Q comme Quorum en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le quorum est le nombre minimum de membres dont la présence est nécessaire pour que les travaux d’une loge puissent être valablement ouverts ou qu’une décision soit prise. Le principe est ancien : selon une formule traditionnelle, trois maçons dirigent une loge, cinq l’éclairent et sept la rendent juste et parfaite. Les règlements des obédiences en fixent aujourd’hui les modalités précises, qui varient de l’une à l’autre : nombre de membres, proportion de Maîtres, règles particulières pour les décisions administratives. Le quorum garantit la régularité et la légitimité collective des travaux.

Un mot latin du langage juridique

Quorum

Quorum est un génitif pluriel latin signifiant « desquels ». Il provient des commissions anglaises qui désignaient des juges ou des magistrats par une formule du type « dont nous voulons que tel ou tel soit l’un » : certains membres devaient obligatoirement être présents pour que l’assemblée puisse agir. Le mot est passé dans le vocabulaire parlementaire, puis dans celui des associations et des loges.

Trois, cinq, sept : la formule traditionnelle

Les catéchismes maçonniques répondent de longue date à la question « combien faut-il de maçons pour former une loge ? ». La réponse, présente en français comme en anglais, distingue trois niveaux :

  • Trois la dirigent : le Vénérable et les deux Surveillants.
  • Cinq l’éclairent, ou la tiennent : les trois précédents et deux autres membres.
  • Sept la rendent juste et parfaite : nombre minimal pour des travaux pleinement réguliers.

Cette progression rejoint celle des âges symboliques des trois grades et les marches de l’escalier du Temple. Le quorum maçonnique est donc d’abord un nombre symbolique avant d’être une règle administrative.

Ce que disent les règlements

Les obédiences ont traduit ce principe en règles écrites. Les glossaires maçonniques retiennent fréquemment la règle de sept maçons présents dont cinq Maîtres pour une loge symbolique. Le règlement du Grand Orient de France prévoit, par exemple, que les travaux d’une tenue ne peuvent être ouverts qu’avec au moins sept membres actifs, et qu’une réunion de comité ne peut prendre de décision qu’avec sept membres actifs présents.

D’autres seuils existent pour la vie des ateliers : au GODF, la création d’une loge requiert vingt et un Maîtres, ou quatorze dans un Orient éloigné de toute autre loge, et le réveil d’une loge en sommeil sept Maîtres. Chaque obédience fixe ses propres chiffres : il faut se référer à son règlement général.

Un usage ancien

Bazot rapporte en 1810 que les décisions d’une loge n’étaient définitives que si sept membres au moins étaient présents ; à défaut, elles restaient provisoires et devaient être confirmées lors d’une tenue suivante. Le principe du chiffre sept comme seuil de validité est donc attesté dès les débuts du Grand Orient de France.

Pourquoi le chiffre sept ?

Le nombre sept est chargé de sens dans les traditions dont la maçonnerie s’inspire : sept jours de la création, sept arts libéraux, sept planètes de l’astronomie ancienne. Il exprime l’idée d’un ensemble complet. En le choisissant comme seuil, la maçonnerie signifie que la loge n’est pleinement elle-même que lorsqu’elle réunit assez de membres pour représenter la diversité et l’équilibre du collectif.

Le rôle des Maîtres

L’exigence d’un nombre minimal de Maîtres tient au fait que seuls ceux-ci disposent de la plénitude des droits maçonniques : ils peuvent occuper les offices, voter sur toutes les questions et assurer la transmission des grades. Une assemblée composée surtout d’Apprentis et de Compagnons ne pourrait conduire les travaux ni garantir leur régularité.

Une garantie d’harmonie

Au-delà de la règle, le quorum exprime une exigence de participation. Il rappelle que la loge est un travail collectif, que la présence de chacun compte et qu’aucune décision importante ne peut être prise par un petit groupe isolé. Il protège ainsi la loge contre l’arbitraire et donne à ses décisions une légitimité partagée.

À retenir

  • Le quorum est le nombre minimal de présents pour ouvrir les travaux ou décider.
  • Formule traditionnelle : trois dirigent, cinq éclairent, sept rendent la loge juste et parfaite.
  • Les seuils précis varient selon les obédiences et figurent dans leurs règlements.
  • Le chiffre sept comme seuil de validité est attesté dès 1810 chez Bazot.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Élection de Portalis comme vénérable de L’Étroite Persévérance des Amis Réunis à Aix, 1768 (date historique), Surveillants, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Tenue.

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