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Né à Foug, en Meurthe-et-Moselle, le 3 juillet 1856 et mort à Paris le 7 novembre 1938, Charles Malato est un journaliste, écrivain, éditeur et militant anarchiste français d’origine italienne. Fils de communards déporté avec eux en Nouvelle-Calédonie, il devient l’une des plumes les plus actives du mouvement libertaire de la fin du XIXe siècle. Correcteur à la Chambre des députés, il fut aussi membre de la Grande Loge symbolique écossaise, trait d’union entre l’anarchisme et la franc-maçonnerie de son temps.
Une jeunesse marquée par la déportation

Charles Malato a dix-sept ans lorsqu’il suit ses parents, condamnés pour leur engagement dans la Commune de Paris, au bagne de Nouvelle-Calédonie. Il y rencontre Louise Michel et prend fait et cause pour les Kanaks lors de leur révolte de 1878, expérience qui nourrira plus tard ses Contes néo-calédoniens et son drame À l’Île des Pins.
Revenu en France en juin 1881, il s’engage aussitôt dans le militantisme. En 1886, il fonde un groupe et un journal, La Révolution cosmopolite, poursuivi par la justice dès son quatrième numéro.
Un militant anarchiste face à la répression
En 1888, il prend la parole avec Louise Michel et Joseph Tortelier lors d’un meeting de grève des terrassiers. En avril 1890, avec Ernest Gegout, il est condamné à quinze mois de prison pour des articles parus dans L’Attaque, puis expulsé du territoire. Il vit alors environ deux ans à Londres, où il publie Le Tocsin, avant de rentrer en France en 1894.
Pendant l’affaire Dreyfus, il codirige le Journal du peuple avec Sébastien Faure et participe à un comité révolutionnaire opposé aux manifestations nationalistes. Arrêté après l’attentat visant le roi Alphonse XIII, il est jugé puis acquitté.
Un journaliste engagé jusqu’à la Grande Guerre
De 1907 à 1914, il écrit dans La Guerre sociale et La Bataille syndicaliste. Proche du pédagogue libertaire Francisco Ferrer, il consacre en 1911 un ouvrage à L’Assassinat de Ferrer. Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il se rallie à l’Union sacrée et signe le Manifeste des Seize ; en juin 1918, à près de soixante et un ans, il s’engage comme infirmier volontaire.
Un anarchiste en loge

L’article Wikipédia qui lui est consacré indique que Charles Malato était membre de la Grande Loge symbolique écossaise. Les sources consultées ne précisent ni le nom de sa loge, ni la date de son initiation, ni d’éventuelles fonctions.
Son appartenance illustre la porosité, à la Belle Époque, entre certains milieux libertaires et une franc-maçonnerie progressiste attachée à la libre recherche et à l’émancipation sociale.
Principales œuvres
- Avant l’heure, 1887
- Philosophie de l’anarchie, 1897
- Les Mémoires d’un gorille (avec E. Vavasseur), 1901-1905
- À l’Île des Pins, drame, 1905
- L’Assassinat de Ferrer, 1911
- Le Nouveau Faust, 1919
- De la Commune à l’anarchie
- Contes néo-calédoniens (avec Alexis Lemaistre)
Une figure libertaire de la maçonnerie républicaine
Charles Malato occupe une place singulière dans l’histoire maçonnique française : celle d’un militant anarchiste, déporté, emprisonné et exilé, qui trouva dans la Grande Loge symbolique écossaise un espace de fraternité compatible avec ses idéaux d’émancipation. Son parcours témoigne de la diversité des engagements qui ont traversé les loges sous la Troisième République.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Charles Malato.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Initiation, Libre pensée (antimaçonnisme).

