Accueil Blog Page 1457

C comme Cordon en Franc-maçonnerie

1
Glossaire de la franc-maçonnerie

Le cordon est un large ruban porté en écharpe, de l’épaule à la hanche, qui indique le degré ou la fonction d’un franc-maçon. Avec le tablier, il forme l’essentiel des « décors » maçonniques. Sa couleur, sa bordure, les broderies qu’il porte et le bijou qui y est suspendu varient selon les rites, les grades et les obédiences. Héritier des ordres de chevalerie et des insignes de cour du XVIIIe siècle, il est à la fois un signe de reconnaissance, une marque de responsabilité et un rappel de l’engagement pris.

Un mot, plusieurs objets

Cordon
  • Le cordon proprement dit, ruban porté en baudrier, en travers de la poitrine, souvent terminé par un bijou ou une rosette.
  • Le sautoir ou collier, porté autour du cou et retombant en pointe sur la poitrine, auquel est suspendu le bijou d’office des officiers.
  • L’écharpe ou grand cordon de certains hauts grades et dignitaires.
  • Dans le langage courant des loges, on confond souvent ces termes ; les rituels, eux, les distinguent.

Une origine chevaleresque et aristocratique

Les ordres de chevalerie européens, comme l’ordre du Saint-Esprit en France ou l’ordre de la Jarretière en Angleterre, distinguaient leurs membres par des rubans et des colliers. La maçonnerie du XVIIIe siècle, fréquentée par la noblesse et la bourgeoisie, a adopté ces signes de distinction. Les gravures de l’époque montrent des Vénérables portant le cordon bleu, couleur qui a valu aux loges symboliques le surnom de « maçonnerie bleue ». Le développement des hauts grades, avec leurs chevaliers et leurs princes, a multiplié les couleurs.

Le port en travers du corps

Dans le Rite Français notamment, le maître porte un cordon de droite à gauche, de l’épaule droite à la hanche gauche. Ce port en baudrier a été rapproché de celui de l’épée des chevaliers, ce qui accentue la lecture chevaleresque. Il signale aussi que le maître est désormais pleinement responsable de l’atelier. Dans d’autres rites, notamment de tradition anglaise, le maître ne porte pas de cordon et son grade se lit sur le tablier.

Selon les degrés et les rites

Les apprentis et les compagnons ne portent en général que le tablier. Le cordon apparaît au troisième degré dans plusieurs rites continentaux. Au Rite Écossais Ancien et Accepté, chaque grade au-delà du troisième possède ses décors propres : cordons noirs, rouges, blancs ou verts, parfois brodés de symboles, qui permettent de reconnaître d’un coup d’œil le degré d’un frère dans un atelier de hauts grades. Les officiers, eux, se reconnaissent au bijou suspendu à leur sautoir : équerre du Vénérable, niveau du Premier Surveillant, perpendiculaire du Second.

Une valeur symbolique

Cordon

Le cordon n’est pas un ornement de vanité. Il marque un engagement : celui qui le porte a franchi des étapes et accepté des responsabilités. Il relie aussi le maçon à ceux qui l’ont porté avant lui. Certaines loges transmettent des cordons anciens, et les décors des maçons disparus sont parfois remis à la loge ou à leurs proches. Revêtir son cordon avant la tenue, c’est entrer dans un temps rituel, distinct du temps profane.

Les décors des femmes et des grands dignitaires

Les loges d’adoption du XVIIIe siècle avaient leurs propres cordons, dont certains, richement brodés, sont conservés dans les musées. Les grands maîtres et grandes maîtresses portent des cordons distinctifs, souvent associés à un collier de fonction. Ces objets, aujourd’hui étudiés par les conservateurs et les collectionneurs, témoignent du soin apporté aux décors et de l’importance sociale de la maçonnerie au siècle des Lumières.

Revêtir ses décors

Dans la plupart des loges, les décors ne se portent qu’à l’intérieur du temple ou dans ses dépendances. On les revêt avant l’entrée en loge et on les retire à la sortie, geste qui marque le passage du monde profane au temps sacré de la tenue. Les règlements des obédiences encadrent leur port en public, réservé à des circonstances particulières comme certaines cérémonies officielles ou funérailles. Le soin apporté à ces objets, leur conservation et leur transmission disent l’attachement des maçons à la continuité de la tradition.

Le saviez-vous ?

Cordon

Le Musée de la franc-maçonnerie, installé au siège du Grand Orient de France rue Cadet à Paris, conserve de nombreux cordons et tabliers des XVIIIe et XIXe siècles, dont certains ont appartenu à des personnalités. Ces décors brodés à la main sont parmi les objets les plus spectaculaires de ses collections.

À retenir

  • Le cordon est un ruban porté en écharpe qui signale un degré ou une fonction.
  • Il se distingue du sautoir des officiers, porté autour du cou.
  • Son origine renvoie aux ordres de chevalerie et aux insignes du XVIIIe siècle.
  • Couleurs et formes varient selon les rites, les degrés et les obédiences.

Voir aussi dans le glossaire : Tablier, Décors, Sautoir, Bijou, Loge Bleue ou Loge Symbolique., Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Officiers.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Corde en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

La corde traverse le symbolisme maçonnique sous trois formes principales : la corde passée au cou ou autour du corps du candidat lors de l’initiation, la corde à nœuds des bâtisseurs, instrument de mesure et de tracé, et la houppe dentelée, cordelière à lacs d’amour qui encadre le tableau de loge et figure la chaîne d’union. Lien qui retient puis lien qui unit, instrument de mesure et image de la fraternité, elle résume le passage de l’attache subie à l’alliance librement choisie.

La corde du récipiendaire

Nœud lacs d'amour

Dans plusieurs rites, le candidat est introduit dans le temple avec une corde, passée autour du cou ou de la taille. Les rituels anglophones la nomment cable-tow, expression ancienne dont l’origine fait débat. Elle figure ce qui retient encore le profane à son ancien état : habitudes, certitudes, appartenances. Elle signale aussi qu’il est conduit, et non encore libre au sens maçonnique. Une fois l’engagement pris, la corde est retirée : l’attache subie laisse place au lien consenti.

La corde à nœuds des bâtisseurs

Avant l’équerre métallique, les constructeurs disposaient d’un instrument simple : une corde divisée par des nœuds équidistants. Une corde à treize nœuds, soit douze intervalles égaux, permet de former un triangle de côtés 3, 4 et 5, qui donne un angle droit parfait. Tendue autour d’un piquet, la même corde trace un cercle ; pliée, elle reporte des proportions. Cet outil, attesté dans l’Antiquité égyptienne et chez les arpenteurs, est devenu dans la symbolique maçonnique l’image d’une construction fondée sur la mesure.

  • Angle droit : le triangle 3-4-5, base de la rectitude, que l’équerre maçonnique rend visible.
  • Cercle : la corde tendue autour d’un centre trace la limite que le compas symbolise.
  • Proportion : les intervalles égaux permettent de reporter une mesure commune sur tout le chantier.

La houppe dentelée et les lacs d’amour

Sur le tableau de loge des premiers degrés, une cordelière court souvent tout autour du dessin, formant à intervalles réguliers des nœuds en forme de huit couché appelés lacs d’amour, et se terminant par deux glands ou houppes. Cette houppe dentelée encadre l’espace symbolique et représente la chaîne d’union qui relie les membres de la loge. Le nombre de lacs varie selon les tableaux et les traditions.

Lien, mesure, limite

La corde réunit des fonctions qui semblent opposées. Elle lie : sans elle, les éléments resteraient séparés. Elle mesure : ses nœuds donnent l’étalon commun. Elle limite : elle délimite un espace, comme la houppe dentelée borde le tableau. La loge est ainsi un lieu tenu, ordonné et relié, où la liberté de chacun s’exerce à l’intérieur d’un cadre partagé.

De l’attache à l’alliance

Le parcours symbolique de la corde résume celui de l’initié. Au seuil, elle est une entrave qui figure la dépendance ; dans le temple, elle devient la cordelière qui unit les frères et les sœurs. Le même objet change de sens selon qu’il est subi ou consenti. C’est toute la différence entre l’attachement aveugle et la fraternité choisie.

Le saviez-vous ?

En héraldique, la cordelière à nœuds entourant un écu est associée à Anne de Bretagne, qui en fit un emblème. Ce motif, proche des lacs d’amour maçonniques, rappelle que la corde nouée a longtemps été en Europe un signe de fidélité et d’engagement.

Dans les rituels

Selon les rites, la corde apparaît à plusieurs moments : au seuil de l’initiation, sur le tableau de loge, parfois dans le décor même du temple, où une cordelière à nœuds court le long des murs, sous la voûte étoilée. Au Rite Écossais Ancien et Accepté comme au Rite Français, de nombreux temples sont ainsi ceinturés d’une corde à lacs d’amour qui, partant d’une colonne, fait le tour de la loge pour revenir à l’autre. Le symbole n’est pas seulement dessiné : il enveloppe les présents.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.
  • René Guénon, Symboles de la science sacrée, Gallimard, 1962.
  • Oswald Wirth, La Franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, rééd. Dervy.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Houppe dentelée, Tableau de Loge (ou Tapis de Loge), Initiation, Équerre.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Coq en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

Le coq est l’un des premiers symboles que rencontre le futur initié. Dans les rites français et écossais, il figure sur la paroi du cabinet de réflexion, souvent accompagné de la devise « Vigilance et Persévérance ». Oiseau qui chante avant le lever du soleil, il annonce une lumière qui n’est pas encore là : celle que le récipiendaire s’apprête à recevoir. Héritier d’une très riche symbolique antique et chrétienne, le coq dit en un seul signe l’attente, l’éveil et le courage de poursuivre le chemin.

Le coq du cabinet de réflexion

Le Coq
Le Coq au Rouge – Photographie – ©Stefan von Nemau

Avant son initiation, le candidat est laissé seul dans un réduit obscur, le cabinet de réflexion, où il rédige son testament philosophique. Autour de lui sont disposés des objets et des inscriptions : crâne, pain, eau, sel, soufre, sablier, la formule VITRIOL et, très souvent, l’image d’un coq assortie de la devise « Vigilance et Persévérance ». Le coq y est l’un des rares signes tournés vers l’avenir : au milieu des emblèmes de la mort et de la décomposition, il annonce l’aube.

Les rituels ne fixent pas une interprétation unique, mais la lecture la plus répandue y voit la promesse de la lumière que le profane va recevoir au cours de la cérémonie, à condition de rester éveillé et de persévérer dans l’effort.

Vigilance et Persévérance

La devise associée au coq résume une éthique de l’initié. La vigilance consiste à garder la conscience éveillée, à se défier des opinions toutes faites et des certitudes paresseuses. La persévérance rappelle que l’initiation n’est pas un événement mais un commencement : le travail sur la pierre brute dure toute une vie. Le coq, qui chante chaque matin, figure cette fidélité quotidienne au réveil.

Un oiseau solaire

Dans de nombreuses cultures, le coq est lié au soleil levant. La mythologie grecque l’associe à Apollon et à Léto ; au Japon, son chant contribue à faire sortir la déesse solaire Amaterasu de sa caverne. Hermès, messager et guide des âmes, a aussi le coq pour attribut. Cette dimension solaire convient à la franc-maçonnerie, dont les loges sont orientées vers l’Orient et dont l’initiation est décrite comme un passage des ténèbres à la lumière.

Du reniement de Pierre au coq des clochers

Coq

La tradition chrétienne a donné au coq une double valeur. Dans les Évangiles, son chant rappelle à Pierre qu’il a renié le Christ trois fois : le coq est la voix de la conscience qui réveille le pécheur. Placé au sommet des clochers depuis le haut Moyen Âge, il veille sur la communauté et se tourne vers le vent. Le futur maçon, dans le cabinet, est placé devant une même exigence de lucidité sur soi, condition de toute renaissance.

Le saviez-vous ?

Selon le Phédon de Platon, les dernières paroles de Socrate furent pour rappeler qu’il devait un coq à Asclépios, le dieu guérisseur. On lit souvent dans cette offrande la reconnaissance d’une guérison : la mort délivrant l’âme de la maladie du corps. La lecture rejoint de près le symbolisme du cabinet de réflexion, où mourir au vieil homme est la condition de la renaissance initiatique. Par ailleurs, en latin, gallus désigne à la fois le coq et le Gaulois, d’où le coq emblème de la France.

Dans les rituels

  • Rite Français et REAA : le coq figure fréquemment dans le cabinet de réflexion, avec la devise « Vigilance et Persévérance ».
  • Autres traditions : la Chambre de préparation anglaise ne comporte pas ce décor, propre à l’usage continental.
  • Dans les loges, le coq peut aussi apparaître sur des tableaux, des bijoux ou des décors, sans fonction rituelle fixe.

Une symbolique de l’éveil

Deux personnes s'aident à gravir la montagne
Lever de soleil

Le coq ne produit pas la lumière : il l’annonce. Cette nuance est essentielle. L’initiation ne fabrique pas la vérité pour le récipiendaire ; elle le prépare à la percevoir. Le coq du cabinet invite ainsi à une attitude d’attente active : être prêt, être attentif, ne pas se rendormir. C’est pourquoi il reste un symbole familier tout au long du parcours maçonnique, bien au-delà de la nuit de l’initiation.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.
  • Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1969.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Cabinet de Réflexion, Testament (philosophique), Initiation, Lumières (trois), Sablier, Orient.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Convocation en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

La convocation, souvent appelée « planche de convocation », est l’avis officiel par lequel le Secrétaire, sur ordre du Vénérable Maître, informe les membres d’une loge, et le cas échéant les instances de l’obédience, de la prochaine tenue. Elle en fixe le lieu, la date, l’heure, le grade d’ouverture et l’ordre du jour. Document administratif en apparence modeste, elle conditionne la régularité des travaux : une tenue non convoquée ou une question non inscrite à l’ordre du jour peuvent être contestées.

Un acte de régularité

Cordon de secrétaire
Cordon de secrétaire

Dans toute association, une assemblée n’est valable que si ses membres ont été régulièrement convoqués. La loge maçonnique n’échappe pas à cette règle, qu’elle double d’une dimension rituelle. Les règlements généraux des obédiences imposent l’envoi d’une convocation dans un délai minimal avant la tenue, et certaines décisions importantes (élections, votes sur une initiation, affiliation, budget) exigent qu’elles y soient expressément annoncées.

La tradition est ancienne : les textes du XVIIIe siècle évoquent déjà le devoir, pour les frères dûment avertis, de se rendre à la loge, sauf empêchement légitime.

Le rôle du Secrétaire

Le Secrétaire, officier dignitaire siégeant à l’Orient, rédige la convocation et l’adresse aux membres. Il travaille sous l’autorité du Vénérable, qui arrête l’ordre du jour. Cette fonction prolonge sa mission générale : tenir la mémoire écrite de la loge, rédiger les procès-verbaux, appelés planches tracées, et assurer la correspondance avec l’obédience.

Ce que contient une convocation

  • Le titre distinctif de la loge, son numéro et son obédience.
  • Le lieu, la date et l’heure de la tenue.
  • Le grade auquel les travaux seront ouverts (Apprenti, Compagnon, Maître).
  • L’ordre du jour : lecture du procès-verbal, travaux prévus, scrutins, augmentations de salaire, initiations.
  • Le nom des intervenants, notamment l’auteur de la planche du jour.
  • Les coordonnées du Vénérable, du Secrétaire et souvent du Trésorier.
  • Les mentions d’usage : tenue vestimentaire, agapes, invitations aux visiteurs.

L’ordre du jour, cadre des débats

L’ordre du jour est la pièce maîtresse de la convocation. En principe, aucune question qui n’y figure ne peut être délibérée en loge. Cette règle protège les absents, qui doivent pouvoir savoir ce qui sera décidé, et garantit des débats préparés. Les « questions diverses » ne permettent pas, selon la plupart des règlements, d’adopter des décisions importantes.

Le langage de la convocation

Convocation

La convocation maçonnique a conservé des usages graphiques et un vocabulaire propres : abréviations par trois points (R∴L∴ pour Respectable Loge, T∴C∴F∴ pour Très Cher Frère), datation selon l’ère maçonnique, qui ajoute traditionnellement 4000 ans à l’ère commune (« an de la Vraie Lumière »). On y parle de « tenue » et non de réunion, de « planche » pour un exposé.

Du papier au courriel

Longtemps imprimées ou recopiées à la main, les convocations sont aujourd’hui le plus souvent envoyées par courrier électronique ou via les plateformes numériques des obédiences. Leur valeur réglementaire reste la même. Les collectionneurs recherchent les convocations anciennes, souvent ornées de gravures symboliques, qui constituent des sources précieuses pour l’histoire des loges.

Le saviez-vous ?

Une convocation peut aussi être adressée à un frère dans un tout autre cadre : la justice maçonnique « cite » ou convoque la personne mise en cause devant la chambre compétente. Le même mot recouvre ainsi l’invitation fraternelle aux travaux et l’acte de procédure.

Convoquer les visiteurs et l’obédience

Convocation

La convocation n’est pas réservée aux membres. Elle est souvent adressée aux loges amies ou jumelées, qui peuvent ainsi envoyer des visiteurs, et aux instances de l’obédience, par exemple au délégué régional ou au conseiller chargé du suivi de la loge. Certaines tenues exigent une information particulière : installation du collège des officiers, tenues solennelles, réceptions d’autres ateliers. La convocation devient alors une véritable invitation, parfois accompagnée d’un programme.

Repères

  • Émetteur : le Secrétaire, sur ordre du Vénérable Maître.
  • Contenu : lieu, date, heure, grade, ordre du jour.
  • Règle : pas de délibération sur une question non inscrite.
  • Destinataires : membres, visiteurs, instances de l’obédience.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Élection de Rudyard Kipling comme secrétaire de la loge Hope and Perseverance, 10 janvier 1887 (date historique), Tenue, Planche, Sautoir de Vénérable Maître, Ère Maçonnique, Trois points.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Convent en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

Le convent est l’assemblée générale souveraine d’une obédience maçonnique, formée des délégués élus par les loges. Il vote les textes fondamentaux, le budget et les grandes orientations, et élit tout ou partie de l’exécutif. Le mot, doublet du latin conventus, « assemblée », a été réservé à cet usage par les francs-maçons français, alors que le mot couvent prenait le sens religieux. L’histoire maçonnique a aussi retenu de grands convents internationaux du XVIIIe siècle, comme ceux de Lyon en 1778 et de Wilhelmsbad en 1782.

Un doublet de « couvent »

Convent
Convent 2025 de la GLMN

Le latin conventus, « réunion, assemblée », a donné en français couvent, qui a pris le sens de communauté religieuse. L’Académie a fixé la graphie couvent à la fin du XVIIIe siècle, mais la franc-maçonnerie a conservé la forme savante convent, prononcée « con-van », pour désigner ses assemblées. Le mot est ainsi devenu l’un des marqueurs du vocabulaire maçonnique.

Le parlement de l’obédience

Dans la plupart des obédiences françaises, le convent réunit chaque année les délégués des loges, souvent à raison d’un délégué par atelier. Il fonctionne comme un parlement : il examine les rapports de l’exécutif, adopte le budget, modifie les textes, statue sur les vœux des loges et élit les membres du conseil ou le Grand Maître selon les règles propres à chaque obédience. Il incarne le principe de souveraineté des loges.

Le convent du Grand Orient de France

Le convent du GODF, qui se tient chaque année en général à la fin de l’été, est le plus médiatisé. Il est précédé de congrès régionaux et de « questions à l’étude des loges », thèmes de réflexion proposés à l’ensemble des ateliers. Certains convents ont marqué l’histoire : celui de 1877 supprima l’obligation de la croyance en Dieu et en l’immortalité de l’âme de la constitution du Grand Orient, ce qui entraîna la rupture avec la Grande Loge Unie d’Angleterre.

Les grands convents historiques

Convent
Grande Loge Écossaise de France
  • Convent des Gaules, Lyon, 1778 : sous l’impulsion de Jean-Baptiste Willermoz, il pose les bases du Régime Écossais Rectifié.
  • Convent de Wilhelmsbad, 1782 : il réunit les représentants de la Stricte Observance templière, abandonne la thèse de la filiation templière et confirme la réforme rectifiée.
  • Convent de Lausanne, 1875 : il réunit des Suprêmes Conseils du Rite Écossais Ancien et Accepté.
  • Convent du GODF de 1877 : adoption de la liberté absolue de conscience.

Un temps de débat et de démocratie

Le convent est un moment de démocratie maçonnique, parfois vif. Les délégués y portent la voix de leurs loges, et les débats peuvent opposer des conceptions différentes de l’engagement maçonnique, du rapport à la cité ou de la gouvernance. La presse en rend compte, et les résolutions adoptées donnent le ton de l’obédience pour l’année suivante. Les francs-maçons y voient l’application de leur méthode : débattre dans le respect de la parole de chacun.

Convents dans d’autres obédiences

La Grande Loge de France, le Droit Humain, la Grande Loge Féminine de France et la plupart des obédiences organisent elles aussi un convent annuel, sous ce nom ou sous celui d’assemblée générale. Les obédiences de tradition anglaise préfèrent parler de Quarterly Communication ou de tenue de Grande Loge. Les vocabulaires diffèrent, mais le principe est le même : rassembler les loges pour décider ensemble.

Le saviez-vous ?

Convent
Des membres des francs-maçons chinois et leurs familles lors de la neuvième convention nationale annuelle tenue à l’intérieur du pavillon Zhigongtang au 5 W. Pender St. à Vancouver en octobre 1939. (Archives de la ville de Vancouver (AM1376-: 2018-027.2))

Le convent du Grand Orient de 1945, le premier après la Libération, eut notamment à examiner le comportement de certains frères sous l’Occupation : la maçonnerie, persécutée par Vichy, dut aussi juger ceux des siens qui avaient failli. Les historiens de la franc-maçonnerie ont consacré des études à ce moment délicat.

Les comptes rendus des convents, publiés par les obédiences ou relayés par la presse maçonnique, constituent une source précieuse pour suivre l’évolution des débats internes, des effectifs et des grandes orientations de chaque obédience au fil des décennies.

Repères

  • Étymologie : latin conventus, « assemblée ».
  • Composition : délégués des loges.
  • Compétences : textes, budget, élections, orientations.
  • Rythme : annuel dans la plupart des obédiences.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Obédience, Conseil philosophique ou Aréopage, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique).

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Constitutions en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

Les Constitutions désignent les textes qui fixent l’organisation, les principes et les règles d’une obédience maçonnique. Le mot renvoie d’abord aux Constitutions publiées à Londres en 1723 par le pasteur James Anderson, qui servent de charte de référence à la Franc-maçonnerie spéculative moderne. Héritières des « Anciens Devoirs » des maçons de métier, elles combinent une histoire légendaire du métier, des obligations morales et des règlements. Toutes les obédiences actuelles ont leurs propres constitutions, mais beaucoup se réclament encore de ce texte fondateur.

Les Anciens Devoirs

Constitutions

Les maçons de métier anglais disposaient de textes appelés Old Charges, ou Anciens Devoirs : une histoire légendaire de la géométrie et de l’architecture, des origines bibliques jusqu’à l’Angleterre, suivie de règles de conduite pour les maîtres et les compagnons. Le plus ancien connu est le manuscrit Regius, un poème daté d’environ 1390, suivi du manuscrit Cooke, du début du XVe siècle. On en connaît plus d’une centaine de versions, copiées jusqu’au XVIIIe siècle et lues lors de la réception des nouveaux membres.

La genèse du texte de 1723

Après la fondation de la Grande Loge de Londres et de Westminster en 1717, la nécessité d’un texte commun se fait sentir. En 1721, sous la grande maîtrise du duc de Montagu, le pasteur presbytérien James Anderson est chargé de rédiger une version nouvelle des anciens textes, avec l’aide de Jean Théophile Désaguliers. Revu par une commission de quatorze frères, le texte paraît en 1723. Les règlements généraux qu’il contient avaient été compilés par George Payne, ancien Grand Maître.

Un texte en quatre parties

  • Une histoire légendaire de la maçonnerie, d’Adam à la fondation de la Grande Loge.
  • Les Obligations (Charges), en six articles, sur la religion, le magistrat civil, les loges, les grades, la conduite en loge et hors de la loge.
  • Les Règlements généraux, trente-neuf articles organisant la Grande Loge et les loges.
  • Des chants pour les maîtres, surveillants, compagnons et apprentis.

L’article sur Dieu et la religion

Constitutions

Le premier article des Obligations est le plus célèbre. Il demande au maçon d’obéir à la loi morale et précise que, s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux. Il ne l’oblige qu’à « cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord », laissant à chacun ses opinions particulières. Ce texte a reçu des lectures opposées : formule d’exclusion des athées pour les uns, formule de tolérance remarquable pour son époque pour les autres. Il est au cœur du débat entre obédiences régulières et libérales.

Révisions et querelles

Anderson publie une seconde édition en 1738, modifiée sur plusieurs points. Dans les années 1750, une Grande Loge rivale, dite des Anciens, accuse la Grande Loge de 1717, dite des Modernes, d’avoir trahi les anciens usages ; elle se dote de ses propres constitutions, l’Ahiman Rezon de Laurence Dermott (1756). La réunion des deux Grandes Loges en 1813, qui donne naissance à la Grande Loge unie d’Angleterre, s’accompagne de nouvelles constitutions.

En France

Les Constitutions d’Anderson sont traduites en français au XVIIIe siècle, et inspirent les premiers règlements des loges françaises. Chaque obédience française dispose aujourd’hui de sa propre Constitution et de Règlements généraux, votés et modifiés par ses instances, convent ou assemblée générale. Le Grand Orient de France a ainsi supprimé en 1877 l’obligation de croire en Dieu et en l’immortalité de l’âme. Plusieurs obédiences se réclament explicitement de l’héritage de 1723, même si, selon les historiens, ce texte n’a été érigé en référence quasi sacrée qu’assez tardivement.

Une portée durable

Constitutions
James-Anderson-1679-1739-Scottish-Reverend-minister-Masonic-author-Constitutions-of-the-Freemasons-United-Grand-Lodge-of-England-2022-by-Travis-Simpkins-fb

Trois siècles après leur publication, les Constitutions de 1723 restent le texte maçonnique le plus cité. Le tricentenaire de 2023 a donné lieu à de nombreuses publications et colloques. Elles ont fixé quelques principes qui structurent encore la Franc-maçonnerie : l’indépendance de chaque loge dans le cadre d’une obédience, l’élection des officiers, le refus des querelles religieuses et politiques en loge, et la loge comme centre d’union entre des hommes qui seraient autrement restés étrangers les uns aux autres.

Le saviez-vous ?

Le frontispice de l’édition de 1723 représente le duc de Montagu, Grand Maître sortant, remettant les Constitutions et le compas à son successeur, le duc de Wharton, sous une arcade classique. Ironie de l’histoire, Wharton, libertin notoire, finit sa vie en exil.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Anciens Devoirs (Old Charges), Rédaction du manuscrit Regius, vers 1390 (date historique), Grand Architecte de l’Univers mal interprété (antimaçonnisme), Régularité.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Constituer en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

Constituer une loge, c’est lui donner une existence maçonnique régulière. L’acte est accompli par une obédience, ou Grande Loge, qui délivre à un groupe de francs-maçons des lettres de constitution, ou patente, les autorisant à travailler sous un titre distinctif, à un Orient donné, selon un rite déterminé. Il est généralement suivi d’une cérémonie d’allumage des feux, ou de consécration, et de l’installation du premier Vénérable. Le mot rappelle aussi les Constitutions d’Anderson de 1723 : constituer, c’est faire entrer un atelier dans un ordre fondé sur des règles écrites.

Un mot juridique et symbolique

Constituer

Le verbe constituer vient du latin constituere, « établir, fonder ». En franc-maçonnerie, il désigne l’acte par lequel une autorité maçonnique reconnaît une loge et lui confère le droit de travailler et d’initier. Une loge constituée est inscrite au registre de son obédience, porte un numéro, un titre distinctif et un Orient, c’est-à-dire le nom de la ville où elle se réunit. Elle relève désormais des règlements généraux de cette obédience.

De la loge de Saint-Jean à la loge constituée

Avant la fondation de la Grande Loge de Londres en 1717, les loges se réunissaient de leur propre autorité, selon l’usage immémorial. Avec l’organisation en Grandes Loges, la patente devient la condition de la régularité : une loge sans constitution est dite « sauvage » ou irrégulière. Au XVIIIe siècle, en France, de nombreuses loges ont travaillé longtemps avant de solliciter des constitutions de la Grande Loge, puis du Grand Orient de France fondé en 1773.

Les étapes de la création d’une loge

  • Le projet : un groupe de maçons, souvent issus d’une même loge-mère, décide de fonder un nouvel atelier.
  • Le nombre : au moins sept Maîtres, nombre d’une loge juste et parfaite, selon la plupart des règlements.
  • La demande : adressée à l’obédience, avec le titre distinctif, le rite choisi, le lieu de réunion et la liste des fondateurs.
  • Les lettres de constitution : délivrées par l’obédience après examen.
  • La cérémonie : allumage des feux ou consécration, puis installation du Vénérable et des officiers.

L’allumage des feux

La cérémonie qui donne vie à la nouvelle loge porte, selon les traditions, le nom d’allumage des feux, de consécration ou d’inauguration. Elle est conduite par des dignitaires de l’obédience. Les lumières de la loge sont allumées pour la première fois, le temple est consacré, la patente est lue, et le premier Vénérable est installé avec ses officiers. Dans la tradition anglaise, la consécration comporte des offrandes symboliques de blé, de vin et d’huile, signes d’abondance, de joie et de paix.

La patente, titre de légitimité

Constituer

Les lettres de constitution sont conservées par la loge et souvent affichées ou présentées lors des tenues solennelles. Elles attestent la filiation de l’atelier, sa place dans la chaîne de transmission. Une loge qui perd ses lettres, par dissolution ou retrait, cesse d’être régulière. Les loges qui changent d’obédience doivent recevoir de nouvelles constitutions.

Une naissance ordonnée

Symboliquement, constituer une loge, c’est faire naître un nouvel espace initiatique. L’acte rappelle la fondation d’un temple : on trace des limites, on allume des lumières, on établit une loi. Les fondateurs prennent la responsabilité de faire vivre l’atelier, de transmettre le rite et d’accueillir de futurs initiés. La loge constituée est à la fois une personne morale et une communauté vivante.

Constituer et Constitutions

Le verbe fait écho au titre du texte fondateur de la maçonnerie spéculative : les Constitutions publiées par James Anderson en 1723 pour la Grande Loge de Londres. Ce recueil, qui fixe l’histoire légendaire du métier, les obligations des maçons et les règlements généraux, est devenu le modèle de tous les textes constitutionnels des obédiences. Constituer une loge, c’est l’inscrire dans cette tradition juridique et morale.

Le saviez-vous ?

Constituer

Les plus anciennes loges anglaises, qui existaient avant 1717, ont conservé le privilège de travailler sans patente, en vertu de leur usage immémorial. C’est le cas de la loge Antiquity n° 2, l’une des quatre loges fondatrices de la Grande Loge de Londres, toujours en activité.

À retenir

  • Constituer une loge, c’est lui donner une existence régulière par des lettres de constitution.
  • L’acte relève d’une obédience et est suivi de l’allumage des feux et de l’installation du Vénérable.
  • Le mot renvoie aux Constitutions d’Anderson (1723), texte fondateur de la maçonnerie moderne.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Patente, Allumage des Feux, Installation, Obédience, Titre Distinctif.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Consistoire en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

Dans le Rite Écossais Ancien et Accepté, le consistoire est l’atelier qui confère et pratique le 32e degré, celui de Sublime Prince du Royal Secret, dernier échelon avant le 33e et le Suprême Conseil. Selon les juridictions et les époques, le mot a aussi désigné l’ensemble des 31e et 32e degrés, ou un organe de gouvernement des hauts grades, comme le Grand Consistoire des Rites du Grand Orient de France au début du XIXe siècle. Emprunté au vocabulaire ecclésiastique, il dit la gravité d’une assemblée de sages chargée de synthèse et de jugement.

Un mot venu de l’Église

Consistoire

Le latin consistorium désignait le lieu où l’on se tient, puis le conseil de l’empereur romain. L’Église l’a repris pour l’assemblée des cardinaux réunie autour du pape. En France, les Églises réformées appellent consistoire leur conseil local, et l’organisation du culte israélite créée sous Napoléon en 1808 repose elle aussi sur des consistoires. La franc-maçonnerie du XVIIIe siècle, friande de titres solennels, a adopté ce terme pour ses assemblées les plus élevées.

Du Rite de perfection au REAA

Le Rite de perfection, ou Rite du Royal Secret, organisé en vingt-cinq degrés et réglé par des constitutions datées de 1762, culminait au grade de Sublime Prince du Royal Secret, dont les titulaires se réunissaient en consistoire. Lorsque le Rite Écossais Ancien et Accepté est fondé à Charleston en 1801, sur la base de constitutions dites de 1786, il porte l’échelle à trente-trois degrés : le Sublime Prince devient le 32e, et le consistoire conserve sa place juste au-dessous du Suprême Conseil.

Les ateliers du REAA

Dans l’organisation française du rite, les degrés supérieurs sont répartis entre plusieurs types d’ateliers :

  • Loges de perfection : à partir du 4e degré, Maître secret.
  • Chapitres : jusqu’au 18e degré, Chevalier Rose-Croix.
  • Aréopages : du 19e au 30e degré, Chevalier Kadosh.
  • Tribunal : 31e degré, Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur.
  • Consistoire : 32e degré, Sublime Prince du Royal Secret.
  • Suprême Conseil : 33e degré, Souverain Grand Inspecteur Général.

La définition parfois donnée, selon laquelle le consistoire désigne les tenues des 31e et 32e degrés, n’est donc pas fausse partout : dans plusieurs juridictions, notamment aux États-Unis, le Consistory confère ces deux degrés ensemble. En France, l’usage le plus courant distingue le tribunal du 31e et le consistoire du 32e.

Le 31e degré : la justice

Consistoire

Le 31e degré est placé sous le signe de la justice. Son nom d’Inquisiteur Commandeur renvoie à l’enquête et au jugement : l’initié y médite l’équité, la rectitude du jugement et la responsabilité de ses actes. La tonalité en est sévère, mais elle prépare au travail de synthèse qui suit.

Le 32e degré : le Royal Secret

Le 32e degré, Sublime Prince du Royal Secret, est traditionnellement présenté comme un grade de récapitulation. Le « secret royal » n’y est pas une information cachée, mais la compréhension unifiée de l’enseignement reçu au long des degrés précédents. Le symbolisme militaire du camp, présent dans plusieurs versions publiées, figure une armée rangée pour défendre ses idéaux : image d’ordre intérieur plus que de conquête.

Un lieu de transition

Le consistoire occupe une position charnière. Il clôt le parcours des degrés de travail et prépare, pour un petit nombre, l’accession au 33e degré, qui relève d’abord de l’administration et du gouvernement du rite. Les hauts grades n’y sont pas des récompenses, mais des charges : charges de mémoire, de discernement et de fidélité.

Le saviez-vous ?

Au début du XIXe siècle, le Grand Orient de France disposait d’un Grand Consistoire des Rites, chargé d’administrer les hauts grades qu’il entendait contrôler face au Suprême Conseil. Son sceau, conservé dans les collections maçonniques, témoigne de cette période de rivalité entre les deux puissances.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.
  • Alec Mellor, Dictionnaire de la franc-maçonnerie et des francs-maçons, Belfond, 1971.
  • Pierre Chevallier, Histoire de la franc-maçonnerie française, Fayard, 1974-1975.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Suprême Conseil, Aréopage, Chapitre, Constitutions et Règlements dits de Bordeaux du Rite de Perfection, 22 septembre 1762 (date historique).

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Conseil Suprême en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Suprême Conseil est l’autorité souveraine du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) dans une juridiction donnée. Composé de Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33e et dernier degré, il gouverne les ateliers de perfectionnement, du 4e au 33e degré, confère les grades supérieurs et veille à l’intégrité des rituels. Né à Charleston en 1801, le modèle s’est répandu dans le monde entier. En France, plusieurs Suprêmes Conseils coexistent aujourd’hui, chacun lié à une obédience symbolique.

Naissance à Charleston

Conseil Suprême
Le 33e degré – Du nombre à l’Être, de la structure au Principe

Le premier Suprême Conseil est constitué à Charleston (Caroline du Sud) en 1801. Ses fondateurs, parmi lesquels John Mitchell et Frederick Dalcho, organisent en 33 degrés un ensemble de hauts grades d’origine française (l’ancien Rite de Perfection en 25 degrés, diffusé aux Amériques par Étienne Morin). Ils s’appuient sur les Grandes Constitutions de 1786, attribuées à Frédéric II de Prusse ; cette attribution est rejetée par les historiens, mais le texte demeure la charte de référence du Rite et lui donne sa devise, Ordo ab Chao.

Le Suprême Conseil de France

En 1804, le comte Alexandre de Grasse-Tilly, revenu des Antilles avec des patentes de Charleston, fonde à Paris le premier Suprême Conseil de France. La même année, un traité d’union est signé avec le Grand Orient de France, aussitôt contesté. Cette double filiation explique la situation française actuelle, où le Rite est administré par plusieurs Suprêmes Conseils.

  • Suprême Conseil de France, issu de 1804 et réactivé en 1821, lié à la Grande Loge de France.
  • Suprême Conseil Grand Collège du REAA, constitué au sein du Grand Orient de France.
  • Suprême Conseil Universel Mixte du Droit Humain, créé à la fin du XIXe siècle.
  • Suprême Conseil pour la France, constitué en 1965, issu du Suprême Conseil des Pays-Bas.
  • Suprême Conseil National de France, constitué en 2014, lié à la Grande Loge Nationale Française.

Composition et fonctionnement

Un Suprême Conseil réunit un nombre restreint de membres actifs, cooptés parmi les titulaires du 33e degré ; les Grandes Constitutions prévoyaient un effectif réduit, porté ensuite jusqu’à 33 dans de nombreuses juridictions. Il est présidé par un Souverain Grand Commandeur. Il délivre les patentes des ateliers de perfectionnement (loges de perfection, chapitres, aréopages, tribunaux, consistoires), fixe les rituels, confère les degrés les plus élevés et entretient des relations avec les Suprêmes Conseils étrangers.

Le 33e degré

Conseil Suprême

Le titre de Souverain Grand Inspecteur Général désigne les titulaires du 33e degré. Plus qu’un sommet honorifique, ce degré est conçu comme une charge : celle de veiller sur le Rite, d’en préserver la cohérence et d’en assurer la transmission. Les francs-maçons du 33e degré qui ne sont pas membres actifs du Suprême Conseil en sont les membres honoraires ou émérites, selon les juridictions.

Souveraineté et juridictions

Il n’existe pas de gouvernement mondial du REAA. Chaque Suprême Conseil est souverain sur son territoire, en principe national ; aux États-Unis, deux juridictions coexistent (Sud, héritière de Charleston, et Nord). Les Suprêmes Conseils se reconnaissent mutuellement et se sont réunis en conférences internationales. Le convent de Lausanne (1875) a tenté d’harmoniser leurs principes ; sa déclaration sur le Grand Architecte de l’Univers a d’ailleurs suscité de vives controverses.

Repères

  • 1786 : date portée par les Grandes Constitutions du Rite.
  • 1801 : premier Suprême Conseil à Charleston.
  • 1804 : Suprême Conseil de France fondé par Grasse-Tilly.
  • 1875 : convent des Suprêmes Conseils à Lausanne.
  • Devise : Deus meumque jus ; formule associée : Ordo ab Chao.

Les grades sous juridiction

Au REAA, le Suprême Conseil administre une échelle de degrés regroupés en ateliers : les loges de perfection (4e au 14e degré), les chapitres (15e au 18e, dont le grade de Chevalier Rose-Croix), les aréopages (19e au 30e, dont le grade de Chevalier Kadosch), puis les 31e, 32e et 33e degrés, conférés directement par le Suprême Conseil ou ses délégations. Selon les juridictions, certains degrés intermédiaires sont conférés par communication plutôt que par une cérémonie complète. Les trois premiers degrés relèvent, eux, de l’obédience symbolique.

Le saviez-vous ?

En 1964, le Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, Charles Riandey, quitta celui-ci avec plusieurs centaines de membres pour se rapprocher de la Grande Loge Nationale Française ; le Suprême Conseil qu’il fonda fut reconnu après la conférence internationale de Barranquilla (1970). Cet épisode éclaire la multiplicité actuelle des Suprêmes Conseils français.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Fondation du Suprême Conseil du 33e degré pour l’Irlande, 1824 (date historique), Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Grandes Constitutions du Rite écossais ancien et accepté, 1er mai 1786 (date historique), Patente.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

C comme Conseil en Franc-maçonnerie

0
Glossaire de la franc-maçonnerie

En franc-maçonnerie, le conseil désigne d’abord l’organe exécutif collégial d’une obédience, chargé d’appliquer les décisions de l’assemblée souveraine, le convent, et d’administrer l’ensemble entre deux sessions. Selon les obédiences, il s’appelle Conseil de l’Ordre, Conseil fédéral, Conseil national ou Conseil d’administration. Le mot désigne aussi certains ateliers de hauts grades, à commencer par le Suprême Conseil, autorité du 33e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté. Comprendre le conseil, c’est comprendre comment la franc-maçonnerie se gouverne.

Un exécutif au service d’une assemblée

Conseil

La plupart des obédiences françaises sont des associations qui distinguent un pouvoir délibératif et un pouvoir exécutif. Le convent, formé des délégués des loges, vote les textes, le budget et les grandes orientations ; le conseil, élu, les met en œuvre. Il gère l’administration et les finances, instruit les demandes de création de loges, entretient les relations avec les autres obédiences et représente l’institution.

Ce schéma traduit une idée ancienne : le pouvoir maçonnique est un mandat, révocable, limité dans le temps et soumis au contrôle des loges. Le Grand Maître ou le président est généralement issu du conseil et en préside les travaux.

Des noms différents selon les obédiences

  • Grand Orient de France : Conseil de l’Ordre, présidé par le Grand Maître, qui en est le président.
  • Grande Loge de France : Conseil fédéral, autour du Grand Maître.
  • Droit Humain (Fédération française) : Conseil national.
  • Grande Loge Féminine de France : Conseil fédéral.
  • Grande Loge Nationale Française : organes de direction autour du Grand Maître, dans une tradition plus centralisée héritée du modèle anglais.

Les compétences précises, la durée des mandats et le mode d’élection relèvent des textes de chaque obédience. On rencontre souvent des renouvellements par tiers ou par moitié, qui assurent la continuité de l’institution.

Le Conseil de l’Ordre du Grand Orient

Au GODF, le Conseil de l’Ordre est composé de conseillers élus par les congrès régionaux puis confirmés par le convent. Il joue aussi un rôle dans la vie disciplinaire : il peut, par exemple, saisir les instances de justice maçonnique en cas de faits graves. Le Grand Maître en est le président et le porte-parole public.

Le conseil dans les hauts grades

Conseil
Source : Wikimedia Commons – Declic – CC BY-SA 3.0

Le mot a une seconde vie dans les rites à hauts grades. Le Suprême Conseil est l’autorité souveraine du Rite Écossais Ancien et Accepté dans une juridiction ; le premier fut fondé à Charleston en 1801, le premier Suprême Conseil de France en 1804. Ses membres titulaires sont des 33e degrés, présidés par un Souverain Grand Commandeur.

D’autres ateliers portent aussi ce nom, comme les conseils de Kadosh ou les conseils de certains rites (Royal and Select Masters dans le système anglo-saxon). Au XVIIIe siècle, le Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident (1758) régissait l’un des premiers systèmes de hauts grades.

Gouverner en maçon

La gouvernance des obédiences emprunte aux règles associatives, mais elle se veut aussi l’application de principes maçonniques : collégialité, rotation des responsabilités, refus du pouvoir personnel. Les débats parfois vifs autour des conseils, lors des convents, montrent que cette exigence n’est jamais acquise et doit être sans cesse vérifiée.

Repères

  • Conseil obédientiel : exécutif collégial élu, responsable devant le convent.
  • Missions : administration, finances, relations extérieures, création de loges, saisine disciplinaire.
  • Suprême Conseil : autorité du 33e degré du REAA.
  • Ne pas confondre avec le « conseil » au sens de l’avis donné en loge.

Le saviez-vous ?

Conseil
Source : Wikimedia Commons – auteur inconnu – CC BY-SA 3.0

Après 1871, le Grand Orient de France supprima la grande maîtrise, jugée trop monarchique : l’obédience fut dirigée par le président de son Conseil de l’Ordre. Le titre de Grand Maître ne fut réintroduit que plus tard, au XXe siècle. Cette évolution illustre le lien entre la gouvernance maçonnique et la culture politique républicaine.

Le conseil et les loges

La relation entre le conseil et les loges est au cœur des débats de gouvernance. Les loges sont souveraines dans leurs travaux, mais elles relèvent de l’obédience pour leur régularité, leurs patentes et l’application des règlements. Le conseil intervient lorsque des difficultés surgissent : conflit interne, loge en déshérence, manquement aux textes. Il peut alors nommer des délégués, proposer une médiation, voire, dans les cas graves, suspendre ou mettre en sommeil une loge selon les procédures prévues. À l’inverse, les loges contrôlent le conseil par leurs délégués au convent, qui approuvent ou rejettent son rapport d’activité.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Convent, Obédience, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Suprême Conseil, Justice Maçonnique, Grandes Constitutions du Rite écossais ancien et accepté, 1er mai 1786 (date historique).

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie