Royaume-Uni : coup de frayeur après l’hospitalisation de la reine Elizabeth II.
La radio complétait par cette information : Après avoir été mise au repos par ses médecins, la reine Elizabeth II, âgée de 95 ans, a passé la nuit de mercredi à jeudi à l’hôpital pour y subir des examens présentés comme « préliminaires » par le palais de Buckingham. Alors qu’elle doit fêter en 2022 ses 70 ans sur le trône, la souveraine continue d’afficher une bonne forme et ses hospitalisations rendues publiques sont rarissimes.
Pour notre part, 450.fm aimerait revenir sur ce qu’on nomme :
L’affaire de la boucle de ceinture de l’infirmière de la Reine
En mars 2013, vous aurez peut-être vu ou entendu parler de l’hospitalisation de la reine Elisabeth II d’Angleterre. Une photo d’Elisabeth II à sa sortie de l’« Hôpital Royal Edouard VII » suscita beaucoup de commentaires. En effet, son infirmière arborait à sa taille une ceinture comportant une boucle avec des symboles maçonniques : une équerre/compas et une étoile à 5 branches, le pentagramme.
L’explication est toute simple : les infirmières d’élite gardent cette boucle malgré la fermeture, en 1992, du « Royal Masonic Hospital ». Celles qui y travaillent toujours (et les plus méritantes) ont été autorisées à continuer à la porter, par tradition.
L’hôpital fut créé en 1911 et destiné initialement à soigner surtout les Francs-maçons. C’est à partir de 1977 qu’il accueillit des patients « profanes ». Il fut revendu à un trust hospitalier en 2002.
Mais voilà que dans les forums, sites et blogs conspirationnistes on y voit la main de la Franc-Maçonnerie sur la famille royale !
C’est méconnaître les liens historiques entre la dynastie britannique de Hanovre et la franc-maçonnerie.
Nous souhaitons à la Reine un prompt rétablissement et adressons nos respectueuses salutations et meilleurs vœux au duc de Kent, son cousin, petit-fils du roi George V.
S.A.R. le prince Edward, duc de Kent, Grand Maître de la Grande Loge Unie d’Angleterre.
« Nous sommes fiers d’avoir maintenu une tradition de patronage royal, qui a commencé avec le roi Edouard VII. Aujourd’hui, la Patronne de l’Hôpital est Sa Majesté la Reine, et notre Président est SAR le Duc de Kent, qui assiste à notre réception annuelle des Amis. »
Le colloque « Savoirs cachés : regards scientifiques sur l’ésotérisme » se tiendra les 15 et 16 novembre 2021 en Sorbonne dans le cadre de l’année thématique Ésotérisme 2021 de la bibliothèque.
Organisé par un comité scientifique présidé par Jean-Pierre Brach directeur d’études à l’EPHE et en collaboration avec le LEM, le Cellf et l’université d’Oslo, cette manifestation réunira des chercheurs français et étrangers qui évoqueront les fondements de ces savoirs et quelques grands thèmes comme le rosicrucianisme, les théosophes ou l’ésotérisme et l’art, tout en mettant en avant les collections de la bibliothèque Sainte-Geneviève. Colloque organisé avec le concours de l’EPHE – PSL
Dates : 15 et 16 novembre 2021
Lieu : Amphithéâtre Durkheim, Sorbonne Université, 14 rue Cujas – 75005 Paris
Conditions d’accès – Inscription obligatoire dans la limite des places disponibles : https://forms.gle/wh6XcWHKXGSWdt5m8 : Présentation du pass sanitaire à l’entrée
Programme prévisionnel
LUNDI 15 NOVEMBRE 2021
9h Accueil
9h20 Mots de bienvenue
9h30 Introduction : l’ésotérisme dans les collections de la bibliothèque Sainte-Geneviève, Anne Vergne (BSG)
9h50 Table ronde – Les savoirs de l’ésotérisme
Modérateur : Jean-Pierre Brach (LEM-EPHE)
Alchimie : Lawrence Principe (Université John Hopkins)
« Le magnétisme spiritualiste. De Lyon à Paris, de la Société de la Concorde à Alphonse-Louis Cahagnet (1784-1885) », par Anne Jeanson (LEM-EPHE)
« Les origines des almanachs ésotériques en France du XVIe siècle au XXe siècle », par Judith Daguer Tessema (étudiante EPHE)
16h Départ pour la visite de l’exposition à la bibliothèque Sainte-Geneviève (sur inscription)
MARDI 16 NOVEMBRE 2021
9h Accueil
9h20 Table ronde – Les théosophes
Modérateur : Anne Jeanson (LEM-EPHE)
Jean-Pierre Brach (LEM-EPHE)
Didier Kahn (Cellf -SU -CNRS)
David König (Enseignant)
10h50 Pause
11h Session 3 – Le rosicrucianisme
Modérateur : Anne Vergne (BSG)
« Le Rosicruciasnime comme mouvement initial de réforme des savoirs », par Didier Kahn (Cellf-SU- CNRS)
Le Rosicruciasnime alchimique (XVIIIe siècle), par Reinhard Markner
« Une réinvention du « collège rosicrucien » dans la franc-maçonnerie française (deuxième partie du XVIIIe et début du XIXe siècle) », par Thierry Zarcone (CNRS)
12h30 Déjeuner
14h Session 4 – Ésotérisme et arts
Modérateur : Roberto Poma (UPEC)
« Pour une histoire de l’ésotérisme en littérature », par Giuliano D’Amico (Université d’Oslo)
« Les sons de l’ésotérisme (The Sounds of Esotericism) », par Anna Gawboy (Université de l’Ohio)
« L’ésotérisme dans l’art contemporain : le cas de la théosophie », par Marco Pasi (Université d’Amsterdam)
La Grande Loge de France a la tristesse de nous informer du passage à l’Orient Éternel du Très Respectable Ancien Grand Maître Jean Verdun (1931-2021) – Grand Maître de 1985 à 1988 -, et par ailleurs prix spécial du jury, pour l’ensemble de son œuvre, des prix littéraires de l’Institut Maçonnique de France en 2014.
« Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle »
Cette phrase attribuée à Amadou Hampâté Bâ (c. 1900-1991) écrivain, ethnologue et défenseur de la tradition orale – il s’agit en réalité de la reformulation d’une partie de son discours prononcé en 1960 à l’UNESCO – reflète bien ce qu’était notre Frère Jean dont la sagesse était légendaire.
En ce triste jour où notre bien-aimé Frère Jean Verdun, l’homme, le Maçon, l’écrivain, est passé à l’Orient Éternel, nous vous invitons à (re)lire l’article « Jean Verdun, un descendant d’Aristote », des propos recueillis par Jean Moreau, dans le numéro 290 de la revue Humanisme 2010/4 (N° 290), pages 86 à 94. Jean a été membre du GODF en 1998 avant de rejoindre, en 2019, l’Obédience qui l’a vu naître. https://www.cairn.info/revue-humanisme-2010-4-page-86.htm
Qui dit secret dit silence, interdiction d’une révélation à ceux qui ne le partagent pas.
Les choses saintes des anciens mystères qui n’étaient connues que par les initiés et qui n’avaient pas été révélées aux profanes, s’appelaient aporrheta.
Du temps d’Abraham, vivait en Égypte Hermès ou Idris II ; il fut surnommé trimégiste, parce qu’il était prophète, roi et philosophe. Il enseigna l’art des métaux, l’alchymie, l’astrologie, la magie, la science des esprits… Pythagore, Bentecle (Empédocle), Archélaüs le Prêtre, Socrate, Platon et Aristote puisèrent leur science dans les écrits d’Hermès. Eusèbe déclare expressément qu’Hermès fut l’instituteur des Hiéroglyphes ; qu’il les dévoila aux prêtres et que Manéthon, Grand Prêtre des idoles, les expliqua en langue grecque à Ptolomée Philadelphe. Ces hiéroglyphes étaient regardés comme sacrés et souvent appelés « Les mots de Dieu ». On les tenait cachés dans les lieux les plus secrets des temples. Le grand secret qu’observèrent les prêtres sur leurs savoirs opératifs, les hautes sciences qu’ils professaient, les firent considérer et respecter de toute l’Égypte. La destruction de plusieurs villes, la ruine de presque toute l’Égypte par Cambyse, Roi de Perse, les dispersa dans les pays voisins et dans la Grèce. Ils y portèrent leurs sciences, mais ils continuèrent sans doute à les enseigner à la manière usitée par eux, c’est-à-dire, mystérieusement. Ne voulant pas les prodiguer à tout le monde, ils les enveloppèrent encore dans les ténèbres des fables et des hiéroglyphes, afin que le commun en voyant, ne vît rien, en entendant, ne comprît rien. L’expansion du christianisme fait disparaître les derniers prêtres maîtrisant le secret des hiéroglyphes à la fin du IVe siècle.
Les grecs avaient un dieu du silence, Harpocrate. Ovide dit de lui : «Quique premit vocem digitoque silentia suadet ; celui qui contrôle la voix et persuade le silence avec son doigt.» « Il est vrai que dans tous les monuments où il est représenté, son attitude est de porter le doigt sur la bouche, pour marquer, dit Plutarque, que les hommes qui connaissaient les Dieux, dans les temples desquels Harpocrate était placé, ne devaient pas en parler témérairement ».[1] « La statue d’Harpocrate était chez les anciens sages l’emblème du secret, qui se fortifie par le silence, s’affaiblit & s’évanouit par paraboles. »[1]
Il était cependant une divinité de la mythologie égyptienne. Son vrai nom étant, selon Bunsen et Lepsius, Har-pi-krati, c’est-à-dire Horus l’enfant ; il est censé avoir été le fils d’Osiris et d’Isis. Il est représenté par une figure nue, assis parfois sur une fleur de lotus, soit tête nue avec la natte de l’enfance sur le côté, ou couvert par une couronne Hemhem, mais toujours avec son doigt pressé sur ses lèvres. « Harpocrate n’est point un dieu imparfait dans un état d’enfance, ni aucun des légumes qui commencent à fleurir. Il faut plutôt le regarder comme celui qui dirige et rectifie les opinions faibles, imparfaites et inexactes que les hommes ont des dieux. Aussi tient-il le doigt posé sur sa bouche : attitude qui est le symbole du silence et de la discrétion. Dans le dernier mois de l’année égyptienne, en juillet, on offrait à ce dieu des légumes, en disant : «langue, fortune ; langue, génie». De toutes les plantes qui croissent en Égypte, le perséa est celle qu’on offre de préférence à ce dieu, parce que son fruit à la forme d’un cœur, et sa feuille celle d’une langue»[2].
Les Romains avaient une déesse du silence nommée Angerona, représentée comme Harpocrate, un doigt sur la bouche en signe de secret.
Il est une légende talmudique du doigt de l’ange : lorsque l’Ange de la Nuit se penche sur le bébé en train de naître qui reçoit en lui la Neshama, il pose son doigt sur les lèvres du tout-petit pour imposer à la Neshama[3] le secret sur toute sa connaissance des liens entre l’en-haut et l’en-bas, et le sillon que nous avons tous au milieu de notre lèvre supérieure n’est que la trace de ce doigt de l’ange, le sceau du secret :
Le roi Salomon, dans Proverbes 1,6 reconnaît comme objet digne de l’étude d’un homme sage ces secrets : «On saisira mieux paraboles et sentences, les paroles des sages et leurs piquants aphorismes.»
«C’est au moyen d’une méthode herméneutique d’inspiration endogène, c’est-à-dire en s’inspirant du contexte de narration et de représentation du monde des concepteurs de ces récits, qu’il devient possible d’accéder au sens profond et caché de ces textes. Le code serait en effet intégré dans le texte et dans le contexte de narration, et il s’agit, malgré les difficultés évidentes que cela représente, de le discerner.»
La notion de secret, dès les premiers Anciens Devoirs (le Régius, le Cooke) apparaît comme une injonction pour protéger l’artifex, les savoirs faire des corps de métiers transmis sur les chantiers.
Pour Laurence Dermott, l’une des principales qualités qui fait la sagesse d’un homme est sa force ou sa capacité à conserver et cacher intelligemment les secrets honnêtes qu’on lui confie, de même que ses propres affaires [4].
Ainsi, sur le plan de la loge de l’apprenti-compagnon du Nouveau Catéchisme des Francs-maçons de Louis Travenol on voit une des portes du Temple de Salomon sur le sommet de laquelle d’un côté il y a Harpocrate, et de l’autre la Vérité, ayant un Miroir à la main[5].
Le secret, qui se justifiait pour la Franc-Maçonnerie opérative par la nécessité de protéger l’art ou les secrets de fabrication propres à chaque corporation de métier, semble perdre toute légitimité dans le cas de la Franc-Maçonnerie spéculative qui ne travaille plus sur des matériaux mais sur des idées. En 1723, à Londres, est publié dans un Journal The Flying Post un texte dénommé depuis Examen d’un maçon qui nous renseigne sur les mots, signes, attouchements des francs-maçons et la cérémonie de réception d’un profane. Puis en 1730, Samuel Prichard, un franc-maçon, membre en exercice ou démissionnaire de la loge La Tête d’Henry VIII à Londres, publie, sous le titre La maçonnerie disséquée un rituel pratiqué au sein de la Grande Loge de Londres qui comporte pour chacun des grades la description de la cérémonie d’initiation. De toute façon, ce qui y est présenté et exposé ne pourra être compris que par l’expérience d’un vécu dans les conditions des rites initiatiques, non pas pour faire ou acquérir, mais pour devenir. Le voyage initiatique ne vise pas à vérifier le déjà révélé, mais à exercer l’intelligence du caché. Ce passage se déclinera en de multiples secrets dits conventionnels qui vont naturellement du mot de passe, au geste signifiant l’état intérieur de progression, aux signes de reconnaissance, etc. Tous ces dérivatifs du secret initiatique sont hautement symboliques, mais ne sont pas le secret lui-même, ils n’en sont qu’un reflet.
Léopold Vanderhaegen : Les secrets d’Hiram. Les sources bibliques de la franc-maçonnerie démarrer à 1:00:18 : https://youtu.be/2ApK4AXjNys
Qui dit silence dit espace d’écoute
«Le silence du zen n’est évidemment pas pour apprendre à se taire, se murer sur soi-même dans un mutisme, mais au contraire pour apprendre à écouter et à voir. On recherche le silence pour entendre les autres et cesser de s’écouter soi-même.»
Le silence de l’Apprenti dans les rites continentaux est son cinquième voyage initiatique (après le cabinet de réflexion + les trois voyages de la cérémonie d’initiation) ; il s’accomplit dans l’écoute, mais consiste, aussi, en ce qui ne lui est pas encore accordé et qui lui sera donné, progressivement, pour avoir la plénitude des droits du Maître (droit de parole, de vote, d’occuper un office…). Se taire, faire silence, écouter est indispensable pour entendre le monde subtil, et, par ces espaces que libère le silence fait irruption en nous tout un univers de forces insoupçonnées. Le chemin de l’apprentissage mène de la pensée silencieuse vers la parole retrouvée pour donner du sens au silence ; le substantif « mot », lui-même, sous sa forme latinisée motus, signifiant le silence, comme le fait remarquer Lacan [7]. Le silence joue le même rôle que l’obscurité d’où naît la Lumière. Le silence, par le recueillement et la concentration qu’il procure, permet l’écoute de l’autre et de l’invisible.
Qui dit silence dit secret, parce qu’il y a impossibilité de dire
La connaissance que le franc-maçon vient quérir dans la loge, ne peut être placée sur le même niveau que l’ensemble du savoir auquel il peut accéder dans les institutions du monde profane. Dans ses Mémoires, Casanova écrit : «Le secret de la maçonnerie est inviolable par sa propre nature puisque le maçon, qui le sait, ne l’a appris de personne ; il l’a découvert à force d’aller en loge, d’observer, de raisonner et de déduire.» Il y a un silence du maître.
Les mystères, que les francs-maçons nomment aussi les secrets de la Franc-Maçonnerie, ne se manifestent qu’à l’intérieur de chacun ; ils sont constitutifs de l’invitation permanente faite au maçon de se connaître soi-même. Il s’agit d’un secret dont la nature profonde prend ses racines dans l’expérience individuelle qui souligne le passage du moi au soi, de surcroît dans le cadre collectif d’une loge maçonnique qui minore le «je» au profit d’une altérité charitable et dans l’exercice d’un rituel ancestral resituant l’homme dans l’archétype du mouvement cosmogonique. Selon, Mircea Eliade, le secret n’est pas seulement un stade de l’histoire de la conscience humaine, mais est un élément constitutif de la structure de cette conscience.
Le secret est notre rapport personnel, au plus intime de nous, avec le Tout qui nous entoure. »
Si le secret est ce que l’autre connaît et que l’on ne connaît pas, le mystère est ce que tout le monde ne connaît pas, il est dans le silence, et nous sommes des porteurs de la sagesse immémoriale de ce silence.
[3] La théorie ésotérique juive du Gilgul, le cycle, imagine qu’après la mort la Neshama, un des trois aspects de l’âme, remonte dans la demeure du paradis d’en-haut, et retrouve sa radiance, c’est-à-dire l’unité du haut et du bas, pour un jour revenir dans un autre corps.
[7]«Effet “motus” qui ouvre comme un temps logique de lecture, définissant un entour de la lettre en termes de silence», J. Lacan, Le Séminaire, livre VII : L’Éthique de la psychanalyse.
Il convient de noter qu’on compte parmi les francs-maçons des personnalités les plus diverses : quinze des quarante-cinq présidents des USA jusqu’en 2020 (dont George Washington, Franklin D. Roosevelt, Lyndon B. Johnson et Gerald Ford), Charles X, Édouard VI, Édouard VII, les Ducs de Kent d’Angleterre, Guillaume Ier d’Allemagne, Lafayette, Winston Churchill, Benjamin Franklin, Auguste Bartholdi, Abd-el-Kader, Rudyard Kipling, Voltaire, Mozart, Salvador Allende, John. H. Glenn, Edwin Aldrin, Prince Philip (mari de la reine Elisabeth II, etc.
La Franc-maçonnerie n’est pas une organisation internationale monolithe, mais est constituée de sociétés initiatiques indépendantes, des Grandes Loges composées de Loges, qui se reconnaissent par l’adhésion à un certain nombre de “points de repère ˮ (« landmarks ») qui les définissent et qui ont pour objectif l’amélioration morale et spirituelle de leurs membres.
Sauf dans quelques très rares Grandes Loges qui font bande à part en réfléchissant sur des sujets sur la société, les discussions sur la politique et la religion, facteurs de division, y sont interdites. La Grande Loge Unie d’Angleterre, la première Grande Loge créée au monde, déclare sur son site internet que
« ses racines viennent de la tradition des tailleurs de pierre médiévaux qui ont construit les cathédrales et les châteaux »
et que pour les francs-maçons , « quatre valeurs importantes aident à définir leur chemin dans la vie: l’Intégrité [Construire de bonnes personnes], la Fraternité [Construire ensemble], le Respect [Construire l’unité] et la Charité [Construire la compassion]…».
Il était donc normal qu’un certain nombre de Vietnamiens profitât d’un séjour en France pour se faire initier franc-maçon, avec le parrainage de leurs amis français. Ils pensaient probablement que certaines personnalités politiques françaises qui étaient Francs-maçons pouvaient éventuellement leur apporter leur soutien dans leur lutte pour l’indépendance de leur pays. L’impossibilité, pour les Francs-maçons vietnamiens, d’obtenir un quelconque appui de la part de leurs frères français dans leur combat, montrait que leur fraternité restait bien limitée.
Certains Francs-maçons français étaient même hostiles à la création, au Việt Nam, de Loges dominées par des Vietnamiens, celles-ci risquant, d’après eux, de se transformer en « foyers de combat contre la domination française ».
Les Vietnamiens dans la Franc-maçonnerie coloniale, un article de la Revue Française de l’Histoire d’Outre-Mer de Jacques Dalloz ; et Chroniques secrètes d’Indochine (1928-1946), Tome 1 Le Gabaon, de Gilbert David, aux éditions de l’Harmattan. 5 Jean Lan, de La Fraternité tonkinoise, Paquin, de L’Étoile du Tonkin, et Bouault, du Réveil de l’Orient sont cités dans Les Vietnamiens dans la franc-maçonnerie coloniale, un article de la Revue Française de l’Histoire d’Outre-Mer écrit par Jacques Dalloz.
Croire. Au vrai, personne n’échappe à cette singularité de la condition humaine. Toutes nos actions sont basées sur ce verbe, de la croyance en soi et aux autres, aux croyances religieuses à un « au-dessus de soi ».
Du théisme à l’athéisme, Josselin Morand nous entraîne dans l’exploration des formes de ce « croire », de l’antiquité à nos jours. Avec un remarquable esprit de synthèse, il réussit à présenter dans ce livre un panorama complet du champ cultuel, des trois monothéismes au communautarisme et transhumanisme, de la question de Dieu remis en cause par les génocides du XXe siècle au fanatisme et à l’idolâtrie. Sans omettre les particularismes des religions orientales.
C’est cette riche approche du phénomène de « reliance », qui lui permet d’aborder objectivement la spiritualité, cette vie de l’esprit avec ou sans Dieu. Et de définir son expression en termes maçonniques.
Dans ce contexte où certains groupes pseudo-religieux affichent aujourd’hui une volonté « d’appropriation de l’invisible » par la violence, la franc-maçonnerie « à la française » est plus que jamais une chance avec le triple choix qu’elle propose. A savoir, la laïcité, expression de la liberté de penser, dans le respect des cultes ; la possibilité pour qui la rejoint, d’interpréter symboliquement un Principe créateur ; l’athéisme, lequel se passe de l’hypothèse déiste.
Cette paisible trilogie constitue l’une des spécificités de l’Art royal. C’est l’éthique individuelle qui, par l’exercice des valeurs républicaines, crée la morale collective. Autrement dit, la raison bienveillante positionne le franc-maçon. Ni athée stupide, ni libertin irréligieux, il est au « juste milieu », définition même de la vertu, selon Aristote. Celle-ci conduit vers une vie bonne, dans une société bonne, pour y bien agir.
Ainsi, cette conscience éclairée par l’initiation apprend à mieux vivre, à mieux communiquer et à accepter sa finitude. L’empathie est la condition indispensable de toute éthique, nous dit l’auteur. Une généreuse façon de semer, essaimer et s’aimer.
Biographie de l’auteur :
Josselin Morand est ingénieur de formation et titulaire d’un diplôme de 3e cycle en sciences physiques, disciplines auxquelles il a contribué par des publications académiques. Il est également pratiquant avancé d’arts martiaux. Après une reprise d’études en 2016-2017, il obtient le diplôme d’éthique d’une université parisienne. Dans la vie profane, il occupe une place de fonctionnaire dans une collectivité territoriale. Très impliqué dans les initiatives à vocations culturelle et sociale, il a participé à différentes actions (think tank, universités populaires) et contribué à différents médias maçonniques. Il est l’auteur d’un essai : L’éthique en Franc-maçonnerie (Numérilivre-Editions des Bords de Seine).
[NDLR : Nous devons donc déjà à Josselin Morand, en 2020, L’éthique en franc-maçonnerie, toujours chez Numérilivre https://numerilivre.fr/fr/ J’aime cet éditeur qui n’hésite pas à afficher sur ledit site une belle liste d’ouvrages dits « populaires »… Il nous faut comprendre par populaire soit qui émane du peuple, comme la volonté populaire, soit propre au peuple, comme les traditions populaires… Gageons que Numérilivre y gagne en popularité qui est le fait d’être connu et aimé du plus grand nombre !
Par ailleurs, notre Frère Josselin pour 450.fm https://450.fm/ est l’auteur de 144 articles et de 5 commentaires…
Dans le présent livre, après le Manifeste du Convent de Lausanne, en date du 6 septembre 1875 du Rite Écossais Ancien et Accepté réunissant les représentants de onze « Suprêmes Conseils » et dont les travaux présentaient la rédaction d’une « déclaration de principes » qui fut par la suite à l’origine de nombreuses controverses – « La Franc-maçonnerie proclame, comme elle a toujours proclamé, l’existence d’un Principe Créateur, sous le nom de Grand Architecte de l’Univers » -, l’auteur nous conduit à travers des thématiques fortes pour le Maçon, voire essentielles pour certains, – « Religions, morales et politique », « La spiritualité », « La laïcité », l’athéisme » à mieux comprendre le rôle, si ce n’est la mission, de la Franc-Maçonnerie dans cette société postmoderne et surtout de savoir à quoi elle sert aujourd’hui encore]
Oasis, paradis terrestre, lieu de passage et de transition, il y a autant de « dedans » nommés comme jardins, conçus de terre et d’eau. En écho au mythe adamique du jardin de Dieu, les jardins sont des lieux de vie et d’humanité. Ils facilitent le retour sur soi et une sagesse commune.
Toute rencontre au jardin est élégante, maîtrisée, respectueuse de l’humanité de la rencontre, dans l’abandon de soi et le souci de l’autre. Face au monde plat, le jardin rend sensible la double épaisseur du temps et de l’espace. Dans cette intention d’habiter les paysages, chacun attend et attendra toujours du jardin qu’il favorise l’accès à un monde commun et un monde d’autonomie et de liberté créative. En chacun, il existe bel et bien le jardin refuge, l’île accueillante dans la tourmente, l’espace à dévoiler, à dire, à raconter pour expliquer ce qui conduit irrésistiblement nos pas vers ces lieux d’agrément, entre fleurs et pierres, pour que notre cœur puisse s’emballer sous l’effet de la volupté et notre âme s’émouvoir du vent bienvenu sur le front de nos matins fiévreux.
Dans une dimension cosmique, le jardin vu comme un microcosme est indissociable d’un travail jardinier, théâtral et architectural, renvoyant à un macrocosme. Les pratiques jardinières y sont d’autant plus variées qu’elles répondent au besoin de créer et de se rattacher à l’Infini. Un territoire sacré, travaillé, occupé pour signifier, transmettre, partager. Un jardin laboratoire du monde, où il convient de savoir manier les outils qui ensemencent, binent, taillent, rectifient, protègent, abritent, déploient et font vivre jusqu’aux arbres fruitiers magnifiques des canopées odorantes. Au-delà des frondaisons entrevoyant la voûte étoilée, l’endroit est un lieu d’intelligibilité cachée et peut être fait- il espérer une sorte d’immortalité comme la rosée à l’aurore?
Dans les jardins et vergers médiévaux, à l’écart du brouhaha du chœur des hommes, de gentes dames ont espéré autrefois se frayer auprès d’un compagnon civilisé, courtois et sincère, une voie d’harmonie escomptant sur la subtilité des sentiments et la considération de paroles simples et bienfaisantes. Même si l’invitation ne valait que pour un court instant suspendu, à l’écart de la furie des batailles au-delà des murs, la représentation de vivre bien ensemble et sans peur réciproque, fige l’image d’une paix et d’une égalité sociales. Elle fait partie du décor d’un jardin aux formes multiples avec son carré des simples, ces herbes magiques et utiles, ces espaces colorés et surhaussées par des plessis d‘osiers et de fleurs grimpantes. Elle soutient toujours la volonté d’un chœur fraternel, d’une proximité sociale respectueuse entre les êtres…
Au temps du pouvoir royal, le jardin a pris une allure de splendeur et d’absolu, qui marquait l’emprise des individus par le Roi. Toutefois le jardin du pouvoir n’est jamais aussi cartésien qu’il n’y paraît, aussi logique et rationnel. Au delà de ses lignes apparemment tirées au cordeau, il n’exclue pas des parcours secrets, labyrinthiques, des figures baroques, des cachettes possibles, des grottes et des folies. Il reste toujours un envers et un endroit du jardin du pouvoir quelque soit son paysage orientaliste ou faussement exotique, pour se vouloir frondeur, rebelle et libertaire…
Sans fin, le jardin continue de fasciner puisqu’il n’est pas un simple morceau de terre et de culture mais un ensemble de signes qui disent, précisent, orientent, face à une modernité agressive et insolente. Ainsi en est-il de la loge maçonnique comme du jardin !
Habitués ou visiteurs, ceux qui s’expriment en ce lieu couvert, s’y montrent, humbles, affranchis et dépouillés de l’inutile, du superflu. Nul besoin de disserter longuement ensemble : même avec un beau terreau, rien ne peut croître sans une foi ardente, sans une patience soutenue, sans un regard sensible à la symphonie des couleurs et l’effet du temps !
Sources :
Conférence à la GDF-Paris le 14/10/2017- « Symbolisme du jardin » Frédéric- Pierre Isoz et C. Laporte
Claude Debru et Frédéric-Pierre Isoz, Pourquoi croyons nous ? Ed Odile Jacob, Février 2020