La parole du Véné du lundi – « L’antimaçonnisme n’est pas toujours là où on pense »

Chers Frères et Sœurs,

L’antimaçonnisme, ce n’est pas seulement ce brave type avec sa bombe de peinture qui vient taguer le temple en pensant qu’on y sacrifie des chats, des bébés ou des vierges consentantes un soir de pleine lune. Celui-là, au fond, on lui pardonne presque : il n’a que deux neurones, et encore, ils se battent en duel.

Non, le vrai, l’authentique, le champion toutes catégories de l’antimaçonnisme, c’est celui qui porte le tablier. C’est le Frère ou la Sœur jaloux comme un pou, qui, dès qu’un autre « initié » lui fait de l’ombre, sort l’artillerie lourde : médisance, sabotage discret, coups de poignard dans le dos version « je dis ça pour le bien de la Loge ou du moins de la Fraternité », évidemment.

La malveillance en maçonnerie, mes amis, c’est de l’antimaçonnisme en gants blancs. C’est trahir l’idéal depuis l’intérieur, avec le sourire et le maillet à la main.

Ce qui est encore plus savoureux, c’est le spectacle des autres : ceux qui voient, qui savent, et qui soudain deviennent muets comme des carpettes. Pas un mot, pas une réaction, rien. On préfèrerait presque l’imbécile au spray, au moins lui, il assume.

Comme disait ce brave Albert (qui n’avait même pas été initié, lui) :

« Le monde est dangereux à vivre non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »

Alors cette semaine, essayons d’être un peu moins « regardants » et un peu plus maçons.
Bonne semaine à toutes et à tous.

Votre Vénérable

1 COMMENTAIRE

  1. Cher Alexandre,
    Votre texte touche juste, précisément parce qu’il ose nommer une vérité que beaucoup murmurent à voix basse sans jamais avoir le courage de l’affronter. Oui, pour l’avoir malheureusement vécu, les formes les plus destructrices d’antimaçonnisme ne viennent pas toujours du dehors. Elles naissent parfois à l’intérieur même des temples, derrière les sourires convenus, les grands discours sur la fraternité et les postures d’autorité morale.
    Il existe des Frères et des Sœurs que les années n’ont pas élevés mais durcis. L’âge n’apporte pas toujours la sagesse. Chez certains, il nourrit l’orgueil, la jalousie, la rancœur et cette étrange illusion de se croire investis d’une mission sacrée. Ils se rêvent gardiens du Temple, arbitres du vrai et du faux, prophètes de leur micro-structure administrative devenue leur petit royaume personnel. Plus le pouvoir est minuscule, plus parfois il est exercé avec une gravité grotesque.
    Et derrière ces comportements, nous retrouvons souvent des mécanismes d’influence, des fidélités de cour, des manipulations affectives ou intellectuelles, de petits gourous entourés de satellites dociles, persuadés d’incarner seuls la régularité, la vérité ou la pureté initiatique. C’est là que l’idéal maçonnique commence à se fissurer.

    Votre texte rappelle avec force qu’être maçon ne consiste pas à porter un tablier ou à manier un maillet, mais à combattre d’abord ses propres passions, son besoin de domination et sa volonté de nuire. La médisance, le sabotage discret, l’humiliation feutrée ou le plaisir de salir un Frère sont des poisons infiniment plus dangereux que les caricatures profanes.

    Merci pour cette parole lucide, courageuse et profondément fraternelle.

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Alexandre Jones
Alexandre Jones
Passionné par l'Histoire, la Littérature, le Cinéma et, bien entendu, la Franc-maçonnerie, j'ai à cœur de partager mes passions. Mon objectif est de provoquer le débat, d'éveiller les esprits et de stimuler la curiosité intellectuelle. Je m'emploie à créer des espaces de discussion enrichissants où chacun peut explorer de nouvelles idées et perspectives, pour le plaisir et l'éducation de tous. À travers ces échanges, je cherche à développer une communauté où le savoir se transmet et se construit collectivement.

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