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B comme Bijou en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le bijou est, en franc-maçonnerie, l’insigne métallique suspendu au cordon, au sautoir ou au collier, qui indique une fonction, un grade ou l’appartenance à une loge. Il peut s’agir du bijou d’office d’un officier, comme l’équerre du Vénérable Maître, du bijou de grade dans les hauts grades, ou du bijou distinctif propre à une loge. Le mot désigne aussi, dans les catéchismes anciens, les « bijoux » mobiles et immobiles de la loge. Objet de reconnaissance et de mémoire, le bijou est également un support symbolique : il condense en une forme l’enseignement d’un office ou d’un degré.

Plusieurs sortes de bijoux

Bijou
Source : Wikimedia Commons – J. Augustus Knapp – Public domain
  • le bijou d’office, porté par chaque officier au bout de son sautoir : équerre du Vénérable, niveau du Premier Surveillant, fil à plomb du Second, clés croisées du Trésorier, plumes du Secrétaire ;
  • le bijou de grade, propre aux degrés supérieurs : compas et équerre sur arc de cercle, pélican du Rose-Croix, aigle bicéphale des derniers degrés du REAA ;
  • le bijou de loge ou bijou distinctif, adopté par un atelier et porté par ses membres ;
  • le bijou de Passé Maître, qui distingue les anciens Vénérables, souvent une équerre accompagnée d’une figure géométrique ;
  • les bijoux commémoratifs d’obédience, d’anniversaire ou de fonction.

Le bijou de loge

Le Vocabulaire des francs-maçons de Bazot (1810) précise que le bijou particulier adopté par une loge se porte suspendu au côté gauche. Ce bijou distinctif reprend le titre de l’atelier, son numéro, son orient ou un emblème choisi lors de sa fondation. Certaines loges le remettent au nouvel initié ; d’autres le réservent aux Maîtres. Il est facultatif dans la plupart des obédiences, à la différence des bijoux d’office, indispensables à l’identification des officiers.

Les bijoux de la loge dans les catéchismes

Dans Masonry Dissected de Samuel Prichard (1730), la loge possède six bijoux : trois mobiles, l’équerre, le niveau et la perpendiculaire, et trois immobiles, la planche à tracer, la pierre brute et la pierre taillée en pointe. Le rituel anglais moderne a inversé la répartition. Ici, « bijou » ne désigne pas un objet porté mais un outil précieux pour l’instruction : la loge elle-même est parée de ces symboles.

Histoire et artisanat

Au XVIIIe siècle, les bijoux sont souvent découpés à la main dans l’argent ou le laiton, gravés, parfois sertis de pierres. Chaque loge commande les siens à des orfèvres, ce qui explique la grande variété des pièces anciennes, aujourd’hui recherchées par les musées et les collectionneurs. Au XIXe siècle, l’estampage et la fabrication en série uniformisent les modèles. Les obédiences fixent alors dans leurs règlements les formes et les métaux autorisés.

Métal et sens

Le métal du bijou n’est pas indifférent. L’or ou le doré est souvent réservé aux dignitaires et aux grades supérieurs, l’argent aux officiers de loge, selon des usages variables. Ce choix rejoint la symbolique des métaux : lors de l’initiation, le candidat est dépouillé de ses métaux ; il les retrouve plus tard sous forme de bijou, non plus comme richesse mais comme signe d’un service ou d’un travail accompli.

Porter le bijou

Le bijou fait partie des décors obligatoires de l’officier en tenue, avec le cordon ou le sautoir et le tablier. Lors de l’installation, chaque officier reçoit le bijou de sa charge, qu’il remettra à son successeur. Ce passage de main en main matérialise la continuité de la loge : l’objet appartient à l’atelier, pas à la personne.

Le saviez-vous ?

Le bijou de Passé Maître anglais figure souvent la 47e proposition du premier livre d’Euclide, le théorème de Pythagore. Elle rappelle la science géométrique qui, selon la tradition maçonnique, était au fondement de l’art des bâtisseurs.

Bijou et tuilage

Le bijou n’est pas un moyen de reconnaissance au sens rituel : seuls les mots, signes et attouchements permettent de tuiler un visiteur. Il renseigne cependant au premier regard sur la fonction ou le grade de celui qui le porte, notamment lors des tenues où se rencontrent des maçons de plusieurs loges. Pour cette raison, les règlements interdisent en général de porter en loge un bijou ne correspondant pas à une fonction ou à un grade effectivement détenus.

À retenir

  • Le bijou indique une fonction, un grade ou une loge.
  • Le bijou d’office est transmis lors de l’installation des officiers.
  • Bazot, en 1810, situe le bijou de loge au côté gauche.
  • Dans les catéchismes, les « bijoux » sont aussi les outils et symboles de la loge.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Sautoir, Cordon, Attributs, Décors, Officiers, Installation.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Bible en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Dans une grande partie de la franc-maçonnerie, la Bible est posée ouverte sur l’autel des serments pendant les travaux, avec l’Équerre et le Compas. Elle y occupe la place de « Volume de la Loi sacrée », expression qui désigne le livre sur lequel l’initié prend ses engagements. Héritée des maçons opératifs, qui juraient fidélité aux Anciens Devoirs sur un livre saint, cette présence est devenue l’un des critères de la régularité anglo-saxonne. Elle est aussi au cœur d’un débat ancien : la franc-maçonnerie libérale française l’a remplacée ou rendue facultative au nom de la liberté absolue de conscience. Comprendre la Bible en loge, c’est donc toucher à l’histoire même des obédiences.

De l’atelier opératif à la loge spéculative

Bible
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – Public domain

Les Old Charges, ou Anciens Devoirs, textes des métiers de la pierre conservés en Grande-Bretagne, présentent les règles de la profession sous la forme d’un serment prêté sur un livre saint. Le manuscrit Grand Lodge n° 1, daté de 1583, et le manuscrit Dowland, connu par une copie du XIXe siècle d’un original perdu, en témoignent ; le manuscrit York n° 4, daté de 1693, décrit le serment prêté les mains posées sur le livre. Au XVIIe siècle, chaque nouvel admis doit jurer les Devoirs sur la Bible.

La maçonnerie spéculative du XVIIIe siècle conserve cet usage. Les loges prêtent serment sur la Bible, souvent ouverte au prologue de l’Évangile de Jean dans la tradition continentale. L’expression « Volume de la Loi sacrée » s’impose surtout dans l’usage anglo-saxon, où elle permet de désigner, au-delà de la Bible, le livre saint propre à la foi du candidat.

Les trois Grandes Lumières

Dans la plupart des rites, la Bible forme avec l’Équerre et le Compas les trois Grandes Lumières de la franc-maçonnerie. Leur disposition sur l’autel varie selon le grade auquel la loge travaille. La symbolique traditionnelle donne au livre la loi qui règle la foi ou la conscience, à l’Équerre la rectitude des actes, au Compas la mesure dans les relations avec autrui.

Dans les rituels

  • Rite Écossais Ancien et Accepté : la Bible est ouverte sur l’autel, au prologue de l’Évangile de Jean, selon l’usage le plus répandu en France.
  • Rite Écossais Rectifié : rite explicitement chrétien, il place l’Évangile au centre de ses travaux et de ses serments.
  • Émulation : le Volume de la Loi sacrée est ouvert pendant toute la tenue ; le candidat prête son obligation la main sur le livre de sa foi.
  • Rite Français : selon les obédiences et les loges, la Bible, la Constitution de l’obédience ou un livre aux pages blanches occupe l’autel.
  • Autres livres sacrés : dans de nombreuses obédiences, un candidat d’une autre tradition peut prêter serment sur le Coran, la Torah, la Bhagavad-Gita ou un autre texte.

1877 : la rupture française

Bible
Source : Wikimedia Commons – auteur inconnu – Public domain

Au XIXe siècle, une partie de la maçonnerie française s’interroge sur l’obligation de croire en Dieu et en l’immortalité de l’âme, inscrite dans la Constitution du Grand Orient de France en 1849. Lors du convent de 1877, sur le rapport du pasteur Frédéric Desmons, le Grand Orient supprime cette obligation et proclame la liberté absolue de conscience. La référence au Grand Architecte de l’Univers devient facultative, et la Bible disparaît progressivement de l’autel de nombreuses loges.

La Grande Loge unie d’Angleterre rompt alors ses relations avec le Grand Orient. En 1929, ses Basic Principles font de la croyance en un Être suprême et de la présence du Volume de la Loi sacrée ouvert en loge des conditions de reconnaissance. Depuis, la présence de la Bible sépare en France les obédiences dites régulières, comme la Grande Loge nationale française, des obédiences libérales et adogmatiques, la Grande Loge de France occupant une position intermédiaire avec son attachement au Grand Architecte.

Lire la Bible en maçon

Pour la plupart des maçons qui travaillent avec elle, la Bible en loge n’est pas un acte de foi imposé. Elle est un symbole : celui d’une loi morale qui dépasse l’individu, et d’une tradition où puisent les légendes du métier, du Temple de Salomon à Hiram. Le croyant y reconnaît son livre saint ; le maçon non croyant y voit le témoin d’un héritage culturel et d’une exigence éthique. Cette double lecture est au cœur de l’équilibre recherché par les rites qui l’ont conservée.

Le saviez-vous ?

Une large part du vocabulaire maçonnique vient de la Bible : Jakin et Boaz, colonnes du Temple dans le premier livre des Rois, Hiram, Salomon, Zorobabel ou l’Arche d’alliance. Même dans les loges qui ne placent plus la Bible sur l’autel, ces récits restent la matrice des légendes des grades.

Pour approfondir

  • Les notices du glossaire « Volume de la Loi sacrée », « Grandes Lumières » et « Grand Architecte de l’Univers ».
  • Les dossiers consacrés au convent de 1877 et à Frédéric Desmons, dont le numéro de La Chaîne d’union de 2017.
  • Les textes des Old Charges, édités et commentés par les loges de recherche britanniques.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Volume de la loi sacrée, Équerre, Compas, Grand Architecte de l’Univers mal interprété (antimaçonnisme), Serment, Régularité.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Batterie en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

La batterie est, en franc-maçonnerie, une série de coups frappés dans les mains selon un rythme propre à chaque grade. Exécutée par tous les membres présents, debout et à l’ordre, elle ponctue l’ouverture et la fermeture des travaux, salue un visiteur ou un événement et accompagne les santés du banquet d’ordre. Le plus souvent, elle est suivie d’une acclamation : « Vivat ! » au Rite Français, « Houzzé ! » au Rite Écossais Ancien et Accepté. Il existe aussi des batteries de deuil, frappées en silence. Geste collectif et sonore, la batterie fait entendre l’unité de la loge.

Définition

Batterie
Source : Wikimedia Commons – Creator:François Timoléon Bègue-Clavel – Public domain

Les glossaires maçonniques la définissent comme une série de coups frappés dans les mains selon une certaine cadence. On dit qu’une batterie est « tirée ». Elle se distingue des coups de maillet frappés par le Vénérable et les Surveillants, qui rythment le rituel ; mais elle en reprend souvent la structure. Le nombre et le groupement des coups correspondent au grade auquel la loge travaille.

Un rythme par grade

Sans entrer dans les détails propres à chaque rituel, on peut retenir le principe : la batterie du premier grade compte trois coups, celle du deuxième cinq, celle du troisième neuf, souvent organisés en trois fois trois. Ces nombres renvoient à l’âge maçonnique et à la symbolique numérique de chaque degré. La manière de grouper les coups, rapides ou espacés, varie selon les rites et constitue l’un des éléments de reconnaissance du grade.

Les acclamations

  • Rite Français : « Vivat ! Vivat ! Semper vivat ! », de l’usage latin des vœux de longue vie.
  • REAA : « Houzzé ! » répété trois fois. Vuillaume, dans son manuel de 1820, l’assimile à « Vivat » ; d’autres auteurs le rapprochent du « hourra » des marins anglais.
  • Certaines loges françaises : « Liberté, Égalité, Fraternité », notamment au Grand Orient de France.
  • Rite Écossais Rectifié et autres rites : formules propres à leurs rituels.

Quand tire-t-on une batterie ?

La batterie est tirée à l’ouverture et à la fermeture des travaux, après les formules rituelles. Elle salue aussi l’entrée d’un dignitaire, l’accueil des visiteurs, l’installation des officiers, la fin d’une initiation ou d’une augmentation de salaire, et l’approbation d’une planche dans certaines loges. Au banquet d’ordre, chaque santé est suivie d’une batterie et d’une acclamation. Le Vénérable invite à la tirer, et tous la frappent ensemble.

La batterie de deuil

Lors des tenues funèbres ou à l’annonce du décès d’un frère ou d’une sœur, la loge tire une batterie de deuil, dite aussi batterie voilée : les coups sont frappés en silence, sur l’avant-bras, ou très étouffés, et l’acclamation est remplacée par une formule de regret. Certains rituels prévoient ensuite une batterie d’espérance, qui rappelle l’enseignement du grade de Maître sur la mort et le relèvement.

Origines du mot et du geste

Le mot vient du vocabulaire militaire et musical : la batterie désigne la série de coups de tambour qui transmet un ordre. Le banquet d’ordre, avec ses canons et ses feux, a renforcé cette coloration militaire. Le geste lui-même, applaudir à l’unisson, est une forme ritualisée de l’acclamation antique. Il est attesté dans la maçonnerie française dès le XVIIIe siècle et Bazot, en 1810, mentionne déjà la « triple batterie ».

Sens symbolique

Tous frappent ensemble, au même rythme : la batterie est l’expression sonore de l’harmonie de la loge. Elle marque les limites du temps rituel et rassemble les énergies du groupe. Une batterie hésitante ou désordonnée est d’ailleurs le signe d’une loge peu attentive. Elle est, à sa manière, une chaîne d’union faite de sons.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Étienne-François Bazot, Vocabulaire des francs-maçons, 1810 (rééd. numérique Arbre d’Or, 2008).
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948 (rééd.).

À retenir

  • La batterie est une série de coups frappés dans les mains selon le grade.
  • Elle ouvre et ferme les travaux et salue les moments solennels.
  • Elle est suivie d’une acclamation : Vivat, Houzzé ou devise républicaine.
  • La batterie de deuil se frappe en silence.

Voir aussi dans le glossaire : Acclamations : la voix joyeuse et solennelle de la Loge, Houzzé, VIVAT, Maillet, Banquet d’ordre, Tenue Funèbre, Âge Maçonnique.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Bâton (ou Canne) en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En loge, le bâton, que l’on appelle plus souvent canne, est d’abord l’attribut du Maître des cérémonies, l’officier qui règle les déplacements et le déroulement des travaux. Il accompagne ses circulations, ponctue certains moments de la tenue et sert à conduire les candidats lors des cérémonies. D’autres officiers en portent dans certains rites, comme les Diacres et les Stewards de la tradition anglaise. Objet d’office plus qu’accessoire décoratif, le bâton rappelle la longue histoire des bâtons de commandement et de cérémonie, tout en offrant aux maçons un support de réflexion sur la rectitude, le cheminement et le service.

Un objet d’office

La canne du Maître des cérémonies est généralement un bâton droit, en bois sombre, muni d’un pommeau et parfois d’un embout métallique. Elle est confiée à l’officier lors de son installation et ne quitte pas sa fonction : c’est un insigne d’office, comme le maillet du Vénérable Maître ou l’épée de l’Expert. Le vocabulaire varie selon les loges : canne, bâton, plus rarement verge, au sens ancien de baguette d’huissier ou de bedeau.

Le bijou du Maître des cérémonies, porté au sautoir, associe souvent deux épées croisées et une canne, ou une canne seule ; le modèle exact dépend du rite et de l’obédience. Il ne faut pas confondre cet usage avec la canne du compagnonnage, emblème personnel remis au Compagnon du Devoir et ornée de rubans, qui relève d’une autre tradition.

Dans les rituels

  • Ouverture et fermeture : dans plusieurs rituels, le Maître des cérémonies et l’Expert forment une équerre ou une voûte au-dessus de l’autel des serments, l’un avec la canne, l’autre avec l’épée.
  • Circulations : le Maître des cérémonies conduit les déplacements sur le pavé mosaïque, marque les angles et peut frapper le sol pour annoncer une entrée ou rythmer un moment.
  • Lumières : dans certains ateliers, il accompagne l’allumage et l’extinction des luminaires en levant puis en abaissant sa canne.
  • Initiation : il prépare le candidat et le guide au cours des voyages et des épreuves.
  • Accueil : il introduit les visiteurs et les dignitaires selon le protocole de la loge.

Variations selon les rites

Les gestes précis varient d’un rite à l’autre et souvent d’une loge à l’autre. Au Rite Écossais Ancien et Accepté, le rituel d’installation du collège des officiers remet la canne au Maître des cérémonies en lui confiant la conduite des travaux. Au Rite Français, les usages sont souvent plus sobres, la canne servant surtout à ordonner les déplacements.

Dans la tradition anglaise et au rite Émulation, ce sont surtout les Diacres qui portent un long bâton, ou wand, pour conduire le candidat et transmettre les messages entre les officiers ; le Director of Ceremonies et les Stewards ont également le leur. Le bijou des Diacres, une colombe, rappelle leur fonction de messagers.

Une longue histoire des bâtons de cérémonie

Le bâton comme signe d’une fonction est très ancien : sceptre des souverains, crosse des évêques, bâton des hérauts, des huissiers ou des maîtres de cérémonie des cours d’Ancien Régime, masses des universités et des parlements. La franc-maçonnerie du XVIIIe siècle, qui emprunte ses formes à la sociabilité de son temps, reprend naturellement cet insigne de service et d’ordre. Aucun document ne permet en revanche de rattacher directement la canne maçonnique à un outil de mesure des bâtisseurs médiévaux, comme on le lit parfois.

Les références bibliques sont souvent invoquées par les auteurs maçonniques : bâton de Moïse, verge d’Aaron qui fleurit, bâton du pèlerin. Elles nourrissent la méditation symbolique, sans constituer une origine historique attestée.

Lectures symboliques

Les planches consacrées à la canne en proposent plusieurs lectures. La rectitude d’abord : le bâton droit évoque la conduite juste, comme le fil à plomb. Le cheminement ensuite : bâton du pèlerin et du chercheur, il accompagne le voyage initiatique. Le service enfin : l’autorité du Maître des cérémonies est déléguée par le Vénérable Maître et n’existe que pour permettre aux autres de travailler en ordre.

Certains y voient aussi un axe reliant la terre et le ciel, ou la figure d’un « maître du temps et de l’espace » de la tenue. Ces interprétations, fréquentes dans la littérature maçonnique, appartiennent à la réflexion personnelle des maçons et non à une doctrine fixée.

Le saviez-vous ?

La canne du Maître des cérémonies est parfois décrite comme creuse, capable de contenir des écrits. Le motif, présent dans des planches contemporaines, relève davantage de l’imaginaire symbolique que de l’usage documenté ; il rappelle toutefois que la fonction du Maître des cérémonies est aussi de garder et de transmettre l’ordre des travaux.

À retenir

  • La canne est l’insigne d’office du Maître des cérémonies.
  • Elle sert à conduire les circulations, l’initiation et certains moments d’ouverture et de fermeture.
  • Dans la tradition anglaise, Diacres et Stewards portent aussi un bâton.
  • Ses lectures symboliques, rectitude, cheminement, service, sont des interprétations.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Maître des cérémonies (MDC), Expert Officier, Diacres, Circulation, Bijou, Canne ou Bâton.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Banquet blanc en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le « banquet blanc » est un repas maçonnique auquel prennent part des personnes non initiées : conjoints, familles, amis, conférenciers ou invités de la loge. Il se distingue du banquet d’ordre, repas rituel réservé aux maçons, et des agapes ordinaires qui suivent les tenues. L’adjectif « blanc » s’emploie ici comme dans « tenue blanche » : il signale que la rencontre ne comporte pas de travaux rituels réservés aux initiés. Ce moment compte dans la vie des ateliers, car il prolonge la fraternité au-delà du temple et donne à l’entourage des maçons une image concrète de leur sociabilité.

Un mot à comprendre par analogie

Banquet blanc
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – CC BY 4.0

Le vocabulaire maçonnique français connaît plusieurs emplois du mot « blanc ». La tenue blanche désigne une réunion qui n’est pas ouverte rituellement à un grade : la tenue blanche fermée réunit des maçons autour d’un conférencier souvent profane, la tenue blanche ouverte accueille aussi un public non initié. Le banquet blanc suit la même logique : un repas fraternel où l’on ne pratique pas le cérémonial réservé aux initiés.

L’ancienne notice expliquait ce terme par une opposition entre le « bleu » des loges symboliques et le « blanc » des profanes. Cette explication relève de l’interprétation : rien n’atteste une telle origine. Le sens le plus sûr est celui de l’usage, « blanc » signifiant sans travaux rituels, comme dans d’autres expressions françaises où l’adjectif marque l’absence de l’essentiel formel.

Des tavernes aux loges de table

Le repas est inséparable de la naissance de la franc-maçonnerie spéculative. Au début du XVIIIe siècle, les loges londoniennes se réunissent dans des tavernes, et la Grande Loge de Londres naît en 1717 au cours d’une réunion tenue dans l’une d’elles. En France, les loges se réunissent aussi chez des traiteurs ou dans des auberges. Peu à peu, le repas est codifié : la loge de table devient un véritable rituel, avec ses santés, ses batteries et son lexique emprunté à l’artillerie.

À côté de ce banquet d’ordre, célébré surtout aux fêtes solsticiales de la Saint-Jean d’hiver et de la Saint-Jean d’été, les loges ont toujours organisé des repas plus libres. Au XVIIIe siècle, les loges d’adoption réunissent hommes et femmes autour de fêtes et de banquets ; au XIXe siècle, les fêtes de famille et les banquets de société deviennent courants. Le banquet blanc s’inscrit dans cette tradition de sociabilité élargie.

Banquet blanc, banquet d’ordre, agapes

  • Banquet d’ordre : repas rituel réservé aux maçons, tenue d’obligation dans plusieurs rites, avec santés d’obligation, batteries et vocabulaire codifié.
  • Agapes : repas fraternel qui suit ordinairement une tenue, sans rituel ou avec un cérémonial très réduit.
  • Banquet blanc : repas ouvert à des non-initiés, souvent après une tenue blanche, lors d’une fête de loge ou d’une manifestation philanthropique.
  • Banquet de famille : expression parfois employée pour un repas réunissant les maçons et leurs proches, très proche du banquet blanc.

Comment se déroule un banquet blanc

Il n’existe pas de rituel unique : chaque loge et chaque obédience organise ce repas à sa manière. En règle générale, les maçons ne portent pas de décors, les santés rituelles du banquet d’ordre ne sont pas tirées ou sont remplacées par des toasts de courtoisie, et les sujets réservés aux tenues ne sont pas abordés. Le Maître des banquets, ou l’Hospitalier selon les ateliers, veille à l’organisation et à l’accueil.

Certaines loges conservent par jeu quelques termes de table, que les invités découvrent avec amusement : le verre devient canon, le vin poudre, la bouteille barrique, le pain pierre brute, le couteau glaive. Ce lexique n’a rien de secret : il a été publié dès le XVIIIe siècle et figure aujourd’hui dans de nombreux ouvrages et sites maçonniques.

Le saviez-vous ?

Le Musée de la franc-maçonnerie, à Paris, conserve une assiette en faïence fine imprimée de la manufacture Paillart et Hautin à Choisy, vers 1830, consacrée au banquet maçonnique. Ces services décorés témoignent de la place qu’occupait le repas dans la vie des loges, et de leur ouverture sur la culture populaire de leur temps. La BnF rappelle aussi que chacun payait son « triangle », c’est-à-dire sa part du repas.

Fonction et enjeux aujourd’hui

Le banquet blanc remplit plusieurs fonctions. Il associe les familles à une activité qui prend du temps et peut susciter des interrogations. Il permet aux profanes de rencontrer des maçons en dehors des fantasmes de secret. Il peut aussi soutenir une action caritative ou prolonger une conférence publique. Il exige néanmoins du tact : on n’y fait ni prosélytisme ni recrutement appuyé, et l’on respecte la discrétion de chacun sur son appartenance.

Pour approfondir

  • Le lexique des banquets maçonniques, dans les articles de 450.fm consacrés aux termes de table.
  • La notice « Le banquet maçonnique » de BnF Essentiels, autour d’une assiette du Musée de la franc-maçonnerie.
  • Les notices du glossaire « Banquet d’ordre » et « Banquet » pour le repas rituel proprement dit.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Banquet d’ordre, Tenue blanche fermée, Loge de Table, Santé, Canon, Maître des Banquets, Hospitalier (ou Elémosinaire).

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Banquet d’ordre en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le banquet d’ordre, ou loge de table, est un repas rituel tenu par une loge réunie en décors, sous la direction du Vénérable Maître et des Surveillants. Il se distingue des agapes ordinaires par son cérémonial : disposition en fer à cheval, vocabulaire propre emprunté à l’artillerie, santés d’obligation portées selon un ordre fixé et ponctuées de « feux ». Pratiqué en particulier aux fêtes solsticiales de la Saint-Jean, il prolonge les travaux du temple dans la salle de banquet et fait du repas partagé une expression concrète de la fraternité.

Définition

La fête de la Saint-Jean d'été
La fête de la Saint-Jean d’été

Le Vocabulaire des francs-maçons de Bazot (1810) définit le banquet comme un « repas maçonnique dans lequel on boit avec des cérémonies particulières ». C’est l’essentiel : le banquet d’ordre est une tenue à part entière, ouverte et fermée rituellement, où les frères et sœurs portent leurs décors et où le Vénérable dirige les santés au maillet. On l’oppose au « banquet familial » ou aux agapes, repas fraternels sans rituel auxquels peuvent être conviés les proches.

Une langue de table venue de l’artillerie

Le trait le plus célèbre de la loge de table est son lexique. Les objets du repas reçoivent des noms militaires ou empruntés au chantier :

  • les verres sont des canons, alignés sur la table ;
  • le vin est la poudre forte (ou poudre rouge), l’eau la poudre faible ou poudre blanche ;
  • les bouteilles sont des barils ou barriques, la table la planche ;
  • le pain est la pierre brute, les plats des plateaux, le sel le sable ;
  • le couteau est le glaive, la fourchette la pioche, la cuillère la truelle ;
  • boire se dit « tirer une canonnée » ou faire feu, manger « mastiquer ».

Ce vocabulaire, attesté dès les divulgations françaises du milieu du XVIIIe siècle, reflète la forte présence des militaires dans les loges de l’Ancien Régime et le goût de l’époque pour les sociétés de table. Les variantes sont nombreuses d’un rite et d’une obédience à l’autre.

Le déroulement

La table est généralement disposée en fer à cheval : le Vénérable siège au centre, les Surveillants aux extrémités, les frères à l’extérieur ; l’intérieur reste libre pour le service. Les travaux de table sont ouverts, puis les santés d’obligation sont tirées à intervalles, chacune annoncée par le Vénérable, répétée par les Surveillants et exécutée selon un geste codifié en plusieurs temps, terminé par le choc simultané des canons posés sur la table. Une batterie et une acclamation accompagnent chaque santé.

Les santés d’obligation

Banquet d’ordre
Banquet d’ordre a Freemasons hall a San Francisco – Photo du frère James Devuyst

Le Rite Français en compte traditionnellement sept, portées dans un ordre fixe : au chef de l’État ou à la patrie, à l’obédience et à son Grand Maître, au Vénérable, aux Surveillants, aux visiteurs, aux officiers et membres de la loge, enfin à tous les maçons répandus sur la surface de la terre. Cette dernière santé, dite santé du Vénérable ou « de tous les maçons », se porte en formant la chaîne d’union. Le Rite Écossais Ancien et Accepté et d’autres rites connaissent des usages proches, avec leurs propres formules.

Histoire et usages actuels

Les fêtes de l’Ordre aux deux Saint-Jean, d’hiver et d’été, s’accompagnaient dès le XVIIIe siècle de banquets solennels. Au XIXe siècle, le banquet d’ordre est très pratiqué et nourrit une abondante production de chansons maçonniques. Il s’est raréfié au XXe siècle, au profit d’agapes simples, mais de nombreuses loges le pratiquent encore à la Saint-Jean, lors d’anniversaires ou d’installations, et des rituels de table sont publiés par plusieurs obédiences. Dans le monde anglophone, l’équivalent est le festive board, ponctué de toasts, dont le dernier est le toast du Tuileur.

Sens symbolique

Le banquet d’ordre affirme que la fraternité ne s’arrête pas aux portes du temple. Partager le pain et le vin selon un rituel discipliné, c’est montrer que la convivialité peut être ordonnée sans perdre sa chaleur. Le choc des canons à l’unisson illustre l’unité de la loge ; la santé finale, en chaîne d’union, élargit la table à l’ensemble des maçons du monde.

Qui fait quoi à la table

Banquet d’ordre
Alignez-les-canons

Le Vénérable dirige les travaux de table au maillet ; les deux Surveillants, placés aux extrémités du fer à cheval, transmettent ses annonces sur leurs colonnes. Le Maître des cérémonies veille à l’ordre du service, souvent assisté de frères servants. Les visiteurs sont placés selon leur qualité, et le Couvreur garde la porte comme en tenue. Cette organisation reproduit fidèlement celle du temple, transposée autour de la table.

À retenir

  • Le banquet d’ordre est une tenue ritualisée, à distinguer des agapes.
  • Il emploie un vocabulaire d’artillerie : canons, poudre, feu.
  • Les santés d’obligation y sont portées selon un ordre fixé.
  • Il est traditionnellement lié aux fêtes solsticiales de la Saint-Jean.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Loge de Table, Batterie, Saint-Jean d’été, Salle Humide.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Banquet en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le banquet est le repas que partagent les membres d’une loge à l’issue d’une tenue ou lors des grandes fêtes de l’année maçonnique. Les glossaires le décrivent comme une pratique fréquente, dont certaines formes sont rituelles et suivent des consignes précises. On distingue en France les agapes fraternelles, repas convivial ordinaire, et le banquet d’ordre ou loge de table, véritable cérémonie avec son vocabulaire, ses santés et son ordonnance. Héritier des réunions de taverne du XVIIIe siècle, le banquet prolonge les travaux dans la convivialité.

Des tavernes aux loges de table

Banquet

Les premières loges spéculatives se réunissaient dans des tavernes. La Grande Loge de Londres fut fondée en 1717 par quatre loges qui portaient le nom des établissements où elles se retrouvaient, comme l’Oie et le Gril ou le Pommier. Le repas faisait alors partie intégrante de la réunion. Les Constitutions d’Anderson (1723) consacrent un article à la conduite après la fermeture de la loge, recommandant une gaieté honnête sans excès et proscrivant les querelles. En France, au XVIIIe siècle, ces repas se ritualisent sous le nom de travaux de table.

Agapes et banquet d’ordre

  • Les agapes : repas fraternel pris après la tenue, sans cérémonial particulier, souvent dans une salle attenante au temple. Le mot vient du grec agapè, l’amour fraternel, qui désignait aussi les repas communautaires des premiers chrétiens.
  • Le banquet d’ordre ou loge de table : repas rituel, ouvert et fermé comme une tenue, avec un vocabulaire spécifique et des santés codifiées.
  • Les banquets solsticiaux : organisés à la Saint-Jean d’hiver et à la Saint-Jean d’été, ils sont souvent l’occasion d’un banquet d’ordre.

L’ordonnance du banquet d’ordre

La table est traditionnellement disposée en fer à cheval. Le Vénérable préside au centre de la partie haute, à l’Orient ; les Surveillants occupent les extrémités, à l’Occident ; les frères s’installent sur le pourtour extérieur, l’espace intérieur restant libre pour le service. Le Maître des banquets veille à la préparation. Les travaux de table sont ouverts rituellement, comme une tenue, et suivent un déroulement réglé par le rite pratiqué.

La langue de table

Banquet
Banquet d’ordre a Freemasons hall a San Francisco – Photo du frère James Devuyst

Le banquet d’ordre utilise un vocabulaire imagé : le verre est un canon, le vin une poudre forte, l’eau une poudre faible, le pain une pierre brute, la bouteille une barrique, l’assiette une tuile, le couteau un glaive, la fourchette une pioche. Boire, c’est tirer une canonnée ; verser, c’est charger ; ranger les instruments, c’est aligner. On rattache souvent ces termes d’artillerie aux nombreuses loges militaires du XVIIIe siècle et de l’Empire, explication plausible mais difficile à prouver.

Les santés

Le cœur du banquet d’ordre est la série des santés d’obligation, portées dans un ordre fixé : au chef de l’État ou à la patrie, à l’obédience et à son Grand Maître, au Vénérable, aux Surveillants, aux visiteurs, aux officiers, et enfin à tous les maçons répandus sur la terre. Le nombre et la formulation varient selon les rites ; le Rite français en compte traditionnellement sept. Chaque santé suit le même rythme : charger, aligner, tirer, puis reposer les canons d’un geste commun, souvent accompagné d’une batterie.

Le sens du repas partagé

Le banquet maçonnique n’est pas un simple moment de détente. Il met en pratique, à table, les valeurs travaillées en loge : l’égalité, puisque chacun prend place selon l’ordonnance commune ; la fraternité, que matérialise le partage du pain et du vin ; la mesure, que garantit le cérémonial. Il permet aussi aux membres de se connaître en dehors du cadre rituel, et de poursuivre de manière plus libre les échanges entamés en tenue.

Excès et critiques

Banquet
Alignez-les-canons

Le banquet a parfois valu aux loges des critiques. Au XVIIIe siècle, des satires et des divulgations raillaient des réunions où l’on mangeait et buvait plus qu’on ne travaillait. Les rituels ont toujours rappelé l’exigence de tempérance, et l’ordonnance codifiée du banquet d’ordre peut se lire comme une réponse : la convivialité est permise, mais encadrée. Aujourd’hui, beaucoup de loges ont simplifié leurs agapes, tandis que d’autres redécouvrent la richesse des anciens rituels de table.

Le saviez-vous ?

Dans les chapitres de Rose-Croix, au 18e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté, le repas rituel prend une autre forme : une agape où le pain et le vin sont partagés en silence, dans un esprit de communion. Le même geste du repas peut donc porter des sens très différents selon les grades.

Voir aussi dans le glossaire : Loge de Table, Canon, Aligner, Maître des Banquets, Saint-Jean d’été.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Bannière en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

La bannière est l’étendard d’une loge ou d’une obédience : une pièce d’étoffe brodée ou peinte, portée sur une hampe ou suspendue dans le temple, qui en porte le nom, l’orient, parfois la date de fondation et les emblèmes. Bazot la définissait dès 1810 comme l’« enseigne sur laquelle sont peints les attributs de la loge ». Objet d’identité plus que de rituel, elle accompagne les cérémonies solennelles, les processions et les rassemblements, et témoigne de l’histoire d’un atelier. Très présente au XIXe siècle, elle reste un marqueur fort de la mémoire collective des loges.

Définition et description

Bannière
GCG-RF-GODF,-bannière

La bannière maçonnique est généralement rectangulaire ou en forme de gonfanon, en velours, soie ou satin, bordée de franges dorées ou argentées. Elle porte le titre distinctif de la loge, son orient, c’est-à-dire la ville où elle travaille, son numéro et l’obédience dont elle relève. Les emblèmes sont choisis librement : équerre et compas, delta lumineux, étoile flamboyante, colonnes, soleil et lune, ou un symbole propre au nom de la loge. Elle n’est pas un outil rituel obligatoire, à la différence du maillet ou du Volume de la Loi sacrée.

Une héritière des corporations

Les métiers d’Ancien Régime et les confréries défilaient derrière leurs bannières lors des processions religieuses et des fêtes patronales. Les sociétés compagnonniques ont conservé cet usage. La franc-maçonnerie, qui hérite des cadres symboliques du métier de bâtisseur, a adopté à son tour l’étendard comme signe de reconnaissance collective. Les premières mentions concernent surtout les processions publiques des loges britanniques au XVIIIe siècle, lors de la pose de premières pierres ou de fêtes de l’Ordre.

L’âge d’or du XIXe siècle

Au XIXe siècle, en Grande-Bretagne comme sur le continent, les loges multiplient bannières et drapeaux brodés. Ils figurent aux fêtes solsticiales, aux inaugurations de temples et aux obsèques maçonniques. En France, sous la Troisième République, des bannières de loges apparaissent aussi dans certaines manifestations publiques et funérailles républicaines. Beaucoup de ces pièces sont aujourd’hui conservées dans les musées maçonniques, où elles constituent un patrimoine textile et iconographique de premier ordre.

Usages actuels

Bannière
GODF, la bannière
  • exposition dans le temple, souvent à l’Orient ou près du plateau du Vénérable ;
  • présentation lors des installations, des anniversaires de loge et des tenues solennelles ;
  • cortège des bannières lors des grandes assemblées d’obédience ou des convents ;
  • transmission d’une génération à l’autre comme témoin de la continuité de l’atelier.

Les obédiences et les juridictions de hauts grades ont aussi leurs bannières, déployées lors de leurs assemblées. Dans certains rites, la bannière d’un atelier est saluée à son entrée par une batterie.

Portée symbolique

Une bannière rend visible ce qui, en loge, reste d’ordinaire discret : l’existence d’une communauté particulière, avec son nom, son histoire et ses valeurs. Elle rappelle que la loge n’est pas une simple association de personnes mais un corps qui dure au-delà de ses membres. Le choix des emblèmes, souvent débattu longuement lors de la fondation, exprime l’identité et le projet de l’atelier.

Le saviez-vous ?

Dans la marine et l’armée, la bannière ou le drapeau est un objet d’honneur que l’on ne laisse jamais tomber à terre. Ce respect se retrouve en loge : la bannière est portée par un frère ou une sœur désigné et escortée lors des déplacements solennels, à l’image des usages militaires du XIXe siècle.

Concevoir une bannière

Bannière

La création d’une bannière est souvent un projet collectif : choix des symboles en lien avec le titre distinctif de la loge, de la devise éventuelle, des couleurs du rite, puis réalisation par un brodeur ou un atelier spécialisé. Le résultat est présenté lors d’une tenue solennelle, parfois à l’occasion d’un anniversaire. Les règlements de certaines obédiences encadrent l’usage des emblèmes officiels, pour éviter toute confusion entre loge et obédience.

À retenir

  • La bannière porte le nom, l’orient et les emblèmes d’une loge ou d’une obédience.
  • Elle hérite des étendards des corporations et des confréries.
  • Elle connaît son apogée au XIXe siècle et reste utilisée lors des tenues solennelles.
  • C’est un objet d’identité et de mémoire, non un outil rituel obligatoire.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Orient, Titre Distinctif, Obédience, Installation, Batterie, Décors.

Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Bandeau en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le bandeau est le tissu qui couvre les yeux du candidat pendant la plus grande partie de la cérémonie d’initiation. Il le prive de la vue depuis son entrée dans le Temple jusqu’au moment où, après son engagement, la Lumière lui est donnée. Attesté dès les premières divulgations françaises, il est l’un des éléments les plus connus du rituel maçonnique. Son sens est double : il figure les ténèbres de l’ignorance et des préjugés que l’initié laisse derrière lui, et il oblige le candidat à s’en remettre à la loge, à écouter et à se tourner vers l’intérieur avant de voir.

Un élément ancien du rituel

Bandeau
Le bandeau par Jissey

En 1737, la Réception d’un Frey-Maçon, l’une des premières divulgations parues en France, décrit déjà le moment où l’on bande les yeux du récipiendaire avant de l’introduire, puis celui où on lui fait voir le jour. Dans la tradition anglaise, le candidat est dit hoodwinked, terme qui désignait à l’origine un capuchon rabattu sur les yeux. Le bandeau appartient donc au socle le plus ancien de l’initiation spéculative.

L’ancienne version de cette notice affirmait que les Constitutions d’Anderson (1723) codifiaient le bandeau : ce n’est pas le cas, ce texte ne décrivant pas la cérémonie de réception. Les comparaisons avec les mystères antiques, comme Éleusis, relèvent des interprétations développées à partir de la fin du XVIIIe siècle, notamment par Alexandre Lenoir, et non d’une filiation historique établie.

Dans la cérémonie d’initiation

Les étapes publiées par les obédiences permettent de situer le bandeau :

  • Après le cabinet de réflexion, le candidat est préparé et ses yeux sont bandés.
  • Il est introduit dans le Temple, guidé par un officier, souvent l’Expert.
  • Il accomplit les voyages et épreuves symboliques sans rien voir.
  • Il prend son engagement devant la loge.
  • Le bandeau tombe : c’est la remise de la Lumière, moment le plus attendu de la cérémonie.

Selon les rites, la Lumière est donnée en une ou plusieurs fois, et ce que découvre le nouvel initié en ouvrant les yeux varie. Ces détails relèvent du rituel propre à chaque obédience.

Ténèbres et Lumière

Le bandeau figure d’abord l’état du profane, privé de la Lumière initiatique : ignorance, préjugés, illusions. Son retrait symbolise l’éveil, le passage des ténèbres à la Lumière qui résume toute l’initiation. Plusieurs auteurs rapprochent ce moment de l’allégorie de la caverne de Platon, où le prisonnier, libéré de ses chaînes, découvre progressivement la lumière du jour.

Confiance, écoute, intériorité

Bandeau

Privé de la vue, le candidat dépend entièrement de ceux qui le guident. Le bandeau enseigne ainsi la confiance et l’humilité : on ne s’avance pas seul dans la loge. Il aiguise aussi les autres sens, en particulier l’ouïe, et invite à une attention intérieure. Pour beaucoup de maçons, c’est ce qu’ils ont entendu et ressenti sous le bandeau, plus que ce qu’ils ont vu ensuite, qui a marqué leur initiation.

Selon les rites

Au Rite Écossais Rectifié, codifié autour de Jean-Baptiste Willermoz, le passage des ténèbres à la Lumière s’inscrit dans une lecture chrétienne de la chute et de la réintégration. Au REAA, il couronne les épreuves des éléments. Au Rite Français, il est souvent lu comme le triomphe de la raison sur les préjugés. Le rite anglais de style Émulation insiste sur la vulnérabilité du candidat et sur la protection que lui offre la loge.

Le bandeau avant l’initiation

Dans plusieurs obédiences françaises, le candidat porte déjà un bandeau lors du passage sous le bandeau, l’entretien collectif qui précède le vote de la loge sur son admission. Il y est interrogé sans voir ses interlocuteurs, ce qui préserve la discrétion des membres et place la parole au premier plan. Les deux usages ne doivent pas être confondus : l’un relève de la procédure d’admission, l’autre du rituel d’initiation.

Le saviez-vous ?

Bandeau
J.-B. Willermoz

Le bandeau réapparaît dans certaines cérémonies de grades ultérieurs, où il rappelle au maçon que chaque étape du chemin commence par une forme d’obscurité. Le geste fondateur de l’initiation se rejoue ainsi, sous d’autres formes, tout au long du parcours.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Oswald Wirth, Le Livre de l’Apprenti, 1894.
  • Alexandre Lenoir, La Franche-maçonnerie rendue à sa véritable origine, 1814.
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.
  • Arnold van Gennep, Les Rites de passage, 1909.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Passage sous le bandeau, Lumières (trois), Cabinet de Réflexion, Expert Officier, Profane.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

B comme Balustre en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le balustre est, dans le vocabulaire maçonnique français, le procès-verbal des réunions tenues dans les ateliers de hauts grades, et plus largement l’écrit officiel qui en émane. Il est l’équivalent, pour les chapitres, aréopages ou autres juridictions au-delà de la Maîtrise, de ce que le tracé ou la planche tracée est pour les loges symboliques. Le mot, emprunté à l’architecture, désigne d’abord la petite colonne renflée d’une balustrade ; son étymologie renvoie à la fleur du grenadier. Notion technique et discrète, il témoigne du goût maçonnique pour un vocabulaire tiré de l’art de bâtir.

Définition

Balustre
Le premier texte maçonnique français

Les lexiques maçonniques définissent le balustre comme le procès-verbal des tenues en loges de hauts grades. Il relate les présences, les travaux, les cérémonies et les décisions de l’atelier, et il est lu puis adopté lors de la réunion suivante. Par extension, le mot désigne aussi les écrits officiels émanant des juridictions de hauts grades : circulaires, convocations ou correspondances.

Un mot d’architecte

En architecture, le balustre est la petite colonne, souvent galbée, qui soutient la main courante d’une balustrade. Le mot vient de l’italien balaustro, lui-même tiré du latin balaustium et du grec balaustion, qui désignaient la fleur du grenadier sauvage : le renflement du balustre rappelait la forme de cette fleur. On notera la coïncidence avec la grenade qui orne les chapiteaux des colonnes maçonniques.

Planche, tracé, balustre : un lexique du bâtisseur

La Franc-maçonnerie désigne ses écrits par des termes empruntés au chantier :

  • La planche : exposé ou travail présenté en loge, et plus largement tout écrit maçonnique ; à l’origine, la planche à tracer de l’architecte.
  • Le tracé ou planche tracée : procès-verbal d’une tenue en loge symbolique, rédigé par le Secrétaire.
  • Le morceau d’architecture : ancienne expression pour un travail présenté en loge.
  • Le balustre : procès-verbal ou écrit officiel des ateliers de hauts grades.
  • La planche de convocation : document qui annonce une tenue et son ordre du jour.

Ce vocabulaire maintient une continuité métaphorique : l’écrit maçonnique est une pièce de l’édifice, au même titre que la pierre taillée. Le balustre, petite colonne d’ornement, convenait aux ateliers qui se pensent comme les étages supérieurs du Temple.

Rédaction et adoption

Balustre

Le balustre est rédigé par l’officier chargé du secrétariat de l’atelier, dont le titre varie selon les degrés et les rites. Il est lu en séance suivante, soumis aux observations des membres présents, puis adopté, souvent après les conclusions de l’officier chargé de veiller au respect des règlements. Les balustres sont conservés dans les archives de l’atelier et constituent, pour les historiens, une source précieuse sur la vie des hauts grades.

Rédiger un balustre est un exercice d’équilibre. Il faut rendre compte fidèlement des travaux sans les trahir ni les divulguer, résumer les exposés sans les déformer, consigner les décisions avec exactitude. Les secrétaires expérimentés rappellent que le compte rendu n’est pas un simple formulaire : sa qualité d’écriture participe de la mémoire de l’atelier et du respect dû au travail de chacun.

Discrétion et archives

Comme les tracés des loges symboliques, les balustres sont réservés aux membres du grade concerné. Leur conservation est un enjeu patrimonial : les archives maçonniques, dont une partie a été dispersée ou saisie au cours des persécutions du XXe siècle, permettent aujourd’hui de reconstituer l’histoire des ateliers. Les bibliothèques et musées des obédiences, ainsi que la Bibliothèque nationale de France, en conservent des fonds.

Le saviez-vous ?

L’ancienne version de cette notice attribuait au balustre une portée ésotérique développée par Oswald Wirth ou Jean-Marie Ragon et un lien avec la balustrade du Saint des Saints au 4e degré du REAA : ces affirmations n’ont pu être vérifiées et ont été retirées. Le balustre est avant tout un document, dont la valeur tient à la fidélité du compte rendu et à la mémoire qu’il préserve.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Planche, Tracé, Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Élection de Rudyard Kipling comme secrétaire de la loge Hope and Perseverance, 10 janvier 1887 (date historique), Chapitre, Aréopage, Morceau d’Architecture.

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