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E comme Eau en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’eau est l’un des quatre éléments que le candidat traverse symboliquement lors de l’initiation au premier grade. Après la terre du cabinet de réflexion et l’air du premier voyage, l’épreuve de l’eau, associée au deuxième voyage dans le Rite Écossais Ancien et Accepté comme au Rite Français, figure la purification. Symbole universel de vie, de passage et de renaissance, présent dans les ablutions religieuses comme dans la mer d’airain du Temple de Salomon, l’eau dit que l’initiation commence par un lavage intérieur.

Les quatre éléments de l’initiation

Eau en franc-maçonnerie – Marcus Gheeraerts I - The four elements - Water

Dans les rites français, la réception d’un Apprenti s’organise selon les quatre éléments de la physique antique. Le passage par le cabinet de réflexion correspond à la terre. Viennent ensuite trois voyages, chacun associé à un élément.

  • Premier voyage : l’air, voyage tumultueux et semé d’obstacles.
  • Deuxième voyage : l’eau, moins agité, achevé par une purification.
  • Troisième voyage : le feu, purification ultime.
  • La terre, déjà traversée dans le cabinet, ouvre l’ensemble.

Cette structure est formalisée dans les rituels français au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, notamment dans le Régulateur du maçon (1801) pour le Rite Français. Le détail varie selon les obédiences et les époques.

L’épreuve de l’eau

Le deuxième voyage se termine par une purification, le plus souvent figurée par le contact de l’eau sur les mains du candidat. Le geste est sobre : il n’a rien d’une épreuve physique. Son sens est celui de l’ablution : le profane se défait de ce qui l’encombrait pour se rendre disponible. Le voyage lui-même, moins chaotique que le premier, figure un monde où l’homme commence à trouver un chemin.

Un symbole universel

Toutes les traditions religieuses connaissent les rites d’eau : ablutions juives et musulmanes, baptême chrétien, bains rituels de l’Inde, eaux lustrales de l’Antiquité. L’eau y est à la fois ce qui lave, ce qui donne la vie et ce qui engloutit. Le Déluge et le passage de la mer Rouge en font aussi une image de mort et de renaissance. La maçonnerie reprend cet héritage sans s’approprier aucun de ses contenus confessionnels.

La mer d’airain

Eau en franc-maçonnerie – The Elements (Alchemical and rosicrucian compendium, c. 1760)

Le Temple de Salomon comportait, selon le premier Livre des Rois (7, 23-26), une immense cuve de bronze, la mer d’airain, portée par douze bœufs et destinée aux ablutions des prêtres. Ce bassin, qui associe l’eau au métal travaillé par Hiram, figure dans l’imaginaire maçonnique du Temple. Il rappelle que l’on ne pénètre pas dans le sanctuaire sans purification préalable.

Fluidité et réceptivité

Les commentateurs maçonniques insistent sur les qualités propres à l’eau : elle épouse les formes, contourne les obstacles et finit par user la pierre. Elle enseigne une force qui n’est pas dureté, mais persévérance. Elle est aussi réceptive : elle reçoit et reflète, image de l’écoute que l’Apprenti doit apprendre en loge, où il garde le silence. Là où le feu consume, l’eau pénètre et accompagne.

Dans l’alchimie et les hauts grades

L’hermétisme associe l’eau à la dissolution, l’une des opérations du Grand Œuvre, et au mercure des philosophes. Certains grades de perfectionnement reprennent cette symbolique, et la formule VITRIOL du cabinet de réflexion, qui invite à descendre « à l’intérieur de la terre », s’inscrit dans le même registre alchimique. Ces lectures restent des interprétations, plus ou moins développées selon les rites et les auteurs.

Le saviez-vous ?

Dans plusieurs rituels de tradition française, le Frère Expert ou le Maître des cérémonies guide le candidat les yeux bandés pendant les voyages : le candidat ne voit pas l’eau, il la sent. L’épreuve passe ainsi par le toucher et le silence, ce qui renforce son caractère intérieur.

Repères

  • Élément associé au deuxième voyage de l’initiation (REAA, Rite Français).
  • Geste rituel : purification des mains, sens d’ablution.
  • Référence biblique : la mer d’airain du Temple (1 Rois 7).
  • Symboles : vie, purification, passage, réceptivité.
  • Éléments voisins : terre (cabinet de réflexion), air, feu.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Épreuves, Feu, Élection de Laurence Dermott comme Grand Secrétaire des Anciens, 5 février 1752 (date historique), Terre, Cabinet de Réflexion, Purification, Initiation.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

D comme Dorique en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le dorique est le plus ancien et le plus sobre des ordres de l’architecture grecque. En franc-maçonnerie, il est l’ordre de la Force : la colonne ou colonnette dorique est associée au premier Surveillant, l’un des trois piliers qui soutiennent symboliquement la loge avec la Sagesse ionique et la Beauté corinthienne. Sa base, lorsqu’elle existe, se compose d’une plinthe, d’un tore et d’une baguette. Sans ornement superflu, il exprime une force maîtrisée, une rectitude qui convient au travail du compagnon.

Un ordre grec

Dorique en franc-maçonnerie – Doric column inside the Propylaea Acropolis Athens Greece

L’ordre dorique apparaît en Grèce dans la seconde moitié du VIIe siècle avant notre ère. Vitruve en attribue l’invention à Doros, ancêtre légendaire des Doriens, et rapporte que ses proportions furent tirées du corps de l’homme : le pied étant la sixième partie de la taille, la colonne aurait reçu une hauteur de six diamètres. Le Parthénon, les Propylées d’Athènes, les temples de Paestum et d’Agrigente en sont les exemples les plus célèbres. Sa frise alterne triglyphes et métopes, souvenir probable de l’ancienne charpente de bois.

Avec ou sans base

Le dorique grec n’a pas de base : la colonne repose directement sur le stylobate. Les Romains, puis les théoriciens de la Renaissance, ont doté le dorique d’une base moulurée, et c’est cette version que décrivent les traités et les dictionnaires maçonniques : une plinthe, un tore et une baguette. La plinthe est le socle carré, le tore une moulure arrondie, la baguette une petite moulure fine qui marque la transition avec le fût. La précision de la notice traditionnelle renvoie donc au dorique des architectes modernes plutôt qu’à celui des temples grecs.

Sagesse, Force, Beauté

Les catéchismes anglais du début du XVIIIe siècle disent déjà que la loge est soutenue par trois grands piliers, Sagesse, Force et Beauté. Les rituels continentaux ont associé ces piliers aux ordres d’architecture et aux trois officiers : l’ionique pour la Sagesse du Vénérable, le dorique pour la Force du premier Surveillant, le corinthien pour la Beauté du second Surveillant. Dans de nombreux temples, trois colonnettes portant des chandeliers matérialisent cette correspondance près des plateaux.

Dans les rituels

Dorique en franc-maçonnerie – Speculum Romanae Magnificentiae- Doric order MET DP870193
  • Rite Français et REAA : colonnette dorique près du plateau du premier Surveillant, allumée à l’ouverture des travaux.
  • Grade de compagnon : l’étude des cinq ordres (toscan, dorique, ionique, corinthien, composite) fait partie de l’instruction.
  • Tableaux de loge : les trois ordres y figurent souvent sous forme de colonnes stylisées.
  • La correspondance exacte entre ordres et officiers peut varier selon les rites et les rituels.

Une force maîtrisée

Le dorique n’est pas la force brute. Ses proportions trapues, son chapiteau nu, son absence d’ornement expriment une puissance qui ne cherche pas à se montrer. La lecture maçonnique y voit l’image de l’énergie disciplinée nécessaire à l’exécution de l’œuvre : le premier Surveillant, qui veille sur les compagnons et paie les ouvriers, incarne cette force au service du plan conçu par la Sagesse.

Le saviez-vous ?

Les cinq ordres d’architecture ne sont devenus un « système » qu’à la Renaissance, avec les traités de Serlio, de Vignole et de Palladio. La franc-maçonnerie spéculative, née au XVIIIe siècle dans un monde nourri de ces traités, a hérité d’une Antiquité vue par les architectes modernes, ce qui explique la description d’un dorique à base dans ses glossaires.

Sobriété et rectitude

Au-delà de sa place dans le temple, le dorique propose une éthique. Aller droit, sans surcharge ni emphase ; fonder solidement avant d’élever : la colonne dorique rappelle au maçon que toute élévation repose sur une assise et que la beauté la plus durable est souvent celle de la forme juste. C’est une leçon particulièrement adressée au compagnon, appelé à passer de l’apprentissage à l’œuvre.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Vitruve, De l’architecture, livre IV.
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Ionique, Corinthien, Colonnes, Premier Surveillant, Compagnon.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

D comme Dispense en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Une dispense est, en franc-maçonnerie, une autorisation exceptionnelle permettant de s’écarter d’une règle normalement applicable : réduire un délai entre deux grades, tenir une réunion à une date inhabituelle, admettre un candidat hors des conditions ordinaires. Elle ne se présume jamais : elle est demandée, examinée et accordée par l’autorité compétente, Grand Maître, Conseil de l’Ordre ou, pour les hauts grades du Rite écossais ancien et accepté, Suprême Conseil. La dispense illustre l’équilibre entre la rigueur des règlements et la prise en compte des situations particulières.

Une notion juridique ancienne

Dispense en franc-maçonnerie – C F Martin Masonic Travelling Patent

Le mot vient du latin dispensare, « distribuer, administrer », et désigne en droit canonique l’exemption d’une loi accordée dans un cas particulier par l’autorité qui en a le pouvoir. La franc-maçonnerie, très attachée à ses constitutions et règlements depuis les Constitutions d’Anderson (1723), a repris ce vocabulaire : la règle demeure, mais son application est suspendue pour un cas déterminé.

Qui accorde une dispense ?

L’autorité varie selon le type de règle. Pour les loges symboliques, ce sont en général le Grand Maître, le Conseil de l’Ordre ou le Conseil fédéral, selon l’obédience. Pour les hauts grades du Rite écossais ancien et accepté, c’est le Suprême Conseil qui peut accorder une dispense, par exemple pour réduire les délais réglementaires entre deux degrés. La décision est formelle et écrite, et elle s’inscrit dans les archives de l’atelier.

Ce que l’on peut obtenir par dispense

  • Réduire un délai réglementaire entre deux grades ou deux élévations.
  • Tenir une tenue à une date ou en un lieu différents de ceux prévus par les règlements de la loge.
  • Admettre un candidat en dessous de l’âge minimal fixé, lorsque le règlement le permet.
  • Autoriser le port des décors hors du Temple, par exemple lors d’une cérémonie publique, dans la tradition anglo-saxonne.
  • Permettre à une loge nouvelle de travailler avant la délivrance de ses lettres constitutives.

Ce qu’une dispense ne peut pas faire

Certaines règles sont expressément soustraites à toute dispense. Le règlement du Grand Orient de France pose ainsi que nul ne peut être dispensé des épreuves graduées prescrites par les rituels : on ne saute pas un grade et l’on ne reçoit pas une initiation abrégée. D’autres obligations, comme les conditions d’ouverture des travaux ou les principes constitutionnels, échappent également à toute exception.

Ces limites montrent que la dispense n’est pas un passe-droit : elle porte sur des modalités, non sur l’essentiel du parcours initiatique.

Loges « sous dispense »

Dispense en franc-maçonnerie – Patent Loży Universe

Aux États-Unis, une loge nouvellement créée travaille souvent pendant une période probatoire en vertu d’une dispense du Grand Maître : on dit qu’elle est Under Dispensation, et son nom est suivi des initiales U.D. Ce n’est qu’après examen de ses travaux qu’elle reçoit une charte définitive. L’usage montre que la dispense peut aussi être un instrument de mise à l’épreuve.

Une souplesse encadrée

La dispense répond à des situations concrètes : un frère expatrié qui doit recevoir un grade avant son départ, une loge privée de son Temple, un calendrier bouleversé. Elle évite que la lettre des règlements ne s’oppose à leur esprit. Mais son usage répété affaiblirait la règle elle-même ; c’est pourquoi les obédiences en réservent l’octroi aux plus hautes autorités et exigent une demande motivée.

Une lecture symbolique

La dispense rappelle que la règle maçonnique est au service de la vie de l’Ordre, et non l’inverse. Elle exprime une vertu de discernement : savoir quand appliquer strictement et quand adapter. Elle suppose aussi la confiance, puisque l’autorité qui l’accorde engage sa responsabilité devant l’ensemble de l’obédience.

Dispense et régularité

Une dispense régulièrement accordée ne crée aucune irrégularité : l’acte accompli sous dispense est pleinement valide. À l’inverse, un acte accompli en dehors des règles sans dispense peut être contesté, voire annulé par l’obédience. C’est pourquoi les secrétaires de loge conservent soigneusement les dispenses obtenues dans les archives de l’atelier, avec les procès-verbaux des tenues concernées.

À retenir

  • La dispense est une exception formelle, accordée au cas par cas.
  • Au REAA, le Suprême Conseil peut accorder des dispenses pour les hauts grades.
  • Les épreuves rituelles ne peuvent, en principe, faire l’objet d’aucune dispense.
  • Aux États-Unis, une loge « U.D. » travaille sous dispense avant d’obtenir sa charte.

Voir aussi dans le glossaire : Suprême Conseil, Constitutions, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Augmentation de salaire…, Patente, Régularité.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

D comme Drapeau en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le mot « drapeau » a deux sens en franc-maçonnerie. Dans le langage de table des banquets rituels, il désigne tout simplement la serviette, au même titre que le verre devient « canon » ou le vin « poudre forte ». Dans la vie publique des loges, il renvoie aux bannières, étendards et drapeaux qui identifient un atelier ou une obédience, et que porte le Porte-étendard lors des cérémonies. Ces deux usages, l’un ludique, l’autre solennel, disent quelque chose de l’identité maçonnique : un goût pour le langage codé, et une manière mesurée de se rendre visible.

Le drapeau, terme de table

Drapeau en franc-maçonnerie – Mount Edgecombe Lodge banner, Camborne Masonic Hall, Cornwall - April 2024

Lors des loges de table, banquets ritualisés qui prolongent certaines tenues, les objets reçoivent des noms empruntés au vocabulaire militaire et à celui du chantier. La serviette y est appelée « drapeau ». Cet usage, attesté par les glossaires maçonniques, remonte aux banquets du XVIIIe siècle, où l’on portait des santés ponctuées de « feux », comme on tire des salves. Le drapeau accompagne les gestes collectifs du banquet et participe à la mise en scène fraternelle du repas.

Le vocabulaire des loges de table

  • Canon : le verre.
  • Poudre forte : le vin ; poudre faible ou blanche : l’eau.
  • Poudre fulminante : l’eau-de-vie ou les liqueurs.
  • Poudre du Liban : le tabac à priser.
  • Drapeau : la serviette.
  • Feu : le toast porté en commun, au commandement du Vénérable.

Bannières et étendards

Au sens courant, les loges et les obédiences possèdent des bannières brodées portant leur titre distinctif, leur numéro, leurs emblèmes et parfois leur devise. Ces étendards sont présentés lors des cérémonies importantes : allumage des feux, installations, convents, anniversaires. Plusieurs rites prévoient un officier chargé de les porter, le Porte-étendard, qui les présente lors des entrées solennelles. La bannière exprime l’appartenance et la continuité : elle passe de génération en génération, et certaines loges conservent des exemplaires du XIXe siècle.

Drapeaux nationaux et usages selon les pays

Drapeau en franc-maçonnerie – Trevaunance Lodge banner, Camborne Masonic Hall, Cornwall - April 2024

La place du drapeau national varie selon les traditions. Dans les loges américaines, la bannière étoilée est habituellement présente dans le temple et saluée en ouverture de tenue. En Grande-Bretagne et en France, son usage est plus rare et plus discret, la maçonnerie insistant sur son caractère universel et sur la fraternité au-delà des frontières. Lors de cérémonies publiques, notamment patriotiques ou mémorielles, les délégations maçonniques peuvent toutefois se présenter derrière le drapeau national et leurs propres bannières.

Une visibilité mesurée

La bannière d’une loge n’est pas une enseigne. Elle n’apparaît qu’en des occasions choisies, le plus souvent à l’intérieur du temple, et marque la présence collective de l’atelier plutôt qu’une revendication. Cette retenue répond à la tradition de discrétion maçonnique : se montrer quand il le faut, sans ostentation. Le drapeau rassemble, il ne sépare pas : les rituels rappellent que les francs-maçons de toutes nations se reconnaissent comme frères.

Le saviez-vous ?

Le 29 avril 1871, pendant la Commune de Paris, plusieurs milliers de francs-maçons défilèrent dans la capitale avec leurs bannières et allèrent les planter sur les remparts, en espérant obtenir une trêve entre les Versaillais et les Communards. L’épisode est l’une des rares apparitions massives de drapeaux maçonniques dans l’espace public français.

Symbolique

Qu’il soit serviette de banquet ou bannière de cérémonie, le drapeau maçonnique exprime le lien. Au banquet, il accompagne les santés partagées et rappelle que la fraternité se vit aussi dans la convivialité. En cérémonie, il manifeste l’identité d’un collectif inscrit dans une histoire. Dans les deux cas, il s’agit d’un signe de ralliement, et non d’un objet de vénération.

Les santés et les feux

Dans les loges de table, les toasts appelés santés d’obligation se portent selon un ordre fixé : au chef de l’État ou au pays, à l’obédience et à son Grand Maître, au Vénérable, aux Surveillants, aux visiteurs, à tous les maçons répandus sur la surface de la terre. Chaque santé est suivie d’un « feu », exécuté en commun avec les canons selon un rythme précis. Le vocabulaire militaire de ces banquets, hérité du XVIIIe siècle, donnait au repas l’allure d’une manœuvre fraternelle, où le drapeau-serviette avait sa place.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Loge de Table, Canon, Poudre du Liban, Bannière, Feu, Tentatives de conciliation des francs-maçons entre la Commune de Paris et le gouvernement Thiers, avril 1871 (date historique).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

D comme Dogme en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Un dogme est une vérité présentée comme certaine, définie par une autorité et imposée à la croyance. La Franc-maçonnerie dite libérale se définit précisément comme adogmatique : elle n’impose à ses membres aucune croyance religieuse ou philosophique, et place la liberté absolue de conscience au premier rang de ses principes. Ce choix, formalisé en France par le Grand Orient en 1877, est au cœur de la fracture avec la maçonnerie régulière, qui exige la croyance en Dieu. Comprendre le refus du dogme, c’est comprendre la méthode maçonnique elle-même : le symbole qui ouvre la pensée plutôt que la formule qui la ferme.

Du grec au vocabulaire théologique

Dogme en franc-maçonnerie – The Constitutions of the ... Masons ... collected ... by J. Anderson and revised ... by J.

Le mot vient du grec dogma, « ce qui paraît bon », d’où « opinion, décision, décret », dérivé de dokein, « sembler ». Chez les philosophes antiques, il désigne une doctrine d’école ; les sceptiques nommaient « dogmatiques » ceux qui affirmaient des certitudes. Dans le christianisme, le dogme devient une vérité de foi définie par l’Église et tenue pour révélée. Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières emploient le mot dans un sens critique, pour viser l’autorité qui impose de croire.

1877 : l’adogmatisme du Grand Orient

Les Constitutions d’Anderson de 1723 demandaient seulement au maçon de ne pas être un « athée stupide » ni un « libertin irréligieux », et de suivre la religion sur laquelle tous les hommes s’accordent. En 1849, le Grand Orient de France inscrit dans sa Constitution la croyance en Dieu et en l’immortalité de l’âme. En septembre 1877, sur un rapport du pasteur Frédéric Desmons, son Convent supprime cette obligation : l’obédience a désormais pour principe la liberté absolue de conscience. La Grande Loge Unie d’Angleterre rompt alors ses relations avec elle.

Ce qu’adogmatique veut dire

  • Aucune croyance n’est exigée : le croyant, l’agnostique et l’athée peuvent être initiés.
  • Aucune doctrine officielle n’est enseignée : les symboles ne reçoivent pas d’interprétation obligatoire.
  • La référence au Grand Architecte est facultative, laissée au choix des loges ou interprétée librement.
  • Le Volume de la Loi sacrée peut être remplacé par la Constitution de l’obédience ou par un livre aux pages blanches.
  • Le libre examen et le respect mutuel sont les seules exigences communes.

Dogme et doctrine

Dogme en franc-maçonnerie – The constitutions of the free-masons Fleuron T086287-6

Refuser le dogme ne signifie pas refuser toute référence. La maçonnerie adogmatique a des valeurs, des rituels, une Constitution, une devise ; elle a donc une forme de doctrine, au sens d’un ensemble cohérent de principes qui orientent le travail. Ce qu’elle refuse, c’est l’affirmation imposée et soustraite à la discussion. Elle n’ordonne pas de croire ; elle propose de chercher. On peut dire qu’elle offre une méthode plutôt qu’une vérité.

Le symbole contre le dogme

Le symbole est l’outil propre de cette méthode. Il ne dit pas une seule chose : il se prête à plusieurs niveaux de lecture, et chacun y trouve ce que son travail lui permet d’y voir. Un même tableau de loge peut être lu en termes chrétiens, philosophiques, alchimiques ou moraux. Imposer une interprétation unique transformerait le symbole en dogme. C’est pourquoi les obédiences libérales insistent sur la pluralité des lectures et sur le respect de celles d’autrui.

Un débat toujours vif

La maçonnerie régulière reproche parfois à l’adogmatisme de vider le travail initiatique de sa dimension spirituelle ; les obédiences libérales répondent que la spiritualité n’a pas besoin d’être imposée pour être vécue, et que nombre de leurs membres sont croyants. Certains observateurs rappellent aussi qu’un dogmatisme inversé peut guetter toute institution, lorsque la laïcité ou le rationalisme deviennent à leur tour des certitudes indiscutables. Le refus du dogme est une exigence, non un acquis.

Le saviez-vous ?

L’article premier de la Constitution du Grand Orient de France qualifie la Franc-maçonnerie d’institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, et place la liberté absolue de conscience parmi ses principes : ce texte est la traduction juridique de l’adogmatisme.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Libre examen, Grand Architecte de l’Univers mal interprété (antimaçonnisme), Régularité, Symbole, Laïcité.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

D comme Dignitaires en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Les dignitaires sont, en franc-maçonnerie, les principaux responsables d’une loge : en France, on range généralement sous ce nom le vénérable maître, le premier et le second surveillant, l’orateur et le secrétaire. Le titre s’applique aussi aux grands officiers d’une obédience. Élus ou nommés pour un temps limité, ils dirigent les travaux, veillent au respect du rite et des règlements, garantissent la mémoire de l’atelier et en assurent la continuité. Leur autorité est une autorité de service, exercée au nom de la loge et révocable à l’échéance de leur mandat.

Dignitaires et officiers

Dignitaires en franc-maçonnerie – Grand Lodge of North Carolina Officers 1900-1901

Toute loge possède un collège d’officiers. Parmi eux, les dignitaires forment le premier cercle : ceux sans lesquels la loge ne peut ni ouvrir ses travaux ni délibérer valablement. Les autres officiers, expert, maître des cérémonies, trésorier, hospitalier, couvreur, ont des fonctions tout aussi nécessaires, mais d’un rang différent dans la tradition française. La terminologie varie selon les rites et les obédiences, et certaines incluent le trésorier parmi les dignitaires.

Les cinq dignitaires

  • Le vénérable maître préside la loge depuis l’Orient, ouvre et ferme les travaux, distribue la parole et représente l’atelier.
  • Le premier surveillant seconde le vénérable, veille sur l’une des colonnes et instruit les compagnons.
  • Le second surveillant veille sur l’autre colonne et instruit les apprentis.
  • L’orateur veille au respect des règlements et de la constitution, et donne ses conclusions avant les votes.
  • Le secrétaire rédige les procès-verbaux, tient les registres et la correspondance.

Les trois lumières

Le vénérable et les deux surveillants forment les trois lumières de la loge, souvent rapprochées des trois piliers, Sagesse, Force et Beauté, et des trois grands chandeliers. Ce sont eux qui, dans le rituel d’ouverture, échangent les questions et réponses qui constituent la loge. L’orateur et le secrétaire, qui siègent à l’Orient de part et d’autre du vénérable, complètent ce groupe pour former les cinq dignitaires.

Élection et installation

Dans la plupart des obédiences françaises, le vénérable et les dignitaires sont élus chaque année par les maîtres de la loge, avec une limite au nombre de mandats successifs. Le vénérable est ensuite installé lors d’une tenue particulière, où il reçoit le maillet de son prédécesseur ; il installe à son tour ses officiers. Dans les loges de tradition anglaise, le maître installé est souvent choisi après avoir parcouru les offices, de surveillant en surveillant.

Les grands dignitaires de l’obédience

Dignitaires en franc-maçonnerie – Freemason Lodge Master and Wardens gavels

Au niveau de l’obédience, on parle de grands officiers ou de grands dignitaires : grand maître ou président du conseil de l’ordre, grands surveillants, grand orateur, grand secrétaire, grand trésorier. Leur organisation et leurs titres diffèrent fortement d’une obédience à l’autre. Ils portent des décors particuliers, souvent brodés d’or, et siègent lors des convents et grandes tenues.

Une autorité de service

La dignité maçonnique n’est pas un titre honorifique attaché à la personne : elle est liée à la fonction et prend fin avec le mandat. L’ancien vénérable redevient un frère parmi les autres, même s’il conserve dans certains rites le titre de « passé maître ». Cette rotation des charges est l’un des apprentissages de la loge : apprendre à diriger et apprendre à cesser de diriger.

Les décors des dignitaires

Chaque office est signalé par un bijou porté au sautoir : l’équerre pour le vénérable, le niveau pour le premier surveillant, la perpendiculaire pour le second, un livre pour l’orateur, des plumes croisées pour le secrétaire, dans la tradition la plus répandue. Ces emblèmes rappellent que chaque fonction correspond à une vertu à exercer.

Le saviez-vous ?

Au Rite français, le vénérable siège à l’Orient sous un dais, les deux surveillants à l’Occident, face à lui. Ce dispositif, qui met en scène la circulation de la lumière de l’Orient vers l’Occident, traduit dans l’espace la hiérarchie des charges : la parole passe du vénérable aux surveillants, puis des surveillants aux colonnes.

À retenir

  • Les dignitaires sont les principaux officiers d’une loge.
  • En France : vénérable, deux surveillants, orateur, secrétaire.
  • Le vénérable et les surveillants sont les trois lumières.
  • Le titre désigne aussi les grands officiers d’une obédience.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître, Surveillants, Élection de Portalis comme orateur de la loge L’Amitié d’Aix-en-Provence, 1784 (date historique), Élection de Rudyard Kipling comme secrétaire de la loge Hope and Perseverance, 10 janvier 1887 (date historique), Officiers, Lumières (trois), Installation.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

D comme Diacres en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Les Diacres sont deux officiers de loge chargés de transmettre les messages et d’accompagner les déplacements rituels. Le Premier Diacre se tient près du Vénérable et porte ses instructions vers le Premier Surveillant ; le Second Diacre se tient près du Premier Surveillant et relaie vers le Second. Munis d’un long bâton, ils conduisent aussi les candidats et accueillent les visiteurs. Inconnus des premières loges anglaises, venus d’Irlande et généralisés en Angleterre après 1813, ils sont typiques des rites anglo-saxons comme Émulation. Leur fonction, discrète, illustre l’idée que la parole d’une loge circule selon un ordre et non au hasard.

Un nom emprunté à l’Église

Diacres en franc-maçonnerie – Dove (Deacon) collar jewel, Liskeard Masonic Hall, Cornwall - September 2026

Le mot vient du grec diakonos, « serviteur », qui désignait dans l’Église primitive les auxiliaires des évêques. Une encyclopédie maçonnique classique rappelle que, dans l’Église grecque, les diacres gardaient les portes et surveillaient l’assemblée. La franc-maçonnerie a retenu cette double idée de service et de vigilance, sans aucune dimension cléricale : le Diacre de loge est un messager et un guide.

Une fonction venue d’Irlande

Les rituels anglais du début du XVIIIe siècle ne mentionnent pas de Diacres : leurs tâches étaient alors réparties entre le Second Surveillant et deux Apprentis. L’office apparaît dans les loges irlandaises, puis chez les « Anciens » (Antients), la Grande Loge rivale fondée à Londres en 1751 qui suivait les usages irlandais. Les « Modernes » l’ignoraient, si bien que la présence de Diacres devint un signe distinctif entre les deux courants. Lors de l’union de 1813, qui donna naissance à la Grande Loge Unie d’Angleterre, l’office fut adopté par déférence envers l’usage des Anciens. Il est aujourd’hui universel dans la maçonnerie anglo-saxonne.

Premier et Second Diacre

  • Le Premier Diacre (Senior Deacon) siège à l’Orient, à la droite du Vénérable. Il porte les messages du Vénérable au Premier Surveillant et attend ses ordres.
  • Le Second Diacre (Junior Deacon) siège à l’Occident, à la droite du Premier Surveillant. Il porte les messages de celui-ci au Second Surveillant et veille à ce que les ordres soient exécutés.
  • Ensemble, ils conduisent les candidats lors des cérémonies, présentent les visiteurs et forment, avec leurs bâtons, des figures rituelles comme la croisée au-dessus de l’autel dans certains usages.
  • Leur insigne est le plus souvent une colombe, rappelant celle que Noé lâcha de l’arche ; certaines traditions ont représenté Mercure, messager des dieux.

Le bâton et la colombe

Diacres en franc-maçonnerie – DCHS Masonic Jewel of Sr. Deacon 1823

Le long bâton (wand) des Diacres est l’attribut du héraut et du messager. Le choix de la colombe comme bijou, en usage en Angleterre, évoque l’oiseau envoyé par Noé et revenu avec un rameau d’olivier : un messager fidèle, porteur de paix. L’encyclopédie déjà citée signale aussi des bijoux composés d’une équerre et d’un compas, avec un soleil pour le Premier Diacre et une lune pour le Second. L’image de Mercure, attestée dans d’anciens bijoux, relève de la même idée de transmission.

En France

Les rites d’origine française, Rite Français et Rite Écossais Ancien et Accepté tels qu’ils se sont développés au Grand Orient ou à la Grande Loge de France, ne prévoient pas de Diacres : leurs fonctions y sont assurées par l’Expert et le Maître des cérémonies. Les Diacres se rencontrent dans les loges travaillant au rite Émulation, au rite d’York ou selon des usages de tradition anglo-saxonne, notamment dans les obédiences qui entretiennent des relations avec la Grande Loge Unie d’Angleterre. C’est pourquoi on les présente souvent comme l’équivalent des Experts, ce qui est juste quant à la fonction, mais pas quant à l’histoire.

Une école du service

Dans les loges anglaises, la progression dans les offices est souvent régulière : on devient Diacre avant d’être Surveillant, puis Vénérable. La charge est ainsi une école. Elle demande de connaître parfaitement le rituel, de savoir anticiper, de relayer une parole sans la déformer. Elle enseigne que la circulation ordonnée de la parole est la condition de l’harmonie : chacun parle à son tour, par l’intermédiaire de ceux qui en ont la charge.

Le saviez-vous ?

La Grande Loge d’Irlande, où les Diacres de loge sont pourtant apparus très tôt, n’a créé des Grands Diacres qu’avec ses Constitutions de 1850, plus de cent vingt ans après sa fondation, alors que l’Angleterre avait adopté l’office dès 1813.

Pour approfondir

  • Albert G. Mackey, An Encyclopædia of Freemasonry, article « Deacon » (éditions successives depuis 1873).
  • Emulation Ritual, Lewis Masonic (éditions successives).

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Expert Officier, Maître des cérémonies (MDC), Premier Surveillant, Second surveillant, Couvreur.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

D comme Deuxième surveillant en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Deuxième Surveillant, ou Second Surveillant, est l’un des trois officiers qui dirigent la loge avec le Vénérable Maître et le Premier Surveillant ; on les appelle ensemble les trois lumières de l’atelier. Il est traditionnellement chargé de l’instruction des Apprentis, qu’il guide dans leurs premiers travaux et dont il évalue la progression. Son bijou est le fil à plomb, sa colonne symbolique la Beauté. Charge d’enseignement et de vigilance, elle est souvent une étape vers le plateau du Premier Surveillant puis vers l’Orient.

Une des trois lumières

Deuxième surveillant en franc-maçonnerie – The Plumb Rule (Junior Warden)

Dans presque tous les rites, la loge est gouvernée par le Vénérable Maître et deux Surveillants. Ensemble, ils figurent les trois piliers qui soutiennent la loge : la Sagesse (le Vénérable), la Force (le Premier Surveillant) et la Beauté (le Second Surveillant), associées aux ordres ionique, dorique et corinthien. Ils disposent chacun d’un maillet et répercutent sur les colonnes les annonces du Vénérable.

Place en loge

La position du Second Surveillant varie selon les rites. Dans la plupart des rites continentaux, les deux Surveillants siègent à l’Occident, chacun à la tête d’une colonne ; le Second dirige celle où prennent place les Apprentis. Dans le Rite Émulation et les rites de tradition anglaise, il siège au Sud, à la place du soleil au méridien. Dans ce cas, il appelle les frères du travail à la récréation et les rappelle de la récréation au travail.

Le maître des Apprentis

Sa charge principale est l’instruction des Apprentis. Il organise leurs réunions d’instruction, répond à leurs questions, les aide à rédiger leurs premières planches et veille à leur assiduité. Lorsque vient le moment de proposer leur passage au grade de Compagnon, il rend compte de leur travail et de leur maturité à la loge. Il doit enseigner sans imposer sa propre lecture des symboles, puisque la méthode maçonnique repose sur la découverte personnelle.

Dans les rituels

  • À l’ouverture, il participe au dialogue rituel qui vérifie que la loge est couverte et que les frères sont à l’ordre.
  • Au Rite Français, c’est lui qui transmet au Couvreur l’ordre de couvrir le temple ; la clef est déposée sur son plateau.
  • Il porte le fil à plomb, symbole de la rectitude et de l’égalité de tous devant la règle.
  • Lors de l’initiation, il intervient auprès du candidat et peut être associé à certaines épreuves selon les rites.

Le fil à plomb

Deuxième surveillant en franc-maçonnerie – Carmarthen Freemason's Hall Junior Warden's Chair

Le bijou du Second Surveillant est la perpendiculaire ou fil à plomb. Outil de vérification de la verticalité, il rappelle la droiture que l’on attend de l’Apprenti, la recherche de la vérité en profondeur et la verticalité de l’homme qui se tient debout. Le Premier Surveillant porte le niveau, le Vénérable l’équerre : les trois outils de contrôle du chantier se répartissent entre les trois lumières.

Une pédagogie fraternelle

La fonction exige patience et disponibilité. Le Second Surveillant accompagne des frères qui découvrent un langage, une gestuelle et un rythme nouveaux. Il doit savoir encourager sans flatter, corriger sans humilier, rendre la tradition intelligible sans la réduire à des réponses toutes faites. De la qualité de son travail dépend en grande partie la fidélisation des nouveaux initiés et l’avenir de l’atelier.

Une étape du cursus des offices

Dans de nombreuses loges, les offices s’enchaînent : Second Surveillant, puis Premier Surveillant, puis Vénérable Maître. Cet usage, non obligatoire, permet de former progressivement les futurs dirigeants de l’atelier. Il souligne que l’art de transmettre aux plus jeunes est considéré comme la première école du gouvernement de la loge.

Le saviez-vous ?

Au Rite Émulation, le Second Surveillant est associé au soleil à son méridien et à la colonne corinthienne de la Beauté. Il a la garde des frères pendant la récréation, et doit veiller à ce que les plaisirs de la table ne dégénèrent pas en intempérance. Cette mission, consignée dans les instructions anglaises, rejoint celle des Surveillants des agapes dans les rites français.

À retenir

  • Une des trois lumières de la loge, avec le Vénérable et le Premier Surveillant.
  • Charge : instruction des Apprentis.
  • Place : Occident (rites continentaux) ou Sud (Émulation).
  • Bijou : fil à plomb ; pilier : Beauté ; ordre : corinthien.
  • Étape fréquente vers le plateau du Premier Surveillant.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Premier Surveillant, Sautoir de Vénérable Maître, Apprenti, Fil à plomb, Colonnes, Sagesse, Force, Beauté, Plateau.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

D comme Député en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Député est le Frère ou la Sœur qu’une loge désigne pour la représenter auprès des instances de son obédience : assemblée générale annuelle, souvent appelée Convent, congrès régionaux ou provinciaux. Porteur du mandat de l’atelier, il vote en son nom, fait entendre ses vœux et rapporte ensuite ce qui a été débattu et décidé. Le terme, hérité du XVIIIe siècle, rappelle que la Franc-maçonnerie moderne s’est organisée très tôt sur un principe représentatif : ce sont les loges, par leurs délégués, qui constituent l’obédience. Comprendre le rôle du Député, c’est comprendre comment circule la parole entre l’atelier et l’ensemble de l’Ordre.

Un mot de la langue politique

Député en franc-maçonnerie – Grand Orient de France

« Député » vient du latin deputare, « assigner, destiner à une tâche ». Dans la France d’Ancien Régime, le député est celui qu’un corps, une ville, une province ou un ordre envoie pour parler en son nom. Les loges du XVIIIe siècle ont adopté ce vocabulaire tout naturellement : la Franc-maçonnerie française est contemporaine des débats sur la représentation, et elle les a, à sa manière, mis en pratique dans ses propres institutions. Le mot a été conservé par plusieurs obédiences ; d’autres parlent plutôt de délégué ou de représentant.

Aux origines : les députés des loges au Grand Orient

Lors de la création du Grand Orient de France, en 1773, l’une des grandes nouveautés est de faire reposer l’obédience sur les loges elles-mêmes. Les ateliers de Paris et des provinces y sont représentés par leurs Vénérables ou par des députés qu’ils mandatent. Beaucoup de loges de province, éloignées de la capitale, confiaient d’ailleurs ce mandat à un Frère résidant à Paris. Ce système représentatif, qui tranche avec l’ancienne Grande Loge de France où dominaient des maîtres de loge inamovibles, est souvent cité comme un exemple précoce de pratique démocratique dans la société française.

Le Député aujourd’hui

Dans les obédiences contemporaines, chaque loge élit, généralement chaque année, son représentant aux assemblées de l’obédience, parfois accompagné d’un suppléant. Selon les cas, il siège au Convent, assemblée souveraine qui vote les budgets, modifie les règlements, élit les instances dirigeantes, et dans les congrès régionaux ou provinciaux qui préparent ce Convent. Le vocabulaire varie : on parle de Député dans certaines obédiences, de délégué dans d’autres, mais la fonction reste la même. C’est l’un des offices administratifs les plus importants d’un atelier, même s’il ne figure pas parmi les offices rituels.

  • Élu par la loge, le plus souvent pour un an.
  • Siège au Convent et, selon les obédiences, aux congrès régionaux ou provinciaux.
  • Vote au nom de l’atelier sur les questions soumises à l’assemblée.
  • Porte les vœux et propositions élaborés par la loge.
  • Rend compte à la loge, à son retour, des débats et décisions.

Préparer le mandat

Député en franc-maçonnerie – Lettre de la loge Liban Godf Beyrouth demandant la constitution de la nouvelle loge Syrie

Le travail du Député commence bien avant l’assemblée. Les questions inscrites à l’ordre du jour, propositions de modification des règlements, rapports financiers, vœux, sont d’abord étudiées en loge, souvent en tenue administrative. L’atelier débat, vote et arrête sa position ; le Député reçoit ainsi un mandat, tantôt impératif, tantôt laissé à son appréciation lorsque les débats peuvent faire évoluer les textes. Il lui revient de connaître les dossiers, d’écouter ses Frères et Sœurs et de rester fidèle à ce qui lui a été confié.

Rendre compte

Le mandat ne s’achève pas avec le vote. À son retour, le Député présente à la loge un compte rendu des travaux : décisions adoptées, orientations retenues, élections, climat des débats. Ce retour est essentiel, car il permet aux membres de l’atelier, qui n’ont pas assisté à l’assemblée, de comprendre la vie de leur obédience et d’en appliquer les décisions. Le Député est ainsi un passeur, dans les deux sens : de la loge vers l’obédience, et de l’obédience vers la loge.

Qualités attendues

La fonction demande des qualités particulières : connaissance des règlements, sens de la synthèse, aptitude à prendre la parole devant une assemblée nombreuse, loyauté envers le mandat reçu. Elle demande aussi de la mesure : le Député ne parle pas pour lui-même, et son autorité vient tout entière de l’atelier qui l’a désigné. Le choix du Député est d’ailleurs souvent un indicateur de la confiance qu’une loge accorde à l’un de ses Maîtres expérimentés, et la fonction peut ouvrir la voie à d’autres responsabilités obédientielles.

Une institution de la démocratie maçonnique

Le Député rappelle que l’obédience n’est pas une autorité extérieure aux loges : elle est, au moins en principe, l’émanation de leurs représentants. Ce modèle diffère selon les traditions. Dans les obédiences de tradition anglaise, la part de l’autorité du Grand Maître et des Grands Officiers est plus marquée ; dans les obédiences libérales et dans plusieurs obédiences françaises, le Convent des délégués des loges est souverain. Dans tous les cas, le Député incarne le lien entre l’atelier, cellule de base de la vie maçonnique, et l’ensemble de l’Ordre.

À retenir

  • Le Député représente sa loge aux assemblées de l’obédience.
  • Le terme remonte au XVIIIe siècle et à la fondation du Grand Orient de France en 1773.
  • Il reçoit un mandat de la loge, vote en son nom et lui rend compte.
  • Selon les obédiences, on parle de Député ou de délégué.
  • Sa fonction est administrative et représentative, non rituelle.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Convent, Congrès, Obédience, Entrée d’Antoine-Émile Moulin, père de Jean Moulin, au Grand Orient de France, 1902 (date historique), Élection de Laurence Dermott comme Grand Secrétaire des Anciens, 5 février 1752 (date historique), Sautoir de Vénérable Maître.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

D comme Démission en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

La démission est l’acte par lequel un franc-maçon met volontairement fin à son appartenance à une loge ou à une obédience. Elle relève de la liberté d’association : nul ne peut être retenu contre son gré, et un engagement initiatique ne crée aucune obligation de rester. La démission doit pourtant être distinguée de la mise en sommeil, simple retrait temporaire, et de la radiation ou de l’exclusion, qui sont des sanctions. Elle s’accompagne de formalités, notamment la régularisation des cotisations et la délivrance d’un certificat.

Un droit fondamental

Démission en franc-maçonnerie – Masonic Lodge interior, Town, Beamish Museum, 6 October 2012

En France, la loi du 1er juillet 1901 sur les associations garantit à tout membre le droit de se retirer, après paiement des cotisations échues et de l’année courante, nonobstant toute clause contraire. Les obédiences, généralement constituées en associations, sont soumises à ce principe. La démission est donc un droit, qui n’a pas à être justifié.

Démission de la loge ou de l’obédience

Il faut distinguer deux situations. Le frère ou la sœur peut quitter sa loge tout en restant dans l’obédience, en général pour s’affilier à un autre atelier : on parle alors de changement de loge ou de demande d’affiliation. Il peut aussi quitter l’obédience elle-même, et éventuellement rejoindre une autre obédience. Dans ce cas, la démission est adressée selon les règlements au Vénérable de la loge et transmise à l’obédience par le Secrétaire.

Les formalités

  • Lettre de démission adressée au Vénérable Maître, parfois aussi à l’obédience.
  • Lecture ou annonce de la démission en loge, selon les usages.
  • Régularisation de la situation financière à l’égard du Trésorier.
  • Délivrance d’un certificat attestant les grades et la situation régulière, parfois appelé quitus, exeat ou certificat de démission.
  • Restitution éventuelle des documents ou décors appartenant à la loge.

Le certificat est important : il permet de demander plus tard une affiliation ou une réintégration, en prouvant que l’on a quitté l’obédience en règle.

Démission, mise en sommeil, radiation

La mise en sommeil désigne un retrait temporaire, à la demande de l’intéressé, qui conserve ses droits en suspens et peut reprendre son activité. La radiation peut sanctionner un défaut prolongé de paiement des cotisations ou d’assiduité. L’exclusion est prononcée par la justice maçonnique à la suite de fautes. Ces distinctions ont des conséquences pratiques : seul le frère parti régulièrement peut facilement être réintégré ou affilié ailleurs.

Une décision personnelle

Démission en franc-maçonnerie – Paul Revere, Masonic Certificate, 1773, NGA 58937

Les raisons de démissionner sont nombreuses : changement de vie, déménagement, désaccord avec l’orientation d’une loge ou d’une obédience, conflit personnel, sentiment d’avoir achevé un parcours, convictions qui évoluent. La tradition maçonnique respecte ce choix. L’initiation, enseignent de nombreux rituels, est indélébile au sens symbolique : celui qui part reste initié, et beaucoup d’anciens membres conservent un attachement aux valeurs reçues.

Démissions collectives

L’histoire maçonnique connaît aussi des démissions collectives, lorsque des loges entières quittent une obédience pour en rejoindre ou en fonder une autre. La plupart des obédiences françaises sont nées de telles scissions : la Grande Loge Nationale Française est issue en 1913 d’une loge sortie du Grand Orient, et plusieurs obédiences créées depuis les années 1960 sont nées de départs comparables.

Le saviez-vous ?

Sous l’Occupation, le régime de Vichy exigea des fonctionnaires une déclaration sur l’honneur attestant qu’ils n’appartenaient pas ou plus à une société secrète. Beaucoup furent contraints de déclarer leur démission, et ceux qui avaient été dignitaires furent exclus de la fonction publique. La démission prit alors un sens tragique, loin de la libre décision personnelle.

Repères

  • Fondement : liberté d’association, loi de 1901.
  • Acte : lettre au Vénérable, transmise à l’obédience.
  • Document : certificat de situation régulière ou de démission.
  • À distinguer de la mise en sommeil, de la radiation et de l’exclusion.

Réintégration

Celui qui a démissionné régulièrement peut, plus tard, demander sa réintégration dans son ancienne obédience ou son affiliation à une loge d’une autre obédience. La procédure, plus légère qu’une initiation, comporte généralement une demande écrite, la production du certificat de démission, des entretiens et un vote de la loge d’accueil. L’initié n’est pas initié une seconde fois : ses grades sont reconnus, dans les limites des accords entre obédiences.

Voir aussi dans le glossaire : Radiation, Affiliation, Justice Maçonnique, Obédience, Élection de Rudyard Kipling comme secrétaire de la loge Hope and Perseverance, 10 janvier 1887 (date historique), Trésorier.

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