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L’illusion des lumières

Nous parlons souvent de la période des Lumières en maçonnerie.

Les philosophes de cette époque se sont lourdement trompés (certes un philosophe n’est pas devin !) en pensant que le progrès matériel apporterait le progrès moral.

Depuis les Lumières, il y a eu des grandes inventions et innovations (santé, transports, confort, informatique) et…. une suite épouvantable de génocides (des arméniens, juifs,  tutsis, entre autres)

Entre 1939 et 1945, avec les horreurs du nazisme dont les déportations, ont surgi l’exode, l’Occupation, les bombardements, les privations, Oradour sur Glane…

Aujourd’hui – coup de tonnerre dans un ciel serein – les abominations recommencent :   en 2022, les populations fuient en voiture, alors qu’elles fuyaient à pied en 1940 (le progrès matériel !)  

Les civils sont abattus dans les rues en Ukraine. 

Aucun changement : Il n’est pas de dictateur qui ne trouve immédiatement « à sa botte »  des complices, une armée, un peuple soumis!

L’Homme n’est pas un être « fini ». Son cerveau est inachevé ! 

La toiture du Temple est encore à poser!

Restons groupés, pensons et agissons ensemble, à notre mesure. 

« Tu veux un monde meilleur, plus fraternel ?

Eh bien, commence à le faire :

fais-le en toi et autour de toi, fais-le avec ceux qui le veulent.

Fais-le en petit et il grandira. »

(Citation de Carl G. Jung – attribuée également à Lanza del Vasto)

Robert Mouriez, nouveau Grand Maître de la GLIF

Le 2 avril 2022 s’est déroulé le Convent de la Grande Loge Indépendante de France (glif.fr) au Temple de Neuilly/Bineau à Paris. À cette occasion, les Membres de la GLIF ont élu leur nouveau Grand-Maître Robert Mouriez, succédant ainsi à Jean-Marie FAUGERE.

Une centaine de Frères étaient présents, dont les visites des dignitaires des obédiences tel que La Grande Loge des Maçons Libres, La Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, Le Grand Prieuré des Gaules ou encore La Saint-Arche Royale de Jérusalem.

Le Grand-Maître à profité de cette occasion pour mettre en avant ses principes intangibles de notre obédience que sont le respect scrupuleux des critères exigés par la Franc-maçonnerie internationale pour être reconnus comme membre de la chaîne maçonnique universelle : croyance en Dieu, sans exigence de dénomination, Loges exclusivement masculines, interdiction de discussions politiques ou religieuses, présence en Loge ouverte des symboles du Métier de Maçon, comme lien avec les confréries du moyen-âge et un cadre maçonnique qui rassemble les conditions indispensables d’une société initiatique régulière.

Ces valeurs sont le respect mutuel entre ses membres, la séparation du matériel (gestion des ressources) et du spirituel (transmission de la Tradition symbolique des cérémonies et rituels des bâtisseurs), l’authenticité des pratiques, us et coutumes dans ses Loges, la pratique rigoureuse des rituels comme le moyen traditionnel dans la Franc-maçonnerie universelle de réalisation spirituelle individuelle, sur le mode d’un chantier collectif et le rejet de toute sollicitation à caractère « business », « fraternelles », réseau ou sectaire. www.glif.fr

La GLFF ouvre une nouvelle Loge en Croatie

Le samedi 2 avril dernier, à ZAGREB, Catherine LYAUTEY, la Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, entourée d’une délégation du Conseil Fédéral a incorporé la première Loge Féminine de Croatie : UZORITA !

Site officiel de la GLFF

À paraître « Les Trésors de la Kabbale-Une initiation en quatre soirées à une tradition mystique universelle »

Marc Halévy, membre de la Grande Loge Régulière de Belgique

Marc Halévy est un physicien et philosophe français né à Bruxelles, spécialisé dans les sciences de la complexité. Il a également publié de nombreux ouvrages sur la Kabbale dont il est spécialiste, la spiritualité, l’alchimie et l’hermétisme, l’éloge du romantisme et l’éloge des esprits libres (de Lao Tseu à Nietzsche), ainsi que sur le Grand Architecte de l’Univers, des lectures sur la Tao, le sens du divin, la pensée hébraïque, la philosophie maçonnique

Marc Welinski, romancier et homme de média

Il a coécrit avec Marc Welinski, normalien et MBA de l’INSEAD, mais aussi, pendant plus de trente ans, dirigeant dans les médias, romancier – « Comment bien vivre la fin de ce monde » (Guy Trédaniel éditeur, 2021), mais aussi animateur chaque dimanche à 13 h de l’émission Pilpoul sur la radio « RCJ – À l’écoute de votre vie » https://radiorcj.info/

Bien que destinée à un très large public en quête de spiritualité, cette publication Dervy, qui ne manquera pas de retenir toute notre meilleure attention, est une approche résolument moderne intégrant une réflexion sur le monde et la science contemporaine, ainsi qu’une lecture nouvelle et inattendue de la Bible.

Sortie prévue au 1er septembre 2022, au prix provisoire de 20 €.

La présentation de l’éditeur :

La Kabbale constitue une réflexion mystique bimillénaire. Issue de la tradition juive, elle est devenue au fil des temps une pièce essentielle de la spiritualité européenne et universelle. De plus, elle a été considérablement remise à l’ordre du jour à la faveur des découvertes de la physique contemporaine.

Alors pourquoi tant de scientifiques, de philosophes, s’intéressent-ils à la Kabbale ? Quelles vérités éternelles renferme-t-elle ?

Ce livre propose aux néophytes de pénétrer en quatre soirées de lecture dans cet univers incroyablement riche et fascinant. Nul besoin de connaissances préalables. Laissez-vous guider par l’alternance des questions et des réponses qui donne à l’ouvrage un tour vif, pédagogique, plein d’humour, et découvrez les trésors de la Kabbale.

Musée de la franc-maçonnerie : « Initiations Égyptiennes-De Cagliostro à Memphis-Misraïm » jouent les prolongations !

PROLONGATION EXCEPTIONNELLE

Informations : www.museefm.org

POUR PERMETTRE À UN PLUS GRAND NOMBRE DE VOIR UNE EXPOSITION COMPOSÉE DE PIECES RARISSIMES

Le musée de la franc- maçonnerie a décidé de prolonger jusqu’au 18 septembre 2022 l’exposition intitulée Initiations Égyptiennes. De Cagliostro à Memphis-Misraïm.

Depuis la Renaissance, l’Égypte antique est considérée en Europe comme le berceau de « l’initiation ». Elle suscite, chez les érudits comme dans le public, rêves et spéculations sur la nature des cérémonies égyptiennes. Cette exposition rappelle la force de l’imaginaire égyptien en France et retrace les grandes heures de ces deux siècles et demi de « franc-maçonnerie égyptienne ». Le visiteur pourra découvrir des pièces rarissimes et lever un voile sur cette « quête de l’initiation égyptienne » – véritable égyptophilie spirituelle – qui s’est développée en marge de la très scientifique « Description de l’Égypte » et des découvertes de Champollion.

TARIFS

Entrée : 7 €/Tarif réduit (sur justificatif) : 5 €
Seniors (plus de 60 ans), étudiants (moins de 26 ans), adhérents des associations Léon Bourgeois et/ou des amis du musée, personnels du ministère de la Culture et du ministère de l’Éducation nationale.

Gratuité (sur justificatif)
 : moins de 18 ans, demandeurs d’emploi, journalistes, guides-conférenciers, ICOM, visiteurs handicapés.

Possibilité de régler votre visite (libre ou guidée) par chèque vacances. Le billet d’entrée donne l’accès aux collections permanentes et expositions temporaires.

HORAIRES

Le musée est ouvert :
– du mardi au vendredi : 10h00-12h30 / 14h00-18h00 ;
– le samedi : 10h00-13h00 / 14h00-19h00
;
– le dimanche 10h00-12h30 / 14h00-18h00.

Fermeture les lundis et jours fériés.

Consultez l’actualité du musée pour les fermetures exceptionnelles.

ACCÈS / CONTACTS

Musée de la franc-maçonnerie
Siège du Grand Orient de France
16 rue Cadet – 75009 Paris
Tél : 01.45.23.74.09
Métros : Cadet (ligne 7) ou Grands Boulevards (lignes 8, 9)
Station Vélib’ : Cadet (24-26 rue Cadet)

Retrouvez l’article « Les mystères de l’initiation égyptienne au musée de la franc-maçonnerie » de notre Frère Yonnel du 9 septembre 2021 https://bit.ly/3sUFqFU

 Contactez-nous par mail, à l’adresse suivante : evenementmuseefm@godf.org

Nom de Dieu !

Comment les traditions religieuses nous ont apporté ce nom bizarre de Dieu et comment le comprendre ?

Devant l’échec d’une théologie rationnelle, on tente d’expliquer que cet échec n’a aucune importance puisque Dieu serait, par essence, incompréhensible pour l’homme. Qu’est-ce que Dieu, après tout, «ce grand mot ténébreux, tout gonflé de clarté» disait Victor Hugo ? Ce qui importe c’est qu’il pourrait être connu directement, sans recours à la raison. On croit en Dieu plus qu’on ne le prouve. À vrai dire, on ne le démontre pas, on l’expérimente, on le vit  parce que de définitions, il en existe autant que de civilisations, de philosophies et de religions. Comme l’écrit Régis Debray : «Devant cet absolu, définitivement indéfinissable, viendront défiler, tel des prismes ou des verres colorés, différents milieux de réception, formes de sociabilité et modes d’adhésion.» L’idée d’un être suprême est commune à toutes les religions, même si elles ont dévié vers le polythéisme ou le culte des idoles. Le Para-Brahma des Hindous, l’Intelligence éternelle des Bouddhistes, le Zeruane Akerene des anciens Perses, le Principe suprême flottant à la surface des eaux obscures de la mythologie des anciens Scandinave, le Belus des Chaldéens, le Ulomos – ou El Om Os – Dieu éternel, doué de raison et conscient des Phéniciens, le Kneph des Egyptiens, le Virococha des Mexicains, sont tous identiques et représentent le Dieu des Juifs, des Chrétiens ou des Musulmans.

Les conceptions de Dieu ont évolué dans l’histoire.

Le dieu domestique de la tribu devient celui de la cité puis celui du peuple (comme le dieu des tribus des hébreux, polymorphe au début, comme on le trouve dans les sanctuaires à Samarie,  Béthel, Dan (à partir du 8ème siècle avant notre ère), Sichem, Silo ou en Transjordanie sous des noms différents. En Juda, YHVH, qui a d’abord été vénéré à côté du dieu El et d’un dieu solaire, a sans doute repris les traits et les fonctions du dieu solaire avec lequel il cohabitait d’abord a Jérusalem.

La multiplicité des dieux tend à se réduire par syncrétisme : on assimile les divinités d’après leurs analogies, on en réduit le nombre et ceux qui subsistent perdent leur spécialisation. En même temps, sur le modèle de l’empire égyptien, le panthéon s’organise hiérarchiquement.

– Conçus d’abord à l’image de l’homme, avec un corps, des besoins physiques et des passions, les dieux tendent à se spiritualiser : leur légende terrestre s’interprète peu à peu en symbole. Il est très difficile de passer du polythéisme au monothéisme. Comme Platon, comme Aristote, comme toute l’antiquité classique, Plotin appelle Dieux toutes les grandes individualités cosmiques, le Monde d’abord, ensuite la Terre, puis tous les autres astres considérés comme des êtres doués d’âme et d’intelligence. Mais au-dessus de tous ces dieux règne le Dieu par excellence, le Bien absolu, principe de tout ce qu’il y a de divin, source de la divinité des autres dieux. Seuls les philosophes, alors, reconnaissent la nécessité d’un dieu unique, le peuple a besoin de dévotions variées.

– La doctrine hermétiste propose en son premier principe d’enseignement ce qu’est l’unité. On en trouve la preuve et l’énoncé dans la Table d’Émeraude : «Toutes les choses sont et proviennent d’Un, par la médiation d’Un. Toutes les choses sont nées de cette chose unique… Son symbole est le cercle un qui s’achève en soi-même». Le serpent qui se mord la queue (l’ourobouros), exprime l’univers à «Un le Tout». Dieu est le Maître unique sans second, sans espace, sans temps, sans mouvement qui ne peut être appréhendé uniquement que par la dualité.

– Les philosophes l’ont défini comme l’être absolu, nécessaire, incausé, simple, infini, immuable, unique.

Avec la civilisation, les dieux perdent de leur cruauté initiale, ils cessent d’exiger des sacrifices sanglants.

Les innombrables dieux anthropomorphes de l’Antiquité, les bons et mauvais dieux Ahoura-mazda et Ahriman des Perses, le Dieu-Maître des Chaldéens, le tout puissant Élohim ou l’ombrageux Yaweh de la Genèse, le Dieu-Espérance des Esséniens, le Dieu-Sauveur des Marcionites, le Christ comptable de Luc, Mathieu et Jacques, le Dieu-Amour de Jean, le Dieu législateur et guerrier de l’Islam, l’être suprême du XVIIIe, montrent comment Dieu se modèle sur les aspirations et les intérêts des civilisations et des époques.

Consulter L’idée de Dieu d’après l’anthropologie et l’Histoire, par Goblet d’Alvillia, 1892 qui conclut : « Quand, après avoir dépouillé la Divinité de ses superfétations originaires et de ses accrétions parasites, après lui avoir enlevé, comme autant de vêtements d’emprunt, ses attributs anthropomorphiques et ses limitations morales, après, enfin,avoir ramené sa nature à l’unité et son action à l’harmonie, nous nous trouvons en présence du voile impénétrable qui nous la dérobera toujours dans son essence. »

Pour le néo-platonisme, Dieu contient toutes choses, et il n’y a rien qui ne soit en Dieu, et rien qui ne soit pas Dieu.

Le Livre des XXIV philosophes (Liber XXIV philosophorum) est probablement «l’un des textes les plus mystérieux et les plus hermétiques, mais aussi les plus importants de toute l’histoire de la philosophie médiévale et même de l’histoire de la philosophie tout court.» C’est un écrit anonyme dont la date de rédaction est incertaine, constitué d’une série de 24 définitions de Dieu, suivies chacune d’un bref commentaire et présentées comme les interprétations de 24 philosophes réunis pour débattre de la question. On attribue aussi parfois le texte à Hermès Trismégiste.

Dieu est l’unique, engendrant au dehors de lui-même l’unité, renvoyant sur lui-même un seul éclat de feu; Dieu est une sphère sans limite, dont le centre est partout et la circonférence nulle part; Dieu est tout entier en n’importe quel point de lui-même; Dieu est l’esprit qui engendre la raison et garde continuité avec elle; Dieu est ce dont rien de meilleur ne se peut concevoir; Dieu est celui en comparaison de qui la substance est accident et l’accident n’est rien; Dieu est le premier sans primauté, la procession sans modification et la fin sans fin; Dieu est l’amour qui plus on le possède, plus il se cache; Dieu est, pour lui seul, le présent de tout ce qui appartient au temps; Dieu est celui dont le pouvoir n’est pas nombré, dont l’être n’est pas fermé, dont la bonté n’est pas bornée; Dieu est au-dessus de l’étant, nécessaire, seul, à lui-même en abondance, en suffisance; Dieu est celui dont la volonté est égale tant à la puissance qu’à la sagesse divine; Dieu est en soi perpétuité agissante, sans discontinuité ni disposition acquise; Dieu est les opposés être et non-être en tant que médiation de ce qui est; Dieu est la vie dont la voie vers la forme est l’unité, et vers l’unité la bonté; Dieu est ce que le propre du langage ne signifie pas à cause de son excellence, comme les esprits ne le saisissent pas à cause de sa dissemblance; Dieu est intellect de lui-même, sans recevoir le propre du prédicat; Dieu est une sphère qui a autant de circonférences que de points; Dieu est immobile et meut toujours; Dieu est le seul qui vit de la pensée de lui-même; Dieu est ténèbre dans l’âme, celle qui reste après toute lumière; Dieu est celui de qui est tout ce qui est, sans division ; grâce à qui cela est, sans modification ; en qui est ce qui est, sans composition; Dieu est celui que l’esprit apprend à connaître de sa seule ignorance (André G. Crabbe, Connaissance de la Déité: De Maître Eckhart à Raymond Abellio, édilivre, p.73).

Bernard de Clairvaux, l’éminence occulte du mouvement templier, aurait dit que Dieu était une question de dimension, de hauteur, de longueur et de profondeur. Cette idée n’est pas sans rappeler les dimensions de l’Arche de Noé dans lesquels s’entendent les lettres du tétragramme YHVH, et les dimensions de la loge maçonnique. Le traité tripartite, compilation attribuée à l’école Valentinienne établie à Rome aux alentours de 150, évoquait déjà ce thème de la dimension mais d’une manière apophatique : il est impossible à aucun intellect de le comprendre, et aucune parole ne le saurait exprimer, ni aucun œil ne le pourrait voir, ni aucun corps ne le pourrait saisir à cause de sa grandeur insondable et de sa profondeur inaccessible et de sa hauteur incommensurable et de son étendue qu’on ne saurait contenir.

Si pour Spinoza  Dieu est partout (sa définition de Dieu, condamnée depuis son excommunication de la communauté juive comme un «Dieu n’existant qu’au sens philosophique» vise à interdire toute anthropomorphisation de l’être divin. Dans le scolie à la Proposition XV, il écrit contre ceux «qui forgent un Dieu composé comme un homme d’un corps et d’une âme et soumis aux passions ; combien ceux-là sont éloignés de la vraie connaissance de Dieu, les démonstrations précédentes suffisent à l’établir». Une telle conception anthropomorphique de Dieu n’est pas seulement fausse ; en fait elle ne peut avoir que des effets délétères sur l’activité et la liberté de l’homme).

Pour la kabbale Dieu est dans le langage.

Parce qu’inconnaissable, on ne dit jamais le nom de Dieu dans la religion juive, des mots de remplacement en tiennent lieu : le Tout Puissant, Adonaï, l’Éternel, le Saint Béni-soit-Il… Cependant, les traducteurs de la Bible confondent et réduisent Élohim, El Shaddaï, Adonaï et IHVH au vocable Dieu, Tout-Puissant, Seigneur, éternel, (Pour une analyse étymologique et lexicographique de ces noms : Élohim, une autre lecture de la Bible de Roger Vigneron). Voir l’article de 450.fm du 29 mars 2022 qui évoque plus particulièrement le tétragramme : La parole qui ne peut être prononcée, le tétragramme.

Ainsi Marc Halévy se pose la question où chercher Dieu ? En Chine traditionnelle et taoïste, il est dit que le monde a trois dimensions : le Ciel, le Terre et l’Homme au milieu. Il y a donc trois lieux où chercher Dieu. Dans le Ciel, l’au-delà du monde, l’hors du monde : c’est la voie des Christianismes, des Islams, des Bouddhismes (hors le Zen qui est bien plus Taoïste, par Chan interposé, que Bouddhiste), du Judaïsme rabbinique, du Platonisme, des Idéalismes. Dans l’Homme : c’est la voie des Humanismes, des Matérialismes, du Stoïcisme, de l’Épicurisme, des Philosophies des Lumières, de la Franc-maçonnerie. Dans la Terre, l’en-deçà du monde, le dessous du monde: c’est la voie de l’immanence, celle de la Kabbale, du Taoïsme, de l’Hindouisme, de l’Alchimie, des présocratiques, des Mystères d’Éleusis, du Dionysisme, des Chamanismes, des Animismes, de Teilhard de Chardin, de Nietzsche, de Bergson, des Mystiques monistes. Il ne faut donc pas chercher à s’élever, mais à creuser : Dieu est sous le monde. On pourrait parler de ce dieu dionysiaque comme d’un dieu chtonien, caché au plus profond du réel, «sous nos pieds» (p.81 de son Journal spirituel et philosophique). Et il y a l’athéisme qui se passe de toute notion de transcendance ou d’immanence divines.

Dieu ne serait que l’intériorité face à elle-même comme dans un miroir ; l’Homme fit Dieu à son image, un monothéisme sans dieu (François Rachline, Comment dire Dieu ? ). Le Dieu intérieur, silencieux, serait le Soi supérieur ; la communion complète avec l’immédiateté de la relation au Tout.

«Remarquons bien que le mot Dieu, en latin comme en français, a pour initiale le delta grec ou le triangle. Tel est le motif, chez les Ancients et Moderns, de la consécration du triangle dont les côtés figurent les trois règnes ou la nature, ou Dieu» (Jean-Marie Ragon).

L’architecturation «maçonnique» du divin, doublée de son anthropomorphisation, nous fait dire que le divin est un «espace construit» et «réservé» de la conscience de l’homme, évoluant dans le sacré et qu’à ce titre le  maçon en serait l’inventeur, l’auteur, le bâtisseur et le gardien (notamment dans les Hauts Grades). C’est ce qu’on appelle une spiritualité construite et non pas dans une spiritualité révélée! La seule chose qui est initiatiquement révélée au maître, c’est la vision directement liée au niveau supérieur de langage ou à la conscience qu’on appelle aussi la lumière. C’est ainsi que, pour le franc-maçon adepte d’une orthopraxie et non d’une orthodoxie, le divin qui ordonne le chaos est synonyme de conscience éclairée qui organise la pensée et les actes. En effet, le mot Dieu contient en lui-même un début de réponse : Deus  ou  Diès veut dire «le jour» ; le mot  Thèos  possède une notion, celle de voir (théoria voulant dire contemplation). L’amphibologie permet de sortir de l’anthropomorphisation ; la transcendance du sens permet la transcendance existentielle. Les francs-maçons se tournent vers la Lumière, ils y déploient leur conscience et leur liberté.

Dieu semble avoir reculé en même temps que la science expliquait le monde. Il reste encore dans tout ce qui n’est pas explicable et inaccessible. Certains hommes croient en un dieu, d’autres en plusieurs, d’autres se tiennent pour agnostiques et refusent de se prononcer, d’autres se déclarent athées. Chacun doit être libre de son choix même si ce n’est qu’un «pari ridicule». Tous ont à vivre ensemble et cette vie commune, depuis la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, doit assurer à tous à la fois la liberté de conscience et l’égalité des droits.

Propos de Newton

Baruch Spinoza, le philosophe de la joie

Les francs-maçons doivent avoir l’humilité de penser que l’idéal de justice et de vérité  existait, notamment avec la philosophie, au moins  2500 ans avant les rites maçonniques : de la sorte ces derniers en sont l’un des relais –  précieux agents transmetteurs certes – mais pas les tenants de quelque « Tradition primordiale », ou vérité « non humaine »  transmise oralement d’origine édénique, comme l’avancent les « ritolatres » fébriles.  Le mythe enrichit, l’affabulation peut discréditer !

Pour sa part, Baruch Spinoza (Amsterdam 1632- La Haye 1677) le penseur rebelle, disciple de Galilée et de Descartes, adhère à cette revendication philosophique première des Grecs anciens mais « s’arrache » littéralement de toute transcendance. Et  de la représentation anthropomorphique correspondante d’un Dieu créateur de l’univers, doué d’intention et vénéré. Selon lui – sa vérité bien humaine ! – le Cosmos (l’ordre universel) – qu’il nomme  la Nature, existe de toute éternité. Elle comprend tout ce qui est, donc, par définition, l’univers précité et toutes les espèces sur terre.  Elle n’a besoin que d’elle-même pour être. Ce qui lui fait dire : « Par cause de soi, j’entends ce dont l’essence enveloppe l’existence, autrement dit ce dont la nature ne peut être conçue autrement que comme existante » (Ethique. 1).

Cette « philosophie englobante » qui présente une création sans créateur et pensée comme « Substance » (ou Etendue) est perçue comme un rationalisme, violemment combattu par les éducateurs religieux de Spinoza ! Ses propos sont même jugés blasphématoires. Ce fils de commerçants portugais d’origine juive est excommunié  en 1656 par la synagogue d’Amsterdam et il va se fixer à La Haye. Parallèlement aux études (langues européennes)  et réflexions (spirituelles) qu’il poursuit,  il y apprend la physique et devient expert en optique et  polissage de verres de lunettes, microscopes et télescopes. On ne peut éviter de songer ici, par métaphore, que Spinoza l’intellectuel,  aide doublement ses contemporains à leur procurer une meilleure vision du monde ! Et la liberté de penser, en aiguisant en même temps leur esprit !

Il ne rejette pas les croyances religieuses : elles relèvent selon lui  de la conscience individuelle. Une position qui fait de Spinoza l’un des pionniers de la laïcité au 17ème siècle ! Son concept philosophique, acquis par un travail solitaire – mais néanmoins attentif au développement des diverses sciences comme aux problèmes politiques et cultuels – est centré sur la raison. Au bien et au mal, sa morale préfère ce qui est bon et mauvais pour l’Homme. Celui-ci – partie de la nature, à l’image du système solaire régi par des lois –  obéit   aux lois de causalité qui commandent le vivant. Cette forme de déterminisme (qui n’est pas un fatalisme superstitieux) est la doctrine même de Spinoza : elle l’éloigne définitivement de Descartes. Tout part d’une cause et c’est leur « engrenage » qui produit les faits – et non le hasard –  mais il est néanmoins persuadé que l’homme bénéficie de « marges de manœuvre ». Il peut ainsi agir sur ses deux grandes passions : la joie qui augmente sa puissance d’être et la tristesse, à même de la diminuer. Les attaques que lui valent son « panthéisme » supposé dans son Traité théologico-politique, l’engage à ne plus publier. Son Maître-livre, l’Ethique – véritable traité de sagesse et guide de la métamorphose de soi – écrit sur quinze années –   ne sera édité qu’après sa mort.

« Ne vous moquez pas, ne vous lamentez pas, ne détestez pas, mais comprenez » : c’est le conseil qui sera retrouvé dans plusieurs de ses œuvres. Ignorer, c’est faire place au « mauvais ». Connaître, c’est le combattre et aller vers le « bon ». L’humble observation de soi conduit à des explications logiques sur nos comportements.  Nous retrouvons ici, à la fois,  le « Connais-toi, toi-même » socratien et les défauts des trois mauvais Compagnons de la légende d’Hiram ! Au temps de Baruch Spinoza, en ce XVIIème siècle ou « tradition » signifie précisément conformisme, obscurantisme, fanatisme, tous ces « ismes » « emprisonnants » et sombres, ce philosophe « libérateur »  annonce ni plus ni moins,  les « Lumières », avec cinquante ans d’avance sur Emmanuel Kant !  Vision optimiste et progressiste du monde, confiance en la culture et la morale, sortie des préjugés religieux, substitution de la nature à Dieu, déculpabilisation de l’Homme, tolérance,  entre autres : tel est bien le courant philosophique qui traversera l’Europe au XVIIIème siècle. Telle est bien la philosophie de Spinoza. Elle contient aussi, à y bien regarder, les germes de la franc-maçonnerie spéculative !

On ne peut évoquer la pensée de ce philosophe de génie – ainsi considéré par Nietzsche et Einstein – sans évoquer le conatus (mot latin signifiant l’effort, l’élan vers) qui est pour lui l’essence même de l’homme. Il le traduit  par la volonté, l’appétit, la motivation, pour le dire avec un mot d’aujourd’hui. Ce « vouloir vivre » qui nous fait « persévérer dans notre être », selon son expression même. Et qui conduit chacun, vers ce qui le valorise, l’amplifie, le fait grandir : en premier lieu la liberté ! Spinoza le dit bien avant la sociologie et la psychanalyse :   l’Homme, par sa nature même,  est un être de désirs qui recherche l’agréable autant que l’utile. Dès lors, toute « soif » – saine, escortée de raison  et orientée vers le « bon » précité – majore notre puissance vitale et nous procure ainsi une JOIE profonde et active. A nous de l’exprimer !

GLDF : TOLKIEN à Saint-Brieuc (22)

L’ancien Grand Maitre de la GLDF, Alain-Noël DUBART, sera le samedi 23 Avril 2022 à 18h00, à Saint-Brieuc pour une conférence sur :

Tolkien et les Francs-maçons : Le Seigneur des anneaux – Voyage en chambre du milieu

L’œuvre de Tolkien est multiforme et fascine par l’élaboration complète et détaillée des univers qu’il a créés. Ceux-ci ont toutes les apparences de la réalité, parcours initiatiques, épreuves permanentes des acteurs et symbolisme spécifique mais qu’en est-il de leurs liens avec la Franc-maçonnerie ?

C’est un sujet que l’Ancien Grand Maître connait bien étant déjà intervenu en 2020 sur ce thème lors d’une conférence au siège de la GLDF à Paris en compagnie de Jean-Rodolphe TURLIN, membre de l’association « Tolkiendil », spécialiste de Tolkien https://www.tolkiendil.com/bienvenue.

Si vous n’êtes pas en mesure de vous rendre à Saint-Brieuc vous trouverez ci dessous le lien pour revoir cette conférence de 2020.

Pour ceux qui souhaitent assister à cette conférence, elle aura lieu à l’Amphithéâtre du Centre Hospitalier Yves Le Foll – 10, rue Marcel Proust – 22000 SAINT-BRIEUC.

L’inscription est obligatoire sur le lien ci dessous.

Le secret murmuré de Dieu-La voie de la Kabbale

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L’ouvrage

La Kabbale juive a tant fait couler d’encre qu’elle en devient parfois une « cabale ».

Pourtant la tradition mystique juive interroge les textes bibliques depuis au moins 4 siècle avant l’ère vulgaire. Sans concession, sans superstition, sans dogmatisme et sans « bondieuserie ». La Bible hébraïque a été compilée entre le sixième et le troisième siècle avant cela. Elle n’aurait jamais été dictée par Dieu à Moïse sauf à voir en Dieu le symbole du cosmique et dans Moïse le symbole de l’humain. Et la KABBALE, ce secret murmuré par Dieu à notre intuition nous indique un chemin, un sens , une valeur… Parce que la Kabbale pose des questions sans jamais se laisser piéger par des réponses elle devient un outil de méditation pour tout cherchant en Franc-Maçonnerie.

L’auteur

Marc Halévy est physicien, philosophe, conférencier, expert et auteur sur les thèmes de la complexité et la prospective. La spiritualité comme le numérique le passionnent.

Diplômé de l’Ecole Polytechnique de Bruxelles il est également titulaire d’un MBA et de deux parcours doctoraux : l’un en physique théorique et l’autre en philosophie des spiritualités. Il a débuté sa carrière comme élève de d’Ilya Prigogine, physicien d’exception qui a obtenu le prix Nobel en 1977. Actuellement cet auteur est considéré comme un expert sur les notions de complexité systémique, noétique et spiritualité. Ses ouvrages éclairent l’évolution de notre monde actuel et tentent de prévoir les enjeux futurs afin de mieux les anticiper.

Questions, France, Europe à…

Mardi 19 avril, 18H30 Pile ! Questions de France et d’Europe. Décidé en novembre, la période tragique rend le sujet d’actualité :

Unité européenne et questions stratégiques.

Ne tardez pas à vous inscrire !


L’unité malgré les différences entre chaque pays. Questions stratégiques en économie, culture et…défense. Notre ami Jean-Marc Israel vous exposera son point de vue afin d’engager le débat et d’envisager des actions.
Ci-dessous l’invitation.
Nous espérons avoir la joie de vous accueillir en notre nouvel et bel endroit, le Masha.

18 H 30 PILE !

MARDI 19 AVRIL 2022 

Jean-Marc ISRAEL

Unité européenne, questions stratégiques

Jean-Marc ISRAEL a occupé des postes de responsabilité d’abord à la Banque de France puis à la Banque Centrale Européenne,BCE, particulièrement dans les domaines de la statistique et des données. Auteur d’articles remarqués, il possède une connaissance réelle de la réalité européenne.

Il est membre de l’Association Européenne de Pensée Libre (AEPL) et préside le Collectif Défendons l’Europe, lequel prône depuis 2018 l’émergence d’une véritable défense européenne.

Au moment où l’Europe subit le drame de la guerre, les questions d’unité et de défense revêtent un caractère encore plus important.   Celle de la relation à l’OTAN n’en est pas la moindre avec les questions stratégiques de l’économie et de l’industrie.

À l’aune de nos engagements humanistes que nous partageons, comment réfléchir sans trop céder à l’émotion et à la passion pour aboutir à des solutions acceptables ? 

Notre ami Jean-Marc nous propose un point de vue et ouvre le débat.

Avant le samedi 16 avril, inscrivez-vous par un clic droit sur ce lien:

https://my.weezevent.com/18h30-pile-jm-israel

ou virement : FR04 3000 2004 5700 0008 1974 Z64 

Nous vous accueillerons au MASHA, 85 avenue Kléber, Paris 16, près du Trocadéro.

Un bel endroit. Sonorisation. Salon réservé FM&S.

Ø Inscription obligatoire – Forfait Apéritif/Dîner ou Apéritif seul.

Ø Boisson et amuses-bouches pour l’apéritif-discussion

Ø DÎNER avec Jean-Marc ISRAEL

Produits naturels, frais et de qualité. « Cuisine bistronomique ».

Menu : Salade, plat principal, dessert, vins, eaux, café

Ø Aucune annulation se sera acceptée après le samedi 16 avril midi.

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