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O comme Ouverture en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’ouverture des travaux est la séquence rituelle par laquelle une loge passe de la simple réunion de personnes à l’état de loge « au travail ». Elle vérifie que le Temple est à couvert, que les présents sont bien des maçons, que chaque officier est à sa place, puis fixe symboliquement l’heure et allume les lumières. Codifiée dès le XVIIIe siècle et variable selon les rites, elle a un pendant exact, la fermeture. Son enjeu dépasse la procédure : elle sépare un temps et un espace particuliers, et dispose chacun à travailler autrement qu’au-dehors.

Une séquence codifiée

Ouverture

Toutes les tenues commencent par une ouverture et s’achèvent par une fermeture, au grade auquel la loge travaille. Le rituel en précise chaque réplique et chaque geste. Le Vénérable Maître, à l’Orient, conduit le dialogue avec les Surveillants à l’Occident ; les autres officiers interviennent à leur tour. Une loge peut aussi ouvrir au premier grade puis passer aux grades supérieurs, ce que règlent des formules propres.

Les grandes étapes

Les obédiences et les ouvrages publics décrivent les étapes suivantes, dont l’ordre et la formulation varient selon les rites :

  • La couverture extérieure : on s’assure que le Temple est fermé au monde profane, sous la garde du Couvreur.
  • La couverture intérieure : on vérifie que tous les présents sont maçons et du grade requis.
  • Le placement des officiers et le rappel de leurs fonctions.
  • L’heure symbolique : on ouvre à « midi », on fermera à « minuit ».
  • L’allumage des lumières ou des piliers, Sagesse, Force et Beauté.
  • Selon les rites, l’invocation, l’ouverture du Volume de la Loi sacrée et la disposition de l’équerre et du compas.
  • La batterie et l’acclamation, qui scellent l’ouverture.

Couvrir le Temple

Le premier souci du rituel est que le Temple soit à couvert, c’est-à-dire à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes. Le vocabulaire vient du bâtiment : un édifice est couvert lorsque sa toiture est posée. Le Couvreur, ou Tuileur, garde la porte. Dans la tradition anglaise, le Tyler veille à l’extérieur et l’Inner Guard à l’intérieur. Cette précaution, qui fut longtemps une nécessité pratique, est devenue un symbole : on laisse dehors les métaux, les préoccupations et les conflits du monde profane.

De midi à minuit

Ouverture

Le rituel déclare qu’il est « midi » à l’ouverture et « minuit » à la fermeture. Le temps de la loge n’est donc pas celui de l’horloge : c’est un temps symbolique, celui de la pleine lumière, pendant lequel les ouvriers travaillent. Cette convention, commune à de nombreux rites, rappelle les heures du chantier et inscrit la tenue dans un cycle complet, du zénith au nadir.

Lumières, invocation et acclamations

Dans de nombreux rites, l’ouverture s’accompagne de l’allumage des trois piliers ou lumières, liés à la Sagesse, la Force et la Beauté. L’invocation au Grand Architecte de l’Univers et l’ouverture du Volume de la Loi sacrée sont de règle au REAA, au Rite Écossais Rectifié et dans les rites anglais ; elles sont facultatives ou absentes dans les obédiences adogmatiques, le Grand Orient de France ayant supprimé l’obligation de croyance en 1877.

L’ouverture se conclut par une batterie, série de coups frappés en cadence propre au grade, et, dans les rites français, par une acclamation : « Houzzé » au REAA, « Vivat » au Rite Français. Le rite anglais de style Émulation ne connaît pas d’acclamation de ce type.

Pourquoi ouvrir ?

Pour l’anthropologie des rites, l’ouverture est un rite de séparation : elle marque la frontière entre deux espaces et deux temps. Pour les maçons, elle est aussi une disposition intérieure. Les officiers réaffirment leur fonction, les membres se placent à l’ordre, le silence s’installe : chacun quitte sa position sociale pour devenir un ouvrier parmi d’autres. Une loge mal ouverte, disent volontiers les anciens, travaille mal.

Le saviez-vous ?

La fermeture reprend les mêmes étapes en sens inverse. Elle se termine souvent par une formule invitant les membres à garder le silence sur les travaux et à rapporter au-dehors ce qu’ils ont appris. Ouverture et fermeture forment ainsi un diptyque, comme les deux battants d’une porte.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Oswald Wirth, Le Livre de l’Apprenti, 1894.
  • Arnold van Gennep, Les Rites de passage, 1909.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Fermeture, Couvreur, Batterie, Acclamations : la voix joyeuse et solennelle de la Loge, Grand Architecte de l’Univers mal interprété (antimaçonnisme).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

O comme Outils en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Les outils sont le vocabulaire de base du symbolisme maçonnique. Maillet, ciseau, règle, équerre, compas, niveau, fil à plomb, truelle, levier : empruntés au chantier des bâtisseurs, ils ont été transformés par la Franc-maçonnerie spéculative en instruments de travail sur soi. Chacun est associé à un grade, à un officier ou à une étape des cérémonies, et porte une leçon morale. Leur usage symbolique s’appuie sur une tradition plus large, celle des livres d’emblèmes de la Renaissance, où l’équerre figurait déjà la droiture et le compas la mesure.

Du chantier à la loge

Outils

Les tailleurs de pierre et les maçons employaient ces outils pour mesurer, tracer, tailler, vérifier et assembler. Les loges spéculatives, qui se réclament de cet héritage, les conservent non comme instruments de travail matériel mais comme supports de méditation. L’historiographie rappelle que les francs-maçons du XVIIIe siècle ont hérité de la pierre et des outils du métier et les ont réinterprétés à la lumière des emblèmes moraux de leur temps.

Les principaux outils et leur sens

  • Le maillet : la volonté, la force qui agit ; c’est aussi l’instrument de direction du Vénérable et des Surveillants.
  • Le ciseau : le discernement, qui oriente l’effort et taille avec précision.
  • La règle : la mesure, la méthode, la régularité du travail ; la règle de vingt-quatre pouces figure les heures de la journée.
  • L’équerre : la droiture, la rectitude morale ; bijou du Vénérable.
  • Le compas : la mesure, la maîtrise de soi, l’esprit qui embrasse ; associé à l’équerre sur le Volume de la Loi sacrée.
  • Le niveau : l’égalité ; bijou du Premier Surveillant.
  • Le fil à plomb : la rectitude verticale, la recherche en profondeur ; bijou du Second Surveillant.
  • Le levier : la force démultipliée par l’intelligence, présent dans certains voyages du Compagnon.
  • La truelle : l’outil qui lie les pierres, symbole de fraternité et de concorde.

Les outils selon les grades

Chaque grade a ses outils. L’Apprenti travaille la pierre brute avec le maillet et le ciseau. Le Compagnon découvre, au cours de voyages successifs décrits dans les ouvrages publics sur le REAA et le Rite Français, la règle, le compas, le levier et l’équerre. Le Maître reçoit des outils de conception plutôt que d’exécution : le compas et la planche à tracer, qui permettent de dessiner les plans.

Le rite anglais de style Émulation présente de manière très codifiée les working tools de chaque grade : la règle de vingt-quatre pouces, le maillet commun et le ciseau pour l’Apprenti ; l’équerre, le niveau et le fil à plomb pour le Compagnon ; le cordeau, le crayon et le compas pour le Maître. Chacun fait l’objet d’une explication morale récitée en loge.

Outils et officiers

Outils

Plusieurs outils sont devenus des bijoux d’office. L’équerre du Vénérable, le niveau du Premier Surveillant et le fil à plomb du Second Surveillant permettent ensemble de vérifier qu’un ouvrage est juste. Le maillet est l’instrument de commandement des trois lumières : un coup de maillet ouvre, suspend ou ferme les travaux. D’autres officiers portent des outils propres, comme la règle ou le compas selon les rites.

Une pédagogie de l’effort

Les outils disent une conception du perfectionnement humain : rien ne s’obtient sans travail, et le travail exige à la fois la force et la précision. Maillet et ciseau ne valent rien l’un sans l’autre : la volonté sans discernement brise la pierre, le discernement sans volonté ne l’entame pas. L’équerre et le compas rappellent qu’il faut à la fois des règles et de l’ouverture. L’outil fait du maçon un artisan de lui-même.

Les outils ne sont pas tous présents en permanence dans le Temple. Certains reposent sur l’autel ou sur les plateaux des officiers, d’autres n’apparaissent qu’au cours des cérémonies, d’autres encore ne figurent que sur les tableaux de loge. Cette mise en scène fait de chaque outil un moment du parcours, que le maçon découvre lorsqu’il est prêt à en comprendre la leçon.

Le saviez-vous ?

Outils

Les historiens soulignent que l’équerre, le compas et le maillet figuraient déjà, chargés d’un sens moral, dans les livres d’emblèmes de la Renaissance, comme les Emblemata d’Alciat publiés en 1531. La Franc-maçonnerie n’a donc pas inventé leur symbolique : elle l’a systématisée et inscrite dans un parcours initiatique.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Oswald Wirth, Le Livre du Compagnon, 1911.
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.
  • Raoul Berteaux, La Symbolique au grade de compagnon, 1986.
  • Edmond Gloton, Instruction maçonnique aux compagnons, 1948.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Maillet, Ciseau, Équerre, Compas, Niveau, Fil à plomb, Truelle.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

O comme Oulam en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’Oulam, ou Ulam, est le vestibule ou portique qui précédait le Hékal, la grande salle du Temple de Salomon, elle-même ouverte sur le Debir, le Saint des Saints. Le mot hébreu évoque ce qui se tient devant. C’est là, à l’entrée du sanctuaire, que se dressaient les deux colonnes de bronze Jakin et Boaz, si importantes pour la Franc-maçonnerie. Comprendre l’Oulam, c’est donc comprendre l’organisation de l’espace sacré en trois zones successives, et la pédagogie du seuil que les loges ont héritée de ce modèle : on ne passe pas du dehors au centre sans traverser un espace de préparation.

Un mot hébreu et ses graphies

Oulam

Le terme hébreu ulam (on trouve aussi les graphies oulam et ulām) désigne un porche ou un vestibule. Les traductions françaises de la Bible le rendent par « vestibule », « portique » ou « porche » ; la Bible de Jérusalem conserve le mot hébreu, à côté de Hékal et de Debir. Le même vocabulaire sert dans la description du Temple vu par le prophète Ézéchiel.

Ce que dit la Bible

Selon le premier livre des Rois, le Temple bâti par Salomon mesurait soixante coudées de long, vingt de large et, selon les traductions, trente ou vingt-cinq de haut. L’Ulam, placé devant le Hékal, avait vingt coudées de long dans le sens de la largeur du Temple, et dix coudées de profondeur. Le Hékal mesurait quarante coudées, et le Debir formait un cube parfait de vingt coudées. Le second livre des Chroniques ajoute que le vestibule était revêtu d’or pur à l’intérieur et lui attribue une hauteur considérable, sur laquelle les commentateurs discutent depuis longtemps.

Les trois espaces du Temple

  • L’Ulam, vestibule ouvert vers l’orient, devant lequel se dressent les colonnes.
  • Le Hékal, le Saint, grande salle où se trouvaient le chandelier, la table des pains et l’autel des parfums.
  • Le Debir, le Saint des Saints, où reposait l’Arche d’alliance, accessible au seul grand prêtre une fois l’an.
  • Une progression du profane vers le sacré, de la lumière du dehors à l’obscurité du sanctuaire.

Jakin et Boaz devant l’Ulam

Oulam

Le texte biblique précise que Hiram, le bronzier de Tyr, dressa les deux colonnes près du vestibule : celle de droite fut nommée Jakin, celle de gauche Boaz. Pour la Franc-maçonnerie, qui place ces deux colonnes à l’entrée de la loge, l’Ulam est donc le lieu même du seuil initiatique. Le candidat qui franchit la porte du temple passe symboliquement entre les colonnes du porche salomonien.

Une pédagogie du seuil

La loge reproduit, à sa manière, la gradation du Temple. Le parvis et le parvis des pas perdus correspondent au dehors ; la porte et les colonnes, à l’Ulam ; l’espace des colonnes, au Hékal ; l’Orient, à une forme de Debir. L’enseignement est simple : on n’accède pas au centre sans transition. Le cabinet de réflexion, la préparation du candidat, les questions à la porte du temple sont autant de vestibules qui disposent l’esprit à recevoir la lumière.

Le temple, image de l’homme

Une tradition d’interprétation, ancienne chez les commentateurs juifs et chrétiens et reprise par de nombreux auteurs maçonniques, lit le Temple comme une image de l’être humain : le parvis serait le corps, le Hékal l’âme, le Debir l’esprit. Dans cette lecture, l’Ulam figure la disposition intérieure qui précède le travail sur soi, le moment où l’on se tient devant, prêt à entrer.

Cette lecture rejoint l’enseignement de nombreux rituels, qui rappellent que le véritable temple à construire est intérieur. Le vestibule devient alors le temps de la préparation : se dépouiller des métaux, faire silence, accepter d’être conduit. Les auteurs maçonniques y voient une invitation à ne pas confondre l’entrée et le sanctuaire, le premier pas et l’aboutissement, et à habiter pleinement chaque seuil plutôt qu’à vouloir le franchir trop vite.

Le saviez-vous ?

Les dimensions de l’Ulam ne sont pas identiques selon les livres bibliques : le premier livre des Rois ne lui donne pas de hauteur, tandis que le second livre des Chroniques lui attribue une hauteur de cent vingt coudées, chiffre que nombre de traducteurs jugent fautif. Ces divergences rappellent que le Temple des maçons est d’abord un édifice symbolique.

À retenir

  • Ulam : vestibule ou portique du Temple de Salomon, devant le Hékal.
  • Dimensions selon 1 Rois 6 : vingt coudées de long sur dix de profondeur.
  • Les colonnes Jakin et Boaz se dressaient près de lui.
  • En loge, il figure le seuil et la préparation intérieure.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Hekal (Hékhal, Hekkal), Jakin, Boaz dans la Franc-maçonnerie, Colonnes, Parvis.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

O comme Ossements en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Dans le vocabulaire maçonnique, les ossements désignent presque toujours l’association du crâne et des os croisés, image que l’on rencontre dans le cabinet de réflexion, sur certains tableaux et décors du grade de Maître, ou sur les draps funèbres des cérémonies. Les glossaires les définissent comme le symbole de la mort du profane, appelé à renaître à une vie spirituelle. Loin d’un goût macabre, ce motif hérite d’une longue tradition morale, celle du memento mori et des vanités, que la franc-maçonnerie a intégrée à sa pédagogie de l’initiation.

Un motif hérité du memento mori

Ossements
Vanités – Philippe de Champaigne

Le crâne posé sur deux tibias croisés est bien antérieur à la franc-maçonnerie. Il orne les pierres tombales, les ossuaires et les livres de piété de la fin du Moyen Âge et de l’époque moderne, où il rappelle au vivant qu’il est mortel : memento mori, « souviens-toi que tu vas mourir ». La peinture du XVIIe siècle en a fait un genre, la vanité, dont la Vanité de Philippe de Champaigne, avec son crâne, sa tulipe et son sablier, est l’un des exemples les plus célèbres.

Lorsque la maçonnerie spéculative se structure au XVIIIe siècle, elle puise dans ce répertoire familier aux hommes de son temps. Le motif n’a donc rien d’un emblème secret : il appartient à la culture visuelle commune de l’Europe chrétienne, que les loges réinterprètent dans une perspective initiatique.

Dans le cabinet de réflexion

C’est dans le cabinet de réflexion que le futur initié rencontre d’abord les ossements. Ce réduit sombre réunit, selon les rites, un crâne, parfois des os, un sablier, du pain, de l’eau, du sel, du soufre et du mercure, l’image du coq et la devise VITRIOL. Le crâne y signifie la mortalité et l’humilité ; les auteurs d’inspiration alchimique y voient aussi la phase de putréfaction, première étape du Grand Œuvre, où la matière doit se décomposer avant de se transformer.

Le candidat est invité à méditer sur sa condition avant de rédiger son testament philosophique. Le message est clair : pour entrer dans le temple, l’homme ancien doit symboliquement mourir. Les ossements marquent ce point de départ.

Au grade de Maître

Le motif reparaît au troisième degré, centré sur la légende d’Hiram, l’architecte assassiné du temple de Salomon. Sur de nombreux tableaux de Maître figurent le cercueil, la branche d’acacia et, selon les rites, une tête de mort et des os croisés. Les tentures noires semées de larmes, utilisées dans certaines loges pour l’élévation, prolongent cette mise en scène. Ici, la mort n’est plus seulement celle du profane : c’est la mort du maître, suivie de son relèvement, qui enseigne la fidélité à la parole donnée et l’espérance d’un renouveau.

Mort symbolique et renaissance

Ossements

Toute la symbolique des ossements repose sur une articulation : mourir à quelque chose pour naître à autre chose. Les traditions initiatiques antiques connaissaient déjà ce schéma, et la Bible en offre une image saisissante avec la vision des ossements desséchés du prophète Ézéchiel (chapitre 37), qui se recouvrent de chair et reprennent vie. Les auteurs maçonniques en tirent une lecture morale : l’initiation ne promet pas d’échapper à la mort, elle invite à vivre autrement en l’ayant regardée en face.

Le crâne dépouillé est aussi un symbole d’égalité. Devant lui, rang, fortune et titres s’effacent ; il ne reste que l’essentiel de la condition humaine. Cette leçon rejoint le principe maçonnique selon lequel les frères se rencontrent « sur le niveau ».

Repères

  • Crâne et os croisés : image du memento mori, présente dans l’art funéraire européen bien avant les loges.
  • Cabinet de réflexion : premier lieu où le candidat rencontre ce symbole, avec le sablier et la devise VITRIOL.
  • Grade de Maître : le motif accompagne la légende d’Hiram, le cercueil et la branche d’acacia.
  • Lecture alchimique : la putréfaction ou « œuvre au noir », condition de la transmutation.
  • Lecture morale : humilité, égalité devant la mort, sens de l’essentiel.

Un symbole souvent mal compris

La présence de crânes dans les décors maçonniques a nourri, dès le XVIIIe siècle et surtout au XIXe, les fantasmes de l’antimaçonnisme, qui y voyait la preuve de cultes morbides. Il s’agit pourtant d’un vocabulaire partagé avec les ordres religieux, les confréries de pénitents ou les chapelles funéraires. Le sens maçonnique est d’abord pédagogique : rappeler la brièveté de la vie pour inciter à l’employer utilement.

Le saviez-vous ?

Le crâne et les os croisés ont aussi orné les uniformes de certains régiments de hussards ou les pavillons de pirates : un même motif peut signifier la menace, le deuil ou la méditation. En loge, son sens est fixé par le contexte rituel et par le travail de réflexion qu’il accompagne.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Cabinet de Réflexion, Testament (philosophique), Acacia, Maître des cérémonies (MDC), Profane, Sablier.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

O comme Orient de… en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’expression « Orient de… » indique, en franc-maçonnerie, la ville où une loge est établie : on dit d’un atelier qu’il travaille « à l’Orient de Paris » ou « à l’Orient de Lyon ». Cette formule, employée dans les en-têtes, les correspondances et les titres distinctifs, rattache le lieu géographique à la direction symbolique d’où vient la lumière. Elle a donné son nom au Grand Orient de France et se décline en « Orient éternel » pour évoquer les frères et sœurs disparus. Petite formule, elle condense une vision du monde.

L’Orient dans le temple

Orient de…
La Tabula Rogeriana (1154), créée par Al Idrissi, est une carte du monde orientée au sud.

Le temple maçonnique est orienté symboliquement d’ouest en est, quelle que soit son orientation réelle. L’Orient est le côté où siège le Vénérable Maître, sous le delta lumineux, là où se lève le soleil. On entre par l’Occident et l’on progresse vers l’Orient, comme on progresse de l’ignorance vers la connaissance. Le mot « orient » vient du latin oriens, « qui se lève », participe de oriri, naître. Il porte en lui l’idée de lever du jour et de naissance.

De la salle à la ville

Par extension, la ville où se réunit la loge devient « son Orient ». Une loge parisienne est dite « à l’Orient de Paris », une loge marseillaise « à l’Orient de Marseille ». L’expression apparaît dans la France du XVIIIe siècle et s’est fixée dans l’usage des obédiences francophones. Elle signifie que la loge fait de cette ville le lieu d’où elle rayonne : chaque cité où travaille un atelier devient, symboliquement, un point de lumière.

Dans la correspondance et les actes

  • Les planches et convocations sont datées « à l’Orient de… », suivi de la date, souvent selon le calendrier maçonnique.
  • Les patentes et documents officiels mentionnent l’Orient de la loge à côté de son titre distinctif.
  • Les annuaires des obédiences classent les loges par Orients.
  • Dans le Rite Écossais Ancien et Accepté, les ateliers de perfection et certains hauts grades emploient plutôt le terme de « Vallée » pour désigner leur ville.

Le Grand Orient

Le mot a donné son nom à plusieurs obédiences. Le Grand Orient de France, constitué en 1773 à partir de la Grande Loge de France de l’époque, est le plus connu ; d’autres pays ont leur Grand Orient, comme l’Italie, la Belgique ou le Brésil. Le terme désignait à l’origine l’instance centrale, l’« orient » principal d’où procèdent les loges, par analogie avec la place du Vénérable dans le temple.

L’Orient éternel

Orient de…
Source : Wikimedia Commons – AnonymousUnknown author – Public domain

Lorsqu’un franc-maçon meurt, on dit qu’il est « passé à l’Orient éternel ». La formule prolonge la symbolique : la mort n’y est pas présentée comme une chute dans les ténèbres, mais comme un passage vers la source de la lumière. Elle est employée dans les avis de décès des obédiences, les tenues funèbres et les hommages publiés dans la presse maçonnique, quelles que soient les convictions religieuses ou non du défunt.

Une géographie symbolique

La carte maçonnique est ainsi faite d’Orients : un réseau de villes reliées par la même orientation intérieure. Les cartes anciennes, comme la célèbre Tabula Rogeriana d’al-Idrissi au XIIe siècle, rappellent que l’orientation du monde est elle-même une convention : certaines plaçaient le sud en haut, d’autres l’est. Le mot « s’orienter », c’est-à-dire trouver l’Orient, dit bien que se situer dans l’espace a longtemps voulu dire chercher le lever du soleil. La maçonnerie a gardé ce geste.

Orient et Occident dans le parcours initiatique

Le candidat est introduit par la porte de l’Occident, les yeux bandés ; ses voyages rituels le conduisent symboliquement vers l’Orient, où il reçoit la lumière. Les Surveillants siègent du côté de l’Occident, le Vénérable à l’Orient : l’espace du temple est un chemin. Dire d’une loge qu’elle est « à l’Orient de » telle ville revient à rappeler que chaque atelier, où qu’il soit, est tourné vers la même source. L’Orient n’est pas un lieu que l’on possède, mais une direction que l’on suit, ce qui explique que la formule ait traversé les siècles et les obédiences sans changer.

Le saviez-vous ?

Orient de…
Source : Wikimedia Commons – Declic – CC BY-SA 3.0

Les cartes médiévales dites en T dans l’O plaçaient l’Orient, et le paradis terrestre, en haut de la carte. L’expression « orienter une carte » garde la mémoire de cet usage, que la maçonnerie retrouve lorsqu’elle fait de l’Orient le sommet symbolique du temple.

À retenir

  • « Orient de… » désigne la ville où une loge est établie.
  • L’Orient est, dans le temple, le côté du Vénérable et de la lumière.
  • Le terme a donné son nom au Grand Orient de France (1773).
  • « Passer à l’Orient éternel » signifie mourir, dans le langage maçonnique.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Orient, Occident, Entrée d’Antoine-Émile Moulin, père de Jean Moulin, au Grand Orient de France, 1902 (date historique), Orient Céleste ou Orient Éternel (passer à l’), Sautoir de Vénérable Maître, Titre Distinctif.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

O comme Orient Céleste ou Orient Éternel (passer à l’) en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

« Passer à l’Orient éternel », ou « à l’Orient céleste », est la formule par laquelle les Francs-maçons annoncent la mort d’un Frère ou d’une Sœur. L’Orient étant, dans le temple, le lieu d’où vient la lumière et où siège le Vénérable, l’expression suggère que le défunt a rejoint une lumière définitive. Les rituels anglais parlent de la « Grande Loge céleste » ou « d’en haut ». La formule exprime à la fois une pudeur de langage, une espérance laissée à l’interprétation de chacun et la conviction que le lien fraternel survit à la disparition. Elle s’accompagne d’usages de deuil propres aux loges.

L’Orient, lieu de la lumière

Orient Céleste ou Orient Éternel (passer à l’)

Dans le temple maçonnique, l’Orient est le côté du soleil levant, où siègent le Vénérable et les dignitaires, sous le Delta lumineux. Le mot désigne aussi la ville où travaille une loge, et le Grand Orient est le nom de plusieurs obédiences. Dire d’un maçon qu’il est passé à l’Orient éternel, c’est prolonger ce symbolisme : le voyage initiatique, commencé à l’Occident lors de l’initiation, s’achève vers la source de la lumière.

Céleste, éternel, d’en haut

  • Orient éternel : la formule la plus répandue dans la maçonnerie française.
  • Orient céleste : variante plus explicitement spirituelle.
  • Grande Loge éternelle ou Grand Lodge Above : formule de tradition anglaise, qui imagine une loge où se retrouvent les maçons disparus.
  • Abréviations courantes dans les annonces : « O∴ E∴ » ou « passé à l’O∴ E∴ ».

Une espérance laissée libre

La formule ne dit pas ce qu’il y a après la mort. Pour les maçons croyants, elle traduit l’espérance d’une vie auprès du Grand Architecte de l’Univers. Pour d’autres, elle désigne la mémoire que le défunt laisse dans la chaîne fraternelle, ou l’idée que l’œuvre accomplie survit à celui qui l’a réalisée. Cette ouverture est caractéristique du langage maçonnique : le symbole propose, il n’impose pas une croyance.

La mort dans le parcours initiatique

Orient Céleste ou Orient Éternel (passer à l’)

La mort est présente dès le début du chemin maçonnique. Au cabinet de réflexion, le candidat médite face à un crâne et rédige son testament philosophique. Au grade de Maître, la légende d’Hiram, l’architecte assassiné dont la tombe est marquée d’une branche d’acacia, met en scène une mort et un relèvement symboliques. Le passage à l’Orient éternel apparaît ainsi comme l’ultime étape d’un chemin qui a appris à regarder la mort en face.

Les usages de deuil

Lorsqu’un membre disparaît, le Vénérable l’annonce en loge, souvent debout et à l’ordre, et l’atelier observe un moment de silence. Nombre de loges forment une chaîne d’union en sa mémoire. Une tenue funèbre, ou pompe funèbre, peut lui être consacrée : le temple est tendu de noir, un catafalque symbolique est dressé, des branches d’acacia sont déposées, et l’Orateur prononce l’éloge du défunt. Lors des obsèques, la famille peut accepter que des maçons déposent sur le cercueil des gants blancs ou une branche d’acacia.

Une pudeur de langage

La formule adoucit la brutalité de l’annonce. Elle place la séparation sous le signe de la lumière plutôt que de la nuit, et rappelle que celui qui part reste un membre de la communauté fraternelle. Dans les revues maçonniques et sur les sites des obédiences, la rubrique nécrologique porte souvent ce titre. L’expression est aujourd’hui suffisamment connue pour figurer dans la presse profane lorsqu’un maçon notoire disparaît.

Certains maçons rappellent que l’expression ne doit pas devenir une simple formule. Annoncer un passage à l’Orient éternel engage la loge à accompagner la famille du défunt : l’Hospitalier prend des nouvelles, la loge veille parfois sur un conjoint ou des enfants. La solidarité, l’une des plus anciennes vertus des loges, trouve là l’un de ses champs d’exercice les plus concrets.

Le saviez-vous ?

Le 1er novembre, ou à une date proche, de nombreuses loges et obédiences organisent une tenue à la mémoire de tous leurs membres passés à l’Orient éternel au cours de l’année, où les noms sont lus un à un.

À retenir

  • Formule maçonnique pour annoncer un décès.
  • Elle s’appuie sur le symbolisme de l’Orient, lieu de la lumière.
  • Variante anglaise : la Grande Loge céleste.
  • Elle s’accompagne de silence, de chaîne d’union et parfois d’une tenue funèbre.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Orient, Acacia, Tenue Funèbre, Hiram, Cabinet de Réflexion, Testament (philosophique).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

O comme Orient en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’Orient désigne, dans le temple maçonnique, la partie située face à la porte d’entrée, souvent surélevée de quelques marches, où siège le Vénérable Maître. C’est de là que vient symboliquement la lumière, comme le soleil se lève à l’est. Le mot a pris d’autres sens dans la langue des loges : il désigne la ville où se réunit une loge, il entre dans le nom de plusieurs obédiences, comme le Grand Orient de France, et l’« Orient éternel » nomme le séjour des frères disparus. Comprendre l’Orient, c’est comprendre l’orientation de tout le travail maçonnique.

Étymologie et symbolisme du levant

Orient
2 colonnes durant la Batterie avec le Vénérable Maître à l’Orient

« Orient » vient du latin oriens, participe du verbe oriri, se lever : c’est le côté du soleil levant. La plupart des traditions religieuses ont valorisé cette direction ; les églises médiévales sont en principe orientées, leur chœur tourné vers l’est. La formule Ex Oriente lux, « la lumière vient de l’Orient », résume l’idée. La loge reprend ce schéma : elle est disposée de l’Occident vers l’Orient, comme un chemin de l’obscurité vers la lumière.

La place de l’Orient dans le temple

Les glossaires décrivent l’Orient comme la partie du temple qui fait face à l’entrée, parfois en hémicycle, et dont le plancher est relevé de plusieurs marches. Le Vénérable Maître y siège, sous le delta lumineux ou un dais, ayant devant lui son plateau. Selon les rites, il est entouré de l’Orateur et du Secrétaire, et des frères invités à siéger à l’Orient, anciens vénérables ou visiteurs de marque. Le soleil et la lune figurent souvent de part et d’autre. L’orientation du temple est symbolique : on parle d’Orient même si la salle ne fait pas face à l’est géographique.

Une lumière qui se diffuse

Dans la disposition de la loge, le Vénérable à l’Orient et les deux Surveillants à l’Occident et au Midi, ou tous deux à l’Occident selon les rites, forment les trois lumières de l’atelier. L’ouverture des travaux fait circuler la parole de l’Orient vers l’Occident, puis la ramène. L’Orient est le point de départ de l’autorité, mais celle-ci n’a de sens que si elle se transmet et revient : le Vénérable dirige, il ne possède pas la lumière.

Les sens dérivés du mot

Orient
  • Orient d’une ville : une loge travaille « à l’Orient de Paris », « à l’Orient de Lyon », c’est-à-dire dans cette ville.
  • Grand Orient : nom de plusieurs obédiences, dont le Grand Orient de France, issu en 1773 de la réorganisation de la Grande Loge de France de l’époque.
  • Orient éternel : on dit d’un frère ou d’une sœur décédé qu’il est « passé à l’Orient éternel ».
  • Siéger à l’Orient : honneur rendu à certains visiteurs et dignitaires.

L’Orient et la légende du temple

Le temple de Salomon, selon la Bible, avait son entrée à l’est, et le Saint des Saints à l’ouest. Le temple maçonnique inverse cette disposition en plaçant le point le plus sacré à l’Orient. Cette inversion a souvent été commentée : elle traduit l’idée que, pour le maçon, la lumière n’est pas enfermée dans un sanctuaire inaccessible mais se trouve au terme d’un cheminement, dans la direction même où le soleil se lève chaque jour.

Lectures initiatiques

Pour l’apprenti, assis au Septentrion, l’Orient est le lieu qu’il regarde et vers lequel il tend. Chaque grade le rapproche symboliquement de cette source. Les commentateurs y voient l’image d’une conscience qui s’éveille : l’Orient intérieur est le lieu où l’homme se tient debout dans sa propre lumière. L’Orient éternel prolonge cette lecture au-delà de la mort, sans imposer de croyance particulière : chacun y met sa propre espérance.

Repères

Orient
3 lumières de la loge avec le VM et les 2 surveillants.
  • Le mot vient du latin oriens, « qui se lève ».
  • L’Orient du temple est symbolique, indépendamment de l’orientation réelle du bâtiment.
  • Le Vénérable Maître y siège, souvent sous le delta lumineux.
  • « Travailler à l’Orient de » une ville signifie y avoir son siège.
  • « Passer à l’Orient éternel » signifie mourir.

Le saviez-vous ?

Les maçons datent parfois leurs documents selon l’« ère de la Vraie Lumière », en ajoutant 4 000 ans à l’année civile : 2026 devient ainsi 6026. Cette convention, qui renvoie à une date symbolique de la création, montre comment le vocabulaire de la lumière et de l’Orient organise aussi le temps maçonnique.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître, Occident, Orient Céleste ou Orient Éternel (passer à l’), Lumières (trois), Élection d’Irénée Bonnafous au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, septembre 1911 (date historique), Plateau, Septentrion.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

O comme Ordre en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le mot ordre possède en Franc-maçonnerie plusieurs sens complémentaires. Il désigne l’institution elle-même, l’« Ordre maçonnique », parfois synonyme d’obédience ; il désigne aussi la posture rituelle que prend le maçon lorsqu’il se met « à l’ordre » ; il exprime enfin un idéal d’harmonie, résumé par la devise Ordo ab chao, l’ordre à partir du chaos. Ces trois sens se répondent : la loge est un espace ordonné, où des personnes ordonnées à un même but travaillent à mettre de l’ordre en elles-mêmes et dans le monde.

Un mot aux sens multiples

Ordre

Le mot vient du latin ordo, qui désigne une rangée, une disposition régulière, puis une classe sociale ou un corps constitué. Au Moyen Âge, il s’applique aux ordres religieux et militaires, comme les Templiers ou les Hospitaliers, ainsi qu’aux ordres de chevalerie. La Franc-maçonnerie, qui s’est souvent pensée à leur image, a repris le terme pour se désigner elle-même.

L’Ordre comme institution

On parle de l’Ordre maçonnique pour désigner la Franc-maçonnerie dans son ensemble, au-delà des obédiences. Certaines structures portent le mot dans leur nom même : l’Ordre maçonnique mixte international Le Droit Humain, par exemple. Dans l’usage courant, Ordre et obédience sont parfois employés comme synonymes ; mais beaucoup de maçons distinguent l’Ordre, réalité spirituelle et universelle, de l’obédience, structure administrative qui fédère des loges.

Se mettre à l’ordre

En loge, être à l’ordre, c’est adopter la posture propre à son grade, debout, avec le signe d’ordre correspondant. On se met à l’ordre pour prendre la parole, pour écouter le Vénérable lors de moments solennels, pour l’ouverture et la fermeture des travaux. La formule « À l’ordre, mes Frères » rythme le rituel. Cette posture, apprise dès l’initiation, est une forme de discipline corporelle : elle impose l’attention, la retenue et la maîtrise de soi.

Ordo ab chao

Ordre

La devise Ordo ab chao, l’ordre issu du chaos, est associée au Rite Écossais Ancien et Accepté et figure notamment sur les documents de ses Suprêmes Conseils. Elle résume une vision de l’initiation : passer de la confusion à l’harmonie, du désordre intérieur à une construction réfléchie. Elle fait écho au récit biblique de la Genèse, où la création met de l’ordre dans le tohu-bohu originel, et à l’idée grecque de kosmos, l’univers ordonné.

L’ordre de la loge

  • L’espace : la loge est orientée d’Occident en Orient, chaque officier a sa place.
  • Le temps : les travaux s’ouvrent et se ferment selon un rituel précis.
  • La parole : on la demande et on la reçoit, elle circule selon des règles.
  • Les déplacements : ils suivent un sens de circulation défini par le rite.
  • Les fonctions : chaque officier a un rôle défini et un bijou qui le signale.

Ordre et liberté

L’ordre maçonnique n’est pas une fin en soi ni un culte de la hiérarchie. Il est le cadre qui rend possible la liberté de parole et la confrontation des idées sans violence. Une loge sans ordre deviendrait un lieu de joutes ou de bavardages ; une loge où l’ordre étoufferait toute liberté perdrait sa raison d’être. La tradition maçonnique cherche un équilibre : l’ordre doit servir le travail, et non l’inverse.

Ordre et désordre intérieur

Sur le plan initiatique, l’ordre extérieur de la loge est le miroir d’un ordre intérieur à construire. Le maçon est invité à mettre de l’ordre dans ses pensées, ses passions, ses priorités. Le travail sur la pierre brute en est l’image : dégrossir, c’est enlever ce qui est superflu pour révéler une forme. L’ordre n’est pas imposé du dehors ; il se découvre et se construit par un travail patient.

Le saviez-vous ?

Les procès-verbaux et documents maçonniques sont traditionnellement datés de l’« an de la Vraie Lumière », qui ajoute 4000 ans à l’année civile dans la plupart des rites français. C’est une autre manière, pour l’Ordre, de s’inscrire dans un temps propre, distinct du calendrier profane.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Obédience, Élection de Portalis comme orateur de la loge L’Amitié d’Aix-en-Provence, 1784 (date historique), Vraie Lumière.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

O comme Orateur en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’Orateur est l’un des principaux officiers d’une loge dans les rites d’origine française. Placé à l’Orient, il est le « gardien de la loi » : il veille au respect des constitutions et des règlements, donne ses conclusions avant les votes et prononce les discours d’accueil des nouveaux initiés. Il compte, avec le Vénérable, les deux Surveillants et le Secrétaire, parmi les « cinq lumières » de la loge. Office inconnu des loges anglaises, il dit beaucoup de la tradition continentale, où la parole, le débat et la règle occupent une place centrale.

Un office de tradition française

Bijou de l'Orateur
Bijou de l’Orateur

La Franc-maçonnerie anglaise et le Rite Émulation ne connaissent pas d’Orateur. L’office apparaît dans les loges françaises du XVIIIe siècle, où les discours prononcés lors des réceptions et des fêtes de l’Ordre deviennent un genre à part entière. Il s’est maintenu dans le Rite Français, le Rite Écossais Ancien et Accepté tel qu’il est pratiqué en France et dans les pays latins, ainsi que dans d’autres rites continentaux. Avec le Vénérable, les deux Surveillants et le Secrétaire, il fait partie de ce que l’on appelle souvent les cinq lumières de la loge.

Place et bijou

L’Orateur siège à l’Orient, généralement à la gauche du Vénérable lorsqu’on regarde vers l’Occident, en face du Secrétaire. Son bijou est le plus souvent un livre ouvert, figurant la loi ou les constitutions ; on trouve aussi, selon les obédiences et les époques, un soleil rayonnant. Comme les autres officiers, il est élu ou désigné chaque année selon les règlements de la loge.

Le gardien de la loi

La fonction première de l’Orateur est de veiller à la régularité des travaux. Il connaît les constitutions et règlements généraux de l’obédience ainsi que le règlement particulier de la loge, et il intervient lorsque ceux-ci risquent d’être enfreints. Avant chaque vote important, admission d’un candidat, passage de grade, décision administrative, il donne ses conclusions : il rappelle les règles applicables et indique si la décision peut être prise régulièrement. On le compare parfois au ministère public d’un tribunal, ou au conseiller juridique de la loge.

Ses principales missions

Orateur
  • Veiller au respect des constitutions, des règlements et du rituel.
  • Donner ses conclusions avant les votes, après avoir entendu les débats.
  • Faire la synthèse des échanges qui suivent la lecture d’une planche, en prenant la parole en dernier.
  • Prononcer le discours d’accueil, ou planche de bienvenue, aux nouveaux initiés, compagnons et maîtres.
  • Rappeler, à l’occasion, les principes et les devoirs de l’Ordre lors des fêtes solsticiales ou des tenues solennelles.

L’art de la parole

Le nom même de l’office dit son importance. L’Orateur doit savoir écouter avant de parler, résumer sans trahir, conclure sans clore le débat. Son intervention vient en dernier, ce qui lui donne une responsabilité particulière : il ne doit ni imposer son opinion ni se contenter d’une formalité. Les discours d’accueil, souvent les premiers textes maçonniques que le nouvel initié entend lui être adressés, marquent durablement ceux qui les reçoivent.

Un contre-pouvoir

Dans la structure de la loge, l’Orateur joue un rôle d’équilibre. Le Vénérable dirige les travaux, mais l’Orateur peut lui rappeler la règle. Cette séparation des fonctions, typique de l’organisation des loges françaises, est parfois rapprochée de la culture parlementaire et juridique qu’ont connue de nombreux maçons sous la IIIe République. Elle garantit que la loge ne dépend pas de la seule volonté de celui qui la préside.

Symbolique de l’office

Le livre ouvert de l’Orateur rappelle que la loge est une communauté de loi librement consentie. Le soleil, autre bijou possible, évoque la lumière de la parole juste. Dans une lecture symbolique, l’Orateur est la conscience de la loge : il lui rappelle ce qu’elle a promis d’être. Son office illustre une idée chère à la Franc-maçonnerie : la liberté n’existe que dans un cadre.

Le saviez-vous ?

Dans certaines obédiences, l’Orateur adjoint, ou un ancien Orateur, est chargé de préparer les candidats à la fonction. La charge est souvent confiée à un frère ou une sœur ayant déjà une bonne expérience de la loge, car elle suppose une connaissance précise des textes et une certaine autorité morale.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître, Élection de Rudyard Kipling comme secrétaire de la loge Hope and Perseverance, 10 janvier 1887 (date historique), Conclusions, Constitutions et Règlements dits de Bordeaux du Rite de Perfection, 22 septembre 1762 (date historique), Planche.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

O comme Opération Maçonnique en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’« opération » est un mot qui traverse toute l’histoire maçonnique. Chez les bâtisseurs, il désigne l’acte concret de construire ; de là vient l’adjectif « opératif », qui qualifie la maçonnerie de métier par opposition à la maçonnerie « spéculative ». Au XVIIIe siècle, chez les Élus Coëns de Martinès de Pasqually, les « opérations » sont des cérémonies théurgiques. Aujourd’hui, on parle volontiers d’opération maçonnique pour désigner l’efficacité propre du rite et du travail initiatique. Comprendre ces sens successifs permet d’éviter bien des confusions.

Du latin opus au chantier

Opération Maçonnique
Source : Wikimedia Commons – Léonard Joseph Prunelle-Lière – Public domain

Operari, en latin, signifie « travailler », « mettre en œuvre » ; l’opus est l’ouvrage. Dans les métiers du bâtiment, l’opération est la mise en œuvre d’une technique : tailler, mesurer, assembler, élever. Les loges anciennes d’Écosse et d’Angleterre réunissaient des maçons opératifs, qui vivaient de ce travail, avec leurs règlements, leurs marques de tâcherons et leurs secrets de métier.

Opératif et spéculatif

Au XVIIe siècle, des hommes étrangers au métier sont reçus dans les loges : ce sont les « acceptés ». Peu à peu, la maçonnerie devient spéculative, du latin speculari, « observer », « contempler » : elle ne construit plus d’édifices, elle médite sur l’art de bâtir comme image du perfectionnement de l’homme. La distinction entre opératif et spéculatif est devenue classique chez les historiens, même si la transition fut lente et complexe et que les deux réalités ont longtemps coexisté.

  • Opératif : maçonnerie de métier, chantier réel, apprentissage professionnel.
  • Accepté : membre reçu en loge sans exercer le métier.
  • Spéculatif : maçonnerie symbolique, chantier intérieur.
  • Opération : selon le contexte, acte de construire, cérémonie théurgique ou action du rite.

Les « opérations » des Élus Coëns

Au XVIIIe siècle, le mot prend un sens très particulier dans l’Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns de l’Univers, fondé par Martinès de Pasqually dans les années 1760. Les « opérations » y désignent des cérémonies théurgiques accomplies dans une chambre consacrée, au cours desquelles l’opérant cherche à obtenir des manifestations d’entités spirituelles, perçues sous forme de signes lumineux. Ces pratiques s’inscrivent dans la doctrine de la réintégration des êtres. Jean-Baptiste Willermoz et Louis-Claude de Saint-Martin furent ses disciples ; le premier fondera le Rite Écossais Rectifié, qui abandonnera la théurgie au profit d’une voie plus intérieure.

L’opération du rite

Opération Maçonnique
Source : Wikimedia Commons – Tangopaso – Public domain

Dans un sens plus large, beaucoup d’auteurs parlent de l’opérativité du rite : l’idée que le rituel n’est pas une simple représentation, mais qu’il agit sur celui qui le vit. Chaque geste, chaque parole, chaque déplacement contribue à créer un espace séparé, à disposer les participants et à transmettre un enseignement que les mots seuls ne suffiraient pas à donner. Cette conception est au cœur des courants dits traditionnels.

Une méthode

Qu’on la comprenne dans un sens symbolique ou spirituel, l’opération maçonnique suppose une méthode héritée des bâtisseurs : rigueur, répétition, observation, ajustement. Elle se déploie dans le temps, de grade en grade, et exige la participation consciente de l’initié. Le maçon y est à la fois l’ouvrier et l’ouvrage.

Une notion à manier avec prudence

Le mot « opératif » est parfois revendiqué par des groupes qui prétendent restaurer une maçonnerie « opérative » ancienne, ou employé de façon floue pour donner du poids à un discours. Les historiens rappellent que la maçonnerie opérative fut d’abord une réalité professionnelle et sociale, documentée par des archives, et non une doctrine secrète. Bien distinguer les sens du mot est la meilleure garantie contre les confusions.

Le saviez-vous ?

Martinès de Pasqually, figure encore mal connue, apparaît dans les sources vers 1754 à Montpellier, s’installe à Bordeaux en 1761, puis à Paris. Il quitte la France en 1772 pour Saint-Domingue, où il meurt en 1774. Son Traité sur la réintégration des êtres, rédigé vers 1770-1772, reste le texte fondateur de la doctrine des Élus Coëns.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Martinès de Pasqually, Traité sur la réintégration des êtres, rédigé vers 1770-1772.
  • David Stevenson, The Origins of Freemasonry: Scotland’s Century, 1590-1710, Cambridge University Press, 1988.
  • Antoine Faivre, L’Ésotérisme, PUF, collection « Que sais-je ? », 1992.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Opératif, Spéculatif, Accepté : l’acte fondateur de la Franc-maçonnerie spéculative, Élus coëns (Rite maçonnique), Rite ou Régime.

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