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Le Suprême Conseil est l’autorité souveraine du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) dans une juridiction donnée. Composé de Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33e et dernier degré, il gouverne les ateliers de perfectionnement, du 4e au 33e degré, confère les grades supérieurs et veille à l’intégrité des rituels. Né à Charleston en 1801, le modèle s’est répandu dans le monde entier. En France, plusieurs Suprêmes Conseils coexistent aujourd’hui, chacun lié à une obédience symbolique.
Naissance à Charleston

Le premier Suprême Conseil est constitué à Charleston (Caroline du Sud) en 1801. Ses fondateurs, parmi lesquels John Mitchell et Frederick Dalcho, organisent en 33 degrés un ensemble de hauts grades d’origine française (l’ancien Rite de Perfection en 25 degrés, diffusé aux Amériques par Étienne Morin). Ils s’appuient sur les Grandes Constitutions de 1786, attribuées à Frédéric II de Prusse ; cette attribution est rejetée par les historiens, mais le texte demeure la charte de référence du Rite et lui donne sa devise, Ordo ab Chao.
Le Suprême Conseil de France
En 1804, le comte Alexandre de Grasse-Tilly, revenu des Antilles avec des patentes de Charleston, fonde à Paris le premier Suprême Conseil de France. La même année, un traité d’union est signé avec le Grand Orient de France, aussitôt contesté. Cette double filiation explique la situation française actuelle, où le Rite est administré par plusieurs Suprêmes Conseils.
- Suprême Conseil de France, issu de 1804 et réactivé en 1821, lié à la Grande Loge de France.
- Suprême Conseil Grand Collège du REAA, constitué au sein du Grand Orient de France.
- Suprême Conseil Universel Mixte du Droit Humain, créé à la fin du XIXe siècle.
- Suprême Conseil pour la France, constitué en 1965, issu du Suprême Conseil des Pays-Bas.
- Suprême Conseil National de France, constitué en 2014, lié à la Grande Loge Nationale Française.
Composition et fonctionnement
Un Suprême Conseil réunit un nombre restreint de membres actifs, cooptés parmi les titulaires du 33e degré ; les Grandes Constitutions prévoyaient un effectif réduit, porté ensuite jusqu’à 33 dans de nombreuses juridictions. Il est présidé par un Souverain Grand Commandeur. Il délivre les patentes des ateliers de perfectionnement (loges de perfection, chapitres, aréopages, tribunaux, consistoires), fixe les rituels, confère les degrés les plus élevés et entretient des relations avec les Suprêmes Conseils étrangers.
Le 33e degré

Le titre de Souverain Grand Inspecteur Général désigne les titulaires du 33e degré. Plus qu’un sommet honorifique, ce degré est conçu comme une charge : celle de veiller sur le Rite, d’en préserver la cohérence et d’en assurer la transmission. Les francs-maçons du 33e degré qui ne sont pas membres actifs du Suprême Conseil en sont les membres honoraires ou émérites, selon les juridictions.
Souveraineté et juridictions
Il n’existe pas de gouvernement mondial du REAA. Chaque Suprême Conseil est souverain sur son territoire, en principe national ; aux États-Unis, deux juridictions coexistent (Sud, héritière de Charleston, et Nord). Les Suprêmes Conseils se reconnaissent mutuellement et se sont réunis en conférences internationales. Le convent de Lausanne (1875) a tenté d’harmoniser leurs principes ; sa déclaration sur le Grand Architecte de l’Univers a d’ailleurs suscité de vives controverses.
Repères
- 1786 : date portée par les Grandes Constitutions du Rite.
- 1801 : premier Suprême Conseil à Charleston.
- 1804 : Suprême Conseil de France fondé par Grasse-Tilly.
- 1875 : convent des Suprêmes Conseils à Lausanne.
- Devise : Deus meumque jus ; formule associée : Ordo ab Chao.
Les grades sous juridiction
Au REAA, le Suprême Conseil administre une échelle de degrés regroupés en ateliers : les loges de perfection (4e au 14e degré), les chapitres (15e au 18e, dont le grade de Chevalier Rose-Croix), les aréopages (19e au 30e, dont le grade de Chevalier Kadosch), puis les 31e, 32e et 33e degrés, conférés directement par le Suprême Conseil ou ses délégations. Selon les juridictions, certains degrés intermédiaires sont conférés par communication plutôt que par une cérémonie complète. Les trois premiers degrés relèvent, eux, de l’obédience symbolique.
Le saviez-vous ?
En 1964, le Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, Charles Riandey, quitta celui-ci avec plusieurs centaines de membres pour se rapprocher de la Grande Loge Nationale Française ; le Suprême Conseil qu’il fonda fut reconnu après la conférence internationale de Barranquilla (1970). Cet épisode éclaire la multiplicité actuelle des Suprêmes Conseils français.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Fondation du Suprême Conseil du 33e degré pour l’Irlande, 1824 (date historique), Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Grandes Constitutions du Rite écossais ancien et accepté, 1er mai 1786 (date historique), Patente.
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