Accueil Blog Page 1461

C comme Chaire en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

La chaire est le siège du Vénérable Maître, placé à l’Orient de la loge, d’où il préside et dirige les travaux. On parle aussi de « chaire de Salomon », expression qui rattache la fonction présidentielle à la figure du roi bâtisseur du Temple de Jérusalem, modèle de sagesse. Objet bien réel, souvent surélevé et surmonté d’un dais, la chaire est surtout un symbole : celui d’une autorité temporaire, élective et exercée au service de l’atelier. Son vocabulaire, de l’installation à la « montée en chaire », dit beaucoup de la conception maçonnique du pouvoir.

Du grec kathedra au siège du Vénérable

Chaire

Le mot vient du grec kathedra, le siège, passé au latin cathedra, qui a donné en français à la fois « chaire » et « chaise ». Dans la tradition chrétienne, la cathedra est le siège de l’évêque, d’où le mot cathédrale ; dans l’université, la chaire est le lieu de l’enseignement. La Franc-maçonnerie hérite de ces deux sens : la chaire est à la fois siège d’autorité et lieu de transmission.

La chaire de Salomon

Le Vénérable Maître siège symboliquement à la place du roi Salomon, qui fit bâtir le Temple selon le récit biblique. La tradition anglaise parle de la Chair of King Solomon : lors de la cérémonie d’installation, le nouveau Maître de loge y est conduit, et l’on désigne les anciens présidents comme des Maîtres installés. Dans les loges françaises, l’expression « chaire de Salomon » est d’usage courant.

Le Vénérable n’est d’ailleurs jamais seul : les deux Surveillants, l’Orateur, gardien de la loi, et le Secrétaire l’entourent. La chaire n’est pas un trône d’où l’on décide sans contrôle ; elle est le centre d’un dispositif collégial où chaque officier a sa part de responsabilité, et où le Vénérable rend compte à l’atelier qui l’a élu. Les conclusions de l’Orateur, données avant toute décision, rappellent que l’autorité de la chaire s’exerce dans le cadre des règlements.

Salomon y incarne la Sagesse, première des trois colonnes qui soutiennent la loge avec la Force et la Beauté. Le Vénérable, placé à l’Orient, en est la figure vivante, tandis que les deux Surveillants représentent la Force et la Beauté.

À l’Orient, face à l’Occident

La chaire est installée à l’Orient, souvent sur une estrade de quelques marches, sous le Delta lumineux ou entre les représentations du Soleil et de la Lune. Dès 1730, la divulgation anglaise de Samuel Prichard justifie cette place par une analogie solaire : le Maître se tient à l’Est comme le soleil s’y lève pour ouvrir le jour. Il ouvre de même la loge et met les ouvriers au travail.

Devant la chaire se trouve le plateau du Vénérable, avec le maillet, symbole de direction, et souvent l’épée flamboyante utilisée lors des initiations. Le Vénérable fait face aux deux Surveillants placés à l’Occident, axe qui structure l’espace rituel.

Une autorité élective et temporaire

Chaire
Source : Wikimedia Commons – Rodhullandemu – CC BY-SA 4.0

La chaire n’appartient à personne. Le Vénérable est élu par les Maîtres de la loge pour un mandat limité, généralement d’un an renouvelable dans la limite fixée par les règlements de l’obédience. Il « monte en chaire » lors de son installation et la quitte à l’échéance pour devenir Passé Maître ou ancien Vénérable. Cette rotation exprime une idée essentielle : l’autorité est une charge et un service, non une propriété.

  • Installation : cérémonie par laquelle le nouveau Vénérable prend place dans la chaire.
  • Collège des Maîtres installés : réunion des anciens Vénérables, rituel propre dans plusieurs rites.
  • Passé Maître immédiat : ancien Vénérable qui assiste son successeur, notamment au Rite Émulation.
  • Plateau : table placée devant la chaire, où reposent le maillet et les outils de direction.

Symbolique : sagesse, lumière, service

La lecture symbolique traditionnelle fait de la chaire le point d’où la Lumière se diffuse dans l’atelier. Le Vénérable reçoit la parole, la distribue, ouvre et ferme les travaux ; il doit donc voir juste et entendre tout. La chaire est aussi une épreuve : celui qui y siège est jugé sur sa capacité à maintenir l’harmonie, l’équité dans la parole et la régularité du rituel.

Le saviez-vous ?

Dans certaines loges anciennes, la chaire du Vénérable est un meuble d’apparat sculpté, transmis de génération en génération et conservé comme patrimoine. Plusieurs musées maçonniques en exposent, ornés d’équerres, de compas, de colonnes ou d’étoiles flamboyantes.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Samuel Prichard, Masonry Dissected, Londres, 1730.
  • Oswald Wirth, Le Livre du Maître, 1922.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître, Orient, Installation, Sagesse, Force, Beauté, Maillet.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Chaîne d’Union en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

La chaîne d’union est le geste par lequel, dans de nombreuses loges, les frères et sœurs se tiennent par la main en cercle, le plus souvent bras croisés, à la fin de la tenue. Rite de clôture, elle matérialise la fraternité, relie les présents aux absents et, dans certaines obédiences, sert à transmettre un mot de ralliement. Pratique très répandue dans la maçonnerie continentale, elle est pourtant absente des rituels anglais, et son histoire reste discutée. Elle a donné son nom à une revue fondée en 1864, toujours publiée par le Grand Orient de France.

Le geste

Chaîne d'Union

À l’issue des travaux, les participants quittent leur place et forment un cercle autour du tableau de loge ou du pavé mosaïque. Chacun croise ordinairement les bras, la droite sur la gauche, et prend les mains de ses voisins : la chaîne forme alors une suite de nœuds qui évoque une corde tressée. Le Vénérable Maître prononce quelques mots, une pensée pour les frères absents, malades ou disparus, parfois une formule traditionnelle. Selon les loges, on garde le silence ou l’on fait circuler une pression de la main d’un participant à l’autre.

Une pratique d’abord française

La chaîne d’union est caractéristique de la maçonnerie latine et continentale. Elle n’appartient pas aux rituels anglais de type Emulation, et sa place varie en France même selon les rites et les loges : systématique dans certaines, réservée à des occasions particulières dans d’autres. Les rituels du XVIIIe siècle ne la décrivent pas sous sa forme actuelle ; elle se diffuse au cours du XIXe siècle, en même temps que se développe une sensibilité fraternelle plus démonstrative. Son origine précise reste débattue et il faut se méfier des généalogies trop anciennes.

La transmission du mot

Au Grand Orient de France et dans plusieurs obédiences, la chaîne est l’occasion de transmettre le mot de semestre, mot de reconnaissance renouvelé périodiquement par l’obédience. Il circule de bouche à oreille, à voix basse, autour du cercle, jusqu’à revenir au Vénérable. Ce passage du mot illustre l’idée d’une parole qui ne vaut que transmise et partagée.

La corde à nœuds et la houppe dentelée

Chaîne d'Union

Les symbolistes rapprochent volontiers la chaîne d’union de la corde à nœuds, ou houppe dentelée, qui entoure le tableau de loge et se termine par deux houppes. Ses nœuds, appelés lacs d’amour, figurent l’union des maçons répandus sur la surface de la terre. La chaîne vivante formée par les bras croisés en serait la version incarnée : la corde dessinée sur le tableau devient le lien concret entre des personnes.

Ce que le geste signifie

  • La fraternité : chacun ne tient sa place qu’en tenant celle des autres ; la rupture d’un maillon brise l’ensemble.
  • L’égalité : dans le cercle, il n’y a ni premier ni dernier ; le Vénérable lui-même est un maillon parmi d’autres.
  • La continuité : la pensée pour les absents et les morts relie la loge présente aux générations passées.
  • L’universalité : le cercle de la loge s’ouvre symboliquement à l’ensemble des maçons du monde.

Interprétations et dérives

Certains auteurs du XIXe et du début du XXe siècle, marqués par le magnétisme ou le spiritisme, ont vu dans la chaîne d’union un circuit d’énergie ou de fluide. Ces lectures appartiennent à l’histoire des idées plus qu’à la tradition maçonnique elle-même. La plupart des rituels s’en tiennent à une signification morale et fraternelle : la chaîne est un moment de recueillement collectif, qui clôt le travail et prépare le retour dans le monde profane.

Déroulement type

Chaîne d'Union
  • Le Vénérable invite les participants à former la chaîne, souvent autour du tableau de loge.
  • Chacun croise les bras et prend les mains de ses voisins ; le cercle se referme sans interruption.
  • Une pensée est adressée aux absents, aux malades, aux disparus et parfois à tous les maçons du monde.
  • Le cas échéant, le mot de semestre circule de bouche à oreille.
  • La chaîne est rompue d’un geste commun, et chacun regagne sa place avant la clôture ou à son issue.

Ce déroulement connaît de nombreuses variantes : certaines loges placent les apprentis à l’Occident, d’autres mêlent les grades ; certaines font tourner le cercle d’un pas, d’autres le gardent immobile. L’essentiel tient dans l’unité retrouvée à la fin du travail commun.

Le saviez-vous ?

La Chaîne d’Union est aussi le titre d’une revue maçonnique fondée en 1864, qui a célébré ses cent cinquante ans en 2014. Devenue la revue d’études du Grand Orient de France, elle publie des travaux d’histoire et de symbolisme ouverts aux chercheurs non maçons.

Voir aussi dans le glossaire : Houppe dentelée, Mot de semestre, Chaîne, Fraternité, Tableau de Loge (ou Tapis de Loge).

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Chaîne en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

La chaîne est en franc-maçonnerie un symbole ambivalent. Image de contrainte et de servitude dans le langage commun, elle devient en loge l’image du lien fraternel, de la continuité entre les générations et de la solidarité de tous les maçons. Elle prend corps dans la chaîne d’union, se dessine dans la corde à nœuds qui entoure le tableau de loge et rejoint, sur le chantier, le chaînage qui solidarise les murs. Entre les chaînes que l’on brise et celle que l’on forme, le symbole raconte le passage de la contrainte subie à l’engagement librement choisi.

Du lien qui entrave au lien qui unit

Chaîne
photo régule personnel

Dans la tradition des Lumières, dont la maçonnerie française est largement l’héritière, la chaîne est d’abord celle que l’on brise : chaînes de l’esclavage, de l’ignorance, du fanatisme. L’iconographie révolutionnaire et républicaine a multiplié les figures de la liberté rompant ses fers. La maçonnerie reprend ce thème, mais lui ajoute un retournement : l’homme libéré de ses chaînes choisit de se lier à d’autres. Le lien maçonnique est une chaîne volontaire, qui ne retient personne contre son gré.

La chaîne d’union

La forme la plus connue du symbole est la chaîne d’union, que forment, dans de nombreuses loges, les participants à la fin de la tenue en se tenant par la main, bras croisés. Chacun devient un maillon, et la chaîne n’existe que si tous les maillons tiennent. Le Vénérable y adresse une pensée aux absents et aux disparus. Le geste illustre ce que le symbole dit en général : la force d’un ensemble dépend de celle de chacun de ses éléments.

La corde à nœuds

Sur le tableau de loge figure souvent une corde ornée de nœuds, la houppe dentelée, qui entoure le tableau et se termine par deux glands. Ses nœuds, appelés lacs d’amour, symbolisent l’union fraternelle des maçons répandus sur la terre. Cette corde est une chaîne d’un autre genre : souple, tressée, ouverte à ses extrémités, comme pour signifier que le cercle des frères peut toujours s’agrandir.

Le chaînage des bâtisseurs

Le vocabulaire du bâtiment connaît le chaînage : élément de pierre, de bois ou de métal qui relie les murs entre eux et empêche l’édifice de s’écarter. Dans la maçonnerie opérative, les chaînes d’angle en pierre de taille renforcent les maçonneries de moellons. L’image est parlante pour le maçon spéculatif : la loge est un édifice dont les membres sont les pierres, et la fraternité le chaînage qui les tient ensemble.

La chaîne des générations

Chaîne

La chaîne est aussi celle du temps. La maçonnerie se pense comme une transmission ininterrompue : chaque initié reçoit d’autres ce qu’il transmettra à son tour. La pensée pour les frères passés à l’Orient éternel, au moment de la chaîne d’union, relie la loge présente à celles qui l’ont précédée. Les Anciens Devoirs, avec leurs listes de maçons légendaires depuis l’Antiquité, exprimaient déjà ce désir de s’inscrire dans une lignée.

À retenir

  • La chaîne brisée figure l’émancipation ; la chaîne formée figure l’engagement fraternel.
  • La chaîne d’union est la forme rituelle du symbole.
  • La corde à nœuds du tableau de loge en est la forme graphique.
  • Le chaînage du bâtiment en offre l’image opérative.
  • La transmission entre générations en est la dimension temporelle.

Chaîne et liberté

Le paradoxe d’une société de « francs » maçons qui se dit liée par une chaîne a souvent été relevé. Il se résout dans l’idée que la liberté maçonnique n’est pas l’absence de liens, mais le choix de ses liens. Celui qui entre en loge prend des engagements ; il peut s’en retirer. La chaîne n’a de valeur que parce que chaque maillon consent à en faire partie. C’est ce qui la distingue des chaînes que la maçonnerie s’est donné pour mission de briser.

Le maillon faible

Chaîne

Une chaîne ne vaut que ce que vaut son maillon le plus faible : l’adage, d’origine profane, a été largement repris dans les planches maçonniques. Il ne s’agit pas de désigner un coupable, mais de rappeler la responsabilité mutuelle. La loge doit veiller sur ceux de ses membres qui traversent une épreuve, comme le fait l’Hospitalier ; à l’inverse, chacun doit tenir sa place, par son assiduité et son travail, pour que la chaîne ne se rompe pas.

Le saviez-vous ?

La sculpture d’Émile Picault La Pensée brisant ses chaînes, petit bronze de la fin du XIXe siècle, illustre bien la sensibilité de cette époque, où la libre pensée et une partie de la maçonnerie française se rejoignaient dans l’image de l’esprit humain se libérant de ses entraves.

Voir aussi dans le glossaire : Houppe dentelée, Fraternité, Orient Céleste ou Orient Éternel (passer à l’), Liberté.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Cérémonie d’Initiation en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

La cérémonie d’initiation est la tenue rituelle au premier degré par laquelle un profane est reçu franc-maçon et devient Apprenti. Construite comme un rite de passage, elle conduit le candidat du cabinet de réflexion à la « lumière », à travers des épreuves symboliques, un engagement solennel et la remise des premiers décors. Ses formes varient selon les rites, mais la structure reste reconnaissable d’une obédience à l’autre. Moment fondateur de la vie maçonnique, elle n’est pas une simple admission administrative : elle inaugure un travail sur soi que les degrés suivants approfondiront.

Un rite de passage

Cérémonie d'Initiation

L’ethnologue Arnold van Gennep a décrit en 1909, dans Les Rites de passage, un schéma en trois temps : séparation, marge, agrégation. L’initiation maçonnique s’y laisse lire aisément. Le candidat est d’abord séparé du monde ordinaire, puis traverse une phase de marge, les yeux bandés, privé de ses repères, avant d’être agrégé à la loge, qui le reconnaît comme frère ou sœur. Le mot « initiation », du latin initium, « commencement », dit bien qu’il s’agit d’un départ et non d’un aboutissement.

Avant la cérémonie

La cérémonie est l’aboutissement d’un processus : demande du candidat, enquêtes menées par des membres de la loge, passage « sous le bandeau » où il répond aux questions des frères, puis votes successifs. Ce n’est qu’après ces étapes, appelées dans certains glossaires les « attaches », que la date de la réception est fixée.

Les grandes séquences

Sans entrer dans le détail réservé aux initiés, les rituels publiés et les ouvrages de référence permettent de décrire les principales étapes, communes au Rite Français et au Rite Écossais Ancien et Accepté pratiqués en France :

  • le cabinet de réflexion, lieu d’obscurité et de méditation où le candidat rédige son testament philosophique ;
  • le dépouillement des métaux : le candidat se défait de son argent et de ses objets de valeur ;
  • l’introduction dans le temple, les yeux bandés, et l’interrogatoire par le Vénérable Maître ;
  • les voyages, souvent associés aux éléments, ainsi que les purifications et parfois la coupe d’amertume ;
  • l’engagement ou serment, prêté sur le Volume de la Loi sacrée ou sur la Constitution selon les obédiences ;
  • la remise de la lumière, moment où le bandeau tombe ;
  • la consécration, la remise du tablier et des gants, puis la communication des signes, mots et attouchements du grade.

Variantes selon les rites

Le Rite Français et le REAA français partagent le cabinet de réflexion et les épreuves des éléments, développés au XVIIIe siècle. Le Rite Écossais Rectifié insiste davantage sur la dimension morale et chrétienne de l’engagement. Le rite anglais Emulation ignore le cabinet de réflexion et les épreuves des éléments : le candidat y est préparé, introduit et instruit selon un cérémonial plus sobre, centré sur l’obligation et l’explication du tableau de loge. Ces différences rappellent que l’initiation maçonnique n’a pas une forme unique mais un sens commun.

Les décors remis à l’initié

Cérémonie d'Initiation

Le nouvel Apprenti reçoit un tablier blanc en peau, symbole du travail, et, dans les rites français, deux paires de gants blancs : l’une pour lui, l’autre destinée à la personne qu’il estime le plus. Il prend place sur la colonne du Nord, où il apprend la discipline du silence. Son âge maçonnique est désormais de trois ans.

Interprétations

La tradition symboliste lit l’initiation comme une mort symbolique au monde profane et une renaissance ; d’autres auteurs y voient d’abord une pédagogie de l’humilité et de l’écoute. Tous s’accordent sur un point : la cérémonie ne transforme pas d’un coup celui qui la vit. Elle donne une impulsion et des outils ; le travail en loge, les instructions et les années donneront corps à ce commencement.

Le saviez-vous ?

Dans les loges du XVIIIe siècle, la réception d’un Apprenti se faisait souvent dans une salle d’auberge, autour d’un tableau tracé à la craie sur le plancher, que le nouvel initié devait ensuite effacer. La mise en scène élaborée des épreuves, du cabinet de réflexion et des voyages s’est développée progressivement au cours du siècle, surtout en France.

Pour approfondir : ouvrages de référence

Cérémonie d'Initiation
  • Arnold van Gennep, Les Rites de passage, Émile Nourry, 1909 (rééd. Picard).
  • Oswald Wirth, La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, t. I, L’Apprenti, Dervy (rééd.).
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948 (rééd.).

Après l’initiation

La cérémonie ouvre une période d’apprentissage. Le nouvel Apprenti reçoit des instructions, souvent données par le Second Surveillant, qui reviennent sur les symboles rencontrés. Il présente plus tard sa première planche, parfois consacrée à ses impressions d’initiation. Beaucoup de maçons racontent n’avoir compris le sens de certains gestes que des années après, en assistant à leur tour à la réception d’un profane : l’initiation se comprend aussi en la donnant.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Cabinet de Réflexion, Testament (philosophique), Serment, Lumières (trois), Apprenti, Profane.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Cercueil en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

Le cercueil est l’un des symboles majeurs du grade de maître. Lié à la légende d’Hiram, il évoque la mort du maître d’œuvre assassiné, la recherche de son corps et son relèvement. Dans le temple du 3e grade, tendu de noir, il figure sur le tableau de loge et occupe parfois une place centrale dans la cérémonie. Il ne renvoie pas d’abord à la mort physique, mais à une mort initiatique : la fin d’un état ancien, condition d’une naissance nouvelle. C’est aussi l’un des symboles qui ont le plus alimenté l’imaginaire profane sur les rites maçonniques.

Dans la légende d’Hiram

Hiram dans cercueil
Hiram sortant du cercueil

La légende du 3e grade raconte la mort d’Hiram, frappé par trois compagnons qui voulaient lui arracher les secrets de la maîtrise. Son corps, caché puis enterré, est recherché par des maîtres envoyés par Salomon, qui retrouvent la tombe grâce à une branche d’acacia. Le cercueil, la tombe et le drap mortuaire sont les supports visuels de ce récit. Ils matérialisent la perte : celle du maître, et avec lui celle de la parole, remplacée par un mot substitué.

Sur le tableau et dans la chambre du milieu

Le tableau de loge du grade de maître représente généralement un cercueil, souvent accompagné d’une branche d’acacia, d’une équerre et d’un compas, parfois d’une tête de mort et de larmes. Le temple, que l’on appelle alors chambre du milieu, est tendu de noir. Dans plusieurs rites, la cérémonie d’élévation fait jouer au récipiendaire le rôle d’Hiram ; les ouvrages publiés sur le rituel décrivent ce principe sans qu’il soit nécessaire d’en détailler le déroulement.

Une mort symbolique

La franc-maçonnerie reprend ici un motif présent dans de nombreuses traditions initiatiques : pour renaître, il faut mourir à l’état précédent. Le cabinet de réflexion de l’apprenti annonçait déjà ce thème, avec le crâne et le sablier ; le 3e grade le porte à son accomplissement. Le cercueil n’est donc pas un objet macabre mais un lieu de passage : on y entre comme compagnon, on en sort comme maître.

Ce que l’on peut y lire

Cercueil
  • La finitude : une méditation sur la mort, commune à toutes les sagesses.
  • La fidélité : Hiram meurt plutôt que de livrer ce qui ne lui appartient pas.
  • La perte : la parole disparaît avec le maître et devra être recherchée.
  • Le relèvement : le corps n’est pas laissé à la tombe, il est relevé par la fraternité.
  • La transmission : la maîtrise passe d’un maître mort à des maîtres vivants.

Le cercueil et les morts de la loge

Le symbole touche aussi la vie réelle des loges. Lors des tenues funèbres, un catafalque ou un cercueil symbolique est parfois dressé au centre du temple, entouré de lumières, pour honorer les frères et sœurs disparus. Les obsèques maçonniques, quand la famille le souhaite, comportent le dépôt d’une branche d’acacia. Le cercueil rituel prépare ainsi chaque maçon à regarder la mort de ses proches et la sienne avec une certaine sérénité.

Un symbole mal compris

Le cercueil a souvent nourri les fantasmes antimaçonniques du XIXe siècle, qui y voyaient la preuve de rites lugubres ou de serments de mort. Les historiens montrent qu’il s’agit d’un dispositif théâtral, inscrit dans la tradition des drames allégoriques et des memento mori chrétiens, et non d’une pratique occulte. Les divulgations du XVIIIe siècle, à commencer par Masonry Dissected de Samuel Prichard (1730), avaient d’ailleurs rendu publique la légende d’Hiram très tôt.

Selon les rites

Cercueil

Tous les rites qui pratiquent la légende d’Hiram font une place au cercueil ou à la tombe, mais de manière différente. Au Rite français et au Rite Écossais Ancien et Accepté, la chambre du milieu, tendue de noir et éclairée faiblement, place la tombe au centre du drame. Dans le rite anglais Emulation, le tableau du troisième degré représente un cercueil vu en plan, avec des emblèmes de mortalité. Le Régime Écossais Rectifié inscrit la mort du maître dans une lecture spirituelle chrétienne. Ces variantes portent sur la mise en scène ; le sens, mort et relèvement, reste partagé.

Pour approfondir

  • Mircea Eliade, Naissances mystiques, Gallimard, 1959.
  • Samuel Prichard, Masonry Dissected, Londres, 1730.
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Hiram, Acacia, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Chambre du Milieu, Tenue Funèbre, Parole perdue, Cabinet de Réflexion.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Cercle en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

Le cercle est l’une des figures géométriques qui servent de support symbolique en franc-maçonnerie. Tracé par le compas, il évoque l’unité, la totalité et la limite que l’on se fixe ; associé au point central, il devient l’image de l’homme qui règle sa conduite. Les glossaires le rattachent particulièrement au grade de Maître, où le compas prend le pas sur l’équerre. On le retrouve aussi dans la chaîne d’union, dans la circulation rituelle autour du tableau et dans le célèbre emblème anglo-saxon du point dans le cercle.

La figure parfaite

Cercle
Cercles encerclés (1923)

Pour les géomètres grecs, le cercle est la figure parfaite : tous ses points sont à égale distance du centre, il n’a ni commencement ni fin. Il a symbolisé l’éternité, le ciel, la divinité ou le cosmos dans de nombreuses traditions. Sa relation au carré, figure de la terre, a inspiré le problème de la quadrature du cercle, impossible à résoudre à la règle et au compas, comme on l’a démontré en 1882, mais riche de sens pour les symbolistes : relier le ciel et la terre.

Cercle et compas

En maçonnerie, le cercle est d’abord le produit du compas, l’un des trois grands outils posés sur l’autel avec le Livre de la Loi sacrée et l’équerre. L’équerre trace l’angle droit et règle la matière ; le compas trace le cercle et mesure les rapports. Au premier degré, l’équerre recouvre les pointes du compas ; au grade de Maître, le compas passe au-dessus. Ce progrès est souvent lu comme le passage d’une maîtrise de la conduite à une maîtrise de l’esprit, ce qui explique l’association du cercle au troisième degré.

Le point dans le cercle

Les instructions de la maçonnerie anglo-saxonne commentent un emblème connu : un point au centre d’un cercle, bordé de deux lignes parallèles et surmonté du Livre de la Loi sacrée. Le point figure le maçon, le cercle la limite de sa conduite, et les deux parallèles sont rapportées à saint Jean-Baptiste et saint Jean l’Évangéliste, patrons traditionnels des loges. Tant qu’il reste dans le cercle ainsi tracé, enseigne le commentaire, le maçon ne peut gravement s’égarer.

Dans la vie de la loge

Cercle
  • La chaîne d’union forme un cercle où chacun occupe une place égale.
  • La circulation rituelle autour du pavé mosaïque ou du tableau dessine un parcours fermé.
  • Les deux Saint-Jean, au solstice d’été et d’hiver, scandent le cycle annuel de la loge.
  • Le zodiaque ou la voûte étoilée, dans certains temples, rappelle le cercle du ciel.
  • Le cordon et la corde à nœuds qui entourent la loge peuvent évoquer une enceinte protectrice.

Cercle et temps

Le cercle est aussi l’image du temps cyclique : le cours du soleil, la succession des saisons, le retour des fêtes solsticiales. La maçonnerie, qui célèbre les deux Saint-Jean et inscrit ses travaux entre midi et minuit symboliques, vit dans ce temps rythmé. L’ouroboros, serpent qui se mord la queue, a parfois été repris dans des décors maçonniques pour signifier ce recommencement perpétuel.

Centre et périphérie

Tout cercle suppose un centre. Les auteurs maçonniques insistent sur cette relation : sans centre, pas de cercle ; sans périphérie, le centre n’a pas d’étendue. Appliqué au travail initiatique, le symbole invite à chercher un centre intérieur à partir duquel organiser sa vie. Les rituels de Maître évoquent d’ailleurs le centre comme le lieu où se retrouve ce qui a été perdu, ce que les commentateurs relient à la quête de la Parole perdue.

Lectures morales

Cercle

Le cercle tracé autour du point est souvent lu comme une règle de vie : chacun fixe lui-même, par sa raison et sa conscience, la limite de ses désirs et de ses passions. Cette lecture rejoint une formule fréquente des rituels selon laquelle le maçon vient en loge pour « vaincre ses passions » et « soumettre ses volontés ». Le compas, en traçant le cercle, figure la mesure : il ne s’agit pas d’étouffer la vie, mais de lui donner une forme. Le cercle n’est pas une prison, mais un espace de liberté réglée.

Le saviez-vous ?

Les catéchismes anglais du XVIIIe siècle disent qu’un maître maçon peut retrouver ce qui est perdu « au centre », c’est-à-dire en un point dont le maçon ne peut s’écarter. Cette réponse énigmatique a fait couler beaucoup d’encre : elle relie le cercle tracé au compas à la recherche intérieure qui définit la maîtrise.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Compas, Équerre, Saint-Jean d’été, Maître des cérémonies (MDC), North Munster Masonic Centre, Limerick (Musée maçonnique).

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Cèdre en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

Le cèdre, et plus précisément le cèdre du Liban, est en franc-maçonnerie l’arbre du Temple de Salomon. La Bible rapporte que Salomon obtint d’Hiram, roi de Tyr, les grumes qui servirent à lambrisser le sanctuaire de Jérusalem ; le bois noble, incorruptible et odorant, est ainsi devenu l’image du matériau digne d’un édifice consacré. Le symbolisme maçonnique y lit la force, la durée et la droiture, mais aussi l’idée qu’une construction intérieure exige des matériaux choisis. Le cèdre réapparaît dans les hauts grades du Rite Écossais Ancien et Accepté, notamment au 22e degré, celui de Prince du Liban.

Un arbre biblique avant d’être maçonnique

Cèdre

Le cèdre du Liban (Cedrus libani) est un conifère des montagnes du Proche-Orient, réputé pour sa haute taille, sa longévité et un bois dense, aromatique et résistant aux insectes. Dans l’Antiquité, il était exporté vers l’Égypte et la Mésopotamie pour les charpentes des palais et des temples. La Bible en fait un emblème de grandeur : le Psaume 92 affirme que le juste croîtra comme le cèdre du Liban, tandis que les prophètes l’utilisent aussi comme figure de l’orgueil abattu.

Le bois du Temple de Salomon

Le récit du premier livre des Rois (chapitres 5 à 7) et du deuxième livre des Chroniques (chapitre 2) est le socle de la symbolique maçonnique. Salomon conclut un traité avec Hiram, roi de Tyr : les bûcherons sidoniens abattent cèdres et cyprès, les bois sont descendus par radeaux jusqu’à la côte, et Salomon paie en blé et en huile. Selon le texte, l’intérieur du Temple était entièrement revêtu de cèdre, au point qu’aucune pierre n’y était visible, et ces boiseries étaient sculptées de coloquintes et de fleurs épanouies.

Pour la franc-maçonnerie spéculative, qui fait du Temple de Salomon son grand chantier mythique, le cèdre devient donc le matériau de l’intérieur, de ce qui est caché au regard extérieur mais donne au sanctuaire sa dignité. On y lit volontiers une image du travail du maçon sur lui-même : la pierre taillée forme la structure, le bois précieux habille le lieu où réside le sacré.

Symbolique : force, durée, rectitude

Les auteurs maçonniques associent au cèdre plusieurs valeurs qui découlent de ses qualités naturelles :

  • la verticalité, un tronc droit tendu vers le ciel, image de la rectitude morale ;
  • l’incorruptibilité d’un bois qui ne pourrit pas, figure de la fidélité et de la constance ;
  • la durée, puisque l’arbre peut vivre plusieurs siècles, en écho à la transmission initiatique ;
  • l’enracinement, qui rappelle que l’élévation suppose des bases solides ;
  • le parfum, souvent rapproché de la bonne renommée qui se répand sans bruit.

Ces lectures ne relèvent pas d’un dogme : elles sont proposées à la méditation de chacun, selon la méthode symbolique propre à la franc-maçonnerie.

Le cèdre dans les hauts grades

Cèdre

Le Rite Écossais Ancien et Accepté consacre un degré entier aux bûcherons du Liban : le 22e degré, Chevalier Royale Hache ou Prince du Liban. Son décor évoque la hache et les forêts de cèdres ; sa légende met en scène les travailleurs du bois qui préparèrent les matériaux des constructions sacrées. Ce grade valorise le travail manuel et la dignité de l’ouvrier, en rappelant que le Temple n’aurait pu s’élever sans ceux qui abattaient et transportaient les arbres. Des rituels manuscrits de ce degré sont conservés dans les collections muséales maçonniques.

Cèdre et acacia : deux bois, deux sens

Le cèdre ne doit pas être confondu avec l’acacia, autre bois du symbolisme maçonnique. L’acacia, lié à la légende d’Hiram et au grade de Maître, signale la tombe de l’architecte et symbolise l’espérance d’une vie qui ne meurt pas. Le cèdre, lui, est le bois de la construction et de la splendeur du sanctuaire. Le premier parle de mort et de renaissance, le second de l’œuvre achevée et durable.

Le saviez-vous ?

Le cèdre figure au centre du drapeau de la République libanaise. Les cèdres millénaires de la forêt de Bcharré, appelée « cèdres de Dieu », sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO avec la vallée de la Qadisha : un rappel que les forêts qui fournirent le bois du Temple ont été largement exploitées dès l’Antiquité.

Pour approfondir : ouvrages de référence

Cèdre
  • La Bible, premier livre des Rois, chapitres 5 à 7 ; deuxième livre des Chroniques, chapitre 2.
  • Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1969 (rééd.).

À retenir

  • Le cèdre du Liban est le bois du Temple de Salomon selon 1 Rois 5-7.
  • Il est fourni par Hiram, roi de Tyr, à ne pas confondre avec Hiram l’architecte et bronzier.
  • Il symbolise la force, la durée, la droiture et la noblesse de l’œuvre.
  • Le 22e degré du REAA, Prince du Liban, lui est directement lié.
  • Il se distingue de l’acacia, symbole d’immortalité lié au grade de Maître.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Hiram, Acacia, Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Symbolisme.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Catéchisme – Instruction Maçonnique en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

Le catéchisme, ou instruction maçonnique, est l’enseignement d’un grade présenté sous forme de questions et de réponses. Les glossaires le définissent simplement comme l’instruction maçonnique. Héritier des plus anciens textes connus de la maçonnerie, qui transmettaient déjà les mots et les usages par demandes et réponses, il reste lu ou récité en loge dans de nombreux rites. Il permet de mémoriser le symbolisme d’un degré, de vérifier les connaissances d’un frère et d’ouvrir la réflexion personnelle sur le sens du rituel.

Le mot et la méthode

Catéchisme - Instruction Maçonnique

« Catéchisme » vient du grec katêkhein, faire retentir aux oreilles, d’où instruire de vive voix. Le terme désigne, dans la tradition chrétienne, l’enseignement par questions et réponses. La maçonnerie a adopté cette forme dialoguée, très répandue dans la pédagogie des XVIIe et XVIIIe siècles. Le Vénérable ou un officier pose les questions, un frère y répond selon le texte reçu, parfois avec ses propres mots.

Aux origines : les catéchismes anciens

Les plus anciens documents sur les rituels maçonniques, à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe, sont des catéchismes. Le manuscrit des Archives d’Édimbourg (Edinburgh Register House Manuscript), daté de 1696, en est un exemple célèbre : il décrit la réception d’un maçon et donne une série de questions servant à le reconnaître. D’autres textes voisins, comme le manuscrit Sloane, appartiennent à la même famille. Ces catéchismes avaient d’abord une fonction pratique : vérifier qu’un visiteur était bien un maçon.

Les divulgations du XVIIIe siècle

En 1730, Samuel Prichard publie à Londres Masonry Dissected, qui présente sous forme de questions et de réponses les trois grades d’Apprenti, de Compagnon et de Maître. Le succès est considérable et le texte devient, paradoxalement, un aide-mémoire pour les loges elles-mêmes. En France, des ouvrages comme Le Catéchisme des francs-maçons (1744) ou L’Ordre des francs-maçons trahi (1745) jouent un rôle comparable. Ces divulgations sont aujourd’hui des sources précieuses pour l’histoire des rituels.

Structure d’une instruction

Catéchisme - Instruction Maçonnique
  • L’identité : êtes-vous maçon, comment le savez-vous, comment êtes-vous reconnu.
  • La réception : où, comment et par qui avez-vous été reçu, les étapes de l’initiation.
  • La loge : sa forme, ses dimensions, son orientation, ses ornements, ses bijoux et ses lumières.
  • Les symboles : explication des outils, des colonnes, du tableau de loge.
  • Les devoirs : ce que l’on vient faire en loge, les obligations du grade.

Dans les rites contemporains

Au Rite français et au Rite Écossais Ancien et Accepté, chaque grade possède son instruction, lue en loge à certaines tenues ou étudiée par les apprentis et les compagnons. Le Régulateur du maçon, publié en 1801 pour le Rite français, en fixe une version. Dans la maçonnerie anglaise, les lectures du rite Emulation, dérivées des travaux de William Preston et de ses successeurs, jouent ce rôle et peuvent être récitées en tenue. Le Rite Écossais Rectifié a ses propres instructions, d’inspiration chrétienne.

Apprendre par cœur ?

L’instruction n’est pas un dogme à réciter. Elle offre un vocabulaire commun et un cadre, à partir desquels chacun mène sa propre recherche. Beaucoup de loges invitent les apprentis à commenter les réponses dans des planches, à les confronter avec d’autres rites et d’autres époques. Le catéchisme fixe la lettre ; le travail maçonnique cherche l’esprit. Les variations d’un rite à l’autre rappellent d’ailleurs qu’aucune instruction n’épuise le sens d’un symbole.

Le tuileur, cousin du catéchisme

Catéchisme - Instruction Maçonnique

Proche du catéchisme, le tuileur est un recueil des mots, signes et attouchements des différents grades, destiné à vérifier l’identité d’un visiteur. Son nom vient de l’officier qui « tuile » la loge, c’est-à-dire qui la couvre et s’assure que ceux qui y entrent sont bien maçons. Si le catéchisme enseigne, le tuileur contrôle : les deux fonctions étaient confondues dans les plus anciens textes.

Le saviez-vous ?

Une célèbre question des anciennes instructions demande au maçon quel âge il a. La réponse attendue, trois ans pour l’Apprenti, cinq pour le Compagnon, sept ans et plus pour le Maître, n’a rien à voir avec l’ancienneté réelle : c’est un âge symbolique, lié aux nombres du grade.

Voir aussi dans le glossaire : Instruction, Tuileur, Rituel, Âge Maçonnique, Planche, Apprenti.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Carré long en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

Le carré long est la forme symbolique de la loge maçonnique : un rectangle dont la longueur, de l’Orient à l’Occident, est le double de la largeur, du Septentrion au Midi. On le décrit souvent comme deux carrés accolés. Hérité des catéchismes anglais du XVIIIe siècle, qui parlent d’oblong square, il fixe l’espace du travail rituel et se rattache au plan du temple de Salomon. Figure simple en apparence, il porte une riche géométrie, qui permet notamment de construire le nombre d’or sans s’y réduire.

Une définition géométrique

Carré long

Les glossaires maçonniques définissent le carré long comme un rectangle formé de deux carrés accolés, soit un rapport de 1 à 2 entre la largeur et la longueur. La formule rituelle classique donne à la loge des dimensions cosmiques : sa longueur va de l’Orient à l’Occident, sa largeur du Septentrion au Midi, sa hauteur de la terre au ciel ou du nadir au zénith. Le carré long n’est donc pas seulement un plan : il est l’image réduite de l’univers.

Les sources anciennes

Les catéchismes anglais du début du XVIIIe siècle, comme la divulgation Masonry Dissected de Samuel Prichard (1730), décrivent la loge par une série de questions sur sa longueur, sa largeur et sa profondeur. L’expression oblong square s’y retrouve pour désigner sa forme. Les rituels français l’ont traduite par « carré long », expression qui peut sembler paradoxale mais qui dit bien l’idée d’un carré prolongé.

Le modèle du temple de Salomon

Le premier livre des Rois (chapitre 6) donne au temple de Salomon une longueur de soixante coudées pour une largeur de vingt. La partie principale, le Saint, mesurait quarante coudées sur vingt : un double carré exact, prolongé par le Saint des Saints, cube de vingt coudées. La loge, qui se veut l’image de ce temple, en reprend la proportion. Le carré long relie ainsi l’architecture du sanctuaire biblique à l’espace concret où se réunissent les maçons.

Carré long et nombre d’or : une précision

Carré long

On lit parfois que le carré long serait un « rectangle d’or ». C’est inexact : le rectangle d’or a un rapport d’environ 1,618, et non de 2. En revanche, le double carré contient la construction du nombre d’or. Sa diagonale mesure √5 si le petit côté vaut 1 ; en ajoutant 1 et en divisant par 2, on obtient (1 + √5)/2, soit le nombre d’or. Les bâtisseurs connaissaient cette construction au compas, ce qui explique l’intérêt des symbolistes pour cette figure.

Dans la loge

  • L’Orient, où siège le Vénérable Maître, et l’Occident, où se trouve la porte, marquent les deux extrémités de la longueur.
  • Les deux colonnes de frères, au Septentrion et au Midi, en bordent la largeur.
  • Le pavé mosaïque, au centre, reprend souvent lui-même la forme d’un rectangle.
  • Les déplacements rituels suivent le pourtour du carré long, ce qui donne à la circulation dans la loge sa régularité.

Lectures symboliques

Le carré évoque traditionnellement la terre, la matière, la stabilité. Le doubler, c’est introduire un mouvement, une direction, de l’Occident vers l’Orient, c’est-à-dire de l’obscurité vers la lumière. Certains auteurs voient dans les deux carrés l’union de deux plans, matériel et spirituel ; d’autres y lisent la dualité que figurent aussi les deux colonnes ou les cases du pavé mosaïque. Ces interprétations restent personnelles : le rituel donne la forme, chaque maçon en cherche le sens.

Les trois dimensions de la loge

Carré long

La définition de la loge ne s’arrête pas au plan. En lui attribuant une hauteur qui va jusqu’au ciel et une profondeur qui descend jusqu’au centre de la terre, les catéchismes donnent au carré long une troisième dimension symbolique. La loge devient un volume ouvert vers le haut, que figure souvent la voûte étoilée peinte au plafond des temples. Le carré long est ainsi la base au sol d’un espace qui embrasse tout l’univers, ce que signifie l’universalité revendiquée par l’Ordre.

Le saviez-vous ?

Le mot « loge » désignait d’abord, sur les chantiers médiévaux, l’abri de bois où les tailleurs de pierre travaillaient, rangeaient leurs outils et se réunissaient. En donnant à la loge spéculative la forme du carré long et les dimensions de l’univers, les maçons ont fait de cette simple cabane de chantier un espace symbolique aux dimensions du monde.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Orient, Occident, Pavé mosaïque, Nombre d’or, Zénith : Opposé du Nadir, Septentrion.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Carré en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

Le carré est, avec le cercle et le triangle, l’une des figures fondamentales de la géométrie symbolique. Il évoque la terre, la stabilité, la matière ordonnée. En Franc-maçonnerie, il apparaît partout : dans la forme de la loge, dite « carré long », dans le pavé mosaïque, dans la pierre cubique que l’on obtient en taillant la pierre brute. Il est aussi au cœur d’un malentendu fréquent, car le mot anglais square signifie à la fois carré et équerre. Comprendre le carré, c’est comprendre la géométrie de l’espace maçonnique.

Une figure universelle

Carré

Dans la plupart des traditions, le cercle représente le ciel, l’infini, le mouvement, tandis que le carré représente la terre, le monde fini, stable et mesurable. Ses quatre côtés égaux et ses quatre angles droits évoquent les quatre points cardinaux, les quatre éléments, les quatre saisons. Le carré est la figure de ce qui est construit, fixé, habitable ; il est donc naturellement la figure du bâtisseur.

La loge, un « carré long »

Les anciens catéchismes maçonniques décrivent la forme de la loge comme un carré long, c’est-à-dire un rectangle, et lui donnent des dimensions symboliques immenses : en longueur de l’Orient à l’Occident, en largeur du Septentrion au Midi, en hauteur de la terre au ciel. La loge est ainsi l’image du monde entier, ramenée à un espace orienté et mesuré. Le temple de Salomon, modèle mythique de la loge, est lui-même décrit dans la Bible comme un édifice rectangulaire aux proportions précises.

Du carré au cube

Le travail de l’apprenti consiste à dégrossir la pierre brute. L’aboutissement de ce travail est la pierre cubique, dont chaque face est un carré parfait : elle peut s’ajuster exactement aux autres pierres de l’édifice. Dans la plupart des rites, la pierre cubique est associée au grade de Compagnon, qui a appris à vérifier ses angles à l’équerre. Le cube, carré développé dans les trois dimensions, est l’image de l’homme travaillé, stable et capable de prendre sa place dans la construction collective.

Carré et équerre : un malentendu fécond

Carré

En anglais, square désigne à la fois le carré et l’équerre, instrument qui sert justement à vérifier les angles droits du carré. Les expressions maçonniques anglaises comme on the square se traduisent donc par « d’équerre », c’est-à-dire loyalement, et non « sur le carré ». Le français distingue les deux mots, mais la parenté demeure : l’équerre est l’outil qui permet de produire le carré, et le Vénérable qui la porte est le garant de la rectitude des travaux.

Le carré dans le Temple

  • Le pavé mosaïque, au centre de la loge, est formé de carrés alternativement noirs et blancs.
  • Le tableau de loge est souvent un rectangle, image réduite de la loge elle-même.
  • L’autel ou plateau du Vénérable est fréquemment de forme carrée ou cubique.
  • Les déplacements rituels se font souvent « à l’équerre », en suivant les angles droits du carré long.

Le carré et le cercle

La géométrie symbolique associe souvent le carré au cercle. L’équerre et le compas, emblème de la Franc-maçonnerie, renvoient à ces deux figures : l’équerre trace et vérifie l’angle droit, le compas trace le cercle. Leur superposition sur le Volume de la Loi sacrée exprime l’union de la terre et du ciel, de la matière et de l’esprit. Le vieux problème de la « quadrature du cercle », impossible à résoudre à la règle et au compas, a nourri bien des méditations sur ce passage du fini à l’infini.

Le carré et l’homme

Carré

La tradition humaniste a inscrit l’homme dans le carré et le cercle : l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci, d’après l’architecte romain Vitruve, en est l’image la plus célèbre. L’architecture devient ainsi science de la proportion humaine. La Franc-maçonnerie, qui se réclame de l’art royal des bâtisseurs, reprend cette idée : construire un édifice et se construire soi-même relèvent de la même recherche de juste mesure.

Le saviez-vous ?

Le carré magique, tableau de nombres dont les sommes sont égales sur chaque ligne, colonne et diagonale, a fasciné les cercles hermétiques et apparaît dans la célèbre gravure Melencolia I d’Albrecht Dürer (1514). Il n’appartient pas au symbolisme maçonnique proprement dit, mais nourrit volontiers les travaux de loge sur le nombre.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Équerre, Pierre brute, Pavé mosaïque, Compas, Élection de Portalis comme orateur de la loge L’Amitié d’Aix-en-Provence, 1784 (date historique), Cercle.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie