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Le candidat est le profane qui a demandé à entrer en franc-maçonnerie et dont la candidature est examinée par une loge. Les glossaires le définissent simplement comme un profane proposé à l’initiation. Entre la première démarche et la cérémonie, il traverse plusieurs étapes : présentation par un parrain, enquêtes, audition, vote de la loge, puis cabinet de réflexion et épreuves. Le mot, venu du latin, évoque la blancheur : celle du vêtement des candidats romains, et celle d’une page encore à écrire.
Étymologie

« Candidat » vient du latin candidatus, « vêtu de blanc ». À Rome, celui qui briguait une magistrature portait une toge blanchie à la craie, la toga candida, pour se faire remarquer et afficher la pureté de ses intentions. Le mot dérive de candidus, blanc éclatant, qui a aussi donné « candide ». Le parallèle avec la maçonnerie est parlant : le candidat se présente tel qu’il est, et le tablier blanc qu’il recevra à l’initiation en reprendra la couleur.
Du profane au candidat
Toute personne qui n’est pas initiée est, en langage maçonnique, un profane. Le profane devient candidat lorsqu’il fait acte de candidature, généralement par une lettre manuscrite adressée à une loge ou à son obédience, accompagnée d’un curriculum vitae. La plupart des obédiences exigent qu’il soit présenté par un parrain, membre de la loge, qui se porte garant de sa démarche et l’accompagnera ensuite.
Les étapes de l’admission
- La demande : lettre de candidature et présentation par un parrain.
- Les enquêtes : plusieurs membres de la loge, souvent trois, rencontrent séparément le candidat et rédigent un rapport.
- L’audition : dans de nombreuses obédiences françaises, le candidat est entendu par la loge, parfois les yeux bandés, c’est le « passage sous le bandeau ».
- Le vote : la loge se prononce, traditionnellement à boules blanches et noires.
- L’initiation : le candidat est convoqué pour la cérémonie, qui commence par le cabinet de réflexion.
Les modalités varient selon les obédiences et les rites, mais le principe est constant : l’entrée en maçonnerie suppose une double volonté, celle du candidat et celle de la loge qui l’accueille.
Les qualités demandées

Les anciens textes demandaient que le candidat soit « libre et de bonnes mœurs », formule héritée des Anciens Devoirs et reprise par les Constitutions d’Anderson (1723). Les obédiences précisent aujourd’hui leurs propres conditions : majorité, casier judiciaire, croyance en un Être suprême pour les obédiences dites régulières, ou au contraire liberté absolue de conscience pour les obédiences libérales. La mixité ou non des loges détermine aussi qui peut être candidat.
La préparation
Le jour de l’initiation, le candidat est préparé selon les usages du rite : il est dépouillé de ses métaux, c’est-à-dire de l’argent et des objets de valeur, et sa tenue est symboliquement modifiée. Il passe un temps de méditation dans le cabinet de réflexion, où il rédige son testament philosophique et répond à quelques questions sur ses devoirs envers lui-même, envers autrui et envers l’humanité. Puis il est conduit, les yeux bandés, à la porte du temple.
Un statut de passage
Le candidat n’est déjà plus tout à fait un profane, puisqu’il a été accepté ; il n’est pas encore maçon, puisqu’il n’a pas reçu la lumière. Ce statut intermédiaire est au cœur de la cérémonie : les voyages et les épreuves le font passer de l’obscurité à la lumière. À l’issue de l’initiation, il devient apprenti, et le mot « candidat » disparaît de son vocabulaire, sauf lorsqu’il deviendra un jour le parrain d’un autre.
Le regard de la loge

Recevoir un candidat engage la loge tout entière. Les enquêtes ne sont pas un interrogatoire mais une rencontre : il s’agit de vérifier la sincérité de la démarche, d’expliquer ce qu’est réellement la franc-maçonnerie et de dissiper les malentendus. Beaucoup de candidats arrivent avec des images fausses, nourries de fantasmes ou de clichés sur les réseaux d’influence. Les enquêteurs rappellent alors que l’Ordre n’offre ni avantages ni pouvoirs, mais un travail sur soi dans un cadre fraternel, avec ses exigences d’assiduité et de discrétion.
Le saviez-vous ?
En Angleterre, la Grande Loge Unie demande traditionnellement deux parrains, appelés proposer et seconder. En France, la pratique varie : un parrain suffit dans la plupart des obédiences, mais certaines loges demandent un second garant. Dans tous les cas, le parrainage engage la responsabilité morale de celui qui présente.
Voir aussi dans le glossaire : Profane, Parrain, Passage sous le bandeau, Cabinet de Réflexion, Initiation, Apprenti, Métaux.
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