner quelques-uns des grands symboles de l’initiation : les deux colonnes, la verticalité, le carré, la Lumière, la chute et le relèvement, la mémoire des disparus et la poursuite de l’ouvrage. Il ne s’agit nullement de faire de Tribute in Light une création maçonnique, ce qu’elle n’est pas, mais de laisser le regard initiatique mesurer tout ce qu’une œuvre universelle peut éveiller lorsqu’elle rencontre les grands archétypes de l’humanité.

Il existe des monuments qui s’imposent par leur masse et d’autres dont la puissance tient précisément à ce qu’ils refusent de remplir l’espace.

Tribute in Light appartient à cette seconde catégorie. Lorsque la nuit descend sur Manhattan et que deux immenses faisceaux bleutés s’élèvent depuis Lower Manhattan, aucune tour ne renaît véritablement, aucune silhouette architecturale n’est reconstituée, aucun trompe-l’œil ne cherche à nous rendre ce qui a été détruit. L’œuvre agit autrement : elle matérialise le manque. Elle transforme en présence sensible ce qui, depuis le matin du 11 septembre 2001, demeure irrévocablement absent. Là où s’élevaient autrefois les Twin Towers, il ne reste, dans le ciel nocturne, que deux verticales de lumière, presque sans épaisseur, sans façade, sans fenêtres, sans poids, comme si la ville elle-même avait trouvé le moyen de donner une forme au souvenir sans prétendre vaincre la mort.

Cette année, le geste prend une intensité particulière puisque le 11 septembre 2026 marque le vingt-cinquième anniversaire des attentats.

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Un quart de siècle s’est écoulé depuis que les tours se sont effondrées sous les yeux du monde entier, faisant entrer en quelques heures New York, l’Amérique et, au-delà, une grande partie de notre imaginaire collectif dans un autre âge. Il y eut ce jour-là la sidération, puis le deuil, la colère, les guerres, les fractures politiques et géopolitiques que l’on sait ; mais il y eut aussi, très vite, la nécessité de trouver une forme juste à la mémoire. Or la mémoire monumentale court toujours le risque de devenir pesante, démonstrative ou triomphale. Tribute in Light choisit au contraire l’effacement, la transparence, l’immatériel. La ville n’élève pas un nouvel objet destiné à rivaliser avec ce qui a disparu ; elle confie à la lumière le soin de désigner ce qui n’est plus.

L’histoire de l’œuvre éclaire cette retenue.

Présentée pour la première fois le 11 mars 2002, six mois exactement après les attentats, elle naît de plusieurs intuitions convergentes portées par des artistes, architectes et concepteurs qui avaient compris que l’enjeu ne consistait pas à reconstruire symboliquement les tours, mais à rendre sensible leur disparition. John Bennett, Gustavo Bonevardi, Richard Nash Gould, Julian LaVerdiere et Paul Myoda, avec Paul Marantz pour la conception lumineuse, participèrent à cette création collective dont la force tient justement à ce refus de l’imitation. Les premières esquisses évoquaient déjà l’idée de tours fantômes, de volumes absents dont le manque continuait pourtant d’habiter le paysage. On songe ici à ce phénomène étrange du « membre fantôme », lorsque le corps continue de sentir ce qui n’est plus là : Manhattan semblait avoir perdu deux de ses membres et, paradoxalement, leur disparition les rendait plus présents encore.

C’est sans doute là que commence la véritable profondeur esthétique de Tribute in Light.

L’œuvre nous rappelle que l’art n’a pas toujours pour mission de représenter ce qui fut ; il peut également donner forme à ce qui manque. Il existe une esthétique de la présence, celle des statues, des portraits, des monuments équestres et des architectures commémoratives, mais il existe aussi une esthétique du retrait, où le vide devient langage. L’histoire de l’art moderne en offre de nombreux exemples, depuis les mémoriaux abstraits du XXe siècle jusqu’aux installations contemporaines qui préfèrent la trace à la figuration. À New York, cette esthétique atteint une intensité particulière : la catastrophe avait détruit deux architectures de masse ; la mémoire leur répond par une architecture sans matière. Le verre, l’acier et le béton ont disparu ; subsistent deux colonnes lumineuses qui ne peuvent être ni touchées ni possédées.

Le dispositif technique lui-même nourrit cette lecture

Quatre-vingt-huit puissants projecteurs, disposés en deux ensembles carrés, créent les faisceaux qui montent dans le ciel. Ce détail pourrait sembler purement matériel ; il devient pourtant, sous le regard symbolique, extraordinairement suggestif. L’œuvre commence par le carré, figure de la mesure, de la stabilité, de l’espace terrestre organisé, pour s’élancer ensuite vers une hauteur dont l’œil ne saisit plus la fin. L’architecture prend naissance dans une géométrie parfaitement calculée avant de se dissoudre dans l’incommensurable. Pour le Franc-Maçon, habitué à travailler avec l’équerre et le compas, avec la pierre et sous la Voûte étoilée, cette tension entre le mesurable et l’infini possède une résonance immédiate.

L’homme trace, ordonne, bâtit, vérifie ses angles et ses proportions… mais l’édifice véritable ouvre toujours sur quelque chose qui dépasse la seule mesure humaine.

Les deux faisceaux évoquent naturellement les deux colonnes placées à l’entrée du Temple maçonnique

Il serait toutefois intellectuellement fautif d’aller plus loin et d’imaginer quelque intention ésotérique cachée chez les concepteurs. La richesse du symbole ne tient pas à son origine supposée, mais à sa capacité de faire dialoguer des traditions différentes. Deux colonnes appartiennent depuis l’Antiquité à l’imaginaire du seuil, de la garde et du passage. Dans la tradition biblique, Jakin et Boaz marquent l’entrée du Temple de Salomon ; dans la culture initiatique, elles séparent et relient tout à la fois le dehors et le dedans, le profane et le sacré, ce qui précède et ce qui commence. À Manhattan, la situation est plus troublante encore, car ces deux colonnes lumineuses ne soutiennent aucun édifice et n’encadrent aucune porte visible. Elles dressent un seuil sans révéler ce qui se trouve au-delà.

C’est précisément cette absence de Temple qui leur confère une force si singulière

Les colonnes maçonniques appartiennent à une architecture ordonnée, à un espace où l’on entre pour travailler ; celles de Tribute in Light demeurent seules dans la nuit, dépouillées de toute fonction porteuse, comme si le Temple avait disparu et que ne subsistaient que les signes de son passage. Elles ne soutiennent rien, mais elles maintiennent symboliquement une mémoire debout. Le Franc-Maçon peut y reconnaître une vérité essentielle de son propre chemin : lorsque les formes matérielles s’effondrent, le travail ne s’interrompt pas nécessairement ; il peut changer de nature. Ce qui était architecture devient souvenir, ce qui était présence devient transmission, ce qui était pierre devient lumière.

Le motif du relèvement s’impose alors avec une grande évidence. Toute la mémoire visuelle du 11 septembre demeure liée à la chute : chute des avions, chute des corps, effondrement des étages, immense descente de poussière recouvrant les rues de Lower Manhattan. Tribute in Light inverse cette dynamique sans jamais la nier. Là où tout était tombé, quelque chose désormais s’élève. Il ne s’agit pas d’une revanche esthétique sur la catastrophe, encore moins d’une victoire proclamée sur la mort, mais d’un geste infiniment plus mesuré : répondre à la chute par une verticalité, au poids par l’immatériel, à l’effondrement par une ascension silencieuse.

Cette idée du relèvement appartient profondément à l’univers initiatique.

Toute initiation suppose une rupture, une traversée, une perte de l’ancienne forme avant qu’une autre possibilité d’être puisse apparaître. Le Maçon sait qu’il n’existe pas de véritable élévation sans confrontation préalable avec ce qui tombe, se brise ou disparaît. Mais il sait également que relever ne signifie jamais reconstituer à l’identique. Voilà sans doute l’une des plus belles leçons de cette œuvre : reconstruire n’est pas effacer la cicatrice. Une société, un individu ou une communauté peuvent poursuivre leur ouvrage sans prétendre revenir à l’état antérieur. La mémoire n’est pas la restauration d’un passé intact ; elle est l’intégration de la blessure dans une histoire qui continue.

Cette dialectique prend une profondeur supplémentaire lorsque l’on rapproche Tribute in Light du mémorial permanent de Ground Zero, conçu autour du projet Reflecting Absence. Là où se dressaient les tours se trouvent désormais deux vastes bassins carrés dans lesquels l’eau s’écoule continuellement avant de disparaître dans une cavité centrale dont le fond échappe au regard. La rencontre de ces deux dispositifs constitue, presque malgré leurs auteurs, une extraordinaire composition symbolique : au sol, deux carrés dans lesquels l’eau descend ; dans le ciel, deux carrés d’où la lumière s’élève. L’eau plonge vers les profondeurs tandis que la lumière se dirige vers les hauteurs, comme si la mémoire du lieu se déployait désormais sur un axe vertical reliant symboliquement l’abîme et le ciel.

Les traditions initiatiques et religieuses ont depuis toujours accordé une place essentielle à cette double orientation.

On descend dans la caverne, le tombeau, la crypte ou les entrailles de la terre avant de remonter vers la lumière. Les Grecs parlaient de katabasis pour désigner la descente aux Enfers et d’anabasis pour le mouvement inverse. L’alchimie elle-même ne cesse de jouer avec cette nécessité de la dissolution avant la recomposition, du solve avant le coagula. La Franc-Maçonnerie, sans se confondre avec ces traditions, en partage certains grands archétypes : on ne reçoit la Lumière qu’après avoir accepté de traverser l’obscurité. À Ground Zero, cette antique grammaire symbolique semble s’être inscrite dans l’espace urbain : l’eau descend vers le manque tandis que la lumière s’élève depuis l’empreinte de ce qui fut.

Mais il faut aller plus loin encore, car Tribute in Light modifie subtilement notre conception même de la Lumière. Trop souvent, celle-ci est pensée comme simple contraire des ténèbres, selon une opposition presque enfantine dans laquelle la clarté serait le Bien et l’obscurité le Mal. Or l’installation new-yorkaise nous enseigne exactement l’inverse : sans nuit, les faisceaux disparaissent. La lumière ne supprime donc pas les ténèbres ; elle a besoin d’elles pour devenir visible. Voilà une leçon profondément initiatique. Recevoir la Lumière ne signifie pas être délivré une fois pour toutes de l’ombre ; cela signifie apprendre à discerner dans l’obscurité, à lui donner une forme, à ne plus la confondre avec le néant.

Cette Lumière possède aussi une dimension spirituelle universelle. Depuis que l’humanité honore ses morts, elle allume des flammes : lampes funéraires de l’Antiquité, cierges chrétiens, veilleuses juives du Yahrzeit, lampes votives, feux rituels ou simples bougies déposées devant un nom. La flamme est peut-être l’un des plus anciens langages par lesquels les vivants refusent que les morts disparaissent entièrement. Tribute in Light transpose ce geste ancestral à l’échelle d’une métropole. La petite veilleuse devient colonne céleste, mais l’intention demeure étonnamment proche : maintenir une clarté là où l’absence pourrait devenir oubli.

Il y a enfin dans cette œuvre une forme de sobriété qui rappelle ce que les traditions mystiques nomment parfois la voie apophatique : dire en renonçant à tout dire, approcher le mystère en acceptant qu’il échappe aux représentations. Tribute in Light ne raconte pas la vie des victimes, ne figure pas leurs visages, ne prétend pas offrir de réponse métaphysique à leur disparition. Elle ne dit ni où sont les morts ni ce que leur mort signifie. Elle se contente de laisser deux immenses traces lumineuses dans le ciel. Ce renoncement à expliquer constitue probablement sa plus grande dignité. Il existe des douleurs que le langage affaiblit lorsqu’il veut trop les commenter ; il existe des absences que l’on respecte davantage en leur donnant un espace qu’en prétendant les combler.

Le Maçon peut reconnaître ici quelque chose de son propre rapport au symbole.

Le symbole véritable n’impose pas une définition ; il ouvre une profondeur. Il ne ferme pas le sens mais le met en mouvement. Les deux colonnes lumineuses ne délivrent aucun message univoque, et c’est précisément pourquoi elles peuvent parler à chacun. Le croyant y verra peut-être une élévation des âmes, l’agnostique une présence de la mémoire, l’artiste une victoire de l’immatériel sur la masse, l’architecte une réponse au vide urbain, le survivant une trace des disparus, tandis que le Maçon y reconnaîtra peut-être l’écho de ces deux colonnes entre lesquelles tout passage initiatique commence.

Un détail plus discret enrichit encore la méditation

Les faisceaux attirent parfois les oiseaux migrateurs et peuvent perturber leur navigation nocturne ; depuis plusieurs années, des ornithologues surveillent leurs déplacements et l’installation peut être momentanément éteinte lorsque trop d’oiseaux se trouvent désorientés. Ce simple fait pourrait fournir à lui seul une magnifique leçon symbolique : la Lumière elle-même doit connaître la mesure. Toute lumière n’est pas nécessairement bonne parce qu’elle éclaire ; lorsqu’elle aveugle ou détourne le vivant de sa route, elle doit savoir s’effacer. Le Maçon, qui apprend que la maîtrise ne réside jamais dans l’excès mais dans la juste mesure, trouvera là matière à méditer sur toutes ces certitudes humaines qui prétendent éclairer le monde au point d’empêcher parfois les autres de trouver leur propre chemin.

Vingt-cinq ans après les attentats, Tribute in Light entre désormais dans une autre dimension de la mémoire.

Une génération entière est née après le 11 septembre 2001. Ce qui fut pour certains une expérience vécue devient pour d’autres un événement historique transmis par des images, des récits et des commémorations. C’est précisément à ce moment que l’art acquiert une responsabilité nouvelle : lorsque les témoins disparaissent peu à peu, les œuvres deviennent les dépositaires d’une mémoire qu’elles ne doivent ni figer ni banaliser. Les deux colonnes de lumière remplissent cette fonction avec une remarquable économie de moyens symboliques. Elles ne racontent pas toute l’histoire ; elles empêchent simplement que le vide cesse de parler.

Et c’est peut-être là, finalement, que se trouve le cœur maçonnique de notre regard, non dans l’œuvre elle-même mais dans ce qu’elle nous oblige à penser. Tout Maçon sait que le Temple auquel il travaille ne sera jamais achevé, que d’autres ouvriers l’ont précédé et que d’autres reprendront un jour les outils qu’il devra lui-même déposer. Il sait que construire signifie nécessairement recevoir un héritage, travailler un temps puis transmettre à son tour. La mémoire des morts n’est donc pas un culte du passé ; elle devient une responsabilité confiée aux vivants.

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Lorsque, dans la nuit du 11 septembre 2026, les deux faisceaux bleus s’élèveront de nouveau au-dessus de Manhattan, ils ne rendront pas les morts à leurs familles, ne restitueront pas les tours disparues et n’effaceront aucune cicatrice. Ils accompliront quelque chose de plus humble et peut-être de plus profond : rappeler qu’un vide peut devenir mémoire, qu’une absence peut devenir transmission, qu’une chute n’interdit pas le relèvement et qu’une architecture peut parfois se construire avec ce qui, par définition, ne possède ni poids ni matière.

Ainsi, entre la nuit de Manhattan et la Voûte étoilée, deux colonnes continueront de monter vers un ciel qu’elles n’atteindront jamais. Et le Maçon qui les contemplera pourra peut-être entendre, dans leur silence, une antique invitation : ce qui a été abattu ne peut être rendu intact, mais ce qui demeure vivant en nous peut encore être relevé, transmis et offert à ceux qui poursuivront l’ouvrage après nous.

L’interview de Jacques Carletto : « Le pouvoir extraordinaire des sons »

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Dans un monde saturé de bruits, nous oublions que chaque cellule de notre corps est sensible aux vibrations sonores. En résonance avec les enjeux contemporains, cet ouvrage propose une approche structurée, accessible et éclairée, nourrie par les connaissances contemporaines en neuroacoustique, psychoacoustique et par des années d’exploration du sonore.

Alex Michel, fondateur de Mental Waves, partage ici les fondements d’une approche vibratoire originale et unique, en explorant l’action des fréquences sonores sur le cerveau, le corps et les ressentis.
En apprenant à utiliser ces leviers, vous serez invité à harmoniser les cinq dimensions de l’être – physique, émotionnelle, mentale, énergétique et spirituelle – pour :
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Le son est la signature vibratoire du vivant : nous ne sommes pas des mélodies figées, mais des fréquences en résonance continue.


L’ouvrage offre 5 exercices sonores  lisibles sur tout support auditif via 5 QR Codes. Des sessions de 20 minutes à réaliser durant une semaine. Des protocoles musicaux qui s’appuient sur les découvertes quantiques et médicales récentes pour favoriser l’écoute intérieure et la relaxation consciente, affirmer des intentions claires, développer son intuition créative, harmoniser se relations, élever son énergie tout en résonant en ancrage terrestre pour l’équilibre et la présence.

Alex Michel est compositeur et explorateur des approches vibratoires du son. Fondateur de MENTAL WAVES, il développe depuis plus de vingt ans  des recherches auprès de scientifique allemands et américains pour appliquer des expériences d’écoute intensive mêlant création musicale, observation des états de conscience et technologies.

Le Monde au compas – Quand la République cherche encore son centre

De l’école qui décroche à la démocratie qui vacille, de l’impôt sur les fortunes au voile dans l’espace public, de la tentation populiste au rêve d’immortalité, les hebdomadaires français de cette semaine semblent parler de tout. Pourtant, sous la diversité des couvertures, une même question affleure : que voulons-nous encore transmettre ensemble ?

Cette semaine, le compas s’ouvre, une nouvelle fois, sur cinq titres – Le Point, L’Express, Le Nouvel Obs, Marianne et Valeurs actuelles.

Cinq sensibilités, cinq façons de regarder la France, l’Europe et le Monde, mais une inquiétude commune devant un édifice démocratique dont certaines pierres paraissent se desceller.

L’école n’est pas un dossier… Elle est la première pierre du Temple !

Il est des coïncidences éditoriales qui valent presque diagnostic. Le Point, L’Express et Marianne consacrent tous trois une place importante aux résultats de Pisa 2025, et aucun ne trouve matière à se réjouir. Le Point titre brutalement « L’école en chute libre » avant de proposer « 14 idées pour relever le niveau » : apprendre à lire dès la maternelle, en finir avec le redoublement systématique, mieux former les enseignants, donner davantage d’autonomie aux établissements, replacer les parents dans le jeu éducatif ou encore réduire le nombre d’élèves par classe. L’Express constate de son côté que les résultats français en sciences, compréhension de l’écrit et mathématiques n’ont jamais été aussi faibles, rappelant notamment une perte de 43 points en compréhension de l’écrit et de 35 points en mathématiques en dix ans. Quant à Marianne, son « Maths, lecture : pourquoi la France décroche » conduit Christophe Kerrero à défendre une idée d’une simplicité presque subversive : faire lire très tôt aux enfants de véritables textes littéraires.

Pour le Franc-Maçon, cette convergence devrait résonner comme un coup de maillet.

L’instruction n’est jamais seulement transmission de compétences mais constitue une émancipation

Condorcet le savait lorsqu’il associait instruction publique et citoyenneté ; les fondateurs de l’école républicaine savaient également que l’égalité proclamée resterait un mot gravé sur un fronton si les enfants ne recevaient pas les outils leur permettant d’exercer leur jugement. Le Temple maçonnique lui-même repose sur cette conviction, la pierre ne se polit pas par décret, elle se travaille. Une République qui renonce progressivement à transmettre la langue, le raisonnement, l’histoire et la culture ne produit pas davantage de liberté ; elle livre chacun aux déterminismes familiaux, économiques et numériques dont elle prétendait précisément l’affranchir.

Quand le suffrage ne suffit plus à faire une démocratie

Un deuxième fil traverse puissamment cette semaine : la fragilité démocratique européenne. L’Express aligne presque comme les stations d’un chemin de vigilance « L’extrême droite surfe sur la crise du modèle allemand », « La démocratie allemande à l’épreuve » et cette question remarquablement formulée par Gérald Bronner : « Un démocrate peut-il désobéir à la démocratie ? » Le Nouvel Obs regarde le même paysage depuis la Saxe-Anhalt, où l’AfD vient d’atteindre 44 % des suffrages, et replace cette poussée dans le contexte d’une Europe travaillée simultanément par les populismes et par les stratégies russes de déstabilisation. Marianne, enfin, consacre également son regard à Ulrich Siegmund et s’interroge sur la capacité du « mur de feu » allemand à résister.

La question mérite d’être posée sans raccourci historique. Une démocratie n’est pas uniquement le pouvoir arithmétique de cinquante pour cent des citoyens plus un. Elle repose également sur l’État de droit, la séparation des pouvoirs, le pluralisme, les libertés fondamentales et la protection des minorités. Autrement dit, le nombre ne devient volonté générale qu’à la condition de demeurer contenu dans une architecture de principes.

Le Franc-Maçon comprend intuitivement cette nécessité : le compas ne supprime pas la liberté du trait, il lui donne sa mesure. C’est peut-être l’un des enseignements les plus actuels de cette presse hebdomadaire : lorsque les institutions cessent d’être comprises, lorsque l’école transmet moins bien, lorsque les citoyens n’habitent plus le même espace symbolique, la démocratie finit par n’être considérée que comme une machine électorale. Elle devient alors vulnérable à ceux qui promettent d’en utiliser les mécanismes pour en réduire les garanties.

Richesse et héritage : l’éternelle querelle de l’égalité et de l’équité

Le Point choisit une autre fracture française avec son dossier « La chasse aux riches, une folie française ». Taxe Zucman, ISF, successions, patrimoine, progressivité : près d’une vingtaine de pages mettent en scène cette vieille passion nationale où la fiscalité finit toujours par devenir philosophie politique. Le magazine consacre notamment plusieurs pages à l’héritage, « cette bombe fiscale que personne n’ose désamorcer », rappelant combien transmission et taxation divisent jusque dans les programmes présidentiels.

Le regard maçonnique permet ici d’échapper au duel sommaire entre confiscation et sanctuarisation. L’égalité n’est pas l’identité des conditions ; l’équité consiste à rechercher une juste proportion. Comment permettre la transmission sans transformer la naissance en destin ? Comment favoriser l’initiative sans accepter qu’une société se fossilise en castes patrimoniales ? La vieille tension entre liberté et égalité demeure entière, et la Fraternité devrait précisément être ce troisième terme qui empêche chacune des deux premières de devenir monstrueuse. La République ne peut durablement demander à ceux qui réussissent de s’excuser d’avoir réussi ; elle ne peut davantage expliquer à ceux qui naissent sans patrimoine que l’inégalité initiale serait une fatalité naturelle. Entre niveau et fil à plomb, la construction réclame davantage de finesse que les slogans.

Marianne et le mirage de l’État que l’on pourrait simplement tailler à la hache

La couverture de Marianne est occupée par Sarah Knafo, à laquelle l’hebdomadaire demande sans détour : « A-t-elle tout faux ? » Le magazine confronte ses dénonciations de la bureaucratie et de la dépense publique aux réalités budgétaires de l’école, de la police, de la justice, de l’armée et de l’hôpital, montrant que le tableau est infiniment moins uniforme que ne le laisse entendre le discours consistant à opposer mécaniquement fonctionnaires improductifs et contribuables pressurés.

Voilà une matière très maçonnique, parce que le Maçon connaît la différence entre dégrossir et détruire.

Toute institution accumule ses scories, ses habitudes et parfois ses absurdités ; vouloir les réformer est légitime. Mais l’État républicain n’est pas seulement une administration : il est aussi l’école du village, le magistrat qui garantit le droit, le policier qui protège, le soignant qui accueille et le soldat qui défend. La bonne question n’est donc pas seulement : « Combien cela coûte-t-il ? », mais : « Quelle œuvre commune voulons-nous encore accomplir ? » Supprimer une pierre inutile peut renforcer l’édifice ; retirer sans discernement celles qui portent la voûte conduit simplement à l’effondrement.

Laïcité : tracer une frontière sans ériger un mur

Plus inattendu peut-être, Valeurs actuelles offre cette semaine un dossier juridiquement beaucoup plus nuancé que certains débats télévisés sur l’interdiction du voile islamique dans l’espace public. Le magazine rappelle que la liberté de manifester ses convictions religieuses demeure protégée, que l’égalité devant la loi interdit de cibler arbitrairement une religion et qu’une interdiction générale soulèverait des difficultés constitutionnelles et européennes considérables. Le philosophe Pierre-Henri Tavoillot y rappelle que, dans l’espace public, chacun conserve le droit d’exprimer ses convictions tant qu’il ne verse pas dans l’appel à la haine. Le journal va jusqu’à poser la question du voile des religieuses chrétiennes, révélant par là l’impasse juridique d’une règle qui prétendrait distinguer les vêtements selon la religion de celui ou celle qui les porte.

Il faut redire ici une distinction essentielle : la laïcité n’est pas l’invisibilité des religions dans la rue. La neutralité s’impose d’abord à l’État et à ses agents ; la liberté de conscience appartient aux citoyens. La loi peut poser des limites nécessaires à l’ordre public, à la sécurité ou au fonctionnement de certains services, mais une République laïque ne demande pas au croyant de devenir clandestin. Le Temple offre ici encore une belle métaphore : chacun y abandonne ses métaux, non son identité profonde. La méthode laïque consiste moins à effacer les différences qu’à construire un espace où aucune ne peut prétendre commander aux autres.

Le patrimoine n’est vivant que lorsqu’il devient transmission

C’est encore Valeurs actuelles qui apporte l’une des respirations les plus heureuses de cette semaine avec Stéphane Bern affirmant que « le patrimoine est un vecteur réconciliateur ». Notre-Dame, vitraux, vieilles pierres, tapisserie de Bayeux : derrière les objets apparaît une interrogation sur ce que signifie recevoir quelque chose que nous n’avons pas construit nous-mêmes et dont nous devenons pourtant responsables. Voilà qui rejoint paradoxalement le dossier fiscal du Point : le mot héritage possède deux visages. Nous discutons férocement de ce que nous pouvons léguer en euros tout en oubliant parfois ce que nous devons transmettre en langage, en mémoire, en monuments, en gestes, en principes et en récits.

Le Franc-Maçon sait qu’il n’est jamais propriétaire du Temple. Il en est momentanément le dépositaire. Il reçoit des outils déjà usés par d’autres mains, travaille quelques pierres et les transmettra à ceux qui viendront après lui. Cette conscience pourrait utilement irriguer la cité : une civilisation commence peut-être à décliner lorsque chaque génération se croit autorisée à tout recommencer à partir d’elle-même.

Sous les couvertures, une seule question : qu’allons-nous transmettre ?

Ainsi ces hebdomadaires que tout semble opposer finissent-ils par se rencontrer. Ils parlent d’école, de démocratie, de patrimoine, de fiscalité, de laïcité, de guerre, d’immigration et de services publics ; mais ils interrogent tous, volontairement ou non, la solidité du lien qui transforme une population en communauté politique.

Même le spectaculaire dossier du Nouvel Obs consacré au rêve de vivre jusqu’à 120 ans et au commerce naissant de la longévité ajoute sa pierre à cette méditation : à quoi servirait de prolonger indéfiniment l’existence individuelle si nous ne savons plus très bien quel monde transmettre à ceux qui nous suivent ? Le magazine montre d’ailleurs combien cette médecine préventive ultratechnologique, mobilisant biomarqueurs et intelligence artificielle, demeure aujourd’hui largement réservée aux plus favorisés.

Le Monde au compas ne cherche pas à mettre ces journaux d’accord.

 Ce serait contraire à l’esprit même d’une presse libre comme à celui d’une Loge véritable. Il cherche plutôt le point autour duquel le compas peut tourner sans perdre son centre. Cette semaine, ce point porte peut-être un nom très ancien :

transmission.

Transmettre des savoirs sans imposer des dogmes, une mémoire sans cultiver la nostalgie, une République sans en faire une religion civile, une liberté sans abandonner l’égalité, une laïcité sans proscrire les consciences, un patrimoine sans enfermer l’avenir dans le passé.

Car nous ne bâtissons jamais seulement pour nous-mêmes !

Chaque pierre que nous posons est déjà l’héritage de quelqu’un qui n’est pas encore entré dans le chantier.

16/09/26 : Georges Troispoints organise son grand rendez-vous annuel et accueille Bernard SAÏAG

L’association Georges Troispoints Moselle organise le mardi 16 septembre à 18h30 son grand Rendez-vous annuel dans les somptueux salons de la ville de Metz. Cette année, l’invité qui assurera la prise de paroles et partagera avec le public le fruit de ses réflexions sera Bernard SAÏAG, philosophe et chercheur français.

L’entrée est libre et gratuite. Retenez bien la date : le 16 septembre 2026 de 18h30 à 20h00 dans les grands Salons de la ville de Metz.

Qui est Bernard SAÏAG ?

Bernard SAÏAG

Bernard Saïag est né en 1947. Il est professeur émérite en physiologie et pharmacologie à l’université de Rennes, école doctorale vie et santé. Il a soutenu en décembre 2024, une thèse de doctorat en philosophie intitulée « Qu’est-ce que la vie ? Selon les vitalismes de Barthez et Bordeu à l’école de médecine de Montpellier, au siècle des Lumières ». Il est actuellement chercheur en philosophie des sciences dans l’équipe de recherche CAPHI (Centre Atlantique de Philosophie) des Universités de Nantes et Rennes. Il a récemment donné à l’Université populaire d’Avignon une longue conférence sur le thème « théories vitalistes au siècle des lumières : révolution ou involution ?

Discussions comparatives sur d’autres concepts du vivant de l’antiquité à aujourd’hui ». Sa carrière scientifique a commencé, après un doctorat de 3ème cycle, par des postes d’assistants contractuels (Créteil, Paris 5 et 6) puis par des postes de pharmacologues dans l’industrie pharmaceutique et à l’INSERM-Unité 7 à l’hôpital Necker, Paris. Parallèlement, obtention d’une maîtrise de Biologie humaine en Pharmacologie (Faculté de Médecine, Paris7) et soutenance d’un doctorat d’état ès Sciences. En 1983, il a été recruté comme Maître-Assistant/ Maître de Conférences à la Faculté de Pharmacie de Rennes.

Après les qualifications pour candidater aux fonctions de professeur et l’agrégation de physiologie en sciences du médicament, il a été nommé professeur de physiologie à l’université de Brest et à l’Université de Rennes. Depuis 1980, Bernard Saïag a développé ses recherches sur la paroi vasculaire. Il s’est intéressé à étudier certains mécanismes régulateurs du diamètre d’un vaisseau dans des conditions normales et/ou pathologiques. Il a dirigé, de 1995 à 2000, au CHRU de Rennes, une des trois sous équipes d’une grande équipe « Insuffisance cardiaque » regroupant des cliniciens et des fondamentalistes. Il a alors été président de l’ARREndothélium (Association Régionale de Recherche sur l’Endothélium).

Puis de 2000 à 2005, BS été directeur d’une équipe de recherche multidisciplinaire sur « santé et activité physique » à Brest dans laquelle il étudiait les effets bénéfiques de l’activité physique sur la paroi vasculaire. L’ensemble de sa carrière a permis la production de nombreuses publications et communications scientifiques (nationales et internationales), des participations à des ouvrages collectifs, des conférences scientifiques, ainsi que la formation à la recherche de nombreux étudiants en Maîtrise, Master 2, DEA, DESS, Directeur de Thèse pour des doctorats d’exercice en pharmacie et des Doctorats de recherche. BS a participé à de nombreux jurys (rapporteur, membre, président). Il a aussi participé au comité d’éthique CNRS sur l’expérimentation animale.

Il a fait partie de commissions de recrutement d’enseignants- chercheurs et a aussi été président de commission de recrutement d’enseignants-chercheurs. La dernière thèse encadrée par BS a été soutenue en 2014. Puis ayant beaucoup aimé la philosophie, il a décidé de préparer, dès 2017, un doctorat de philosophie. Bernard SAÏAG est par ailleurs, depuis 20 ans chroniqueur radiophonique sur des thèmes scientifiques très variés et il participe activement à la médiation culturelle, sociale et scientifique en Bretagne. Il est aussi administrateur dans plusieurs associations : « Entraînement cérébral » ; UTL Bretagne ; Conseil de développement ; Radio Laser. Il demeure « sportif « : cap, vélo, plongée subaquatique. Il persévère à chanter et jouer de la guitare en école de musique…Il a choisi d’aborder à Metz le thème de l’esprit critique et de l’éthique.

Chez Bernard Saïag, l’esprit critique et l’éthique ne sont pas des sujets qu’il traite à part. Sa méthode consiste à convoquer plusieurs penseurs en tension les uns avec les autres pour ouvrir la réflexion plutôt qu’à imposer une réponse, et il ramène presque toujours la question morale au terrain du vivre-ensemble : citoyenneté, démocratie, solidarité.

Pourquoi ce thème parle particulièrement à des francs-maçons

L’esprit critique tel que le pratique SAÏAG, qui consiste à convoquer des positions contradictoires (Hobbes/Rousseau, Spinoza/Kant, cyniques/stoïciens) sans trancher dogmatiquement, recoupe une méthode que les Loges cultivent c’est-à-dire le travail sur soi par le doute méthodique, l’obligation de « soumettre toute idée reçue à l’examen de la raison » avant de l’accepter comme vérité. Si vous vous demandez ce que cela change, et bien il y a d’abord le rapport dialectique à la vérité qui est impacté. Le travail au Rituel pratiqué au Droit Humain fait que l’on progresse par contradictions successives (thèse/antithèse tenues en tension plutôt que résolues). La méthode proposée par Bernard Saïag refuse la réponse toute faite au profit de l’ouverture du questionnement. Cette disposition proche de ce que la tradition maçonnique appelle le « doute maçonnique » n’est pas scepticisme stérile mais méthode de construction.

L’éthique chez lui devient le fondement du lien social sans pour autant se transformer en une morale imposée. Rattacher les concepts de liberté, d’égalité, et de fraternité à une interrogation permanente plutôt qu’à des slogans figés fait écho à la manière dont les ateliers travaillent ces mêmes trois termes comme un chantier jamais clos, où la valeur n’a de sens que réactualisée par chacun.

Plus que jamais, la vigilance s’impose contre le dogme et le fanatisme. Si on accepte de considérer que le fanatisme « sépare l’homme de lui-même », la réflexion éthique est une occasion de toucher directement à une préoccupation centrale de la démarche maçonnique : la lutte contre l’obscurantisme et l’esprit de système, qui suppose de maintenir vivante la faculté de douter même de ses propres certitudes.

Pourquoi c’est un enjeu social, au-delà du cercle initiatique

L’intérêt dépasse largement la loge parce que ce que Bernard Saïag décrit est une compétence civique de base menacée par les conditions mêmes de la vie contemporaine.

Le monde a tendance à se polariser, à se simplifier dans ses analyses. Soit on est pour, soit on est contre. Or, nous savons que les choses ne sont pas seulement noires ou blanches.  Aujourd’hui, être capable ou avoir envie de tenir plusieurs points de vue en tension sans se réfugier dans un camp est l’antidote structurel à la pensée binaire qui domine le débat public actuel (réseaux sociaux, petites phrases, indignation permanente).

N’oublions pas également que notre monde est saturé d’informations et d’appels à l’urgence, l’esprit critique devient alors une condition de la citoyenneté active plutôt qu’une posture réservée aux intellectuels. C’est ce qui permet à un citoyen de rester acteur de la délibération publique plutôt que simple consommateur d’opinions préfabriquées.

Contrairement à une vision élitiste du savoir critique qui serait réservé à quelques initiés, Bernard SAÏAG dévoile sa pratique associative : il anime régulièrement des dîners-débats ouverts, publie ses chroniques radio au grand public et nous confie une conviction : l’exigence critique et éthique n’a de valeur que si elle irrigue la vie collective ordinaire, pas seulement les cercles restreints (académiques ou initiatiques).

EXCLUSIF : Guillaume Trichard reçoit la rédaction de 450.fm pour fixer le cap de sa mandature

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Trois jours après son retour à la Grande Maîtrise, au terme du 161e Convent du Grand Orient de France, et au lendemain du ravivage de la flamme du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe, Guillaume Trichard, Grand Maître et président du Conseil de l’Ordre, a reçu en exclusivité notre rédaction ce lundi 31 août dans ses bureaux de la rue Cadet. Franck Fouqueray, directeur de la publication de 450.fm, et Yonnel Ghernaouti, directeur de la rédaction, étaient présents.

Pendant un long échange, le Grand Maître a précisé une feuille de route qui dépasse très largement le seul calendrier politique : 1 400 Loges appelées à agir dans la Cité, réaffirmation de la dimension initiatique et spirituelle du Grand Orient, reconquête de la culture maçonnique, décentralisation, nouvelle stratégie numérique, coopération interobédientielle et ambition internationale. Derrière la formule de « combat » employée la veille dans La Tribune Dimanche, c’est surtout une méthode qui se dessine : transformer les principes en actes.

Trois jours après l’élection, déjà dans l’action

Le contraste est frappant. Vendredi 28 août, à Bordeaux, Guillaume Trichard retrouvait la présidence du Conseil de l’Ordre et la Grande Maîtrise, une fonction qu’il avait déjà occupée en 2023-2024. Comme nous l’écrivions sur 450.fm au lendemain du scrutin, ce retour constitue un événement rare dans l’histoire récente du Grand Orient de France. L’Obédience elle-même présente cette nouvelle mandature autour de trois grandes directions : réaffirmer le GODF comme Ordre initiatique, renforcer son rayonnement dans la Cité et donner une dimension internationale plus forte à son action.

Dimanche, le nouveau Grand Maître était sous l’Arc de Triomphe pour raviver la flamme du Soldat inconnu et déposer, pour la première fois au nom de l’Obédience, une gerbe en mémoire de celles et ceux qui sont tombés pour les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Cet hommage embrassait la mémoire de tous les combattants morts au cours des conflits qui ont traversé notre histoire, mais entendait également saluer, en ces temps troublés, celles et ceux qui, aujourd’hui encore, servent et défendent les couleurs de la France à travers le monde.

À ses côtés participait à la cérémonie un colonel de la Légion étrangère, responsable des forces de l’opération Sentinelle, dispositif mobilisant plus de 8000 militaires pour contribuer, sur le territoire national, à la protection de la population civile. Guillaume Trichard a d’ailleurs insisté sur la portée symbolique de cette présence et sur le fait d’avoir accompli avec cet officier le geste du ravivage de la flamme : la mémoire de ceux qui sont tombés rejoignait ainsi l’engagement de ceux qui veillent aujourd’hui.

De gauche à droite : Franck Fouqueray Directeur de la Publication 450.fm -Guillaume Trichard Grand Maître du GODF – Yonnel Ghernaouti Directeur de la Rédaction de 450.fm

Par ce geste, le Grand Orient de France inscrivait donc la mémoire dans le présent : honorer les morts, reconnaître ceux qui servent et rappeler que la fraternité ne saurait demeurer une simple proclamation gravée au fronton des Temples. C’était déjà, d’une certaine manière, donner corps à cette fraternité universelle que Guillaume Trichard entend replacer au cœur de sa mandature, en reliant le souvenir, le service et l’engagement au bénéfice de tous.

Lundi matin, il recevait en exclusivité notre rédaction rue Cadet. En moins de soixante-douze heures, trois séquences – Convent, cérémonie républicaine, conférence de presse – auront donc donné le ton de cette rentrée : la nouvelle équipe entend occuper rapidement le terrain. Cette accélération n’est pas seulement médiatique. Au fil de l’entretien, Guillaume Trichard revient constamment à la même idée : le Grand Orient ne peut plus se contenter de proclamer ses valeurs. Il doit les rendre visibles, intelligibles et concrètes.

« 1 400 Loges, 1 400 actes » : faire sortir les valeurs du Temple. La formule pourrait devenir l’un des marqueurs de cette mandature : 1 400 Loges, 1 400 actes.

Guillaume Trichard demande à chacune des Loges du Grand Orient de France de poser, avant le prochain Convent, un acte public. Il ne s’agit pas d’imposer un modèle uniforme depuis la rue Cadet. Les formes pourront être multiples : conférence, exposition, débat public, manifestation culturelle, action de solidarité, intervention dans le champ éducatif ou associatif. Le ravivage de la flamme est présenté par le Grand Maître comme une manière de donner lui-même le signal et de ne pas demander aux Loges ce que l’exécutif obédientiel ne commencerait pas par accomplir.

Cette orientation prolonge le projet des Utopia Masonica, prévues au printemps 2027 L’ambition est qu’au cours d’un même week-end des Loges, sur l’ensemble du territoire, ouvrent leurs portes, organisent des rencontres et accueillent largement les citoyens autour d’un thème qui n’a rien d’accessoire dans la pensée de Guillaume Trichard : la fraternité.

Le choix mérite attention. À l’approche d’une élection présidentielle qui promet d’être particulièrement polarisée, le Grand Maître ne place pas seulement au centre de son discours la République ou la laïcité. Il entend également réhabiliter un mot souvent relégué aux devises et aux frontons : fraternité. Pour lui, celle-ci commence précisément lorsque l’on reconnaît dans l’autre un être humain avant de voir son origine, sa couleur, sa culture ou son appartenance.

La Fondation du Grand Orient de France, qui pour la première fois de son histoire sera dirigée par une sœur en la personne de Salima Duprez-Seghir, Vice-Présidente, devrait elle aussi être mobilisée dans cette volonté de traduire l’idéal en actes, notamment par le soutien à des associations de proximité, d’éducation populaire ou engagées contre la précarité. Il y a là une continuité historique revendiquée avec l’ancien Grand Maître Roger Leray et la volonté ancienne de donner à l’Obédience un outil capable de prolonger la fraternité maçonnique dans la société civile. Cette vocation solidaire de la Fondation avait d’ailleurs été longuement rappelée cette année à 450.fm.

« L’heure du combat est revenue », mais quel combat ?

La veille de notre réception, Guillaume Trichard avait choisi un titre sans ambiguïté pour sa tribune publiée dans La Tribune Dimanche : « L’heure du combat est revenue ». Il y décrivait une République fragilisée et un pacte collectif menacé par les fractures contemporaines.

Rue Cadet, 450.fm a voulu pousser plus loin l’interrogation : résister à quoi, et comment ?

La réponse du Grand Maître introduit une distinction importante. Selon lui, le temps présent n’est pas encore celui d’une résistance au sens propre. Il est d’abord celui de la promotion active des principes républicains : liberté, égalité, fraternité, laïcité, universalisme, état de droit. La résistance n’interviendrait, dit-il en substance, que si l’échéance présidentielle conduisait au pouvoir des forces qu’il considère contraires à ces principes. Et il précise viser tous les extrémismes. Car, selon lui, l’extrémisme est incompatible avec la démarche maçonnique, qui refuse toute position dogmatique et privilégie la recherche de l’équilibre, le discernement, le respect et la raison.

Cette précision est essentielle car Guillaume Trichard récuse parallèlement l’idée d’une consigne de vote maçonnique. Il affirme ne pas avoir à dicter aux membres de l’Obédience leur choix électoral : des Francs-Maçons formés à la liberté de conscience, à l’esprit critique et à l’émancipation des dogmes n’ont pas, selon lui, à recevoir des consignes Le rôle du Grand Orient n’est donc pas, dans sa conception, de se transformer en parti politique supplémentaire, mais de rappeler publiquement les critères au regard desquels il entend juger les discours et les actes.

La frontière qu’il trace se veut ainsi celle des principes et non des étiquettes

Racisme, xénophobie, antisémitisme, homophobie et rejet de l’autre sont explicitement présentés comme incompatibles avec les valeurs de l’Obédience. En revanche, insiste-t-il, le Grand Orient de France n’a pas vocation à intervenir dans le champ de la politique politicienne. La nuance est politiquement importante. Guillaume Trichard revendique un Grand Orient engagé, mais refuse théoriquement le passage de l’engagement républicain à l’alignement partisan. C’est l’un des équilibres qu’il devra maintenir dans les mois qui viennent.

Retrouver Fred Zeller et la tradition des « guetteurs »

Pour inscrire sa démarche dans une continuité plutôt que dans une rupture, Guillaume Trichard revient volontiers aux anciens Grands Maîtres. Il cite en particulier Fred Zeller, auquel il rattache cette idée des Francs-Maçons comme « guetteurs » chargés de demeurer vigilants lorsque les libertés sont menacées. C’est dans cette filiation qu’il situe sa formule : « L’heure du combat est revenue ». Pour lui, les prises de position actuelles ne constitueraient donc pas une innovation doctrinale mais la réactivation d’une tradition du Grand Orient qui, depuis l’après-guerre, a vu nombre de ses Grands Maîtres intervenir publiquement lorsque les principes démocratiques leur paraissaient en danger.

Le mot « combat », dès lors, mérite d’être entendu dans son acception civique : vigilance, argumentation, présence dans le débat public, mobilisation associative et culturelle. Le Grand Orient veut parler, organiser, transmettre, convaincre. Et éventuellement s’opposer.

La surprise de la rentrée : Guillaume Trichard remet la spiritualité au centre

Ceux qui réduiraient cette nouvelle mandature à la campagne présidentielle passeraient pourtant à côté de l’un des passages les plus intéressants de nos échange. Guillaume Trichard entend réaffirmer avec force que le Grand Orient de France est d’abord un Ordre initiatique. Et il ajoute un terme qui, dans certaines oreilles du GODF, pourra surprendre davantage encore : celui de spiritualité.

mosaïque maçonnique

« La spiritualité ne signifie pas la religion », explique-t-il. Il revendique explicitement l’existence d’une spiritualité laïque, née du travail d’introspection, de la réflexion sur soi, de la maîtrise des passions et, pour employer un langage profondément traditionnel, du travail de l’esprit sur la matière. Ce n’est pas un détail lexical. Derrière cette affirmation se trouve une tentative de réarticuler les deux dimensions parfois présentées comme concurrentes au Grand Orient : l’homme intérieur et le citoyen, l’initiation et la Cité, le silence du Temple et la parole publique.

Pour Guillaume Trichard, il n’y a pas contradiction. C’est précisément parce que la démarche initiatique vise à transformer l’individu qu’elle peut, ensuite, produire des effets dans la société. Le Franc-Maçon n’est pas invité à choisir entre sa construction intérieure et son engagement extérieur : le second doit procéder de la première. Cette inflexion mérite d’être suivie. Elle pourrait constituer l’un des aspects les plus originaux de sa mandature si elle trouve une traduction durable dans la vie des Loges. Non pas une école de pensée, mais une « école de l’émancipation ». À cette dimension spirituelle répond une deuxième priorité interne : la culture maçonnique.

Là encore, le Grand Maître refuse une formule trop scolaire. En Loge, dit-il, « on initie, on transmet, on partage ». La Franc-Maçonnerie n’est pas destinée à fournir un « prêt-à-penser ». Elle doit plutôt donner des outils permettant de s’émanciper des dogmes, des idées toutes faites et de ce que La Boétie appelait la servitude volontaire. Il préfère ainsi parler d’une « école de l’émancipation ».

Ce retour à la culture maçonnique sera décliné concrètement

Guillaume Trichard évoque le développement d’expositions itinérantes, la création, là où les locaux le permettent, de petits espaces muséaux consacrés à l’histoire maçonnique régionale, une meilleure valorisation des archives et du Musée de la Franc-Maçonnerie, mais aussi le rétablissement d’un lien éditorial plus étroit avec les nouveaux initiés. Il annonce notamment son souhait que les Apprentis puissent à nouveau recevoir directement la revue Humanisme.

À l’approche du tricentenaire de 2028, l’enjeu n’est pas mince. Une Obédience qui veut prendre la parole dans la Cité doit également être capable de transmettre à ses propres membres son histoire, ses grandes figures, ses combats, ses textes et ses contradictions.

Le chantier est d’autant plus nécessaire que le Grand Maître s’interroge ouvertement sur le rapport des jeunes générations aux livres, aux revues, aux musées et aux formes classiques de transmission. Il souhaite notamment mieux mesurer la fréquentation du Musée de la Franc-Maçonnerie par les membres eux-mêmes et renforcer le sentiment d’appartenance à une histoire collective de près de trois siècles.

Ni tout numérique ni nostalgie du papier

Sur ce terrain, Guillaume Trichard ne prône pourtant aucun retour nostalgique à l’âge du classeur et de la circulaire. Il observe que le temps de lecture se fragmente, que les usages changent et que les réseaux sociaux imposent de nouveaux formats. Sa conclusion n’est pas qu’il faudrait appauvrir le contenu, mais qu’il faut apprendre à le décliner autrement : livres, articles, conférences, vidéos, podcasts, capsules courtes.

L’échange prend même un détour par l’intelligence artificielle. Pour le Grand Maître, l’audience ne suffira plus à garantir l’influence : les systèmes d’IA recherchent avant tout du contenu susceptible d’être exploité, synthétisé et transmis. D’où cette conviction qu’il faut continuer à produire du fond tout en adaptant ses modes de circulation. Des formats vidéo courts sont notamment envisagés pour diffuser davantage de culture maçonnique.

En même temps, Guillaume Trichard se méfie du tout-numérique. Il raconte combien le document reçu matériellement, la revue trouvée dans sa boîte aux lettres ou le support conservé dans une bibliothèque peuvent créer un lien sensible avec l’Obédience, notamment pour des Frères et des Sœurs plus âgés ou moins à l’aise avec les outils numériques. Cette coexistence du papier et du numérique pourrait résumer assez justement la méthode annoncée : moderniser sans déraciner.

Une nouvelle équipe structurée pour le rayonnement

C’est ici que le dynamisme de la nouvelle équipe apparaît le plus concrètement. Autour de Guillaume Trichard, les trois Grands Maîtres adjoints sont René Turiaf, Joël Vendeville et Assane Cisé. Le bureau comprend également Alexandre Geoffroy comme Grand Orateur, Édouard Ramaroson aux Affaires intérieures, Jean-Édouard Ombetta aux Affaires extérieures, Olivier Cortet à la Grande Trésorerie, Bertrand Sade comme Garde des Sceaux et Alain Dupuy comme Grand Hospitalier, entourés de leurs adjoints. La composition avait déjà été détaillée dans notre précédent article.

Mais l’organisation annoncée lundi va plus loin. Guillaume Trichard indique avoir mis en place un dispositif renforcé autour du rayonnement obédientiel, avec cinq Grands Officiers spécifiquement chargés de la communication, de l’événementiel, des relations institutionnelles, du numérique et de la décentralisation. Le site Internet doit être repensé, la présence sur les réseaux sociaux renforcée et les manifestations davantage diffusées hors de Paris.

Le mot important est peut-être celui de décentralisation.

Les ciné-débats qui rencontrent un public important rue Cadet doivent être déployés en région. Les Chantiers de la République, jusqu’ici fortement identifiés aux rencontres parisiennes, ont vocation à essaimer sur l’ensemble du territoire. Même le Conseil de l’Ordre doit sortir ponctuellement de Paris : un premier Conseil décentralisé est annoncé à Marseille dès octobre. Autrement dit, l’idée des « 1 400 Loges, 1 400 actes » n’est pas seulement un mot d’ordre adressé à la base : l’exécutif veut lui-même déplacer son centre de gravité.

Les « Chantiers de la République » vont essaimer dans les territoires

Cette territorialisation est probablement l’une des décisions les plus intéressantes pour l’année qui commence. Guillaume Trichard souhaite que les Chantiers de la République deviennent un véritable label susceptible d’être repris localement par les Loges lorsqu’elles organisent une conférence ou un événement répondant aux grands axes de la mandature, avec la présence d’un Conseiller de l’Ordre.

Le dispositif pourrait ainsi produire un maillage inédit : au lieu de quelques grands rendez-vous nationaux réunissant un public déjà familier de la Franc-Maçonnerie, multiplier les rencontres locales dans des villes moyennes, des territoires ruraux et même ce que Guillaume Trichard appelle des « déserts maçonniques », ces zones où le Grand Orient est peu ou pas représenté. C’est aussi une manière de poser une question stratégique rarement formulée aussi directement : à quoi sert une grande Obédience nationale si sa parole ne circule qu’entre Paris, les grandes métropoles et ceux qui fréquentent déjà ses événements ?

Une mandature qui ne veut pas s’enfermer dans la présidentielle

La présidentielle de 2027 occupe naturellement une part importante de cette rentrée. Mais Guillaume Trichard insiste sur des combats appelés à durer au-delà de l’échéance électorale.

Le communiqué publié après le Convent fixe quatre sujets de société : la santé globale, la dignité du grand âge, l’éducation populaire et le droit d’asile des réfugiés climatiques. Autant de champs qui montrent que l’Obédience veut continuer à travailler sur des questions prospectives et ne pas réduire son expression publique au face-à-face avec les extrémismes. Cette dimension est essentielle. Pour conserver une parole audible, le Grand Orient devra en effet démontrer qu’il sait être autre chose qu’un acteur réagissant aux crises politiques. Les enjeux de vieillissement, de santé, d’éducation et de bouleversement climatique peuvent lui permettre de retrouver une fonction plus classique de laboratoire d’idées, à condition que les travaux des Loges parviennent effectivement jusqu’au débat public.

Vers davantage d’actions communes entre Obédiences

Autre signal envoyé par Guillaume Trichard : celui d’un rapprochement opérationnel avec plusieurs autres Obédiences françaises. Il dit être sorti très rassuré des échanges du Convent et évoque le souhait de mener, dans les mois à venir, des actions concertées interobédientielles. L’enjeu n’est pas de gommer les différences de traditions, de pratiques ou de conceptions maçonniques, mais de déterminer les sujets sur lesquels des Obédiences différentes peuvent parler ou agir ensemble.

Cette volonté prendra notamment une dimension internationale.

Le Grand Maître veut renforcer ce qu’il appelle une forme d’internationale de la Franc-Maçonnerie libérale et adogmatique, dans un contexte où des Loges et des Francs-Maçons sont fragilisés ou menacés dans plusieurs pays. L’objectif officiel est la constitution d’un véritable pacte d’alliance, afin qu’aucune Obédience amie confrontée à une crise ne demeure isolée. Le communiqué publié après le Convent évoquait déjà explicitement la situation des Francs-Maçons de Madagascar.

Lors de notre entretien, Guillaume Trichard va plus loin et annonce son intention de réunir prochainement plusieurs Obédiences françaises autour de la situation malgache. Il insiste sur un point : l’efficacité ne passe pas nécessairement par la multiplication des communiqués publics. Dans certaines circonstances, estime-t-il, la solidarité maçonnique internationale doit aussi savoir travailler dans la discrétion. L’argument est profondément maçonnique : si le serment de secours mutuel possède un sens entre deux Frères ou deux Sœurs, pourquoi cesserait-il d’en avoir un lorsque c’est une communauté maçonnique entière qui se trouve menacée ?

Un agenda qui commence déjà à se remplir

La volonté d’action devrait rapidement être mise à l’épreuve. Outre les Journées européennes du patrimoine, plusieurs rendez-vous sont en préparation autour des libertés publiques, de la situation iranienne et de la mémoire de Samuel Paty. Les modalités de certaines manifestations étaient encore en cours d’ajustement au moment de notre entretien. Le 17 septembre est par ailleurs déjà annoncée rue Cadet la projection de L’Exercice de l’État de Pierre Schoeller, suivie d’un débat consacré à « L’État républicain » en présence du réalisateur. La succession de ces rendez-vous, la décentralisation annoncée des manifestations et du Conseil de l’Ordre, la refonte des outils de communication et la mobilisation des Loges donnent à cette rentrée une tonalité assez différente d’un simple changement de président.

Il y a manifestement, autour de Guillaume Trichard, une volonté d’accélération.

Le véritable enjeu : relier de nouveau le Temple et la Cité. C’est probablement là que se situe la ligne de force de notre entretien.

On aurait pu imaginer que le retour de Guillaume Trichard se résume à une présidence de combat, dominée par l’échéance présidentielle et la dénonciation des extrémismes. La conversation du 31 août révèle un projet plus large et, à certains égards, plus ambitieux : réconcilier ce que l’on oppose parfois trop facilement au sein de la Franc-Maçonnerie française.

La spiritualité et l’engagement. La culture et la communication. Le livre et la vidéo. Le patrimoine et l’intelligence artificielle. Paris et les territoires. La souveraineté de chaque Loge et la puissance collective de 1 400 ateliers. L’identité du Grand Orient et la coopération interobédientielle. La République française et l’universalisme maçonnique.

Cette articulation sera difficile. Elle comporte même une tension féconde : comment demeurer un Ordre initiatique lorsque l’on veut intervenir fortement dans la Cité ? Comment parler politique sans devenir partisan ? Comment défendre une tradition trois fois séculaire sans transformer le patrimoine en musée immobile ? Comment conquérir les nouveaux formats numériques sans sacrifier la profondeur du travail maçonnique ?

Guillaume Trichard semble avoir choisi de ne pas résoudre ces contradictions en supprimant l’un de leurs termes. Il veut au contraire tenir les deux bouts de la chaîne. Et c’est peut-être là que se jouera réellement sa mandature. Car après les discours de Bordeaux, la flamme ravivée sous l’Arc de Triomphe et les premières déclarations de cette rentrée, le Grand Orient de France entre désormais dans le temps plus exigeant de la réalisation. Le chantier est ouvert. Les outils sont annoncés. Les équipes sont en place. Les Loges sont appelées à prendre leur part.

En Franc-Maçonnerie comme ailleurs, on ne juge jamais longtemps le constructeur à la beauté de son plan. Vient toujours l’heure où il faut quitter la planche à tracer, saisir les outils et regarder si, pierre après pierre, l’édifice commence réellement à s’élever. Pour Guillaume Trichard et la nouvelle équipe du Grand Orient de France, cette heure-là vient de commencer.

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JEP 2026 – La GLTSO ouvre ses temples : « Raviver, Résister, Réimaginer »

La rédaction de 450.fm a reçu le communiqué de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra annonçant l’ouverture exceptionnelle de plusieurs de ses temples au public, dimanche 20 septembre 2026, à l’occasion des 43es Journées européennes du patrimoine. À Saint-André-lez-Lille, Levallois-Perret et Villeurbanne, visiteurs et curieux pourront découvrir les lieux maçonniques et surtout rencontrer celles et ceux qui les font vivre.

Trois verbes servent cette année de fil conducteur à la GLTSO : Raviver, Résister, Réimaginer.

Une formule qui dépasse le simple exercice de communication patrimoniale. Raviver ce qui fonde, résister à ce qui fragilise et réimaginer ce qui vient, c’est poser la question essentielle de toute tradition vivante : comment recevoir un héritage sans le figer et comment le transmettre sans le dénaturer ?

Temple Levallois-Perret – site GLTSO

La Franc-Maçonnerie connaît bien cette tension féconde

Le patrimoine maçonnique ne se limite ni aux temples, ni aux décors, ni aux archives. Il est aussi fait de gestes, de rites, de paroles, de symboles et d’une méthode de transmission. La GLTSO entend précisément inscrire sa démarche dans ce lien entre passé, présent et avenir, en invitant chacun à devenir « l’artisan conscient » de ce qu’il reçoit.

Cette ouverture constitue aussi une occasion bienvenue de faire tomber quelques fantasmes. Pousser la porte d’un temple, observer son organisation symbolique, écouter les explications des francs-maçons et dialoguer directement avec eux demeure sans doute l’un des meilleurs moyens de comprendre ce qu’est réellement une Obédience initiatique.

À Saint-André-lez-Lille, l’affiche annonce clairement la couleur : « La Franc-Maçonnerie vous ouvre ses portes ». Des visites des temples seront suivies de conférences ; deux rendez-vous sont prévus à 10 h 30 et 14 h 30 autour de la question « Franc-Maçon, Franc-Maçonne, qui sommes-nous ? », tandis qu’une intervention consacrée à l’histoire de la Franc-Maçonnerie est annoncée à 11 heures.

Créée en 1958, la GLTSO revendique aujourd’hui près de 4200 membres répartis dans 250 Loges

tempel Villeurbanne – photo Yonnel Ghernaouti

Obédience masculine et adogmatique, elle place au centre de sa démarche la recherche spirituelle intérieure et affirme ne pas intervenir dans les champs politique et religieux.

Infos pratiques – dimanche 20 septembre 2026 : visites et conférences d’environ 45 minutes ; inscription préalable indispensable. Les visiteurs devront se présenter quinze minutes avant l’horaire choisi, munis de leur confirmation d’inscription et d’une pièce d’identité.

Une journée pour voir les temples, certes, mais surtout pour comprendre qu’en Franc-Maçonnerie le patrimoine n’est jamais seulement ce que l’on conserve : c’est ce que l’on continue à faire vivre.

Temple Villeurbanne – photo Yonnel Ghernaouti

Pour Saint-André-lez-Lille, l’adresse directe d’inscription est ICI :

La GLTSO renvoie également vers sa page générale des inscriptions, selon la ville choisie :

Villeurbanne vous propose quatre sessions de visites & conférences entre 10h30 et 17h sur le thème « Raviver la mémoire, Résister aux aléas, Réimaginer notre futur » 

Levallois-Perret vous propose trois visites – conférences entre 10h et 16h sur le thème de la    « La Franc-maçonnerie de tradition ou l’architecture de la pensée » / Contact

Le communiqué de presse

16/09/26 : De Téhéran à Paris, le GODF fait de la mémoire de Mahsa Jina Amini un devoir de justice

Quatre ans jour pour jour après la mort de la jeune Kurde iranienne devenue le visage universel du soulèvement « Femme, Vie, Liberté », le Grand Orient de France consacrera, le mercredi 16 septembre 2026, une soirée publique à sa mémoire. Dans le Temple Arthur Groussier, rue Cadet, sera projeté le documentaire Iran : Plaidoyer pour la justice, en présence de son producteur Hirbod Dehghani-Azar, de la sociologue et écrivaine Chahla Chafiq, de l’équipe du film, du Grand Maître Guillaume Trichard et d’une délégation du Conseil de l’Ordre. Plus qu’une commémoration, cette rencontre pose une question au cœur de l’idéal maçonnique : que vaut notre liberté de conscience si elle demeure indifférente à ceux qui paient de leur corps le droit élémentaire d’être libres ?

Il est des dates qui cessent d’appartenir au calendrier pour entrer dans la conscience universelle.

Le 16 septembre 2022 est de celles-là. Ce jour-là mourait à Téhéran Jina Mahsa Amini, vingt-deux ans, trois jours après son arrestation par la police dite « des mœurs », chargée de contrôler notamment le respect des règles imposant aux femmes le port du voile. Sa mort allait provoquer une onde de choc dont le régime iranien n’est jamais parvenu à effacer la puissance symbolique. La Mission internationale indépendante d’établissement des faits des Nations unies a depuis conclu que la jeune femme avait subi des violences physiques ayant conduit à sa mort en détention et que l’État iranien portait la responsabilité de cette mort illégale. Elle a également établi que nombre des violations commises lors de la répression du mouvement qui suivit – meurtres, emprisonnements, torture, viols et autres violences sexuelles, persécutions, disparitions forcées – relevaient, dans certaines circonstances, de crimes contre l’humanité.

Quatre ans plus tard, son nom n’est donc pas celui d’une victime enfermée dans le passé.

Il est devenu une sorte de mot de passe entre les consciences. Car de Saqqez à Téhéran, puis de Téhéran à Paris, Berlin, Londres ou New York, trois mots ont franchi les frontières : « Jin, Jiyan, Azadî » – « Femme, Vie, Liberté ». Leur force tient précisément à leur simplicité. Ils ne réclament ni empire ni territoire. Ils énoncent trois conditions premières de l’existence humaine : la dignité de la personne, le droit de vivre et la liberté d’être soi.

Femme, Vie, Liberté : trois mots qui ressemblent à une architecture

Le Franc-Maçon ne peut guère entendre ce triptyque comme un slogan parmi d’autres. Non parce qu’il faudrait annexer le combat des Iraniennes au vocabulaire maçonnique, mais parce que ces trois termes touchent aux fondations mêmes de toute démarche d’émancipation.

Femme, d’abord, parce qu’aucune prétention à l’universel ne peut être sérieuse lorsque la moitié de l’humanité demeure placée sous tutelle. Le corps féminin est devenu en Iran l’un des lieux où s’affrontent de la manière la plus visible deux conceptions de l’être humain : d’un côté, l’individu considéré comme propriétaire de sa conscience et de son corps ; de l’autre, un pouvoir politico-religieux qui entend inscrire sa norme jusque dans l’apparence, le vêtement, la chevelure et l’espace public.

Vie, ensuite, parce que la liberté n’est jamais une abstraction lorsque des êtres risquent la prison, la torture ou la mort pour l’avoir revendiquée. Et Liberté, enfin, parce que ce dernier terme donne aux deux premiers leur dimension spirituelle. La liberté n’est pas seulement le droit de circuler ou de parler ; elle est cette souveraineté intime grâce à laquelle un être humain peut dire : ma conscience ne vous appartient pas.

Voilà pourquoi la question iranienne touche si directement à la liberté absolue de conscience, principe majeur de la Franc-Maçonnerie libérale et adogmatique. La laïcité elle-même prend ici une profondeur que nos controverses françaises ont parfois tendance à nous faire oublier. Elle n’est plus seulement l’objet de discussions sur les frontières du religieux et du politique. Elle retrouve sa fonction originelle : empêcher qu’une vérité proclamée sacrée puisse devenir la loi obligatoire de toutes les consciences.

Les faits contemporains empêchent d’ailleurs de croire que le soulèvement de 2022 ne serait plus qu’un souvenir.

Amnesty International décrit encore, dans son rapport consacré à l’Iran, la discrimination systémique frappant les femmes et les filles, le maintien de l’obligation du voile, les poursuites, intimidations et exclusions visant celles qui la défient, ainsi que le développement d’une surveillance électronique utilisant notamment caméras et dispositifs numériques. Après les nouvelles manifestations commencées à la fin de décembre 2025, les organisations internationales ont de nouveau documenté une répression extrêmement grave, dans un contexte où l’impunité demeure un problème central.

Ainsi la mèche de cheveux que l’on découvre, la photographie que l’on publie ou le voile que l’on retire peuvent-ils devenir des actes politiques. C’est l’un des paradoxes terribles de toute théocratie : plus elle prétend gouverner les âmes, plus les gestes les plus ordinaires deviennent subversifs.

Du deuil à la preuve : quand la mémoire demande justice

C’est ici que la soirée organisée rue Cadet acquiert une dimension supplémentaire. Le GODF n’a pas choisi de projeter un documentaire historique revenant seulement sur septembre 2022. Iran : Plaidoyer pour la justice regarde aussi vers l’Iran de 2026 et vers une question essentielle : comment empêcher que les victimes disparaissent une seconde fois dans l’oubli ?

Le film est porté par l’Association Norouz, présidée par l’avocat franco-iranien Hirbod Dehghani-Azar, ancien membre du Conseil de l’Ordre des avocats de Paris et du Conseil national des barreaux. L’association affirme vouloir agir pour la mémoire des exactions, l’accompagnement des victimes et la réflexion sur une future justice de transition en Iran. Son équipe réunit notamment des avocats et défenseurs des droits humains ; son nom même, Norouz, le « jour nouveau » de la tradition persane, introduit dans son projet l’idée d’un recommencement possible.

Présenté en avant-première à la Maison du Barreau de Paris le 16 juillet 2026, Iran : Plaidoyer pour la justice rassemble des témoignages, des images, des analyses de juristes et des éléments documentaires liés notamment à la violente répression des manifestations de janvier 2026. Sa singularité revendiquée tient à sa perspective judiciaire : il ne s’agit pas seulement de montrer, mais de documenter, de préserver les traces, d’établir autant que possible les faits et de rendre concevable, demain, leur examen par une juridiction indépendante.

La nuance est importante. La mémoire seule peut devenir monument ; la justice transforme la mémoire en exigence. Entre les deux se trouve la preuve.

Cette idée ne peut laisser indifférent un imaginaire maçonnique fondé sur le passage de l’obscurité à la lumière. Car faire la lumière ne signifie pas produire une illumination vague ou sentimentale. Cela signifie distinguer, examiner, confronter, chercher ce qui peut être établi. Le contraire de la lumière n’est pas seulement l’ignorance ; c’est aussi l’effacement volontaire des faits.

Association Norouz, capture d’écran

Sous cet angle, le documentaire accomplit un travail presque archéologique : recueillir les fragments avant qu’ils ne disparaissent, sauvegarder une image avant qu’elle ne soit supprimée, conserver une parole avant que la peur ou la mort ne la réduise au silence. Là où la propagande cherche à produire l’amnésie, le droit construit des archives.

Chahla Chafiq, ou l’Iran regardé depuis l’expérience du totalitarisme religieux

La présence de Chahla Chafiq donnera également à cette soirée une profondeur historique et intellectuelle particulière. Sociologue et écrivaine née en Iran, réfugiée en France au début des années 1980 après avoir connu la révolution de 1979 puis la mise en place du pouvoir islamiste, elle travaille depuis plusieurs décennies sur l’islam politique, les rapports entre sexe, genre et pouvoir, la condition des femmes et les mécanismes idéologiques du totalitarisme religieux. Son parcours est aussi celui d’une ancienne participante à la révolution antidictatoriale qui dut constater combien une espérance d’émancipation pouvait se retourner en nouveau système d’oppression.

Chahla_Beski-Chafiq_on_BBC_Persian

Son témoignage rappelle une vérité historique souvent difficile à entendre : une révolution ne vaut pas par le seul renversement de l’ordre ancien, mais par la liberté qu’elle rend possible après la victoire. Substituer une orthodoxie à une autre n’est pas libérer. Déposer une couronne pour installer un dogme au sommet de l’État ne constitue pas davantage une émancipation.

Cette question possède une évidente résonance initiatique. Le Maçon apprend que briser ses chaînes extérieures serait peu de chose s’il se contentait ensuite de changer de maître. L’initiation n’est pas le passage d’une certitude imposée à une autre ; elle ouvre précisément l’espace inconfortable où l’on doit apprendre à penser, juger, douter et répondre personnellement de ses choix.

Guillaume Trichard : une fidélité qui remonte à 2023

La présence de Guillaume Trichard, redevenu Grand Maître du Grand Orient de France à l’issue du Convent d’août 2026, donne par ailleurs à cette soirée une véritable continuité.

Il faut se souvenir de son premier discours d’installation, en août 2023. Le nouveau Grand Maître avait alors choisi d’ouvrir son propos en évoquant « Barayé », la chanson de Shervin Hajipour devenue l’un des hymnes du soulèvement iranien. Il rappelait Mahsa Amini, « Femme, Vie, Liberté », la résistance de la jeunesse iranienne et inscrivait explicitement ce combat dans la vocation universaliste du GODF, en affirmant que l’émancipation ne connaissait pas de frontières.

Trois ans plus tard, ce fil n’est donc pas rompu. Il reprend précisément le 16 septembre, date anniversaire de la mort de Jina Mahsa Amini.

Ce choix est symboliquement fort. Une Obédience maçonnique n’est ni un ministère des Affaires étrangères ni une organisation de défense des droits humains, et elle perdrait sa nature si elle prétendait se substituer à eux. Mais elle peut être une conscience organisée, un lieu où l’événement du monde est soumis à l’examen des principes dont elle se réclame. Lorsqu’elle invoque la liberté, l’égalité, la fraternité, la dignité humaine et la liberté absolue de conscience, elle accepte nécessairement d’être interrogée par les lieux où ces principes sont bafoués.

La Chaîne d’Union serait singulièrement pauvre si elle ne reliait que ceux qui se trouvent déjà à l’abri entre les murs du Temple.

450.fm : quatre années à maintenir le visage de Mahsa dans notre champ de conscience

Cette soirée du 16 septembre ne surgit pas davantage dans un désert éditorial pour 450.fm. La consultation des archives du journal montre au contraire qu’un véritable fil a été maintenu depuis 2023, sous des formes différentes – actualité, culture, laïcité, exposition, livre, symbole et géopolitique.

Dès août 2023, dans la note consacrée au Choix laïque d’une intranquille, le journal reliait l’expérience de la laïcité à l’aspiration iranienne à l’émancipation et rappelait le sens du slogan « Femme, Vie, Liberté ». Quelques jours plus tard, 450.fm publiait le discours d’installation de Guillaume Trichard, avec cette entrée remarquable par Barayé et l’Iran.

À la veille du premier anniversaire de la mort de Mahsa Amini, le 15 septembre 2023, nous consacrions ensuite un « Lieu symbolique » à Villeneuve-Saint-Georges et à la sculpture « Femme, Vie, Liberté » de Sabri Cigerli, œuvre représentant quatre visages féminins aux cheveux libres, conçue comme hommage à la jeune Kurde iranienne et au soulèvement. Puis, en novembre, 450.fm annonçait le Café Laïque parisien consacré à la question : « Femmes, vie, liberté. Où en est la lutte des femmes iraniennes ? »

En 2024, le regard s’est déplacé vers l’art. Le journal a accompagné l’exposition « La révolution Femmes, Vie, Liberté » au musée de la franc-maçonnerie, réunissant les dessins de presse des artistes iraniens en exil Kianoush Ramezani et Mana Neyestani, sous le commissariat d’Iris Farkhondeh, Laurent Garreau et Simon Cau. En avril, lorsque l’exposition s’achevait, 450.fm en proposait encore un diaporama afin d’en conserver et d’en partager la mémoire.

Le fil s’est poursuivi en 2026. En février, la recension de Figures de la laïcité – 2000 ans de combats, de Jean-Pierre Sakoun et C215, relevait précisément la présence de Mahsa Jina Amini parmi les figures contemporaines de la liberté de conscience, en soulignant que son destin faisait sortir la laïcité de sa seule histoire française pour la replacer dans une question universelle : celle du corps soumis et de la conscience confisquée.

En avril, notre lecture de L’Iran face à ses défis – 1925-2025, d’Yves Bomati et Davoud Pahlavi, inscrivait Mahsa Jina Amini dans le temps long de l’histoire iranienne et observait comment, sous la République islamique, le corps féminin était devenu l’un des lieux où le pouvoir cherche à inscrire sa loi et où, inversement, la contestation manifeste sa puissance.

Enfin, le 27 juillet 2026, Pierre d’Allergida revenait longuement sur la persistance du mouvement « Femme, Vie, Liberté » et sur la transformation des technologies numériques en instruments de contrôle : reconnaissance des visages, surveillance des réseaux sociaux, procédures et sanctions contre les femmes défiant le voile obligatoire. L’article rappelait ainsi que quatre années après Mahsa, la question n’était plus de savoir si son nom avait survécu, mais jusqu’où l’État pouvait aller pour empêcher ce nom de continuer à produire de la liberté.

Cette continuité éditoriale importe. Informer, montrer une œuvre, rendre compte d’une exposition, lire un livre ou transmettre une conférence sont autant de manières différentes de lutter contre l’effacement. La mémoire ne se conserve pas toute seule. Elle a besoin de passeurs.

Hôtel du Grand Orient de France (GODF), rue Cadet, Paris 9e - Photo YG.
Hôtel du Grand Orient de France (GODF), rue Cadet, Paris 9e – Photo Yonnel Ghernaouti, YG.

Le Temple comme chambre d’écho de la cité

Il y aura donc, ce 16 septembre, quelque chose de singulier à voir apparaître dans le grand Temple Arthur Groussier les images venues d’Iran.

Dans le vocabulaire initiatique, un Temple est un espace séparé du tumulte profane afin de rendre possible un autre type d’écoute. Mais cette séparation n’est jamais un refus du monde. On ferme symboliquement les portes pour mieux travailler ; on doit les rouvrir ensuite avec un regard transformé.

Le danger serait de faire de l’initiation une protection confortable contre le tragique de l’Histoire. Or le véritable travail maçonnique procède exactement à l’inverse : il nous apprend à découvrir dans les événements extérieurs une matière exigeant notre discernement intérieur.

Que voyons-nous lorsque nous regardons le visage de Mahsa Jina Amini ?

Une jeune femme morte en Iran en septembre 2022, assurément. Mais si nous regardons davantage, nous voyons également une question qui traverse toute l’histoire humaine : à qui appartient l’être humain ?

Amir_Kabir_University_uprising_September_2022

À Dieu tel qu’un clergé prétend l’interpréter ? À l’État ? À la famille ? À une communauté ? À une idéologie ? Ou bien d’abord à lui-même, dans les limites du respect de l’égale liberté d’autrui ?

Toute l’histoire moderne de l’émancipation tient presque dans cette interrogation. a réponse maçonnique ne peut être ambiguë : nul ne possède la conscience d’un autre.

Iran_Freedom_Protest, 2022,_Ottawa_Canada

C’est pourquoi « Femme, Vie, Liberté » dépasse infiniment les frontières iraniennes. Ce n’est pas un mot d’ordre destiné à être importé tel quel dans nos querelles françaises. C’est une pierre de touche. Il nous oblige à vérifier si les principes dont nous nous parons résistent lorsqu’ils cessent d’être confortables.

Le 16 septembre, au 16 rue Cadet, il ne s’agira donc pas seulement de se souvenir d’une morte. Il s’agira de comprendre pourquoi certains morts deviennent des vivants parmi nous.

Jina Mahsa Amini appartient désormais à cette étrange fraternité des êtres dont la disparition ouvre un passage. Ils ne réclamaient pas nécessairement de devenir des symboles. L’Histoire en décide autrement. Leur nom devient une lumière portée par d’autres.

Et peut-être est-ce finalement cela, le sens le plus profond de cette soirée : faire en sorte que la mémoire ne soit pas un tombeau, mais une lampe ; que la preuve empêche le mensonge ; que la justice empêche l’oubli ; et que, de Téhéran à Paris, la liberté demeure ce chantier jamais achevé où chaque génération reçoit quelques pierres à tailler.

Informations pratiques

  • Mercredi 16 septembre 2026, de 19 h 30 à 22 h, Hôtel du GODF, Temple Arthur Groussier, 16 rue Cadet, Paris 9e.
  • Projection de Iran : Plaidoyer pour la justice, suivie d’une conférence publique.
  • Avec Hirbod Dehghani-Azar, producteur et président de l’Association Norouz, Chahla Chafiq, sociologue et écrivaine iranienne, l’équipe du film, Guillaume Trichard, Grand Maître du GODF, et une délégation du Conseil de l’Ordre.
  • Inscription obligatoire.

Il fut Pic de la Mirandole – Chapitre 12 – Le mystère du Printemps

Chapitre précédent ici.

Un après-midi de mars 1490, Botticelli vint à Querceto.

Il vint seul, à cheval, avec un grand paquet ficelé de cuir attaché à sa selle. Il avait l’air d’un homme qui a quelque chose à montrer et ne sait pas encore si c’est une bonne idée.
Giovanni était dans le jardin, lisant une traduction d’un texte chaldaïque que Mithridate lui avait envoyée de Rome la semaine précédente. Il vit Botticelli arriver de loin et alla à sa rencontre.
— Vous êtes seul? demanda Giovanni.
— Oui. J’ai quelque chose pour vous. Ou plutôt, j’ai une question pour vous.
Il défit le paquet de cuir. C’était un rouleau de papier épais. Il le déroula sur la table de la terrasse.

C’était une étude préliminaire au stylet et à la plume pour un grand tableau dont Giovanni reconnut immédiatement le sujet : Vénus et les Grâces, une nouvelle composition que Botticelli avait décrite à Ficin quelques mois auparavant, un programme iconographique complexe dont il cherchait encore la forme définitive.
Au centre de la composition, Vénus, pas celle nue de la Naissance, une Vénus vêtue, enveloppée d’un manteau que le vent gonflait. Autour d’elle, à gauche, les trois Grâces dansant dans un cercle. Au-dessus, Cupidon bandant son arc. À gauche encore, Mercure repoussant les nuages. Et à droite, deux figures : un homme qui poursuivait une femme à demi transformée…
— Zéphyr et Chloris, dit Giovanni. La poursuite de Chloris par le vent du printemps. Et la transformation de Chloris en Flore.
— Oui. Mais regardez la disposition générale. Est-ce que vous voyez ce que j’essaie de faire ?
Giovanni regarda longtemps.
— La composition est circulaire, dit-il enfin. On entre par la droite avec la poursuite, le désir, l’impulsion brute. On monte vers Vénus au centre, vers l’amour qui ordonne et humanise. On passe par les Grâces, la beauté qui s’offre et se retire et s’offre de nouveau. Et on ressort par la gauche où Mercure, la raison, dissipe les nuages de l’ignorance.
— C’est ça. C’est un programme de l’ascension platonicienne. Du désir brut à la contemplation purifiée.
— Ficin.
— Ficin, oui. Mais aussi vous. Vous m’avez dit une fois, dans mon atelier, que la peinture et la philosophie cherchent la même chose. J’essaie de peindre votre philosophie.

Giovanni resta silencieux un long moment, regardant les lignes du dessin. Puis il dit :
— Les trois Grâces sont Euphrosyne, Thalie et Aglaé. Dans la tradition platonicienne, elles représentent les trois aspects de la beauté : la beauté qui donne, la beauté qui reçoit, et la beauté qui retourne. Un cercle parfait.
— Oui. Et dans votre Kabbale ?
— Dans la Kabbale… les trois piliers de l’arbre. Le pilier de la rigueur, le pilier de la miséricorde, et le pilier central de l’équilibre. Trois Grâces qui dansent, c’est l’arbre kabbalistique en mouvement.

Botticelli prit la plume et nota quelque chose dans la marge du dessin.
— C’est pour ça que je suis venu, dit-il.
— Pour que je vous explique la Kabbale ?
— Pour que vous me disiez si ce que j’ai peint est juste.

Giovanni sourit.
— Ce que vous peignez est toujours juste, dit-il. La façon dont vous voyez le monde est vraie. Le nom que vous donnez à ce que vous voyez importe peu.

Botticelli hocha la tête avec la gravité d’un homme qui a entendu ce dont il avait besoin.

Il resta à dîner. Ils mangèrent dans le jardin, sous les oliviers, en parlant de couleur et de lumière et de signification cachée, et quand Botticelli repartit vers Florence à la tombée du soir, il emportait dans sa tête les lignes définitives de ce qui allait devenir La Primavera.

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Jean Monard – Du Livre des exercices de l’Apprenti au Livre des exercices du Compagnon, de la pierre intérieure à l’homme en marche

Il existe une différence décisive entre connaître un symbole et consentir à ce qu’il modifie une manière de vivre. C’est dans cet écart que Jean Monard installe les deux volumes d’un même chantier. Avec l’Apprenti, les outils quittent la seule sphère du commentaire pour devenir gestes, épreuves de discernement et instruments d’ajustement intérieur. Avec le Compagnon, le mouvement s’élargit. Le Maçon se lève, marche, rencontre la résistance du monde, éprouve la relation, ordonne ses savoirs, mesure sa parole et découvre que transmettre ne consiste pas d’abord à enseigner, mais à laisser derrière soi une manière plus juste d’habiter le réel. Entre les deux livres se dessine ainsi une progression initiatique cohérente, de la pierre travaillée à l’être qui travaille, du centre retrouvé au chemin parcouru, de l’outil reçu à l’œuvre offerte.

La pierre ne demande pas la perfection, elle demande la justesse

Le premier volume (Le Livre des exercices de l’Apprenti) prend son départ dans une contestation salutaire d’une certaine pédagogie maçonnique lorsqu’elle réduit le travail de l’Apprenti à une amélioration morale continue. Jean Monard emprunte à Nietzsche le mot de « moraline » pour récuser le fantasme d’un être progressivement débarrassé de ses aspérités jusqu’à devenir conforme à quelque modèle de perfection. L’image du tailleur de pierre déplace la perspective. La pierre n’est pas corrigée parce qu’elle serait coupable d’être brute. Elle est travaillée pour trouver sa place, recevoir une forme, s’ajuster à l’édifice et aux autres pierres. La transformation cesse ainsi d’être une entreprise de normalisation pour devenir une recherche de relation et de mesure.

La pierre brute devient une anthropologie de l’inachevé. Le défaut n’est ni sanctifié ni condamné. Il devient matière de connaissance. La fissure peut révéler une résistance, une limite, parfois une ouverture. Le geste initiatique consiste moins à supprimer qu’à discerner ce qui doit être taillé, ce qui doit être préservé et ce qui demande du temps. Cette conception rejoint l’intuition des exercices spirituels telle que Pierre Hadot (1922-2010) l’a remise en lumière. Une philosophie digne de ce nom engage une conversion du regard, une discipline de l’attention et une manière d’exister. Chez Jean Monard, le symbolisme maçonnique reçoit cette fonction pratique. Le maillet, le ciseau, l’équerre ou le niveau ne valent pleinement que lorsqu’ils affectent une décision, une parole, une posture ou une relation.

Marc Halevy

Marc Halévy donne à cette orientation une assise métaphysique plus affirmée. Sa préface insiste sur le chantier comme figure d’une initiation sans terme assignable et sur les symboles comme « puissances » spirituelles qui ne deviennent actives que dans leur mise en relation rituelle. Jean Monard demeure davantage du côté de l’expérience. Il demande au lecteur de vérifier ce qui advient lorsque le symbole cesse d’être uniquement regardé et commence à travailler la vie. Sa formule essentielle tient dans ce déplacement, passer de « que signifie cet outil » à « que fait-il de moi ».

La méthode maçonnique devient matière d’exercice

Le concept le plus personnel de ce premier livre est celui de « méta-méthode ». Jean Monard distingue le rituel, avec ses textes, ses gestes, ses déplacements et sa temporalité, de la méthode maçonnique comprise comme capacité à être transformé par la répétition, le symbole, le silence et le travail en Loge. Les exercices isolent certaines fonctions de cette méthode afin de les rendre perceptibles. L’ancrage, le retournement du regard, le discernement, le silence, la prise de hauteur deviennent autant de facultés à éprouver. Le rapprochement avec les gammes du musicien, l’échauffement de l’acteur ou le kata éclaire l’ambition. Le rituel demeure l’œuvre totale, tandis que l’exercice travaille une disposition précise afin que la participation rituelle gagne en densité.

  • Cette démarche explique la place accordée au corps

L’Apprenti travaille un ternaire composé du corps, de la pensée et du centre. Fatigue, tension et impulsion sont reconnues sans recevoir le gouvernement de l’être, tandis que l’idéal et l’appel du spirituel sont accueillis sans devenir tyrannie intérieure. Entre les deux, Jean Monard situe le centre, puis l’âme, comme espace d’unification possible. Le geste juste naît de cette médiation.

Le carnet proposé à l’Apprenti prolonge cette anthropologie. Vade-mecum, viatique, bréviaire et expérience corporelle organisent quatre manières d’approcher un même centre. Jean Monard parle d’une école de l’être où penser, cheminer, méditer et incarner demeurent liés. La Franc-Maçonnerie n’y apparaît plus comme un corpus à posséder, mais comme une discipline de relation entre savoir, présence et action.

Quand l’outil prend la parole, le symbole cesse d’être extérieur

L’originalité littéraire du livre apparaît lorsque Jean Monard transforme les objets en personnages.

Le maillet parle au ciseau, la pierre répond, l’équerre devient posture, la scène quotidienne se fait théâtre de conscience. La prosopopée constitue ici une technique de déplacement intérieur. L’objet d’abord nommé, puis interrogé, acquiert une voix. Cette voix ouvre une scène. La scène conduit à l’incorporation. Enfin vient la formule décisive, « le maillet, c’est moi ». Le lecteur ne possède plus le symbole comme une définition. Il accepte d’être interrogé par lui.

Pierre Hadot

Jean Monard se situe moins ici en exégète qu’en pédagogue de l’expérience symbolique. Ses filiations revendiquées éclairent sa démarche. Pierre Hadot nourrit l’idée d’exercice spirituel, Yoshi Oïda – acteur, metteur en scène et écrivain japonais – l’attention au corps, l’écrivain et poète Francis Ponge le rapport aux choses, Gaston Bachelard l’intériorité des espaces, Edgar Morin la pensée des relations et Marc Halévy l’armature initiatique. Journal d’un orateur de loge de Marc Halévy est donné comme l’un des déclencheurs du projet.

La combinatoire des outils pousse cette logique plus loin. Un outil isolé risque de devenir une vertu abstraite. Deux ou trois outils associés produisent une tension. La force du maillet rencontre la précision du ciseau. L’équerre demande le niveau. Le compas ouvre ce que la règle contient. La truelle rappelle que tailler sans relier condamnerait l’ouvrage à l’éclatement. Jean Monard introduit même, dans certains exercices de l’Apprenti, la truelle ou la corde au-delà de l’inventaire strict des outils du degré. Il précise que son propos ne consiste pas à réécrire le Rite, mais à travailler des fonctions de l’être. Cette liberté marque aussi une frontière. La créativité symbolique demeure féconde tant qu’elle sait qu’elle interprète et qu’elle ne se substitue pas à l’architecture rituelle.

L’Apprenti trouve son centre, le Compagnon reçoit le monde

C’est à cet endroit que le second livre prend le relais. Le passage au Compagnon (Le Livre des exercices du Compagnon – Le Chantier intérieur) n’est pas traité comme l’acquisition d’un savoir supplémentaire. Il correspond à un changement de dynamique. L’Apprenti apprend à demeurer, à écouter, à reconnaître l’outil et à construire le lieu intérieur où une décision peut devenir juste. Le Compagnon doit désormais se lever et marcher. Son degré devient déplacement, élargissement et mise à l’épreuve. Jean Monard résume cette mutation par une formule lapidaire, « Ce que tu contemples, deviens-le ». L’Étoile flamboyante, la Lettre G, les ordres d’architecture, les arts libéraux et les grandes figures de la tradition ne valent plus comme objets d’admiration savante. Ils exigent une traduction dans la conduite.

L’Apprenti apprend que l’outil peut devenir une manière d’être. Le Compagnon découvre que cette manière d’être doit devenir une manière d’aller vers.

Le premier volume conduisait de l’objet au symbole et du symbole au centre. Le second conduit du centre au voyage, du voyage à la relation, de la relation à l’œuvre. La progression n’abolit donc rien. Le Compagnon emporte sa pierre, son axe, son souffle et ses outils, mais il les soumet désormais à la pluralité du monde. Le passage du silence à la parole, de l’atelier intérieur à la cité, de l’ajustement personnel à la transmission constitue le véritable changement de régime initiatique.

Marc Halévy l’exprime dans sa préface en reliant Connaissance et Expérience, théorie et pratique, Atelier et Chantier. Cette dialectique donne au second volume son architecture la plus convaincante. Jean Monard place d’abord le lecteur dans le chantier de l’exercice, puis lui donne les moyens de comprendre ce qu’il vient d’éprouver. Le geste précède ici son commentaire. Cette inversion protège la démarche contre l’érudition sans transformation et rappelle une vérité de toute initiation. Le seuil se comprend autrement après avoir été franchi.

Les cinq Voyages deviennent une grammaire pour habiter le réel

Les cinq Voyages sont relus comme cinq mouvements de l’existence, percevoir, mesurer, relier, se décentrer et offrir. Des sens à la forme, des arts libéraux à la sagesse puis à l’œuvre, Jean Monard transforme le déplacement rituel en discipline quotidienne. Le Rite garde sa structure, mais ses Voyages deviennent des manières de regarder, de décider et de servir.

Les exercices ramènent constamment les symboles vers des scènes ordinaires. Une phrase raccourcie devient travail du ciseau. La pause avant une réponse rend au maillet sa fonction de décision plutôt que de violence. Une relation abîmée devient chantier de truelle et d’équerre. Le symbole vaut alors par la qualité de présence qu’il rend possible, non par l’élégance du commentaire qu’il suscite.

La « complexité vivante », nourrie par Edgar Morin, ajoute une dimension décisive

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Il s’agit de « relier sans réduire, ajuster sans casser ». Le Compagnon apprend à supporter plusieurs niveaux du réel sans conclure trop vite. Jean Monard distingue aussi la lecture des signes de toute superstition. Une correspondance n’est pas un oracle. Sa valeur se vérifie dans l’ajustement qu’elle rend possible. L’ésotérisme demeure ainsi soumis à l’épreuve du réel.

Le sceau 3–4–5 condense cette démarche. Le triangle représente l’axe et l’orientation, le carré long le monde et sa résistance, le pentagramme l’être humain vivant qui transforme l’intention en geste. Chaque exercice traverse donc trois plans, le sens recherché, le réel rencontré et l’acte ajusté. Jean Monard déploie ensuite le 3, le 4 et le 5 dans une couronne de douze. Douze gestes intérieurs, douze katas, douze retours au centre et plusieurs séries d’exercices donnent au Compagnon des prises variées. La construction possède une forte cohérence interne, mais le passage du triangle au nombre douze relève d’une élaboration herméneutique propre à l’auteur davantage que d’une démonstration traditionnelle. Jean Monard le présente d’ailleurs comme une « couronne pédagogique », non comme une réforme du Rite. Cette précision protège l’invention de toute prétention à l’orthodoxie.

Une pédagogie de l’exercice peut-elle laisser assez de silence au symbole

Les deux livres séduisent par leur générosité pratique, mais cette abondance appelle une réserve. À force de proposer des protocoles, des carnets, des micro-gestes, des combinaisons, des katas, des traces et des parcours, la pédagogie risque parfois de produire une nouvelle forme d’activisme intérieur. Le paradoxe est d’autant plus intéressant que Jean Monard combat précisément la performance initiatique. Le second volume reconnaît lui-même qu’il propose « trop, peut-être » de chemins. La bonne lecture consiste donc à ne pas transformer l’ensemble en programme. Le symbole a besoin d’exercice, mais il a également besoin de durée, de silence et d’indétermination.

Christian Styger, dans la postface au volume de l’Apprenti, formule une objection très juste. La « méta-méthode » complète l’étude symbolique classique, mais elle peut demander au débutant une maturité qu’il ne possède pas encore. L’imprégnation lente d’un symbole, accompagnée par la Loge et le deuxième Surveillant, conserve sa nécessité. Vouloir trop tôt convertir chaque symbole en opérateur de discernement personnel pourrait réduire la part obscure de l’initiation, celle qui travaille longtemps avant de livrer une signification. L’objection ne détruit pas le projet. Elle lui donne sa mesure. L’exercice devient initiatique lorsqu’il prolonge le mystère du symbole, non lorsqu’il prétend l’épuiser.

Le vrai passage du Compagnon se nomme transmission

La progression atteint son point le plus juste lorsque le second volume pose la question de l’autre. Un exercice qui ne rencontre jamais autrui reste, selon Jean Monard, en deçà du degré. Le mot Compagnon retrouve le sens de celui qui partage le pain. Fraternité, désaccord, coopération, parole tenue, service et transmission deviennent les pierres d’épreuve. Le chantier intérieur ne vaut que s’il transforme la participation au chantier commun.

La fin du parcours distingue l’épreuve et la transmission

Sans la première, la méthode resterait confortable. Sans la seconde, elle deviendrait narcissique. Transmettre signifie ici laisser une parole plus juste, un lien réparé, une tâche achevée, une manière de travailler que d’autres pourront reprendre. La Loge intérieure cesse d’être un refuge et devient un point d’appui pour la cité, sans prosélytisme ni exhibition spirituelle.

Cette conception éclaire la continuité du diptyque

L’Apprenti reçoit des outils et découvre qu’ils peuvent le travailler. Le Compagnon reçoit le monde et découvre qu’il peut y travailler sans se croire propriétaire de l’Œuvre. Entre la pierre brute et l’Étoile flamboyante, Jean Monard place moins une hiérarchie qu’une responsabilité croissante. Au premier degré, le Maçon apprend à ne pas se mentir sur sa matière. Au deuxième, il apprend à ne pas imposer sa forme au réel. Le premier réclame attention et discernement. Le second ajoute la relation, la complexité et le don.

Le chantier intérieur prend dès lors une signification pleinement maçonnique. Il désigne ce lieu où la liberté de conscience rencontre la mesure, où la verticalité ne dispense jamais de l’horizontale fraternelle, où l’équerre rectifie sans humilier, où le compas ouvre sans dissoudre les limites et où le niveau rappelle une commune dignité. Travailler sa pierre n’a de sens que pour mieux prendre place dans l’édifice commun.

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Jean Monard laisse enfin le Compagnon devant une proposition qui résume les deux livres. Le degré doit devenir vie. L’Apprenti avait découvert que le chantier ne serait jamais achevé. Le Compagnon comprend pourquoi cet inachèvement est la condition même de la marche. Il faudra revenir aux outils, reprendre une pierre, corriger une parole, rouvrir une question, transmettre ce qui peut l’être puis consentir à ce qui demeure obscur. La Lumière maçonnique ne vaut pas parce qu’elle supprimerait l’ombre, mais parce qu’elle permet de travailler sans prétendre tout posséder.

Reste alors une interrogation que ces deux volumes ont le mérite de rendre intérieure. Lorsque le symbole a quitté le tableau, qu’il est descendu dans la main, le souffle, la parole et la relation, lorsque la pierre a cessé d’être un objet pour devenir notre propre matière et que l’Étoile n’est plus seulement au-dessus de nous mais oriente un geste offert aux autres, quelle part de notre existence peut encore être tenue pour étrangère au chantier du Temple ?

Jean Monard, du théâtre des hommes au chantier intérieur

Né le 4 juillet 1945, Jean Monard a suivi ses études au lycée Henri-IV à Paris avant d’enseigner les lettres classiques de 1970 à 1990. Sa trajectoire l’a ensuite conduit vers le théâtre, comme professeur d’art dramatique, comédien et metteur en scène entre 1990 et 2005, puis vers le conseil en entreprise, avec une spécialisation dans l’improvisation organisationnelle et la gestion de crise. Ce parcours éclaire singulièrement son écriture maçonnique, attentive au geste, à la présence, à l’expérience vécue et à cette capacité d’adaptation qui transforme la pensée en action.

Blason GLDF

Initié en 1991 à la Grande Loge de France au Rite Écossais Ancien et Accepté, il appartient à la Respectable Loge Lux Boutae, à l’Orient d’Annecy. Cette Loge unit deux repères particulièrement évocateurs. Lux, la « lumière » en latin, renvoie au cœur de la démarche initiatique, tandis que Boutae rappelle le vicus gallo-romain à l’origine de la ville d’Annecy. Depuis son initiation, Jean Monard poursuit un travail maçonnique nourri par l’étude des rituels, la réflexion sur la méthode maçonnique envisagée comme une école de sagesse, et la symbolisation comprise comme une expérience à la fois manipulée, habitée et incarnée. Une conviction traverse ainsi son cheminement et donne sa cohérence à ces deux ouvrages consacrés à l’Apprenti et au Compagnon. Le travail initiatique ne s’arrête pas aux portes du Temple. Il peut conduire chacun à faire du quotidien lui-même une « Loge secrète », espace intérieur où le symbole cesse d’être seulement pensé pour devenir une manière de vivre.

Le Livre des exercices de l’Apprenti. Variations sur le thème des outils symboliques. Exercices spirituels, méditations et théâtre d’objets pour le chantier intérieur de l’Apprenti au REAA, Jean Monard, préface de Marc Halévy, Les éditions L.O.L., 322 pages, ISBN 978-2-492878-76-3.

Le Livre des exercices du Compagnon. Le Chantier intérieur. Exercices, méditations et travaux de chantier pour vivre le 2e degré du REAA, Jean Monard, préface de Marc Halévy, Les éditions L.O.L., 232 pages, ISBN 978-2-492878-78-7.

Disponible sur coucoune.fr