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ITALIE : Il y a un temps pour semer et un temps pour récolter

De notre confrère italien www.expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour déraciner les plantes.
La Sainte Bible Ancien Testament – Ecclésiaste, 3, 1-15

Cette citation faisait partie de mon éducation latomiste ainsi que celle de la plupart de ceux qui lisent ces lignes, au-delà de l’Obédience d’origine, étant un pilier du bon sens maçonnique qui nous a élevés. En elle se concentre un condensé de sagesse qui ne craint pas le passage du temps et les changements culturels, le vieillissement ou les nouvelles modes qui pourraient l’affecter. Du moins pas avant aujourd’hui.

En fait, dans cette citation biblique, un autre concept est sous-entendu, qu’entre la semence et la récolte, le temps nécessaire doit s’écouler pour compléter un chemin de croissance, de maturation, qui permet ensuite à l’homme de jouir des fruits de son travail.

Appliqué à la franc-maçonnerie, laissant ainsi son intention métaphorique d’origine, ce lien entre le temps, le processus de maturation, de croissance et de récolte, est ce qui se passe lorsque vous décidez de « frapper » à la porte du Temple.

Prendre le chemin initiatique, c’est se consacrer à une période de changements et de nouvelles opportunités, ainsi qu’aux graines qui donnent de nouvelles plantes.

Le jeune franc-maçon représente la graine à partir de laquelle, avec persévérance, ténacité et passion, une nouvelle plante va bientôt fleurir.

Plusieurs fois dans son parcours, même un « vieux » Frère ressentira le besoin de fertiliser son sol, de cultiver de nouvelles graines.

Je leur conseille de sortir leurs outils rituels : la lune des semailles ou semence prédit le nouveau départ. Aux jeunes, l’invitation à ne pas veiller à ce que la graine plantée manque d’eau, d’engrais, de lumière. Toutes les nouvelles entreprises, toutes les nouvelles œuvres qui naissent et qui renaissent seront plus fortes que les précédentes.

Le plus beau travail rituel que nous puissions faire est le renouveau, car « semer » quelque chose qui peut s’épanouir et se revigorer dans l’avenir est aussi stimulant que pour le vieux franc-maçon, « et pour les jeunes. En parlant de jeunesse ou de vieillesse, je fais évidemment référence à la durée du séjour dans l’institution, certainement pas à l’âge.

L’importance réside dans la manière dont nous décidons de commencer ces semailles : nous commençons donc par nous libérer de tout ce qui est passé : à commencer par les relations qui ne nous font plus de bien. Débarrassez-vous des mauvais souvenirs, fermez ce qui doit l’être et accueillez ce que le voyage initiatique pourra à nouveau vous offrir !

Faisons place à la transformation dans nos vies !

Quand au fil des années on m’a demandé ce qui m’a poussé à entreprendre le chemin initiatique, je réponds ainsi : il y en a qui s’endorment sur les coulisses de la vie « éveillée » ordinaire tandis que d’autres, les francs-maçons, comme envahis par une envie qui ne peuvent pas trouver la paix, ils consacrent leur existence à la recherche et à l’expérimentation de ce qui a été dit jusqu’à présent sur eux-mêmes.

Si la loi cosmique écrite dans la Table d’émeraude d’Hermès Trimégiste est vraie :

Il est certainement vrai voire très vrai, sans fausseté que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour accomplir le miracle de l’unité reine.

Nous sommes tous des graines potentielles, tout le monde peut devenir des francs-maçons, qui se développent, grandissent et meurent. Mais il est aussi vrai que toutes les graines semées ne naissent pas alors et que tous les maçons initiés continuent leur chemin.

Qui détermine quelle semence, franc-maçon, doit naître et se développer et laquelle, en revanche, est destinée à pourrir en dormant éternellement sous la terre ?

C’est sûr que personne ne le sait !

Certes, il y a la force de la Volonté consciente qui nous accompagnera tout au long de notre cheminement.

Nous, en tant qu’hommes, sommes la nature et rien d’autre d’elle. Maintenir notre lien avec son temps, c’est revenir à nous-mêmes, renouer avec ce que nous sommes devenus.

Sinon, nous serons des plantes destinées à ne pas reproduire celles destinées à une seule floraison, celles qui ne laissent aucune sorte de mémoire.

Georges Sérignac, Grand Maître du GODF : « Nous arrivons aux limites d’une société de consommation »

De notre confère destimed.fr – Par Michel CAIRE

Le Site-mémorial du Camp des Milles vient de recevoir le Grand Orient de France. A cette occasion il a notamment été question de la démocratie au défi de l’autoritarisme, mais aussi de la laïcité au cœur de la République. Georges Sérignac, Grand Maître du Grand Orient de France revient sur l’objet de cette opération, évoque la présidentielle, s’inquiète de la crise du politique en France.

Destimed : Vous venez de passer deux jours au Camp des Milles, situé entre Marseille et Aix-en-Provence, dans quel cadre s’inscrit cette initiative ?
Georges Sérignac : Il importe d’abord de dire qu’une telle rencontre n’a rien d’exceptionnel. Tous les week-ends, à l’invitation de loges, je vais à la rencontre de nos concitoyens. Ma venue aux Milles résulte d’une initiative des Loges de la région, lancée voilà de longs mois. Nous ne savions pas alors que nous serions à une semaine du premier tour de la présidentielle. C’est un télescopage car, pour notre part, nous travaillons sur le temps long. Mais force est de constater que cet échange est arrivé à un moment étrange de la campagne.

Avant d’évoquer ce point venons-en à la question de la laïcité qui a été l’un des thèmes forts abordés lors de ces rencontres ?
En effet, c’est important de rappeler les fondamentaux alors que l’on constate que certains ont dépassé le détournement de la laïcité pour en être à la xénophobie et au rejet de l’Autre au prétexte de son origine, sa religion. il y a une banalisation du rejet de l’Autre dans notre société.

En ce qui concerne le contexte politique, quel regard portez-vous sur cette campagne ?
On a l’impression que les gens n’y croient pas. On assiste à un désintérêt de la chose publique. Et nous craignons que, quel que soit le résultat, si l’abstention est très forte le pouvoir élu ne soit affaibli. Il importe de mesurer à quel point nous sommes dans une société en tension. Et les politiques, quel que soit leur bord, n’appliquent pas ce pour quoi ils ont été élus.

Je pense que depuis le non-respect du référendum de 2005 sur le traité de Lisbonne il y a eu une perte de confiance de la population. Comme, de plus, nous voyons les inégalités s’accroître, les frustrations grandir… En fait, nous arrivons aux limites d’une société de consommation, d’accumulation des biens. Et la conjonction des fractures générationnelle, informatique, territoriale, traversent le pays, nourrissent ce désintérêt et un discours populiste à l’extrême droite, mais pas seulement. Et que dire de la promesse européenne ? Elle était formidable elle s’est transformée en bureaucratie. Et, ne nous y trompons pas, les gens sont conscients de tout.

Auriez-vous donc quelques propositions à soumettre pour le prochain mandat ?
Non. Nous ne sommes pas un parti politique. Nous travaillons sur le temps long, nous sommes un laboratoire d’idées, nous travaillons sur des sujets de société. Et quand on regarde l’Histoire je ne pense pas que cela ait eu un impact négatif. Regardez les avancées sociétale du 20e siècle, la bioéthique, les migrants, le revenu universel. Nous avançons d’une part des idées et, d’autre part, nous sommes des vigiles, des sentinelles qui rappelons les fondamentaux républicains.

Mais comment entendez-vous faire avancer votre réflexion, aussi riche soit-elle, dans la société ?
Encore une fois nous ne sommes pas un parti, un syndicat ou des activistes, mais nous avons 1 372 loges et 53 000 membres qui font, par capillarité, avancer des idées calmement, au sein de leur famille, de leur emploi, de leurs engagements… Et, pour que les choses soient tout à fait claires, il n’y aura pas de consignes de vote ou de positions partisanes. Notre ADN est la liberté de pensée, seule est interdite l’appartenance à une organisation prônant la haine, la xénophobie, le racisme.

Vous venez de passer deux jours au camp des Milles, dans quel état d’esprit êtes-vous au terme de ces rencontres ?
D’une part, comme toujours, je sors revigoré de mes rencontres, avec des gens motivés, enrichi des échanges, mais en même temps inquiet de la passivité générale. Cette dimension est encore plus prégnante lorsque l’on sort du camp des Milles qui nous montre que tout est possible… Mais nous avons confiance dans la force de la République, les valeurs de liberté, égalité et fraternité sont intégrées dans l’inconscient de nos concitoyens.

Guide & Compendium du Franc-Maçon

Bernard E. Jones – Traduction & adaptation Georges Lamoine, Gérard Icart

Cépaduès, Coll. de Midi, 2021, 400 pages, 30 €

Bernard E. Jones (1879-1965), éminent Franc-Maçon de la Grande Loge Unie d’Angleterre, était

membre de la Quatuor Coronati Lodge N° 2076, la plus ancienne des Loges de recherche au monde qui consacre ses travaux exclusivement à la maçonnologie. Connu pour sa rigueur, il reste une autorité largement reconnue ayant écrit sur l’histoire, les croyances et les symboles de la Franc-Maçonnerie régulière et de tradition. À titre d’exemple, son « The Freemasons’book of the Royal Arch » (George G. Harrap & Co. Ltd, London, 1957) est une publication de toute première importance dans la littérature maçonnique anglo-saxonne.

« Freemasons’ Guide and Compendium », en français « Guide & Compendium du Franc-Maçon », est publié pour la première fois en 1950. Véritable recueil rempli d’informations authentiques et détaillées sur une grande variété de sujets liés aux maçons et à la maçonnerie, il a été maintes fois réédité.

Cette dernière livraison des éditions Cépaduès est de très belle facture.

Traduit et adapté par Georges Lamoine, professeur émérite, qui avait déjà transcrit de Bernard E. Jones « L’Arche Royale des Francs-Maçons » (Aureus édition, 2018) – une édition critique et préface de Jean Solis, révisé par Harry Carr (OE) ; une façon aussi de bénéficier de sa sagesse et de ses connaissances – et Gérard Icart, maître d’œuvre de la collection « Transmettre l’Histoire » et Grand Chancelier de la Grande Loge Nationale Française, ce compendium couvre bien plus que trois siècles de Maçonnerie.

Mais qu’est-ce qu’un compendium ?

Le terme littéraire « compendium » tire son origine du latin médiéval compendium ou compenso (peser ensemble, équilibrer). Il signifie primitivement « l’argent qu’on amasse », puis « profit », par la suite une « économie de temps », un « raccourci » et finalement un « abrégé », un « résumé », « un condensé ». Le compendium est donc un écrit qui, le plus souvent, concerne, sous la forme d’une compilation, un corpus de connaissances. Ici, l’Art Royal.

Les six livres qui composent la colonne vertébrale du livre traitent tant des aspects historiques que symboliques. En Loge et même au-delà de la Loge nous conduisant à travers les arcanes de « L’Arche Royale, la Maçonnerie de Marque et les grades alliés ».

John Herron Lepper, P.G.D., bibliothécaire et conservateur de la Grand Loge Unie d’Angleterre, qui signe l’avant-propos, nous l’écrit : « Ce livre a pour but de rendre disponible sous la forme et un format commodes toutes ces avancées dans notre connaissance grâce aux historiens et aux chercheurs maçonniques de ces soixante dernières années […]. Cet ouvrage est unique en ce qu’il fournit au lecteur qui n’a guère le temps de lire beaucoup la substantifique moelle de ce que deux générations de recherches maçonniques ont accompli… »

Avant de s’intéresser à la Maçonnerie opérative, Bernard E. Jones nous donne un bref aperçu de la maçonnerie dite d’architecture vu par les Francs-Maçons – architecture orientale : Égypte, Palestine Grèce, Rome – ainsi que les débuts de l’architecture… puis de celle allant de l’Empire romain, y compris chrétienne au monde anglo-saxon.

Ensuite, c’est le statut du maçon opératif au Moyen Âge qu’analyse l’auteur avant de s’intéresser à celui du maçon itinérant tant en Angleterre qu’en France. Il y eut même un statut du maçon migrant, à la recherche d’embauche sur un chantier à travers l’Europe. Sont passées en revue les nombreuses guildes anglaises – fright guilds ; guilde de Knighten ou des chevaliers ; guildes des marchands et de smétiers – puis françaises à l’époque médiévale ainsi que le Compagnonnage.

La Compagnie des francs-maçons de Londres fait l’objet d’un chapitre tout particulier, analysant l’origine de cette fraternité dont nous trouvons trace bien avant 1376.

Ensuite, l’auteur abordent tout naturellement l’apparition de la maçonnerie spéculative et notamment son émergence la fin du XVIIe siècle et s’interroge même sur une origine éventuellement allemande.

Son Livre III met l’accent sur les Grandes Loges de 1717 à 1813 avec notamment la première Grande Loge en 1717.

Bernard E. Jones pose la question de savoir comment les grades maçonniques nous sont parvenus et combien il y en avait au début. Il décrypte ensuite la réception d’un candidat analysant point par point les différentes phases d’une cérémonie de réception, sans oublier celles des deuxième et troisième grades, ainsi que la légende hiramique. Puis l’auteur décrit ensuite une galerie de tableaux des saints des francs-maçons : les deux Saint-Jean, bien évidemment, mais aussi saint Thomas, sainte Barbara qui peut sembler surprenant, Saint George et les Quatre Martyrs Couronnés.

Quant à tout ce qui touche à la Loge – noms et numéros, constitution, orientation, autel, colonnes, grandes lumières et lumières secondaires, etc. – et les différents Offices, Bernard E. Jones les examine très minutieusement. Nous retiendrons plus particulièrement son explication de la louve du tailleur de pierre, instrument utilisé pour soulever et abaisser les blocs de pierre au cours de la construction.

L’ouvrage s’achève sur une étude des side degrees, car en Angleterre – on ne parle pas de hauts grades – il existe bien sûr des systèmes maçonniques « beyond the Craft » (au-delà du Métier).

Ce livre est d’une grande richesse et deviendra vite votre compagnon de tous les jours.

Nous ne saurions trop le recommander à votre attention car vous ne pourrez guère vous poser de questions dont il ne contienne la solution. Il s’agit bien là, reprenant une des significations possibles du terme compendium, d’un ouvrage rédigé pour notre plus grand profit.

Où sont les francs-maçonnes ?

Ecoutez l’émission : Où sont les franc-maçonnes ? (franceculture.fr)

L’émission de France Culture « sans oser le demander » recevait le mardi 29 mars 2022, Cécile REVAUGER*, Professeure émérite des Universités, agrégée d’anglais, docteur de IIIe cycle et docteur d’État, elle est l’auteure d’une thèse sur « La franc-maçonnerie en Grande–Bretagne et aux États-Unis au XVII e siècle : 1717-1813 », soutenue à l’Université de Bordeaux III en 1987.

Franc-maçonne du Grand Orient de France, première femme membre du Vème ordre du Grand Chapitre Général du rite français du Grand Orient de France.

Auteure de nombreux ouvrages, dont « La longue marche des franc maçonnes« , France, Grande-Bretagne, États-Unis, Paris, Dervy, 2018, 260 p. (ISBN 979-10-242-0248-8). Elle vient de publier tout dernièrement toujours aux éditions DERVY « que faire … en loge ?« 

L’accès des femmes à la franc-maçonnerie a demandé de nombreux efforts à celles qui ont voulu y participer et à ceux qui se sont engagés derrière elles. En reparcourant cette histoire, c’est celle du mouvement de pensée dans son entièreté qui se dessine en filigrane.

Au XXe siècle, la franc-maçonnerie a participé activement aux travaux qui ont permis l’adoption du droit de vote pour les femmes en 1944, ou la légalisation de l’IVG en 1975. On pourrait dès lors s’attendre à ce que l’organisation se soit montrée à l’avant-garde des combats féministes à l’intérieur même de ses structures, notamment dans son inclusivité à l’égard des femmes.

L’histoire de la franc-maçonnerie démontre que la réalité est moins nette que cela.

Les Personnes admises comme membres d’une Loge doivent être des Hommes bons et loyaux, nés libres, ayant l’Âge de la maturité d’esprit et de la Prudence, ni Serfs ni femmes ni Hommes immoraux ou scandaleux, mais de bonne réputation.

Bien qu’il soit objectivement caduque puisque de nombreuses loges admettent désormais des femmes dans leurs rangs, ce passage tiré des Constitutions d’Anderson (texte de 1723 fondateur de la franc-maçonnerie moderne) révèle les difficultés et les résistances auxquelles ont fait face les femmes souhaitant participer à la franc-maçonnerie. Dans sa structuration originelle, la franc-maçonnerie est une affaire d’hommes et les femmes n’y sont pas admises : ce n’est que par décloisonnements successifs que les femmes pourront progressivement participer aux travaux de la maçonnerie.

Même si les premières révisions à cette exclusion systématique interviennent dès le courant du XVIIIe siècle avec la création de loges mixtes spécifiques, dites « d’Adoption », destinées à admettre la présence des femmes dans l’organisation, la situation actuelle est encore largement tributaire de cette asymétrie première : malgré la multiplication des loges mixtes et la création en 1952 d’une obédience exclusivement féminine (la Grande Loge Féminine de France), elles représenteraient aujourd’hui seulement 25% des effectifs de la franc-maçonnerie française, et moins encore à l’échelle mondiale.

*Cécile Révauger — Wikipédia (wikipedia.org)

A quoi peuvent bien servir les passés Vénérables Maîtres ?

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Patrice Brochon a dirigé la communication d’une Ville préfecture, puis d’un Centre Hospitalier de plus de 2300 professionnels. Comme franc-maçon, Il été initié au Grand Orient De France, il y a plus de 35 ans. Membre de la Grande Loge De France, il pratique depuis de nombreuses années le Rite Écossais Ancien et Accepté, tant en Loge bleue que dans les Hauts Grades.

À quoi peuvent bien servir d’anciens Vénérables Maîtres dans une loge ? Cette question peut sembler incongrue, presque déplacée.

Ne cherchez pas le Conseil des passés Vénérables Maîtres, vous ne le trouverez pas dans les obédiences maçonniques françaises. Vous n’en trouverez pas non plus trace dans leurs Constitutions. Et pas non plus dans leurs règlements généraux ! Vous pourriez également partir à la recherche de ce grand inconnu sous une autre dénomination : réunion des passés Vénérables Maîtres, ou club, cercle, groupe, cénacle, assemblée ou comité… Il semblerait que rien de tout cela ne corresponde de près ou de loin à une réalité identifiable.

Cet ouvrage va pourtant éclaircir une énigme que des milliers de Francs Maçons – vénérables ou pas- se sont posées. Ces réponses aboutiraient-elles à l’écriture d’une 

charte des obligations des passés Vénérables Maîtres ?  les éclairages   de Patrice Brochon  constituent des pistes indispensables pour tous lecteurs.

19/04/22 – GODF – Conférence publique – Invitée : Julia Cagé

La loge TÉTHYS et les loges l’Effort 83, Emmanuel Arago – Vérité Prime Tout, Harmonie et Montmorency-Luxembourg, vous invitent à une Conférence publique

Mardi 19 avril 2022 à 20 heures,
Temple 1 – Arthur Groussier
Grand Orient de France
16 rue Cadet 75009 Paris

Métro ligne 7 Cadet ou ligne 8 Grands Boulevards

au cours de laquelle Julia Cagé, Économiste traitera du thème :
Lobbies, médias, philanthropie : comment l’argent privé capture-t-il nos démocraties ?


Inscription obligatoire sur : https://conference.rltethys.org

Julia Cagé, née le 17 février 1984 à Metz (Moselle), est une économiste française, spécialiste d’économie politique et d’histoire économique. Publiquement engagée à gauche, elle travaille en particulier sur l’économie des médias et le financement de la démocratie.

Différence entre la vitre et le miroir

Un Apprenti de la Loge vient de recevoir un courrier de l’administration fiscale qui lui réclame un rappel de 5000 €. Il vérifie ses comptes bancaires, c’est le retour des vacances. Il ne lui reste que 2500 €. Ni une, ni deux, il ouvre l’annuaire des Frères et Sœurs de sa Loge et commence à appeler son jumeau d’Initiation.

– « Mon très cher Frère, j’ai un service personnel à te demander… ». Il expose son besoin. Malheureusement, son jumeau vient de réparer son véhicule et ne peut absolument rien faire pour lui. Il est raide comme un passe-lacet. Il décroche son téléphone à nouveau et appelle une autre Sœur Apprentie.

– « Ma très chère Sœur, j’ai un service personnel à te demander… ». Même argumentaire, même réponse de sa Sœur. Celle-ci vient de faire des travaux dans sa maison…

Il appelle alors un troisième, une quatrième… un quinzième… même réponse de tous les membres de la Loge. Même le Frère Hospitalier a une excellente excuse pour refuser.

Il se décide alors à appeler sa Vénérable Maître afin de prendre rendez-vous avec elle. Cette dernière le reçoit aussitôt. Il expose son besoin et sans dire un mot, elle quitte la pièce, avant de revenir cinq minutes plus tard avec un chèque de 2500 € à l’ordre de son jeune Frère Apprenti. Elle lui remet très humblement et lui témoigne son bonheur de pouvoir l’aider en ce moment si difficile pour lui.

Il est très ému par la générosité et surtout par l’attitude de sa Vénérable. Il prend le chèque, la remercie fraternellement et s’adresse à elle.

« Ecoute ma Vénérable Sœur, j’aimerais te poser une question qui me taraude. »

– « Oui, mon Frère, je t’écoute ».

– « Voila, j’ai appelé un par un, tous les Frères et Sœurs de la Loge. Je sais que certains parmi eux n’ont aucun souci financier, pourtant, personne à part toi, ne m’a aidé. Nous sommes en maçonnerie. Que dois-je comprendre à cette indifférence générale ? ».

Elle le prend par l’épaule et le conduit vers la fenêtre. Ensuite, elle lui demande de décrire la scène qu’il voit au travers. Sans chercher à comprendre, il s’exécute et répond :

– « Je vois un vieux Monsieur qui marche, un couple qui s’embrasse sur le banc, le chien qui joue avec un morceau de bâton, deux enfants qui s’amusent avec une balle… ».

La Vénérable le conduit maintenant devant le miroir de son salon. Elle lui demande :

– « Et maintenant mon Frère, décris-moi ce que tu vois. »

L’Apprenti est un peu surpris, il répond :

– « Moi ! Je ne vois que moi ».

Aussitôt, la Vénérable reprend :

– « Justement mon Frère, la leçon est là ! Lorsque tu regardes au travers d’une vitre transparente, tu vois plein de choses diverses et variées de la vie. Mais si tu traites cette vitre avec une simple pellicule d’argent à l’arrière, elle devient un miroir. Ensuite, à cause de l’argent, tu ne vois plus que toi. Tu as ta réponse mon Frère. Bonne journée et merci d’être passé me rendre visite. ».

Au début était le Verbe puis…

Dieu Le Père, dans ce monde nouveau qu’il avait dégagé en quelques jours du ciel et de la terre, chargea Adam, sa créature, de prendre en charge l’identification des espèces vivantes, de les nommer, de les classer. Suite à cet acte de désignation, une relation verticale s’est instituée et a imposé une norme supérieure aux statuts inférieurs…

Tant qu’Adam n’avait pas donné de nom, prétendent certains, les animaux que le Seigneur avait créés à partir de la terre nouvelle n’existaient pas ! Puissance du verbe asservissant le réel ? Retour du refoulé ? Ou du bien mal nommé ? On raconte qu’une femme (sans doute Ève, la compagne d’Adam) entreprit de défaire les actes de son compagnon. Il est vrai qu’Adam ne l’avait pas consultée dans l’entreprise de reconnaissance. (Sur ce point nous sommes toujours légitimés à inquiéter les doctes religieux barbus pour connaître la raison d’une telle mise à l’écart d’Ève alors que ce premier couple vivait dans le même jardin et qu’elle représentait déjà la moitié de l’humanité ?)

En tout cas Ève, indignée, persuada tous les animaux d’abandonner les noms qui leur avaient été attribués… Une fois les animaux dénommés, elle sentit bien la différence : un mur tombé, un espace rétréci entre les animaux et, en son cœur, cette allégresse prodigieuse d’une égalité inédite découverte à leur égard avec le sentiment d’être dans une communauté fraternelle.

Tous les anthropologues et ethnologues le savent : sans nom pour les séparer, il n’est plus possible de distinguer le chasseur du chassé, le poisson du pêcheur, le mangeur de la nourriture…

Dans l’anonymat le face-à-face avec le réel est rude, mais il donne toute sa chance à l’expérience initiatique (fût-elle éprouvante à vivre) !

L’étape d’après, inévitable, fut la restitution de son nom par Ève. Elle le rendit sans ambages à Adam, puis le quitta et rejoignit les autres qui, en acceptant de n’être plus nommés, s’étaient affranchis de l’autorité du premier des hommes et apprivoisaient maintenant de nouvelles relations entre eux…

(« Enfin ! » commenteraient vraisemblablement les philosophes de notre monde fatigué : il advenait quelque chose de neuf grâce à des êtres impliqués !)

Pour Ève, en revanche, les choses furent plus conséquentes : son acte définitif entraînait un autre renoncement, celui du langage qu’elle partageait jusqu’ici avec Adam. Mais, fi ! Elle lui déclara que, l’une des raisons pour lesquelles elle faisait cela, était que ce langage-là ne les menait nulle part, en tout cas nullement sur un chemin balisé ensemble…

D’où son impérieux désir à elle d’ouvrir les portes d’une prison d’opinions imposées, de préjugés tyranniques, d’un doute désagréable sur l’existence même de son âme…. Un bon vent serait salvateur !

Les joies de sa parole et de sa sensibilité lui faisaient pressentir qu’elle pouvait à côté d’Adam faire émerger une formidable solidarité voire tracer un meilleur avenir… Adam ébranlé par la vigueur d’un tel discours proposa un pacte équitable. A Eve de féminiser les noms de certaines espèces tels : la libellule, la caille, la licorne, l’agnelle, la tourterelle… A Adam de masculiniser les noms de certaines espèces jugées féroces : le lion, l’ours, le loup, le crocodile, ou simplement domestiques comme l’âne, le cochon, le bélier, le taureau… Cependant il arrivait à Adam de blêmir devant des critères classificatoires complexes qu’Ève retenait dans sa passion de reconnaissance : ne parlait-elle pas de mixité, parité, sororité, gémellité… ? Il se sentait un peu perdu mais les arguments de sa belle l’interpellaient sans le désintéresser. Même si cela l’obligeait à soumettre à la discussion des structures normatives et les rendait négociables, il en convenait : il n’avait délivré jusqu’ici qu’un brouillon et se devait de dépasser cette contrariété intime !

Adam était une bonne pâte d’homme et aussi homme lucide : il présumait que si de nouvelles approches se révélaient plausibles, le premier sillon tracé, malheureusement profondément, allait demander bien du temps pour être rectifié ! Effectivement depuis ce temps très ancien, les filles d’Ève sont dans cette histoire en continu : réaliser l’autonomie, conquérir des droits, s’engager auprès des opprimés, des mal nommés, des invisibles, faire admettre dignité et qualités … Surtout : éclairer le pôle masculin et le pôle féminin, pour que cette terre-monde soit rendue plus habitable pour tous les êtres vivants !

                      « Il n’est nullement besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer »

Référence : L’anecdote initiale de la contestation d’Eve lors de la création est empruntée à l’écrivaine américaine de science-fiction et de fantasy : Ursula Kroeber Le Guin. (1929/2018).

14/04/22 : Conférence publique du GODF – à Strasbourg en présence du Grand Maître

thème : RÉPUBLIQUE ET LAÏCITÉ

Aujourd’hui, beaucoup parlent de Laïcité surtout en période électorale, en la dévoyant, en s’en servant, pour exclure alors que justement, elle rejette l’exclusion des autres pour leur croyance notamment.

inscription obligatoire :

https://reservation.godf.org

Le Grand Orient de France, s’inscrit dans la célèbre loi de 1905 qui a aucun moment du reste n’utilise le mot laïcité et surtout son fameux titre premier qui est le suivant:

Titre 1er : Principes

Art. 1. – La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci- après dans l’intérêt de l’ordre public.

Art. 2.- La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites aux dits budgets les dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l’article 3.[…]

c’est donc en présence du Grand Maitre que s’organisera cette conférence sur un des piliers fondamentaux de notre République Indivisible

L’initiation alchimique – Une assemblée de philosophes chymiques

Jules Mérias – Éditions de l’Art Royal, 2021, 132 pages, 22 €

Présentation de l’éditeur :

Il paraît que certains rites maçonniques sont hermétiques. Il en résulte que bien des francs-maçons s’intéressent à l’alchimie comme illustration de l’hermétisme. Il est vrai que les alchimistes appellent « art d’Hermès » leur initiation.

L’initiation alchimique est un recueil d’extraits de traités d’alchimie. Ces extraits sont disposés dans un ordre qui part du plus général au plan doctrinal et va jusqu’au plus concret au plan technique. Cette construction de l’ouvrage met le lecteur « dans le coup » pour lui permettre de comprendre les traités d’alchimie.

Le lecteur fera lui-même l’expérience de sa compréhension, grâce à la Table d’Émeraude, texte hermétique par lequel débute L’initiation alchimique et qui sert littéralement de pierre de touche spirituelle. Il pourra vérifier par sa propre expérience qu’il comprend de mieux en mieux la pensée hermétique des alchimistes et donc les livres qu’ils nous ont laissés.

Après avoir lu L’initiation alchimique, chacun lira les traités classiques de l’art d’Hermès à livre ouvert.

En plus de la clé de la voie sèche de Fulcanelli, l’auteur de L’initiation alchimique expose les données techniques de la voie sèche classique et de la principale voie humide. Il conclut par une série de citations qui résolvent enfin le mystère de la réincrudation, si souvent évoqué dans la littérature alchimique.

La petite bibliographie qui termine L’initiation alchimique, fera gagner un temps considérable aux chercheurs qui voudront aller plus loin.

Biographie de l’auteur

Jules Mérias, sous son nom de plume, nous a déjà donné plusieurs livres dont notamment, coécrit avec Laurent Philippe « Études alchimiques – Quatre traités d’Alchimie expliqués par la chimie de leur temps » (Gutenberg Reprint, 2018) où l’on trouvera dans ce précieux et pédagogique ouvrage un exposé en clair des opérations en laboratoire, sans compter sur son « Les trois secrets des francs-maçons – Techniques de transformation dans la tradition maçonnique » (DERVY, 2016) où il nos dévoile les buts de la franc-maçonnerie qui ne sont d’ordre ni productif ni quantitatif, mais moral et spirituel, une organisation qui se différencie donc bien du reste de la société humaine ou encor avec « La voie du franc-maçon – Techniques initiatiques pour la Franc-Maçonnerie spéculative » (DERVY, 2003) où il nous révèle que, dans toutes les traditions, les initiations comportent des méthodes destinées à provoquer la progression de l’initiation virtuelle vers l’initiation effective.

[NDLR : Jules Mérias nous avait offert, en 2020, et déjà aux Éditions de l’Art Royal, son « Qu’est-ce que la Franc-Maçonnerie ? – Doctrine, techniques, espérance » que nous vous avions présenté, ici-même, le 15 février dernier https://bit.ly/3uRrVXx.

Avant son avertissement constatant que les amoureux de science sont souvent confrontés aux difficultés de lecture des traités d’alchimie et qui cherchent un guide pour trouver leur chemin dans le labyrinthe de la bibliothèque hermétique, l’auteur nous donne une définition de l’athanor, qui étymologiquement signifie « privé de mort », tirée du « Dictionnaire Mytho-Hermétique » de Dom Pernetty. Puis c’est avec une lecture, proposée en latin et en français, de la « Table d’émeraude » (Tabula Smaragdina en latin), un des textes les plus célèbres de la littérature alchimique et hermétique, que nous franchissons le pas pour entrer dans ce que nous propose l’auteur, c’est-à-dire une initiation alchimique.

Jules Mérias nous conte alors diverses expériences – cinq au total – de transmutation dont la plus célèbre, à ses yeux, est certainement celle que réalisa le médecin et chimiste bruxellois Jean-Baptiste Van Helmont (1579-1644), qui aurait vu la Pierre philosophale à plusieurs reprises.

L’alchimie est bien évidemment une voie spirituelle, illustrée pleinement par la citation de Jean d’Espagnet qui écrit, en 1623, « Le commencement de cette Science divine, c’est la crainte et le respect de Dieu ; sa fin, c’est la charité et l’amour du prochain ». L’auteur note aussi que la prière seule est insuffisante mais elle précède l’action voire l’accompagne. Après en quelque sorte cette prière d’ouverture l’auteur s’attaque au symbolisme alchimique il nous fait comprendre que dans les textes, qu’il cite abondamment, beaucoup de choses se cachent et s’enveloppent de parole allégorique. Bien sûr c’est que cette science doit rester cachée au regard des profanes…

Symboles alchimiques

Jules Mérias nous donne une lecture claire et limpide de ce que sont le Sel, symbole de la sagesse et qui exprime une influence d’équilibrage sur les éléments, le feu secret – le plus gardé des secrets en Alchimie – et la matière première. Il nous décrit aussi le plus simplement du monde l’œuvre au noir et nous donne des aperçus sur la voie sèche et la voie humide. Il s’agit bien là d’un B.a.-ba sur l’alchimie pour une meilleure compréhension de cet art sacré dénommé aussi Grand Œuvre encore à Art Royal. Cet ouvrage, offrant une lecture très intéressante pour qui veut entrer en alchimie, se veut « Uni Vert Sel ».]