C comme Corinthien en Franc-maçonnerie

Le terme corinthien désigne, en Franc-maçonnerie, le style de la colonne correspondant au deuxième Surveillant et à la Beauté. Il renvoie à l’un des trois ordres architecturaux classiques, avec le dorique et l’ionique, mais il se distingue par son élégance, sa finesse et son raffinement ornemental. Dans le Temple maçonnique, il traduit une idée de beauté accomplie, d’harmonie visible et d’élévation esthétique.

Le style corinthien n’est pas choisi au hasard. Il exprime une qualité particulière de la construction symbolique : la recherche d’une beauté qui ne soit ni austère ni simplement fonctionnelle, mais noble, développée et harmonieuse. Dans la structure du Temple, il accompagne la fonction du deuxième Surveillant et se rattache à l’idée de Beauté, l’un des trois grands principes qui ordonnent la Loge.

La colonne corinthienne

La colonne corinthienne est caractérisée par la richesse de son chapiteau, souvent orné de feuilles d’acanthe et de motifs délicats. Dans la symbolique maçonnique, cette ornementation n’est pas décorative au sens superficiel : elle représente l’épanouissement de la forme, l’accomplissement de la beauté et la maîtrise de l’art de bâtir.

Cette colonne, associée au deuxième Surveillant, occupe une place importante dans l’ordonnancement du Temple. Elle participe à l’équilibre général de l’espace rituel, où chaque colonne a sa fonction propre. Le style corinthien exprime alors la dimension la plus ornée, la plus gracieuse et la plus achevée de l’architecture symbolique.

Beauté et harmonie

La Franc-maçonnerie associe la colonne corinthienne à la Beauté. Cette relation est fondamentale, car la Beauté n’est pas comprise comme simple agrément visuel : elle est principe d’harmonie, de proportion et d’équilibre. Le corinthien devient ainsi le langage architectural de cette harmonie accomplie.

La Beauté, dans le Temple, n’est pas un ajout. Elle est une condition de l’édifice juste. Le style corinthien la rend visible en donnant à la colonne une forme élancée, riche et élégante. Il rappelle que la construction maçonnique doit unir la solidité, la mesure et le rayonnement esthétique.

Le deuxième Surveillant

Le deuxième Surveillant est traditionnellement associé à la colonne corinthienne. Sa fonction en Loge s’inscrit dans la sphère de l’harmonie, de l’équilibre et de la coordination des travaux. Le lien entre l’officier et la colonne ne relève pas du hasard : il met en relation une responsabilité rituelle et une qualité symbolique.

En étant placé à la colonne corinthienne, le deuxième Surveillant participe à l’expression de la Beauté dans l’ordonnancement du Temple. Il devient ainsi le garant d’une certaine fluidité des travaux, d’une juste répartition des énergies et d’une présence harmonieuse dans l’espace maçonnique.

Le corinthien comme langage symbolique

Le corinthien parle le langage du raffinement et de l’élévation. Il n’est pas seulement un style architectural hérité de l’Antiquité ; il devient, en Franc-maçonnerie, un signe de maturation, de perfectionnement et de plénitude formelle. Il évoque un stade où la structure a déjà trouvé sa solidité et où peut s’exprimer la richesse de l’ornement.

Ce langage symbolique convient à la logique maçonnique, qui aime articuler les formes, les fonctions et les vertus. Le corinthien n’exprime pas le commencement brut ; il désigne une forme aboutie, une beauté en acte, un achèvement harmonieux.

Une colonne d’élévation

Par son aspect, la colonne corinthienne suggère l’élévation. Elle s’élance vers le haut, comme une aspiration à la lumière et à l’équilibre. Cette verticalité correspond à la fonction maçonnique de la Beauté, qui n’est pas seulement un plaisir des yeux, mais une élévation de l’âme.

Le corinthien invite donc à comprendre que la beauté véritable élève sans écraser, orne sans alourdir et manifeste sans imposer. Il est le signe d’une construction intérieure où la forme devient l’expression visible d’un ordre plus profond.

Conclusion symbolique

Le terme corinthien désigne, en Franc-maçonnerie, le style de la colonne correspondant au deuxième Surveillant et à la Beauté. Il renvoie à une tradition architecturale antique, mais il prend dans le Temple une signification profondément symbolique : celle de l’harmonie, de l’ornement juste et de l’élévation esthétique.

Par sa richesse formelle et sa place dans l’ordonnancement du Temple, la colonne corinthienne exprime la Beauté comme principe maçonnique. Elle rappelle que la Franc-maçonnerie ne construit pas seulement des structures : elle cherche aussi à faire naître l’harmonie dans les formes, les rôles et l’esprit des travaux.

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