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L’Oulam, ou Ulam, est le vestibule ou portique qui précédait le Hékal, la grande salle du Temple de Salomon, elle-même ouverte sur le Debir, le Saint des Saints. Le mot hébreu évoque ce qui se tient devant. C’est là, à l’entrée du sanctuaire, que se dressaient les deux colonnes de bronze Jakin et Boaz, si importantes pour la Franc-maçonnerie. Comprendre l’Oulam, c’est donc comprendre l’organisation de l’espace sacré en trois zones successives, et la pédagogie du seuil que les loges ont héritée de ce modèle : on ne passe pas du dehors au centre sans traverser un espace de préparation.
Un mot hébreu et ses graphies

Le terme hébreu ulam (on trouve aussi les graphies oulam et ulām) désigne un porche ou un vestibule. Les traductions françaises de la Bible le rendent par « vestibule », « portique » ou « porche » ; la Bible de Jérusalem conserve le mot hébreu, à côté de Hékal et de Debir. Le même vocabulaire sert dans la description du Temple vu par le prophète Ézéchiel.
Ce que dit la Bible
Selon le premier livre des Rois, le Temple bâti par Salomon mesurait soixante coudées de long, vingt de large et, selon les traductions, trente ou vingt-cinq de haut. L’Ulam, placé devant le Hékal, avait vingt coudées de long dans le sens de la largeur du Temple, et dix coudées de profondeur. Le Hékal mesurait quarante coudées, et le Debir formait un cube parfait de vingt coudées. Le second livre des Chroniques ajoute que le vestibule était revêtu d’or pur à l’intérieur et lui attribue une hauteur considérable, sur laquelle les commentateurs discutent depuis longtemps.
Les trois espaces du Temple
- L’Ulam, vestibule ouvert vers l’orient, devant lequel se dressent les colonnes.
- Le Hékal, le Saint, grande salle où se trouvaient le chandelier, la table des pains et l’autel des parfums.
- Le Debir, le Saint des Saints, où reposait l’Arche d’alliance, accessible au seul grand prêtre une fois l’an.
- Une progression du profane vers le sacré, de la lumière du dehors à l’obscurité du sanctuaire.
Jakin et Boaz devant l’Ulam

Le texte biblique précise que Hiram, le bronzier de Tyr, dressa les deux colonnes près du vestibule : celle de droite fut nommée Jakin, celle de gauche Boaz. Pour la Franc-maçonnerie, qui place ces deux colonnes à l’entrée de la loge, l’Ulam est donc le lieu même du seuil initiatique. Le candidat qui franchit la porte du temple passe symboliquement entre les colonnes du porche salomonien.
Une pédagogie du seuil
La loge reproduit, à sa manière, la gradation du Temple. Le parvis et le parvis des pas perdus correspondent au dehors ; la porte et les colonnes, à l’Ulam ; l’espace des colonnes, au Hékal ; l’Orient, à une forme de Debir. L’enseignement est simple : on n’accède pas au centre sans transition. Le cabinet de réflexion, la préparation du candidat, les questions à la porte du temple sont autant de vestibules qui disposent l’esprit à recevoir la lumière.
Le temple, image de l’homme
Une tradition d’interprétation, ancienne chez les commentateurs juifs et chrétiens et reprise par de nombreux auteurs maçonniques, lit le Temple comme une image de l’être humain : le parvis serait le corps, le Hékal l’âme, le Debir l’esprit. Dans cette lecture, l’Ulam figure la disposition intérieure qui précède le travail sur soi, le moment où l’on se tient devant, prêt à entrer.
Cette lecture rejoint l’enseignement de nombreux rituels, qui rappellent que le véritable temple à construire est intérieur. Le vestibule devient alors le temps de la préparation : se dépouiller des métaux, faire silence, accepter d’être conduit. Les auteurs maçonniques y voient une invitation à ne pas confondre l’entrée et le sanctuaire, le premier pas et l’aboutissement, et à habiter pleinement chaque seuil plutôt qu’à vouloir le franchir trop vite.
Le saviez-vous ?
Les dimensions de l’Ulam ne sont pas identiques selon les livres bibliques : le premier livre des Rois ne lui donne pas de hauteur, tandis que le second livre des Chroniques lui attribue une hauteur de cent vingt coudées, chiffre que nombre de traducteurs jugent fautif. Ces divergences rappellent que le Temple des maçons est d’abord un édifice symbolique.
À retenir
- Ulam : vestibule ou portique du Temple de Salomon, devant le Hékal.
- Dimensions selon 1 Rois 6 : vingt coudées de long sur dix de profondeur.
- Les colonnes Jakin et Boaz se dressaient près de lui.
- En loge, il figure le seuil et la préparation intérieure.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Hekal (Hékhal, Hekkal), Jakin, Boaz dans la Franc-maçonnerie, Colonnes, Parvis.
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