F comme Fraternité en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

La fraternité est le lien qui unit les francs-maçons entre eux et, au-delà, l’idéal qu’ils se proposent d’étendre à l’humanité entière. Troisième terme de la devise « Liberté, Égalité, Fraternité », inscrite par le Grand Orient de France dans sa constitution de 1849, elle est aussi le premier des trois grands principes de la maçonnerie anglaise, l’amour fraternel. Ni simple sympathie ni réseau d’intérêts, elle se veut une exigence morale : aider sans calcul, écouter sans juger, reconnaître en l’autre un égal. C’est à elle que se mesure, en dernier ressort, la cohérence d’une loge.

Un mot hérité des confréries

Fraternité en franc-maçonnerie – 'Group of Freemasons', 19th century, German, Meissen Manufactory, hard paste porcelain, Ho

Le vocabulaire fraternel est antérieur à la franc-maçonnerie spéculative. Les confréries médiévales, les corporations de métier et les communautés religieuses se désignaient déjà comme des assemblées de « frères ». Les loges opératives anglaises et écossaises, dont les Old Charges règlent la vie, imposent aux maçons des devoirs mutuels : se loger, s’aider, ne pas se nuire. La maçonnerie spéculative du XVIIIe siècle hérite de ce lien et lui donne une portée universelle.

Brotherly love, relief and truth

La maçonnerie anglaise résume ses principes dans une triade : brotherly love, relief and truth, l’amour fraternel, l’entraide et la vérité. L’amour fraternel vient en premier. Il consiste à considérer chaque être humain comme membre d’une même famille, sans considération de rang, de fortune ou de croyance. L’entraide, relief, en est la traduction concrète : le soutien aux Frères dans la peine et, plus largement, la bienfaisance.

La devise républicaine

En France, la fraternité s’inscrit dans la triade républicaine. Au lendemain de la révolution de 1848, le Grand Orient de France fait figurer la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » dans l’article premier de sa constitution de 1849, en même temps qu’il affirme alors la croyance en Dieu comme base de l’Ordre, référence qu’il abandonnera en 1877. La devise est aujourd’hui partagée par de nombreuses obédiences françaises. Elle a contribué à l’idée, discutée par les historiens, d’une origine maçonnique de la devise nationale.

Fraternité et amitié

Fraternité en franc-maçonnerie – Print, Masonic Invitation, ca. 1800 (CH 18612325)

Les auteurs maçonniques distinguent soigneusement fraternité et amitié. L’amitié se choisit ; la fraternité se reçoit, avec l’initiation. On n’est pas tenu d’apprécier tous ses Frères, mais on leur doit respect, écoute et assistance. Cette distinction rend la fraternité exigeante : elle vaut précisément là où la sympathie spontanée fait défaut, et c’est dans les désaccords qu’elle se vérifie.

Comment elle se vit en loge

  • La chaîne d’union, qui réunit les participants main dans la main à la fin de nombreuses tenues.
  • Le tronc de la Veuve, qui recueille les dons pour les œuvres de solidarité, sous la responsabilité de l’Hospitalier.
  • L’attention aux Frères et Sœurs malades, isolés ou en difficulté.
  • L’accueil des visiteurs, venus d’autres loges ou d’autres pays.
  • Les agapes, prolongement convivial des travaux.
  • La discipline de la parole en loge, qui interdit l’attaque personnelle.

Une fraternité sans intérêt

La fraternité maçonnique est souvent caricaturée en réseau d’influence. Les textes fondateurs disent l’inverse : l’aide doit être désintéressée, librement donnée, sans attente de retour. Utiliser la loge pour des avantages professionnels ou politiques est généralement considéré comme une faute. Cette exigence n’est pas toujours respectée, et les obédiences en conviennent ; mais elle constitue la norme à laquelle les comportements sont jugés.

Vers une fraternité universelle

La fraternité ne s’arrête pas à la porte du temple. Le glossaire maçonnique la définit comme un lien que le franc-maçon doit étendre à toute l’humanité. C’est l’horizon de la formule qui clôt les santés des banquets, portée « à tous les maçons répandus sur la surface de la terre », et plus largement à tous les hommes. La loge se veut ainsi le laboratoire d’une fraternité qui reste à construire dans le monde.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Pierre-Yves Beaurepaire, L’Europe des francs-maçons, XVIIIe-XXIe siècles, Belin, 2002.
  • Pierre Chevallier, Histoire de la franc-maçonnerie française, Fayard, 3 vol., 1974-1975.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, Presses universitaires de France, 1987 (rééd.).

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Frères, Tronc de la veuve, Hospitalier (ou Elémosinaire), Égalité.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

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