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C comme Conseil Suprême en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Suprême Conseil est l’autorité souveraine du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) dans une juridiction donnée. Composé de Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33e et dernier degré, il gouverne les ateliers de perfectionnement, du 4e au 33e degré, confère les grades supérieurs et veille à l’intégrité des rituels. Né à Charleston en 1801, le modèle s’est répandu dans le monde entier. En France, plusieurs Suprêmes Conseils coexistent aujourd’hui, chacun lié à une obédience symbolique.

Naissance à Charleston

Conseil Suprême
Le 33e degré – Du nombre à l’Être, de la structure au Principe

Le premier Suprême Conseil est constitué à Charleston (Caroline du Sud) en 1801. Ses fondateurs, parmi lesquels John Mitchell et Frederick Dalcho, organisent en 33 degrés un ensemble de hauts grades d’origine française (l’ancien Rite de Perfection en 25 degrés, diffusé aux Amériques par Étienne Morin). Ils s’appuient sur les Grandes Constitutions de 1786, attribuées à Frédéric II de Prusse ; cette attribution est rejetée par les historiens, mais le texte demeure la charte de référence du Rite et lui donne sa devise, Ordo ab Chao.

Le Suprême Conseil de France

En 1804, le comte Alexandre de Grasse-Tilly, revenu des Antilles avec des patentes de Charleston, fonde à Paris le premier Suprême Conseil de France. La même année, un traité d’union est signé avec le Grand Orient de France, aussitôt contesté. Cette double filiation explique la situation française actuelle, où le Rite est administré par plusieurs Suprêmes Conseils.

  • Suprême Conseil de France, issu de 1804 et réactivé en 1821, lié à la Grande Loge de France.
  • Suprême Conseil Grand Collège du REAA, constitué au sein du Grand Orient de France.
  • Suprême Conseil Universel Mixte du Droit Humain, créé à la fin du XIXe siècle.
  • Suprême Conseil pour la France, constitué en 1965, issu du Suprême Conseil des Pays-Bas.
  • Suprême Conseil National de France, constitué en 2014, lié à la Grande Loge Nationale Française.

Composition et fonctionnement

Un Suprême Conseil réunit un nombre restreint de membres actifs, cooptés parmi les titulaires du 33e degré ; les Grandes Constitutions prévoyaient un effectif réduit, porté ensuite jusqu’à 33 dans de nombreuses juridictions. Il est présidé par un Souverain Grand Commandeur. Il délivre les patentes des ateliers de perfectionnement (loges de perfection, chapitres, aréopages, tribunaux, consistoires), fixe les rituels, confère les degrés les plus élevés et entretient des relations avec les Suprêmes Conseils étrangers.

Le 33e degré

Conseil Suprême

Le titre de Souverain Grand Inspecteur Général désigne les titulaires du 33e degré. Plus qu’un sommet honorifique, ce degré est conçu comme une charge : celle de veiller sur le Rite, d’en préserver la cohérence et d’en assurer la transmission. Les francs-maçons du 33e degré qui ne sont pas membres actifs du Suprême Conseil en sont les membres honoraires ou émérites, selon les juridictions.

Souveraineté et juridictions

Il n’existe pas de gouvernement mondial du REAA. Chaque Suprême Conseil est souverain sur son territoire, en principe national ; aux États-Unis, deux juridictions coexistent (Sud, héritière de Charleston, et Nord). Les Suprêmes Conseils se reconnaissent mutuellement et se sont réunis en conférences internationales. Le convent de Lausanne (1875) a tenté d’harmoniser leurs principes ; sa déclaration sur le Grand Architecte de l’Univers a d’ailleurs suscité de vives controverses.

Repères

  • 1786 : date portée par les Grandes Constitutions du Rite.
  • 1801 : premier Suprême Conseil à Charleston.
  • 1804 : Suprême Conseil de France fondé par Grasse-Tilly.
  • 1875 : convent des Suprêmes Conseils à Lausanne.
  • Devise : Deus meumque jus ; formule associée : Ordo ab Chao.

Les grades sous juridiction

Au REAA, le Suprême Conseil administre une échelle de degrés regroupés en ateliers : les loges de perfection (4e au 14e degré), les chapitres (15e au 18e, dont le grade de Chevalier Rose-Croix), les aréopages (19e au 30e, dont le grade de Chevalier Kadosch), puis les 31e, 32e et 33e degrés, conférés directement par le Suprême Conseil ou ses délégations. Selon les juridictions, certains degrés intermédiaires sont conférés par communication plutôt que par une cérémonie complète. Les trois premiers degrés relèvent, eux, de l’obédience symbolique.

Le saviez-vous ?

En 1964, le Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, Charles Riandey, quitta celui-ci avec plusieurs centaines de membres pour se rapprocher de la Grande Loge Nationale Française ; le Suprême Conseil qu’il fonda fut reconnu après la conférence internationale de Barranquilla (1970). Cet épisode éclaire la multiplicité actuelle des Suprêmes Conseils français.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Fondation du Suprême Conseil du 33e degré pour l’Irlande, 1824 (date historique), Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Grandes Constitutions du Rite écossais ancien et accepté, 1er mai 1786 (date historique), Patente.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Conseil en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En franc-maçonnerie, le conseil désigne d’abord l’organe exécutif collégial d’une obédience, chargé d’appliquer les décisions de l’assemblée souveraine, le convent, et d’administrer l’ensemble entre deux sessions. Selon les obédiences, il s’appelle Conseil de l’Ordre, Conseil fédéral, Conseil national ou Conseil d’administration. Le mot désigne aussi certains ateliers de hauts grades, à commencer par le Suprême Conseil, autorité du 33e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté. Comprendre le conseil, c’est comprendre comment la franc-maçonnerie se gouverne.

Un exécutif au service d’une assemblée

Conseil

La plupart des obédiences françaises sont des associations qui distinguent un pouvoir délibératif et un pouvoir exécutif. Le convent, formé des délégués des loges, vote les textes, le budget et les grandes orientations ; le conseil, élu, les met en œuvre. Il gère l’administration et les finances, instruit les demandes de création de loges, entretient les relations avec les autres obédiences et représente l’institution.

Ce schéma traduit une idée ancienne : le pouvoir maçonnique est un mandat, révocable, limité dans le temps et soumis au contrôle des loges. Le Grand Maître ou le président est généralement issu du conseil et en préside les travaux.

Des noms différents selon les obédiences

  • Grand Orient de France : Conseil de l’Ordre, présidé par le Grand Maître, qui en est le président.
  • Grande Loge de France : Conseil fédéral, autour du Grand Maître.
  • Droit Humain (Fédération française) : Conseil national.
  • Grande Loge Féminine de France : Conseil fédéral.
  • Grande Loge Nationale Française : organes de direction autour du Grand Maître, dans une tradition plus centralisée héritée du modèle anglais.

Les compétences précises, la durée des mandats et le mode d’élection relèvent des textes de chaque obédience. On rencontre souvent des renouvellements par tiers ou par moitié, qui assurent la continuité de l’institution.

Le Conseil de l’Ordre du Grand Orient

Au GODF, le Conseil de l’Ordre est composé de conseillers élus par les congrès régionaux puis confirmés par le convent. Il joue aussi un rôle dans la vie disciplinaire : il peut, par exemple, saisir les instances de justice maçonnique en cas de faits graves. Le Grand Maître en est le président et le porte-parole public.

Le conseil dans les hauts grades

Conseil
Source : Wikimedia Commons – Declic – CC BY-SA 3.0

Le mot a une seconde vie dans les rites à hauts grades. Le Suprême Conseil est l’autorité souveraine du Rite Écossais Ancien et Accepté dans une juridiction ; le premier fut fondé à Charleston en 1801, le premier Suprême Conseil de France en 1804. Ses membres titulaires sont des 33e degrés, présidés par un Souverain Grand Commandeur.

D’autres ateliers portent aussi ce nom, comme les conseils de Kadosh ou les conseils de certains rites (Royal and Select Masters dans le système anglo-saxon). Au XVIIIe siècle, le Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident (1758) régissait l’un des premiers systèmes de hauts grades.

Gouverner en maçon

La gouvernance des obédiences emprunte aux règles associatives, mais elle se veut aussi l’application de principes maçonniques : collégialité, rotation des responsabilités, refus du pouvoir personnel. Les débats parfois vifs autour des conseils, lors des convents, montrent que cette exigence n’est jamais acquise et doit être sans cesse vérifiée.

Repères

  • Conseil obédientiel : exécutif collégial élu, responsable devant le convent.
  • Missions : administration, finances, relations extérieures, création de loges, saisine disciplinaire.
  • Suprême Conseil : autorité du 33e degré du REAA.
  • Ne pas confondre avec le « conseil » au sens de l’avis donné en loge.

Le saviez-vous ?

Conseil
Source : Wikimedia Commons – auteur inconnu – CC BY-SA 3.0

Après 1871, le Grand Orient de France supprima la grande maîtrise, jugée trop monarchique : l’obédience fut dirigée par le président de son Conseil de l’Ordre. Le titre de Grand Maître ne fut réintroduit que plus tard, au XXe siècle. Cette évolution illustre le lien entre la gouvernance maçonnique et la culture politique républicaine.

Le conseil et les loges

La relation entre le conseil et les loges est au cœur des débats de gouvernance. Les loges sont souveraines dans leurs travaux, mais elles relèvent de l’obédience pour leur régularité, leurs patentes et l’application des règlements. Le conseil intervient lorsque des difficultés surgissent : conflit interne, loge en déshérence, manquement aux textes. Il peut alors nommer des délégués, proposer une médiation, voire, dans les cas graves, suspendre ou mettre en sommeil une loge selon les procédures prévues. À l’inverse, les loges contrôlent le conseil par leurs délégués au convent, qui approuvent ou rejettent son rapport d’activité.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Convent, Obédience, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Suprême Conseil, Justice Maçonnique, Grandes Constitutions du Rite écossais ancien et accepté, 1er mai 1786 (date historique).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Conseil philosophique ou Aréopage en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’Aréopage est, au Rite Écossais Ancien et Accepté, l’atelier où se travaillent les degrés dits philosophiques, du 19e au 30e, et où est conféré le grade de Chevalier Kadosh. Selon les juridictions, on parle aussi de Conseil philosophique. Le nom renvoie au tribunal antique d’Athènes et annonce la tonalité de ces degrés : justice, jugement, responsabilité, combat contre l’injustice et l’oppression. Après les chapitres, qui culminent avec le Rose-Croix, l’Aréopage marque l’entrée dans la partie la plus chevaleresque et la plus critique du parcours écossais.

L’Aréopage antique

Conseil philosophique ou Aréopage
Tablier Chevalier Kadosh

L’Areios pagos, la « colline d’Arès », dominait l’agora d’Athènes. Elle donna son nom au conseil qui y siégeait, composé d’anciens magistrats, chargé de juger les crimes de sang et de veiller aux lois. Le Nouveau Testament y place le discours de saint Paul sur le « Dieu inconnu ». Le mot est resté synonyme d’assemblée de sages et de juges. En le choisissant, la maçonnerie écossaise associe ses degrés supérieurs à l’idée d’un jugement éclairé, exercé avec gravité.

Place dans le REAA

Le REAA compte 33 degrés, répartis en ateliers successifs dont l’appellation peut varier selon les juridictions :

  • degrés 1 à 3 : loges symboliques ;
  • degrés 4 à 14 : loges de perfection ;
  • degrés 15 à 18 : chapitres, jusqu’au Chevalier Rose-Croix ;
  • degrés 19 à 30 : aréopages ou conseils philosophiques, jusqu’au Chevalier Kadosh ;
  • degré 31 : tribunal ; degré 32 : consistoire ;
  • degré 33 : Suprême Conseil.

Dans la pratique de nombreuses juridictions, la plupart des degrés intermédiaires sont conférés par communication, et le 30e est le grade réellement travaillé en Aréopage.

Le Chevalier Kadosh

Kadosh est un mot hébreu signifiant « saint », au sens de « séparé », « consacré ». Le grade est souvent appelé Grand Élu Chevalier Kadosh. Il se rattache à la légende templière, très présente dans la maçonnerie du XVIIIe siècle, et à la figure de Jacques de Molay, dernier grand maître du Temple. Le grade a longtemps eu une réputation de grade de vengeance ; les rituels modernes en ont fait un grade de vigilance contre l’arbitraire, le fanatisme et l’oppression, sous toutes leurs formes.

Les thèmes travaillés

Conseil philosophique ou Aréopage

Les degrés philosophiques abordent la justice, la liberté de conscience, la responsabilité de l’initié dans la cité, la critique des pouvoirs qui abusent. Ils parcourent des figures bibliques, chevaleresques et hermétiques : le 28e degré, Chevalier du Soleil, a une forte coloration philosophique ; le 29e, Grand Écossais de Saint-André d’Écosse, renoue avec l’Écosse légendaire. L’Aréopage invite à transformer l’indignation en lucidité et le combat en sagesse.

Une justice sans haine

L’image du tribunal pourrait faire croire à un esprit punitif. L’enseignement du grade va dans le sens inverse : juger sans haine, comprendre sans complaisance, distinguer la colère légitime de la passion. Le Chevalier Kadosh est invité à combattre d’abord en lui-même ce qui obscurcit le jugement. C’est ce qui fait de l’Aréopage une école de discernement plutôt qu’une simple étape hiérarchique.

Le saviez-vous ?

Les initiales C∴K∴S∴, pour Chevalier Kadosh, se rencontrent parfois gravées au-dessus de portes de maisons anciennes, comme dans le village d’Irancy, en Bourgogne. Ces inscriptions témoignent de la diffusion des hauts grades dans la société provinciale du XIXe siècle.

Origines historiques du grade

Conseil philosophique ou Aréopage
C∴ K∴ S∴ et décor maçonnique au-dessus d’une porte de maison du village d’Irancy

Le grade de Kadosh apparaît en France au milieu du XVIIIe siècle, dans la floraison des grades chevaleresques qui accompagne l’essor des hauts grades à partir des années 1740. Il connaît plusieurs versions avant d’être fixé comme 30e degré lors de la structuration du REAA en 1801. Le Rite français et d’autres systèmes ont aussi pratiqué des grades de Kadosh. Son rattachement à la légende templière, qui fait des maçons les héritiers des chevaliers du Temple supprimés en 1312, est un mythe fondateur et non une filiation historique ; il a cependant beaucoup contribué au prestige du grade.

À retenir

  • Aréopage : atelier des degrés 19 à 30 du REAA, dit aussi Conseil philosophique.
  • Le nom vient du conseil antique siégeant sur la colline d’Arès à Athènes.
  • Le 30e degré est celui de Chevalier Kadosh, « saint » ou « consacré » en hébreu.
  • Ses thèmes : justice, liberté, vigilance contre l’oppression.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Chapitre, Suprême Conseil, Templiers (légende templière), Rose-Croix.

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Consécration en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En franc-maçonnerie, la consécration désigne la cérémonie par laquelle une loge nouvellement créée reçoit son existence rituelle. Les obédiences françaises parlent volontiers d’« allumage des feux » : lors de cette première tenue solennelle, un représentant de l’obédience installe l’atelier, lui remet sa patente, allume les lumières symboliques et installe le premier Vénérable et ses officiers. À partir de ce moment, la loge peut initier, travailler et se réunir régulièrement. Le mot s’applique aussi, plus largement, au geste par lequel un nouveau membre est « créé et constitué » maçon : dans les deux cas, il marque un commencement placé sous le signe du sacré ou, pour les loges laïques, du solennel.

Le mot et son histoire

Consécration

« Consacrer » vient du latin consecrare, formé sur sacer, « sacré » : c’est mettre à part, réserver un lieu, un objet ou une personne à un usage qui n’est plus ordinaire. La maçonnerie a hérité de ce vocabulaire de la tradition chrétienne et de celle des confréries de métier, qui plaçaient leurs assemblées sous la protection d’un saint patron. Les loges du XVIIIe siècle se réunissaient « sous les auspices » de saint Jean et recevaient des lettres de constitution de leur Grande Loge, faute desquelles elles n’étaient pas reconnues.

L’allumage des feux

Dans la tradition française, la naissance officielle d’un atelier porte le nom d’allumage des feux. Les membres fondateurs, après une période où la loge existe « en instance » ou « en formation », obtiennent de l’obédience une patente qui les autorise à travailler. Une délégation de l’obédience, souvent conduite par un Grand Maître ou un grand officier, vient alors présider la tenue d’allumage : lecture de la patente, inscription de la loge au tableau de l’obédience, allumage des lumières, installation du Vénérable et des officiers. La loge reçoit son numéro et son titre distinctif, et ses travaux entrent dans la chaîne de l’obédience.

La consécration dans la tradition anglaise

La maçonnerie anglaise et les rites qui en dérivent, comme Émulation, conservent une véritable cérémonie de Consecration, conduite par le Grand Maître provincial ou son délégué, entouré d’officiers consécrateurs. Elle comporte des prières, la lecture de passages des Écritures et des libations symboliques de blé, de vin et d’huile, éléments que la Bible associe à l’abondance, à la joie et à la paix, et parfois de sel. Ces gestes rappellent les offrandes de fondation des anciens bâtisseurs et la dédicace du Temple de Salomon. La loge est ensuite déclarée consacrée et constituée, et son premier Maître installé.

Déroulement type

Consécration
Composition illustration de Solange Sudarskis inspirée de Gustave Moreau
  • Ouverture des travaux par la délégation de l’obédience, qui prend la direction de la tenue.
  • Lecture de la patente ou des lettres de constitution, et proclamation du titre distinctif de la loge.
  • Allumage des lumières, souvent à partir d’une flamme apportée de l’Orient ou d’un atelier parrain.
  • Selon les rites, consécration par des éléments symboliques (blé, vin, huile, sel) et prière.
  • Installation du premier Vénérable, puis des officiers dans leurs offices.
  • Remise des maillets : la loge travaille désormais sous sa propre responsabilité.

Le feu et la lumière

L’image du feu est au cœur de la cérémonie. Allumer les feux, c’est faire passer un espace du temps profane au temps rituel : le lieu devient temple, l’assemblée devient loge. La flamme transmise rappelle aussi la chaîne de transmission : aucune loge ne se crée seule, elle reçoit la lumière d’une autre, comme un initié la reçoit de ceux qui l’ont précédé. Les loges qui « mettent en sommeil » leurs travaux parlent d’ailleurs, inversement, d’extinction des feux. Le vocabulaire du feu donne ainsi à la vie d’un atelier une dimension presque organique : naissance, sommeil, réveil.

Consécration et laïcité

Toutes les obédiences n’investissent pas le mot du même sens. Pour les grandes loges dites régulières, attachées à la croyance en un Être suprême, la consécration garde une dimension religieuse explicite, avec invocation du Grand Architecte de l’Univers. Pour les obédiences libérales et adogmatiques, la cérémonie est d’abord un acte solennel d’institution, et l’on préfère généralement l’expression « allumage des feux ». Dans tous les cas, la cérémonie engage la nouvelle loge envers l’obédience, ses règlements et ses principes.

La consécration du nouvel initié

Le terme désigne aussi, dans de nombreux rituels, le moment où le Vénérable proclame le nouvel Apprenti membre de l’Ordre. Dans plusieurs rites, la formule par laquelle il le « crée, reçoit et constitue » franc-maçon s’accompagne d’un geste accompli avec l’épée flamboyante ou le maillet. La symétrie est parlante : la loge, comme l’initié, naît par une parole prononcée et une lumière reçue, devant témoins.

Le saviez-vous ?

Les obédiences tiennent un registre de leurs loges, le « tableau », où chaque atelier figure avec la date de son allumage des feux ; certaines loges françaises font ainsi remonter leur constitution au XVIIIe siècle, malgré les mises en sommeil liées à la Révolution ou à l’Occupation.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Allumage des Feux, Patente, Installation, Élection de Portalis comme vénérable de L’Étroite Persévérance des Amis Réunis à Aix, 1768 (date historique), Lumières (trois), Obédience, Épée flamboyante.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Congrès en Franc-maçonnerie

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En Franc-maçonnerie, le congrès est une assemblée qui réunit, au-dessus du niveau de la loge, les représentants d’ateliers d’une même région ou d’une même obédience, voire de plusieurs obédiences. Au Grand Orient de France, les congrès régionaux préparent chaque année le Convent ; ailleurs, on parle d’assemblées provinciales. Le mot désigne aussi les grands congrès maçonniques internationaux, et, de l’autre côté, les congrès antimaçonniques, comme celui de Trente en 1896. Lieu de représentation, de débat et de coordination, le congrès n’est pas une tenue rituelle : c’est l’une des formes que prend la vie institutionnelle et démocratique de l’Ordre.

Du latin congressus, « rencontre »

Congrès

Le mot vient du latin congressus, « réunion, rencontre », de congredi, « aller ensemble ». Dans la langue diplomatique, il désigne depuis le XVIIe siècle les grandes réunions de représentants d’États, comme le congrès de Vienne en 1815. La Franc-maçonnerie l’emploie pour des assemblées de représentants : les Maçons n’y viennent pas à titre individuel, mais au nom de leurs loges. Il se distingue ainsi du Convent, assemblée générale souveraine d’une obédience, et de la tenue, réunion rituelle d’une loge.

Les congrès régionaux

Les grandes obédiences sont organisées en régions ou en provinces. Au Grand Orient de France, chaque région réunit chaque année un congrès régional, où siègent les délégués des loges de son ressort. On y examine les vœux des ateliers, les rapports sur les questions à l’étude, les propositions de modification des règlements, et l’on y désigne des représentants aux instances nationales. Les congrès préparent ainsi le Convent : ce qui y est débattu et voté remonte au niveau national, ce qui garantit que la voix des loges éloignées de Paris soit entendue.

  • Loge : travaux rituels et débats de l’atelier.
  • Congrès régional ou assemblée provinciale : réunion des délégués des loges d’une région.
  • Convent : assemblée générale souveraine de l’obédience.
  • Congrès international : rencontre de représentants de plusieurs obédiences ou pays.

Débattre et coordonner

Les congrès ne sont pas de simples chambres d’enregistrement. Les échanges y sont souvent nourris : questions budgétaires, réformes des règlements, place de l’obédience dans le débat public, choix des thèmes de réflexion. Les délégués y portent les positions arrêtées en loge, mais ils y découvrent aussi celles des autres ateliers et peuvent faire évoluer les textes. Le congrès est ainsi un lieu de synthèse, qui prolonge à l’échelle de l’obédience la méthode maçonnique : écouter, confronter, puis décider ensemble.

Les congrès maçonniques internationaux

Congrès
Un groupe de francs-maçons en tenue de cérémonie, 1902.

À partir du XIXe siècle, les obédiences ont multiplié les rencontres internationales. Le Convent de Lausanne de 1875, qui réunit des Suprêmes Conseils du Rite Écossais Ancien et Accepté, en est un exemple célèbre. Les obédiences libérales européennes ont organisé, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, des congrès internationaux, notamment à Paris lors des Expositions universelles, pour débattre de la paix, de l’éducation ou de la solidarité. Ces rencontres ont préparé la création d’organisations internationales de coopération entre obédiences au XXe siècle.

Les congrès antimaçonniques

Le mot a aussi servi aux adversaires de la Franc-maçonnerie. Le plus célèbre est le congrès antimaçonnique international de Trente, réuni en septembre 1896 dans le Tyrol alors autrichien, avec l’appui de la Curie romaine. Il rassemble des centaines de délégués, catholiques pour la plupart, en pleine affaire Taxil : on y débat de l’existence de Diana Vaughan, la prétendue ex-grande prêtresse luciférienne inventée par le mystificateur. Quelques mois plus tard, en avril 1897, Léo Taxil avoue publiquement sa supercherie, discréditant durablement ce congrès.

Une école de démocratie

Les congrès illustrent la dimension démocratique de nombreuses obédiences, notamment de tradition française : l’autorité y procède des loges, par l’intermédiaire de leurs délégués. Ils permettent aussi aux Maçons de mesurer la diversité de leur obédience, de rencontrer des Frères et des Sœurs d’autres ateliers et d’apprendre à travailler ensemble au-delà de leur loge. Pour beaucoup, la participation à un congrès est une expérience formatrice, qui fait découvrir le fonctionnement concret de l’institution.

À retenir

  • Le congrès réunit des représentants de loges, au niveau régional, national ou international.
  • Au Grand Orient de France, les congrès régionaux préparent le Convent.
  • Il se distingue du Convent, assemblée souveraine, et de la tenue rituelle.
  • Des congrès maçonniques internationaux se sont réunis depuis le XIXe siècle.
  • Le congrès antimaçonnique de Trente (1896) fut discrédité par l’aveu de Léo Taxil en 1897.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Convent, Nomination de Laurence Dermott comme Député Grand Maître de la Grande Loge des Anciens, 1771 (date historique), Obédience, Centre régional d’études franc-maçonniques Paris-Bucarest (Musée maçonnique), Affaire Léo Taxil (antimaçonnisme).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Congé en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le congé est la permission, demandée par un Franc-maçon et accordée par sa loge ou par son Vénérable Maître, de ne pas assister aux travaux pendant une période déterminée, sans pour autant quitter l’atelier. Maladie, mutation professionnelle, charges familiales, séjour à l’étranger : la vie profane impose parfois des absences que la loge préfère encadrer plutôt que subir. Le congé maintient le lien d’appartenance et, en règle générale, l’obligation de cotiser. Il se distingue de la démission, de la radiation et de l’exeat, et rappelle qu’en Franc-maçonnerie l’assiduité est un devoir, mais un devoir qui sait tenir compte des circonstances.

Définition et vocabulaire

Congé

Les dictionnaires maçonniques définissent le congé comme la permission régulièrement demandée par un Maçon, et souvent accordée par le Vénérable, de ne pas assister pendant un certain temps aux travaux de sa loge. Le mot est celui de l’usage courant, du latin commeatus, « permission de s’en aller », qui a donné aussi le congé militaire. L’adverbe « régulièrement » est important : le congé n’est pas une absence constatée après coup, mais un acte formel, sollicité et accordé selon les règles de l’atelier.

Pourquoi l’assiduité compte

Les anciens règlements et les constitutions modernes font de l’assiduité un devoir du Maçon. La loge est un travail collectif : chaque absence affaiblit l’égrégore de l’atelier, prive les Apprentis et Compagnons de l’exemple des anciens et désorganise les offices. C’est pourquoi l’absent est censé s’excuser auprès du Vénérable ou du Secrétaire, et que des absences répétées et injustifiées peuvent, selon les règlements des obédiences, entraîner une mise en demeure puis des sanctions administratives. Le congé est la réponse prévue lorsqu’une absence prolongée est légitime.

Comment se demande un congé

Les modalités dépendent du règlement général de l’obédience et du règlement intérieur de la loge. On y retrouve cependant des constantes : une demande écrite et motivée, adressée au Vénérable ; une décision prise par celui-ci ou par la loge, parfois après avis du Collège des officiers ; une durée déterminée, renouvelable si besoin. Le Frère ou la Sœur en congé reste inscrit au tableau de la loge et conserve son rattachement à l’obédience ; il peut d’ailleurs reprendre ses travaux à l’issue du congé sans formalité particulière.

  • Demande formelle et motivée auprès du Vénérable Maître.
  • Accord du Vénérable ou de la loge, selon le règlement intérieur.
  • Durée fixée à l’avance, éventuellement prolongée.
  • Maintien de l’appartenance et, en principe, des cotisations.
  • Reprise des travaux à l’échéance, sans nouvelle procédure d’admission.

La question des cotisations et de la capitation

Le congé ne dispense pas, en principe, du paiement des cotisations : on reste membre, donc on contribue à la vie de l’atelier. Les dictionnaires maçonniques signalent toutefois que des circonstances particulières, maladie ou difficultés matérielles par exemple, peuvent justifier une exonération ; la loge prend alors à sa charge la capitation, c’est-à-dire la part que chaque atelier verse à l’obédience pour chacun de ses membres. Cette règle traduit la solidarité de l’atelier envers un membre en difficulté, sans que l’obédience soit lésée.

Congé, démission, exeat, radiation

Le congé se distingue nettement d’autres situations. La démission est un départ volontaire, qui met fin à l’appartenance à la loge et, souvent, à l’obédience. L’exeat est le certificat qui atteste qu’un Maçon a quitté régulièrement sa loge, à jour de ses obligations, et lui permet d’en rejoindre une autre. La radiation est une mesure administrative, prononcée notamment pour défaut de paiement des cotisations ou absences prolongées non justifiées. Le congé, lui, ne rompt rien : c’est une suspension de présence, pas une suspension de lien.

Et la « mise en sommeil » ?

Dans le langage maçonnique, la mise en sommeil désigne d’abord la suspension des travaux d’une loge entière, décidée par elle-même ou par l’obédience. Appliquée à une personne, l’expression est très répandue dans le langage courant, « je me suis mis en sommeil », mais plusieurs dictionnaires rappellent que la mise en sommeil volontaire d’un individu n’a pas d’existence réglementaire : celui qui cesse de venir sans demander de congé ni démissionner se met simplement en situation d’absence. Les pratiques varient toutefois selon les obédiences, dont certaines prévoient des statuts particuliers ; c’est au règlement général de chacune qu’il faut se reporter.

Le sens d’une absence reconnue

Au-delà de l’administration, le congé exprime une conception de la fraternité. La loge ne retient pas ses membres par contrainte, mais elle ne les laisse pas non plus s’éloigner dans l’indifférence. Demander un congé, c’est respecter l’atelier en le prévenant ; l’accorder, c’est reconnaître que la vie maçonnique s’inscrit dans une existence plus large. Beaucoup de loges veillent à garder le contact avec le Frère ou la Sœur en congé, par l’intermédiaire de l’Hospitalier, afin que l’absence demeure un simple intervalle.

À retenir

  • Le congé est une permission formelle d’absence, limitée dans le temps.
  • Il maintient l’appartenance à la loge et, en principe, l’obligation de cotiser.
  • En cas de difficulté, la loge peut prendre en charge la capitation du membre en congé.
  • Il ne se confond ni avec la démission, ni avec l’exeat, ni avec la radiation.
  • Les règles précises relèvent du règlement général de chaque obédience.

Voir aussi dans le glossaire : Assiduité, Démission, Radiation, Capitation, Hospitalier (ou Elémosinaire).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Conclusions en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Dans les loges de tradition française, les conclusions sont l’avis que l’Orateur doit obligatoirement donner avant tout vote. Le Vénérable Maître ne met pas directement une question aux voix : il fait voter la loge sur les conclusions de l’Orateur, qui vérifie la conformité de la proposition aux règlements et en résume la portée. Cette étape, propre aux rites français et à leurs héritiers, fait de l’Orateur le gardien de la loi et sépare clairement le temps du débat, celui de l’avis et celui de la décision.

L’Orateur, gardien de la loi

Manuel pratique de l'Orateur
Manuel pratique de l’Orateur

L’Orateur siège à l’Orient, en face du Secrétaire, et figure parmi les officiers dits « dignitaires » dans de nombreuses obédiences françaises. Sa fonction est double : il veille au respect de la Constitution, des règlements généraux de l’obédience et du règlement intérieur de la loge, et il prend la parole pour conclure. Dans plusieurs rites, son bijou est un livre ouvert, image de la loi qu’il garde. Il peut prononcer les discours d’instruction lors des initiations et répond, en tenue funèbre ou solsticiale, au nom de l’atelier.

Le déroulement

  • Une proposition est présentée (admission, budget, décision d’organisation, vœu).
  • Le débat s’ouvre selon les règles de prise de parole de l’atelier.
  • Le Vénérable clôt la discussion et donne la parole à l’Orateur pour ses conclusions.
  • L’Orateur rappelle le cadre réglementaire et conclut à l’adoption, au rejet ou à une modification.
  • Le Vénérable met aux voix les conclusions de l’Orateur, le plus souvent à main levée ou par signe.
  • Le résultat est consigné dans la planche tracée par le Secrétaire.

Pourquoi voter sur des conclusions ?

Ce mécanisme a plusieurs effets. Il garantit que chaque décision a été examinée au regard des textes : un vote contraire aux règlements serait nul, et l’Orateur doit le signaler. Il donne une forme claire à des débats parfois touffus, en ramenant la question à une proposition simple. Il évite enfin que le Vénérable, qui préside, soit juge et partie : l’avis est distinct de la présidence. On retrouve ici l’héritage de la maçonnerie française du XVIIIe siècle, très attachée aux formes délibératives et aux règlements écrits.

Conclusions conformes ou non

Les conclusions de l’Orateur ne le contraignent pas à approuver : il peut conclure au rejet, demander un ajournement ou proposer une modification. La loge reste souveraine : elle peut voter contre les conclusions, et les conséquences de ce vote sont précisées par les règlements. Dans certaines obédiences, l’Orateur doit motiver ses conclusions lorsqu’elles portent sur un point de droit ; dans d’autres, il peut se contenter d’un avis bref. Ces modalités relèvent des règlements de chaque obédience.

Les conclusions après les travaux

Conclusions

Dans de nombreuses loges, l’Orateur donne aussi des conclusions à la fin de la présentation d’une planche ou d’un débat symbolique. Il ne s’agit pas alors de préparer un vote, mais de résumer les échanges, d’en dégager les lignes de force et de relier le sujet traité au travail maçonnique. Cet exercice, qui demande écoute et sens de la synthèse, est souvent considéré comme l’un des plus formateurs de la vie en loge, et comme une école de la parole juste.

Usages selon les rites

La procédure des conclusions est caractéristique des loges travaillant au Rite Français et au Rite Écossais Ancien et Accepté dans les obédiences françaises et de tradition française. Le Rite Émulation, issu de la tradition anglaise, ne connaît pas d’Orateur au même sens ; les décisions administratives s’y prennent selon d’autres formes. Le Rite Écossais Rectifié a également ses usages propres. Il convient donc de se référer aux règlements de son obédience.

Le sens symbolique

Les conclusions rappellent que la décision collective ne naît pas de l’impulsion du moment, mais d’un passage ordonné de la parole à l’acte. Entre le débat et le vote, un temps de recul est ménagé : celui où une voix s’efforce de dire ce que la loi permet et ce que l’échange a révélé. C’est une leçon de méthode pour le maçon, invité à écouter avant de trancher et à soumettre ses opinions à une règle commune.

Une fonction exigeante

L’Orateur est souvent choisi parmi les maîtres expérimentés, connaisseurs des règlements et capables de synthèse. Il doit rester neutre pendant les débats, s’abstenir de prendre parti avant ses conclusions et s’en tenir à la loi et à l’esprit des travaux. Des ouvrages pratiques destinés aux officiers, dont plusieurs manuels de l’Orateur, détaillent ces règles et proposent des exemples de conclusions.

À retenir

  • Les conclusions sont l’avis obligatoire de l’Orateur avant tout vote.
  • Le Vénérable fait voter sur les conclusions, non sur la question brute.
  • L’Orateur peut conclure à l’adoption, au rejet ou à une modification.
  • L’usage est typique des loges de tradition française.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Élection de Portalis comme orateur de la loge L’Amitié d’Aix-en-Provence, 1784 (date historique), Sautoir de Vénérable Maître, Élection de Rudyard Kipling comme secrétaire de la loge Hope and Perseverance, 10 janvier 1887 (date historique), Planche tracée, Vote, Dignitaires.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Compas en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le compas est, avec l’équerre, l’emblème le plus connu de la Franc-maçonnerie : leurs deux silhouettes entrecroisées figurent sur les tabliers, les diplômes, les façades des temples et dans le monde entier. Instrument de l’architecte qui trace les cercles et reporte les mesures, il est en loge l’une des trois grandes lumières, posé sur le volume de la Loi sacrée avec l’équerre. Il symbolise la mesure, la maîtrise de soi et les limites que l’homme doit donner à ses désirs, mais aussi l’esprit qui conçoit et ouvre l’horizon. Sa position par rapport à l’équerre change selon les grades, marquant la progression de l’initié.

L’instrument de l’architecte

Compas

Le mot « compas » vient du verbe compasser, issu du latin populaire compassare, « mesurer avec le pas », de cum et passus. Le compas sert à tracer des cercles, à reporter des longueurs et à construire les figures fondamentales de la géométrie. Au Moyen Âge, il est l’outil distinctif du maître d’œuvre, celui qui conçoit le plan, par opposition aux ouvriers qui taillent la pierre. Plusieurs pierres tombales d’architectes médiévaux le représentent à côté de l’équerre. Les Francs-maçons spéculatifs en ont hérité cette valeur : le compas est l’outil de la conception, de l’esprit qui ordonne l’ouvrage.

Le Dieu géomètre

L’iconographie chrétienne a souvent représenté Dieu créant le monde un compas à la main, notamment dans les Bibles moralisées du XIIIe siècle, où le Créateur trace la sphère du cosmos. Le Livre des Proverbes évoque la Sagesse présente lorsque Dieu « traçait un cercle à la surface de l’abîme ». William Blake a repris le motif en 1794 dans L’Ancien des jours. La Franc-maçonnerie, qui invoque le Grand Architecte de l’Univers, s’inscrit dans cette tradition : le compas relie le travail du Maçon à l’idée d’un monde ordonné selon le nombre et la mesure.

Une des trois grandes lumières

Dans la plupart des rites, trois « grandes lumières » sont présentes sur l’autel des serments : le volume de la Loi sacrée, selon les obédiences Bible ou Constitution, l’équerre et le compas. La divulgation de Samuel Prichard, en 1730, mentionne déjà ce mobilier et attribue le compas au Maître. La tradition anglaise ultérieure expliquera que le volume sacré règle la foi, l’équerre les actions, et le compas maintient l’homme « dans de justes bornes » envers tous les hommes. C’est la lecture la plus répandue : le compas enseigne la mesure et la maîtrise des passions.

Équerre et compas selon les grades

Compas

La position respective des deux instruments, posés sur le volume sacré, varie selon le grade auquel la loge travaille. Cette progression, documentée dans de nombreux rituels publiés, est l’un des enseignements visuels les plus parlants de la Franc-maçonnerie.

  • Apprenti : l’équerre est posée sur le compas ; la matière, le travail sur soi l’emportent encore.
  • Compagnon : les deux instruments sont entrelacés, une branche du compas sur l’équerre ; équilibre en devenir.
  • Maître : le compas est posé sur l’équerre ; l’esprit domine désormais la matière.
  • Ces dispositions peuvent varier légèrement selon les rites, mais le principe d’une libération progressive du compas est largement partagé.

Le cercle, la limite et le centre

Le compas trace un cercle autour d’un centre fixe. Cette double opération a nourri de nombreuses interprétations. La pointe immobile figure le centre, la stabilité intérieure, le principe ; la branche mobile figure le mouvement, l’action, l’ouverture au monde. Le cercle ainsi tracé est une limite : il distingue un dedans et un dehors, et rappelle que la liberté humaine n’est féconde que si elle se donne une forme. La tradition anglaise associe d’ailleurs le compas au symbole du point dans le cercle, image du Maçon qui ne peut s’égarer tant qu’il reste fidèle à son centre.

L’ouverture du compas

Un compas peut s’ouvrir plus ou moins largement. Certains commentateurs lisent dans cette ouverture le degré de connaissance de l’initié, et certains rituels précisent un angle d’ouverture particulier pour chaque grade. Au-delà de ces usages variables, l’idée est constante : l’esprit s’ouvre à mesure que le travail progresse, mais il ne s’ouvre jamais sans règle. Le compas n’est ni fermé, ce qui le rendrait inutile, ni ouvert à plat, ce qui l’empêcherait de tracer : il incarne la juste tension entre rigueur et liberté.

Un emblème mondialement connu

Compas

L’équerre et le compas entrelacés, souvent accompagnés de la lettre G dans la tradition anglo-saxonne, sont devenus le logo informel de la Franc-maçonnerie. On les trouve sur les bagues, les bâtiments, les tombes, et même sur les cartes de visite ou les véhicules de Maçons américains. Cette visibilité a aussi fait du compas une cible de l’imagerie antimaçonnique, qui a voulu y voir le signe d’un pouvoir occulte. Pour les Maçons, il reste avant tout l’outil d’un travail de construction, d’abord intérieur.

Pour approfondir

  • Samuel Prichard, Masonry Dissected, Londres, 1730, pour les premières mentions du mobilier de la loge.
  • Les rituels publiés des trois grades symboliques du Rite Français et du Rite Écossais Ancien et Accepté.
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Paris, Dervy, 1948, chapitre sur l’équerre et le compas.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Équerre, Volume de la loi sacrée, la lettre G, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Compagnon en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Compagnon est le franc-maçon du deuxième degré, entre l’Apprenti et le Maître. Le titre vient directement de l’organisation des métiers, où le compagnon était l’ouvrier qualifié ayant achevé son apprentissage, et correspond à l’anglais Fellow Craft. Le grade est celui du voyage, de l’étude et de l’ouverture au monde : après le travail sur soi de l’Apprenti, le Compagnon apprend à connaître la nature, les sciences et les arts. On le dit souvent « grade de passage », mais il porte des symboles parmi les plus riches de la tradition.

Du métier au grade

Compagnon

Dans les métiers médiévaux, le compagnon est celui qui a terminé son apprentissage et travaille aux côtés du maître, souvent en voyageant de chantier en chantier. Les Anciens Devoirs anglais parlent de fellows, et les statuts écossais de William Schaw (1598) distinguent l’apprenti entré et le compagnon du métier (fellow of craft). Dans les premières loges spéculatives, il n’existait d’ailleurs que deux grades : Apprenti et Compagnon ; le grade de Maître apparaît dans les années 1720.

Le passage au deuxième degré

L’Apprenti devient Compagnon au terme d’un temps de travail et d’instruction, après avoir présenté un travail et obtenu l’accord de la loge : on parle d’augmentation de salaire ou de passage. La cérémonie est construite autour de voyages, au cours desquels le récipiendaire manie différents outils, et d’une découverte progressive de nouveaux symboles. Les rituels publiés indiquent que l’âge symbolique du Compagnon est de cinq ans.

Les symboles du grade

  • L’étoile flamboyante, souvent marquée de la lettre G, au centre du grade dans les rites français.
  • La pierre cubique, et dans certains rites la pierre cubique à pointe, figure de la pierre travaillée.
  • Les cinq sens, les cinq ordres d’architecture et les sept arts libéraux, programme d’étude du Compagnon.
  • L’escalier tournant, dans les rites anglophones, que les compagnons gravissent vers la chambre du milieu pour recevoir leur salaire.
  • La colonne J ou B, selon les rites, auprès de laquelle les Compagnons recevaient leur salaire.

La lettre G

Le symbole le plus célèbre du grade est la lettre G, inscrite au cœur de l’étoile flamboyante. Les interprétations sont multiples : Géométrie, science reine du bâtisseur dans les Anciens Devoirs ; God ou Grand Architecte dans les rites anglophones ; Gnose, Génération ou Gravitation chez d’autres auteurs. Cette pluralité est caractéristique du grade : le Compagnon doit apprendre à chercher lui-même le sens.

Un grade d’ouverture

Compagnon

Si l’Apprenti travaille en silence sur sa pierre brute, le Compagnon prend la parole en loge, étudie, voyage. Le grade est tourné vers la connaissance du monde extérieur et de l’homme dans la nature. Dans de nombreuses loges, le Compagnon siège sur la colonne du midi, plus éclairée, sous la surveillance du Premier Surveillant, qui assure son instruction. Le grade invite à équilibrer la recherche intellectuelle et le travail intérieur.

Compagnon et compagnonnage

Il ne faut pas confondre le Compagnon franc-maçon avec les Compagnons du Devoir et des autres sociétés de compagnonnage, qui transmettent aujourd’hui encore un véritable métier par le Tour de France. Les deux traditions partagent un vocabulaire et des références communes, dont le Temple de Salomon, mais elles se sont développées séparément.

Le saviez-vous ?

Au XVIIIe siècle, dans les premières années de la Grande Loge de Londres, les Constitutions d’Anderson exigeaient que le Grand Maître lui-même ait été Compagnon avant son élection, signe que le grade de Compagnon était alors le grade complet du maçon. Le grade de Maître n’avait pas encore acquis sa place centrale.

Repères

Compagnon
Pierre Cubique à Pointe
  • Équivalent anglais : Fellow Craft.
  • Âge symbolique : cinq ans.
  • Symboles : étoile flamboyante, lettre G, cinq sens, arts libéraux.
  • Thèmes : voyage, étude, connaissance du monde.

Le travail du Compagnon

Concrètement, le Compagnon poursuit l’étude des symboles, présente des planches sur les thèmes de son grade et participe plus activement à la vie de la loge. Il se prépare au grade de Maître, qui lui sera conféré après un nouveau temps d’instruction et l’accord des Maîtres. Beaucoup de francs-maçons gardent du compagnonnage maçonnique le souvenir d’une période féconde, où la curiosité intellectuelle est encouragée et où l’on découvre la richesse des correspondances symboliques.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Apprentissage, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Étoile flamboyante, la lettre G, Augmentation de salaire…, Compagnonnage.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Comité directeur en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le comité directeur désigne, dans certains usages, le petit groupe d’officiers qui assure la conduite d’une loge entre les tenues : le Vénérable Maître, les deux Surveillants et, selon les obédiences, un Vénérable adjoint, l’Orateur, le Secrétaire ou le Trésorier. L’expression n’est pas universelle ; on parle aussi de collège des officiers ou de conseil de loge. Quel que soit son nom, cet organe prépare les travaux, suit les candidatures et veille à la vie fraternelle. Il illustre une conception collégiale de l’autorité, où le Vénérable ne gouverne jamais seul.

Un vocabulaire variable

décors maçonniques

Les obédiences n’emploient pas toutes les mêmes termes. L’expression comité directeur se rencontre dans plusieurs glossaires et règlements, mais d’autres parlent de collège des officiers, de conseil de loge, de bureau ou de réunion des officiers dignitaires. Les contours varient aussi : certains réservent ce cercle aux trois lumières de la loge, d’autres y associent l’Orateur, le Secrétaire, le Trésorier, l’Hospitalier ou le Passé Vénérable.

Les trois lumières

Au cœur du dispositif se trouvent les trois lumières de la loge : le Vénérable Maître, qui préside à l’Orient, le Premier Surveillant et le Second Surveillant, qui siègent à l’Occident. En 1730 déjà, Samuel Prichard mentionne trois lumières, rapportées au Soleil, à la Lune et au Maître. La tradition les associe à la Sagesse, à la Force et à la Beauté.

  • Vénérable Maître : préside, dirige les travaux, représente la loge ; bijou, l’équerre.
  • Premier Surveillant : dirige la colonne du Midi, souvent les Compagnons ; bijou, le niveau.
  • Second Surveillant : dirige la colonne du Nord, souvent les Apprentis ; bijou, la perpendiculaire ou fil à plomb.
  • Orateur : gardien de la loi et des règlements, donne ses conclusions avant les votes.
  • Secrétaire : tient le tracé des travaux et la correspondance.
  • Trésorier et Hospitalier : gèrent les finances et la solidarité.

Missions du comité

Entre deux tenues, il faut préparer l’ordre du jour, choisir les planches, organiser les cérémonies, suivre les demandes d’admission et les enquêtes, accueillir les visiteurs, veiller aux Frères ou Sœurs en difficulté et préparer les élections. Ce travail, peu visible, conditionne la qualité des tenues. Le comité directeur ne se substitue pas à la loge : les décisions importantes, admissions, augmentations de salaire, élections, restent votées en tenue ou en chambre du Milieu.

La place des Surveillants

Comité directeur

Les deux Surveillants sont les plus proches collaborateurs du Vénérable. Ils sont responsables de l’instruction des membres de leur colonne, transmettent les demandes de parole et vérifient, à l’ouverture, que le Temple est couvert. Ils sont aussi, souvent, les futurs Vénérables : la progression d’un officier vers la chaire passe fréquemment par les surveillances.

Le Passé Maître immédiat

Dans le rite anglais de style Émulation, le Immediate Past Master siège à la gauche du Maître de la loge et l’assiste. Il intervient à certains moments du rituel, notamment lors de l’ouverture du Volume de la Loi sacrée, et apporte la mémoire de l’atelier. Les loges françaises connaissent des équivalents, sous le nom de Passé Vénérable ou de Vénérable sortant, avec un rôle plus ou moins formalisé selon les rites.

Une autorité collégiale

Le fonctionnement collégial est un trait constant de la Franc-maçonnerie : les officiers sont élus, généralement pour un an, et rendent compte à la loge. Le Vénérable s’appuie sur ses Surveillants, consulte l’Orateur, et ne peut modifier seul les règlements. Cette organisation vise à prévenir les dérives personnelles et à former des responsables : gouverner, c’est servir, et la charge tourne.

Dans beaucoup d’ateliers, la réunion des officiers se tient avant ou après la tenue, hors du Temple et sans décors. Elle n’a pas de caractère rituel, mais elle obéit au même esprit : chacun y parle à son tour, le Vénérable arbitre, et l’on cherche le consensus plutôt que l’affrontement. Les règlements généraux des obédiences précisent les pouvoirs respectifs de ces instances et de la loge réunie.

Le saviez-vous ?

Bijou du 2e Surveillant
Bijou du 2e Surveillant

Les bijoux des trois lumières reprennent trois outils de construction : l’équerre pour le Vénérable, le niveau pour le Premier Surveillant, le fil à plomb pour le Second. Ensemble, ils permettent de vérifier qu’un ouvrage est d’équerre, horizontal et vertical, image d’une loge bien conduite.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Samuel Prichard, Masonry Dissected, Londres, 1730.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.
  • Oswald Wirth, Le Livre du Maître, 1922.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître, Surveillants, Élection de Portalis comme orateur de la loge L’Amitié d’Aix-en-Provence, 1784 (date historique), Élection de Rudyard Kipling comme secrétaire de la loge Hope and Perseverance, 10 janvier 1887 (date historique), Officiers, Lumières (trois).

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