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R comme Reconnaissance en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

La reconnaissance est l’acte par lequel une obédience maçonnique établit des relations officielles avec une autre, en admettant qu’elle répond à des critères jugés compatibles avec les siens. Elle conditionne concrètement la possibilité, pour les membres, de se visiter et de travailler ensemble. Distincte de la régularité, avec laquelle on la confond souvent, elle structure le paysage maçonnique mondial en grands courants : la maçonnerie dite régulière, organisée autour de la Grande Loge unie d’Angleterre, et la maçonnerie libérale ou adogmatique, dont le Grand Orient de France est la figure historique.

Reconnaissance et régularité

Reconnaissance

La régularité désigne la conformité d’une obédience à un ensemble de règles jugées traditionnelles ; la reconnaissance est la décision, par une autre obédience, d’entretenir des relations avec elle. Les deux notions sont liées mais distinctes : une obédience peut en juger une autre conforme à ses critères sans pour autant la reconnaître, par exemple parce qu’elle reconnaît déjà une autre grande loge sur le même territoire.

Les critères de la Grande Loge unie d’Angleterre

En 1929, la Grande Loge unie d’Angleterre publie ses Basic Principles for Grand Lodge Recognition, qui servent encore de référence au courant régulier :

  • Régularité d’origine : être issue d’une grande loge elle-même régulière.
  • Croyance en un Être suprême et prestation des obligations sur le Volume de la Loi sacrée.
  • Exclusivité masculine, sans relations avec des loges mixtes ou féminines.
  • Souveraineté sur les trois grades symboliques, sans dépendance envers un autre corps.
  • Présence des trois grandes lumières : Volume de la Loi sacrée, équerre et compas.
  • Interdiction des discussions politiques et religieuses en loge, et respect des anciens landmarks.

S’y ajoute en pratique le principe d’exclusivité territoriale : une seule grande loge reconnue par pays ou par juridiction, sauf accord particulier.

La rupture de 1877

En 1877, le Grand Orient de France supprime de sa constitution l’obligation de croire en Dieu et en l’immortalité de l’âme. Le 22 novembre 1877, la Grande Loge unie d’Angleterre rompt toute relation avec lui. Cette fracture fonde la division durable entre les deux grands courants. En 1913 naît en France une grande loge qui deviendra la Grande Loge nationale française, reconnue par Londres comme puissance régulière pour le territoire français.

Un autre réseau : la maçonnerie libérale

Reconnaissance

Les obédiences qui ne se reconnaissent pas dans les critères anglais ont construit leurs propres réseaux. En 1961, à l’initiative du Grand Orient de France et d’autres puissances, est lancé le CLIPSAS, association internationale qui réunit des obédiences attachées à la liberté absolue de conscience, masculines, féminines ou mixtes. Les relations y reposent sur des traités d’amitié bilatéraux plutôt que sur un modèle unique.

Conséquences pour les membres

Pour le maçon, la reconnaissance a des effets très concrets. Elle conditionne le droit de visiter les loges d’une autre obédience, d’y être reçu comme frère ou sœur après tuilage, de participer à des tenues communes ou à des rencontres internationales. Les obédiences liées échangent souvent des « garants d’amitié », représentants chargés d’entretenir la relation. En l’absence de reconnaissance, les visites sont en principe interdites, même entre maçons qui pratiquent le même rite.

Une relation vivante

La reconnaissance n’est jamais acquise une fois pour toutes. Des relations peuvent être nouées, suspendues ou rompues au gré des évolutions internes des obédiences : admission des femmes, crises de gouvernance, changements de principes. La crise de la Grande Loge nationale française au début des années 2010, qui conduisit plusieurs grandes loges étrangères à suspendre leurs relations avec elle, en a fourni un exemple récent.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Grande Loge unie d’Angleterre, Basic Principles for Grand Lodge Recognition, 1929.
  • Alec Mellor, Dictionnaire de la franc-maçonnerie et des francs-maçons, Belfond, 1971.
  • Pierre-Yves Beaurepaire, L’Europe des francs-maçons, XVIIIe-XXIe siècles, Belin, 2002.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Régularité, Obédience, Landmarks, Reconnaissance de la Grande Loge nationale indépendante et régulière par la Grande Loge unie d’Angleterre, 3 décembre 1913 (date historique), Visiteur, Tuilage.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

R comme Réception en Franc-maçonnerie

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Dans la Franc-maçonnerie, le terme « réception » désigne l’ensemble des cérémonies par lesquelles un individu est admis ou progresse dans l’ordre. Il constitue un synonyme d’initiation pour l’entrée au grade d’apprenti, mais s’applique également aux passages aux grades supérieurs, appelés augmentations de salaire.

La réception ne doit pas être comprise comme un simple rite d’admission. Elle correspond à un acte profondément symbolique et initiatique, par lequel le profane ou le Franc-maçon franchit un seuil dans sa compréhension de lui-même et du monde. Elle engage l’individu dans une démarche de transformation intérieure qui dépasse largement le cadre cérémoniel.

Origine et sens du terme

Le mot « réception » provient du verbe recevoir, qui implique l’idée d’accueil, de transmission et d’intégration. Dans le contexte maçonnique, il exprime à la fois l’action de recevoir un nouvel initié et celle, pour le récipiendaire, de recevoir un enseignement.

Ce double mouvement est essentiel : la loge accueille, tandis que l’individu s’ouvre à une nouvelle dimension de connaissance. La réception est donc un acte réciproque, fondé sur une volonté commune de transmission et d’apprentissage.

Historiquement, le terme s’inscrit dans la continuité des pratiques des anciennes corporations de bâtisseurs (organisations professionnelles du Moyen Âge), où l’admission d’un nouveau membre était marquée par des cérémonies codifiées.

La réception au grade d’apprenti

La réception au 1ᵉʳ grade, celui d’apprenti, constitue le moment fondateur du parcours maçonnique. Elle marque le passage de l’état de profane à celui de Franc-maçon.

Cette cérémonie est conçue comme une initiation, c’est-à-dire une entrée dans un univers symbolique structuré. Le candidat est soumis à une série d’épreuves destinées à le préparer à cette transformation. Ces épreuves, souvent liées aux éléments naturels, ont une portée essentiellement symbolique.

Le déroulement de la réception vise à provoquer une prise de conscience. Le futur apprenti est amené à réfléchir sur sa condition, sur ses valeurs et sur ses aspirations. Il est invité à abandonner certaines certitudes pour s’ouvrir à une démarche de recherche et de questionnement.

Les augmentations de salaire

Le terme « réception » s’applique également aux cérémonies de passage aux grades de compagnon et de maître. Ces étapes sont traditionnellement appelées augmentations de salaire.

Dans ce contexte, le « salaire » ne désigne pas une rémunération matérielle, mais une reconnaissance symbolique des progrès accomplis. Il s’agit d’un enrichissement intérieur, lié à l’acquisition de nouvelles connaissances et à une compréhension plus approfondie des symboles.

Chaque augmentation de salaire correspond à une nouvelle réception, marquant une étape dans le cheminement initiatique. Le Franc-maçon est alors invité à approfondir son engagement et à assumer de nouvelles responsabilités au sein de la loge.

Le cadre rituel de la réception

La réception se déroule selon un rituel précis, propre à chaque rite et à chaque obédience. Malgré les différences de forme, certains éléments fondamentaux sont communs.

La préparation du candidat se fait souvent dans le cabinet de réflexion (espace clos dédié à l’introspection), où il est confronté à des symboles liés au temps, à la mort et à la connaissance. Ce moment de solitude favorise une prise de conscience personnelle.

La cérémonie elle-même se déroule dans le temple, espace symbolique organisé selon des principes traditionnels. Les déplacements, les gestes et les paroles sont codifiés et porteurs de sens. L’ensemble crée une atmosphère propice à l’expérience initiatique.

La dimension symbolique et initiatique

La réception repose sur un langage symbolique. Les objets, les décors et les actions ne doivent pas être pris au sens littéral, mais comme des supports de réflexion.

Le symbole permet de transmettre des idées complexes sans les figer dans un discours dogmatique. Il ouvre un espace d’interprétation où chaque Franc-maçon peut construire sa propre compréhension.

Ainsi, la réception n’impose pas une vérité unique, mais propose un cheminement. Elle invite à une démarche personnelle, fondée sur l’expérience et la réflexion.

La transformation du Franc-maçon

La réception marque une transformation progressive de l’individu. Elle ne produit pas un changement immédiat, mais initie un processus qui se développe dans le temps.

Le Franc-maçon est invité à travailler sur lui-même, à développer ses qualités et à corriger ses défauts. Cette démarche s’inscrit dans une perspective d’amélioration personnelle et collective.

Chaque réception constitue une étape dans ce parcours. Elle rappelle que la Franc-maçonnerie est une voie initiatique, où l’essentiel réside dans le chemin parcouru plutôt que dans le but atteint.

Le rôle de la loge dans la réception

La loge joue un rôle central dans la réception. Elle est à la fois le cadre, le garant et l’acteur de la cérémonie.

Les Francs-maçons qui composent la loge participent activement au rituel. Leur présence, leur attitude et leur engagement contribuent à la qualité de l’expérience vécue par le récipiendaire.

La réception est ainsi un acte collectif, qui renforce les liens entre les membres et assure la transmission des valeurs et des traditions de la Franc-maçonnerie.

Les variations selon les rites

La Franc-maçonnerie se caractérise par une diversité de rites, chacun ayant ses spécificités. La réception peut donc prendre des formes différentes selon le rite pratiqué (rite écossais ancien et accepté, rite français, rite émulation, entre autres).

Ces variations concernent le déroulement des cérémonies, les textes utilisés et les symboles mis en avant. Toutefois, elles ne remettent pas en cause l’essence de la réception, qui demeure un acte initiatique visant à transformer l’individu.

Cette diversité témoigne de la richesse de la tradition maçonnique et de sa capacité à s’adapter à des contextes culturels variés tout en conservant son unité fondamentale.

R comme Récipiendaire en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le récipiendaire est, en franc-maçonnerie, la personne que l’on reçoit : le profane au cours de son initiation, mais aussi le frère ou la sœur qui accède à un grade supérieur. Le mot désigne un état transitoire, celui de quelqu’un qui n’est plus tout à fait ce qu’il était sans être encore ce qu’il deviendra. Toute la cérémonie de réception est construite autour de lui : il est préparé, conduit, interrogé, éprouvé, puis accueilli. Comprendre la place du récipiendaire, c’est saisir la logique même de l’initiation, qui fait de l’impétrant le centre d’un drame symbolique joué par toute la loge.

Origine du mot

Récipiendaire

« Récipiendaire » vient du latin recipiendus, « celui qui doit être reçu », adjectif verbal de recipere, « recevoir ». Le terme appartient d’abord au vocabulaire des corps constitués : on parle encore du récipiendaire d’une académie qui prononce son discours de réception. La franc-maçonnerie l’a adopté naturellement, puisque l’entrée dans l’Ordre et le passage d’un grade à l’autre s’y nomment réceptions. Le sens premier n’est donc pas « celui qui reçoit », mais bien « celui que l’on reçoit », même si les deux idées se rejoignent dans l’expérience initiatique.

Profane, candidat, récipiendaire, néophyte

Le vocabulaire maçonnique distingue plusieurs étapes. Le profane est celui qui n’est pas initié ; il devient candidat ou postulant lorsqu’il demande son admission et fait l’objet d’enquêtes ; il est récipiendaire pendant la cérémonie elle-même ; il devient enfin néophyte, du grec neophytos, « nouvellement planté ». Ce dernier terme, hérité du christianisme ancien où il désignait le nouveau baptisé, suggère une croissance à venir plus qu’un accomplissement.

La préparation

Avant la cérémonie, le récipiendaire est conduit au cabinet de réflexion, lieu clos et sombre où des symboles évoquent la mort et le temps, et où il rédige, dans de nombreux rites, un testament philosophique. Il est ensuite préparé selon les usages du rite : il laisse ses métaux, c’est-à-dire l’argent et les objets de valeur, et sa tenue est modifiée de façon symbolique. Le sens de ces gestes, publiés depuis longtemps dans les ouvrages consacrés au rituel, est clair : il se présente dépouillé, sans les attributs de sa position sociale.

Pendant la cérémonie

Récipiendaire

Le récipiendaire est guidé par un officier, souvent l’expert ou le frère terrible, à qui il doit faire confiance. Les yeux bandés, il accomplit des voyages symboliques, répond à des questions, prend un engagement solennel, puis reçoit la lumière. Ces épreuves ne sont pas des tests de courage au sens ordinaire : elles mettent en scène le passage d’un état à un autre, comme dans les rites de passage décrits par les anthropologues, avec une phase de séparation, une phase de marge et une phase d’agrégation.

  • Séparation : le cabinet de réflexion, le dépouillement des métaux.
  • Marge : les voyages, l’état d’aveuglement, l’incertitude.
  • Agrégation : la lumière, la reconnaissance par la loge, la place prise sur la colonne.

Au-delà de l’initiation

Le mot ne s’applique pas qu’au profane. Lors des augmentations de salaire, passage au grade de compagnon puis élévation à la maîtrise, le frère concerné redevient récipiendaire. Il en va de même dans les hauts grades. Chaque fois, il retrouve cette position d’humilité : il ne sait pas ce qui l’attend et doit se laisser conduire. La répétition de cet état, à intervalles réguliers, rappelle que l’initiation n’est jamais achevée.

Un rôle pour toute la loge

Si le récipiendaire est au centre du rituel, ce sont les membres de la loge qui le font exister : chaque officier tient un rôle, et la qualité de l’accueil dépend de la sobriété et de la justesse de leur jeu. Beaucoup de maçons témoignent que voir un récipiendaire franchir les étapes ravive le souvenir de leur propre réception. La cérémonie est ainsi un moment de transmission dans les deux sens.

À retenir

  • Récipiendaire : du latin recipiendus, « celui qui doit être reçu ».
  • Le terme vaut pour l’initiation comme pour les passages de grade.
  • Il désigne un état de seuil, entre profane et initié.
  • Le néophyte est l’initié de fraîche date, « nouvellement planté ».

Pour approfondir

  • Arnold van Gennep, Les Rites de passage, Émile Nourry, 1909.
  • René Guénon, Aperçus sur l’initiation, Éditions Traditionnelles, 1946.
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Réception, Initiation, Profane, Néophyte, Cabinet de Réflexion, Testament (philosophique), Métaux.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

R comme Réception en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

La réception est, dans le vocabulaire maçonnique, la cérémonie par laquelle une loge admet un nouveau membre, mais aussi celle par laquelle un frère ou une sœur accède à un grade supérieur. Le premier sens se confond avec l’initiation ; le second recouvre les augmentations de salaire, passage au compagnonnage puis élévation à la maîtrise, et les réceptions aux hauts grades. Le mot, hérité des corps de métier et des académies, souligne un double mouvement : la loge reçoit, et le récipiendaire reçoit un enseignement qu’il devra faire fructifier.

Un vocabulaire hérité

Réception d'une femme dans une loge d'adoption du Premier Empire (France)
Réception d’une femme dans une loge d’adoption du Premier Empire (France)

Les corporations, les confréries et les académies de l’Ancien Régime « recevaient » leurs nouveaux membres au cours de cérémonies codifiées. Les loges du XVIIIe siècle adoptent ce vocabulaire : les procès-verbaux parlent de la réception de tel profane comme apprenti, de tel apprenti comme compagnon. Celui qui est reçu est le récipiendaire. Les rituels manuscrits de l’époque sont souvent intitulés « réception d’un apprenti », « réception de maître ».

La réception d’un apprenti

Après sa demande, les enquêtes et le passage sous le bandeau devant la loge, le profane est accepté par un vote. Le jour de la cérémonie, il est conduit au cabinet de réflexion, puis préparé et introduit dans le temple. Il y accomplit des voyages symboliques, souvent rattachés aux éléments, prend un engagement, puis reçoit la lumière. Il est enfin revêtu du tablier et accueilli parmi les apprentis. Les détails varient selon les rites, mais la structure, séparation, épreuves, intégration, est commune.

Les augmentations de salaire

Les passages de grade sont appelés augmentations de salaire, par référence aux ouvriers du Temple dans la légende d’Hiram, qui recevaient un salaire selon leur grade. Le passage au grade de compagnon met l’accent sur le travail, la connaissance et les voyages ; l’élévation à la maîtrise fait revivre la légende d’Hiram. Chaque réception suppose que le frère ait été jugé prêt, souvent après la présentation d’un travail.

  • Initiation : réception au grade d’apprenti.
  • Passage : réception au grade de compagnon.
  • Élévation : réception au grade de maître.
  • Réceptions aux hauts grades, dans les ateliers propres à chaque rite.

La réception des femmes au XVIIIe siècle

Au XVIIIe siècle et sous le Premier Empire, des femmes étaient reçues dans des loges d’adoption, rattachées à des loges masculines, avec des grades et des rituels propres. Ces réceptions, parfois brillantes, réunissaient des dames de l’aristocratie et de la bourgeoisie, comme en témoignent les gravures de l’époque. Elles annoncent, de loin, la naissance des obédiences mixtes et féminines à la fin du XIXe et au XXe siècle.

Une cérémonie collective

La réception n’est pas seulement l’affaire du récipiendaire. Toute la loge y participe : les officiers tiennent leurs rôles, les frères et sœurs forment le cadre de la cérémonie. La qualité d’une réception dépend de la sobriété du jeu rituel et de l’attention portée au nouveau venu. Beaucoup de maçons disent que chaque réception ravive leur propre souvenir et renouvelle leur engagement.

Un commencement, non un aboutissement

Être reçu n’est pas atteindre un but, mais commencer un travail. La réception ouvre une période d’apprentissage, accompagnée par les surveillants, puis un nouveau cycle à chaque grade. Elle est, selon une formule courante en loge, une naissance symbolique plutôt qu’une récompense.

Dans les hauts grades

Le vocabulaire de la réception se prolonge dans les grades supérieurs. Au Rite Écossais Ancien et Accepté comme au Rite français, chaque atelier de hauts grades, loge de perfection, chapitre, aréopage ou ordre de sagesse, procède à ses propres réceptions, avec des rituels souvent plus dramatiques que ceux des loges symboliques. Certains degrés sont conférés par simple communication, sans cérémonie complète. La réception reste toutefois la forme normale de la transmission : on ne s’attribue pas un grade, on le reçoit d’autres maçons qui l’ont reçu avant soi.

Pour approfondir

  • Arnold van Gennep, Les Rites de passage, Émile Nourry, 1909.
  • Pierre-Yves Beaurepaire, L’Europe des francs-maçons, Belin, 2002.

À retenir

  • Réception : admission dans l’Ordre ou accession à un grade supérieur.
  • Pour l’apprenti, elle se confond avec l’initiation.
  • Les passages de grade sont appelés augmentations de salaire.
  • Le mot vient du vocabulaire des corps et académies de l’Ancien Régime.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Récipiendaire, Augmentation de salaire…, Cabinet de Réflexion, Loge d’Adoption, Passage sous le bandeau, Élévation.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

R comme Rameau en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En franc-maçonnerie, le rameau désigne avant tout le rameau d’acacia, symbole du grade de Maître. Dans la légende d’Hiram, une branche plantée sur la tombe de l’architecte assassiné permet de retrouver son corps ; elle devient dès lors le signe de ce qui survit à la mort, de la mémoire qui se transmet et de la vie qui reverdit. Le Maître se fait reconnaître par la formule « L’acacia m’est connu ». Héritier d’une très ancienne symbolique végétale, du rameau d’or de Virgile aux bois sacrés de la Bible, le rameau condense l’enseignement du troisième degré : la mort initiatique n’est pas une fin, mais un passage.

Le rameau dans la légende d’Hiram

Rameau
Hiram-represente-entre-les-deux-colonnes-du-temple-vitrail-de-St-Johns-Church-Chester-Angleterre-1900

Selon la légende du troisième degré, Hiram, architecte du Temple de Salomon, est assassiné par trois mauvais Compagnons qui veulent lui arracher les secrets de la Maîtrise. Ils enterrent son corps à la hâte et plantent un rameau sur la tombe pour la reconnaître. Les Maîtres envoyés à sa recherche découvrent l’endroit grâce à cette branche qui se détache sous la main. Le rameau joue donc un double rôle : il marque la tombe et il permet de retrouver ce qui était perdu. C’est autour de ce récit que s’organise la cérémonie d’élévation à la Maîtrise.

De la cassia à l’acacia

La plus ancienne version imprimée de la légende, dans la divulgation Masonry Dissected de Samuel Prichard (1730), parle d’un brin de cassia, plante aromatique. Le terme évolue rapidement vers acacia, qui s’impose dans les rituels anglais et français. Le choix n’est pas indifférent : l’acacia est l’arbre du désert dont le bois, que la Bible appelle shittim, sert à construire l’Arche d’alliance et le Tabernacle (Exode 25). Bois réputé imputrescible, il rejoint l’idée d’une permanence au-delà de la corruption.

« L’acacia m’est connu »

La formule est devenue emblématique du grade de Maître : à la question de savoir s’il est Maître, le maçon répond que l’acacia lui est connu. Elle signifie qu’il a vécu la cérémonie de la mort et du relèvement d’Hiram, et qu’il en porte désormais l’enseignement. Dans plusieurs rites, des branches d’acacia figurent dans la chambre du milieu, et le rameau orne parfois les décors ou les tableaux du troisième degré. L’âge symbolique du Maître, sept ans et plus, est lui aussi lié à cette maturité acquise.

Symbolique

Rameau
  • Immortalité : l’acacia, toujours vert dans la tradition maçonnique, figure la vie qui persiste après la mort.
  • Mémoire : le rameau marque le lieu où repose le Maître et empêche l’oubli.
  • Recherche : il permet de retrouver le corps, comme le maçon cherche la Parole perdue.
  • Transmission : il passe de main en main entre Maîtres, signe d’une chaîne qui ne se rompt pas.
  • Renaissance : il accompagne le relèvement du nouveau Maître, qui « meurt » à son ancien état.

Un symbole universel

La maçonnerie s’inscrit dans une longue tradition. Dans l’Énéide (livre VI), Énée doit cueillir un rameau d’or pour descendre aux Enfers et en revenir ; l’anthropologue James George Frazer a repris l’image pour titre de sa grande enquête sur les mythes de mort et de renaissance, Le Rameau d’or. La Bible associe le rameau d’olivier à la fin du Déluge, et les rameaux à l’entrée de Jésus à Jérusalem. Partout, la branche verte rapportée d’un lieu de mort annonce un retour à la vie.

Dans les funérailles maçonniques

Le rameau a trouvé une place concrète dans les rites funèbres. Lors de funérailles maçonniques, notamment dans la tradition anglo-saxonne, les frères déposent un brin d’acacia ou de verdure sur le cercueil ou dans la tombe du défunt. Les loges funèbres organisées en mémoire des membres disparus reprennent ce geste. Il dit, sans dogme, l’espérance que quelque chose du défunt demeure : son œuvre, son exemple, sa place dans la chaîne d’union.

Le saviez-vous ?

acacia
acacia

L’acacia des francs-maçons n’est pas le « faux acacia » de nos jardins, le robinier, introduit d’Amérique en France au début du XVIIe siècle par Jean Robin ; l’acacia biblique est un arbre épineux des régions arides du Proche-Orient.

Pour approfondir

  • Samuel Prichard, Masonry Dissected, Londres, 1730.
  • James George Frazer, Le Rameau d’or, trad. fr., Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1981-1984.
  • Virgile, Énéide, livre VI.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Acacia, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Chambre du Milieu, Parole perdue.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

R comme Radiation en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

La radiation est la mesure par laquelle un franc-maçon cesse d’être inscrit sur les registres de sa loge et de son obédience. Le terme recouvre des réalités différentes selon les obédiences : tantôt une décision administrative, prononcée notamment pour défaut prolongé de paiement des capitations, tantôt la conséquence d’une sanction disciplinaire décidée par la justice maçonnique. Il faut la distinguer de la démission volontaire, de la mise en sommeil, de la suspension et de l’exclusion. Ces nuances comptent : elles disent comment une fraternité concilie exigence et équité.

Le sens du mot

Radiation
Source : Wikimedia Commons – Christophe Dioux – Public domain

« Radier », du latin radere, « gratter, effacer », c’est rayer un nom d’une liste. Le mot appartient au vocabulaire administratif avant d’être maçonnique : on radie un avocat du barreau, un électeur des listes. En loge, il désigne la perte de la qualité de membre actif, constatée par l’inscription de la décision sur les registres de l’atelier et de l’obédience.

Radiation administrative et sanction disciplinaire

Les règlements des obédiences françaises distinguent en général deux voies. La première est administrative : un membre qui ne paie plus ses capitations malgré des rappels, ou qui cesse durablement de fréquenter sa loge sans explication, peut être radié par décision de l’atelier selon la procédure prévue. La seconde est disciplinaire : en cas de manquement grave, la loge ou l’obédience saisit ses juridictions maçonniques, qui peuvent prononcer des peines allant du blâme à l’exclusion. Au Grand Orient de France, la Constitution organise ces instances en conseils de famille, jurys fraternels régionaux et Chambre suprême de justice maçonnique, et traite à part la « suspension, radiation, démission, déchéance ».

Repères : les situations voisines

  • Démission : départ volontaire, souvent assorti d’un certificat permettant une affiliation ultérieure.
  • Mise en sommeil : retrait temporaire d’un membre ou d’une loge, sans rupture.
  • Suspension : privation temporaire des droits maçonniques, à titre de sanction ou de mesure conservatoire.
  • Exclusion : peine disciplinaire la plus lourde, prononcée par une juridiction maçonnique.
  • Radiation : effacement des registres, de nature administrative ou consécutive à une sanction.

Une procédure encadrée

Qu’elle soit administrative ou disciplinaire, la radiation obéit à des formes : convocation ou rappel préalable, possibilité d’être entendu, décision motivée, voies de recours devant les instances de l’obédience. Ces garanties traduisent un principe ancien des Constitutions maçonniques : les différends entre frères doivent être réglés fraternellement et équitablement, au sein de l’Ordre, avant tout recours extérieur. Les règlements précisent les délais, qui varient selon les obédiences.

Les conséquences

Le frère ou la sœur radié perd le droit de participer aux travaux de sa loge et ne peut plus se présenter comme membre de l’obédience. Ses visites dans d’autres loges ne sont plus possibles, faute de titre en règle. La radiation pour motif administratif n’a pas la même portée morale qu’une exclusion : beaucoup de règlements prévoient une réintégration après régularisation. L’exclusion, au contraire, est en principe définitive et peut être notifiée aux obédiences amies.

Entre justice et fraternité

Toute mesure de ce type met en tension deux exigences : protéger l’atelier et ses valeurs, d’une part ; manifester patience et compréhension envers un frère en difficulté, d’autre part. Les situations de radiation pour impayés recouvrent souvent des difficultés matérielles que les loges s’efforcent de traiter discrètement, par l’entraide ou la remise de cotisations. La sanction n’intervient qu’en dernier ressort, lorsque le lien a déjà été rompu par l’un ou l’autre.

Une portée symbolique

L’initiation est réputée ineffaçable : on ne « désinitie » pas quelqu’un. La radiation ne retire pas ce qui a été vécu, elle rompt l’appartenance à une communauté et aux devoirs qu’elle implique. Elle rappelle que la liberté maçonnique s’exerce dans un cadre de responsabilités réciproques et que la fraternité n’est pas l’impunité.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.
  • James Anderson, The Constitutions of the Free-Masons, Londres, 1723.

Voir aussi dans le glossaire : Exclusion des francs-maçons et des membres de la Ligue des droits de l’homme du Parti communiste, 1922 (date historique), Suspension des réunions du Grand Orient de France après le coup d’État, 10 décembre 1851 (date historique), Démission, Capitation, Justice Maçonnique, Quitus.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Q comme Quorum en Franc-maçonnerie

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Le quorum est le nombre minimum de membres dont la présence est nécessaire pour que les travaux d’une loge puissent être valablement ouverts ou qu’une décision soit prise. Le principe est ancien : selon une formule traditionnelle, trois maçons dirigent une loge, cinq l’éclairent et sept la rendent juste et parfaite. Les règlements des obédiences en fixent aujourd’hui les modalités précises, qui varient de l’une à l’autre : nombre de membres, proportion de Maîtres, règles particulières pour les décisions administratives. Le quorum garantit la régularité et la légitimité collective des travaux.

Un mot latin du langage juridique

Quorum

Quorum est un génitif pluriel latin signifiant « desquels ». Il provient des commissions anglaises qui désignaient des juges ou des magistrats par une formule du type « dont nous voulons que tel ou tel soit l’un » : certains membres devaient obligatoirement être présents pour que l’assemblée puisse agir. Le mot est passé dans le vocabulaire parlementaire, puis dans celui des associations et des loges.

Trois, cinq, sept : la formule traditionnelle

Les catéchismes maçonniques répondent de longue date à la question « combien faut-il de maçons pour former une loge ? ». La réponse, présente en français comme en anglais, distingue trois niveaux :

  • Trois la dirigent : le Vénérable et les deux Surveillants.
  • Cinq l’éclairent, ou la tiennent : les trois précédents et deux autres membres.
  • Sept la rendent juste et parfaite : nombre minimal pour des travaux pleinement réguliers.

Cette progression rejoint celle des âges symboliques des trois grades et les marches de l’escalier du Temple. Le quorum maçonnique est donc d’abord un nombre symbolique avant d’être une règle administrative.

Ce que disent les règlements

Les obédiences ont traduit ce principe en règles écrites. Les glossaires maçonniques retiennent fréquemment la règle de sept maçons présents dont cinq Maîtres pour une loge symbolique. Le règlement du Grand Orient de France prévoit, par exemple, que les travaux d’une tenue ne peuvent être ouverts qu’avec au moins sept membres actifs, et qu’une réunion de comité ne peut prendre de décision qu’avec sept membres actifs présents.

D’autres seuils existent pour la vie des ateliers : au GODF, la création d’une loge requiert vingt et un Maîtres, ou quatorze dans un Orient éloigné de toute autre loge, et le réveil d’une loge en sommeil sept Maîtres. Chaque obédience fixe ses propres chiffres : il faut se référer à son règlement général.

Un usage ancien

Bazot rapporte en 1810 que les décisions d’une loge n’étaient définitives que si sept membres au moins étaient présents ; à défaut, elles restaient provisoires et devaient être confirmées lors d’une tenue suivante. Le principe du chiffre sept comme seuil de validité est donc attesté dès les débuts du Grand Orient de France.

Pourquoi le chiffre sept ?

Le nombre sept est chargé de sens dans les traditions dont la maçonnerie s’inspire : sept jours de la création, sept arts libéraux, sept planètes de l’astronomie ancienne. Il exprime l’idée d’un ensemble complet. En le choisissant comme seuil, la maçonnerie signifie que la loge n’est pleinement elle-même que lorsqu’elle réunit assez de membres pour représenter la diversité et l’équilibre du collectif.

Le rôle des Maîtres

L’exigence d’un nombre minimal de Maîtres tient au fait que seuls ceux-ci disposent de la plénitude des droits maçonniques : ils peuvent occuper les offices, voter sur toutes les questions et assurer la transmission des grades. Une assemblée composée surtout d’Apprentis et de Compagnons ne pourrait conduire les travaux ni garantir leur régularité.

Une garantie d’harmonie

Au-delà de la règle, le quorum exprime une exigence de participation. Il rappelle que la loge est un travail collectif, que la présence de chacun compte et qu’aucune décision importante ne peut être prise par un petit groupe isolé. Il protège ainsi la loge contre l’arbitraire et donne à ses décisions une légitimité partagée.

À retenir

  • Le quorum est le nombre minimal de présents pour ouvrir les travaux ou décider.
  • Formule traditionnelle : trois dirigent, cinq éclairent, sept rendent la loge juste et parfaite.
  • Les seuils précis varient selon les obédiences et figurent dans leurs règlements.
  • Le chiffre sept comme seuil de validité est attesté dès 1810 chez Bazot.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Élection de Portalis comme vénérable de L’Étroite Persévérance des Amis Réunis à Aix, 1768 (date historique), Surveillants, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Tenue.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Q comme Quitus en Franc-maçonnerie

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Le quitus est, au sens propre, l’acte qui reconnaît qu’une personne s’est acquittée de ses obligations. Dans la vie des loges, le mot a deux emplois. Il désigne d’abord l’approbation donnée par l’atelier, ou par les congrès de l’obédience, à la gestion du trésorier ou des instances dirigeantes. Il désigne aussi, dans l’usage courant, l’attestation qu’un frère ou une sœur est à jour de ses capitations, condition pour voter, exercer une fonction et être reçu en visite dans d’autres loges. Il rappelle que l’engagement maçonnique comporte une part concrète, matérielle et partagée.

Origine du mot

Quitus

« Quitus » vient du latin médiéval quitus, « quitte, libéré », de la même famille que « quittance » et « s’acquitter ». Le terme appartient au vocabulaire comptable et juridique : une assemblée générale donne quitus à ses administrateurs lorsqu’elle approuve leur gestion. La franc-maçonnerie, structurée en associations dotées de trésoriers et de budgets, l’a naturellement adopté dans ses deux sens.

Le quitus au trésorier

À la fin de l’exercice, le trésorier présente les comptes de la loge ; après examen, souvent par une commission de vérification, l’atelier vote le quitus, qui décharge le trésorier de sa responsabilité pour la période écoulée. Le même mécanisme existe à l’échelle de l’obédience : au Grand Orient de France, la Constitution prévoit que chaque loge vote, lors de son congrès régional, sur le quitus financier de l’obédience, les résultats étant transmis avant le Convent.

Être « à jour »

Chaque membre verse des capitations, qui financent la loge et l’obédience. Être à jour est une condition statutaire pour participer pleinement à la vie maçonnique : voter aux élections, être élu à un office, recevoir une augmentation de salaire, obtenir un certificat de démission ou un exeat. Au Grand Orient de France, l’électeur doit être à jour de toutes les caisses de la loge, sa carte d’identité maçonnique portant les timbres requis. C’est ce justificatif que l’usage courant appelle souvent quitus.

Dans les visites

Lorsqu’un frère ou une sœur visite une autre loge, le tuileur ou l’expert vérifie sa qualité maçonnique avant de l’admettre. La présentation d’un titre en règle, carte ou passeport maçonnique à jour, en fait partie. Les règlements prévoient aussi des alternatives : au Grand Orient, un visiteur sans titre peut être admis si trois membres de la loge se portent garants de sa qualité. L’ancienne affirmation selon laquelle un maçon non à jour ne serait admis dans aucun temple du globe relève de la formule plus que du règlement : chaque obédience fixe ses propres règles.

Repères

  • Quitus de gestion : approbation des comptes du trésorier ou de l’obédience.
  • Être à jour : avoir réglé ses capitations, attesté par la carte ou le passeport maçonnique.
  • Capitation : cotisation annuelle due à la loge et à l’obédience.
  • Exeat : certificat permettant de quitter une loge pour en rejoindre une autre, délivré à un membre en règle.
  • Tronc de la Veuve : collecte solidaire distincte des capitations.

Une dimension morale

S’acquitter de ses capitations n’est pas qu’une formalité : c’est contribuer à l’édifice commun, dont le temple, les frais et la solidarité ont un coût. La tradition maçonnique insiste aussi sur la discrétion avec laquelle les loges traitent les difficultés financières d’un membre, par la remise ou l’étalement des cotisations. Le quitus marque l’équilibre entre droits et devoirs plutôt qu’un contrôle tatillon.

Le trésorier, gardien du quitus

Le trésorier est l’un des officiers élus de la loge. Il perçoit les capitations, tient les comptes, règle les dépenses et rend compte de sa gestion. Son bijou traditionnel, deux clefs croisées dans de nombreuses obédiences, rappelle qu’il garde le bien commun. C’est lui qui atteste qu’un membre est à jour et qui présente les comptes soumis au vote du quitus. Sa charge exige rigueur et discrétion : il connaît la situation de chacun et doit traiter les difficultés avec tact, en lien avec le Vénérable et l’hospitalier.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.
  • Paul Naudon, La Franc-maçonnerie, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1963.

Voir aussi dans le glossaire : Trésorier, Capitation, Tuileur, Visiteur, Radiation, Tronc de la veuve.

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Q comme Question en Franc-maçonnerie

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La question occupe en Franc-maçonnerie une place bien plus large qu’on ne l’imagine. Le profane est interrogé avant son admission, puis pendant la cérémonie d’initiation, où le Vénérable Maître et les officiers sondent ses motivations et sa conception des devoirs. Les anciens catéchismes maçonniques étaient rédigés sous forme de questions et de réponses, et les instructions des grades le sont encore. Enfin, certaines obédiences soumettent chaque année des « questions à l’étude des loges ». De l’examen de conscience à la recherche collective, la question est l’un des outils privilégiés d’une pédagogie qui préfère chercher que réciter.

Du latin quaerere, « chercher »

Question

Le mot vient du latin quaestio, dérivé de quaerere, « chercher, demander ». La question est donc d’abord une recherche. Cette étymologie convient parfaitement à la démarche maçonnique, qui se définit volontiers comme une quête, celle de la lumière, de la vérité ou de la parole perdue, et qui valorise davantage le chemin que la réponse définitive. Le Maçon est, selon une formule souvent reprise, un « chercheur » ; la question est son premier outil.

Avant l’initiation : enquêtes et entretiens

La candidature d’un profane donne lieu à des enquêtes, menées par des Maîtres désignés par la loge, qui le rencontrent pour connaître son parcours, ses motivations et ce qu’il attend de la Franc-maçonnerie. Dans plusieurs obédiences, le candidat est ensuite reçu par la loge elle-même, parfois les yeux bandés, pour répondre aux questions des membres avant le vote : c’est le passage sous le bandeau. Ces échanges ne sont pas un examen de connaissances ; ils permettent à la loge de s’assurer de la sincérité du candidat et au candidat de mesurer la nature de son engagement.

Dans le cabinet de réflexion

Avant la cérémonie, le profane est laissé seul dans le cabinet de réflexion, où il rédige son testament philosophique. Celui-ci prend souvent la forme de réponses à quelques questions traditionnelles, portant sur les devoirs de l’homme envers lui-même, envers ses semblables, envers la patrie ou l’humanité, et, selon les rites, envers Dieu ou le principe créateur. Ces réponses sont ensuite lues en loge et peuvent nourrir les questions qui lui seront posées.

Pendant la cérémonie

Au cours de l’initiation, le profane, privé de la vue, est interrogé par le Vénérable Maître, qui conduit la cérémonie ; selon les rituels, les Surveillants ou l’Orateur interviennent aussi, et certains usages permettent aux Maîtres de poser des questions par l’intermédiaire du Vénérable. Les questions portent sur ses motivations, sa conception de la morale, de la vertu, du vice, de la liberté de conscience, ou sur ses réponses du testament philosophique. Le ton est grave, sans piège : il s’agit d’éprouver la sincérité du candidat, non de juger son érudition. Les réponses n’ont pas à être savantes ; elles doivent être vraies.

Les instructions par demandes et réponses

Les plus anciens textes maçonniques connus, comme les catéchismes écossais de la fin du XVIIe siècle ou la divulgation de Samuel Prichard, Masonry Dissected (1730), se présentent sous forme de dialogues : « D. Êtes-vous Maçon ? R. … ». Cette forme est restée celle des instructions de grade, que les Apprentis et Compagnons apprennent et récitent en loge. Dans la tradition anglaise, les candidats doivent répondre à une série de questions avant d’être admis au grade suivant. La mémorisation y est un moyen ; le but est de s’approprier un vocabulaire symbolique pour pouvoir, ensuite, l’interroger soi-même.

  • Enquêtes : entretiens préalables avec le candidat.
  • Passage sous le bandeau : audition du candidat par la loge, dans certaines obédiences.
  • Testament philosophique : réponses écrites aux questions du cabinet de réflexion.
  • Interrogatoire rituel : questions posées pendant l’initiation.
  • Instructions : catéchismes par demandes et réponses propres à chaque grade.

Les questions à l’étude des loges

Au Grand Orient de France, le Convent arrête chaque année des questions à l’étude des loges, sur lesquelles les ateliers travaillent pendant l’année avant que des synthèses ne soient présentées. Elles portent sur des sujets de société, d’éthique ou de symbolisme. D’autres obédiences proposent des thèmes d’étude comparables. Cet usage prolonge, à l’échelle collective, la pédagogie du questionnement : la loge devient un laboratoire où l’on confronte les points de vue avant de chercher une synthèse.

La parole et le silence

La question suppose aussi d’apprendre à se taire. Dans la plupart des rites, l’Apprenti ne prend pas la parole en loge, ou la prend de manière très encadrée : sa première année est consacrée à l’écoute. Lorsqu’un Maçon veut intervenir, il demande la parole au Surveillant de sa colonne, qui la transmet au Vénérable. Cette discipline donne à chaque question sa valeur : on ne questionne pas pour briller ou contredire, mais pour faire avancer la recherche commune.

À retenir

  • Le mot vient du latin quaerere, « chercher ».
  • Le profane est questionné avant et pendant son initiation pour éprouver sa sincérité.
  • Les catéchismes et instructions maçonniques sont rédigés en demandes et réponses depuis le XVIIIe siècle.
  • Certaines obédiences proposent chaque année des questions à l’étude des loges.
  • La question maçonnique est inséparable de l’écoute et du silence.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Profane, Cabinet de Réflexion, Testament (philosophique), Passage sous le bandeau, Instruction, Silence.

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Q comme Quatre en Franc-maçonnerie

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Le nombre quatre est, dans le symbolisme maçonnique, le nombre de la stabilité et du monde manifesté. Il s’exprime dans le carré, la pierre cubique, les quatre éléments, les quatre points cardinaux ou les quatre vertus cardinales. Moins mis en avant que le trois, le cinq ou le sept, qui rythment les grades, il sous-tend pourtant la géométrie du temple et l’horizon du travail de l’Apprenti. Il rattache la loge à une longue tradition, de Pythagore et Empédocle aux Quatre Saints Couronnés, patrons des tailleurs de pierre médiévaux. C’est le nombre de la construction achevée.

Le quatre dans la pensée antique

Quatre

La philosophie grecque a donné au quatre une place éminente. Les pythagoriciens vénéraient la tétraktys, figure triangulaire de dix points disposés sur quatre rangées : la somme des quatre premiers nombres, un, deux, trois et quatre, donne dix, nombre de la totalité. Au Ve siècle avant notre ère, Empédocle d’Agrigente décrit le monde comme formé de quatre « racines », la terre, l’eau, l’air et le feu, doctrine que reprendront Aristote puis toute la tradition médiévale et alchimique.

La tradition biblique connaît aussi le quatre : les quatre fleuves du jardin d’Éden, les quatre vivants de la vision d’Ézéchiel, devenus les symboles des quatre évangélistes, ou le Tétragramme, le nom divin de quatre lettres.

Le carré et la pierre cubique

En loge, le quatre se manifeste d’abord par la géométrie. Le carré est la figure de l’ordre et de la stabilité ; son prolongement dans l’espace, le cube, est la forme de la pierre parfaite. La pierre cubique, aboutissement du travail sur la pierre brute, figure l’homme qui s’est dégrossi et peut prendre place dans l’édifice. Le temple lui-même est décrit comme un carré long, un rectangle orienté selon les points cardinaux, de l’Orient à l’Occident et du Midi au Septentrion.

Les quatre éléments et les épreuves

Dans plusieurs rites pratiqués en France, notamment le Rite Français et le Rite Écossais Ancien et Accepté, l’initiation au premier degré fait passer le candidat par des épreuves associées aux quatre éléments. La terre correspond au cabinet de réflexion, puis viennent les voyages et les purifications par l’air, l’eau et le feu. L’initiation reproduit ainsi une traversée symbolique du monde élémentaire, avant l’accès à la lumière.

Dans les rituels et la tradition

Quatre
Les quatre Éléments
  • Le carré long de la loge et ses quatre orientations : Orient, Occident, Midi, Septentrion.
  • La pierre cubique, à six faces carrées, symbole de l’œuvre accomplie.
  • Les épreuves de la terre, de l’air, de l’eau et du feu dans les initiations des rites français.
  • Les quatre vertus cardinales, prudence, tempérance, force et justice, explicitées dans l’instruction du premier degré de plusieurs rites anglo-saxons.
  • Les Quatre Saints Couronnés, patrons traditionnels des maçons et tailleurs de pierre.

Les Quatre Saints Couronnés

La tradition chrétienne vénère sous le nom de Quatuor Coronati des sculpteurs martyrisés, selon la légende, pour avoir refusé de tailler une idole païenne. Ils devinrent les patrons des métiers de la pierre. Le manuscrit Regius, poème anglais de la fin du XIVe siècle et plus ancien des Old Charges, évoque leur histoire. En 1886, la première loge de recherche maçonnique, fondée à Londres, prit leur nom : la loge Quatuor Coronati n° 2076, dont les travaux font toujours autorité.

Interprétations

Les auteurs symbolistes opposent volontiers le trois, nombre du principe et de l’esprit, au quatre, nombre de la matière et de la manifestation. Leur somme, sept, et leur produit, douze, ont nourri de nombreuses spéculations. Sans s’y perdre, on peut retenir l’idée principale : le quatre rappelle que l’élévation spirituelle doit s’ancrer dans le réel, que l’on ne bâtit pas sans fondations, et que le travail initiatique consiste à donner forme stable à une intention.

Le saviez-vous ?

Le nom de la loge londonienne Quatuor Coronati est devenu celui de sa revue savante, les Ars Quatuor Coronatorum, publiée depuis la fin du XIXe siècle. Elle a joué un rôle majeur dans le passage d’une histoire légendaire de la maçonnerie à une histoire fondée sur les archives.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948 (rééd.).
  • René Guénon, Symboles de la Science sacrée, Gallimard, 1962.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, Presses universitaires de France, 1987 (rééd.).

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Pierre brute, Carré long, Eléments, Purification, Cabinet de Réflexion, Trois.

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