La parole du Véné du lundi : « Ras-le-bol des problèmes humains en Loge, on recrute des robots maçons »

Mes Très Chers Frères, Mes Très Chères Soeurs,
On ne va pas se mentir plus longtemps : les loges se vident. Doucement, mais sûrement. Les tenues commencent à ressembler à des réunions Tupperware un mercredi soir pluvieux. L’absentéisme n’est plus un problème, c’est devenu un sport national maçonnique. On est passé du « je viendrai si je peux » au « je viendrai peut-être l’année prochaine si mon astrologue est d’accord ».

Résultat : les capitations annuelles rentrent au compte-gouttes, les temples coûtent de plus en plus cher à chauffer pour trois pelés et un tondu, et certaines obédiences commencent à regarder leur bilan financier avec la tête du type qui vient de découvrir que sa femme le trompe depuis dix ans.

La cohésion fraternelle ? Elle tient encore, mais à peu près autant qu’un costume de location après trois mariages. Quant aux plateaux d’officiers… on en est rendu à supplier les frères pour qu’ils acceptent une charge, comme on supplie un ado de ranger sa chambre. Face à ce désastre annoncé, une solution radicale et terriblement tentante émerge :

Remplacer les absents par des humanoïdes.

Avouez que l’idée a du charme. L’humanoïde ne rate jamais une tenue. Il ne vous sort pas le « désolé, j’ai le petit qui est malade / ma femme qui fait la gueule / un match important ». Il connaît le rituel par cœur, ne bute jamais sur une phrase, ne s’emmêle pas les pinceaux entre le maillet et le glaive. Mieux : il n’a ni ego, ni ambition dévorante, ni envie de piquer la place du Vénérable. Plus de coups bas, plus de manœuvres de couloir, plus de « c’est à mon tour depuis 2008 ».

Un robot ne boude pas, ne se vexe pas, ne menace pas de démissionner si on ne le félicite pas assez. Il est ponctuel, fiable, et surtout… il paye sa capitation sans discuter.

Décidément, l’avenir de la Franc-maçonnerie s’annonce passionnant. Pendant que certains métiers vont remplacer les humains par des IA, nous, nous allons peut-être remplacer les Maçons par des androïdes. Au moins, eux, ils ne nous feront plus faux bond. Et quelque part… on se demande si ce ne serait pas déjà le cas dans certaines loges.

Fraternellement (mais avec un sourire en coin).

Votre Vénérable… un peu trop lucide ce lundi matin.

Si vous pensez qu’il s’agit d’une plaisanterie… regardez ce reportage

5 Commentaires

  1. Je sais que la maçonnerie ne représente plus celle dans laquelle je suis entrée.
    Plus de bienveillance, les anciens mettent des chausse-trapes aux nouveaux qui tiennent les offices.
    Certains semblent avoir tous les droits et personne même pas le VM ne dit rien de peur de recevoir leurs foudres.
    Voilà, je m’interroge sur ma présence, j’ai un plateau et j’ai été souvent attaquée…sur ceci ou cela…
    Nous sommes deux à venir avec la boule au ventre, préparant nos offices à la virgule près, afin que la Tenue se passe bien.
    Les collèges d’Officiers continuent conformes années après années sans jamais discuter des difficultés de la loge. Certains ne viennent plus, ne paient pas leurs capitations et sont dont remerciés et d’autres illustres maçons sans doute, ne venant qu’extrêmement rarement en loge, mais réglant leur capitation ne sont pas ennuyés…Etc, etc…
    Effectivement il y a une dérive..

  2. Il est difficile de ne pas partager une part de cette inquiétude lorsque nous regardons lucidement l’état actuel de nombreuses obédiences. Derrière les discours sur « l’avenir passionnant de la franc-maçonnerie », beaucoup de Frères et de Sœurs perçoivent aujourd’hui une fatigue profonde du modèle traditionnel.
    La question n’est plus seulement celle du recrutement, mais celle de la fidélisation, de la sincérité du discours d’accueil et de la capacité réelle des structures à transmettre autre chose qu’un fonctionnement administratif coûteux et parfois décevant.
    Trop souvent, nous attirons encore des profanes avec des promesses de spiritualité, de fraternité et d’élévation, sans toujours dire clairement ce qu’implique concrètement la vie maçonnique. Le coût réel d’une année en loge devient pour certains insoutenable.
    Entre les capitations, les cotisations, les décors, les agapes, les déplacements, les contributions exceptionnelles, les tenues imposées et parfois une inflation permanente des dépenses annexes, beaucoup découvrent après leur initiation une réalité bien différente de celle qui leur avait été présentée. Cette désillusion nourrit des départs silencieux mais massifs.
    À cela s’ajoute un phénomène plus préoccupant encore. Certaines obédiences donnent parfois l’impression d’avoir remplacé la quête initiatique par une mécanique institutionnelle où les titres, les décors, les charges et les distinctions occupent une place disproportionnée.
    Une forme de spirale ascensionnelle maintient certains dans le système, non par amour du travail intérieur, mais parce qu’ils y trouvent reconnaissance, réseau, visibilité ou sentiment de pouvoir.
    Le risque est alors immense. Une structure initiatique cesse peu à peu d’être un lieu de transformation pour devenir un appareil de gestion des ego.
    Et derrière les colonnes symboliques se cache aussi une réalité économique brutale. Les temples vieillissent. Les charges immobilières explosent. Les frais de fonctionnement deviennent écrasants. Certaines obédiences vivent sur un modèle du XXe siècle avec des finances du XXIe siècle. Beaucoup peinent déjà à équilibrer leurs budgets. D’autres survivent grâce à la vente progressive de leur patrimoine ou à une augmentation constante des contributions demandées aux membres. Quant aux frais de représentation, de réception ou de gouvernance, ils alimentent parfois un malaise profond chez les Frères ou les Sœurs qui financent l’ensemble sans toujours comprendre où passe réellement l’argent.
    Nous entrons peut-être dans une période de bascule historique.
    D’ici vingt ou trente ans, la franc-maçonnerie pourrait connaître une mutation radicale. Des obédiences plus petites, plus souples, moins pyramidales, pourraient émerger. Les grands appareils centralisés auront sans doute de plus en plus de mal à survivre. Le numérique modifiera aussi profondément les usages. Après tout, les jeunes générations vivent déjà dans des espaces hybrides où la transmission, l’étude, les échanges et même certaines formes de sociabilité passent par des plateformes virtuelles.
    Une franc-maçonnerie partiellement numérique n’est plus une fiction. Des tenues d’instruction à distance, des loges internationales déterritorialisées, des bibliothèques initiatiques immersives, des espaces de méditation symbolique en réalité virtuelle pourraient apparaître. Certains y verront une trahison du temple physique. D’autres considéreront qu’il s’agit simplement d’une nouvelle étape de l’histoire initiatique humaine. Après tout, l’essentiel n’a jamais été la pierre matérielle mais la capacité de l’homme à bâtir intérieurement.
    Mais il existe aussi un danger immense. Une franc-maçonnerie entièrement dématérialisée pourrait perdre ce qui faisait sa force secrète depuis trois siècles. Le silence du temple. La présence des corps. Le regard fraternel. Le temps long. Le rite vécu ensemble. La vibration d’une chaîne d’union réelle. Une initiation ne se réduit pas à un flux numérique. La lumière d’Orient ne se télécharge pas.
    L’avenir de la franc-maçonnerie dépendra peut-être finalement d’une seule question. Les obédiences auront-elles encore le courage de redevenir pauvres en apparence mais riches de sens ? De revenir à une parole vraie, à une gestion transparente, à une fraternité vécue et à une exigence initiatique authentique ?
    Car si elles continuent à fonctionner comme des machines administratives lourdes, coûteuses et parfois éloignées des aspirations spirituelles contemporaines, alors oui, beaucoup risquent de disparaître lentement, non sous les coups de leurs ennemis, mais sous le poids de leurs propres contradictions.

    • Bonjour. Votre analyse est extrêmement juste et j’approuve totalement vos dires.
      J’ajouterai que, parfois aussi, le maçon introduit la politique dans le temple alors que cela ne devrait pas avoir lieu d’être. Et quand une obédience vous donne des consignes de vote, quelles qu’elles soient, c’est pire, car c’est une invitation à faire entrer les métaux dans nos temples ! Notre quête spirituelle est dispersée, nos fondamentaux maçonniques mis de coté !!! F.G.

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Alexandre Jones
Alexandre Jones
Passionné par l'Histoire, la Littérature, le Cinéma et, bien entendu, la Franc-maçonnerie, j'ai à cœur de partager mes passions. Mon objectif est de provoquer le débat, d'éveiller les esprits et de stimuler la curiosité intellectuelle. Je m'emploie à créer des espaces de discussion enrichissants où chacun peut explorer de nouvelles idées et perspectives, pour le plaisir et l'éducation de tous. À travers ces échanges, je cherche à développer une communauté où le savoir se transmet et se construit collectivement.

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