Élection d’Irénée Bonnafous au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, septembre 1911 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En septembre 1911, lors du convent du Grand Orient de France, le journaliste Irénée Bonnafous, directeur à Montauban de La Dépêche de Toulouse et vénérable de la loge La Parfaite Union, est élu au Conseil de l’Ordre, l’exécutif de l’obédience. Dirigeant radical-socialiste influent dans le Sud-Ouest, il y siège jusqu’en 1918, puis de 1920 à 1923. Son parcours illustre l’étroite imbrication, sous la IIIe République, entre presse républicaine, parti radical et franc-maçonnerie, avant que la guerre d’Espagne et l’Occupation ne fassent de lui un protecteur des réfugiés et un résistant.

Date : septembre 1911
Lieu : Paris, France

Un journaliste du Midi radical

Élection d’Irénée Bonnafous au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, septembre 1911
Source : Wikimedia Commons – Vanessa Couchman hat am 2. Dezember 2023 schriftlich dem Upload der Fotos nach W – CC BY-SA 4.0

Né le 8 avril 1865 à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, dans l’Aude, Irénée Bonnafous étudie au lycée de Carcassonne et chez les jésuites de Castelnaudary. Engagé dans l’armée en avril 1886, il sert à Montpellier puis en Algérie jusqu’en 1890. Il collabore ensuite au Radical de l’Aude, participe à la fondation de L’Avenir de l’Aude et assure l’intérim de La Dépêche de Toulouse à Carcassonne.

En 1895, il s’installe à Montauban comme directeur départemental de La Dépêche, poste qu’il occupera une cinquantaine d’années. Il fonde en 1902 L’Indépendant du Tarn-et-Garonne, publié sans interruption jusqu’en juillet 1940. Sans jamais briguer de mandat électif, il devient un dirigeant régional du Parti radical-socialiste ; on lui attribue notamment la victoire sénatoriale de Camille Delthil en 1902.

L’itinéraire maçonnique

Initié à la loge Les Vrais Amis réunis de Carcassonne, Bonnafous rejoint à son arrivée à Montauban La Parfaite Union, fondée en 1787. Il en est élu orateur en 1902, puis vénérable : il conservera cette charge vingt-sept ans, la seule fonction qu’il ait jamais voulu garder. En 1906, il contribue à la création d’un chapitre au sein de la loge ; en mai 1907, il est reçu chevalier Kadosch à Montauban.

Le Conseil de l’Ordre

Le Conseil de l’Ordre est l’organe exécutif du Grand Orient de France, élu par le convent annuel qui se réunit chaque septembre. En y entrant en septembre 1911, Bonnafous rejoint la direction de la principale obédience française, qui compte environ 30 700 membres en 1913. Il y siège de 1911 à septembre 1918, pendant toute la Grande Guerre, puis de nouveau de septembre 1920 à 1923. Son élection témoigne du poids des loges du Sud-Ouest et de la presse radicale dans l’obédience.

Le protecteur des réfugiés espagnols

Élection d’Irénée Bonnafous au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, septembre 1911
Source : Wikimedia Commons – Agence Rol. Agence photographique (commanditaire) – Public domain

À partir de 1937, Bonnafous manifeste sa solidarité fraternelle envers les républicains espagnols. Lorsque le camp de Septfonds reçoit en mars 1939 des francs-maçons internés, il aide de nombreux détenus à s’évader, cachés dans des camions, et procure papiers et abris aux réfugiés, ce qui lui vaut le surnom d’« El Padre ». En 1940, il aide l’ancien président de la République espagnole Manuel Azaña, réfugié à Montauban, à échapper à un projet d’enlèvement.

Le résistant

Après la loi du 13 août 1940 qui dissout les associations maçonniques et met sa loge sous scellés, il se retire du journalisme et organise depuis son bureau un réseau de renseignement. Il fonde en 1941 le groupe clandestin des Jacobins montalbanais et devient informateur du 2e bureau de l’Armée secrète puis des FFI. Arrêté par la Gestapo le 9 juin 1944, avec notamment l’évêque Pierre-Marie Théas, il est relâché au bout de deux jours en raison de son âge. Il meurt à Montauban le 16 janvier 1947.

Repères chronologiques

  • 8 avril 1865 : naissance à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse.
  • 1895 : directeur de La Dépêche à Montauban.
  • 1902 : orateur puis vénérable de La Parfaite Union.
  • Mai 1907 : reçu chevalier Kadosch.
  • Septembre 1911 : élu au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France.
  • Mars 1939 : aide aux maçons espagnols internés à Septfonds.
  • 16 janvier 1947 : mort à Montauban.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Lalande, Helvétius et les débuts de la réforme du Grand Orient de France, 1771 (date historique), Convent, Élection de Portalis comme vénérable de L’Étroite Persévérance des Amis Réunis à Aix, 1768 (date historique), Irénée Bonnafous (Personnalité).

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