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Jacques Gross, dit Gross-Fulpius, né à Mulhouse le 2 mars 1855 et mort à Genève le 4 octobre 1928, est un militant anarchiste, bibliophile et historien de la Commune de Paris. Membre de la Fédération jurassienne, cofondateur du Réveil anarchiste, il fut initié en 1905 à la loge La Fraternité de Genève, relevant du Grand Orient de France, dont il devint vénérable, avant d’atteindre le 33e degré du Rite écossais ancien et accepté.
Un Alsacien dans la Fédération jurassienne

Né à Mulhouse, Jacques Gross adhère très jeune à la Fédération jurassienne, foyer de l’anarchisme dans l’Internationale. Délégué des sections de Porrentruy et de Boncourt au congrès de l’Internationale à Berne, il participe en 1877 à une commémoration de la Commune dans la même ville.
Voyageur de commerce pour la fabrique de tabacs Burrus à Boncourt, il met ses tournées à profit pour faire circuler des journaux clandestins. Il prend le nom de Gross-Fulpius en référence à sa compagne Élisabeth Fulpius.
Un militant de plume
En 1890, il fonde avec Luigi Bertoni le bimensuel bilingue Le Réveil anarchiste. Il soutient financièrement Les Temps nouveaux de Jean Grave et Le Père Peinard d’Émile Pouget, organise l’aide aux militants réfugiés ou expulsés de Suisse et côtoie Élisée Reclus et Kropotkine.
En 1891, il fait campagne contre l’expulsion d’Errico Malatesta et l’aide à gagner Londres. Pendant plus de trente ans, il seconde l’historien Max Nettlau dans ses recherches.
Un historien de la Commune
Plus homme de plume et de livres qu’homme d’action, Gross est un bibliophile passionné. Ses archives forment l’un des premiers fonds du Centre international de recherches sur l’anarchisme, fondé à Genève en 1957 ; une partie de sa correspondance est conservée à l’Institut international d’histoire sociale d’Amsterdam.
Un anarchiste en loge
En 1905, Jacques Gross est initié à Genève dans la loge La Fraternité, rattachée au Grand Orient de France. Il appartient aussi au Souverain Chapitre et au Conseil philosophique La Fraternité de Genève. Il est vénérable maître de sa loge et de son chapitre, et grand maître de son Conseil philosophique.
Parvenu au 33e degré du Rite écossais ancien et accepté, il est membre d’honneur du Grand Collège des Rites. En 1908, il prononce à Genève une conférence publiée sous le titre La Franc-Maçonnerie sous la Commune (1871).
Principales œuvres
- La Franc-Maçonnerie sous la Commune (1871), 1908
- La Franc-Maçonnerie exposée aux profanes, s. d.
- Édition de Jours d’exil d’Ernest Cœurderoy, 1910
- Jours d’exil, première partie, 1849-1851, édition collective, 1991
Entre anarchie et fraternité
Jacques Gross illustre la rencontre, au tournant du XXe siècle, entre la tradition libertaire et la franc-maçonnerie du Grand Orient de France, à travers ses loges de Suisse romande. Son étude sur la franc-maçonnerie pendant la Commune en fait l’un des premiers historiens du rôle des loges en 1871, sujet toujours débattu par l’historiographie maçonnique.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jacques Gross.
Voir aussi dans le glossaire : Chapitre.

