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En franc-maçonnerie, le rameau désigne avant tout le rameau d’acacia, symbole du grade de Maître. Dans la légende d’Hiram, une branche plantée sur la tombe de l’architecte assassiné permet de retrouver son corps ; elle devient dès lors le signe de ce qui survit à la mort, de la mémoire qui se transmet et de la vie qui reverdit. Le Maître se fait reconnaître par la formule « L’acacia m’est connu ». Héritier d’une très ancienne symbolique végétale, du rameau d’or de Virgile aux bois sacrés de la Bible, le rameau condense l’enseignement du troisième degré : la mort initiatique n’est pas une fin, mais un passage.
Le rameau dans la légende d’Hiram

Selon la légende du troisième degré, Hiram, architecte du Temple de Salomon, est assassiné par trois mauvais Compagnons qui veulent lui arracher les secrets de la Maîtrise. Ils enterrent son corps à la hâte et plantent un rameau sur la tombe pour la reconnaître. Les Maîtres envoyés à sa recherche découvrent l’endroit grâce à cette branche qui se détache sous la main. Le rameau joue donc un double rôle : il marque la tombe et il permet de retrouver ce qui était perdu. C’est autour de ce récit que s’organise la cérémonie d’élévation à la Maîtrise.
De la cassia à l’acacia
La plus ancienne version imprimée de la légende, dans la divulgation Masonry Dissected de Samuel Prichard (1730), parle d’un brin de cassia, plante aromatique. Le terme évolue rapidement vers acacia, qui s’impose dans les rituels anglais et français. Le choix n’est pas indifférent : l’acacia est l’arbre du désert dont le bois, que la Bible appelle shittim, sert à construire l’Arche d’alliance et le Tabernacle (Exode 25). Bois réputé imputrescible, il rejoint l’idée d’une permanence au-delà de la corruption.
« L’acacia m’est connu »
La formule est devenue emblématique du grade de Maître : à la question de savoir s’il est Maître, le maçon répond que l’acacia lui est connu. Elle signifie qu’il a vécu la cérémonie de la mort et du relèvement d’Hiram, et qu’il en porte désormais l’enseignement. Dans plusieurs rites, des branches d’acacia figurent dans la chambre du milieu, et le rameau orne parfois les décors ou les tableaux du troisième degré. L’âge symbolique du Maître, sept ans et plus, est lui aussi lié à cette maturité acquise.
Symbolique

- Immortalité : l’acacia, toujours vert dans la tradition maçonnique, figure la vie qui persiste après la mort.
- Mémoire : le rameau marque le lieu où repose le Maître et empêche l’oubli.
- Recherche : il permet de retrouver le corps, comme le maçon cherche la Parole perdue.
- Transmission : il passe de main en main entre Maîtres, signe d’une chaîne qui ne se rompt pas.
- Renaissance : il accompagne le relèvement du nouveau Maître, qui « meurt » à son ancien état.
Un symbole universel
La maçonnerie s’inscrit dans une longue tradition. Dans l’Énéide (livre VI), Énée doit cueillir un rameau d’or pour descendre aux Enfers et en revenir ; l’anthropologue James George Frazer a repris l’image pour titre de sa grande enquête sur les mythes de mort et de renaissance, Le Rameau d’or. La Bible associe le rameau d’olivier à la fin du Déluge, et les rameaux à l’entrée de Jésus à Jérusalem. Partout, la branche verte rapportée d’un lieu de mort annonce un retour à la vie.
Dans les funérailles maçonniques
Le rameau a trouvé une place concrète dans les rites funèbres. Lors de funérailles maçonniques, notamment dans la tradition anglo-saxonne, les frères déposent un brin d’acacia ou de verdure sur le cercueil ou dans la tombe du défunt. Les loges funèbres organisées en mémoire des membres disparus reprennent ce geste. Il dit, sans dogme, l’espérance que quelque chose du défunt demeure : son œuvre, son exemple, sa place dans la chaîne d’union.
Le saviez-vous ?

L’acacia des francs-maçons n’est pas le « faux acacia » de nos jardins, le robinier, introduit d’Amérique en France au début du XVIIe siècle par Jean Robin ; l’acacia biblique est un arbre épineux des régions arides du Proche-Orient.
Pour approfondir
- Samuel Prichard, Masonry Dissected, Londres, 1730.
- James George Frazer, Le Rameau d’or, trad. fr., Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1981-1984.
- Virgile, Énéide, livre VI.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Acacia, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Chambre du Milieu, Parole perdue.
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