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Chaîne d’Union maçonnique

De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

…il faut que nous formions un cercle, en nous tenant la main, les uns avec les autres… ceux qui ne font pas partie de la chaîne ne savent pas ce qui sera… Contentez-vous que je parle et puisque c’est donné à vous de voir sur quoi je travaille, gardez le silence sur mes mystères.

À partir des Actes apocryphes de Jean, le Christ a dit ces paroles aux disciples.

Les francs-maçons travaillent pour l’amélioration de soi, pour forger des hommes qui ont acquis les moyens nécessaires pour agir pour le bien et le progrès de l’humanité. Cette transformation a lieu au sein du Temple, qui est alimenté par l’énergie de tous ceux qui participent à la Ronde.

Ceux qui ont travaillé à cette fin se sont parfois retrouvés à ressentir la réalité d’une manière différente, perçue comme plus large et qu’ils essaient de lire en utilisant la conscience collective, comme s’il s’agissait d’une partition musicale, en sentant les mots silencieux de l’intuition. Cette énergie métaphysique qui alimente celle qui se développe dans le Temple prend le nom d’Eggregore et suit la pensée.

Le sens de ce terme n’existe pas. Vous pouvez essayer d’expliquer le concept , en interprétant ses nuances.

Un Eggregore est un ensemble de personnes, liées par des sentiments, des idéaux, des coutumes et des habitudes communs .

Mais cette définition est trop large et on pourrait appeler un tel ensemble un Egggrégore physique.

Nous sommes conscients que nous sommes des émetteurs continus d’énergie, dont l’intensité peut varier. Les personnes qui composent l’Egrégore Physique, unissant les leurs dans un état d’harmonie, conduisent leur esprit, et donc le collectif, vers une condition qui consiste en l’Egrégore Spirituel.

On peut aussi la définir comme une énergie qui se développe dans des rituels, alimentée par un puissant courant spirituel puisé dans les capacités, les qualités, l’expérience de ses membres ; cela les protège des forces extérieures et les renforce du côté positif.

L’Eggregore est conçu comme Pensée. Ce dernier crée des formes ! La puissance de celle de plusieurs personnes réunies est toujours beaucoup plus grande que la somme de leurs pensées séparées.

Ce sentiment conscient d’unité transforme le travail d’union dans le temple en une véritable chaîne de fraternité qui, pour les francs-maçons, est symbolisée par la « Chaîne d’union ».

L’Egrégore maçonnique est une forme de pensée qui s’est structurée depuis un certain temps et qui, d’une part, se décline comme le champ privilégié au sein duquel vit et agit une communauté initiatique, et d’autre part, comme ce qui lie les membres de cette communauté groupe particulier, aux autres membres de la communion, à l’ordre duquel appartient le groupe et, en vertu de la régularité initiatique de ce dernier, les relie au noyau central traditionnel dont, à son tour, chaque groupe est une émanation.

Le rite de la Chaîne d’Union est l’un des plus touchants et fascinants de la Franc-Maçonnerie universelle. Ses origines se perdent dans la nuit des temps, mais elle est bien plus ancienne que notre Institution : d’ailleurs, le geste de se mettre en cercle, peut-être danser et invoquer son Dieu, est primordial : on en a des nouvelles dans toutes les civilisations.

On l’appelle aussi la chaîne « thérapeutique« , ou « protectrice« , ou « bénédiction ».

Quelle que soit la cause qui pousse la Loge à la former, elle oblige chaque Maçon à se rassembler, et en serrant la main des Frères proches de lui, il éprouve une sensation unique, indescriptible et irremplaçable.

Il crée un champ magnétique dont la tension sera aussi forte que chaque anneau individuel est actif. Chacun d’eux a une égale importance, tant celle du Vénérable que celle de l’apprenti, de l’intellectuel aussi bien que de l’ouvrier ; tous contribuent par leur présence à la solidité et à l’ampleur du lien avec la responsabilité individuelle et collective.

Nous sommes donc Chaîne, mais nous sommes aussi Anneaux. Ceci, pour le franc-maçon individuel, est rassurant, puisqu’il s’agit de pouvoir profiter de la solidité de l’ensemble, dans un univers fait de confiance et de solidarité, produisant un bien-être et une tranquillité intérieure inestimable.

Jamais auparavant le monde n’a été uni dans une seule et grande chaîne d’union.

En concluant ma réflexion, je vous laisse une Prière, qui depuis 25 ans a clôturé à chaque fois le travail de mon atelier.

Cette Chaîne nous unit au-delà du temps et de l’espace !

Le monde des apparences retient nos corps captifs dans ce Temple où nos bras sont liés.

Nos Esprits sont libres, au-delà de ces murs, au-delà des frontières, au-delà des mers.

Minuit est sur le point de sonner !

Frères visibles et invisibles, présents avec le Mental et avec l’Esprit, veillent sur le sommeil des hommes.

Frères qui me comprenez, nous sommes les Gardiens d’un Ancien Secret, qui se cache au coeur de l’Humanité depuis le berceau, qu’il n’y a qu’un seul Amour, celui des vivants et celui des morts, celui du Travail et celui de la Beauté , celle des hommes et celle des femmes, celle de la Nature et celle du Grand Architecte de l’Univers.

Dans un monde où la matière, la force et le mensonge règnent, nous prêtons le serment solennel de toujours garder haut et lumineux le flambeau de l’Amour Unique et de l’Esprit Humain.

Formons cette chaîne mes frères !

Enfant insécurisé, adulte crédule, société menacée ?

« Avons-nous été, enfants, sécurisés ou non ? »Nous sommes « mangeurs de vent », aisés à embarquer dans des croyances de tout poil, ou « laboureurs » gardant les pieds sur terre en toutes circonstances. Dans les deux cas, ce qui s’est passé pendant les 1000 premiers jours de notre existence influence notre caractère. est la question à se poser, comme l’explique Boris Cyrulnik. La santé de la société, maçonnique ou profane, en dépend.

Dans son dernier livre, Boris Cyrulnik a vécu une déchirante expérience personnelle d’enfant insécurisé, orphelin juif voué lui aussi à être exécuté. Mais il a également des acquis cliniques de psychologue et de neurologue.

Boris distingue deux types de personnalité.

Il voit d’une part le « mangeur de vent », celui qui peut promptement embrasser un récit, par exemple à la faveur d’une indignation. Dans plein de cas, ce récit n’est pas enraciné dans des faits réels à la véracité avérée .

Et d’autre part, il nomme la personnalité opposée «  laboureur », homme debout les pieds dans la glaise du réel . Il avancera forcément lentement, d’autant qu’il a le doute facile, mais il risque bien moins de se perdre.

Enfant insécurisé: tout se joue, dit Cyrulnik, dans les 1000 premiers jours de la vie du petit humain.

Dans le cas heureux, une prise en charge de tous ses besoins vitaux, compense sa faiblesse extrême et on obtient un enfant sécurisé. Après s’être développé avec équilibre entre liberté et sécurité, un enfant sécurisé s’autorise à réfléchir ou à douter avant de choisir . La sécurité dont il est question ici concerne en premier chef son environnement immédiat. Ce premier cercle c’est bien sûr sa mère, et ensuite le père, la fratrie, etc.

Le besoin de se rassurer crée une soif absolue de sentiment d’appartenance.

Par suite, le mangeur de vent privilégiera une allégeance jusque dans le détail, chassant tout doute . L’appartenance se construit plus facilement « contre » ceux qui osent émettre la moindre opinion déviante. Devinez quoi :  les déviants ou « doutants » deviennent des boucs émissaires.

Étonnant de constater que ces 1000 jours correspondent pile à l’âge symbolique attribué à nos apprentis, non ?

Nos apprentis auront effectivement le choix de leur comportement devant les plus anciens chargés de les instruire. Les petits de 3 ans sortent tout juste du stade anal où ils ont appris leur pouvoir de dire non. Après avoir essayé le non à tout propos, l’enfant de 3 ans doit maintenant apprendre à l’utiliser à bon escient.

Dans nos sociétés post-soixante-huitardes, la tentation est grande, pour l’enfant-roi, d’abuser du non pour prouver sa puissance . Cela peut arriver à l’apprenti bien qu’il ait quitté l’adolescence depuis un bon bout de temps. Les problèmes d’équilibrage de vie entre profession, famille et loisirs peuvent évidemment venir brouiller le tableau…second surveillant, c’est un apostolat (laïc !).

S’il a été un enfant insécurisé, l’apprenti pourrait conserver un goût marqué pour le conformisme genre « pour vivre heureux, vivons caché ». L’ « apprenti sage » est facile à éveiller à sa propre personnalité puisqu’il est à l’écoute de son atelier.

C’est plus compliqué lorsque l’apprenti se met à suivre un maître lui-même enflammé par une cause qui contient une dose certaine de chose non prouvées. L’ancien, ainsi mué en gourou débutant, peut sentir son égo flatté . En effet, le voici suivi voire admiré par un fringant (ou une sémillante !) jeune plein(e) de fougue militante. Il peut y prendre goût ! Il conviendra alors d’éviter la création de clans idéologiques avec « conflit des vérités », menaces directes sur la qualité de l’égrégore.

Au final, ne surestimons pas le danger qui guette nos mangeurs de vent dans nos loges.

En effet, notre méthode maçonnique nous arme pour y faire face (« arme » : vilain mot ! Disons plutôt «  nous dote des bons outils » )  .

Le danger est par contre bien réel dans notre société contemporaine. Il suffit de voir comment les réseaux sociaux ont créé des bulles cognitives dans lesquelles un tribun charismatique  (non, pas de noms !) entraîne un tas de mangeurs de vent crédules à s’exprimer toujours plus violemment. La toile de fond est une victimisation propice à fournir les bonnes excuses à la haine. Tout cela prépare le passage à l’acte sur les boucs émissaires, progressivement noircis par bombardement de fake news. 

Les trois premières années d’un enfant restent capitales à fignoler , et ce n’est pas sur les réseaux sociaux que vous apprendrez comment faire.

Quand les pratiques de management s’inspirent des francs-maçons

De notre confrère touleco.fr – Par Isabelle Meijers

Le Droit Humain, défenseur de toutes les mixités, a tenu ce samedi 26 mars son conseil d’administration à Toulouse. L’occasion de se pencher avec Amande Pichegru, Grand Maître National et présidente de la fédération française du Droit Humain, et deux « frères » dirigeants, sur les méthodes maçonniques, qu’ils appliquent aussi dans l’exercice de leur fonction.

L’orient toulousain de Droit Humain, l’un des plus importants de France, regroupe près de deux-cents membres, dont deux tiers de femmes (une exception dans le paysage maçonnique) et 10 à 15 % de cadres dirigeants. Deux décideurs ont accepté de témoigner sur leurs méthodes managériales inspirées de leur pratique maçonnique. Et si ces francs-maçons ont choisi de rester anonymes, c’est par souci de discrétion. « Beaucoup de fantasmes circulent, alimentés par le complotisme. Mais la franc-maçonnerie est avant tout une école de la liberté de penser et de la démocratie, ce qui ne plaît pas à tous. Notre fédération de Russie est par exemple très menacée aujourd’hui », disent-ils.

Amande Pichegru, présidente de la fédération française du Droit Humain, poursuit cette définition de la franc-maçonnerie : « Connais-toi toi-même… Cette sentence de Socrate définit assez bien le travail en loges (ou groupes d’une trentaine à une cinquantaine de membres), qui consiste à se perfectionner soi-même pour le progrès de l’humanité, selon les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. » Pas étonnant, dès lors, que ce travail sur soi ait des conséquences à l’extérieur, en particulier dans la gestion du collectif. Revue de détails de certains principes maçonniques, transposables au monde de l’entreprise.

Une parole régulée même au sein des entreprises

La première des règles maçonniques est le silence imposé à tout nouveau membre pendant un an lors des réunions en loges, qui ont lieu deux fois par mois. « Lorsque vous entrez en franc-maçonnerie, vous apprenez d’abord à vous taire et à écouter. Une qualité importante en management », explique Laurent, chef d’entreprise depuis vingt-cinq ans dans l’édition et la communication. Il est ensuite interdit de couper la parole à quiconque lors du travail en loge. « Pour s’en assurer, la prise de parole est dite triangulée, d’où le symbole du triangle franc-maçon. Le demandeur sollicite d’un geste un officier qui, lui-même, demande au président de la loge. L’autorisation emprunte le circuit inverse de retour. Nous apprenons ainsi à ne pas réagir trop vite sans réfléchir », souligne Jean-Pierre, cadre dirigeant à Airbus, chef d’un service d’une trentaine de personnes depuis vingt ans. Ce dernier a mis en place des règles d’équipe voisines pour ses réunions. Portables déconnectés, distribution de la parole par une personne désignée… « Cela permet à chacun de s’exprimer, de prendre la parole quand l’autre a fini et donc de l’écouter avec respect. »

Un recrutement riche de ses diversités

« En loge, vous n’êtes ni une femme, ni un homme, ni un catholique, un musulman ou un juif, ni un ouvrier, ni un cadre… Vous êtes une personne avec ses compétences. Nous sommes tous frères et sœurs, quelle que soit notre provenance. Cette mixité au sens large permet une grande ouverture d’esprit, symbolisée en franc-maçonnerie par le compas. Elle est source de fraternité », décrit Amande Pichegru. Jean-Pierre affirme ainsi recruter, en l’absence de parité et à compétences égales, des femmes de préférence aux hommes : « Aujourd’hui, mon équipe est constituée de 40 à 45 % de femmes. En tout cas, je permets aux femmes d’accéder à tous les niveaux de l’entreprise. Elles ont mon soutien. »

Tolérance et éthique

« Je suis ravi de constater que bon nombre d’entreprises, dont Airbus aujourd’hui, évoluent d’un management pyramidal vers un management plus horizontal, plus collaboratif, dans le partage d’expérience. L’ambition est plus collective que personnelle. Ce sont des valeurs maçonniques », explique Jean-Pierre. L’effort de chacun est mis en avant pour construire ensemble. « Il n’est pas rare, dans mon journal, que les maquettistes ou les graphistes apportent des idées », poursuit Laurent.

De même, le droit de se tromper est accordé à chacun. « Il n’y a pas d’erreurs, que des apprentissages et surtout, aucun jugement. La bienveillance est la base », complète Amande Pichegru. En entreprise, Jean-Pierre commence d’ailleurs ses revues de performance en demandant aux membres de son équipe de s’auto-évaluer d’abord, avant de compléter par ses perceptions souvent concordantes. Enfin, l’éthique s’est invitée ces dernières années dans les valeurs de l’industriel aéronautique. « Or la droiture d’esprit, symbolisée en franc-maçonnerie par l’équerre, fait partie de nos fondements depuis toujours », rapporte Jean-Pierre.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Amande Pichegru, Grand Maître National et présidente de la fédération française du Droit Humain, dans l’un des temples francs-maçons de l’obédience. Crédit photo : Droit Humain.

Droit Humain :
Première organisation maçonnique mixte au monde
Présente dans 60 pays
16.000 membres en France, dont 200 à Toulouse et Muret

06/04/22 : Lyon – Interobédientielle sur « La voie substituée »

Les Amphis de la Vallée du Rhône vous invite à une conférence interobédientielle qui s’avère passionnante sur le thème de « La voie substituée », dont Jean Baylot (1897-1976) écrivait « C’est, à partir de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours, la direction intellectuelle et spirituelle prise en Europe par un nombre croissant de Francs-Maçons délaissant l’esprit de la Maçonnerie primitive — inséparable de la croyance en Dieu — au profit d’idéologies politiques souvent athées, voire même sectaires au sens le plus péjoratif du terme ».

Venez écouter Pierre Mollier, directeur de la bibliothèque et archives du GODF, Marie-Thérèse Besson, ancienne Grande Maîtresse de la GLFF, Dominique Gagliardi de la GLDF, Alain Michon, ancien Grand Maître du Droit Humain, Marc Prodhomme de la GLTSO et Patrick Meneghetti, Garde des Sceaux de la GLNF, qui, dans le Livre du Tricentenaire, a consacré un chapitre à Jean Baylot – ancien Grand Maître –, à « la voie substituée » et est membre de la Loge éponyme N° 180 à la matricule de la GLNF.

Infos pratiques :

Les Amphis VdR – les sentiers initiatiques

Pot d’accueil à 19h – Conférence à 19h30

Grande Loge Nationale Française – 140 avenue de l’Industrie – 69140 RILLIEUX-la-PAPE

Tel 04 72 01 05 40/Agape et règlement sur place à compter de 22h Plus de renseignements sur http://www.lesamphis.org/blog/

Pour connaître les vrais raisons motivant le TRF Jean Baylot à écrire cet ouvrage, on se rapportera fort utilement aux « Cahiers Villard de Honnecourt – Sur les chemins d’Hiram » – (N° 114, 2020, p. 39-59) et à l’article du TRF Francis Delon, Grand Archiviste de la GLNF, intitulé 1968, Jean Baylot et ʺLa Voie Substituée« .

Conférence maçonnique en loge de Jean-Claude Sitbon

LES HEURES SYMBOLIQUES DE MIDI ET DE MINUIT

Conférence maçonnique en loge de Jean-Claude Sitbon

à Marseille le jeudi 7 avril 2022 à 20h00

En guise d’introduction à la conférence

Lors des travaux en loge, il est de coutume de s’informer de l’heure au début et à la fin des tenues, les rituels maçonniques indiquent toujours qu’il est midi à l’ouverture des travaux et minuit lors de leur fermeture. Ainsi, symboliquement, tous les maçons du monde travaillent à la même heure … et aussi au même endroit car l’espace de la loge est, dans ces mêmes rituels, invariablement délimité entre l’Orient et l’Occident, le Nord et le Midi.

On peut s’étonner de ces heures de midi et de minuit, qui encadrent les travaux maçonniques, car les constructeurs ordinaires ont coutume de se mettre à l’œuvre aux heures matinales, de s’interrompre à midi, puis de reprendre leur travail jusqu’à la chute du jour et de se reposer pendant la nuit. Pourquoi les Maçons, en ouvrant leurs travaux à midi et en les fermant à minuit, réservent-ils à leur labeur la deuxième moitié du jour et la première moitié de la nuit ? Pourquoi consacrent-ils à leur ouvrage les douze heures durant lesquelles le soleil, après avoir atteint le plein développement de sa puissance à midi, va glisser vers son déclin, pour ensuite disparaître au couchant et conduire au cœur de la nuit noire, à minuit ?

Une première réponse peut être donnée à cette énigme en considérant que le travail du Maçon en loge n’a rien de physique ni de matériel car il est d’ordre « spéculatif », c’est celui du cœur et de l’esprit qui est indépendant du rythme biologique et des forces physiques nécessairement marqués par le temps mécanique…

Cette conférence maçonnique de Jean-Claude Sitbon sera également présentée à Cavaillon (84) le 24 juin 2022

Petit CV maçonnique de Jean-Claude Sitbon

Jean-Claude Sitbon est auteur et conférencier, spécialiste de l’étude de la symbolique des textes des rituels des rites maçonniques, et plus spécialement ceux du Rite Écossais Rectifié qu’il pratique à Marseille depuis bientôt 30 années. Il a publié, en 2013/2014, « L’aventure du Rite Écossais Rectifié » (deux volumes) aux Éditions de la Tarente ainsi qu’un ouvrage sur Hiram, le héros du mythe fondateur de la franc-maçonnerie.

Il dispose d’un site web (www.rite-ecossais-rectifie.com) contenant près de 150 articles à caractère maçonnique dont il est l’auteur. Depuis 2015, J.C. Sitbon donne également des conférences maçonniques en France et à l’étranger. Il a écrit plusieurs articles pour des revues consacrées à la franc-maçonnerie et il fait partie des membres fondateurs de la Loge de Recherches Héritage n°2 créée à Paris en 2019. J.C. Sitbon réalise ses travaux en faisant souvent appel à l’exégèse biblique et à la « science des symboles ».

Pour tous renseignements : contact@rite-ecossais-rectifie.com

Programme de ses prochaines conférences :

le 07 avril 2022 à MARSEILLE  « Les heures symboliques de midi et de minuit »
le 21 avril 2022 à MONTPELLIER. « L’Orient maçonnique »
le 06 mai 2022 à PARIS  « Le vrai Désir ou le désir du Vrai »
le 07 mai 2022 à PARIS. « La figure du Sceau de Salomon »
le 16 mai 2022 à MARSEILLE  « Les trois voyages du candidat »
le 19 mai 2022 à MARSEILLE  « Le vrai Désir ou le désir du Vrai »
le 6 juin 2019 à ABIDJAN (COTE D’IVOIRE)  « Repères historiques et sources du Rite Ecossais Rectifié »
et le 24 juin 2022 à CAVAILLON  « Les heures symboliques de midi et de minuit »

Le Rite Ecossais Ancien et Accepté : Un roman d’aventures

Je suis un rite

Vous savez, cet acte répétitif (le mot viendrait du sanskrit rita, signifiant « ordre », « succession ») que l’on appelle aussi coutume ou habitude, qui caractérise l’être humain (gestes, paroles, attitudes). Aussi bien dans la vie courante que lors de cérémonies.

En ce sens, j’existe en franc-maçonnerie, où progressivement, j’ai constitué – par une « façon de fonctionner » – la structure même des « tenues ». Ce ne fut pas facile au début, où sous l’appellation de « rit », je rimais plutôt avec improvisation ! Aujourd’hui, je suis en quelque sorte, d’abord le « conducteur » de ces tenues. Ensuite, je ne me résume pas en une suite de mouvements corporels. J’obtiens en loge une forme de théâtralité par la mise en scène coordonnée des mythes, légendes et symboles. Celle-ci produit ainsi des images et des situations à penser, à « métaphoriser », bref à transposer en actes positifs dans la cité.

Ce n’est pas moi qui le dis mais les historiens maçonniques : d’après eux, je suis prolixe puisque je me suis démultiplié en plus de 150 rites dans le monde ! Chacun avec leur spécificité (sociale, sociétale, corporatiste, humaniste, théiste, déiste, etc). Organisé en degrés, par superposition, je constitue une échelle à gravir pour le franc-maçon et la franc-maçonne. Et ainsi, je donne lieu à une suite d’initiations.

Un modèle de tablier au grade de « Maître » du Rite écossais ancien et accepté.

Au vrai, je me suis mis en sept pour vraiment me répandre sur la planète. Sept rites y sont effectivement en position dominante. Par ordre d’importance, mais sans qu’aucun ne soit « supérieur » à un autre : Rite Ecossais Ancien et Accepté (1801 – rite déiste, franco-anglais, le plus usité), Rite Ecossais Rectifié (1778 – rite déiste d’essence allemande), Rite Français (1786- issu des premiers rites anglais), Rite Emulation (1813 – rite théiste pratiqué par la Grande Loge Unie d’Angleterre), Rite d’York (1810 – rite américain d’origine anglaise), Rite Suédois (1870 – né à Stockholm), Rite de Memphis-Misraïm (1815-1816 – issu de deux rites associés, nés en France, d’inspiration égyptienne).

Les trois degrés de ladite échelle sont apparus vite insuffisants à un groupe d’hommes soudain éveillés à la spiritualité. Sous l’influence, il faut bien le dire, de maçons nobles désirant se démarquer des maçons roturiers, sont de la sorte nés dans le désordre d’abord des degrés complémentaires aux trois premiers. Pour me structurer lentement au cours du 18ème siècle en rites dignes de ce nom et enfin ordonnés, dont le Rite Ecossais Ancien et Accepté. Je me distingue alors par ma singularité, ma solennité, ma richesse et l’enchaînement de mes degrés !

Notons ici que le Chevalier Andrew de Ramsay, d’origine écossaise, n’est pas étranger à mon développement. Ce théologien littérateur (initié à Blois en 1730) a très probablement contribué à la propagation des Hauts-Grades, à partir de son discours en 1736, dans une loge parisienne. Ses envolées lyriques tendant à attribuer l’origine de la franc-maçonnerie à la Chevalerie et aux Croisés, ont sans conteste enflammé les imaginations de frères créatifs. Ils ont vite donné, de façon romanesque, une « couleur templière » à nombre de Hauts-Grades. Donc au rite que je suis, dans chaque obédience !

Le mot « écossais » dans l’énoncé du rite doit sans doute davantage au Chevalier de Ramsay qu’au pays d’Ecosse. Jusqu’à l’Ecossisme, ce néologisme crée pour désigner les Hauts-Grades ! Quel prestige pour moi lorsque les concepteurs du Rite Ecossais Ancien et Accepté décident de l’élever en 33 degrés. C’est à dire pour évoquer, soit, selon les versions, l’âge de la mort du Christ, ou le nombre des vertèbres de l’Homme. Autrement dit, je suis sans nul doute, un rite qui tient debout !

En vérité, ma construction, en tant que R.E.A.A. relève presqu’en soi d’un roman d’aventures ! Les intitulés français de mes degrés sont très largement dus à l’imagination débordante d’un franc-maçon bordelais, Estienne Morin, négociant en textiles, régulièrement accrédité par les maçonneries anglaises et françaises. Parti vendre ses tissus aux cours des années 1760 dans les Iles Caraïbes et en Amérique du Nord, il y propage mes vingt cinq premiers degrés. Et il les agrémente de huit degrés supplémentaires pendant ce périple (25+8 =33). Grâce à son accréditation, Estienne Morin, aidé localement par le frère Inspecteur des Douanes Henry Franken, m’officialise à Charleston le 24 juin 1801, en tant que, à la fois, Rite de Bordeaux et R.E.A.A. Avant de me ramener en France.

En effet, j’y suis rapatrié courant 1804 par un officier de l’  armée du roi, le comte Alexandre de Grasse-Tilly, privé de la succession de son père – une importante plantation – suite à une révolte locale. Après un détour par Charleston, il en revient porteur de la précieuse patente maçonnique que je représente et qu’il remet à Paris, au Suprême Conseil de France. Mon infatigable promoteur l’installe ensuite en Italie, à Milan en 1805, puis dans la Péninsule ibérique, où il crée, en 1811, le Suprême Conseil des Espagnes et des Indes. Je ne suis donc pas la propriété d’une « puissance maçonnique » en particulier. Grand voyageur, je continue mon odyssée de par le monde, encore aujourd’hui, grâce à des frères et des sœurs dynamiques, créateurs de sites dédiés à l’Art Royal.

Bijou des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33e et dernier degré du Suprême Conseil Grand Collège du Rite écossais ancien et accepté du Grand Orient de France.

Sans être remis en question, le concept de dualité automatique « obédience-juridiction » est désormais côtoyé en France par un autre système en train de s’affirmer. Au début des années 2000 est apparue une nouvelle construction maçonnique mixte originale, près d’Aix en Provence, le Suprême Conseil de Méditerranée. A sa naissance, celui-ci, non souché sur une obédience, a reçu en filiation directe, la transmission du Suprême Conseil d’Italie (créé à Milan comme précité, par Alexandre Grasse-Tilly, assisté de Jean-Jacques de Cambacérès et Eugène de Beauharnais). Par son origine même, le Suprême Conseil de Méditerranée, travaille à mon rite, le R.E.A.A.

Il accueille ainsi les maîtres-maçons, hommes et femmes, de toutes obédiences et loges souveraines, appartenant à l’Ordre Traditionnel Maçonnique et qui souhaitent progresser dans une structure indépendante, du 4ème au 33ème degré. Ce Suprême Conseil, en ouvrant son recrutement, sort du fonctionnement classique et introduit une idée tout à fait neuve dans un paysage maçonnique français, jusqu’alors conditionné par l’articulation gémellaire en cause.

 Dans un univers de Suprêmes Conseils, jusque là « étanches », ce système généreux, à la fois moderne très respectueux de la tradition maçonnique, en offre une vision élargie. Comme R.E.A.A. je suis toujours ordonné en quatre séquences : Le mythe d’Hiram, la philosophie grecque, l’ésotérisme judéo-chrétien, la légende templière. Plusieurs dizaines d’allusions bibliques le rappellent : mes racines légendaires sont dans le bassin méditerranéen. De la symbolique du Temple de Salomon à l’épopée de la Chevalerie. En cela, le Suprême Conseil de Méditerranée s’inscrit géographiquement, dans son cadre historique. Il est enfin intéressant de noter à l’issue de ce voyage, que dès mon lancement aux Etats-Unis en 1801, j’ai constitué la base d’un système de Hauts-Grades (du 4ème au 33ème degré) indépendant de toute loge symbolique. Partant, cette Juridiction (tpsgc@supreme-conseil-mediterranee.fr) est bien fidèle au principe fondateur.

JE SUIS LE RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ
                

Vivre le 1er avril 2022 !

Ce vendredi 1er avril, il faut ouvrir l’œil… et le bon (le troisième ?). Les poissons sont partout ! Une accolade – en temps normal, hors confinement -, une petite tape amicale et hop, nous voilà piégés avec une farce dans le dos !

o   Les légendes du 1er avril

Selon l’histoire, il est difficile de trouver la véritable origine du poisson farceur. Variant selon les pays, les époques et les croyances, cette tradition reste aujourd’hui un peu mystérieuse.

Mais comment donc le 1er avril est-il devenu le jour des blagues potaches et des canulars ?

Et qu’est venu faire le poisson dans cette étrange tradition ?

Charles IX de France, d’après F. Clouet, Versailles, musée national du château

Si l’origine du poisson d’avril est controversée, l’hypothèse la plus courante le fait naître au XVIe  siècle. En 1564, le roi Charles IX a décidé que l’année ne commencerait plus le 1er avril mais le 1er janvier, désormais jour du nouvel an.

Ce changement a également décalé les échanges de cadeaux et d’étrennes qui marquaient le passage à la nouvelle année. Pour semer le doute au sujet de la date réelle du nouvel an, certains ont persisté à offrir des présents en avril. Avec le temps, les petits cadeaux d’avril se sont transformés en cadeaux pour rire, en blagues, puis en stratagèmes pour piéger les autres. La coutume du poisson d’avril se serait donc implantée dans les foyers en souvenir de cette ancienne date.

o   Le poisson, mais pourquoi ?




Ichthus représentant le Sauveur, signe de reconnaissance des premiers chrétiens

Parce qu’au XVIe siècle, les présents que l’on s’offrait étaient généralement… de la nourriture ! Le début du mois d’avril correspondait à la période du Carême, temps liturgique de dévotion pendant laquelle la viande était interdite. C’est pourquoi le poisson était le cadeau le plus courant. Par la suite, des petits malins décidèrent de faire des farces pour ce faux jour de l’an, en offrant de faux poissons ! Et au fil des années, la tradition du poisson d’avril est restée !

Sources : linternaute.com ; cybermag.cybercartes.com ; momes.net

Docteur ! J’ai mal à Dieu, mon épaule me lance ! Un exemple de médecine symbolique !

Tout geste a un sens et même si on n’en a pas conscience, ce sens ne se perd pas.

Une anecdote récente vécue par une de mes amies me donne l’occasion d’aborder ce sujet ; Nicole souffre d’une tendinite de l’épaule droite et va consulter un médecin acupuncteur.

Après les examens d’usage, celui-ci lui posa une question apparemment étrange : « N’avez-vous pas eu récemment été contrariée dans votre foi ? » 

Or il se trouve que Nicole a très mal vécu le décès de sa jeune sœur , tuée accidentellement lors d’un accident de la circulation causé par un chauffard en état d’ivresse ! Cette mort qu’elle considère injuste, l’a vraiment révoltée et elle en veut encore à Dieu qu’elle juge , d’une certaine manière, responsable !

Quel rapport avec l’épaule me suis je dis ?  Et voilà le fruit de mes recherches que je vous propose en partage !

Les épaules dans  la pensée populaire

On attribue aux épaules la capacité à supporter les charges de la vie, les joies, les peines, les responsabilités, les insécurités : cf les expressions « Avoir les épaules larges », « Avoir la tête sur les épaules ».

Souffrir des épaules dans le langage du corps c’est souffrir de ne pas pouvoir « supporter », de ne pas « être à la hauteur » et aussi d’avoir une relation conflictuelle avec l’autorité au sens large (y compris dieu lorsqu’il s’agit d’un décès jugé injuste) !

L’épaule c’est aussi un soutien  « parce qu’elle peut soutenir la tête d’un ami ou d’un proche lorsqu’il pleure. Tout le monde a besoin d’une épaule pour pleurer à un moment donné dans sa vie ».

L’épaule gauche est associée au mal ; dans l’expression « jeter du sel par-dessus son épaule ! » (toujours l’épaule gauche) , il s’agit d’une superstition destinée à conjurer un sort et d’apporter la chance .

Dans de nombreuses traditions, on honore un mort en portant son cercueil sur les épaules !

Rappelons qu’Annick de Souzenelle, bien connue pour l’étude qu’elle a réalisée sur le symbolisme du corps humain , utilise, pour nommer les épaules, l’expression « Porte des Dieux ».

Marie de Hennezel évoque une formule amérindienne qui consiste à dire que tout humain avance dans la vie avec, sur l’épaule gauche, un oiseau qui veille. Chaque matin, l’oiseau glisse une parole à l’homme : « Aujourd’hui, n’oublie pas : tu mourras. » Ainsi muni de ce conseil matutinal, l’homme peut se mettre à ses activités, à ses pensées du jour, à ses affects sans en faire toute une affaire. Ce n’est pas une invite au malheur, mais au bonheur que procure la sérénité.

L’épaule dans la Bible

En Hébreu « épaule » correspond à Shekem,( che-kem, chekètn) et Katéph qu’on retrouve dans de nombreux versets.

Yves Petrakian explique bien les différents sens des mots :

Le premier terme désigne au sens premier, soit une épaule d’homme: «Saül était plus haut que tout le peuple depuis l’épaule et au-dessus» (trad. litt, de 1Sa 9 2 10:23), soit une épaule d’animal (Ge 49:15); presque toujours elle porte un fardeau (Ge 21:14,Ex 12:34,Jos 4:5 etc.). Au figuré, le fardeau représente soit un poids importun (Esa 10:27 14:25,Ps 81:7, cf. Mt 23:4), soit une charge légère, comme une accusation fausse (Job 31:36), soit une dignité: l’empire au lieu de coups de verges (Esa 9:3,5), ou la direction du palais (Esa 22:22,voir Clef), soit le joug bienfaisant de la sagesse ( Sir 6:25 et suivants), soit le service en commun de Jéhovah «d’une même épaule» (trad. litt, de Sop 3:9). Ge 48:22 fait un jeu de mots: la «portion» en question (hébreu chekèm) est la ville même de Sichem (Ge 33:19 etc.) qui devait son nom, chekèm =épaule, à la forme de son éminence.

« Le bon pasteur »

Le deuxième mot désigne aussi, au sens premier, soit des épaules d’hommes, comme celles des soldats de Nébucadnetsar meurtries par leur armure et leurs fatigues (Eze 29:18), soit des épaules d’animaux (Eze 34:21); elles portent objets sacrés (No 7:9), arche (1Ch 15:15), idoles (Esa 46:7, Lettre de Jérémie 4,26), bagages (Eze 12:6 et suivants), portes de la ville (Jug 16:3); comme on portait sur l’épaule l’insigne de sa charge, ainsi le costume du grand-prêtre (éphod) avait sur chaque épaule une pierre précieuse où étaient inscrits les noms de six tribus à droite et des six autres à gauche (Ex 28:9-12), ce qui représentait devant Dieu le peuple d’Israël.

Au figuré, l’épaule courbée symbolise la servitude (Bar 2:21; Apocr.: échine), l’épaule rebelle refuse le service de Dieu (Ne 9:29,Za 7:11); mais l’évangéliste de l’exil annonce la tendresse de l’Éternel qui portera ses enfants sur ses épaules (Esa 49:22), comme le berger de l’Évangile porte sa brebis (Lu 15:5). Ainsi que le premier mot, le deuxième a aussi un emploi topographique, mais comme nom commun; voy. l’image de Jérusalem: «Le Très-Haut établira sa demeure entre les épaules (=collines) de Benjamin» (De 33:12), et les traductions: côte (No 34:11), montagne (Jos 15:8 etc.), frontière (Eze 25:9), c-à-d, flanc exposé à l’invasion, (cf. Esa 11:4) et simplement côté (1Ro 7:39, etc.).

Globalement on pourrait dire que le symbolisme de l’épaule dans la Bible renvoie à l’action et au pouvoir de faire ou de ne pas faire !

L’épaule en franc-maçonnerie

Lorsqu’on étudie les différents temps de la gestuelle maçonnique dans les rituels du XVIIIème siècle français, on voit bien que certaines parties du corps sont très sollicitées ; c’est bien sûr le cas de la main ; l’épaule est également très concernée et il n’est pas inintéressant de faire un lien avec d’autres pratiques rituelles.

Les différents temps rituéliques mettant en jeu l’épaule en loge bleue , en France au XVIIIème siècle sont, pour l’essentiel :

Au premier degré

  • L’épaule gauche nue du candidat aux épreuves (dans l’initiation il est de nombreuses fois fait référence à l’épaule)
  • L’épée flamboyante sur les épaules lors de la consécration du nouvel initié
  • Le signe d’ordre
  • La triple frappe sur l’épaule gauche lors de l’accolade fraternelle
  • Le salut « romain »
  • La prestation de serment

Au second degré

  • Le signe d’ordre ; au REAA les deux épaules sont concernées ;

Au troisième degré

  • Le signe d’ordre
  • Le signe d’horreur
  • L’appel aux enfants de la veuve
  • La position de l’épaule lors des 5 points de la maîtrise

En Franc-Maçonnerie, dans les anciens rituels pratiqués en France au XVIIIème siècle, l’épaule est un élément symbolique transitionnel de la relation avec Dieu que l’on appelle Grand Architecte de l’Univers ou de la relation que l’on invoque vers lui lors de gestes réalisés dans des moments du rite, ce qui apporte une solennité particulière. Inspiré du sens biblique, le symbolisme de l’épaule est en rapport avec le pouvoir ou pour être plus exact avec l’expression de l’intention du « pouvoir ».

Aujourd’hui les mêmes gestes mettant en jeu l’épaule sont devenus de simples gestes d’appartenance que l’on exécute machinalement !

En conclusion,

Revenons à cette anecdote citée en préambule ; elle nous éclaire sur le lien existant entre la souffrance corporelle et le symbolisme ; Nicole à travers sa tendinite de l’épaule exprime une réelle souffrance mentale en lien avec une incompréhension non acceptée qui a trouvé son lieu d’expression dans la partie du corps liée culturellement à sa problématique existentielle. Pour réellement guérir, peut-être devra-t-elle faire un travail « d’acceptation ».

Cette réflexion nous amène à ce que l’on nomme la médecine symbolique qui utilise des baguettes coudées pour approcher le symbolisme de la pathologie exprimée. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler !


Autres approches de ce thème :

  • Ni nu, ni vêtu un développement sur « la vêture lors de l’initiation » du site chemin47;

Surtout, ne parlons pas de politique !

En ce moment, ça n’aura échappé à personne, nous sommes en période de campagne électorale. Nous allons donc entendre la propagande électorale, les petites phrases des uns et des autres, les promesses destinées à attirer les électeurs et dont on peut être sûr qu’elles ne seront jamais tenues, et vivre dans ce faux suspense.

La philosophe Simone Weil avait rédigé un texte en 1940, reparu en 2017 chez Allia et réédité actuellement, la « Note sur la suppression générale des partis politiques » (L’Herne, 2021). Un texte annonciateur du déclin des partis politiques et de la folie collective qu’entretiennent les grands rendez-vous démocratiques. D’ailleurs, c’est pour se préserver de cette folie collective que nous ne parlons pas de politique en Loge. Evidemment, poser le droit, c’est définir la contrebande. Et si nous ne parlons pas de politique en Loge, nous nous rattrapons plutôt bien au dehors. Certains y font même carrière.
Le problème que me posent les partis politiques en lice pour la magistrature suprême est, à mon sens, le même que celui que connaissent nos Loges : ça ne fait plus rêver. Et malgré les efforts engagés par les Obédiences (interview par des Youtubeurs, conférences, émissions de radio, etc.), la Franc-maçonnerie ne donne plus envie.

La Franc-maçonnerie, ça n’intéresse plus personne ?

À titre personnel, je me dévoile devant les jeunes que j’encadre dans mes fonctions. Et c’est en général accueilli avec curiosité (la Franc-maçonnerie, c’est quoi ?) ou dédain (un truc pour vieux bourges qui veulent se la jouer Illuminati). J’ai beau les titiller avec les grandes avancées sociales pour lesquelles les Francs-maçons ont oeuvré (l’école publique gratuite, laïque et obligatoire, la sécurité sociale, la pilule et le planning familial ), ça ne les fait pas rêver. Je pourrais réduire le problème à mon charisme digne de celui d’une enclume, mais je pense que le problème est plus profond que ça… et lié au fonctionnement de la vie politique dans notre beau pays.

Dissipons tout de suite une idée reçue. Non, la Franc-maçonnerie n’est pas une force politique. Elle est trop dispersée pour cela. Et quand je vois la difficulté en Conseil des Maîtres pour choisir la couleur des carreaux des sanitaires, je ne puis imaginer une Loge ou une Obédience qui gouverne. Certes, la IIIe République est une exception notable : le Parti radical était le parti dominant et la plupart des parlementaires de ce parti étaient aussi des Francs-maçons, affiliés en général au Grand Orient de France. Et d’éminents Francs-maçons furent porteurs de grandes réformes humanistes : Jules Ferry et l’instruction, Léon Bourgeois et le solidarisme (et la Société des Nations, aussi).

Au moment de la Révolution Française, les Loges étaient porteuses d’une idée nouvelle très attirante : le scrutin. Les décisions n’étaient pas prises par un autocrate de droit divin, mais votées par les membres de la Loge, elle-même dirigée par un Frère (ou une Soeur, ne l’oublions pas) lui-même élu. Et cette idée de vote alla loin, très loin, à l’époque où l’aristocratie décadente et des opérations de spéculations portées par des bourgeois peu scrupuleux avait provoqué une crise et une disette qui auraient pu être évités. Toutefois, si les Francs-maçons étaient en général porteurs de valeurs très progressistes, d’autres étaient plutôt conservateurs. Ainsi, le Frère Joseph de Maistre était l’un des plus farouches opposants à la Révolution et rêvait d’un régime théocratique, en mesure d’accompagner la divine Providence à laquelle il croyait. Joseph de Maistre incarnait ainsi un courant conservateur, quand des Frères comme Lafayette, Montesquieu ou Marat représentaient un courant progressiste. En guise de force politique, la Franc-maçonnerie était surtout déchirée entre Girondins et Montagnards, gauche et droite… Un reflet de la société, en somme.

Si on en revient à l’époque actuelle, celle où l’on applique un peu trop à la lettre le « surtout ne parlons pas de politique » comme dans la chanson du dernier Disney (We don’t talk about Bruno) pour éloigner un quelconque mauvais sort, je me demande si la désertion de nos temples, le désintérêt pour la démarche initiatique et l’abandon progressif de la Franc-maçonnerie par les jeunes Maîtres ne sont pas liés à l’absence de réflexion sur les questions sociales et sociétales. D’aucuns me répondront que ça se fait très bien dans des maisons très sérieuses, et ils auront raison. Toutefois, nous vivons une époque de succession de crises : crise financière depuis 2008, crise diplomatique politique avec les attentats que nous avons vécus depuis 2012, crise politico-sociales avec les mouvements sociaux incluant les Gilets jaunes, crise sanitaire depuis 2020, et depuis peu, crise diplomatique avec pour toile de fond la guerre en Ukraine, crise sociale avec une inflation induite par la spéculation sur les matières premières et une protection des salaires levée depuis le début des années 1980 etc. Sans compter la terrible crise environnementale qui se profile et contre laquelle rien n’est fait, malgré les coûteuses opérations de communication et de marketing des représentants d’intérêts ou d’État et qui fera passer toutes les crises précédentes pour un pet sur une toile cirée. Le hic, c’est qu’aucun candidat n’est en mesure de porter de vraies réponses, ni même un vrai projet de société pour amener un monde nouveau, où l’on travaillerait mieux, donc moins, où les profits seraient partagés etc. Mais je m’égare.

Franc-maçonnerie et vie politique : même combat ?

C’est un peu, si je m’en réfère aux travaux du politologue Michael Foessel, Quartier Rouge. Le plaisir et la gauche, le problème que vit la gauche et indirectement la Franc-maçonnerie. La thèse que soutient Michael Foessel est que la gauche a abandonné ses valeurs progressistes (augmentation des droits, limitation des privilèges, partage plus équitable des richesses) pour des postures censées représenter des valeurs morales. Au lieu de réfléchir à une société dont les richesses seraient mieux réparties ou dont l’emploi serait valorisé en fonction de son utilité sanitaire et sociale, les militants vont préférer s’indigner du maquillage des comédiens des Suppliantes d’Eschyle ou d’un dessin de presse trop acide pour eux… Si les partis politiques censés incarner le progressisme n’ont rien d’autre à proposer qu’une posture morale comme cela se passe outre Atlantique, il ne faut pas s’étonner du peu d’engouement pour la vie politique, plus particulièrement de celui des jeunes.
Par un effet de vases communicants, si la vie politique se vide peu à peu, l’action humanitaire et bénévole est plus qu’active. Après tout, peut-être que l’action comme nettoyer une plage ou une forêt des vandales qui la saccagent, entretenir un café associatif pour des gens que tout éloigne du monde social, accompagner des enfants hors de leur cité est plus valorisant que la posture morale de guignols ou d’apparatchiks n’ayant plus aucune imagination, parfois obligés de sous-traiter à prix d’or leurs idées à des officines privées (notons qu’à l’échelle de l’État, payer très cher un conseil idiot qu’un X ou un énarque pourrait avoir dans le cadre de son activité, c’est simplement idiot… et se révéler indigne de sa fonction).

De mon expérience, j’ai l’impression que les Loges suivent le même chemin que la société : on ne parle surtout pas de politique, on ne s’intéresse pas à ces questions profanes, indignes d’être menées dans l’enceinte sacrée du Temple et qui font trop café du commerce. On préfère s’ériger en gardien de la morale : voyez comme nous avons du recul, on réfléchit sur des sujets symboliques. C’est dommage, tout ce temps et toute cette énergie perdue, à ne pas parler du profane, quand on a pour dessein l’amélioration de l’homme et de la société, et pour projet l’élévation de temples à la vertu et le creusement de sombres prisons au vice. Actuellement, avec ce que nous vivons, la vertu, la posture morale, ça n’intéresse plus personne. Par contre, peut-être que les valeurs, les idées nouvelles, l’échange bienveillant, et surtout l’action cohérente, ça, ça peut intéresser du monde. En tout cas plus que l’ésotérisme de pacotille que proposent certains, faute d’autre chose.

Je vous embrasse.

Le CLIMAF a 40 ans !

Le week-end dernier à Marseille (26 et 27 mars) fut un grand moment de partage avec le colloque du CLIMAF (Centre de Liaison International de la Maçonnerie Féminine) près de 300 Sœurs de différents orients ont échangé sur le thème « Femmes, prenons notre destin en mains ».

Composé de 11 pays, le CLIMAF dont la France vient de prendre la Présidence, travaille à établir des liens d’amitiés en fraternité entre les Sœurs des Obédiences qui le composent !

C’était également les 40 ans du CLIMAF, à cette occasion une délégation de la FAMAF, (Fédération Américaine de la Maçonnerie Féminine) était présente. Un protocole d’accord a été signée entre le CLIMAF et la FAMAF. Première pierre d’une alliance entre les Francs-maçonnes du monde.

La Tenue d’anniversaire a été empreinte d’une grande émotion, permettant à chacune des Grandes Maîtresses d’exprimer, dans la langue de son pays, sa vision du CLIMAF. Entre hier et aujourd’hui, se dégage une ferme volonté de construire un devenir identitaire et égalitaire pour les femmes franc-maçonnes d’Europe, d’Afrique et d’Amérique, maillon d’une même chaine, qui grandit et devient plus forte chaque jour.

Les Francs-maçonnes ont pris leur destin en main.