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La tenue est la réunion rituelle d’une loge maçonnique dans son temple, présidée par le vénérable maître à l’Orient. C’est le moment où la loge existe vraiment : les travaux sont ouverts selon le rituel, on y lit et discute des planches, on y procède aux initiations et aux passages de grade, puis les travaux sont fermés. Le mot vient de l’expression ancienne « tenir loge ». Il existe plusieurs sortes de tenues, ordinaires, blanches, funèbres ou solsticiales, qui rythment l’année maçonnique et donnent à la vie de l’atelier sa cadence.
Un mot venu de « tenir loge »

Au XVIIIe siècle, on « tient loge » comme on tient séance ou assemblée. Le substantif tenue désigne la réunion elle-même. Il évoque aussi, par un heureux double sens, la tenue que l’on doit avoir : maintien, discipline de parole, vêtement sombre et décors. Les maçons parlent indifféremment de « tenue » ou de « travaux », ces derniers désignant plus précisément ce qui se fait entre l’ouverture et la fermeture.
Le déroulement
Chaque rite a son rituel, mais la structure générale est commune :
- l’entrée dans le temple, souvent en cortège, depuis le parvis ;
- l’ouverture des travaux par le vénérable et les surveillants, avec l’allumage des lumières ;
- la lecture et l’adoption du procès-verbal de la tenue précédente ;
- les travaux du jour : planche, discussion, initiation ou augmentation de salaire ;
- le tronc de bienfaisance ;
- la fermeture des travaux, aussi ritualisée que l’ouverture, et la sortie.
La parole y est réglée : on la demande, elle est accordée par le surveillant de sa colonne, et l’on s’adresse au vénérable. L’orateur conclut les débats ; le secrétaire en garde la trace.
Les différentes tenues
La tenue ordinaire, ou d’obligation, réunit la loge à date fixe, en principe le soir, une ou deux fois par mois. La tenue blanche accueille une conférence : ouverte, elle reçoit des profanes ; fermée, elle reste réservée aux maçons tout en traitant d’un sujet extérieur. La tenue funèbre honore les frères disparus. Les tenues solsticiales, autour de la Saint-Jean d’hiver et de la Saint-Jean d’été, sont souvent suivies d’un banquet. S’y ajoutent les tenues d’installation du vénérable et de ses officiers, et les tenues aux grades de compagnon ou de maître.
Combien faut-il être ?

Une vieille règle veut qu’une loge soit « juste et parfaite » lorsque sept membres au moins sont réunis, dont des maîtres en nombre suffisant. En pratique, chaque obédience fixe ses propres conditions de quorum. La tenue se tient au grade le plus bas des présents qu’on souhaite admettre : une tenue au premier grade est ouverte aux apprentis, une tenue au troisième grade est réservée aux maîtres.
Avant et après : le parvis et les agapes
La tenue s’inscrit dans un temps plus large. Avant, on se retrouve sur le parvis ou dans la chambre des pas perdus, où l’on revêt les décors et où l’on fait silence. Après, viennent souvent les agapes, repas fraternel pris dans la « salle humide », qui prolonge les échanges sous une forme plus libre, avec ses propres usages comme les santés d’obligation.
Le sens de la tenue
La tenue est un temps soustrait au monde ordinaire. Le rituel d’ouverture marque l’entrée dans un espace et un temps symboliques ; celui de fermeture rend chacun au monde, avec l’invitation à prolonger au dehors le travail commencé en loge. L’assiduité est une obligation morale : c’est par la répétition des tenues que s’opère, lentement, le travail initiatique.
Les officiers à l’œuvre
Une tenue mobilise tout le collège des officiers. Le vénérable maître dirige les travaux depuis l’Orient ; les deux surveillants tiennent les colonnes et transmettent la parole ; l’orateur veille au respect des règlements et donne ses conclusions ; le secrétaire rédige le procès-verbal, que l’on appelle souvent « tracé » ou « planche tracée ». Le maître des cérémonies règle les déplacements, l’expert veille à la régularité rituelle, le couvreur garde la porte du temple, et le trésorier comme l’hospitalier assurent la vie matérielle et solidaire de l’atelier. Cette répartition des rôles fait de chaque tenue une œuvre collective.
À retenir
- La tenue est la réunion rituelle de la loge, entre ouverture et fermeture des travaux.
- Elle se tient au temple, sous la présidence du vénérable maître.
- On distingue tenues ordinaires, blanches, funèbres, solsticiales et d’installation.
- Elle est souvent prolongée par des agapes.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Tenue blanche fermée, Parvis, Sautoir de Vénérable Maître, Planche, Solstices, Tenue Funèbre.
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