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S comme Les (5) Sens en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Les cinq sens, la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher, font partie de l’enseignement traditionnel du grade de Compagnon. Après le travail de silence et d’introspection de l’Apprenti, le Compagnon est invité à se tourner vers le monde, à l’observer et à l’étudier. Les sens sont les premiers instruments de cette connaissance. Héritée des instructions anglaises du XVIIIe siècle, où l’escalier tournant compte cinq marches qui leur sont consacrées, cette leçon se retrouve dans les voyages du deuxième degré. Elle rappelle que l’initiation n’est pas une fuite hors du réel, mais une manière de mieux le percevoir.

Du silence à l’observation

Les (5) Sens

L’Apprenti se tait et écoute ; le Compagnon voyage. Le deuxième degré est celui de l’ouverture au monde : on y étudie les ordres d’architecture, les arts libéraux, les sciences. La perception sensible est le point de départ de cette étude. Les rituels reprennent une idée ancienne, formulée par Aristote et reprise par les scolastiques : rien n’est dans l’intelligence qui n’ait d’abord été dans les sens. La connaissance commence par l’expérience.

L’escalier tournant

Dans les instructions anglaises, popularisées par William Preston à partir de 1772, le Compagnon gravit un escalier tournant composé de trois, cinq et sept marches. Les trois premières évoquent les officiers de la loge ou les trois degrés ; les cinq suivantes les cinq ordres d’architecture et les cinq sens ; les sept dernières les sept arts libéraux. Preston précise que, parmi les sens, l’ouïe, la vue et le toucher sont les plus importants pour les maçons, puisqu’ils servent à recevoir l’instruction, à reconnaître un Frère et à transmettre les signes.

Dans les voyages du Compagnon

Les rituels français du Rite Écossais Ancien et Accepté organisent la réception du Compagnon en cinq voyages. Selon les versions publiées, le premier est consacré aux cinq sens, les suivants aux ordres d’architecture, aux arts libéraux, à de grandes figures de la pensée et à la glorification du travail. Le nombre cinq, celui du Compagnon, structure ainsi l’ensemble du grade : cinq voyages, cinq sens, cinq ordres, l’étoile à cinq branches.

Les cinq sens et leur portée symbolique

Œil bleu de femme
Œil bleu de femme
  • La vue : elle permet de voir la lumière et de lire les symboles ; elle invite à la lucidité.
  • L’ouïe : elle reçoit la parole et l’enseignement ; elle est liée à l’écoute, première vertu de l’Apprenti.
  • L’odorat : le plus subtil, il évoque l’intuition, la capacité de pressentir ce qui n’est pas encore visible.
  • Le goût : il est le sens du discernement, d’où la notion de « bon goût » et de jugement.
  • Le toucher : il est le sens de l’ouvrier, celui de la main qui façonne la pierre et qui reconnaît le Frère.

Des sens à l’intelligence

Les sens peuvent tromper. La tradition philosophique, de Platon à Descartes, l’a souvent souligné. L’enseignement maçonnique ne les oppose pas à la raison : il demande de les éduquer. Le Compagnon apprend à observer avec méthode, à vérifier ses impressions, à corriger ses jugements par la règle et l’équerre. Les sens fournissent la matière, l’intelligence l’ordonne. C’est le passage de la perception à la connaissance.

Une représentation ancienne

Les cinq sens ont été un thème favori de l’art européen. La série de tapisseries de La Dame à la licorne (fin du XVe siècle), conservée au musée de Cluny, en consacre une à chacun, la sixième portant la devise « À mon seul désir ». Les peintres flamands du XVIIe siècle, comme Jan Brueghel l’Ancien, en ont fait des allégories célèbres. Ces œuvres montrent que la culture des premiers maçons associait déjà les sens à une méditation morale.

Le saviez-vous ?

Les (5) Sens

Le nombre cinq est associé au Compagnon dans de nombreux rites : son âge symbolique est souvent dit de cinq ans, et l’étoile flamboyante à cinq branches, au centre de laquelle figure la lettre G, est le symbole majeur du deuxième degré.

Pour approfondir

  • William Preston, Illustrations of Masonry, Londres, 1772 (nombreuses éditions).
  • Oswald Wirth, La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, tome II, Le Compagnon, Dervy (rééditions).

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Compagnon, Étoile flamboyante, la lettre G.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Sel en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le sel est l’un des trois principes alchimiques, avec le soufre et le mercure, que le candidat découvre dans le cabinet de réflexion avant son initiation. Posé dans une coupelle, il figure ce qui est stable, fixe et incorruptible : le corps, la matière, ce qui demeure quand le reste s’est évaporé. Héritier de Paracelse et de la tradition hermétique, mais aussi riche d’une longue histoire biblique et domestique, il invite le futur initié à réfléchir à ce qui, en lui, doit être conservé, purifié et rendu solide. Discret, il est pourtant indispensable à l’équilibre du dispositif symbolique du cabinet.

Paracelse et les trois principes

Cabinet de réflexion maçonnique
Cabinet de réflexion maçonnique

L’alchimie médiévale expliquait les métaux par deux principes, le soufre et le mercure. Au XVIe siècle, le médecin suisse Paracelse y ajoute un troisième, le sel, pour former ce que l’on appellera la tria prima. Le soufre est le principe actif et combustible, le mercure le principe volatil et médiateur, le sel le principe fixe qui donne corps et consistance. Les commentateurs les ont rapprochés de l’esprit, de l’âme et du corps. Lorsqu’on brûle un morceau de bois, disait-on, ce qui fume est le mercure, ce qui brûle le soufre, ce qui reste en cendres le sel.

Dans le cabinet de réflexion

Le cabinet de réflexion, petite pièce obscure où le candidat attend avant son initiation, réunit plusieurs objets : un crâne, un sablier, du pain et de l’eau, l’image d’un coq, la formule VITRIOL, et trois coupelles contenant le sel, le soufre et le mercure. On en trouve la trace dans les rites français, au Rite Écossais Ancien et Accepté pratiqué en France et en Belgique, et sous d’autres formes ailleurs. Son origine précise est discutée ; certains auteurs l’ont rapproché d’un rituel hermétique du XVIIIe siècle attribué à Antoine-Joseph Pernety.

Le cabinet est souvent décrit comme un athanor, le four de l’alchimiste, où s’opère la première phase du Grand Œuvre, l’œuvre au noir. Le sel y représente la matière à transformer : le candidat lui-même, avec ce qu’il a de lourd et de fixe, mais aussi ce qu’il a de solide et d’incorruptible.

Le sel dans la Bible et les traditions

  • Conservation : le sel empêche la corruption des aliments ; il devient symbole de fidélité et de durée, d’où l’« alliance de sel » du Livre des Nombres.
  • Sagesse : « Vous êtes le sel de la terre », dit l’Évangile de Matthieu ; le sel donne saveur et sens.
  • Hospitalité : le pain et le sel offerts à l’hôte scellent un lien dans de nombreuses cultures.
  • Purification : le sel entre dans l’eau bénite et dans de nombreux rites de purification.
  • Valeur : le mot « salaire » viendrait du sel donné ou payé aux soldats romains, étymologie discutée mais significative.

Un principe de stabilité

Sel
Source : Wikimedia Commons – auteur inconnu – CC BY 4.0

Face au soufre, qui pousse et brûle, et au mercure, qui circule et relie, le sel fixe. Il est la forme qui permet à l’énergie de durer. Sur le plan moral, il évoque la constance, la mesure, la capacité à garder ce qui a été acquis. Trop de sel rend une terre stérile ; pas assez laisse tout se corrompre. L’équilibre des trois principes est donc essentiel : un être tout de soufre se consumerait, un être tout de mercure se disperserait, un être tout de sel se pétrifierait.

Une méditation pour le candidat

Pour le profane qui attend dans le cabinet, le sel pose une question simple : qu’est-ce qui, en moi, doit être conservé ? Ses convictions, ses fidélités, ses engagements ? Et qu’est-ce qui doit au contraire être dissous ? Le testament philosophique qu’il rédige au même moment prolonge cette réflexion. Le sel rappelle aussi que la transformation initiatique ne détruit pas la personne : elle la purifie et la rend plus solide.

Le saviez-vous ?

Sel
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – Public domain

Dans les traités alchimiques illustrés, le sel est souvent représenté par un cercle barré horizontalement, le soufre par un triangle surmonté d’une croix et le mercure par le signe de la planète du même nom. Ces trois signes figurent parfois sur les murs ou les coupelles des cabinets de réflexion.

Pour approfondir

  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948 (rééditions).
  • Oswald Wirth, Le Symbolisme hermétique dans ses rapports avec l’alchimie et la franc-maçonnerie, 1909 (rééditions Dervy).

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Cabinet de Réflexion, Soufre, Mercure, Testament (philosophique), Alchimie, Coq.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Secrétaire Proto collant en Franc-maçonnerie

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Le secrétaire proto collant est un officier de la loge chargé de la gestion administrative dans son acception la plus formalisée et protocolaire. Cette fonction, dont l’intitulé peut varier selon les rites et les obédiences, met l’accent sur la dimension réglementaire et organisationnelle du secrétariat, en lien étroit avec le respect des usages et des formes maçonniques.

Le terme « proto collant » renvoie à l’idée de protocole, c’est-à-dire à l’ensemble des règles, des formes et des pratiques qui structurent la vie de la loge. Le secrétaire proto collant ne se contente donc pas d’assurer une fonction de rédaction ou d’archivage, il veille également à la conformité des actes administratifs avec les normes en vigueur.

Une fonction administrative au cœur de la régularité

Dans la Franc-maçonnerie, la régularité d’une loge repose en grande partie sur la qualité de sa gestion administrative. Le secrétaire proto collant joue un rôle déterminant dans ce domaine en assurant la conformité des documents, des procédures et des échanges.

Ses missions incluent notamment :

  • La rédaction des documents officiels dans le respect des formes prescrites.
  • La vérification de la conformité des convocations et des ordres du jour.
  • Le suivi administratif des membres de la loge.
  • La gestion des dossiers d’admission, de passage ou d’élévation.
  • La tenue des registres réglementaires.

Par cette rigueur, il garantit que chaque acte posé par la loge s’inscrit dans le cadre des règles de l’obédience et du rite pratiqué.

La maîtrise du protocole maçonnique

Le secrétaire proto collant est avant tout un spécialiste du protocole. Il connaît les usages, les titres, les formules et les structures propres à la Franc-maçonnerie.

Cette maîtrise se traduit par :

  • L’emploi des appellations justes pour les officiers et les dignitaires.
  • Le respect des formules d’usage dans les correspondances.
  • L’organisation des documents selon les normes établies.
  • La conformité des procès-verbaux aux attentes rituelles et administratives.

Le protocole ne constitue pas une simple formalité ; il est une expression du respect de la tradition et de l’ordre symbolique. Le secrétaire proto collant en est l’un des principaux garants.

La gestion des correspondances officielles

Dans son rôle proto collant, le secrétaire accorde une attention particulière à la correspondance officielle. Chaque courrier devient un acte représentatif de la loge et engage son image auprès des autres ateliers et des instances supérieures.

Il veille à :

  • La qualité rédactionnelle des courriers.
  • Le respect des formules de politesse maçonniques.
  • La précision des informations transmises.
  • La traçabilité des échanges.

Cette correspondance inclut aussi bien les communications internes que les relations avec d’autres loges ou avec l’obédience.

Le suivi administratif des membres

Le secrétaire proto collant assure un suivi précis et rigoureux de la situation administrative des Francs-maçons de la loge.

Cela comprend :

  • L’enregistrement des initiations, affiliations et radiations.
  • La mise à jour des registres des membres.
  • Le suivi des cotisations et des situations administratives.
  • La gestion des absences et des présences.

Ce travail contribue à maintenir une vision claire et structurée de la composition de la loge, indispensable à son bon fonctionnement.

L’archivage normé et structuré

L’archivage, dans une approche proto collante, ne se limite pas à conserver des documents. Il s’agit d’organiser les archives selon des normes précises, permettant leur consultation, leur transmission et leur pérennité.

Le secrétaire proto collant met en place :

  • Des classements méthodiques.
  • Des registres clairement identifiés.
  • Une conservation sécurisée des documents sensibles.
  • Une continuité dans les pratiques d’archivage.

Cette organisation garantit que la mémoire de la loge reste accessible et fidèle à son histoire.

Les qualités requises pour la fonction

Le secrétaire proto collant doit réunir des compétences techniques et des qualités humaines spécifiques.

Parmi celles-ci :

  • Une grande rigueur administrative.
  • Une excellente connaissance des règles maçonniques.
  • Une précision dans l’expression écrite.
  • Une capacité d’organisation structurée.
  • Une discrétion absolue.

Il doit également faire preuve de constance et de vigilance afin d’éviter toute erreur susceptible d’affecter la régularité de la loge.

Dimension symbolique et portée de la fonction

Au-delà de son aspect administratif, le secrétaire proto collant incarne l’ordre et la forme. Il participe à la structuration du travail collectif en donnant un cadre stable et lisible aux activités de la loge.

Dans une lecture symbolique, il peut être vu comme celui qui veille à l’harmonie entre la lettre et l’esprit. Il rappelle que la tradition maçonnique se transmet autant par les formes que par les idées.

En fixant les actes dans un cadre précis, il contribue à inscrire les travaux des Francs-maçons dans une continuité qui dépasse les individus.

Adaptation aux exigences contemporaines

Aujourd’hui, le secrétaire proto collant doit intégrer les outils modernes tout en respectant les exigences traditionnelles. L’usage de supports numériques, de bases de données et de systèmes de communication dématérialisés fait désormais partie de son quotidien.

Cependant, cette modernisation implique :

  • Une vigilance accrue quant à la confidentialité.
  • Une sécurisation des données.
  • Une fidélité aux formats et aux usages maçonniques.

Le défi consiste à utiliser les moyens contemporains sans altérer l’esprit du protocole.

Une fonction de rigueur au service de l’harmonie

Le secrétaire proto collant apparaît ainsi comme un pilier discret mais fondamental de la loge. Par son souci du détail, son respect des formes et sa maîtrise des règles, il assure la solidité administrative et la cohérence des travaux.

Il permet à la loge de fonctionner dans un cadre ordonné et conforme, condition essentielle à l’épanouissement des Francs-maçons et à la pérennité de la Franc-maçonnerie.

S comme Secrétaire en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Secrétaire est l’officier chargé de la mémoire écrite de la loge : il rédige les procès-verbaux des tenues, appelés planches tracées, envoie les convocations, tient les registres et assure la correspondance avec l’obédience et les autres ateliers. Officier dignitaire, il siège à l’Orient, en face de l’Orateur, et porte pour bijou deux plumes croisées. Sa fonction, d’apparence administrative, est essentielle à la régularité de l’atelier : sans traces écrites fidèles, une loge perd sa continuité et sa capacité à prouver ses décisions.

Un officier dignitaire

Secrétaire
Le secrétaire de Solshe House Inc, Kel Crone, et le président Russell Daniels sont prêts à accueillir les invités à la consécration du nouveau centre maçonnique de Rockhampton.

Dans les rites français, le Secrétaire fait partie des cinq officiers dignitaires, avec le Vénérable Maître, les deux Surveillants et l’Orateur. Il est élu chaque année par les Maîtres de la loge dans la plupart des obédiences. Il siège à l’Orient : traditionnellement au côté nord, faisant face à l’Orateur placé au côté midi, de part et d’autre du Vénérable.

Le bijou : deux plumes croisées

Son bijou représente deux plumes d’oie croisées, souvenir de l’époque où l’on écrivait à la plume. Ce bijou se retrouve dans la quasi-totalité des rites, y compris dans la maçonnerie anglophone. Il est suspendu à un sautoir ou cordon aux couleurs de la loge. Le Trésorier, son voisin dans l’organisation, porte quant à lui deux clés croisées.

Les missions du Secrétaire

  • Rédiger et lire la planche tracée (procès-verbal) de la tenue précédente, soumise à l’approbation de la loge.
  • Préparer et adresser les convocations, avec l’ordre du jour arrêté par le Vénérable.
  • Tenir le registre des membres, les présences et le tableau de la loge.
  • Assurer la correspondance avec l’obédience : déclarations d’initiations, affiliations, démissions, élections.
  • Conserver les archives et veiller à leur transmission.

La planche tracée

Le procès-verbal maçonnique s’appelle planche tracée ou « tracé » des travaux. Le Secrétaire y consigne l’ouverture et la fermeture des travaux, les présences, les visiteurs, les décisions, et un résumé des exposés. Il doit rester fidèle sans tout dire : la discrétion, la neutralité et l’exactitude sont ses vertus cardinales. La lecture de la planche tracée au début de la tenue suivante, suivie de son adoption, garantit la continuité des travaux.

Gardien de la mémoire

Secrétaire
Source : Wikimedia Commons – auteur inconnu – Public domain

Les archives des secrétaires sont aujourd’hui des sources précieuses pour les historiens. Les registres de loges du XVIIIe siècle, conservés notamment au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France dans le fonds maçonnique, permettent de reconstituer la sociologie des loges, leurs débats et leurs réseaux. Plusieurs de ces fonds ont connu un destin mouvementé : saisis sous l’Occupation, ils ont été emportés en Allemagne puis en Union soviétique, avant d’être restitués au début des années 2000.

Symbolique de la fonction

La tradition maçonnique est d’abord orale, mais elle a besoin de l’écrit pour se transmettre et se défendre. Le Secrétaire incarne cette tension : il fixe ce qui doit l’être, tout en sachant que l’essentiel de l’expérience initiatique ne se met pas en mots. Sa plume, outil de précision, rejoint symboliquement les instruments du bâtisseur : elle aussi trace, comme le Vénérable trace les plans sur la planche à tracer.

Le saviez-vous ?

Le terme de « planche » vient de la planche à tracer, sur laquelle le maître d’œuvre dessinait ses plans. En loge, on parle de planche pour un exposé, de planche tracée pour un procès-verbal, et l’on dit d’un écrit qu’on l’a « buriné ». Le vocabulaire du Secrétaire est ainsi entièrement emprunté au chantier.

Repères

Secrétaire
Source : Wikimedia Commons – sailko – CC BY 2.5
  • Rang : officier dignitaire, élu.
  • Place : à l’Orient, face à l’Orateur.
  • Bijou : deux plumes croisées.
  • Production : planches tracées, convocations, registres.

Le Secrétaire et l’obédience

Le Secrétaire est l’interlocuteur administratif de l’obédience. Il transmet les déclarations d’initiation, d’affiliation et de démission, les procès-verbaux d’élection, les tableaux annuels de la loge. De la qualité de ce travail dépend la reconnaissance des grades de chaque membre : un initié dont l’initiation n’aurait pas été déclarée pourrait rencontrer des difficultés pour visiter d’autres loges ou s’affilier ailleurs. La fonction exige ainsi rigueur, ponctualité et discrétion, car le Secrétaire a accès aux données personnelles de tous les membres de l’atelier.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Convocation, Planche tracée, Élection de Portalis comme orateur de la loge L’Amitié d’Aix-en-Provence, 1784 (date historique), Officiers, Trésorier, Orient, Archives fantasmées (antimaçonnisme).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Secret en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le secret maçonnique est sans doute la notion la plus commentée, et la plus mal comprise, de la Franc-maçonnerie. Il recouvre deux réalités distinctes : un engagement de discrétion, pris lors de l’initiation, sur les signes de reconnaissance, les délibérations et l’appartenance des autres membres ; et un secret initiatique, qui tient à l’expérience vécue et ne peut se transmettre par les mots. Depuis le XVIIIe siècle, ce secret a nourri autant la curiosité que la suspicion. Il éclaire pourtant une pédagogie fondée sur le silence, la maîtrise de la parole et la confiance.

Un engagement pris à l’initiation

Secret
Le Serment (Dionysos Tsokos, 1849) illustre une cérémonie d’initiation : le pope semble être Grigórios Phléssas, le combattant Theódoros Kolokotrónis.

Dès son initiation, le nouveau Frère ou la nouvelle Sœur prend un engagement solennel de discrétion. Il porte traditionnellement sur les moyens de reconnaissance propres à chaque degré, sur le contenu des délibérations de la loge et sur l’identité des autres membres, que nul n’a le droit de révéler sans leur accord. Les règlements généraux du début du XIXe siècle imposaient déjà de garder le silence sur ce qui se passe en loge.

Cet engagement n’est pas une simple formalité. Il éduque à la maîtrise de la parole et au respect de la confiance accordée. Il protège aussi des personnes : dans plusieurs pays et à plusieurs époques, la révélation de l’appartenance maçonnique a valu exclusions, fichages et persécutions.

Un secret publié depuis près de trois siècles

Paradoxe bien connu des historiens : les rituels ont été divulgués très tôt. Dès 1730, Masonry Dissected de Samuel Prichard décrit en Angleterre les trois grades. En France, l’abbé Pérau publie en 1742 Le Secret des Francs-Maçons, suivi d’autres « révélations ». Le contenu des cérémonies est donc accessible depuis longtemps à qui veut le lire. C’est précisément ce qui conduit de nombreux auteurs à situer ailleurs le véritable secret.

Le secret initiatique, ou l’incommunicable

Pour la tradition maçonnique, le cœur du secret n’est pas une information mais une expérience. Ce que l’initié découvre en vivant le rituel ne se réduit pas à une description. Dans ses dialogues Ernst et Falk (1778-1780), Gotthold Ephraim Lessing fait dire à l’un de ses personnages que le secret de la maçonnerie tient à ce que l’on ne peut pas dire, même si on le voulait. René Guénon développera au XXe siècle une idée voisine : le secret initiatique est par nature inexprimable, et nul ne peut le trahir.

Discrétion et secret : bien distinguer

Secret
  • La discrétion concerne les personnes : ne pas révéler l’appartenance d’un Frère ou d’une Sœur, respecter la confidentialité des échanges.
  • Le secret rituel concerne les signes, mots et attouchements de reconnaissance propres à chaque degré.
  • Le secret des délibérations protège la liberté de parole en loge.
  • Le secret initiatique, enfin, désigne ce qui ne se comprend qu’en le vivant.

Une pédagogie du silence

Le secret s’accompagne d’une véritable discipline de la parole. Dans de nombreux rites, l’Apprenti ne prend pas la parole en loge pendant sa première période : il écoute, observe et apprend. Plus largement, la parole maçonnique est demandée, accordée, mesurée. Ce rapport au silence n’est pas une contrainte arbitraire : il crée l’espace nécessaire à l’intériorisation des symboles.

Société secrète ou société discrète ?

Le secret a valu à la Franc-maçonnerie ses premières condamnations : la bulle In eminenti du pape Clément XII, en 1738, invoque notamment le serment de secret pour interdire aux catholiques de s’y affilier. Depuis, l’antimaçonnisme n’a cessé d’y voir l’indice d’un pouvoir caché. Les obédiences répondent qu’elles sont des sociétés discrètes : en France, ce sont des associations déclarées, dont les adresses, les dirigeants, les principes et souvent les travaux sont publics. Ce qui reste réservé tient aux personnes et à l’expérience rituelle.

Le saviez-vous ?

Le sociologue Georg Simmel a consacré en 1908 une étude au secret et aux sociétés secrètes. Il y montre que le secret partagé crée par lui-même un lien social fort entre ceux qui le détiennent : une analyse souvent citée pour comprendre la cohésion des loges.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Gotthold Ephraim Lessing, Ernst et Falk. Dialogues pour francs-maçons, 1778-1780.
  • René Guénon, Aperçus sur l’initiation, Éditions traditionnelles, 1946.
  • Georg Simmel, Secret et sociétés secrètes, 1908 (trad. française, Circé, 1991).
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, Presses universitaires de France, 1987 (rééd.).

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Serment, Silence, Initiation, Apprentissage, Profane.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Séance en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le mot « séance » désigne, dans le vocabulaire maçonnique, une réunion de francs-maçons qui ne prend pas la forme rituelle d’une tenue : réunion de travail, d’instruction, conférence ou rencontre ouverte à des non-initiés. Moins codifiée que la tenue, elle appartient pourtant pleinement à la vie de l’atelier. Le terme, courant dans les procès-verbaux des XVIIIe et XIXe siècles, est aujourd’hui concurrencé par « tenue blanche » ou « conférence publique ». Il permet de comprendre comment la franc-maçonnerie articule l’espace initiatique fermé et le dialogue avec la cité.

Un mot ancien du vocabulaire associatif

Séance

« Séance », du verbe seoir, désigne d’abord le fait de siéger ensemble. Les loges du XVIIIe siècle l’emploient comme les académies et les sociétés savantes : on « ouvre la séance », on en dresse procès-verbal. Peu à peu, le vocabulaire maçonnique a réservé le mot « tenue » aux réunions rituelles tenues en loge ouverte, et laissé à « séance » un sens plus large, englobant les réunions qui se déroulent hors du cadre rituel ou hors du temple.

Séance et tenue

La tenue se déroule dans le temple, selon un rituel codifié, en présence des seuls initiés du grade auquel les travaux sont ouverts. La séance, elle, peut se tenir dans une autre salle, sans ouverture ni fermeture rituelles, et accueillir des publics variés. La frontière n’est pas absolue : selon les obédiences et les époques, les mots se recouvrent, et certains textes parlent de « séance » pour une tenue. Mieux vaut donc retenir l’opposition fonctionnelle entre réunion rituelle et réunion de travail ou d’ouverture.

Les principales formes

  • Séance de travail ou d’étude : préparation de planches, commissions, questions à l’étude des loges.
  • Séance d’instruction : formation des apprentis et compagnons par les Surveillants ou des frères expérimentés.
  • Séance administrative : budget, élections, gestion du temple, souvent appelée chambre du milieu ou réunion de bureau selon les usages.
  • Séance blanche ou publique : conférence ou débat ouvert à des profanes invités.

La séance blanche

La séance ou tenue « blanche » accueille des non-initiés. Elle prend la forme d’une conférence, d’un débat ou de la présentation d’un ouvrage. Les obédiences y recourent depuis la fin du XIXe siècle pour faire connaître leurs travaux sur des questions de société, de laïcité, de philosophie ou d’histoire. Elle obéit à une règle simple : on y parle librement des idées, jamais des éléments initiatiques. Pour beaucoup de profanes, c’est la première rencontre avec la franc-maçonnerie, et parfois le point de départ d’une démarche de candidature.

Organisation et esprit

Séance

Même sans rituel, une séance conserve une organisation : un frère ou une sœur ouvre la réunion, présente le thème ou l’intervenant, donne la parole et conclut. Les usages de la loge (écoute, ordre des interventions, courtoisie) y gardent leur force. On y retrouve l’idée que la méthode maçonnique ne tient pas seulement aux formes du temple, mais à une discipline de la parole qui peut s’exercer partout.

Une évolution du vocabulaire

Les anciens procès-verbaux de loge, rédigés sur le modèle des sociétés savantes, n’observent pas toujours la distinction moderne et peuvent parler de « séance » pour une réunion rituelle. Le partage actuel entre « tenue » et « séance » est donc une spécialisation progressive du vocabulaire, non une règle fixée dès l’origine.

Un pont vers la cité

La séance traduit l’ouverture de la franc-maçonnerie vers l’extérieur. Elle permet de dialoguer avec des universitaires, des responsables associatifs, des élus ou des religieux, et de nourrir la réflexion des loges par des regards extérieurs. Elle a aussi une portée pédagogique : face aux soupçons qui entourent les loges, elle montre concrètement ce qui s’y travaille, sans rien livrer de l’expérience initiatique.

À retenir

  • La tenue est rituelle ; la séance ne l’est pas nécessairement.
  • La séance peut être interne (travail, instruction, administration) ou ouverte (blanche, publique).
  • Le vocabulaire varie selon les obédiences : « tenue blanche », « tenue blanche ouverte », « conférence publique ».
  • La séance complète la tenue, elle ne la remplace pas.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.
  • Pierre Chevallier, Histoire de la franc-maçonnerie française, Fayard, 1974-1975.
  • Paul Naudon, La Franc-maçonnerie, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1963.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Tenue, Tenue blanche fermée, Profane, Planche, Instruction, Atelier.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Second surveillant en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Second Surveillant est l’un des trois officiers qui dirigent la loge, avec le Vénérable Maître et le Premier Surveillant ; on les appelle ensemble les « trois lumières » ou les « trois piliers » de l’atelier. Dans les rites français, il a la charge de la colonne des Apprentis, qu’il instruit et accompagne dans leurs premiers pas. Son bijou est la perpendiculaire, ou fil à plomb ; il est associé à la Beauté et, dans la tradition anglaise, au soleil à midi, qui rappelle l’heure de la récréation après le travail. Charge d’enseignement et d’attention, elle est souvent la première grande responsabilité d’un Maître.

Un héritage des chantiers

Second surveillant
3 lumières de la loge avec le VM et les 2 surveillants.

Le mot « surveillant » traduit l’anglais warden, gardien, que l’on retrouve dans les corporations médiévales : les wardens secondaient le maître et contrôlaient le travail et la conduite des ouvriers. Les Règlements de la Grande Loge de Londres (1723) mentionnent déjà le Maître et ses deux Surveillants comme les officiers indispensables d’une loge juste et parfaite. Ce trio est resté le cœur du gouvernement de la loge dans tous les rites.

Place dans le temple

Les usages diffèrent selon les traditions. Dans les rites anglo-saxons, comme Émulation, le Second Surveillant (Junior Warden) siège au Sud, face au Nord. En France, au Rite Français comme au Rite Écossais Ancien et Accepté, les deux Surveillants siègent à l’Occident, chacun à la tête d’une colonne ; le Second Surveillant a la responsabilité de la colonne où se tiennent les Apprentis. Il dispose d’un maillet, avec lequel il répète les coups du Vénérable et du Premier Surveillant, et d’un petit pilier, souvent d’ordre corinthien, associé à la Beauté.

Repères

  • Bijou : la perpendiculaire ou fil à plomb, image de la rectitude verticale et de la recherche en profondeur.
  • Pilier : la Beauté, généralement représentée par l’ordre corinthien.
  • Colonne : celle des Apprentis dans les rites français.
  • Rôle : instruction des Apprentis, contrôle de leur assiduité et de leur travail, avis sur leur passage au deuxième degré.
  • Tradition anglaise : il observe le soleil au méridien, appelle les Frères du travail à la récréation et de la récréation au travail.

L’instruction des Apprentis

Second surveillant

La fonction pédagogique est la plus importante. Le Second Surveillant organise souvent des réunions d’instruction, répond aux questions des nouveaux initiés, les invite à présenter leurs premiers travaux et veille à ce qu’ils comprennent le sens du silence qui leur est demandé en tenue. Lorsque vient le moment de l’augmentation de salaire, il fait part à la loge de ses observations. Son rôle est donc à la fois celui d’un maître d’apprentissage et d’un tuteur.

Cette tâche exige de la patience et du tact. L’Apprenti découvre un monde nouveau, avec ses codes, ses symboles et parfois ses déceptions. Le Second Surveillant doit encourager sans flatter, corriger sans décourager. Il est souvent, pour le nouvel initié, le premier visage de la transmission.

Le fil à plomb

La perpendiculaire vérifie la verticalité d’un mur. Elle indique la direction de la pesanteur et relie le haut et le bas. Sur le plan symbolique, elle invite à la droiture intérieure et à la descente en soi-même, que résume la formule VITRIOL proposée au candidat dans le cabinet de réflexion. Qu’elle soit portée par l’officier chargé des Apprentis n’est pas un hasard : le premier travail de l’initié est de trouver son propre aplomb.

Le soleil à midi

Dans la tradition anglaise, le Second Surveillant est placé au Sud pour marquer le soleil au méridien, à l’heure où les ouvriers interrompent le travail pour se restaurer. Cette image explique son rôle traditionnel dans les agapes et les banquets d’ordre, dont il est parfois chargé. Elle rappelle aussi que le travail maçonnique alterne effort et fraternité partagée, et que la Beauté naît de cet équilibre.

Le saviez-vous ?

Dans de nombreuses loges, la charge de Second Surveillant est une étape dans un parcours : le titulaire devient ensuite Premier Surveillant, puis souvent Vénérable. Celui qui dirigera un jour la loge a donc d’abord appris à former les plus jeunes.

Pour approfondir

  • James Anderson, The Constitutions of the Free-Masons, Londres, 1723.
  • Oswald Wirth, La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, tome I, L’Apprenti, Dervy (rééditions).

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Premier Surveillant, Sautoir de Vénérable Maître, Perpendiculaire, Apprenti, Colonnes, Sagesse, Force, Beauté.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Scrutin en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le scrutin désigne en loge l’ensemble des procédures de vote : admission d’un candidat, passage à un grade supérieur, affiliation, élection des officiers, décisions administratives. Le plus emblématique est le scrutin secret par boules blanches et noires, qui a donné à l’anglais le mot blackball, « refuser par une boule noire ». Il traduit des principes anciens de la sociabilité maçonnique : chaque membre a une voix égale, le vote se fait en conscience et à l’abri des pressions, et l’entrée d’un nouveau membre doit recueillir une très large adhésion, parce qu’elle engage toute la communauté de la loge.

Les différentes formes de vote

Scrutin
  • Scrutin par boules : vote secret au moyen de boules blanches (oui) et noires (non), déposées dans une urne ou une boîte à double compartiment.
  • Bulletin secret : employé pour les élections des officiers dans de nombreuses obédiences.
  • Vote à main levée ou par signe : pour les décisions courantes, souvent par le signe du grade.
  • Acclamation : approbation unanime et manifeste, parfois par une batterie.

Le scrutin par boules

Le vote par boules est la forme la plus ancienne et la plus symbolique. Chaque votant reçoit une boule blanche et une boule noire, ou prend l’une ou l’autre, et la dépose secrètement dans l’urne. Le dépouillement se fait sous le contrôle du Vénérable et d’officiers désignés. Il est utilisé surtout pour l’admission des profanes et souvent pour les augmentations de salaire ou les affiliations. Le nombre de boules noires suffisant pour refuser une admission varie selon les obédiences et les règlements.

Le mot blackball

Le procédé, commun aux clubs et sociétés de l’Angleterre du XVIIIe siècle, a donné le verbe anglais to blackball, « exclure par une boule noire », passé dans le langage courant. Les loges maçonniques l’ont adopté parce qu’il répond à un double impératif : garantir le secret du vote et donner à chaque membre la possibilité d’opposer, sans avoir à se justifier publiquement, un refus à l’entrée d’un candidat dans la fraternité.

Le scrutin dans la procédure d’admission

Dans la plupart des obédiences françaises, l’admission d’un profane suit plusieurs étapes : demande écrite, enquêtes confiées à plusieurs maîtres, lecture des rapports en loge, audition du candidat, parfois « passage sous le bandeau », puis scrutin. Certaines obédiences prévoient plusieurs tours de scrutin successifs. Le vote final, souvent par boules, est le moment décisif ; il est précédé de débats où chacun peut s’exprimer, sans que la présence du candidat soit admise.

Qui vote ?

Scrutin

Les conditions de participation sont fixées par les règlements. En règle générale, seuls les membres actifs de la loge, à jour de leurs obligations, votent ; les visiteurs ne votent pas. Pour les questions relevant d’un grade, seuls les membres de ce grade participent : le scrutin pour une élévation à la maîtrise se fait entre Maîtres. Le Vénérable dirige les opérations et en proclame le résultat ; l’Orateur veille à leur conformité aux règlements.

Le secret du vote

Le secret du scrutin est une garantie fondamentale. Il protège la liberté de conscience de chacun, évite les pressions et préserve l’harmonie de la loge : celui qui vote contre n’a pas à s’en expliquer et ne peut être recherché. Ce secret engage en retour une responsabilité : la boule noire ne doit pas être un instrument de rancune personnelle, mais l’expression d’une conviction sincère sur ce qui sert la loge.

Un exercice démocratique

Les loges maçonniques ont été, au XVIIIe siècle, l’un des lieux où l’on s’est exercé à des pratiques démocratiques encore rares dans la société d’ordres : élection annuelle des officiers, vote égal de chaque membre, délibération réglée. Les historiens de la sociabilité ont souligné ce rôle d’apprentissage civique. Le scrutin maçonnique en conserve la trace, même si les modalités varient selon les traditions.

Le saviez-vous ?

Dans certaines boîtes de scrutin anciennes, l’une des urnes est cachée par un tiroir ou un rideau, de sorte que personne ne voit dans quel compartiment le votant laisse tomber sa boule. Ces objets de bois, parfois richement décorés, figurent dans les collections des musées maçonniques.

À retenir

  • Le scrutin regroupe toutes les formes de vote en loge.
  • Le vote par boules blanches et noires est réservé surtout aux admissions et aux grades.
  • Il est secret, égal pour tous les votants, et encadré par les règlements de chaque obédience.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Enquête, Admission de non-opératifs à la loge d’Édimbourg, 3 juillet 1634 (date historique), Passage sous le bandeau, Élection de Laurence Dermott comme Grand Secrétaire des Anciens, 5 février 1752 (date historique), Sautoir de Vénérable Maître, Élection de Portalis comme orateur de la loge L’Amitié d’Aix-en-Provence, 1784 (date historique).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Sceau de Salomon en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le sceau de Salomon désigne aujourd’hui l’hexagramme, étoile à six branches formée de deux triangles équilatéraux entrelacés, l’un pointe en haut, l’autre pointe en bas. Le nom vient d’une légende ancienne, celle de l’anneau magique par lequel le roi Salomon commandait aux démons. Figure de l’union des contraires, connue de la magie médiévale, de la kabbale et de l’alchimie, il apparaît en franc-maçonnerie dans certains décors, tableaux et bijoux, notamment dans la tradition de l’Arche royale. Il faut toutefois le distinguer de l’étoile de David, devenue l’emblème du judaïsme.

La légende de l’anneau

Sceau de Salomon

La tradition attribue à Salomon un anneau gravé qui lui donnait pouvoir sur les démons. Flavius Josèphe, au Ier siècle, rapporte déjà l’usage d’un anneau associé au nom de Salomon pour chasser les esprits ; le Talmud raconte comment le démon Asmodée s’en empara. Le Testament de Salomon, texte apocryphe des premiers siècles, montre le roi enfermant les démons grâce à ce sceau, et la tradition islamique, sous le nom de khâtam Sulaymân, en a fait un motif très répandu. Le lien entre l’anneau et une figure géométrique précise est plus tardif.

Hexagramme ou pentagramme ?

Les sources médiévales n’ont pas toujours représenté le sceau de Salomon par l’hexagramme : la magie de la Renaissance parle aussi d’un « pentacle de Salomon » à cinq branches. L’hexagramme semble s’être imposé par la tradition arabe, puis être passé dans la kabbale espagnole. En 1354, l’empereur Charles IV accorde aux Juifs de Prague un drapeau portant à la fois le « bouclier de David » et le sceau de Salomon, signe que les deux noms désignaient encore des emblèmes voisins mais distincts. L’étoile de David est devenue au XIXe siècle le symbole du judaïsme et figure depuis 1948 sur le drapeau d’Israël.

Une géométrie de l’union

  • Triangle pointe en haut : le feu, l’esprit, l’élévation, le principe actif.
  • Triangle pointe en bas : l’eau, la matière, la descente, le principe réceptif.
  • Leur union : l’équilibre des contraires, le ciel et la terre, le macrocosme.
  • Alchimie : la figure contient les signes des quatre éléments et sert d’emblème du Grand Œuvre.

Dans la franc-maçonnerie

Sceau de Salomon

L’hexagramme n’appartient pas au décor obligatoire des loges symboliques. On le rencontre cependant sur certains tableaux de loge, dans les décors des hauts grades et surtout dans la maçonnerie de l’Arche royale, dont le bijou anglais associe deux triangles entrelacés inscrits dans un cercle. Il figure aussi dans le « pentacle universel » de Louis-Claude de Saint-Martin, le Philosophe inconnu, qui y lisait la création. Sa présence témoigne de l’héritage hermétique que la franc-maçonnerie du XVIIIe siècle a recueilli.

Une figure de la synthèse

Les auteurs maçonniques y voient l’image de la réconciliation des opposés : esprit et matière, actif et passif, raison et intuition. L’hexagramme prolonge ainsi la leçon du triangle, figure du ternaire, et celle du pavé mosaïque : les contraires ne s’annulent pas, ils se composent pour former un ordre plus large. Il rejoint aussi l’équerre et le compas entrelacés, dont certains commentateurs rapprochent la disposition.

Une prudence nécessaire

Parce que l’hexagramme est aussi l’étoile de David, la littérature antimaçonnique et antisémite s’en est emparée pour accréditer le mythe d’une collusion judéo-maçonnique. Une lecture sérieuse doit distinguer les usages : symbole religieux et national pour le judaïsme, figure hermétique et géométrique pour la tradition ésotérique, ornement occasionnel dans certains grades maçonniques. Confondre ces registres, c’est entrer dans la logique du soupçon.

Le saviez-vous ?

L’hexagramme orne des édifices très divers : le minaret de la Grande Mosquée de Testour en Tunisie, des églises et des abbayes, comme celle du Sacromonte à Grenade, ou encore le drapeau du Nigeria britannique entre 1914 et 1952. Sa diffusion montre qu’aucune tradition n’en a le monopole.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1969.
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.
  • Fulcanelli, Le Mystère des cathédrales, Schemit, 1926.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Hexagramme, Triangle, Pavé mosaïque, Salomon.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Sautoir de Vénérable Maître en Franc-maçonnerie

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Le sautoir de Vénérable Maître est le décor qui distingue celui ou celle qui préside la loge. Comme tous les sautoirs d’officiers, c’est un ruban porté autour du cou et retombant en pointe sur la poitrine, mais il soutient le bijou le plus significatif de l’atelier : l’équerre. Souvent plus richement brodé que les autres, il est remis au Vénérable lors de son installation et rendu à l’issue de son mandat. Il rappelle que l’autorité exercée à l’Orient n’est pas un pouvoir personnel, mais une charge temporaire placée sous le signe de la rectitude, que l’on reçoit des mains d’un prédécesseur et que l’on transmet à son tour.

Le décor de la chaire

Sautoir de Vénérable Maître

Le Vénérable Maître, élu par les Maîtres de la loge, siège à l’Orient, sous le delta lumineux. Il ouvre et ferme les travaux, distribue la parole, conduit les cérémonies et représente l’atelier. Son sautoir est l’expression visible de cette fonction. Dans la plupart des loges symboliques françaises, il est bleu, comme les décors de la Maçonnerie dite bleue, mais certaines obédiences et certains rites adoptent d’autres couleurs ou des bordures particulières. Les broderies varient elles aussi : rayons d’une gloire, feuilles d’acacia, symboles du rite, initiales de la loge.

L’équerre, bijou du Vénérable

Le bijou du Vénérable est l’équerre, instrument qui permet de vérifier l’angle droit et donc la justesse de la pierre taillée. Elle est l’emblème de la rectitude : le Vénérable doit gouverner la loge avec droiture et équité. Dans la tradition anglaise, on explique que l’équerre est l’emblème de la moralité, et que le Maître de la loge doit en être l’exemple. L’équerre est aussi l’une des trois grandes lumières de la Franc-maçonnerie, avec le volume de la Loi sacrée et le compas, ce qui souligne la place centrale de celui qui la porte.

La gloire et la lumière

Lorsque le sautoir est orné d’une gloire, c’est-à-dire d’un faisceau de rayons, souvent en fil d’or, il rappelle que le Vénérable siège à l’Orient, d’où vient la lumière. La gloire entoure aussi, dans de nombreux temples, le delta lumineux placé au-dessus de la chaire. Le Vénérable n’est pas la source de cette lumière : il en est le dépositaire pour la durée de son mandat, chargé de la transmettre aux Apprentis et aux Compagnons et de veiller à ce qu’elle éclaire les travaux de l’atelier.

  • Couleur : le plus souvent bleue en loge symbolique, avec des variantes selon les rites.
  • Bijou : l’équerre, emblème de la rectitude et de la moralité.
  • Ornements : gloire, acacia ou emblèmes du rite, selon les usages.
  • Port : pendant toutes les tenues présidées par le Vénérable, et lors des visites officielles où il représente sa loge.

L’installation : recevoir le sautoir

Maillet et épée sur un plateau de vénérable
Maillet et épée sur un plateau de vénérable

Le nouveau Vénérable reçoit son sautoir lors de la cérémonie d’installation, généralement annuelle. Après avoir pris ses engagements envers la loge et l’obédience, il est conduit à la chaire et reçoit les attributs de sa charge, maillet, équerre et sautoir, souvent des mains du Vénérable sortant ou d’un Maître installateur. Le geste est fort : il manifeste la continuité de la loge à travers le renouvellement de ceux qui la dirigent. Le nouveau Vénérable installe ensuite à son tour les officiers, qui reçoivent chacun leur propre sautoir.

Après la charge : le Passé Maître

Au terme de son mandat, le Vénérable rend son sautoir à son successeur. Dans la tradition anglaise et dans les loges qui en dérivent, il devient alors Past Master, ou Passé Maître, et porte un bijou particulier : une équerre à laquelle est souvent suspendue la figure de la 47e proposition d’Euclide, c’est-à-dire le théorème de Pythagore. Dans de nombreuses loges françaises, l’ancien Vénérable conserve un rôle de conseil, par exemple comme Architecte préparateur au Rite Français ou comme Expert, mais sans décor permanent de dignité.

Un symbole de service

La richesse éventuelle du sautoir ne doit pas tromper : elle honore la fonction, non la personne. Les rituels d’installation rappellent que le Vénérable est le premier serviteur de la loge, qu’il doit l’exemple de l’assiduité, de la maîtrise de soi et de l’écoute. Porter ce sautoir, c’est accepter d’être regardé par l’atelier, et donc de répondre de la manière dont on conduit les travaux. La remise du sautoir à son successeur, au terme du mandat, en est la meilleure illustration : le décor reste, les Vénérables passent.

À retenir

  • Le sautoir de Vénérable Maître est le décor du président de la loge.
  • Il porte l’équerre, emblème de la rectitude et l’une des trois grandes lumières.
  • Ses couleurs et broderies varient selon les rites et les obédiences.
  • Il est remis lors de l’installation et transmis au successeur en fin de mandat.
  • Dans la tradition anglaise, le Passé Maître porte l’équerre avec la 47e proposition d’Euclide.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Sautoir, Équerre, Installation, Orient.

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