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Prendre garde à ceux qui prétendent faire le bien

C’est quand elle est fidèle à son ordo essentialis, celui de l’hétérodoxie, celui de la non-conformité, que la pensée maçonnique peut s’adapter à son temps. Et ce pour en accompagner — je dis bien « accompagner » — l’évolution. L’insoumission généralisée qui la caractérise ne peut admettre la violence de ceux qui veulent le bien à la place des autres. Domination de ceux qui se sentent responsables des autres, et qui peuvent imposer par la force l’ordre qu’ils ont idéologiquement élaboré. Avec son humour grinçant plein de lucidité, c’est bien cela que notait Joseph de Maistre :

« Vous croyez ne pas vouloir cette loi, mais soyez sûrs que vous la voulez. Si vous osez la refuser, nous tirerons sur vous à mitraille pour vous punir de ne pas vouloir ce que vous voulez. Et ils l’ont fait. »[1]

Oui, « ils » l’ont fait à de multiples reprises ceux qui se considéraient comme les garants et les instituteurs des peuples. Du goulag aux camps cambodgiens, nombreux sont les exemples plaidant en ce sens. Mais cette imposition du bien commun par la force, ce que l’on considère, abstraitement, comme étant le bien commun n’est en rien en congruence avec la sensibilité libertaire qui est la spécificité essentielle de la franc-maçonnerie. Je dis bien « sensibilité », car ce n’est en rien un système dogmatique.

S’accorder aux forces primordiales. Mais c’est cette sensibilité qui sait mystérieusement, c’est-à-dire à partir des mythes immémoriaux, que l’histoire est une continuelle « palingénésie » : une genèse toujours recommencée. Reconnaissant, avec lucidité, que toute inspiration première tend à s’attiédir en institution, que l’instituant s’achève en institué, que l’énamourement se rigidifie en conjugalité. Et qu’il y a, dès lors, nécessité de sursaut. Celui-ci ne pouvant se faire qu’en s’accordant aux forces profondes, primordiales à l’œuvre, souterrainement, dans le devenir humain. Le symbolisme des épreuves initiatiques devient ainsi une méthodologie de la réintégration.

C’est cela même que note le frère Joseph de Maistre (« Josephus a floribus ») dans ses discussions avec J.-B. Willermoz : « Quand Dieu efface, c’est qu’il se prépare à écrire », ou encore : « Dieu tient toujours la gomme et le crayon » !


[1] J. de Maistre, Considérations sur la France, op.cit. p. 217.

(Éphéméride) 13/I/1898 : Le « J’accuse » de Zola sur l’affaire Dreyfus à la Une de L’Aurore

En hommage au capitaine Dreyfus, souvenons-nous du colloque organisé par le Grand Orient de France en 2007, extrait :

« Dès le début de l’affaire Dreyfus, des Francs-Maçons clairvoyants ont compris que le Capitaine était la victime expiatoire de l’arbitraire d’État et de l’antisémitisme des foules. Cependant, l’institution fut lente à s’engager ; l’engagement de la Franc-Maçonnerie fut finalement acquis au moment de la révision du procès, en juin 1899.

Il se trouve que cet engagement a eu des effets à l’intérieur même de la Maçonnerie. Cela représente une raison suffisante pour que le Grand Orient de France marque le centenaire de l’affaire Dreyfus. L’année 2006 a été marquée de nombreuses initiatives permettant de retracer l’histoire du Capitaine Dreyfus et de l’affaire qui porte son nom, depuis sa première condamnation le 22 décembre 1894 jusqu’à sa réhabilitation finale le 12 juillet 1906. Au-delà de la commémoration historique, il reste à dire fortement que l’affaire Dreyfus a non seulement bouleversé les Français au tournant du XX° siècle, mais aussi qu’elle a profondément marqué la conscience républicaine. C’est ce point de vue citoyen que le GODF a retenu pour interroger l’Affaire.

Non seulement l’Affaire Dreyfus a marqué les consciences au moment de son déroulement, mais elle a déclenché des événements particuliers, dont les effets perdurent. On peut citer : la naissance de la Ligue des Droits de l’Homme, les premières Universités populaires, la fortune du mot « Intellectuels ». Ajoutons que certains y voit le moment où la Justice a affirmé son indépendance, celui où la revendication des droits de l’homme émerge au sein du mouvement socialiste, celui où l’antisémitisme est devenu un sentiment réprouvé ; et dans le débat sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat l’affaire apparaît comme un nouvel excès d’intolérance.

Vincent Duclert, historien de la France politique, un des meilleurs spécialistes d’Alfred Dreyfus, estime que l’Affaire fut un moment de refondation de la République dont les effets sont toujours sensibles. Il écrit : « L’affaire Dreyfus a été au cœur de l’histoire de la République. Elle a d’abord signifié une crise aiguë de la démocratie républicaine ». Elle est, « avec la Révolution française, l’événement qui a le plus marqué les conceptions de la République au XXe siècle et qui continue à agir sur son devenir comme si ce passé ne cessait de rester présent. »

Il lui a été demandé de développer cette thèse. Aux autres intervenants, historiens, chercheurs, militants, il a été demandé d’indiquer comment l’affaire Dreyfus avait pu être fondatrice du concept de Droits de l’homme, d’indépendance judiciaire, et même de séparation des Églises et de l’État, … »

Un colloque qui réunissait une table ronde avec :

  • Erwan Lecœur, Directeur de l’Observatoire du débat public
  • Gilles Manceron, Vice-président de la Ligue des droits de l’Homme
  • Jean-Michel Quillardet, Grand Maître du GODF, avocat à la Cour d’Appel de Paris
  • Vanessa Ragache, historienne, auteure de Le GODF et l’affaire Dreyfus
  • Pierre Tournemire, Secrétaire général adjoint de la Ligue de l’Enseignement

Et un conférence de Vincent Duclert, professeur à l’École des hautes études en sciences sociales sur « L’histoire de l’affaire Dreyfus fournit des enseignements essentiels pour la compréhension de la démocratie et la connaissance du chemin par lequel la République peut être celle de tous les citoyens hier comme aujourd’hui et comme demain » (Dictionnaire critique de la République, article « L’affaire Dreyfus » rédigé par Vincent Duclert, Flammarion, 2002).

Source : GODF, colloque de 2007.

SUISSE : Qui veut la peau des francs-maçons valaisans?

De notre confrère suisse letemps.ch – Par Xavier L.

Les parlementaires conservateurs veulent contraindre les députés francs-maçons à révéler leur identité. En Valais, le conflit est ouvert depuis plus d’un siècle

Transparence Les conservateurs veulent obliger les élus à déclarer leur loge

Cette guerre est plus que centenaire

Dans le Chablais, de curieuses affiches apparaissent dans les lieux publics.

« Notre démocratie est menacée par trop de politiciens et magistrats francs-maçons. »

Très remonté, l’homme qui les pose entend dénoncer des personnalités qu’il soupçonne d’appartenir à la franc-maçonnerie. Coïncidence du calendrier, le parlement valaisan vote cette semaine sur une modification du règlement du Grand Conseil. Elle exige des députés qu’ils inscrivent au registre des liens d’intérêt leur appartenance à une loge maçonnique ou à un club de services.

Pour rencontrer les francs-maçons valaisans, il faut se rendre dans les cafés discrets du Chablais vaudois. « L’homme qui pense librement dérange les puissants », explique un initié. L’Eglise leur a déclaré la guerre en 1738. Sept ans plus tard, la Diète valaisanne décrétait que « le citoyen convaincu d’appartenance à la franc-maçonnerie sera [it] déchu de ses droits civiques », et promettait une «bonne récompense» aux délateurs. Pour Robert Giroud, auteur de Deux cent cinquante ans de franc-maçonnerie à Bex, il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la première loge valaisanne ait été fondée dans le canton de Vaud. L’historien soutient que «la franc-maçonnerie a toujours eu mauvaise presse par méconnaissance». En 1908, pour Le Nouvelliste, « c’est le rôle du journaliste de montrer à tous l’ignominieuse bêtise de cette lèpre qui ronge et avilit ». Quatre ans plus tard, l’évêque de Sion reprend les propos du pape Léon XIII. Il écrit que la franc-maçonnerie «travaille à la ruine de l’Eglise et à la perte éternelle des âmes». Lors des élections au gouvernement de 1945, une circulaire anonyme prétend que le candidat radical est franc-maçon. Dans l’intervalle, le Valais, comme la Suisse, a rejeté l’initiative du fasciste Arthur Fonjallaz qui visait à interdire les loges maçonniques.

Aujourd’hui, alors que Vaud et Genève abritent respectivement 30 et 20 loges, le Valais en compte trois, qui ont essaimé à partir de Bex. Celles de Saint-Maurice et Martigny ont été fondées à la fin des années 60, et celle de Sion en septembre dernier, après de nombreux échecs. Suivant l’obédience de la Grande Loge suisse Alpina, elles sont exclusivement masculines. Une quatrième, mixte, se trouve non loin de Saint-Maurice. Selon Maurice Badoux, bibliothécaire de la loge Vérité et progrès, une centaine de Valaisans sont aujour­d’hui «des initiés». Pour l’historien Robert Giroud, ils sont près de 300, et ce sont surtout « des cols blancs », fonctionnaires, assureurs et entrepreneurs.

La franc-maçonnerie entretient toujours des relations compliquées avec les ministres du culte. « C’est parce que les loges invitent à dépasser les clivages religieux », explique Maurice Badoux, tout en reconnaissant que le discours de l’Eglise s’est adouci au fil des ans. Pour Pierre-Yves Maillard, vicaire général du ­diocèse de Sion, « le secret et l’ésotérisme sont difficilement compa­tibles avec l’Eglise ». Pour François-Xavier Amherdt, professeur de théologie à l’Université de Fribourg, « leur conception relativiste de la vérité pose problème », mais « un catholique n’est plus excommunié s’il devient franc-maçon ». Seul l’abbé Henry Wuilloud, supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, soutient que ­

« celui qui fait partie de la secte franc-maçonnique est toujours excommunié ».

Dans les milieux conservateurs, on prête beaucoup d’influence aux francs-maçons, et on prétend même qu’ils auraient choisi un juge cantonal. Le coprésident de l’UDC valaisanne, Cyrille Fauchère, pense que «la discrétion constitue la force de ce réseau». Ancien garde du pape, le chercheur en histoire est devenu spécialiste de la question, et il se méfie de ces «frères» dont «on a l’impression qu’ils n’existent pas, alors qu’ils ont du pouvoir». Pour Maurice Badoux, les loges valaisannes sont insignifiantes, « politiquement et économiquement ». Il estime que l’UDC répète les fantasmes éculés du XVIIIe siècle, pour « imposer sa pensée unique ».

Ce vendredi, le Grand Conseil débattra d’un règlement qui pourrait contraindre les élus francs-maçons à s’afficher. Selon différentes sources consultées par Le Temps, un seul député valaisan est membre d’une loge. Le chef de groupe de l’UDC n’y croit pas. Pour Charles Clerc, «les francs-maçons valaisans sont plus discrets, mais tout aussi nombreux qu’ailleurs». En 2003, Oskar Freysinger avait déposé une motion similaire qui ciblait les magistrats. C’est la quatrième fois en douze ans que le parlement s’intéresse aux francs-maçons sur une proposition de l’UDC.

Le PLR dénonce une atteinte à la sphère privée. Pour son chef de groupe, Christophe Claivaz, «si on veut chasser les sorcières, il faut aussi obliger les députés à annoncer leur appartenance à des organisations telles que l’Opus Dei ou la Fraternité Saint-Pie X, qui représentent des réseaux d’intérêts plus puissants». Pour Grégory Logean, membre de la fraternité, «Ecône n’a rien d’un réseau d’intérêts». Le député UDC affirme que son parti n’est pas «en croisade contre les francs-maçons» et que «le PLR tente d’occulter un vrai débat sur la transparence». Son collègue Cyrille Fauchère convient que «ce n’est pas un hasard si la proposition émane de politiciens qui ont une solide éducation chrétienne». Et explique que «les loges concurrencent l’Eglise en réfléchissant aux destinées de l’humanité».

Avec le soutien des démocrates-chrétiens, ce règlement pourrait bien être adopté par un parlement majoritairement conservateur. «Il sera inapplicable et contraire au droit», s’insurge le PLR, qui rappelle que «l’appartenance à une loge est par définition secrète». Même l’UDC en convient, «le bureau du Grand Conseil n’aura pas les moyens d’enquêter ou d’infliger des sanctions». Mais «les tricheurs démasqués devront assumer d’avoir trompé le citoyen».

En 2007, la Cour européenne des droits de l’homme a jugé illégal d’obliger les élus francs-maçons à déclarer leur appartenance à une loge. Elle statuait sur un règlement similaire proposé dans la région du Frioul, en Italie, et elle a condamné «une ingérence dans le droit à la liberté d’association».

«En réfléchissant aux destinées de l’humanité, les loges concurrencent l’Eglise»

Freud était-il franc-maçon ?

De notre confrère belge levif.be – Par Olivier Rogeau

Bridé dans sa carrière, Freud a adhéré à la franc-maçonnerie en 1897. Un ouvrage de 2012 éclaire quarante années de fidélité discrète au B’nai B’rith.

La plupart de ses biographes ont préféré l’ignorer, et parfois le taire : Sigmund Freud (1856-1939) était franc-maçon. En 1897, à l’âge de 41 ans, il adhère à la loge « Wien », fondée dans la capitale austro- hongroise. Marié, père de trois enfants, le pionnier de la psychanalyse est, à l’époque, un médecin isolé et dépressif, bridé dans sa carrière hospitalo- universitaire et dans ses recherches. C’est aussi, en cette fin du xixe siècle, un homme sans illusions : il estime que l’assimilation des Juifs n’est plus possible dans son pays, où se répand à nouveau un climat d’antisémitisme.

Jusqu’à sa mort, quarante-deux ans plus tard, Freud restera fidèle à sa loge, qui dépend de l’association maçonnique juive B’nai B’rith. Il y trouvera un soutien moral et une audience : à de nombreuses reprises, il y présente ses travaux. Ainsi, ses deux premières conférences, en décembre 1897, sont consacrées au rêve – la « voie royale qui mène à l’inconscient » – et à son interprétation. Encouragé par le succès rencontré, il défendra le même travail quelques jours plus tard à l’université de Vienne. Mais trois auditeurs seulement peupleront les bancs de l’amphithéâtre !

« De quoi le conforter dans le choix d’un auditoire choisi », remarque Jean Fourton, auteur de Freud franc-maçon, un ouvrage dont nous vous proposons les « bonnes feuilles ». Lui-même membre du B’nai B’rith – et du Grand Orient de France depuis 1958 -, Fourton a été clinicien psychanalyste, disciple du psychiatre français Jacques Lacan et membre de l’Ecole freudienne de Paris. Son livre est le fruit d’une recherche dans les bibliothèques du B’nai B’rith et dans les archives freudiennes de Washington, désormais accessibles au grand public.

Extraits

Le rituel d’initiation

Vient le jour de 1895 où Edmund Kohn propose à son ami etpatient désespéré de le parrainer pour qu’il entre au B’naiB’rith ; ainsi sortira-t-il de son isolement. Il était normal àl’époque de patienter le temps d’une longue enquête. C’esttoujours le cas aujourd’hui. Il s’agit d’éloigner les candidatsinspirés par l’ambition, l’agressivité, la curiosité, l’infiltration.L’initiation de Freud aura lieu 2 ans après sa demande, le 29septembre 1897, à la loge « Vienne » […]. Il n’y a déjà plus àl’époque de rituel d’intimidation ou de bizutage de l’impétrantau B’nai B’rith. L’institution n’a jamais été très preneuse deces humiliations phobogènes d’un autre âge qui seraient unhéritage des pratiques médiévales appartenant aux Compagnonset que l’on a retrouvées en certaines obédiences maçonniques.Mais quelque chose de l’ordre d’une castration symbolique,ou plutôt d’une totémisation, dans les limites territorialesde l’institution, fonctionne.

Relié aux frères par une corde

Précisons que l’on demande généralement tout juste à l’impétrant, »à la gloire et sous la protection du Très-Haut », d’entrerdans la loge entouré de deux frères et relié à eux parune corde. Cette corde matérialise le lien d’intégration etde solidarité du nouveau venu. Paradoxalement, ce sera historiquementpour Freud un lien de plus et non une aliénation,pour découvrir et mettre en paroles sa conceptualisation del’inconscient et de la psychanalyse, discipline clinique,école de l’amour et de la liberté. La loge est un lieu de paroleréglementé. Sa créativité aurait pu s’en trouver assourdie, maisc’est un paradoxe, certains liens ont une fonction libératrice[…].

Psychanalyse et franc-maçonnerie

Beaucoup d’auteurs se sont fait piéger à établir des similitudesentre psychanalyse et franc-maçonnerie. Que l’on fasse sa proprecure psychanalytique et la différence surgit tout de suiteà la conscience. Nombre d’obédiences ont pour objet de chercher »la » vérité, alors que l’analyse donne à un sujet lapossibilité de découvrir la sienne. Jung qui fut également francmaçon,mais à l’Alpina, obédience suisse souvent protestante,défendait la théorie d’un inconscient universel, projetant ainsile sien et faisant de lui Dieu. Une telle conviction peut fairepartie d’un épisode dans une cure inachevée. Il semble en effetque Jung soit tombé du divan de Freud quelques mois avantl’arrivée, ce qui ne diminue en rien l’esthétique de son propos[…].

La place des femmes en loge

Il interviendra en 1901 au sujet des buts du B’nai B’rith et,un an plus tard, on l’entendra sur le rôle de la femme dansla vie de la loge. Il faut dire qu’à l’époque les femmes sont fréquemmentau centre des discussions et qu’il n’est pas toujoursfacile qu’elles se trouvent une place. Par exemple, en1902, un texte de Paul Möbius intitulé La Faiblesse d’espritdes femmes (sic) sera inscrit pour étude approfondie à l’ordredu jour de la deuxième loge de Vienne qui s’appelleHarmonie (Eintracht). Freud viendra visiter cette loge soeurqu’il a d’ailleurs contribué à fonder et il interviendra massivementdans le débat […]. En principe, il prendra plutôt laparole sur des sujets qui font partie de ses travaux en cours,ou de travaux qu’il va publier. Par exemple, le 9 février 1900,il donne une conférence, à laquelle les dames sont invitées enloge, sur la Psychologie de l’enfant que l’on retrouve aussisous le titre La Vie mentale de l’enfant. La même année, le 24avril, il parle de Fécondité, roman d’EmileZola qu’il avait classé parmi un choix de dixbons livres, en réponse à une enquête d’éditeur[…].

Freud Franc-maçon, par Jean Fourton,éditions Lucien Souny.

La franc-maçonnerie : une religion parmi d’autres ? (VIDEO)

La Chaire Théodore Verhaegen 2021, proposait une leçon inaugurale sur le thème : « La franc-maçonnerie : une religion parmi d’autres ? » | ULB TV 25 févr. 2021.

La leçon inaugurale publique « La fracture avec le religieux et l’émergence d’une autre conception du sacré » a été donnée le 24 février 2021 de 18h à 20h par le professeur Baudouin Decharneux, philosophe et historien des religions.

« Franc-maçonnerie et église catholique française, un dialogue délicat »

Mercredi 19 janvier 2022, au Temple de La Garde, la Respectable Loge Bartholdi N° 500, Loge Provinciale de Recherche, Cercle Villard de Honnecourt Provincial en Provence, vous invite à une conférence exceptionnelle du Très Respectable Frère Dominique CHARPENTIER, Assistant Grand Maître d’Honneur de la Grande Loge Nationale Française et membre du groupe de travail pour l’établissement d’un accueil pastoral des membres des Grandes Loges Françaises de la Franc-Maçonnerie régulière et de tradition dans l’Église catholique.

TRF Dominique Charpentier

La Respectable Loge « Bartholdi » :

Cette RL a été consacrée le 28 octobre 1986, par le TRF Jean Mons, Grand Maître d’alors, à l’occasion des 100 ans de la mise en place de la « Statue de la Liberté » à New York. Avec ses 250 fondateurs, cet Atelier, qui maçonne au REAA, présente trois caractéristiques essentielles suivantes :

  • Une méthode originale dans le travail ;
  • Une qualité particulière des planches ;
  • Une volonté de nouer des liens forts entre tous les Frères de la GLNF à travers le monde ;
  • L’installation dans la chaire de Vénérable Maître se fait toujours au sein d’une des 213 Grandes Loges régulières étrangères, en relation d’amitié avec la GLNF.

Infos pratiques : Mercredi 19 janvier 2022, à partir de 18h30

GLP Provence – GLNF/Temple de La Garde

64, rue Cugnot 83130 LA GARDE

Ticket repas en vente sur place : 20 € – Pass sanitaire requis

Pour tous renseignements :

Henri Couillot : henri.couilliot@orange.fr – Dominique Didier : didier.dominique@icloud.com

Shambala

« Ici le combat du guerrier ne doit pas être pris comme une lutte extérieure animée par l’attachement et l’aversion mais comme une volonté de vaincre sans retour les poisons qui affligent la plupart des êtres : désir, haine, obscurité mentale, orgueil et jalousie.

Il faut pour cela une farouche détermination à abandonner les voies profanes, une compassion illimitée envers les êtres, et une perception pure de la nature ultime de toute chose ». Dilgo Khyentsé Rimpoché

Shambala, la voie du guerrier, a été développée par Chögyam Trungpa qui est renommé surtout pour ses livres sur les enseignements bouddhiques, qui jouissent d’une grande popularité. Ces écrits sur Shambala sont une approche séculière plus que religieuse, bien qu’il existe un lien entre les enseignements Shambala et les principes bouddhiques.

L’apprentissage Shambala est axé sur la voie du guerrier, le chemin du courage, qui est accessible à tout être humain à la recherche d’une existence authentique qui transcende la peur. C’est aussi une voie pour retrouver le sacré, la dignité et l’esprit du guerrier intérieur.

Les enseignements Shambala se fondent sur la prémisse qu’il existe réellement une sagesse humaine fondamentale qui peut nous aider à résoudre les problèmes du monde. Cette sagesse n’est pas l’apanage d’une culture ou d’une religion, pas plus qu’elle n’est l’exclusivité de l’Occident ou de l’Orient. Il s’agit plutôt d’une tradition humaine de l’art du guerrier, qui a existé dans de nombreuses cultures et à bien des périodes de l’histoire.

Au Tibet, comme dans bien d’autres pays d’Asie, on parle d’un royaume légendaire qui fut source de savoir et de culture pour les sociétés actuelles de l’Asie. Selon la légende, c’était un lieu de paix et de prospérité, gouverné par des souverains sages et compatissants. Les citoyens y étaient eux aussi bienveillants et cultivés, de sorte que le royaume était, en général, une société modèle. Cette contrée s’appelait Shambala

On dit également que le Bouddha Shabyamuni transmit des enseignements au premier roi de Sambala et ainsi tous les habitants se mirent à pratiquer la méditation et à suivre la voie bouddhiste de la bienveillance et de la sollicitude à l’égard de tous les êtres. Ainsi, non seulement les souverains, mais l’ensemble des sujets du royaume devinrent des êtres extrêmement évolués.

La vision Shambala nous enseigne que devant les graves problèmes du monde nos pouvons être héroïques et bienveillants à la fois.

La vision Shambala part de l’hypothèse qu’il nous faut d’abord découvrir en nous-mêmes ce que nous pouvons offrir au monde avant d’établir une société illuminée. Donc, pour commencer nous devons nous efforcer d’examiner notre propre expérience afin de voir ce qu’elle contient d’utile pour ennoblir notre existence et pour aider les autres à en faire autant.

L’essence de l’art du guerrier, l’essence de la vaillance humaine, est le refus de désespérer d’une personne ou d’une situation.

Il faut accepter personnellement la responsabilité d’élever sa vie. Quand on cesse de se punir ou de se condamner, quand on se détend encore plus et que l’on apprécie son corps et son esprit, alors on touche de près une notion essentielle, celle de la bonté primordiale qui existe en chacun.

La suite dans un prochain article.

Que cette nouvelle année soit jalonnée de joie, malgré les craintes, avec des moments inattendus, de grandes et petites surprises, des plaisirs minuscules et des splendeurs imprévisibles.

« Il est temps de se demander si la fragilité n’est pas une force, si la conscience de notre précarité n’est pas le meilleur garant d’une vie meilleure, et peut être tout simplement la condition de notre survie… » Philippe Granarolo (philosophe et écrivain)

Ida RADOGOWSKI

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

La Pologne expose des trésors volés aux francs-maçons par les nazis

De notre confrère lepoint.fr

La magazine Le Point nous livre aujourd’hui une information essentielle. Dans l’université de Poznan, quelque 80 000 volumes anciens constituent un des plus grands catalogues maçonniques et recèlent encore beaucoup de mystères.

C’est une véritable caverne d’Ali Baba, édition spéciale maçonnerie. Dans les longues travées de la bibliothèque de l’université de Poznan (Pologne), plus de 80 000 vieux ouvrages et objets de collection sont recensés. Ils constituent « l’un des plus grands catalogues maçonniques d’Europe », sinon « le plus important pour certains », explique Iuliana Grazynska, conservatrice de la collection. Du reste, plus de 89 cartons d’archives n’ont toujours pas été classifiés, et demeurent tout à fait mystérieux. Détail majeur : cette inédite collection a été rassemblée… par les nazis.

Parmi les innombrables équerres, compas, gravures et livres recensés, de nombreux objets sont en effet frappés du sceau de Heinrich Himmler, numéro deux du régime nazi et chef de la SS. « Les nazis détestaient la franc-maçonnerie », rappelle à l’AFP Andrzej Karpowicz qui fut pendant une trentaine d’années responsable de la collection de Poznan. Et d’expliquer que le nazisme fut le « fruit d’une vague anti-élites et anti-intellectuels », donc inévitablement « anti-francs-maçons ».

Confisqués à travers l’Europe

Les nazis ont fermé les loges ou les ont poussées à la dissolution, confisqué ou – plus rarement – brûlé leurs bibliothèques. Au long des avancées de l’armée allemande, les collections en provenance des pays conquis ont enrichi celle du Reichsführer-SS Heinrich Himmler, qui comprenait aussi des archives relatives aux juifs, aux jésuites ou aux sorcières, selon M. Karpowicz.

Transportée vers des endroits jugés mieux protégés contre les bombardements des Alliés, la collection fut divisée en trois parties principales, deux d’entre elles cachées en Pologne et la troisième en République tchèque. En 1945, les autorités polonaises en saisissent une partie à Slawa Slaska (Ouest) comptant jusqu’à 150 000 volumes et, selon toute vraisemblance, comprenant les archives du collaborationniste français Henry Coston, le reste ayant été confisqué par l’Armée rouge.

« La France a pu récupérer ces documents » peu après, alors qu’une bonne partie des autres a été distribuée entre diverses institutions et bibliothèques polonaises, indique M. Karpowicz, aujourd’hui à la retraite.

Croire : La croyance fait exister les choses

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Croire (du latin credere, confier en prêt, avoir confiance, admettre pour vrai)

Croyance : le fait de croire une chose vraie, vraisemblable ou possible.

La croyance fait exister les choses.

Croire est un élément de la condition humaine : l’Homme nait sur terre, ne sachant rien sur l’univers, qui l’a crée, qui a créé le créateur ? Et il se pose la quadrilogie questionnante : Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? Pourquoi suis-je là ? Il est obligé de croire ce qu’il voit, qui n’est pas forcément le réel mais une réalité (ou un rêve ?) que son cerveau fabrique. C’est le « pourquoi » qui crée sa curiosité et son désir de vivre Cette curiosité le maintien en vie : il « persévère ainsi dans son être » jusqu’à sa mort.

Ce POURQUOI (question primordiale) provoque le « croire ». Doté de raison, d’intuition et d’imagination, privé de réponses, il est obligé de s’en fabriquer. Il a ainsi inventé des dieux puis Dieu. Il constate qu’il va mourir. D’où l’invention des religions, comme « consolatum ». Croire, c’est donc accepter de vivre dans un monde de fictions. Il s’imagine ses ancêtres, il doit accepter ce qui est dit d’eux. L’Homme est un roman vivant. Il croit être libre, mais…sa date de naissance est un hasard, il ne choisit pas son sexe et son nom est une attribution ! Croire, c’est donc subir ! Il est indépendant par nature, mais dépendant  par nécessité.

La croyance est ainsi liée à la fois, au passé, au présent, à l’avenir. Elle lui a fait inventé un calendrier, qui est une fiction. Avec un départ arbitraire (Jésus-Christ, dont l’existence est même contestée, avec des dates de naissance et de mort imprécises). La fiction, toujours, la croyance, encore !

La croyance n’est donc pas vérité ! Elle est une construction mentale qui peut évoluer selon le croyant, de la supposition à la conviction !

La FM est bâtie sur la fiction. Du temple de Salomon (qui n’existe que dans la Bible) à tous les personnages qui surgissent tout au long des rituels. C’est donc avec du mensonge que nous fabriquons de la vérité (les valeurs maçonniques). Avec la mort d’Hiram, les vrais mots de passe, partent avec lui dans la tombe. Salomon invente les mots substitués…auxquels sa cour est bien obligée de croire. Cette invention des mots substitués constitue donc un mensonge. Celui-ci est la métaphore même du mensonge dans la cité, où il est devenu une pratique nationale ! (Religion, politique, sport, etc).

Ainsi l’homme peut croire mais aussi, l’autre peut lui faire croire ! L’animal est programmé, il ne sait pas pourquoi il vit et il ne sait pas qu’il va mourir. L’Homme, lui, ne sait pas non plus pourquoi il vit, mais il sait qu’il va mourir, donc il vit en cherchant un sens à la vie et un sens à sa vie. La croyance lui est donc utile…pour survivre ! Il est probable que sans la croyance (aux constructions de son imagination) l’espèce humaine n’aurait pas survécu.

Comme l’Homme est à la fois poète et curieux, il a inventé un peuple fictif dans le ciel et partant, le récit, qui a donné un début à l’univers. Avec ce récit auquel son inconscient finit par croire, l’homme calme son angoisse existentielle. Ce qui lui permet de mieux supporter son destin.

Comme l’Homme est intelligent, il a aussi inventé la technique et la science, à la fois pour mieux vivre et mieux connaître son milieu ambiant. Mais au fur et à mesure que la science avance, le mystère de l’univers et celui de la vie reculent !

Il a tout de même découvert que la terre n’est pas au centre de l’univers (Copernic) qu’il est un animal comme les autres (Darwin) et qu’il n’est pas maître de sa personne (Freud). Il est obligé d’accepter à ces réalités. D’autant que lorsque les choses sont vérifiables…la croyance n’est plus nécessaire ! Il constate aussi qu’il est prisonnier de ses déterminismes (biologique, psychologique, social). Il est tenu de croire à ses évidences….

Alors, pour être heureux, il ne lui reste qu’à s’évader dans l’imaginaire ! Petit, il croit au père Noël et aux fantômes. Adulte devenu, il élargit son esprit avec le mythe, la légende, la science-fiction, le conte, le roman, le cinéma, le théâtre. Faire semblant, c’est déjà croire, c’est s’identifier, devenir un autre, c’est en éprouver la sensibilité. L’émotion est complice de la croyance ! Ainsi, croire peut être à la fois une souffrance et un plaisir !

Les connaissez-vous ?

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Les connaissez-vous ? 

Pas bien ?

Et pourtant….

C’est sur leurs épaules que reposent le fonctionnement de la plus grande obédience francophone !

Le Grand Orient de France !

On les critique souvent ! Trop injustement, car ils et elles ne sont pas responsables de tout !

Souvent victimes des pesanteurs d’une structure parfois vieillotte et non adaptée au monde d’aujourd’hui !

Mais quand on voit le temps qu’ils et elles consacrent bénévolement, on peut leur tirer un chapeau !