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A comme Auspices en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Travailler sous les auspices d’une obédience signifie, pour une loge, agir sous son autorité et avec sa reconnaissance. L’expression, héritée de la religion romaine où l’on observait le vol des oiseaux avant toute entreprise, figure dans les formules d’ouverture des travaux, en tête des planches et sur les patentes de constitution. Elle exprime le lien entre une loge et la puissance maçonnique qui l’a constituée : sans ce rattachement, l’atelier serait considéré comme « sauvage ». Comprendre les auspices, c’est comprendre comment la franc-maçonnerie concilie l’autonomie des loges et l’unité de l’Ordre.

Étymologie

Auspices

Le latin auspicium vient de avis, « oiseau », et specere, « observer ». À Rome, les magistrats prenaient les auspices avant une bataille ou une assemblée : l’observation des oiseaux indiquait si les dieux étaient favorables. Le droit de prendre les auspices était lié à l’autorité publique. Le mot a glissé vers le sens figuré de protection et de patronage, que l’on retrouve dans l’expression courante « sous les auspices de ».

Le sens maçonnique

En franc-maçonnerie, une loge travaille « sous les auspices » de l’obédience qui lui a délivré ses lettres de constitution : Grand Orient, Grande Loge ou autre juridiction. Pour les ateliers de hauts grades, ce sont le Suprême Conseil, le Grand Chapitre ou le Grand Prieuré concernés. Les rituels d’ouverture du REAA en France emploient des formules du type « au nom et sous les auspices » de l’obédience : le Vénérable ouvre les travaux en vertu d’une autorité qui le dépasse.

Patentes et constitutions

L’autorité se matérialise par la patente, ou lettres constitutives. Dès la création de la Grande Loge de Londres en 1717 et la publication des Constitutions de 1723, le principe s’impose : une nouvelle loge doit être constituée par le Grand Maître ou son délégué pour être reconnue. En France, la Grande Loge puis le Grand Orient de France, fondé en 1773, délivrent des constitutions aux loges qui sollicitent leur rattachement. La patente est souvent exposée dans le temple et doit être présente pour que la loge puisse travailler régulièrement.

Une autorité limitée et consentie

  • la loge reste souveraine pour la conduite de ses travaux, l’élection de ses officiers et l’admission de ses membres, dans le respect des règlements ;
  • l’obédience garantit la conformité aux principes, aux rituels reconnus et aux règlements généraux ;
  • elle assure les relations avec les autres obédiences et la reconnaissance des membres lors des visites ;
  • elle peut suspendre ou retirer sa patente à une loge en cas de manquement grave.

Loges « sauvages » et régularité

Auspices

Une loge qui travaille sans patente, ou qui s’est séparée de son obédience sans en rejoindre une autre, est dite sauvage ou irrégulière. Ses membres ne sont pas reçus comme visiteurs dans les loges des obédiences établies. La question des auspices rejoint ainsi celle, plus large, de la régularité et de la reconnaissance entre obédiences, qui varie selon les traditions maçonniques.

Le saviez-vous ?

Les abréviations en tête des documents maçonniques combinent souvent l’invocation « À la Gloire du Grand Architecte de l’Univers » et la mention de l’obédience sous les auspices de laquelle la loge travaille. Une planche ou un diplôme indique ainsi d’un coup d’œil le cadre symbolique et l’autorité institutionnelle de l’atelier.

Les auspices dans les hauts grades

Le même principe vaut pour les ateliers supérieurs. Une loge de perfection, un chapitre ou un aréopage du Rite Écossais Ancien et Accepté travaille sous les auspices d’un Suprême Conseil ; un chapitre du Rite Français, sous ceux d’un Grand Chapitre ; une loge de Saint-André du Rite Écossais Rectifié, sous ceux de son Directoire ou Grand Prieuré. Les documents de ces ateliers mentionnent cette autorité, souvent avec la date selon le calendrier propre au rite.

Pour approfondir : ouvrages de référence

Auspices
  • Étienne-François Bazot, Vocabulaire des francs-maçons, 1810 (rééd. numérique Arbre d’Or, 2008).
  • James Anderson, The Constitutions of the Free-Masons, Londres, 1723.

À retenir

  • « Auspices » vient de l’observation des oiseaux par les augures romains.
  • Une loge travaille sous les auspices de l’obédience qui l’a constituée.
  • Cette autorité se matérialise par la patente ou lettres constitutives.
  • Sans auspices, une loge est dite sauvage ou irrégulière.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Patente, Obédience, Régularité, Loge Sauvage, Sautoir de Vénérable Maître, Orient.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Augmentation de salaire… en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Dans la langue maçonnique, l’augmentation de salaire désigne le passage d’un grade à un autre : d’Apprenti à Compagnon, puis de Compagnon à Maître, et par extension dans les hauts grades. Bazot, en 1810, la définissait simplement : « c’est élever un maçon en grade ». L’expression reprend le vocabulaire des chantiers, où l’ouvrier plus qualifié recevait une meilleure paie. En loge, le « salaire » n’est plus de l’argent mais la connaissance et la lumière reçues en récompense d’un travail accompli. Demander une augmentation de salaire, c’est se déclarer prêt à progresser.

Définition

Augmentation de salaire...
Tablier Français de Compagnon, au Rite symbolique Anglais Emulation – Ératosthène de cyrène — Travail personnel

Le Vocabulaire des francs-maçons de Bazot regroupe les expressions « augmentation de gage, de grade, de paye ou de salaire », toutes synonymes : elles signifient élever un maçon en grade. Aujourd’hui, l’expression s’emploie surtout pour le passage au deuxième et au troisième degré ; on parle aussi de « passage » au grade de Compagnon et d’« élévation » à la maîtrise.

Le salaire dans les catéchismes

La notion de salaire est très ancienne dans la maçonnerie spéculative. Dans Masonry Dissected de Samuel Prichard (1730), le Compagnon répond qu’il a reçu son salaire « dans la chambre du milieu », et les Surveillants ferment la loge en congédiant les ouvriers après leur avoir payé leurs gages. Les rituels français ont développé l’image : l’Apprenti reçoit son salaire à la colonne J, le Compagnon à la colonne B, le Maître dans la chambre du milieu. Le salaire est donc lié au lieu et au grade.

Un héritage des chantiers

Sur les chantiers médiévaux et modernes, les ouvriers étaient payés selon leur qualification, et la promotion d’un apprenti au rang de compagnon s’accompagnait d’une hausse de gages. La maçonnerie spéculative transpose cette réalité sociale en image morale : on ne reçoit que ce que l’on a mérité. Il convient toutefois de ne pas imaginer une continuité directe : l’expression est une métaphore élaborée par les loges du XVIIIe siècle.

La procédure

  • l’Apprenti ou le Compagnon accomplit un temps minimal dans son grade, fixé par les règlements ;
  • il présente un travail, souvent une planche, et répond aux questions d’instruction de son grade ;
  • son Surveillant, chargé de son instruction, donne son avis ;
  • les Maîtres de la loge votent sur la demande, généralement à bulletins secrets ;
  • si le vote est favorable, une cérémonie de passage ou d’élévation est organisée.

Les modalités varient selon les obédiences : dans certaines, c’est le candidat qui sollicite l’augmentation ; dans d’autres, c’est son Surveillant qui la propose. L’assiduité et l’engagement dans la vie de la loge sont toujours pris en compte.

Le sens du salaire initiatique

Augmentation de salaire...

Le salaire maçonnique n’est pas une récompense extérieure mais un enrichissement intérieur : de nouveaux symboles à méditer, une compréhension plus large, des responsabilités nouvelles. Il souligne que la progression maçonnique repose sur le travail et non sur l’ancienneté seule. Il rappelle aussi que le salaire se mérite chaque jour : le maître qui ne travaille plus ne gagne plus rien, quel que soit son grade.

Dans les hauts grades

Le vocabulaire du salaire se retrouve dans les ateliers de perfectionnement, où l’accès à un nouveau degré est également présenté comme une augmentation de salaire. La logique reste la même : un travail présenté, un avis favorable, une cérémonie qui ouvre de nouvelles perspectives.

Le saviez-vous ?

L’expression « recevoir son salaire » s’emploie aussi à la fin de chaque tenue : dans certains rituels, le Vénérable demande aux Surveillants si les ouvriers sont contents et satisfaits, comme sur un chantier où chacun repart payé de sa journée. Le salaire est donc aussi celui, plus modeste, de chaque réunion.

Pour approfondir : ouvrages de référence

Augmentation de salaire...
  • Samuel Prichard, Masonry Dissected, Londres, 1730.
  • Étienne-François Bazot, Vocabulaire des francs-maçons, 1810 (rééd. numérique Arbre d’Or, 2008).

À retenir

  • L’augmentation de salaire est le passage à un grade supérieur.
  • L’Apprenti reçoit son salaire à la colonne J, le Compagnon à la colonne B.
  • Elle suppose un travail présenté et un vote des Maîtres.
  • Le salaire maçonnique est un enrichissement intérieur, non monétaire.

Voir aussi dans le glossaire : Passage sous le bandeau, Élévation, Colonnes, Chambre du Milieu, Planche, Compagnon, Assiduité.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Attributs en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En franc-maçonnerie, les attributs sont les emblèmes qui caractérisent une fonction ou un grade : outils, objets ou figures portés en bijou au bout du sautoir, brodés sur un tablier ou disposés sur le plateau d’un officier. L’équerre du Vénérable Maître, le niveau du Premier Surveillant, les clés croisées du Trésorier ou les plumes du Secrétaire en sont les exemples les plus connus. Ces signes permettent d’identifier d’un regard le rôle de chacun en loge, mais ils portent aussi un enseignement : chaque outil rappelle la vertu attendue de celui qui l’arbore. Les attributs forment ainsi un véritable langage visuel.

Étymologie et définition

Attributs
vitrine DETRAD décors et bijoux

Le mot vient du latin attributum, « ce qui est attribué ». En iconographie, l’attribut est l’objet qui permet de reconnaître un personnage : les clés de saint Pierre, la balance de la Justice. Le langage maçonnique reprend ce sens : l’attribut d’un officier est l’emblème de sa charge, le plus souvent représenté par le bijou suspendu à son cordon ou à son sautoir. On parle aussi des attributs d’une loge, que Bazot, en 1810, décrit peints sur la bannière.

Les attributs des officiers

Les usages varient selon les rites, mais une grille largement partagée en France se dégage :

  • Vénérable Maître : l’équerre, symbole de la rectitude et de la justice ;
  • Premier Surveillant : le niveau, symbole de l’égalité ;
  • Second Surveillant : le fil à plomb ou perpendiculaire, symbole de la droiture et de la recherche en profondeur ;
  • Orateur : le Volume de la Loi ou un livre ouvert ;
  • Secrétaire : une ou deux plumes croisées ;
  • Trésorier : deux clés croisées ;
  • Hospitalier : une bourse ou un cœur enflammé ;
  • Expert au REAA : un œil, un glaive et une règle ; au Rite Français moderne, le Frère Terrible porte deux glaives en sautoir ;
  • Maître des cérémonies : une canne ou un bâton, parfois associé à des glaives ;
  • Couvreur : le glaive.

Les bijoux mobiles et immobiles

Les catéchismes anglais distinguent depuis le XVIIIe siècle six « bijoux » de la loge. Dans Masonry Dissected de Samuel Prichard (1730), les bijoux mobiles sont l’équerre, le niveau et la perpendiculaire, et les bijoux immobiles la planche à tracer, la pierre brute et une pierre taillée en pointe, le broached thurnel. Le rituel anglais moderne a inversé cette répartition : l’équerre, le niveau et la perpendiculaire y sont immobiles, car toujours attachés aux mêmes places, et les pierres et la planche deviennent mobiles. Cette variation montre que les classements reflètent des choix pédagogiques plus qu’un dogme.

Attributs de grade

Attributs

Les grades possèdent aussi leurs attributs : maillet et ciseau pour l’Apprenti, règle et levier pour le Compagnon, compas et branche d’acacia pour le Maître dans plusieurs traditions. Dans les hauts grades, les attributs se multiplient : pélican et rose du Rose-Croix, aigle bicéphale des degrés supérieurs du REAA, épée et croix des grades chevaleresques. Ils figurent sur les tabliers, les cordons et les diplômes.

Transmission et installation

Lors de l’installation des officiers, chaque nouvel élu reçoit le bijou de sa charge des mains de son prédécesseur ou du Vénérable. Ce passage d’un objet à l’autre matérialise la continuité de la loge : la fonction demeure, les personnes passent. L’attribut rappelle à celui qui le porte que la charge n’est pas un honneur personnel mais un service.

Une pédagogie par l’objet

Chaque attribut est un outil du métier de bâtisseur détourné en leçon morale. L’équerre, qui vérifie l’angle droit, invite à l’équité ; le niveau, qui contrôle l’horizontale, rappelle que les frères sont égaux ; le fil à plomb, qui mesure la verticale, appelle à l’examen de soi. La franc-maçonnerie fait ainsi de la panoplie de l’atelier un alphabet symbolique que chacun apprend à lire au fil des degrés et des offices.

Le saviez-vous ?

Cordon de secrétaire
Cordon de secrétaire

Dans les loges du XVIIIe siècle, les bijoux d’officiers étaient souvent suspendus à des rubans de couleur, avant que ne s’impose l’usage des sautoirs et des colliers. Les inventaires de loge de l’époque mentionnent soigneusement ces bijoux, parfois en argent massif, parmi les biens précieux de l’atelier.

À retenir

  • L’attribut est l’emblème d’une fonction ou d’un grade, généralement porté en bijou.
  • Les attributs des trois lumières sont l’équerre, le niveau et le fil à plomb.
  • La distinction bijoux mobiles et immobiles a varié depuis 1730.
  • Les attributs sont transmis lors de l’installation des officiers.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Bijou, Sautoir, Officiers, Équerre, Niveau, Perpendiculaire, Installation.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Attouchements en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Les « attouchements » sont, en franc-maçonnerie, les manières convenues de se toucher la main, ou parfois le corps, qui permettent à deux maçons de se reconnaître. Ils forment avec les signes et les mots le trio classique des « moyens de reconnaissance », transmis au moment de l’initiation et propres à chaque grade. L’anglais parle de grip ou de token. Héritiers des usages des maçons opératifs écossais du XVIIe siècle, ils ont été largement décrits par les divulgations imprimées dès 1730. Leur intérêt dépasse la simple identification : ils rappellent que l’initiation passe aussi par le corps et par le lien concret entre deux personnes.

Définition et vocabulaire

Attouchements

Le mot vient du verbe ancien attoucher, « toucher légèrement ». Le vocabulaire maçonnique le définit simplement comme une manière de se faire reconnaître par le contact, variant selon le degré. On distingue ainsi le signe, geste visible, le mot, sacré ou de passe, et l’attouchement, perçu par la main. Le triptyque « signes, mots et attouchements » revient dans les rituels, les instructions et les tuileurs depuis le XVIIIe siècle.

L’attouchement est vérifié lors du tuilage, l’examen d’un visiteur qui veut entrer en loge : le Frère Couvreur ou l’Expert s’assure qu’il connaît les moyens de reconnaissance du grade auquel la loge travaille. Dans la pratique contemporaine, où les visiteurs présentent aussi une carte d’obédience, ce contrôle garde surtout une valeur rituelle et pédagogique.

Aux origines : le « Mason Word » écossais

Les plus anciens témoignages viennent d’Écosse. Les maçons opératifs y transmettaient le « Mason Word », ensemble de mots et de gestes permettant de prouver sa qualité de maçon. Le manuscrit dit Edinburgh Register House, daté de 1696, est le plus ancien rituel maçonnique connu : il s’ouvre sur un catéchisme permettant d’éprouver celui qui prétend posséder le mot, et mentionne les « cinq points de compagnonnage », une étreinte enseignée au Compagnon. D’autres textes de la même famille, comme le manuscrit Airlie de 1705 ou celui de Trinity College vers 1710, confirment cette pratique.

L’ancienne notice faisait remonter la formule « mots, signes et attouchements » aux Old Charges du XIVe siècle : ce n’est pas exact. Les Anciens Devoirs sont des textes de légende et de règlement ; c’est la tradition écossaise de la fin du XVIIe siècle qui documente les moyens de reconnaissance.

Des divulgations aux rituels du XVIIIe siècle

À partir de 1730, les divulgations rendent publics ces usages. En Angleterre, Masonry Dissected de Samuel Prichard (1730) décrit signes, mots et attouchements de trois grades ; en France, Le Secret des francs-maçons (1742) et L’Ordre des francs-maçons trahi (1745) jouent un rôle comparable. Paradoxalement, ces publications hostiles ou curieuses ont contribué à fixer les usages et servent aujourd’hui de sources aux historiens.

La querelle entre « Anciens » et « Modernes » en Angleterre, à partir de 1751, porte notamment sur des différences dans les moyens de reconnaissance, dont l’ordre des mots des deux premiers grades. Cette divergence se retrouve en France : le Rite Français, issu de la tradition des Modernes, et le Rite Écossais Ancien et Accepté, qui suit l’usage des Anciens, n’attribuent pas les mêmes mots aux mêmes grades.

Dans les rituels

Attouchements
  • À l’initiation : le nouvel Apprenti reçoit le signe, le mot et l’attouchement de son grade, souvent communiqués par le Vénérable Maître puis vérifiés par les Surveillants.
  • À chaque grade : le passage au grade de Compagnon puis l’élévation à la Maîtrise s’accompagnent de nouveaux moyens de reconnaissance.
  • Au tuilage : l’Expert ou le Couvreur s’assure de la qualité d’un visiteur.
  • Dans les hauts grades : les grades du REAA, du Rite Français ou du Rite Écossais Rectifié possèdent leurs propres attouchements.
  • Dans le monde anglo-saxon : le rituel d’Émulation parle du grip or token, communiqué au candidat lors de chaque cérémonie.

Une lecture symbolique

Au-delà de l’identification, beaucoup de maçons voient dans l’attouchement l’expression d’une transmission par le contact : on ne devient pas maçon seul, on est reçu par d’autres. Le geste incarne le lien fraternel, comme la chaîne d’union, où les mains se joignent en cercle. Ces lectures sont des interprétations, mais elles rappellent que le rituel maçonnique engage le corps, la posture et le geste autant que la parole.

Légendes et précautions

Attouchements

La littérature maçonnique et populaire abonde en anecdotes de maçons reconnus sur un champ de bataille ou dans un camp de prisonniers grâce à un attouchement. Ces récits, souvent répétés, sont rarement documentés et doivent être lus avec prudence. Le roman de Tolstoï Guerre et Paix décrit en revanche avec précision la réception de Pierre Bézoukhov dans une loge russe, témoignage littéraire sur la maçonnerie du début du XIXe siècle.

Le saviez-vous ?

Les moyens de reconnaissance sont publiés depuis près de trois siècles. Leur valeur ne tient donc pas à un secret absolu, mais à l’engagement de celui qui les a reçus : les obédiences rappellent que la discrétion promise lors de l’initiation porte moins sur des gestes que sur le respect de la parole donnée et de ses frères et sœurs.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Signe, Mot Sacré, Mot de passe, Tuilage, Couvreur, Cinq points parfaits de la maîtrise.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Attache en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Dans certains glossaires maçonniques français, l’attache désigne le vote par lequel une loge se prononce sur l’admission d’un profane. L’initiation d’un candidat requiert traditionnellement trois attaches, c’est-à-dire trois votes successifs : après la présentation de la demande, après la lecture des rapports d’enquête, puis après le passage du candidat sous le bandeau. Le terme, peu employé aujourd’hui au profit de « scrutin » ou de « ballottage », souligne que l’entrée en franc-maçonnerie est une décision collective, mûrie par étapes, qui engage autant la loge que le candidat.

Le mot et son sens

Attache

« Attache » vient du verbe attacher, lier. Le choix du terme suggère que chaque vote lie un peu plus le candidat à la loge, jusqu’à l’initiation qui le fait entrer dans la chaîne fraternelle. Le mot n’apparaît pas dans le Vocabulaire des francs-maçons de Bazot (1810) et son usage semble propre à certaines loges et à certains glossaires modernes. Il faut donc le considérer comme un terme d’usage, non comme une notion rituelle universelle.

Les trois votes

  • Première attache : la loge prend connaissance de la demande d’initiation, présentée par un parrain, et décide de lancer les enquêtes.
  • Deuxième attache : après la lecture des rapports des enquêteurs, qui ont rencontré le candidat, la loge décide de l’admettre à l’audition.
  • Troisième attache : après le passage sous le bandeau, où le candidat répond aux questions des frères et sœurs, la loge vote sur l’initiation elle-même.

L’ordre et le nombre des étapes varient selon les obédiences et les règlements particuliers des loges. Certaines prévoient un vote après chaque étape ; d’autres regroupent les décisions. Le principe reste celui d’une progression qui laisse le temps à la loge comme au candidat de se connaître.

Le scrutin

Le vote sur l’admission se fait généralement à bulletins secrets ou par boules blanches et noires déposées dans une urne. Ce secret protège la liberté de chaque votant. Les règlements fixent la majorité requise, souvent qualifiée, et la conduite à tenir en cas de vote défavorable : ajournement, nouvelle enquête ou refus. Les Règlements généraux publiés avec les Constitutions d’Anderson en 1723 posaient déjà le principe du consentement unanime des membres présents pour toute admission.

Le passage sous le bandeau

Attache
Rituel d’initiation d’un candidat

Étape intermédiaire entre les enquêtes et l’initiation, le passage sous le bandeau est une audition du candidat, les yeux bandés, devant la loge réunie. Le bandeau protège l’anonymat des membres et met le candidat dans une situation d’écoute et d’attention. Les questions portent sur ses motivations, sa conception de la liberté, de la tolérance, de la spiritualité. Il précède la dernière attache.

Pourquoi tant de prudence ?

La loge est une communauté de travail fondée sur la confiance. Admettre un nouveau membre engage l’harmonie de l’atelier pour des années. Les étapes successives permettent de vérifier la sincérité de la démarche, d’éviter les malentendus, comme la recherche d’avantages sociaux ou professionnels, et de s’assurer que le candidat comprend ce qu’est la franc-maçonnerie. Elles laissent aussi au candidat le temps de réfléchir à son engagement.

Attache et termes voisins

On rencontre plusieurs mots pour désigner ces votes : ballottage, d’après les petites balles du scrutin ; scrutin ; vote d’admission. Le mot attache insiste sur le lien qui se tisse ; le mot ballottage sur la technique du vote. Ils ne doivent pas être confondus avec l’affiliation, qui concerne un maçon déjà initié.

Le saviez-vous ?

Attache

Le mot « ballottage », passé dans la langue politique française pour désigner un second tour d’élection, vient de l’italien ballotta, petite balle utilisée pour voter, notamment à Venise. Les loges ont gardé l’usage concret des boules blanches et noires, d’où l’expression « blackbouler », empruntée à l’anglais, pour un refus.

À retenir

  • L’attache désigne, dans certains glossaires, un vote sur l’admission d’un profane.
  • Trois attaches précèdent traditionnellement l’initiation.
  • Elles suivent la demande, les enquêtes et le passage sous le bandeau.
  • Le vote se fait généralement à bulletins secrets ou par boules.

Voir aussi dans le glossaire : Passage sous le bandeau, Parrain, Profane, Initiation, Scrutin.

Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Atelier en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le mot atelier désigne en franc-maçonnerie toute assemblée maçonnique régulièrement constituée qui se réunit pour travailler : une loge symbolique, mais aussi une loge de perfection, un chapitre, un aréopage ou un conseil de hauts grades. Bazot le définissait en 1810 comme ayant « même signification que loge ». Hérité du vocabulaire des métiers, il insiste sur l’idée de travail : les maçons ne se réunissent pas pour discourir mais pour œuvrer, sur eux-mêmes et ensemble. Le terme se retrouve dans de nombreuses expressions de la vie maçonnique.

Étymologie

Atelier

« Atelier » vient de l’ancien français astelier, dérivé de astele, « éclat de bois », du latin tardif astella. Le mot a d’abord désigné le lieu où l’on travaillait le bois, le chantier du charpentier, avant de s’étendre à tout lieu de travail artisanal puis artistique. Il évoque donc un espace concret où l’on façonne une matière, ce qui convient parfaitement à l’imaginaire du maçon qui taille sa pierre.

Atelier et loge

Les deux mots sont souvent employés l’un pour l’autre. La nuance est la suivante : la loge est l’atelier qui travaille aux trois premiers grades, sous l’autorité d’une obédience ; l’atelier est le terme générique qui englobe aussi les structures de hauts grades. On parle ainsi des « ateliers supérieurs » ou des « ateliers de perfectionnement » pour désigner loges de perfection, chapitres, aréopages et consistoires. Le mot loge, lui, vient de l’abri où les maçons opératifs rangeaient leurs outils et prenaient leurs repas sur le chantier.

Les expressions courantes

  • « ouvrir » et « fermer » les travaux de l’atelier ;
  • « l’atelier est couvert » : les portes sont gardées et les travaux à l’abri des profanes ;
  • « les ateliers d’une obédience » : l’ensemble des loges qui la composent ;
  • « atelier de recherche » : loge consacrée à l’étude historique ou symbolique ;
  • « mettre un atelier en sommeil » : suspendre ses travaux ;
  • « réveiller un atelier » : reprendre les travaux d’une loge endormie.

Un lieu et une communauté

L’atelier n’est pas d’abord un lieu physique. Une même salle, le temple, accueille plusieurs ateliers à des jours différents ; inversement, un atelier peut changer de temple sans cesser d’exister. Ce qui le définit, c’est sa patente, son titre distinctif, ses membres et ses officiers. L’atelier est une communauté de travail qui se reconnaît à ses usages, à son rite et à son histoire.

Le travail en atelier

Atelier

Le vocabulaire du métier imprègne la vie de l’atelier : les réunions sont des « travaux », les exposés des « planches », la récompense de l’effort un « salaire ». L’Apprenti dégrossit la pierre brute, le Compagnon la polit, le Maître trace les plans. Cette transposition rappelle que la franc-maçonnerie spéculative se pense comme l’héritière des loges de bâtisseurs, même si les liens historiques entre maçonnerie opérative et spéculative restent discutés par les historiens.

Les ateliers de hauts grades

Au Rite Écossais Ancien et Accepté, chaque catégorie de degrés a son atelier : loge de perfection, chapitre, aréopage, puis tribunal, consistoire et Suprême Conseil. Le Rite Français organise ses ordres de sagesse en chapitres et conseils. Le Rite Écossais Rectifié possède ses loges de Saint-André et ses préfectures. Dans tous les cas, le mot atelier rappelle que, même dans les hauts grades, la vocation reste le travail.

Le saviez-vous ?

L’expression « atelier en sommeil » vient de l’idée qu’une loge ne meurt pas tant que sa patente n’a pas été rendue : elle peut être « réveillée » des années plus tard par des maçons qui en reprennent le titre. Plusieurs loges anciennes ont ainsi connu des périodes de sommeil, notamment sous l’Occupation, avant de reprendre leurs travaux.

Pour approfondir : ouvrages de référence

Freemasons’Hall, Grande Loge Unie d'Angleterre, Londres
Freemasons’Hall, Grande Loge Unie d’Angleterre, Londres
  • Étienne-François Bazot, Vocabulaire des francs-maçons, 1810 (rééd. numérique Arbre d’Or, 2008).
  • Paul Naudon, Les Origines de la franc-maçonnerie, Dervy (rééd.).

À retenir

  • Atelier désigne toute assemblée maçonnique constituée qui travaille.
  • Loge est l’atelier des trois premiers grades ; les hauts grades ont leurs propres ateliers.
  • Le mot vient de l’ancien français astelier, lieu de travail du bois.
  • Il souligne la dimension de travail de la franc-maçonnerie.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Fin des travaux de la loge du comte Wrede Sparre à Stockholm, vers 1748 (date historique), Couvreur, Sommeil, Patente, Planche.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Assiduité en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’assiduité est la présence régulière d’un franc-maçon aux tenues de sa loge. Souvent présentée comme le premier des devoirs maçonniques, elle n’est pas une simple obligation réglementaire : la méthode maçonnique repose sur un travail collectif, et le rituel n’existe que par ceux qui le font vivre. Les règlements des loges prévoient de s’excuser en cas d’absence et peuvent sanctionner les absences répétées. Au-delà de la discipline, l’assiduité exprime la fidélité à l’engagement pris lors de l’initiation et le respect envers les frères et sœurs qui préparent et animent les travaux.

Étymologie

Tenue maçonnique kazakhe à Nur-Sultan
Tenue maçonnique

Le mot vient du latin assiduitas, dérivé de assiduus, lui-même formé sur assidere, « être assis auprès de ». L’assidu est littéralement celui qui prend place régulièrement au même endroit. L’image convient bien à la loge, où chacun a sa place sur les colonnes et où l’absence se remarque.

Une exigence ancienne

Les Constitutions d’Anderson de 1723, dans l’article consacré aux loges, indiquent qu’aucun Maître ni Compagnon ne pouvait s’absenter, surtout s’il avait été convoqué, sans encourir une sévère réprimande, à moins que le Maître et les Surveillants n’aient constaté qu’une pure nécessité l’en avait empêché. Les loges du XVIIIe siècle prévoyaient souvent des amendes pour les absences non justifiées, versées au tronc de la loge. Les règlements actuels des obédiences conservent le principe, sous des formes adaptées.

En pratique

  • assister aux tenues régulières de sa loge, selon le calendrier fixé en début d’année ;
  • s’excuser auprès du Vénérable ou du Secrétaire en cas d’empêchement ; les excusés sont mentionnés dans la planche tracée ;
  • participer aux tenues de grade, aux tenues blanches et aux fêtes de l’Ordre ;
  • répondre aux convocations des commissions et aux enquêtes confiées par la loge.

Les absences prolongées et non excusées peuvent conduire, selon les règlements, à une mise en sommeil, à une procédure de radiation ou à la perte de la qualité de membre actif. Inversement, l’assiduité compte souvent parmi les conditions d’une augmentation de salaire.

Pourquoi l’assiduité compte

Assiduité
Un groupe de francs-maçons en tenue de cérémonie, 1902. Source : Rare Book and Special Collections Division/Library of Congress, Washington, DC

La franc-maçonnerie n’est pas un enseignement qu’on reçoit seul. Le symbole se travaille par la parole, l’écoute et la répétition du rituel ; l’égrégore d’une loge se construit dans la durée. Le maçon peu assidu se prive de cette maturation lente. Pour l’Apprenti et le Compagnon, tenus au silence ou à une parole mesurée, la présence est la première forme de travail : écouter les planches, observer les déplacements, apprendre par imprégnation.

Assiduité et fraternité

La présence est aussi un acte de considération envers les autres. Préparer une planche, organiser une initiation ou une installation demande du temps ; être là, c’est reconnaître ce travail. La loge est une chaîne dont chaque maillon compte : l’absence d’un seul se ressent dans l’harmonie de l’ensemble. C’est pourquoi l’assiduité est souvent rapprochée des vertus de persévérance et de fidélité, que le rituel invite à cultiver.

Une exigence à concilier avec la vie profane

Les textes maçonniques rappellent aussi que les devoirs envers la famille, la profession et la cité ne doivent pas être sacrifiés à la loge. L’assiduité n’est donc pas une présence à tout prix, mais une régularité consentie. Les loges tiennent compte des contraintes de chacun ; elles attendent simplement que l’absence soit justifiée et que l’engagement reste vivant.

Le saviez-vous ?

Les registres de présence et les procès-verbaux des loges anciennes, conservés dans les archives des obédiences et les bibliothèques, permettent aux historiens de mesurer l’assiduité réelle des maçons d’autrefois. Ils montrent que, déjà au XVIIIe siècle, la régularité de présence variait fortement d’un membre à l’autre et d’une loge à l’autre.

À retenir

  • L’assiduité est la présence régulière aux tenues de sa loge.
  • Le mot vient du latin assidere, « être assis auprès ».
  • Les Constitutions de 1723 réprimandaient déjà l’absence sans nécessité.
  • S’excuser est la règle en cas d’empêchement ; les absences répétées peuvent être sanctionnées.
  • Elle est la condition du travail collectif et de la progression initiatique.

Voir aussi dans le glossaire : Tenue, Planche tracée, Excuses, Radiation, Augmentation de salaire…, Egrégore.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Assentiment en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En loge, l’assentiment est l’approbation donnée par les membres à une proposition, par un geste de la main plutôt que par un scrutin secret. Bazot le définissait en 1810 comme le « consentement à une chose proposée », marqué en levant légèrement la main puis en la laissant retomber. Ce mode de décision, rapide et visible, s’applique aux questions courantes : adoption d’une planche tracée, d’un procès-verbal, d’une proposition de l’Orateur. Il se distingue du vote à bulletins ou à boules, réservé aux décisions qui touchent les personnes. L’assentiment révèle une conception de la loge comme assemblée délibérante et fraternelle.

Étymologie et définition

Assentiment

Le mot vient du latin assentire, « être du même sentiment ». En français courant, il désigne un accord donné à une opinion ou à une démarche. Le langage maçonnique lui donne un sens technique : l’assentiment est une forme de vote par laquelle la loge approuve, sans dépouillement, ce qui lui est proposé. Le Vocabulaire des francs-maçons de Bazot (1810) décrit déjà le geste : la main est levée légèrement puis retombe sur la cuisse.

Comment il se donne

Les modalités varient selon les rites et les obédiences, mais le principe est constant. Le Vénérable Maître soumet la question ; les membres qui approuvent manifestent leur accord en levant la main droite, souvent en se mettant d’abord à l’ordre. Le Vénérable peut ensuite demander s’il y a des oppositions ou des abstentions. Dans certains rituels, le signe d’assentiment est un geste codifié propre au grade. Seuls les membres ayant droit de vote, c’est-à-dire en général les Maîtres membres actifs pour les décisions administratives, sont consultés.

Le rôle de l’Orateur

Dans les loges françaises, l’Orateur est le gardien de la loi maçonnique. Avant les décisions importantes, il donne ses conclusions : il vérifie que la proposition est conforme à la constitution et aux règlements de l’obédience. La loge se prononce ensuite par assentiment ou par scrutin. Ce double mouvement, avis du gardien de la loi puis décision de l’assemblée, rappelle les procédures des assemblées délibérantes.

Assentiment et scrutin

  • Assentiment : main levée, pour les questions courantes comme l’adoption de la planche tracée, d’un budget, d’une proposition d’organisation.
  • Scrutin secret : bulletins ou boules blanches et noires, pour l’admission d’un candidat, l’affiliation, les augmentations de salaire, les élections d’officiers.
  • Unanimité ou majorité : selon les règlements, certaines décisions exigent une majorité qualifiée.
  • Vote par grade : les questions de grade sont tranchées par les seuls frères et sœurs qui le possèdent.

La règle générale est simple : on vote en public sur les choses, en secret sur les personnes. Le secret protège la liberté de chacun et évite que les relations fraternelles ne soient affectées par un refus.

Un héritage des assemblées du XVIIIe siècle

Assentiment

Les loges du XVIIIe siècle ont été, pour beaucoup de leurs membres, une école de la délibération : on y élisait les officiers, on y votait des règlements, on y discutait à tour de parole selon un ordre réglé. Les historiens ont souligné le rôle de ces pratiques dans la diffusion d’une sociabilité démocratique avant la Révolution. L’assentiment, simple et rapide, s’inscrit dans cette culture de la décision collective.

Sens et esprit

L’assentiment suppose la confiance : on lève la main devant ses frères et sœurs, sans se cacher. Il suppose aussi la recherche d’un accord : une proposition contestée devrait être discutée avant le vote, la parole circulant par l’intermédiaire des Surveillants. Il exprime ainsi l’idéal d’une assemblée où l’on cherche l’harmonie plutôt que la victoire d’une majorité sur une minorité.

Le saviez-vous ?

Le geste décrit par Bazot, main légèrement levée puis retombant sur la cuisse, est très discret : il s’agissait de manifester son accord sans rompre la posture rituelle. Les usages actuels, plus proches de la main levée des assemblées profanes, varient selon les loges.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Étienne-François Bazot, Vocabulaire des francs-maçons, 1810 (rééd. numérique Arbre d’Or, 2008).
  • Pierre-Yves Beaurepaire, L’Europe des francs-maçons, XVIIIe-XXIe siècles, Belin, 2002.

À retenir

  • L’assentiment est l’approbation donnée par un geste de la main.
  • Il s’applique aux questions courantes, non aux personnes.
  • Les décisions sur les personnes relèvent du scrutin secret.
  • L’Orateur veille auparavant à la conformité avec les règlements.

Voir aussi dans le glossaire : Élection de Portalis comme orateur de la loge L’Amitié d’Aix-en-Provence, 1784 (date historique), Scrutin, Planche tracée, Sautoir de Vénérable Maître.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Art Royal en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’Art royal est une dénomination allégorique et élogieuse de la franc-maçonnerie elle-même. L’expression, courante dès le XVIIIe siècle, présente la pratique maçonnique comme un art, au sens ancien de savoir-faire et de discipline, et comme un art royal, par sa dignité et par sa filiation légendaire avec le roi Salomon, bâtisseur du Temple. Elle rappelle que la maçonnerie spéculative a transformé un métier de bâtisseur en méthode de perfectionnement moral : bâtir en soi et autour de soi un édifice juste, selon des règles et avec des outils.

Une expression du XVIIIe siècle

Art Royal

L’expression Royal Art apparaît dans les textes maçonniques anglais dans la première moitié du XVIIIe siècle ; la seconde édition des Constitutions d’Anderson (1738) la popularise. Elle passe rapidement en France, où « Art royal » devient un synonyme élégant de « maçonnerie » dans les discours, les chansons et les rituels. Elle n’appartient pas aux anciens manuscrits opératifs, les Old Charges, qui parlent plutôt de la « science » ou de l’« art » de géométrie.

Pourquoi « art » ?

Au sens classique, un art est une pratique réglée, qui s’apprend auprès d’un maître et se transmet par degrés : c’est le sens des « arts libéraux » et des « arts mécaniques ». Le vocabulaire maçonnique en conserve la trace avec l’apprenti, le compagnon et le maître, les outils, le chantier, le salaire. Parler d’art, c’est affirmer que la maçonnerie se pratique plus qu’elle ne se professe.

Pourquoi « royal » ?

  • Par Salomon, roi sage et commanditaire du Temple, que la légende maçonnique place à l’origine de l’Ordre.
  • Par la noblesse de l’architecture, considérée depuis l’Antiquité comme le premier des arts.
  • Par les protecteurs princiers et royaux qui ont fréquenté les loges au XVIIIe siècle.
  • Par la royauté intérieure : être maître de soi, souverain de ses passions.

Une alchimie morale

Au XIXe et au XXe siècle, plusieurs auteurs ont rapproché l’Art royal de l’art hermétique, que les alchimistes appelaient aussi « art royal » : transformer la pierre brute en pierre cubique serait l’équivalent de la transmutation du plomb en or. Ce rapprochement est une interprétation symbolique, populaire chez des auteurs comme Oswald Wirth, plutôt qu’une filiation historique démontrée. Il souligne néanmoins l’idée commune : un travail patient, réglé, qui transforme celui qui l’accomplit.

Dans l’usage maçonnique

Art Royal

On dit « pratiquer l’Art royal » ou « travailler à l’Art royal » pour désigner l’ensemble du travail maçonnique : rituel, symbolisme, réflexion, fraternité, bienfaisance. L’expression est commune à toutes les sensibilités, des obédiences libérales aux obédiences de tradition anglaise. Elle a donné son titre à des loges, à des revues et à des ouvrages, et elle demeure vivante dans les discours d’installation et les planches.

Art royal et temple intérieur

Le cœur de l’expression est l’analogie entre la construction du Temple de Salomon et la construction de soi. Le maçon apprend à manier l’équerre, le compas, le maillet et le ciseau sur sa propre pierre ; il apprend aussi à s’ajuster aux autres pour bâtir un édifice commun. L’Art royal est cet art de bâtir ensemble, où la perfection personnelle n’a de sens que si elle sert un ouvrage collectif.

Le saviez-vous ?

La Royal Society de Londres, fondée en 1660, comptait parmi ses premiers membres des personnalités initiées en maçonnerie, comme Robert Moray et Elias Ashmole. Les historiens y voient un indice des liens entre la maçonnerie naissante et le milieu savant, sans que l’« Art royal » soit pour autant une allusion à cette société.

Art royal et compagnonnage

Art Royal
Roi Salomon

La maçonnerie n’est pas seule à revendiquer l’héritage des bâtisseurs. Les compagnonnages, qui ont conservé un véritable enseignement de métier, parlent eux aussi d’art et de « trait », la géométrie qui permet de tailler la pierre. La différence est que la franc-maçonnerie spéculative a gardé les symboles en abandonnant le métier : son Art royal est entièrement transposé dans l’ordre moral. Cette transposition explique la richesse de son vocabulaire, emprunté au chantier mais appliqué à la vie intérieure et sociale.

Pour approfondir

  • James Anderson, The New Book of Constitutions, Londres, 1738.
  • Oswald Wirth, Le Livre de l’Apprenti, rééd. Dervy.
  • Pierre-Yves Beaurepaire, L’Europe des francs-maçons, Belin, 2002.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Pierre brute, Outils, Salaire.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

A comme Armes en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Dans la langue de table des banquets maçonniques, le mot armes, toujours au pluriel, désigne les verres, appelés aussi « canons », que les convives chargent et tirent lors des santés. Ce vocabulaire d’artillerie, hérité de la sociabilité militaire et aristocratique du XVIIIe siècle, donne au toast la forme d’un exercice collectif, exécuté au commandement et à l’unisson. Il n’a rien de guerrier : il exprime l’ordre, la discipline commune et l’unité d’un atelier qui prolonge à table, selon des formes réglées, le travail commencé dans le temple.

Un lexique d’artillerie

Verres de vin
Verres de vin

Le banquet d’ordre, ou loge de table, a développé un vocabulaire codé dont la logique est militaire : le verre est un canon, la bouteille une barrique, le vin une poudre (forte ou rouge), l’eau une poudre faible. Boire se dit « tirer une canonnée ». Dans cet ensemble, les « armes » désignent les verres considérés collectivement, comme une batterie alignée prête au tir. On « charge » les armes avant chaque santé, on les « porte » au commandement, puis on les repose ensemble sur la table.

Cette militarisation du toast s’explique par le recrutement des loges du XVIIIe siècle, où les officiers étaient nombreux, et par la vogue des loges militaires attachées aux régiments. Elle se retrouve, sous des formes voisines, dans les usages anglais des firing glasses, ces verres à pied épais conçus pour être frappés bruyamment sur la table.

Le déroulement d’une santé

Les santés suivent un protocole fixé par chaque rite. Le Vénérable Maître annonce la santé, les Surveillants la répètent sur leurs colonnes, chacun charge son canon, puis l’atelier exécute ensemble les gestes prescrits et conclut par une batterie. Le « feu », qui désigne l’action de boire et de reposer le verre en cadence, fait l’unité de l’assemblée : nul ne boit avant les autres, nul ne repose son verre à contretemps.

Les santés d’obligation

La liste et l’ordre des santés varient selon les rites, les obédiences et les époques. On retrouve néanmoins des constantes :

  • La santé du chef de l’État, ou du pays qui accueille la loge.
  • La santé du Grand Maître et de l’obédience.
  • La santé du Vénérable Maître de l’atelier.
  • La santé des Surveillants, des officiers et des visiteurs.
  • La dernière santé, portée à tous les maçons répandus sur la surface de la terre, heureux ou malheureux.

Selon les usages, d’autres santés s’ajoutent : aux sœurs et aux frères absents, aux obédiences amies, aux nouveaux initiés. Le Rite Écossais Rectifié et les rites anglo-saxons ont leurs propres listes, souvent plus courtes.

Ce que disent les armes

Armes
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – CC BY 4.0

Aligner les armes, c’est d’abord mettre de l’ordre sur la table, comme on en met dans le temple. Les tables du banquet d’ordre sont disposées en fer à cheval ou en arc de cercle, et les verres sont souvent placés en ligne devant les convives. Le geste commun dit l’unité de l’atelier : la même santé, au même moment, par tous. Le vocabulaire guerrier se retourne ainsi en son contraire : on ne tire pas contre un ennemi, on tire ensemble, à la fraternité.

Mesure et tempérance

La discipline des armes est aussi une discipline de la boisson. Le banquet d’ordre ne se confond pas avec un festin ; les santés sont rythmées et l’usage de la poudre faible, l’eau, est toujours admis. Les règlements de table rappellent que l’ivresse contredit l’esprit de la loge.

Le saviez-vous ?

Le verre de feu, ou firing glass, conservé dans de nombreux musées maçonniques britanniques, possède un pied très épais : il était conçu pour supporter le choc rythmé sur la table qui accompagnait les santés, ce bruit évoquant la décharge d’une salve.

Un héritage de la sociabilité des Lumières

Le banquet maçonnique s’inscrit dans la culture du repas du XVIIIe siècle, où la table était un lieu majeur de sociabilité. Les Constitutions d’Anderson (1723) consacrent déjà un article à la conduite des frères après la loge, lorsqu’ils se réunissent pour se divertir avec innocence. Les loges françaises ont transformé ce repas en véritable tenue de table, avec ouverture, santés et fermeture rituelles, ce qui explique la richesse de leur langage de table.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Étienne-François Bazot, Vocabulaire des francs-maçons, 1810.
  • Jean-Marie Ragon, Orthodoxie maçonnique, Dentu, 1853.
  • Gérard Gayot, La Franc-maçonnerie française. Textes et pratiques, XVIIIe-XIXe siècles, Gallimard-Julliard, coll. Archives, 1980.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.

Voir aussi dans le glossaire : Banquet d’ordre, Canon, Poudre, Batterie, Matériaux, Maître des Banquets.

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