Avec Philippe FOUSSIER, Grand Maître du Grand Orient de France (2017-2018)
Face aux passions identitaires – l’idéal universaliste
FACE AUX PASSIONS IDENTITAIRES, L’IDÉAL UNIVERSALISTE Humanistes, la tâche à laquelle nous devons nous consacrer consiste à faire vivre ou revivre l’universalisme. Si on devait s’interroger sur l’utilité ou le sens de l’engagement humaniste en ce début de XXIe siècle, ils sont là : s’extraire, partout, de l’obsession identitaire, individuelle et collective. Unir et rassembler tandis que d’autres s’évertuent à distinguer et séparer, classer et différencier. A l’inverse, l’universalisme, adossé à l’idée de l’unité du genre humain au-delà des distinctions ethniques ou socioculturelles, reconnait des individus pour leurs mérites, non pour leurs caractéristiques biologiques ou religieuses. Il affirme l’égalité des droits pour l’ensemble des êtres humains, comme le stipule l’article 1er de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
Biographie de Philippe FOUSSIER :
Âgé de 57 ans, il est journaliste. Diplômé de l’École supérieure de journalisme (ESJ) de Paris, il est titulaire d’un 3e cycle en études stratégiques et politiques de défense et a été le collaborateur du ministre Louis Mermaz. De 1995 à 2017, il a été rédacteur en chef de « Communes de France », périodique destiné aux élus locaux. Auteur d’articles dans l’hebdomadaire « Marianne ». Connu pour son opiniâtreté à défendre la laïcité et à combattre le communautarisme, il a présidé le Comité Laïcité République de 2005 à 2009. Il écrit régulièrement dans « Humanisme-La revue des francs-maçons du GODF » et « La Chaîne d’Union« , la revue trimestrielle d’études maçonniques, philosophiques et symboliques du GODF.
Il y a un monde entre nous : il y a tout ce qui nous sépare. Tout ce qui nous sépare des autres, tout ce qui nous gêne, tout ce qui nous révulse, tout ce que nous ignorons, que nous ne voulons pas voir. Tout ce qui nous est indifférent et, si l’on y songe, c’est à peu près la plupart de ce qui se passe dans le monde.
Il y a un monde entre nous : nous savons bien qu’il y a tant d’espaces que nous ne visiterons jamais, tant d’espèces dont nous n’avons aucune idée, de végétaux, d’animaux, toutes sortes de minéraux, de substances, de fluides, que sais-je encore.
Or ce monde, auquel nous avons plus ou moins accès, les uns ou les autres, selon ce que nous sommes, le lieu où nous nous trouvons, ce monde dont nous avons plus ou moins conscience, en fonction et parfois en dépit des circonstances, ce monde variable et aléatoire, quand on l’envisage de loin, sans connaissance particulière – ce monde-là est le nôtre.
Car, tout aussi bien, il y a un monde entre nous : il y a tout ce qui nous réunit, tout ce sans quoi nous ne saurions être. Nos parents, nos amis, nos animaux de compagnie. Le verre de lait, le matin ; le verre de bière, le soir. Le café, le chocolat, le vin ! Les fruits, les légumes. La mer, le soleil, les montagnes et les prairies. La musique, le chant, et toutes les paroles échangées, les langues que nous avons apprises dès l’enfance, celles avec lesquelles nous vivons, désormais, les croyances enfouies dans les pierres, dans les paysages, tombant du ciel, ruisselant de la nature. L’amour, l’amitié, les enfants. Les siècles et l’honneur dont on a hérité ou que l’on s’est peu à peu construit. Les formes de société que nous acceptons ou que nous recherchons, quelque chose de l’humanité qui nous coud à tout le reste.
Bref, il y a un monde en nous et tout autour de nous. Un monde que nous devons comprendre, où nous devons vivre en bonne intelligence, un monde que nous espérons laisser sans honte aux autres, à ceux qui sont déjà là, aux générations futures. Un monde où nous devons exercer nos responsabilités, à titre individuel, certes, mais plus encore ensemble voire tous ensemble, tant les risques et les dommages dépassent l’échelle même des groupes dans lesquels nous nous reconnaissons. Nous avons tellement abusé de tout que nous ne pouvons plus nous permettre de rester simplement entre nous. Le défi qui s’élève de toutes parts sur la planète, entre les peuples et d’un pôle à l’autre, c’est d’être nous-mêmes « entre le monde », comme on est entre amis. Et, pour ce faire, il ne nous faudra pas seulement de grands rapprochements mais des trésors de coopération.
Dans cette belle et très instructive collection « Les outils maçonniques du XXIe siècle » des éditions Dervy, Jean-François Blondel, engagé depuis longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et auteur de très nombreux ouvrages, nous invite à un voyage à travers l’alchimie et l’Art Royal.
Un ouvrage qui se veut synthétique et fait toute la lumière sur l’alchimie en Maçonnerie!
La présentation de l’éditeur :
Le Cabinet de Réflexions en franc-maçonnerie dans lequel séjourne provisoirement le profane avant sa réception est couvert de symboles alchimiques. Les trois « Principes » : soufre, sel et mercure y sont présents, de même que l’acronyme hermétique VITRIOL. Au moment de son initiation au Grade d’Apprenti, le candidat se verra purifié par les Éléments : Air, Eau et Feu. Il est comme la Materia Prima des alchimistes qui meurt dans l’athanor avant de renaître sous un état nouveau. Compagnon, il découvrira, après avoir contemplé les sphères terrestres et célestes, que ce qui est en bas est le reflet de ce qui est en haut, selon ce que nous enseigne l’adage d’Hermès Trismégiste. La mort d’Hiram au Grade de Maître : quelle ressemblance avec l’œuvre au noir des alchimistes et la putréfaction de la matière où tout se désunit avant de se recomposer sous une forme nouvelle ! Dans la suite de sa progression maçonnique, il pourra dans les Hauts-Grades peut-être mieux appréhender encore le sens de sa propre évolution intérieure avec des degrés où l’Alchimie est sans arrêt omniprésente.
Une date de mise en vente au 1er septembre prochain, au prix provisoire de
De notre confrère vénézuélien elnacional.com – Par Stéphane Oria
Les membres de l’ordre maçonnique jurent de répudier les tyrans et les tyrannies, on parle de l’espèce de serment existentiel par lequel beaucoup sont même capables de s’impliquer dans des guerres ; sans aucun doute, c’est le type de principe dont il n’y a pas de débat sur sa prééminence, cependant, les maçons n’ont généralement pas besoin d’aller au-delà du maintien de comportements conformes aux principes fondamentaux qui régissent l’État de droit, les droits de l’homme et l’intérêt public. la loi internationale.
La franc-maçonnerie concerne en grande partie des écoles de pensée qui ont une grande tradition libertaire, en particulier au Venezuela les loges ont abrité d’innombrables faussaires des libertés, de Simón Bolívar, Francisco de Miranda, José María Vargas, José Antonio Sucre, Rafael Urdaneta, Santiago Mariño, bref, pratiquement la majorité des héros vénézuéliens ont été des francs-maçons, ce qui inclut des personnalités de la médecine, des arts, des sciences et s’il s’agit de présidents, au moins quatre étaient des francs-maçons, ce sont Raúl Leoni, Octavio Lepage, Jaime Lusinchi et Juan Guaidó.
Malgré le fait que d’innombrables francs-maçons avec un profil politique élevé maintiennent des idéologies différentes et des points de vue opposés, la vérité est que les francs-maçons peuvent vivre en paix les uns avec les autres, il y a de rares occasions où nous sommes impliqués dans des conflits, seulement à des occasions très particulières certains francs-maçons ils sont contraints de défendre ouvertement les principes fondamentaux de liberté, d’égalité et de fraternité, et c’est ainsi que l’on peut être en présence d’une lutte.
Ainsi, pour éviter les problèmes ou les divisions et maintenir l’atmosphère de paix, les loges évitent toujours d’aborder les questions partisanes ou ecclésiastiques dans les ateliers, au contraire, nous promouvons des thèmes qui cherchent à s’améliorer par la connaissance et la foi. Il est donc pratiquement impossible de prétendre faire d’une loge un parti ou un mouvement politique.
Michel Bachelet en loge maçonnique
Généralement, la cohabitation entre francs-maçons fonctionne, mais il n’en est pas toujours ainsi, surtout lorsque les loges opèrent dans des pays à dictatures. Au Venezuela, nous, francs-maçons, avions cohabité à la fois les partisans de la démocratie et ceux qui soutenaient le régime de Chávez-Maduro ; cependant, la crise provoquée par l’exécution extrajudiciaire commise par le régime Maduro contre les francs-maçons Oscar Pérez et José Díaz Pimentel a rendu visible la persécution des francs-maçons.
Comme beaucoup d’entre vous le savent, dans mon dernier message, j’ai publié la lettre que nous avons envoyée à Karim Khan, procureur de la Cour pénale internationale, une lettre que nous avons écrite au nom de notre groupe AdHoc International Masonic Committee for Human Rights. A ce sujet, la bonne nouvelle est que la lettre a été reçue, puis ils nous ont répondu dans une deuxième communication l’incorporation du document dans leur référentiel d’informations et sa transmission respective aux responsables compétents afin que les mesures appropriées soient adoptées; il ne nous reste plus qu’à attendre, sans aucun doute le travail est permanent, nous voulons que justice soit faite et que le système judiciaire international dispose d’un maximum d’informations utiles pour qu’il puisse traiter efficacement leurs dossiers.
J’ai envie de revenir un peu en arrière sur ce qu’on a fait et aussi d’apporter de nouveaux éléments. Avec la lettre au procureur Kham, nous voulions rendre visible la situation de persécution contre la franc-maçonnerie par le régime Maduro.
La lettre faisait référence à plusieurs cas, en principe nous avons abordé la persécution systématique que la police politique de Maduro a exercée sur les francs-maçons pour être membres de la loge fréquentée par Oscar Pérez, c’est la loge Santiago Mariño N 208. Nous avons informé le procureur que 5 membres de cette loge ont été convoqués et intimidés par la police du CICPC pendant plus de 10 heures et que 3 membres ont été arrêtés et torturés.
Nous avons expliqué au parquet que malheureusement la Grande Loge du Venezuela pour cette période 2017-2018 sous la direction du Grand Maître Colonel Ubaldo Jiménez Silva, avait eu une conduite douteuse.
En ce sens, en 2019, j’ai dénoncé et demandé une enquête par notitia criminis afin que les autorités clarifient les raisons pour lesquelles l’ordre maçonnique n’a pas agi légalement pour défendre ses membres lorsque les événements se sont produits et aussi pourquoi cela a été autorisé. un procès maçonnique d’Oscar Pérez pour un crime présumé de trahison contre le pays, comme dénoncé dans une lettre publiée par la Confédération maçonnique interaméricaine , un fait que la Grande Loge a nié, en tout cas, le frère maçonnique Rubén Rodríguez a été demandé, Vénérable Maître de la Loge Santiago Mariño, de nous donner sa version des événements devant l’opinion publique, sachant que c’est lui qui a convoqué cette réunion de désaffiliation d’Oscar Pérez.
A propos du passé grand maître Ubaldo Jiménez Silva, je partage un petit bout de l’histoire de celui qui a dirigé les destinées de la Grande Loge du Venezuela ; Cette information est un examen de l’opinion du TSJ de la dictature, à cet égard, nous avons extrait une partie du document pour le partager avec le public : « Le 10 avril 1999, la Cour de justification de la Cour martiale du Venezuela, a décrété un mandat d’arrêt du citoyen au colonel (GN) Juan Ubaldo Jiménez Silva, pour la commission présumée des délits de vol de fonds appartenant aux forces armées à un degré continu ; abus d’autorité et complot ».
et ce maçon a dû fuir le Venezuela de peur de perdre la vie aux mains de la dictature. En ce sens, il reviendrait au frère Alfredo Tovar de clarifier cette situation.
La vérité est que tous ces éléments qui ont déformé le fonctionnement institutionnel de la Grande Loge de cette période indiquent une infiltration du régime Maduro dans les structures de pouvoir de la franc-maçonnerie vénézuélienne qui persiste très probablement et est encore plus forte.
Une autre information pertinente est qu’il y a une croyance que le régime de Maduro a pu connecter la franc-maçonnerie avec Oscar Pérez en raison du filtrage du message d’Oscar Pérez qu’il a fait au groupe WhatsApp de la loge par un membre du groupe et que c’était plus tard utilisé par l’intelligence de Maduro pour connecter la franc-maçonnerie dans un récit de complot avec le mouvement des Oscars.
Récemment, nous avons pu lire une prétendue déclaration du franc-maçon Ramón Fernando Delgado Vegas publiée sur le site Internet de TSJ, le document est daté de Caracas, 16 juillet 2017 206e et 157e, numéro de dossier CJPM-TM1C-059-17 dans lequel au cours de sa présentation devant le juge militaire il mentionne la franc-maçonnerie, telle qu’elle est publiée nous la partageons car elle nous semble pertinente car elle peut aider à comprendre la nature de la persécution des francs-maçons menée par le régime Maduro. Ensuite, je transcris une partie du document : A la salle d’attente afin de pouvoir entendre la déclaration du citoyen accusé, qui a déclaré : « Je nie les accusations dont je suis accusé, j’étais à Santa Fe, chez Oscar Pérez, pour le groupe franc-maçonnerie, l’a invité dans un groupe skao, pour des activités cinématographiques, nous avons collectionné des livres et des idées, nous avons échangé pour monter au degré supérieur. Ils se rencontraient le 25 juin 2017, à Santa Fe, il m’a invité à monter dans l’hélicoptère puis à tourner, c’est là que j’ai répondu « tu es fou »…
En conséquence, le juge militaire citoyen a accordé le droit de parler au défenseur privé du citoyen afin qu’il puisse poser les questions qu’il souhaitait poser au citoyen accusé et a répondu en conséquence, si je souhaite poser des questions à l’accusé, dites votre relation avec le citoyen Oscar Pérez ? Il a répondu : Il a eu 3 mois de relation maçonnique. Illustrer la Cour sur la franc-maçonnerie ? Il a répondu : C’est pour l’être intérieur et le bien-être de tous. Quels sujets y sont abordés ? Il a répondu : Nous avons parlé du travail à faire. Pour quelle raison? Il répondit : Avec des mouvements pour monter au degré supérieur. C’est tout… ».
Cette déclaration a été retranscrite exactement à partir du portail TSJ, nous avons fait une copie d’écran du site officiel pour avoir une sauvegarde. Nous l’avons également ajouté à l’ensemble des documents que nous avons partagés avec les autorités.
La vérité est que c’est fin juillet et début août que les convocations ont commencé à arriver pour que les membres de la Loge se présentent pour témoigner au CICPC et la persécution s’est poursuivie pendant le reste de l’année et s’est poursuivie jusqu’en 2018, commence à cesser après le meurtre d’Oscar Pérez, cependant, si le lien entre la disparition des 2 Maçons susmentionnés et l’affaire Oscar Pérez est confirmé, cela signifie que le régime Maduro a toujours maintenu une chasse active aux membres de l’ordre. Il faut rappeler que la Grande Loge dans son document N01 recommandait de collaborer avec les autorités du régime Maduro et exhortait le reste des loges rattachées à le faire.
Enfin, nous avons copié au procureur le rapport Senamecf rédigé par le franc-maçon William Jiménez dénonçant l’exécution extrajudiciaire commise par la dictature de Maduro contre les francs-maçons Oscar Pérez et Jose Díaz Pimentel et leurs compagnons, et nous avons ajouté les témoignages de l’enquêteur du cas de francs-maçons disparus et le témoignage du prisonnier politique, le franc-maçon Eduardo Figueroa.
En fin de compte, chacun des francs-maçons, témoins et victimes concernés doit faire partie des témoignages devant les instances internationales afin de contribuer au système de justice internationale, dans l’idée que nous ne permettons pas l’impunité et que des verdicts de justice peuvent être rendus pour les cas des frères maçonniques assassinés ou disparus.
Avant de clore ce post, je veux partager avec vous la déclaration que la Confédération maçonnique interaméricaine a faite lorsqu’elle a condamné le crime contre Oscar Pérez et exprimé son désaccord avec la manière dont la directive de la Grande Loge du Venezuela fonctionnait.
À la communauté maçonnique interaméricaine
le conseil exécutif déclare à toutes les grandes puissances affiliées à la Confédération maçonnique interaméricaine ce qui suit :
1) Par la presse internationale et d’autres canaux de diffusion, on a appris l’exécution extrajudiciaire de SM Oscar Pérez, du Venezuela, le 15 de la date actuelle, sans avoir été soumis à une procédure régulière comme correspond à toute procédure dans un pays où règnent le respect des droits de l’homme et de la dignité.
2) On sait également que le Grand Maître de la Grande Loge de la République du Venezuela a publié le communiqué n ° 02, daté du 9 janvier, dans lequel il fait connaître la poursuite maçonnique et l’expulsion du frère susmentionné de l’Ordre, arguant les figures juridiques de « trahison contre la patrie et crimes de droit commun ».
3) Lors de la commémoration du 70e anniversaire de la fondation de la Confédération maçonnique interaméricaine, en avril 2017, la Lettre d’Assomption a été émise, où l’un des points saillants était l’appel à l’attention sur la situation que la République du Venezuela vit sous le régime dictatorial actuel et exhortant « les membres de la franc-maçonnerie régulière vénézuélienne à rester fermes dans les principes de l’idéologie maçonnique, luttant sereinement mais fermement pour le respect inexcusable de la Constitution nationale et des valeurs du système démocratique. «
4) Le Conseil exécutif de l’IMT, à l’unanimité, ne peut que regretter et répudier avec la plus grande véhémence des événements tels que le présent, où la situation a atteint des extrêmes inadmissibles et où l’absence de principes, de valeurs et de concepts fondamentaux de respect et de décence humaine dans ceux qui détiennent un certain pouvoir, même éphémère ou symbolique, conduisent de nombreux hommes et femmes à prendre des mesures désespérées pour sortir de l’état d’angoisse que vit leur communauté en général.
5) Le concept de liberté est quelque chose pour lequel de nombreux maçons et non-maçons ont sacrifié leur vie. Pour cette raison, la franc-maçonnerie universelle place cette valeur précieuse au siège le plus élevé ; Pour cette raison, la franc-maçonnerie interaméricaine a parmi ses objectifs la défense de la liberté, des droits de l’homme et de la justice. Et c’est aussi pourquoi il n’est pas possible de se taire face à une situation aberrante telle que celle-ci.
6) Ce qui pour certains est catégorisé comme une trahison contre le pays, pour la plupart est vu comme une lutte pour la liberté et comme le seul moyen possible de récupérer les droits perdus à cause de l’ignorance, de l’indifférence, de l’abus de pouvoir et d’autres maux qui rongent le les fondements et la structure même de ces pays d’Amérique latine qui portent encore le drapeau d’un populisme pervers et raté.
7) À toute la communauté maçonnique du Venezuela, nous envoyons notre plus profond sentiment d’affection et de solidarité, nous vous demandons de ne pas perdre la foi ou la noblesse que vous possédez, que nous sommes à vos côtés et nous espérons que cette calamité que vous vivez dans de nombreux fronts, même en dehors de la sphère politique, feront bientôt partie d’un passé désastreux que personne ne veut revivre et que tôt ou tard ils pourront jouir du droit à une vie digne.
8) 18 janvier 2018
Signé : Oscar de Alfonso, président ; Juan Jesús Gopar Aguilar, vice-président de la zone 1 ; Jean Pierre Rollet, Vice-Président Zone 2 ; Eduardo Ordoñez Kocher, vice-président de la zone 3 ; Jorge Díaz Delgado, vice-président zone 4 ; Flavio Pereira – Graf, Vice-président Zone 5 ; Edgar Sánchez Caballero, Vice-président Zone 6 ; Rudy Barbosa Levy, secrétaire exécutif.
Je tiens à vous dire au revoir en vous invitant à nous lire la semaine prochaine dans El Nacional, avant de vous informer que la Grande Loge Unie d’Angleterre a pour objectif de récolter 500 000 livres sterling pour venir en aide aux victimes du génocide russe en Ukraine. Pour plus d’informations, visitez mcf.org.uk/ukraine
Le titre exact est « La doctrine initiatique du Régime Écossais Rectifié en dix leçons essentielles » de Jean-Marc Vivenza. Une publication très attendue chez Dervy, une marque du groupe Guy Trédaniel, en septembre 2022.
Nous connaissons tous Jean-Marc Vivenza, philosophe et écrivain, qui s’est intéressé tôt à l’œuvre de René Guénon, jusqu’à publier, pour notre plus grand profit et plaisir, un riche et fort utile Dictionnaire de René Guénon. Jean-Marc Vivenza s’est ensuite tourné vers l’ésotérisme occidental dirigeant sa recherche sur les thèses de Jacob Boehme, Martinès de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz, l’amenant ainsi à produire de nombreux ouvrages portant sur les sources, historiques, spirituelles et doctrinales, de l’illuminisme initiatique.
Ici et maintenant, il nous offre un ouvrage clair et bien construit sur la doctrine initiatique du Régime Écossais Rectifié. Et surtout avec la belle pédagogie que nous lui connaissons.
Rencontrer ou écouter – cf. Bglis.tv, par exemple – notre Frère Jean-Marc ne laisse pas indifférent.
À titre personnel, cet opus à venir, publié chez un grand éditeur connu et reconnu nous emplit de joie !
Pour tous rectifiés, et les autres aussi, la doctrine du Régime/Rite, fascinante à bien des égards, est un « enseignement » ésotérique offrant des lumières singulières sur l’origine du monde matériel, la nature actuelle de l’homme et sa destination finale…
Un indispensable de votre bibliothèque ! Et une magnifique première de couverture.
Ce matin en buvant mon café, je repensais à cette vieille rivalité entre les cartésiens et les néo-platoniciens rationalistes. Et deux noms sont sortis du flot de ma mémoire comme deux prises augurent pour le marin une joyeuse espérance : Leibniz et Spinoza. Leibniz et son meilleur des mondes possibles, contre Spinoza le cartésien. Et je me suis demandée, si après tout, cette rivalité n’avait pas servi les concepts leibniziens, voire si elle n’avait pas été nécessaire pour permettre à Leibniz de se rapprocher des mystères de la création. Car dans le fond, bien que leurs concepts soient opposés, tous deux ont été confrontés au déterminisme de l’époque et au joug de l’église romane. Cela leur fait au moins un point commun. Mais comment Leibniz a pu faire grandir ses concepts métaphysiques sans déplaire à l’église ? Et que nous lègue t il qui pourrait encore nous permettre de transmettre son flambeau ?
Se construire dans un climat d’opposition philosophique : Leibniz versus Spinoza
Élève très brillant, sans doute surdoué et peut-être hyperactif, Leibniz a contemplé deux siècles : la fin du baroque et les prémices du siècle des Lumières. Leibniz est né à Leipzig en 1646 et très tôt il rentre à l’université, dès l’âge de quatorze ans. C’est un élève doué en tout ; en mathématiques, en philosophie, en philologie, en conseil stratégique politique. La multiplicité de ses talents interpelle et trace les sillons de sa brillante carrière.
Tout d’abord, il est le père du calcul infinitésimal. D’aucuns se seraient contentés de cette découverte, pour flagorner à travers toutes les cours d’Europe. Mais Leibniz est tout sauf un mondain. Il ne vit que pour l’étude, la démonstration, la logique, mais surtout les concepts métaphysiques. Sur son chemin d’apprenant, une rencontre déterminante va le conduire à travailler d’arrache-pied. Le jour de sa rencontre avec Spinoza, le controversé cartésien hollandais est près à passer l’arme à gauche. Il lui offre son imposant ouvrage : l’Éthique.
Leibniz se confronte alors aux paradoxes du monde, de la nécessité, du contingent et du labyrinthe pour en sortir. Subjugué autant que révulsé, il se heurte aux préjugés, aux pièges de la vanité aussi, à la double vérité. Et il se forge un objectif majeur: construire sa propre métaphysique qui démontrera que les concepts cartésiens peuvent être réduits à peau de chagrin. Par respect il attend la mort de Spinoza, qui sera aussi une course contre la sienne. Car l’heure tourne et torpiller les idées cartésiennes en cherchant les lois de l’Harmonie Universelle est énergivore. Et creuse le cœur de solitude.
Toutefois, se rapprocher du principe universel est une idée dangereuse. Et Leibniz se heurte aux croyances morales de la fin de la Renaissance. Ne lui reste qu’une seule et unique solution: créer une sorte de double philosophie avec une valeur de charité très chrétienne, puis une autre plus mystérieuse, plus inductive, mais complexe.
Finalement Leibniz imite Spinoza dans la forme. Car l’Éthique du philosophe hollandais est aussi une philosophie à tiroirs secrets pour passer sous les radars de l’incroyance. Quitte à laisser un puzzle gigantesque aux générations futures…
Leibniz était-il un libre penseur ?
Si pour certains de ses contemporains, Leibniz passe pour un mécréant, en réalité, il prête allégeance au protestantisme luthérien. Néanmoins, son désir de plaire au pouvoir en place, agacent ses très nombreux détracteurs qui le taxent d’hypocrite n’allant jamais au fond de ses idées par crainte de déplaire à l’église romane. Dans un certain sens ce n’est pas faux. Une lettre écrite à Des Bosses à la fin de sa vie, semble aller dans ce sens: et au total, je préfèrerais que les mots soient interprétés d’une manière telle qu’il n’en résulte rien de malsonnant.
Faut-il y voir une volonté de plaire, au risque de perdre sa probité intellectuelle? Absolument pas!
La stratégie universaliste de Leibniz
Le discours de sa métaphysique devait rester son jardin fermé jusqu’à la fin de sa vie, selon Maria Rosa Antognazza sa dernière biographe. Car au sujet de la correspondance entre Leibniz et Arnauld et dans laquelle il livre son Examen de la chrétienté, elle estime que: l’examen de la chrétienté semble avoir fait partie de la stratégie utilisée depuis longtemps par Leibniz qui consistait à convaincre ses protecteurs, amis et correspondants catholiques que sa philosophie de même que ses convictions religieuses pouvaient en toute bonne conscience s’accorder avec tous les points doctrinaux principaux du catholicisme.
Leibniz n’est donc pas le Candide réprouvé par Voltaire
Agir et penser en conservateur prudent, tout comme l’était Thomas D’Aquin au XIIème siècle, fut une bonne stratégie qui permit à Leibniz d’incorporer de la science dans la philosophie, sans heurter le pouvoir en place. Et rester cohérent…en somme un calcul de virtuose ! Ne perdons pas de vue que pour faire vivre l’universalisme il faut du rationalisme et le leitmotiv de la métaphysique de Leibniz est de l’inonder de mathématiques pour démontrer la loi causale.
Ma mÉtaphysique est toute mathématique pour ainsi dire ou le devenir.
Leibniz. Math. Schr
CITATION LEIBNIZ
La liberté chez Leibniz est-elle la porte de sortie du labyrinthe?
Leibniz a tout fait pour que sa vision du christianisme s’intègre à sa philosophie dans laquelle la notion d’amour de Dieu EST la religion véritable. Une théorie qu’aucun catholique en son temps ne pouvait réfuter. Comme en témoigne la luxuriante correspondance avec Descartes, Bayle, Friedmann… l’essentiel pour Leibniz est de regrouper les visions différentes des siennes, d’ausculter sous tous les angles tous les paradigmes qui ne peuvent que se contredire. Mais qui finissent par donner vie à d’autres concepts logiques et parfois aller au delà de l’entendement humain. C’est à dire, unir les contraires, faire le consensus réflexif entre son époque et sa conscience.
Quand nous délibérons, et nous efforçons d’atteindre la meilleure décision possible, nous ne devrions jamais, selon Leibniz, nous préoccuper d’anticiper ou de prévoir le résultat de notre décision.John Rawls, leçons sur l’histoire de la philosophie morale.
On voit ici que pour Leibniz, l’autorité ne remplace pas le droit, ni le dogme de la fatalité stoïcienne. Leibniz tente d’extraire autre chose du déterminisme. Et cette notion se voit lissée dans l’étendue des prédicats, donc de la multiplicité.
Chez les anciens, le libre diffère du spontané, comme l’espece du genre, la liberté est comme on pouvait s’y attendre la spontaneitÉ rationnelle.
Leibniz-Opuscules et fragments inédits
Choisir le meilleur est sortir du labyrinthe. La raison aide à la délibération couplée à la volonté de choisir le meilleur pour soi. Mais on peut toutefois ne pas délibérer, donc résister à la raison et à l’intellect. Par ailleurs, chez Leibniz, le concept d’un être omniscient qui détermine ce qui est et sera, le conduit à théoriser sur la liberté de Dieu à créer le meilleur des mondes possibles. Et à coudre dans l’intellect Divin une harmonie baroque et universaliste responsable des états des choses.
Peut-on aimer sans comprendre ? Exemple avec l’essai de la Théodicée
Certains de ses détracteurs se demandent s’il n’a pas été contraint de choisir le meilleur pour rester libre. C’est du moins ce que Voltaire lui reproche. Ce dernier déteste l’essai de la Théodicée, l’œuvre la plus complexe et énigmatique de Leibniz, car il ne la comprend tout simplement pas. Cette incompréhension le pousse à rédiger son célèbre Candide, sous l’œil goguenard des cartésiens. Leibniz et son meilleur des mondes possibles sont royalement moqués. On se gausse dans les salons, souvent avec courtisanerie et une certaine bassesse qui ressemble à s’y méprendre à de la jalousie. Ces moqueries ne déstabilisent pas Leibniz. Susciter de l’envie est de bonne guerre. D’autant plus, qu’il a sans doute éprouvé un tel sentiment à l’égard de Spinoza.
Il sait surtout que la rivalité enfante du meilleur de soi. Candide rendra célèbre Voltaire et l’essai de Théodicée deviendra le nectar des métaphysiciens. Tout serait-il parfait dans le meilleur des mondes possibles?
L’essai sur la Théodicée : un puzzle à terminer par les autres générations
Michel Serres et Gilles Deleuze ont écrit beaucoup sur cet essai et le premier en fit une brillante thèse. Pour tenter de s’approcher de l’essai sur la Théodicée, il faut de l’humilité et accepter que l’on ne sera peut être pas plus avancé même en y employant une énergie colossale. Comme le reconnut Jacques Bouveresse du Collège de France, un des meilleurs philosophes rationalistes de notre époque qui s’exclama lors de sa leçon inaugurale: je ne suis pas plus avancé après vingt ans d’études!
Notre condition humaine selon Leibniz serait de créer les meilleures conditions pour changer notre condition humaine à ne pas aller vers le plus mauvais. C’est sur ce point que les principes leibniziens se rejoignent avec la philosophie de Simone Weil ; Découvrez l’article de la semaine dernière sur cette philosophe.
L’homme peut agir sans vouloir. Mais toute l’évolution converge à ce vouloir, la cause principielle. Et ce vouloir ne peut se manifester qu’en Dieu, car chez Leibniz, il serait impossible pour l’homme de vouloir quelque chose pour lui-même de mauvais. C’est ce dernier point qui laisse songeur beaucoup de philosophes encore aujourd’hui.
NOUVEAUX ESSAIS-Leibniz
Leibniz était il l’avocat de Dieu ?
Dans la réalité, la volonté et la nécessité prévalent aux possibilité de s’affirmer et d’être bonnes ou mauvaises selon si ces choses nous affectent. Selon Leibniz, le monde ne peut ETRE que s’il est de nature à pouvoir être transformé à tous les points de vue, dans le moindre de ses plis. Cette capacité à se transformer réside dans l’utilisation de toutes les forces présentes y compris les mauvaises. Le meilleur des mondes possibles n’est pas une aberration déterministe fixé par le contingent, car chaque chose crée l’était avant selon les lois de la perfection qui sélectionne le meilleur lorsque toutes les mauvaises possibilités sont écartées. Le meilleur a valeur d’optimal au sens mathématique et non moral. Et c’est encore ce point qui est source de querelles philosophiques.
Pour Leibniz seul un grand principe est capable de régenter le règne des causes efficientes parallèles aux causes finales. Ce principe est dans l’universalité de l’infiniment petit.
Leibniz-essai de Théodicée
La monadologie: un monde sans portes ni fenêtres
Concept métaphysique par excellence, la monadologie exclue toute projection vers l’extérieur. Tout est à l’intérieur. Comme une lente descente en soi avec un fil à plomb pour atteindre ses plus petits plis, tout en sauvegardant la tierceité des échanges: la valeur des signes, les pensées et l’ouverture sur le monde. La monadologie est une force au prime abord passive qui n’exprime ni de vouloir ni de nécessité de vouloir se manifester au dehors. Elle est efficiente de part sa multitude de potentialité à communiquer du haut vers le bas, de l »esprit vers la matière.
Tout comme Leibniz, Deleuze a pris le parti de travailler sur la monade selon la courbure et le fléchissement vectoriel de l’âme vers la matière. Le pli va à l’infini suivant deux directions, comme si cet infini avait deux étages. Matière et esprit sont distincts. Mais tout est courbe et non euclidien comme chez les cartésiens. En bas la matière forme une masse, puis savamment organisée elle forme un second degrés: matière organique, inorganiques sont hiérarchisés. Puis des forces mécaniques, compressives, élastiques sont ajoutées. Tout en haut l’âme elle aussi est rangée en plis puis répartie sur deux étages. Cependant ces plis ne se déplient pas complètement, car l’âme tend vers l’infini. Il n’y a pas de possibilité de communiquer avec elle. C’est un monde sans portes ni fenêtres, bien hiérarchisé qui se manifeste par les oscillations, les vibrations.
Le pli est toujours entre deux plis, et cet entre-deux plis semble passer partout : entre les plis inorganiques et les organismes, entre les organismes et les Âmes animales, entre les âmes animales et les raisonnables, entre les Âmes et les coprs en gÉnÉral.
Gilles Deleuze : « Le pli-Leibniz et le Baroque » aux éditions de Minuit
le pli de Gilles Deleuze
L’héritage de Leibniz
Le 14 décembre 1716, en cette froide matinée de fin d’automne, le dernier des grands philosophes universalistes est porté en terre dans l’indifférence générale. Personne ne se bouscule pour lui rendre un dernier hommage. Sur le couvercle de son cercueil sont gravés une spirale et une étrange inscription :
La courbe qui s’est infléchie vers le bas s’élèvera à nouveau.
Le génie de Leibniz n’est pas d’avoir anticipé ce qu’il adviendrait de ses travaux, mais d’avoir foi au génie humain pour assurer le continuum. Nous lui devons d’abord le calcul infinitésimal. Un calcul primordial, ancêtre du calcul binaire permettant à notre génération de communiquer en réseaux. Comme dans une monade. Nous devons à Leibniz le calcul intégral qui est la cause efficiente de l’arrivée des ordinateurs, puis des réseaux, de ce journal, de cette modeste chronique. Et en parallèle, vous qui lisez, même si je ne vous connais pas et que je ne peux prédire quelle aura la résonnance de cette dernière, j’image qu’elle tend vers l’infini, en dépit de ma volonté, baignant dans les eaux primordiales de la virtualité ou dans les cavernes ténébreuses. Tout est conscience, présence au monde et l’inconnu algorithmique peut créer des dispositions étonnantes que nous ne voulons pas forcément.
Nous faisons partie du même monde, et tous en âme raisonnable construisons le meilleur pour nous même et avons le pouvoir de nous transformer. Et cela depuis que le monde est monde. Et avoir conscience de ce monde, l’entendre battre à l’unisson même par une nuit froide et sans lune, cachée par d’épais nuages, c’est déjà la chance de pouvoir croire que ce quelque chose nous réunis en dépit de notre volonté, a ses raisons suffisantes pour combattre le déterminisme ambiant… tout est parfait dans le meilleur des mondes possibles.
La semaine prochaine il n’y’aura pas de chronique pour cause d’élections.
Retrouvez moi dans quinze jours avec la philosophe Hannah Arendt dans responsabilité et jugement.
L’humour est présent depuis longtemps dans Points de Vue Initiatiques, avec la rubrique Air du temps, un moment léger. Comme la spiritualité, l’humour est une activité de l’esprit. Donc pas de spiritualité sans humour !
Il desserre l’étreinte des tensions, des dominations, de la souffrance souvent. Profondément initiatique en nous libérant du trop convenu ou des certitudes, il nous déshabille aussi. Les vérités cachées sont alors plus près, les portes sur l’indicible s’entrouvrent. Le rire, ce moment pas toujours contrôlable, a même fait l’objet d’études approfondies de la part de théologiens, de philosophes prolongeant le mot d’Aristote « Le rire est le propre de l’homme » – et du Franc-maçon.
À ne pas rater dans ce numéro exceptionnel, l’interview de nos deux invités : Jean-Pierre Ribes et Pancho qui savent nous emmener dans leur univers unique.
Vous aimez PVI, la revue de la Grande Loge de France ? Vous ne voulez pas manquer un seul numéro, alors rien de plus simple que de s’abonner ou se (ré)abonner. À vos tablettes et smartphones pour le recevoir : cliquez ici
Il y a fort à parier que vous n’avez jamais entendu parler de kintsugi ?
On pourrait traduire kintsugi par « jointure en or », appelé aussi kintsukuroi « réparation en or ». Il s’agit d’une méthode japonaise de réparation des porcelaines ou céramiques brisées au moyen de laque saupoudrée de poudre d’or.
Vous l’aurez compris, certains travaillent à tailler une pierre symbolique ou réelle et d’autres à la réparation de leur bol avec de la poudre d’or. Le parallèle mérite qu’on s’y intéresse.
Un exemple de kintsugi sur un bol.
Le kintsugi serait apparu lorsque, à la fin du xve siècle, le shogunAshikaga Yoshimasa a renvoyé en Chine un bol de thé chinois endommagé pour le faire réparer. Le bol étant revenu réparé avec de vilaines agrafes métalliques, les artisans japonais auraient cherché un moyen de réparation plus esthétique. Cela relève d’une philosophie qui prend en compte le passé de l’objet, son histoire et donc les accidents éventuels qu’il a pu connaître. La casse d’une céramique ne signifie plus sa fin ou sa mise au rebut, mais un renouveau, le début d’un autre cycle et une continuité dans son utilisation. Il ne s’agit donc pas de cacher les réparations, mais de mettre celles-ci en avant.
Les collectionneurs se sont épris de cet art nouveau au point que certains ont été accusés d’avoir délibérément cassé de précieuses poteries afin qu’elles puissent être réparées avec les coutures d’or du kintsugi. Le kintsugi est étroitement associé aux ustensiles en céramique employés pour la cérémonie japonaise du thé.
Le kintsugi s’inscrit dans la pensée japonaise du wabi-sabi qui invite à reconnaître la beauté qui réside dans les choses simples, imparfaites et atypiques. Wabi-sabi est une expression japonaise désignant un concept esthétique, ou une disposition spirituelle, dérivé de principes bouddhistes zen, ainsi que du taoïsme.
Bol de thé raku wabi-sabi, époque Azuchi Momoyama (xvie siècle).
Le wabi-sabi relie deux principes : wabi (solitude, simplicité, mélancolie, nature, tristesse, dissymétrie…) et sabi (l’altération par le temps, la décrépitude des choses vieillissantes, la patine des objets, le goût pour les choses vieillies, pour la salissure, etc.). Le wabi fait référence à la plénitude et la modestie que l’on peut éprouver face aux phénomènes naturels, et le sabi, la sensation face aux choses dans lesquelles on peut déceler le travail du temps ou des hommes1. Le caractère sabi est ainsi gravé sur la tombe de l’écrivain Junichirō Tanizaki (1886-1965), dans le temple Hōnen-in (dédié au moine Hōnen), à Kyoto.
Les principes de wabi et de sabi sont anciens. On les rencontre dès le xve siècle dans la littérature japonaise, joints à un troisième principe, celui de yojō, « écho sentimental ».
Une illustration du wabi-sabi : le culte esthétique pour les pierres (jardin sec), ou le travail des bonsaï. Cette éthique apparaît au xiie siècle ; elle prône le retour à une simplicité, une sobriété paisible pouvant influencer positivement l’existence, où l’on peut reconnaître et ressentir la beauté des choses imparfaites, éphémères et modestes.
Il s’agit de la plus vieille organisation juive toujours en activité dans le monde. Calquée sur les organisations maçonniques, elle a été fondée à New York, le 13 octobre 1843, par douze personnes, dont Henry Jones et deux frères, juifs émigrés d’Allemagne, qui avaient appartenu à la Société des Frères (Brüder Bund) qui joua un certain rôle dans l’élaboration de la Première Internationale (Association internationale des travailleurs). Ils voulaient fonder un système d’entraide pour les juifs arrivant aux États-Unis et devant faire face à des conditions de vie difficiles.
C’est à partir de cette base, d’aide humanitaire et de services, qu’un système de loges et chapitres fraternels grandit aux États-Unis, puis dans le monde entier. B’nai B’rith International est également affilié au Congrès juif mondial.
Bref rappel historique, description et buts
L’organisation est fondée en 1843 et sa première action concrète est la création d’une police d’assurance-décès attribuée aux membres. Ainsi les veuves recevaient une somme pour les frais funéraires, et une allocation d’un dollar par semaine pour le reste de leur vie. Chaque enfant recevait également une bourse et, pour les enfants mâles, l’assurance d’apprendre un métier.
La constitution adoptée par l’organisation en 1868 promeut quatre valeurs fondamentales du judaïsme : justice, amour fraternel, harmonie, bienfaisance. Les discussions politiques et religieuses sont prohibées au sein de l’organisation. Les premières missions que se donne l’organisation sont d’aider les immigrants juifs aux États-Unis, de défendre la communauté juive contre l’antisémitisme, de sauvegarder les valeurs du judaïsme et d’élever le niveau intellectuel et moral du peuple juif. Le succès est rapide dans une période où l’immigration juive est nombreuse : de 12 membres à la fondation en 1843, l’organisation passe à 10 000 membres en 1870, 22 800 en 1879 et 30 000 en 1902. En 1882, est créée la première loge en Europe, à Berlin.
En 1868, le B’nai B’rith mène son premier projet international de soutien aux communautés juives d’Afrique du nord et du Moyen-Orient en apportant un soutien financier à l’Alliance Israélite Universelle. En 1888, le B’nai B’rith fonde une loge à Jérusalem, la première organisation de langue hébraïque en Palestine.
L’organisation, qui a affirmé très tôt l’unité du peuple juif, est engagée dans une grande variété de services communautaires et d’activités de soutien, incluant la promotion des droits pour les communautés juives, l’assistance aux hôpitaux et aux victimes de catastrophes naturelles, la remise de bourses d’études aux étudiants juifs et la lutte contre l’antisémitisme.
Au début du XXe siècle, B’nai B’rith lance trois des organisations juives majeures toujours en activité aujourd’hui : La Ligue anti-diffamation (Anti-Defamation League, ADL), Hillel International et BBYO, toutes trois surtout actives sur le continent nord-américain et ayant développé avec le temps un certain degré d’autonomie.
Le B’nai B’rith agit aussi en tant qu’organisation non gouvernementale et intervient à l’ONU, à l’Unesco, au Mercosur et au Conseil de l’Europe. L’organisation est exclusivement réservée aux israélites et comprend plus de 500 000 frères et sœurs dans une cinquantaine de pays.
Elle fut aussi fondée en réaction à l’exclusion des juifs dans les loges maçonniques allemandes de l’époque.
Actions
En plus de ses activités caritatives, le B’nai B’rith soutient la politique et la pérennité de l’État d’Israël et le mouvement sioniste.
BBYO, anciennement connu comme B’nai B’rith Youth Organization, est un mouvement juif pour des étudiants et adolescents. En 2002, le mouvement s’est séparé de l’organisation des B’nai B’rith7, et le groupe s’est appelé BBYO.
Le B’nai B’rith a activement apporté de l’aide aux victimes de l’ouragan Mitch, des tremblements de terre en Turquie, au Salvador et en Inde, à la population civile au Kosovo et en Asie à la suite du tsunami. Il travaille aussi sur de nombreux projets caritatifs concernant des hôpitaux pour enfants là où son aide est acceptée.
Chaque fin d’année, la loge Ben Gourion organise le Salon des Ecrivains où des auteurs viennent dédicacer leurs ouvrages à la mairie du 16e arrondissement de Paris.
Venez découvrir jusqu’au 3 avril les Journées Européennes des Métiers d’Art (JEMA) qui mettrons en lumière toute la richesse et la diversité des artisans créateurs du territoire. A la clé, des visites d’ateliers, des démonstrations de savoir-faire, des initiations…
Le musée du Compagnonnage vous propose une visite découverte « 10chefs-d’œuvre », les 2 et 3 avril, à 14h30.
À l’occasion des JEMA, les visiteurs, exceptionnellement accompagnés d’une médiatrice, sont invités à découvrir 10 chefs-d’œuvre choisis dans le parcours permanent du musée du Compagnonnage (serrurerie, couverture, cordonnerie, tonnellerie, pâtisserie…).
Ces œuvres, anciennes ou récentes, emblématiques du musée pour certaines, peu connues pour d’autres, ont été sélectionnées pour leur histoire très particulière, leur aspect technique ou esthétique, leur originalité…
Après cette visite, les chefs-d’œuvre des compagnons n’auront plus de secrets !
Durée : environ 1h30
Compagnon en métal réalisé par Jean Bourreau
Nombre de places limité à 15 personnes : réservations obligatoires au 02 47 21 62 20
Visite libre des collections permanentes le 2 et 3 avril de 9h à 12h30 et de 14h à 18h.
Port du masque conseillé. Conditions de visites en fonction du protocole sanitaire en vigueur à cette période.