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Le quitus est, au sens propre, l’acte qui reconnaît qu’une personne s’est acquittée de ses obligations. Dans la vie des loges, le mot a deux emplois. Il désigne d’abord l’approbation donnée par l’atelier, ou par les congrès de l’obédience, à la gestion du trésorier ou des instances dirigeantes. Il désigne aussi, dans l’usage courant, l’attestation qu’un frère ou une sœur est à jour de ses capitations, condition pour voter, exercer une fonction et être reçu en visite dans d’autres loges. Il rappelle que l’engagement maçonnique comporte une part concrète, matérielle et partagée.
Origine du mot

« Quitus » vient du latin médiéval quitus, « quitte, libéré », de la même famille que « quittance » et « s’acquitter ». Le terme appartient au vocabulaire comptable et juridique : une assemblée générale donne quitus à ses administrateurs lorsqu’elle approuve leur gestion. La franc-maçonnerie, structurée en associations dotées de trésoriers et de budgets, l’a naturellement adopté dans ses deux sens.
Le quitus au trésorier
À la fin de l’exercice, le trésorier présente les comptes de la loge ; après examen, souvent par une commission de vérification, l’atelier vote le quitus, qui décharge le trésorier de sa responsabilité pour la période écoulée. Le même mécanisme existe à l’échelle de l’obédience : au Grand Orient de France, la Constitution prévoit que chaque loge vote, lors de son congrès régional, sur le quitus financier de l’obédience, les résultats étant transmis avant le Convent.
Être « à jour »
Chaque membre verse des capitations, qui financent la loge et l’obédience. Être à jour est une condition statutaire pour participer pleinement à la vie maçonnique : voter aux élections, être élu à un office, recevoir une augmentation de salaire, obtenir un certificat de démission ou un exeat. Au Grand Orient de France, l’électeur doit être à jour de toutes les caisses de la loge, sa carte d’identité maçonnique portant les timbres requis. C’est ce justificatif que l’usage courant appelle souvent quitus.
Dans les visites
Lorsqu’un frère ou une sœur visite une autre loge, le tuileur ou l’expert vérifie sa qualité maçonnique avant de l’admettre. La présentation d’un titre en règle, carte ou passeport maçonnique à jour, en fait partie. Les règlements prévoient aussi des alternatives : au Grand Orient, un visiteur sans titre peut être admis si trois membres de la loge se portent garants de sa qualité. L’ancienne affirmation selon laquelle un maçon non à jour ne serait admis dans aucun temple du globe relève de la formule plus que du règlement : chaque obédience fixe ses propres règles.
Repères
- Quitus de gestion : approbation des comptes du trésorier ou de l’obédience.
- Être à jour : avoir réglé ses capitations, attesté par la carte ou le passeport maçonnique.
- Capitation : cotisation annuelle due à la loge et à l’obédience.
- Exeat : certificat permettant de quitter une loge pour en rejoindre une autre, délivré à un membre en règle.
- Tronc de la Veuve : collecte solidaire distincte des capitations.
Une dimension morale
S’acquitter de ses capitations n’est pas qu’une formalité : c’est contribuer à l’édifice commun, dont le temple, les frais et la solidarité ont un coût. La tradition maçonnique insiste aussi sur la discrétion avec laquelle les loges traitent les difficultés financières d’un membre, par la remise ou l’étalement des cotisations. Le quitus marque l’équilibre entre droits et devoirs plutôt qu’un contrôle tatillon.
Le trésorier, gardien du quitus
Le trésorier est l’un des officiers élus de la loge. Il perçoit les capitations, tient les comptes, règle les dépenses et rend compte de sa gestion. Son bijou traditionnel, deux clefs croisées dans de nombreuses obédiences, rappelle qu’il garde le bien commun. C’est lui qui atteste qu’un membre est à jour et qui présente les comptes soumis au vote du quitus. Sa charge exige rigueur et discrétion : il connaît la situation de chacun et doit traiter les difficultés avec tact, en lien avec le Vénérable et l’hospitalier.
Pour approfondir : ouvrages de référence
- Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.
- Paul Naudon, La Franc-maçonnerie, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1963.
Voir aussi dans le glossaire : Trésorier, Capitation, Tuileur, Visiteur, Radiation, Tronc de la veuve.
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