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Dix raisons qui me font aimer la franc-maçonnerie !

Avec plus de quarante années « d’ancienneté » maçonnique, j’éprouve toujours autant d’intérêt au travail maçonnique sous ses différentes formes ! Je pourrais même dire que cet intérêt a crû ! Pour l’expliquer, je vous propose dix raisons ! 

10, c’est, bien sûr, le symbole d’une globalité parfaite ! Loin de moi de prétendre que tout est parfait en franc-maçonnerie, mais ces dix réalités éveillent mon esprit et stimulent mon intérêt.

En loge, qui est d’abord un atelier, …

  • 1 – On passe de bons moments.
    • Devenir franc-maçon-ne, c’est d’abord intégrer une loge maçonnique (voir ci-dessous comment s’y prendre pour cela) ; une loge, c’est un petit groupe d’hommes et/ou de femmes (en général entre 20 et 50 personnes). En loge, structure de base de la vie maçonnique, les relations humaines sont la plupart du temps très conviviales ; si les francs-maçon-ne-s sont pour la plupart des personnes sérieuses, cela ne les empêche pas d’être aussi de bonne humeur et d’avoir le sens de l’humour. La plupart des réunions maçonniques se terminent autour d’une table et c’est un temps d’échanges très agréable.
    • Pour faire en sorte qu’il y ait le moins possible de mauvais moments, je conseillerais aux nouveaux entrants de toujours être prudents et de toujours prendre le temps de connaître « la règle du jeu » ! Une démarche maçonnique, c’est une œuvre de longue haleine et l’enthousiasme des premiers mois doit être tempéré !  Ecouter, observer, se taire le plus souvent, reste une bonne règle pour les trois premières années ! Le principe taoïste du « Non-Désir » devrait être aussi une maxime maçonnique !
  • 2 – On fait des rencontres.
    • Rejoindre une loge s’accompagne toujours de la découverte de nouveaux visages ; parmi ceux-ci, il y en aura immanquablement certains avec lesquels vous aurez des affinités et qui deviendront de vrai-e-s ami-e-s.
    • Le tutoiement et les accolades donnent parfois la (fausse) impression que les relations fraternelles voisinent avec l’intimité ! L’amitié, pour qu’elle soit durable et authentique, doit se construire par le partage, non pas des sentiments, mais celui du « chantier et des épreuves » !  Cela suppose des circonstances particulières ; il faut laisser au temps de les faire apparaître !
  • 3 – On intègre une belle communauté mondiale de femmes et d’hommes de toutes origines et de multiples nationalités partageant de belles valeurs humanistes.
    • La franc-maçonnerie constitue une communauté mondiale de femmes et d’hommes ayant en commun une même manière de se réunir, d’utiliser les mêmes symboles et de pratiquer une même fraternité universelle. Cette communauté transcende les frontières.
    • N’oubliez jamais que cette communauté a des règles et des codes qu’il faut apprendre au risque de se fourvoyer ! Il faut toujours les respecter, même si on doit parfois prendre du recul quant à leur pertinence ! Cet universalisme de la franc-maçonnerie explique le rejet du nationalisme et du repli sur soi qui inspire la démarche maçonnique.
  • 4 – On acquiert et développe des connaissances dans les sciences humaines.
    • Le travail maçonnique impose la connaissance de données issues des sciences humaines et en particulier la philosophie, la psychologie et le symbolisme ; il incite à la recherche sur tout ce qui constitue l’activité humaine. Cela suppose un travail personnel long et parfois fastidieux mais qui est indispensable si on veut sortir des sentiers battus qui mènent à des approximations.
    • Aujourd’hui, il s’agit avant tout de connaissances livresques bien que de nombreuses planches peuvent y contribuer, mais c’est indispensable pour participer à des échanges et pour comprendre le corpus maçonnique ; c’est aussi important pour pouvoir exposer des idées en faisant référence à d’autres cultures.
  • 5 – On apprend à mieux se connaître !
    • Ce principe socratique a été adopté par la dynamique maçonnique ; il permet de prendre du recul sur tout ce qui est passionnel ! L’affection fraternelle ne doit pas être confondue avec l’affectivité qui, elle, est un leurre qu’il faut savoir éviter !
    • Mieux se connaître suppose aussi beaucoup d’humilité et de persévérance. Ce n’est pas facile, car cela entraine inévitablement la perception de ses propres erreurs.
  • 6 – On se perfectionne sur le plan de la moralité !
    • Conscient de mon imperfection, les préoccupations éthiques, qui sont au premier plan des réflexions maçonniques, m’ont obligé à me remettre en question ; cela concerne aussi bien l’être humain que mes rapports avec la nature.
    • La recherche fait partie de l’ADN de la franc-maçonnerie. C’est ce qui permet de dépasser les savoirs traditionnels pour permettre aux humains d’avancer dans la voie de la connaissance. La démarche maçonnique doit savoir s’approprier les connaissances contemporaines qui remettent en cause des croyances traditionnelles.
  • 7 – On y prépare sa propre mort.
    • Le rituel maçonnique est aussi un rituel de la mort initiatique qui débouche sur le questionnement de la mort physique. La loge maçonnique est un des rares lieux où des êtres humains peuvent en parler. Ce partage, lorsqu’il est réalisé dans le secret des travaux maçonniques, est la « perle sur le gateau » de l’authenticité que l’on peut vivre en loge.
    • Le rituel maçonnique est par essence un rituel funéraire qui propose une sorte de métempsychose. On n’est pas obligé d’y adhérer ; personnellement, cette imprégnation maçonnique a conforté l’approche scientifique de la relation entre la pensée (l’esprit ou l’âme) et l’activité biologique.  
  • 8 – On y cultive le goût de la lecture.
    • Si nous fonctionnons selon les principes d’une tradition orale, les écrits ont une place de choix dans l’approfondissement de nos connaissances. Le travail maçonnique suppose de se documenter et aussi de réaliser des « planches », c’est-à-dire des écrits personnels sur tous les sujets qui nous interpellent.
    • La loge est aussi une sorte d’université populaire qui permet à des personnes non cultivées d’acquérir un savoir ; cela suppose une volonté et une méthode de travail personnelle. Le goût de la lecture, c’est en moyenne au moins deux livres par mois et pour chaque livre une fiche de lecture. On apprend à faire le tri dans une littérature maçonnique qui frôle parfois le dogmatisme réducteur ; les écrits d’un Jules Boucher et d’un Oswald Wirth, qui ont, pour certaines générations, été les oeuvres de chevet d’apprentis et de compagnons en sont des exemples !
  • 9 – On participe à des actions caritatives de solidarité !
    • Qu’il s’agisse de solidarité intra-maçonnique ou de solidarité envers tous les souffrants, les francs-maçon-ne-s sont au premier plan dans des actions concrètes pour aider les autres.
    • Même si l’action humanitaire personnelle est insuffisante à réparer les aléas des catastrophes et des multiples souffrances qui ne manquent pas de survenir dans une vie, la contribution que tout être humain peut apporter participe du besoin de fraternité.
  • 10 – On peut donner un sens original à sa vie !
    • La question existentielle préoccupe tout un chacun ! Plusieurs réponses sont possibles et la franc-maçonnerie n’en impose aucune. Chaque franc-maçonne, chaque franc-maçon, en fonction de son vécu, peut trouver dans la démarche maçonnique les éléments de réponse qui lui permettront de trouver un sens à sa propre vie.
    • Les francs-maçons, dans cette recherche personnelle, apprennent à connaître l’importance du doute et de la remise en question permanente.
Menuisier ou ébéniste au travail
Menuisier ou ébéniste au travail avec son bois sur son établis. Equerre, rabot ! Nos racines opératives ne doivent jamais être oubliées ! Elles nous incitent à la recherche de la perfection et de la Beauté !

Ce témoignage est bien sûr personnel, d’autres sœurs ou frères pourront avoir des raisons différentes d’être satisfait de leur vie maçonnique. S’il devait y avoir un point commun entre les différentes appropriations de l’expérience maçonnique, il me semble que ce serait en premier lieu, le respect mutuel que l’on apprend à acquérir. Respecter l’autre suppose qu’on doit s’interdire de vouloir le convaincre ou de vouloir le juger !

Pour celles et ceux qui voudraient faire une demande d’entrée en loge, un rappel de la procédure à suivre en cliquant sur ce lien !

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CORPS

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L’origine du mot est obscure, même s’il désigne l’élément vital par excellence. Mais chaque langue a son propre mot en ce domaine. En grec, par exemple, *sôma.

Du latin *corpus sont issus corps, incorporer, corpulence. Le corps féminin se revêt de corsages, se torture avec des corsets. Le corpus est l’ensemble d’une œuvre. Et l’anglais restreint l’acception au corpse, le cadavre.

Dès l’initiation, le corps est stigmatisé par le signe d’ordre, qui matérialise une coupure entre ce qui relève de l’esprit, du mental, de l’âme, et le reste charnel pourrait-on dire.

Cependant, le parcours maçonnique lui confère une présence tangible, marches déconcertantes, rituels où le tactile est omniprésent, les perceptions sensorielles constamment sollicitées.

Une fraternité d’abord tactile, embrassades et accolades au sens propre, bras et mains enlacés. Proximité des corps sur les Colonnes.

Symboliquement, les éléments du rituel placent le corps au centre des images mentales et de la réflexion subséquente. Vie, mort, danger physique, menaces jouées.

Les symboles y sont d’abord matérialisés, parce qu’ils figurent le passage obligé pour appréhender le monde. La méthode initiatique contribue, non à gommer pulsions et violences, mais à les formuler, les canaliser, à maîtriser les émotions de ce corps, qu’on taille métaphoriquement comme une pierre à insérer dans le corps collectif. On y découvre l’étrangeté familière du visage renvoyé par le miroir. On y apprend la juste distance, pacifique et fraternelle.

On ressent l’inconfort des crampes que suscitent la position assise ou les signes d’ordre, mais aussi on habite un corps à la verticale des pieds en équerre. On respire au rythme du rituel et de la Colonne d’Harmonie qui le sous-tend.

On ne saurait oublier que le mot grec, *eleutheros, qui désigne l’homme libre, signifie « celui qui se tient debout ».

Dans un paradoxe qui n’est qu’apparent, la tête dans les étoiles, le regard tourné vers les astres, la parole prête à fuser, nous vivons en réalité un constant corps-à-corps avec l’autre et son ailleurs, avec nous-mêmes surtout.

Une Maçonnerie, qui ferait l’impasse sur cette sensorialité, ne serait que rationalité hypertrophiée ou ésotérisme fumeux.

Annick DROGOU

Comment donner corps à ce petit texte ? Lui donner de la consistance et de la tenue. Lui faire prendre corps ? C’est-à-dire lui assurer une réalité solide. Car dans ce mot “corps“, il y a de l’épaisseur, de la pesanteur. Les pieds sur terre. Et si mon corps est ma réalité physique, l’espace de mes sens, mon corps est pleinement moi, tant que la vie anime ce corps.

Je suis, nous sommes des corps qui s’expriment, pas seulement par les mots de notre bouche mais par le geste. Le corps est le premier outil de l’homme ; la main et le toucher en portent l’expression sublime ; l’œil et l’oreille, la vue et l’ouïe donnent créance à mon frère.

Par signes et attouchements.

Le plus pur attouchement sera toujours la main silencieuse et fraternelle qui se pose sur l’épaule de celui qui est dans la peine. Épaisseur charnelle de nos vies, commune humanité qui nous appelle à faire corps. Ensemble. Mais le corps ne peut rien sans le cœur, le sixième sens, qui nous délivre de tous nos enfermements et du risque de l’étroitesse de l’esprit de corps.

Tout est rencontre. Je me tiens en face de toi. Face à face, corps à corps dont la seule issue est de regarder ensemble dans la même direction, et de marcher conjointement, corps toujours en mouvement, en pérégrination. À corps perdu pour mieux se retrouver.

Jean DUMONTEIL

HONGRIE : Qui étaient les Rosicruciens ?

De notre confrère hongrois index.hu par PETER HAHNER

Le mouvement rosicrucien était basé sur trois livres du XVIIe siècle qui ont été largement lus et débattus au moment de leur publication, puis oubliés pendant quatre-vingt-dix ans. Le titre du premier livre était extrêmement long et compliqué selon les goûts de l’époque :

La réforme générale et complète du monde entier, telle que décrite par la Fraternité Fama de la Vénérable Confrérie des ROSICRUCIENS à tous les savants et princes d’Europe, et une brève réponse de M. Haselmeyer, qui a été emprisonné par les Jésuites pour cette raison .

Les « oeuvres de base »

Cérémonie rosicrucienneCérémonie rosicruciennePhoto : Leemage / Getty Images Hongrie

Ce volume a été publié en 1614, dans la ville allemande de Kassel, et son titre long a été abrégé en  Fama Fraternatis Roseae Crucis  (Nouvelles de la confrérie rosicrucienne). Il décrit le parcours d’un certain Christian Rosencreutz, né en 1378 et mort à l’âge de 106 ans. Au cours de ses pèlerinages au Moyen-Orient, il a été initié aux secrets des sages arabes et chrétiens antiques. Vers 1407 (c’est-à-dire deux cents ans avant la publication du livre !), il fonda la confrérie rosicrucienne. Ses membres guérissaient les patients, gardaient des secrets, se réunissaient une fois par an et élisaient de nouveaux membres dans leurs rangs. Après la mort de Rosencreutz, les membres de la troisième génération de la fraternité ont retrouvé la tombe du fondateur. 

LE CORPS DU MAÎTRE ÉTAIT PARFAITEMENT INTACT,

et dans sa chambre funéraire se trouvaient les livres secrets et tous les outils dont ils pourraient avoir besoin au cours de l’activité scientifique. Les membres de la fraternité décidèrent alors d’exposer au monde les enseignements de leur maître.

Un an plus tard , est également publié à Kassel un autre livre Confession oder Bekenntnis der Societät und Bruderschaft Rosenkreuz (Confession ou croyance de la fraternité rosicrucienne) puis a vu le jour à Strasbourg en 1616 le troisième « ouvrage de référence » du mouvement est: Chymische Hochzeit Christiani Rosencreutz anno 1459 (Noces chimiques de Christian Rosencreutz en 1459). Ces volumes exposaient la philosophie de la fraternité d’une manière anti-catholique et millénariste, promettant non seulement de révéler les secrets de la nature mais aussi de réformer l’Église chrétienne.Christian RosencreutzChristian RosencreutzPhoto : Wikipédia

A la surprise générale, le théologien allemand Johann Valentin Andreae (1586-1654) a ensuite avoué qu’il avait écrit le troisième livre, et 

CONÇU COMME UNE SORTE DE PARODIE,

dans laquelle il voulait prouver que l’alchimie et l’astrologie n’étaient pas des sciences sérieuses. Lui-même était très étonné que ses explications aient été reprises par un très grand nombre de personnes. Certains lui attribuent également la paternité des deux autres volumes. Comme le dit Umberto Eco dans son roman Le Pendule de Foucault :

Andreae a depuis juré devant le ciel et la terre pour le reste de sa vie que les manifestes n’ont pas été écrits par lui et que tout cela n’est qu’une… blague d’étudiant de toute façon; la bonne nouvelle de l’académicien continue, il entre, déclarant que les rosicruciens étaient TOUS des voyous, s’ils existaient. Mais en vain, Les gens ADHERENT A CES ELUCUBRATIONS comme s’ils ne s’attendaient à rien d’autre. Les PERSONNES CULTIVEES à travers l’Europe écrivent aux rosicruciens, et parce qu’ils ne savent pas où les chercher, ils leur adressent des lettres ouvertes, des brochures, des livres imprimés.

Et les rosicruciens sont muets comme des tombes.

Je pense que c’est leur SILENCE qui M excitE. S’ils ne répondent pas, JE SUIS SûR qu’ils existent bel et bien.

L’interprétation

Selon les experts d’aujourd’hui, les « œuvres de base » du mouvement étaient des dissertations allégoriques. Diarmaid MacCulloch, professeur d’histoire de l’église à l’Université d’Oxford, a écrit à ce sujet dans son livre The History of the Reformation, également publié en Hongrie :

La littérature rosicrucienne est elle-même, un symptôme de l’atmosphère fébrile qui a conduit à la guerre de Trente Ans, et les documents en question regorgent de références indirectes au rôle futur de Frédéric V ELECTEUR PALATIN . Les ouvrages écrits par le savant pasteur luthérien et ses collègues promettaient une nouvelle culture éclairée, un monde harmonieux dans lequel l’HUMANISME pourrait s’accomplir.

EN BREF

enthousiasme magiCO-mystique AVEC DES TOUCHES hermétiques et paracelSienNES.

 LORSQUE Frédéric EMERGE enfin, une nouvelle ère de l’histoire humaine peut commencer et les rosicruciens peuvent passer de la fiction à la réalité.

Pendant quelques années, des centaines de livres et de brochures ont traité des enseignements des rosicruciens. Dans une thèse, Adam Haselmayer a appelé les rosicruciens, disciples de Paracelse et a prédit la venue du Saint-Esprit et la fin du monde. La collection Bibliotheca Hermetica Philosophica à Amsterdam contient environ quatre cents documents de discussion sur les rosicruciens, qui ont été publiés dix ans après l’édition des volumes.

Cependant, après que Frederick Pfalzi, élu roi par les insurgés de Bohême, ait été vaincu à la bataille de la Montagne Blanche en 1620, 

LA LITTÉRATURE ROSICRUCIENNE CESSA D’EXISTER.

À l’été 1623, deux autres affiches apparurent dans les rues de Paris proclamant la sagesse de la fraternité, mais ce n’était, selon les contemporains, qu’une sorte de farce étudiante. Les scientifiques du 17ème siècle n’ont pas pris la légende au sérieux. Selon le philosophe anglais Francis Bacon, les documents rosicruciens ne font que prouver la « folie d’un respect excessif des auteurs anciens et des secrets mystiques » . Et Leibniz a déclaré dans une lettre que « tout ce qui a été écrit sur les frères de la croix et de la rose est une fiction de certaines personnes imaginatives ».Église des RosicruciensÉglise des RosicruciensPhoto : Wikipédia

Le nouveau mouvement

Cent ans plus tard, les nobles et les citoyens européens instruits, riches et amateurs de loisirs aimaient passer leur temps dans les clubs, les cafés, les théâtres, les expositions, les concerts et les salons. Cependant, le plus grand prestige était acquis par les sociétés secrètes. Pourtant, seuls quelques-uns sont entrés dans les loges maçonniques de plus en plus nobles, et donc les exclus ont commencé à établir leurs propres organisations secrètes. Et pour ceux qui rêvaient de découvrir d’anciens secrets, la solution la plus simple pour eux était de faire revivre les anciennes traditions alchimiques et ésotériques et de réextraire les documents de discussion publiés pendant la Réforme et la Contre-Réforme.

En 1710, la thèse d’un alchimiste sur la véritable et parfaite préparation de la pierre philosophale par la Société du Rosicrucien d’or est publiée à Boroszló, en Silésie . Son auteur était le prédicateur Samuel Richter, qui a utilisé le pseudonyme Sincerus Renatus. Puis, en Europe orientale et centrale, d’innombrables petits groupes prétendaient être les détenteurs du savoir secret des rosicruciens. Ils ont déclaré que leur mouvement était beaucoup plus ancien que l’organisation des francs-maçons, en fait ils ont fondé les loges des francs-maçons, connaissaient le secret de l’élixir de vie, étaient capables de communiquer avec les esprits, et même eux, connaissaient le vrai sens du Symboles maçonniques.

Comme de nombreux rosicruciens étaient également francs-maçons, certaines loges ont reconnu le lien et, vers 1760, le rang de «chevalier des rosicruciens» a été établi. Les symboles des rosicruciens.

LES FRANCS-MAÇONS INTERPRÉTÉS SELON LEURS PROPRES ENSEIGNEMENTS,

Mais, une franc-maçonnerie rosicrucienne distincte fut bientôt formée sous le nom d’« Ordre d’Or et des Rosicruciens ». Ses membres étaient regroupés en « cercles » de neuf personnes, distribuant neuf grades dont le « mage » était le plus élevé. Parmi eux, se trouvait Franz Anton Mesmer de Baden, devenu médecin à la mode à Munich et à Paris, exprimant la théorie du « magnétisme animal ». En 1777, un officier prussien, Johann Rudolf von Bischoffswerde et le pasteur Johann Christophe Wöllner, fondèrent à Berlin « l’Ordre des rosecroix d’ancien système. ». Aux XIV-XVième siècles le mythe de Christian Rosencreutz,ne suffisait plus, ils ont affirmé que l’enseignement qui a atteint les croisés à travers les patriarches bibliques, les sectes secrètes, les pythagoriciens, les druides celtiques et les prêtres alexandrins venait d’Adam lui-même,

Et au XIXe siècle, des groupes français, britanniques, allemands, autrichiens et américains se proclament les héritiers des rosicruciens, proférant une grande variété d’enseignements magiques, ésotériques et mystiques. Sur l’un des domaines de Sintra, au Portugal, à Quinta da Regaleira, même un « puits d’initiation » a été construit au début du 20ème siècle, auquel on peut accéder par des escaliers en colimaçon, et en dessous une « rose des vents » placée sur la rose-croix attend les touristes. WIKIPEDIA liste aujourd’hui plus d’une cinquantaine d’organisations se revendiquant des rosecroix.

Et l’imagination des artistes a été captée par la légende des rosicruciens. Parmi les poètes Goethe et Fernando Pessoa ont évoqué les rosicruciens, ainsique es écrivains Edward Bulwer-Lytton, Jorge Louis Borges, Sunao Yoshida et Dan Brown. De la manière la plus mémorable, cependant, Umberto Eco a écrit à leur sujet dans  les romans Le Pendule de Foucault et Antal Szerb La Légende du Pendragon . Leurs démarches ont été très succinctement énoncées par l’écrivain hongrois :

Les rosicruciens différaient des francs-maçons en ce qu’ils se réunissaient dans un secret encore plus grand, et il était encore moins possible de savoir ce qu’ils faisaient.

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Ce contenu éditorial a été créé avec l’aide de Rubicon Historical Magazine.

Et pourquoi pas des ouvriers, des épiciers, des sans-papiers?

Qualifier les Frères, les Sœurs des obédiences, selon leur métier, est chose aisée et peu difficile. Ici, les fonctionnaires sont nombreux ; a fortiori les enseignants ; là, ce sont les professions libérales qui donnent le la ; là encore, on rencontre beaucoup de cadres d’entreprise. En proportions plus élevées, à chaque fois, que dans la population française. Avec quelques autres, je le regrette et je m’évertue à faire tomber les obstacles qui barrent les entrées des loges à de nombreux profanes qui pourtant, y auraient leur place et pourraient jouer un rôle salvateur dans l’évolution de l’Ordre. Nous sommes, pour l’écrasante majorité, des gens respectables, qui pensons respectablement et agissons en fonction de ce credo. Il  y a un os ? Aujourd’hui, en France, ne considérons-nous pas, qu’après tout, toute personne est initiable,  du moment qu’elle ne porte pas atteinte à la dignité de l’Homme.?

La première leçon remonte à James, pasteur protestant qui avec son collègue Théophile martela dans les Constitutions de 1723, la finalité de la Franc-maçonnerie. Relisons-le une nouvelle fois pour prendre toute la mesure de notre égarement pincé actuel. « La religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord…consiste à être bons, sincères, modestes, par quelque dénomination ou croyance particulière qu’on puisse être distingué : d’où il s’ensuit que la Maçonnerie est le Centre de l’Union et le moyen de concilier une sincère amitié parmi des personnes qui n’auraient jamais pu, sans cela, se rendre familière entre elles ». Mais le ver de l’exclusion était déjà dans le fruit. D’une double façon. D’abord dans le texte des Constitutions. Refus d’initier les serfs et les femmes ; pas plus que les athées stupides et les libertins sans religion. Ensuite, par la qualité sociale même des premiers Frères : Les savants et les philosophes de la Royal Society ne faisaient–ils pas le gros des troupes, comparativement aux autres catégories socio-professionnelles ? En traversant la Manche, la jeune Maçonnerie resta, pour l’essentiel, un mouvement de gens riches et de maints aristocrates comme l’avoua Marie-Antoinette. Sur ces lancées, l’éventail des professions resta resserré au XIXème siècle autour de la bourgeoisie plutôt aisée.

Comment s’étonner dès lors que les commerçants, les artisans, les employés modestes, les ouvriers ne peuvent rencontrer l’initiation ? D’où cela peut-il venir ? De l’histoire de l’Ordre, en France comme dans les pays anglo-saxons. Comment accorder du crédit à un mouvement de pensée qui se veut universel et, en même temps, refuse subrepticement – l’aveu n’est pas tonitruant !- ceux et celles qui ne montrent pas la patte blanche de l’aisance financière ou/et de la distinction intellectuelle ? C’est scandaleusement incohérent, mais comment attendre de nous, qui faisons de la Maçonnerie un lieu réservé, le courage de dénoncer cet ostracisme sournois ? Car bien entendu, nous ne sommes pas en peine pour nous récrier. Et de clamer que tous, sont les bienvenus dans nos loges quand nous laissons faire l’histoire et nos désirs inavoués de rester parmi nous ? S’il en était autrement, nous ne cesserions d’en parler dans nos loges et, avec une audacieuse lucidité, nous irions à la rencontre des oubliés de l’initiation. Les mots ne trompent pas. Faire venir un profane dans nos rangs, c’est une sorte de « recrutement ». Le mot fait parfois horreur, mais pas assez pour le remplacer par le seul qui vaille : la cooptation qui d’emblée, avec son préfixe,  met sur un pied d’égalité le Frère et le profane.

Assez de jérémiades ; analysons les raisons pour lesquelles l’Ordre, en France, opère une sélection qui ne dit pas son nom. J’en vois quatre qui se liguent pour filtrer, malgré nos dénégations bien pensantes, les artisans, les petits commerçants, les ouvriers…D’abord relisons la manière dont les obédiences communiquent sur le forum. Allez sur les sites. Que voyez et lisez-vous ? De grandes et belles déclarations éthiques, des finalités abstraites, les coordonnées de l’obédience ; rarement sur le vécu concret des loges, sur le déroulement des tenues, sur les questions traitées. Et plus banalement sur la joie de la fraternité et les bénéfices sensibles que nous trouvons dans la vie de nos loges. Un forban dirait que nous ne savons pas « vendre » (quel mot !) la Franc-maçonnerie. D’ailleurs, j’entends déjà plusieurs d’entre nous qui s’indignent : nous n’avons rien à vendre, comme je viens de l’écrire. Et pourtant si, l’époque de consommation effrénée le veut ainsi. Même si je le regrette beaucoup ! Nos Grands Maîtres ne descendent pas dans la boutique et l’usine. Ils s’efforcent de communiquer dans un style de très bon ton, souvent avec succès et intelligemment. Comme détachés des contingences matérielles et quotidiennes. Ils/elles ressemblent en cela, bien souvent, à nos politiques. Un des mes enfants, Julien, employé à la FNAC,  m’affirme que ces discours sont lointains et ne lui parlent pas. Notre doctrine, fort susceptible de lui plaire au demeurant , reste empaquetée dans l’abstrait. Cueillons les fruits que nous faisons mûrir par ces pratiques. Pour la seconde fois, le même attire le même. Et c’est bien humain : la différence est la servante fâchée de la ressemblance ! Avant de nous pencher sur les entretiens de cooptation, rappelons-nous comment les profanes viennent à nous. Soit par demande spontanée et là, le tri s’opère à cause de ce type de communication que je viens de décrire. Soit par approche individuelle. Ici gît la deuxième raison de notre sélection qui ne dit pas son nom.

Nous observons les membres de notre famille, les ami(e)s, les collègues de niveau comparable au nôtre ; fort rarement la boulangère, l’ajusteur ou la secrétaire. En bref, l’attirance du même pour le même joue à fond. Je n’ai pas évoqué la question de l’âge, que je réserve pour un autre article. Je me borne ici à remarquer que notre cercle de connaissances éligibles à l’initiation ont toujours des points communs avec ce que nous disons, faisons et sommes, au fond. C’est ainsi que nous apportons « de bonnes pierres », avec comme sous-entendu, des pierres de même grain que la nôtre. L’approche est faite ; il s’agit à présent que, fort de la demande écrite du profane, d’aller plus loin : trois rencontres, dans la plupart des cas, par trois maîtres de l’atelier.

Rappelons-nous donc ensuite la manière dont nous menons les entretiens de cooptation éventuelle. Je suis souvent abattu, quand j’entends la lecture des enquêtes. En particulier quand l’enquêteur rapporte soigneusement les questions qu’elle/il a posées. Tout animateur professionnel le voit clairement : les questions sont formulées de telle sorte qu’elles contiennent une partie de la réponse, la bonne réponse attendue. Et nous sommes alors ravis de rencontrer notre alter ego, quand bien même il posséderait quelques différences. L’essentiel est sauvé : il (elle) est comme moi sur tant de points! Créditons les enquêteurs de leur bonne foi inaltérable, mais, je le pense, la plupart ne savent pas encore mener un entretien que les professionnels qualifient de « semi-directif ». Cela ne s’invente pas. A  tel point qu’une de mes loges, dans le passé, avait consacré une tenue longue et entière à apprendre à déjouer les pièges des questions directives, sur la forme et, ce qui est pis, sur le fond,  la nature des travaux. Avec une autre tenue pour se familiariser avec la formulation de questions ouvertes. Chaque Frère et chaque Sœur partirent avec un petit mémo de trois pages. De fait, dans cette loge, nous cooptâmes des manuels. J’eus alors l’impression que nous leur disions, en paraphrasant Saint Exupéry, que leur différence, loin de nous léser, nous enrichirait. Nous sortîmes ainsi du cercle vicieux du même qui coopte le même et qui en est satisfait(e). Car, à n’en pas douter, avant de se régaler éventuellement de la différence, nous communions dans les ressemblances tacites ou/et ouvertes. C’est sûr, « on sent mieux » celui qui porte le même parfum que nous. J’évoquais, quelques lignes plus haut ces manuels, trois si ma mémoire est bonne. Que croyez-vous qu’il arriva ? Ils partirent les uns après les autres. J’entends encore, de manière lancinante,  le motif désarmant que nous recueillîmes alors : « Je ne suis pas au niveau ; ce n’est pas fait pour des gens comme moi, qui n’ont pas étudié longtemps ! ».

Je fus désolé à cause de cette piteuse expérience qu’en tant que Vénérable, je m’étais efforcé de conduire à bon terme. J’ai examiné les motifs de l’échec : oui, à n’en point douter, l’artisane et l’ouvrier en question n’avaient pas été au niveau. Ils avaient bien senti la chose. Mais alors qui incriminer : eux d’être si peu instruits ou nous, à notre grand dam ! Il ne s’agissait pas du rituel qui ne les avaient pas gênés du tout ; ni des valeurs humanistes : c’étaient les leurs autant que les nôtres. Pour le verdict, pas d’hésitation :ces départs avaient été fomentés, en toute inconscience dans notre bonne foi inébranlable, par nous même. Je n’en doute plus un seul instant.

Notre manière de nous exprimer en tenue en est responsable : elle est un faire-valoir pour les plus diserts et un repoussoir pour les moins nantis. Elle mérite un examen plus approfondi. Ce sera l’objet d’un autre article car le phénomène ne se laisse pas approcher sans  des outils d’observation affinés. Déjà les trois motifs listés seraient suffisants pour qu’effectivement, nous répondions à mi-mots imperceptibles et sonores tout à la fois : « Nous ne sommes pas faits pour toi » Et c’est dommage car j’apprends certainement plus de mon menuisier, de la serveuse, de l’épicier arabe que de mon alter ego. Dût mon attirance être renouvelée à leur égard. Pour le grand bien de la loge, du puzzle qu’elle est censée représenter. Pour que vivent les ressemblances dans les différences assumées.

À propos de l’Amour universel

par Serge Toussaint, Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

La notion d’Amour universel, si chère aux Rosicruciens, correspond à deux concepts différents mais complémentaires. En premier lieu, elle se rapporte à l’Amour que toutes les religions et toutes les traditions ésotériques attribuent à Dieu, quelle que soit la conception que l’on en ait. En second lieu, elle désigne l’idéal vers lequel tout individu devrait tendre, à savoir aimer tous les êtres humains (sans aucune distinction de race, de nationalité, de culture, de classe sociale et de religion pour ceux qui en suivent une), mais également les animaux et la nature en général.

Si la première approche a une connotation religieuse ou spirituelle, la seconde correspond à un objectif que tout humaniste peut se donner, même s’il n’est pas spiritualiste. Il lui “suffit” pour cela de considérer que l’humanité entière ne forme qu’une seule et même famille.

Dieu est-il amour ? 

Aucun croyant ne peut prouver que « Dieu est Amour ». C’est là un acte de foi, une conviction intérieure. En réponse à cette conviction, un athée dira que si c’était vraiment le cas, il n’y aurait ni guerre, ni maladie, ni souffrance, ni injustice, ni mal en ce monde. Ce à quoi on pourrait rétorquer que ce n’est pas Dieu qui crée les guerres, fait preuve de malveillance, se comporte de façon injuste, viole les lois naturelles…, mais l’homme lui-même en raison d’une application négative de son libre arbitre. On pourrait ajouter que l’amour existe dans la nature. Pour s’en convaincre, il suffit de songer à cet instinct qui conduit la plupart des animaux à prendre grand soin de leur progéniture, au point d’aller jusqu’à se sacrifier pour la protéger des prédateurs. Songez également à la manière dont un animal de compagnie se comporte à l’égard de son maître ! Quiconque a un chien, un chat… ne peut douter de l’affection que celui-ci lui porte.

S’il est un fait que les religions considèrent que Dieu est Amour, elles enseignent que si l’homme vit sur Terre et connaît tant d’épreuves et de souffrances, c’est en raison du « péché originel » commis à l’aube des temps par Adam et Ève. Alors qu’Il leur avait interdit de manger le « fruit de l’arbre » (une pomme dans la Bible), ils bravèrent cette interdiction, ce qui leur valut d’être châtiés du paradis et de perdre à jamais l’état de bonheur et de félicité qui était le leur. Et si l’on en croit la Genèse, l’humanité actuelle est toujours sous le joug de ce Châtiment, ce qui expliquerait les malheurs et les vicissitudes qu’elle connaît depuis ses origines. Est-ce là une preuve d’amour et de miséricorde ? Une telle contradiction interpelle même les croyants. En effet, comment comprendre et admettre qu’un Dieu aimant et miséricordieux puisse Se montrer à ce point injuste et rancunier envers Ses créatures ?

L’Amour universel

Au regard de l’Ontologie rosicrucienne, l’humanité n’est pas et n’a jamais été sous le joug d’un « péché d’originel ». Par ailleurs, Dieu n’a rien d’un Être anthropomorphique susceptible de Se montrer injuste et rancunier. Il s’agit plutôt d’une Intelligence impersonnelle et absolue, d’une Énergie universelle et intemporelle. À un “moment” que l’on ne peut situer dans le temps (puisque celui-ci n’existait pas), cette Intelligence éprouva le désir et le besoin de partager la Sagesse qui Lui est propre avec des créatures. C’est ainsi qu’Elle matérialisa l’univers à travers le Big Bang (le « Fiat Lux » dans la Bible) et insuffla en lui une Âme dite universelle, et à travers elle l’essence même de la Vie. Commença alors ce que les mystiques en général et les Rosicruciens en particulier appellent l’« Évolution cosmique ». Sur Terre, ce processus à la fois cosmogonique et cosmologique opère à travers les règnes minéral, végétal, animal et humain. D’un point de vue rosicrucien, l’émergence de la Création, et par extension l’apparition de la vie sur Terre et de l’humanité elle-même, ne furent en aucun cas la conséquence d’un Châtiment divin, mais au contraire d’un acte d’Amour que l’on peut qualifier à juste titre d’« universel », car concernant toute la Création. Dans l’absolu, l’être humain est donc le fruit de cet Amour ; mieux encore, l’âme qui l’anime en est imprégnée, ce qui explique pourquoi tout individu a besoin d’aimer et d’être aimé pour s’épanouir et être heureux. C’est aussi pour cette raison que nous sommes virtuellement capables de ressentir l’Amour universel et de l’exprimer à travers nos jugements et notre comportement. Cela suppose de donner à notre vie une orientation, sinon spiritualiste, du moins humaniste.

par Serge Toussaint, Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

SUISSE : « Nous sommes une association normale avec un charme ésotérique »: la confrérie secrète des francs-maçons de Zurich

De notre confrère suisse nzz.ch – Par Lindenhof.Selina Schmid, texte ; Christoph Ruckstuhl, photos24

Ils sont en réseau à travers le monde et restent entre eux. Les francs-maçons ont également une longue tradition à Zurich. Un regard rare sur les temples en juillet. Chaque soir, des hommes en costume noir montent les escaliers raides jusqu’au Lindenhof, au cœur de la vieille ville de Zurich. Ils marchent sous les tilleuls passent devant la fontaine au monument d’Hedwige de Burghalden vers une maison discrète. Dans la journée, ces hommes sont médecins, avocats et artisans, ils ont rarement moins de quarante ans. Seule la sonnette vous dit pourquoi vous êtes attiré dans cette maison quand il fait noir : la maison du 4 Lindenhof est la maison de la loge maçonnique de Zurich. Peu de gens peuvent accéder à l’intérieur du 4 Lindenhof  Pas même les journalistes – à moins qu’ils ne soient eux-mêmes francs-maçons. Parce que les francs-maçons aiment rester entre eux. La « Modestia cum Libertate » est la plus ancienne des huit loges maçonniques de Zurich et, avec 130 membres, la plus grande d’entre elles. Exceptionnellement, à l’occasion de son 250e anniversaire, elle ouvre la porte à un étranger .

La Fraternité des francs-maçons existe dans le monde entier depuis plus de 400 ans. Au début, ce sont les tailleurs de pierre qui voulaient garder leur savoir-faire pour eux. Aujourd’hui, les loges, comme les groupes individuels s’appellent eux-mêmes, sont présentes partout dans le monde. En Suisse, il y a 6000 francs-maçons dans 80 loges, réunis sous la grande loge «Alpina». Les femmes ne sont pas admises ici.

Les maçons gardent pour eux les noms de leurs membres et leurs rituels. Leur secret et leur réseautage mondial ont alimenté les théories du complot à maintes reprises au cours de l’histoire : ils auraient infiltré le pouvoir de l’État ou contrôlé la finance mondiale. Leur symbole – l’œil dans la pyramide – est devenu synonyme d’une grande et présumée conspiration mondiale.

En quoi une association à laquelle appartenaient Mark Twain, Wolfgang Amadeus Mozart ou Winston Churchill est-elle pertinente pour les hommes d’aujourd’hui ?

L'ancien maître de chaise Daniel Hofer conduit à travers le temple.
L’ancien maître de chaise Daniel Hofer conduit à travers le temple.

Le lobbyiste ésotérique

Daniel Hofer avance le dos droit et les pas rapides à travers les couloirs sinueux du 4 Lindenhof. Il connaît bien la loge et en est membre depuis 15 ans. il a même été président de la Modestia, gardant les rituels secrets et les lois de la loge. Chez les francs-maçons, ce poste est appelé « Vénérable ».

Il est président de l’association pétrolière « Avenergy Suisse ». Hofer dit qu’il a toujours eu une tendance ésotérique. Il était curieux quand il s’est tourné vers les francs-maçons. Hofer a traversé le processus d’admission élaboré avec de longs entretiens et a juré avec sa main sur la Bible de garder les secrets des francs-maçons. Hofer est resté en raison de l’inspiration intellectuelle et spirituelle, mais aussi raison de la fraternité entre les francs-maçons.

Les murs du 4 Lindenhof sont étroits et bas, à certains endroits le plâtre s’effrite. Des portraits dans des cadres dorés ornés sont accrochés aux murs ; les hommes sur les photos portent des sautoir en forme de V brodées d’yeux pyramidaux. Tous francs-maçons, remarque au passage Daniel Hofer.

La « Modestia cum Libertate » serait la plus ancienne loge de Zurich.  Leurs armoiries présentent des symboles centraux des francs-maçons tels que la pierre brute ou la mesure carrée.
La « Modestia cum Libertate » serait la plus ancienne loge de Zurich. Ses armoiries présentent des symboles centraux des francs-maçons tels que la pierre brute ou la mesure carrée.
Les francs-maçons n'ont pas de dogme, dit Daniel Hofer.  Chacun peut décider lui-même de la signification du cercle.
Le crâne sculpté sur un bâton de cérémonie du XVIIIe siècle est un héritage d'un franc-maçon.

Les francs-maçons n’ont pas de dogme, dit Daniel Hofer. Chacun peut décider lui-même de la signification du symbole. Le crâne sculpté sur un bâton de cérémonie du XVIIIe siècle est un héritage d’un franc-maçon.

Hofer s’arrête devant l’une des nombreuses œuvres d’art. Elle s’étend du sol au plafond et montre comment la lune, le soleil et des morceaux de pierre s’entrelacent autour d’un « G » au milieu. Cette image montre tous les symboles des francs-maçons, mais Hofer reste vague avec l’explication : « Les francs-maçons n’ont pas de dogme. Chacun peut décider par lui-même de la signification d’un symbole. »

En parcourant les locaux de Lindenhof, une chose devient claire. Les francs-maçons peuvent être organisés comme n’importe quel autre club, mais la Loge n’est pas un club ordinaire. Hofer semble prêt à toute question, mais il garde pour lui ce qui doit être gardé secret des étrangers.

Pourquoi si mystérieux ?

Pourquoi ce secret ? Hofer a ses théories. Il peut s’agir d’autoprotection. Les francs-maçons n’ont pas oublié que les nationaux-socialistes ont interdit la franc-maçonnerie en 1933 en raison de ses prétendues connexions avec le judaïsme. La Suisse a voté en 1937, sur l’interdiction de la franc-maçonnerie. Le peuple a rejeté l’initiative avec 69 pour cent, mais après cela, ils ont voulu protéger la confrérie.

Mais le secret des francs-maçons remonte bien plus loin. Les bâtisseurs de cathédrales, d’où sortiront plus tard les francs-maçons, étaient déjà enfermés. Ils ne faisaient que partager entre eux leur connaissance des lois géométriques et inventaient des symboles et des chiffres pour protéger ces secrets des yeux des étrangers. Ces symboles tels que l’angle ou la boussole sont utilisés par les francs-maçons dans leurs cérémonies aujourd’hui.

Les maçons sont allés loin dans le passé pour garder leurs secrets. En 1826, par exemple, un tailleur de pierre nommé William Morgan a disparu d’une prison de New York. Il s’était infiltré dans une loge maçonnique locale et avait menacé d’exposer ses pratiques. Les loges locales étaient enragées et la rumeur disait qu’elles l’avaient fait sortir de prison et l’avaient emmené vers le nord-est en calèche. Les traces de Morgan ont disparu quelque part après Fort Niagara.

Hofer explique que les enseignements des francs-maçons sont connus aujourd’hui. Beaucoup, y compris des francs-maçons, ont déjà écrit à ce sujet. Mais les cérémonies par lesquelles ce savoir est transmis aux apprentis doivent rester secrètes. Hofer dit : « La cérémonie est comme une pièce de théâtre qui est jouée de la même manière à chaque fois. » Si chaque apprenti connaissait le drame, il n’apprendrait rien de plus.

Et pourquoi ne disent-ils pas qui sont leurs membres ? Hofer le rejette : un club de golf local ne le fait pas non plus. « Nous sommes un club normal avec un charme ésotérique. » Mais au moins, vous connaissez le président et le conseil d’administration du club de golf local, et vous pouvez généralement trouver une photo de l’assemblée générale sur leur site Web. Ce n’est pas le cas de « Modestia ».

Discussion sur tout sauf la politique

Hofer ouvre la porte en bois de la magnifique salle de banquet dans la partie ancienne 4. Les frères Modestia se réunissent ici tous les mardis soirs et écoutent des conférences sur la philosophie, la religion et comment l’homme, qui se rapporte au Créateur sous les images de Platon et Socrate, doit se comporter. Seul la politique est tabou. Parfois, des intervenants externes tels qu’un abbé catholique ou un rabbin sont invités. Puis les messieurs des loges se réunissent dans la salle de bal d’à côté pour manger, fumer et surtout discuter.

Toutes sortes de choses sont discutées sous Platon et Socrate.  Seule la politique est tabou.
Toutes sortes de choses sont discutées sous Platon et Socrate. Seule la politique est tabou.

La franc-maçonnerie n’est pas une religion, mais plutôt une école de vie. Les conférences et discussions visent à « affiner » le caractère moral de leurs frères afin qu’ils puissent porter les principes humanitaires des Lumières dans le monde. Ils croient en lun créateur, mais les hommes de toute religion ou sans religion sont les bienvenus.

Les francs-maçons ne discutent peut-être pas de politique, mais ils ont façonné la constitution suisse. Le système bicaméral et la répartition des tâches entre le Conseil national et le Conseil des États sont calqués sur la constitution américaine, elle-même co-écrite en grande partie par des francs-maçons tels que George Washington, Ben Franklin et John Marshall. La séparation des pouvoirs et la protection des droits de l’homme étaient également réclamées par les loges maçonniques.

Si ces demandes ont été entendues, c’est probablement parce que Jonas Furrer, le premier président fédéral de la Suisse et l’un des hommes politiques les plus importants de l’État fédéral suisse, était un frère de la loge de Winterthur «Akazia». En 1844, il co-fonde la grande loge suisse « Alpina ».

La franc-maçonnerie est fondamentalement divisée en deux grandes loges. La « Modestia cum Libertate », par exemple, est reliée à la « Première Grande Loge d’Angleterre », qui prétend être la plus ancienne du monde. elle se distingue de la grande loge dite « Grand Orient de France ». Cela se justifie officiellement par le fait que le « Grand Orient » autorise les discussions politiques dans les loges, ce qui est une erreur pour l’Anglais.

Par ailleurs, le « Grand Orient » reconnaît également les loges féminines et mixtes. Parce que la « Modestia » fait partie de la tradition anglaise, elle n’a pas de membres féminins. Il est strictement interdit aux Frères de la Modestia de visiter les autres loges reconnues par le « Grand Orient ». La plus proche loge des femmes n’est pas loin : elle a son temple sur la Falkenstrasse.

Les loges du « Grand Orient » accueilleraient les frères « Modestia », mais pas l’inverse. Daniel Hofer déclare : « Je pense que la séparation elle-même avait moins à voir avec la question du genre qu’avec une rivalité politique ridicule. Néanmoins, il ne s’intéresse pas à la loge française. Il n y connaît personne.

Ésotérique avec portefeuille immobilier

La « Modestia » possède un patrimoine immobilier considérable : elle possède tout le quartier du Lindenhof, qui est un secteur classé, entre Strehl-, Pfalz- et Wohllebgasse jusqu’à la Schipfe. Huit autres loges maçonniques se réunissent chez elle, à raison d’une par soir.s

Modestia est susceptible de gagner plusieurs millions de francs par an en la louant aux autres cases ainsi qu’aux restaurants et boutiques du quartier Lindenhof, mais les francs-maçons n’aiment pas parler de finances. Hofer révèle seulement que ces revenus financent l’entretien de la loge classée et l’œuvre caritative des francs-maçons à Zurich.

Daniel Hofer parle du travail caritatif de « Modestia », par exemple à travers le tutorat pour les enfants issus de l’immigration. « Nous aidons là où quelqu’un tombe  » Chaque année, la loge fait un don « d’un faible montant à six chiffres », quantifie Hofer avec hésitation. Pour célébrer le 250e anniversaire, « Modestia » a fait un don de 250 000 francs à la fondation pour les personnes atteintes de maladies rares, un don exceptionnellement généreux.

De nombreuses institutions sociales comme la Brockenhaus de Zurich, fondée il y a cent ans par Modestia cum Libertate, ou la maison de retraite Perla Park à Zurich sont encore majoritairement détenues par des francs-maçons à travers des fondations. Toutes deux sont désormais financièrement indépendantes.

La petite lumière dans le temple provient des appliques murales dorées et des fenêtres en verre au plomb.
La petite lumière dans le temple provient des appliques murales dorées et des fenêtres en verre au plomb.

Les frères Modestia paient une cotisation annuelle de 835 francs. La cotisation finance l’activité comme pour n’importe quel autre club, explique Daniel Hofer. Lindenhof 4 emploie un couple d’hôtes et de gardiens

Le monde en laboratoire

Daniel Hofer nous mène au cœur du loge, le temple, qui se trouve en dessous de la partie la plus ancienne de Lindenhof 4. Les cérémonies mystérieuses s’y déroulent dix fois par an. Certaines sont réservées aux maîtres, d’autres sont également autorisées aux apprentis. Les étrangers ne voient presque jamais le temple.

Si vous passez sous l’arche au-dessus du carrelage noir et blanc, vous vous retrouverez dans une pièce aux murs vêtus de bleu et aux bancs rembourrés bleus. En face de l’entrée se trouve un podium vêtu de bleu, au-dessus duquel le mot «Justitia» est gravé en lettres d’or sur le mur. La petite lumière vient des appliques murales dorées et des fenêtres en verre au plomb, qui représentent le soleil et la lune. Des constellations dorées scintillent sur le plafond voûté.

Un regard rare sur le temple au sous-sol de Lindenhof 4.
Un regard rare sur le temple au sous-sol de Lindenhof 4.

Il fait frais dans le temple. Dans des rituels de promotion qui remontent au Moyen Âge, les apprentis s’élèvent en compagnons ou les compagnons en maîtres. Le rituel de l’apprenti met l’accent sur la connaissance de soi. Au niveau du compagnon, l’accent est mis sur le travail pour la communauté. Et celui qui veut devenir un maître doit faire face symboliquement à la mort.

En plus du costume noir avec une cravate en argent, les francs-maçons portent des vêtements de cérémonie spéciaux. Il y a les gants mi-longs en peau de chèvre blanche et un tablier assorti. Chaque franc-maçon met un sautoir, c’est-à-dire un insigne de loge, sur sa poitrine. Le bijou de « Modestia » est rond et fait de ruban bleu clair.

Le mot temple est particulier, tant les francs-maçons s’éloignent du terme religieux. La salle, qui est calquée sur le Temple de Salomon, rappelle un espace qui résume le monde et permet des expériences. En fait, le temple est censé imiter un monde idéal dans lequel les francs-maçons travaillent la pierre brute et transportent les valeurs acquises à l’extérieur, dit Hofer. Une plaque avec un « J » doré est attachée à une colonne. Hofer hésite : « Ça ne devrait pas vraiment être ici. » Il ne veut pas expliquer que c’est trop intime.

La persévérance à travers des valeurs intemporelles et des dons

Comment un club survit-il plus de 250 ans ? La réponse pourrait résider dans les valeurs intemporelles des Maçons. Des valeurs telles que la fraternité, la serviabilité et l’honnêteté sont aussi importantes aujourd’hui qu’elles l’étaient il y a 250 ans, lorsque Modestia cum Libertate a été fondée. L’envie de s’optimiser, de chercher un sens à la vie ou d’être une bonne personne est humaine. Les sommes importantes que les loges maçonniques donnent à des causes caritatives dans le monde entier ont également avoir un sens.

Les gens s’intéressent aux francs-maçons. Par exemple, l’Université de Zurich a attiré un large public il y a quelques années avec la conférence sur la franc-maçonnerie, et le Musée de la franc-maçonnerie existe à Berne depuis 2018. Néanmoins, une loge doit aussi s’adapter. Daniel Hofer dit : « Si on demeure dans le passé, à un moment donné, plus personne ne rnous rejoindra.

Les francs-maçons sont devenus plus ouverts, dit Daniel Hofer. Par exemple, Hans-Ulrich Helfer, ancien conseiller FDP à Zurich, a fait campagne pour plus de transparence. Il a non seulement parlé volontiers de l’association des hommes, mais a également créé un site Web que les parties intéressées peuvent utiliser pour obtenir des informations.

Hofer montre le chemin qui s’éloigne du temple, monte les nombreuses marches et franchit de nombreuses portes pour sortir de la maison de Lindenhof. Il passe devant les vitrines pleines d’épées et de vêtements de cérémonie, à travers des couloirs décorés et des salles lambrissées. La porte en bois discrète du 4 Lindenhof se ferme et les francs-maçons sont à nouveau entre eux.

SENEGAL : Expansion de la Franc-maçonnerie au Sénégal : retour sur les 4 loges maçonniques au XIXième siècle au Sénégal

De notre confrère sénégalais lactuacho.com – Par Mamadou Nancy Fall

Il y a un peu plus d’une semaine, dans une note rendue publique, Jamra et d’autres organisations ont annoncé que la Grande Loge maçonnique du Sénégal, qui a procédé à l’intronisation de son nouveau Grand Maître, allait entrer en conclave du 16 au 30 juillet au niveau de leur Temple de Ngor. Avec wikipédia, lactuacho.com revisite sur les 4 loges maçonniques au 19ième siècle au Sénégal dans un premier jet sur ces occidentales qui reprennent force au Sénégal

Les loges maçonniques françaises implantées au Sénégal sont, au début du XIXe siècle, peu actives dans la mesure où, entre 1809 et 1816, les Britanniques sont à nouveau maîtres de Saint-Louis. Des loges anglaises ont pu exister durant cette période, sans certitude à ce stade.

« La Parfaite Union »

Le 17 février 1824, la loge « La Parfaite Union » ,est régularisée par le Grand Orient, qui se mettra en sommeil treize ans plus tard, en 1837. Afin qu’une loge soit officialisée, il faut qu’une obédience lui accorde ses constitutions. L’influence coloniale veut ici que la loge, nouvellement fondée, s’adresse à la première obédience française. Le tableau, registre de l’association, de « La Parfaite Union » affiche alors qu’une douzaine de membres, tous issus de la Marine française ou négociants. Les marins viennent essentiellement des ports de Brest et de Marseille, où se trouvent leurs « loges mères ».

Alors que Jacques-François Roger, appelé baron Roger, devient le vénérable d’honneur de « La Parfaite Union » en 1824, les effectifs maçonniques sénégalais semblent se développer. De nombreux membres de l’administration de Saint-Louis sont initiés. En juillet 1824, la loge se dote d’ailleurs d’un « souverain chapitre », structure pour la pratique des hauts grades maçonniques, que sept membres rejoignent. Quelques jours plus tard, sont introduits les premiers officiers de loge maçonnique, aînés de tous ceux de l’histoire de la maçonnerie sénégalaise.

La majorité des lettres capitulaires sont transmises via le baron Roger, gouverneur de la colonie se rendant régulièrement en France et permettant ainsi la communication avec l’hexagone. En 1827, le tableau de « La Parfaite Union », seule loge reconnue du Sénégal, affiche 27 adhérents. L’année 1834 marque l’accroissement du nombre de négociants au port St-Louis – donc de francs-maçons – ainsi que l’arrivée de marins bordelais, se mélangeant aux hommes métis à la Parfaite Union. Dès 1837, l’armateur et homme politique Hubert Prom est l’un des piliers du groupe dit des « bordelais » et participe donc à cette mutation interne.

L’historiographie maçonnique du Sénégal ne peut s’effectuer au début des années 1830. Pour cause, la Révolution de juillet, qui se déroule sur trois journées de fin juillet nommées Trois Glorieuses, cause une absence de documents, ceux-ci provenant majoritairement de la France. En 1837, un double événement se produit assez paradoxal : la loge maçonnique de « La Parfaite Union » est – par l’arrivée des bordelais – en plein essor mais sa trace est perdue. Auteurs et monologues s’accordent donc pour l’a qualifiée « en sommeil ». Quelques décennies plus tard, le Grand Orient réinvestira la loge.

« L’Union Sénégalaise »

En mai 1874, à « La Parfaite Union », toujours dans le nord-ouest du pays, succède « L’Union Sénégalaise ». Celle-ci émerge aux prémices de la Troisième République, s’installe rue du Palmier et travaille au Rite français et écossais. Elle compte une quinzaine de membres et tous, perpétuant la tradition, sont marins et négociants. La loge est déclarée en septembre et annonce trente-quatre membres ainsi que de nombreux passages de grades, effectués avec dérogations, sans doute afin que la loge présente le nombre requis de maçons au grade de « maître » aux yeux du Grand Orient de France.

De 1876 à 1885, « L’Union Sénégalaise » est marquée par divers conflits internes et clivages en son sein. Plusieurs soucis administratifs obligent la seule loge du pays à déménager rue de la Mosquée et s’annonce ensuite rue des Boufflers. La ville portuaire de Saint-Louis voit se développer un climat général de tension et d’hostilité à la franc-maçonnerie, annonçant dans le pays les prémices de l’antimaçonnisme.

En juillet 1882, à la suite de plusieurs campagnes d’extériorisation afin de redorer son image, « L’Union Sénégalaise » initie le commerçant Biran Sady – retenu comme premier franc-maçon de nationalité sénégalaise de l’histoire. Les dettes s’accumulant envers le Grand Orient, celui-ci déclare en 1893 la loge portuaire comme irrégulière.

« Avenir du Sénégal »

La quatrième loge de l’histoire du Sénégal voit le jour peu après la disparition de la troisième. En juin 1893, « Avenir du Sénégal » est fondée. Sur les documents figurent alors un sceau à références palméiformes largement inspirées de celui de « L’Union Sénégalaise ». Si la constitution du nouvel atelier maçonnique est demandée au Grand Orient, son vénérable est lui issu de la Grande Loge de France. Dès novembre 1894, la loge rencontre des divergences idéologiques, dues en partie à des revendications politiques et religieuses d’ordre anticléricales de la part de certains membres. Malgré la très faible importance de la loge, il s’ensuit démissions et procès. La franc-maçonnerie se heurte aussi aux islamistes intégristes4.

Le climat étant particulièrement défavorable à « l’Avenir du Sénégal », la loge se disperse et sera presque inactive jusque 1965, date à laquelle elle disparaît entièrement.

« Étoile Occidentale » à Dakar

En réaction aux difficultés de la quatrième loge sénégalaise est fondée, en novembre 1899, la loge maçonnique « Étoile Occidentale ». Sa particularité est d’ordre géographique : la loge n’est non plus située à Saint-Louis mais à Dakar, ville dont le développement se concrétise chaque jour davantage par l’implantation d’administrations et des maisons de commerce.

SERBIE : Secrets cachés des serbes. Quelles célébrités étaient francs-maçonnes ?

De notre confrère serbe alo.rs

Malgré le fait qu’elle existe depuis des siècles, l’activité des francs-maçons est encore entourée de mystère. Cela contribue aux nombreux mythes et légendes qui tournent autour des francs-maçons et créent une image d’une société secrète dont les membres « dirigent le monde ». Cependant, la vérité indiscutable est qu’ils sont « des francs-maçons parmi nous » et que leurs membres comptent parmi les figures les plus éminentes de l’histoire serbe depuis des décennies.

La première « Mère de la Grande Loge » de tous les francs-maçons du monde – la Grande Loge d’Angleterre, a été fondée en 1717 à Londres. On pense qu’il n’a pas fallu longtemps avant que l’idée des francs-maçons n’atteigne notre région, mais il est vrai qu’il n’y a pas de documents d’archives fiables à ce sujet.

On pense que la première loge maçonnique existait à Belgrade à la fin du XVIIIe siècle et qu’elle fonctionnait probablement en langue turque, mais que les membres étaient à la fois Serbes et Turcs.

Depuis lors jusqu’à aujourd’hui, les francs-maçons en Serbie ont participé à tous les événements socio-politiques importants, et les ont souvent initiés. Ils représentaient l’élite dans de nombreux domaines et il n’y avait presque pas de personnage historique important qui ne soit pas membre de la fraternité.

Nous vous présentons quelques-uns des Serbes les plus célèbres qui étaient francs-maçons, selon la liste qui existe sur le site de la Grande Loge Maçonnique de Serbie.

Vuk Stefanovic Karadzic

Vuk Stefanovic Karadzic

Ce grand réformateur de la langue et auteur du premier dictionnaire de la langue serbe, a également participé au premier soulèvement serbe et a été l’une des personnes les plus érudites de l’époque. Avec les réformes de Vuk, l’orthographe phonétique a été introduite dans la langue serbe, et la langue serbe a supprimé la langue slavo-serbe, qui était à l’époque la langue des gens instruits.

Dositej Obradović

Dositej Obradović était un éducateur et réformateur serbe. Il a suivi un parcours religieux pour devenirbmoine, mais il a quitté cette vocation et a fait des voyages dans toute l’Europe, où il a reçu les idées des Lumières et du rationalisme européens. Dositej a été le premier gardien (ministre) de l’éducation en Serbie. Sa dépouille repose à Belgrade, à l’entrée de la cathédrale.

Petar II Petrovic Njegos

 

Pierre II Petrović Njegoš était l’un des plus grands poètes serbes et monténégrins, souverain du Monténégro, évêque et maçon. Njegos est considéré comme l’un des plus grands poètes monténégrins. Son œuvre poétique la plus influente est « Gorski vijenac », publiée en 1847.

Le roi Pierre I Karadjordjevic

Il est bien connu que le roi Petar I Karađorđević a été initié lors de son séjour en France sous le nom de Petar Mrkonjić, qu’il a également utilisé lors du soulèvement herzégovinien de 1875.

Il est l’un des dirigeants serbes les plus appréciés et il est également connu pour avoir introduit la démocratie en Serbie par sa politique libérale.

SERBIE : Le roi préféré des Serbes est né un 29 juin… il était Franc-maçon | Journal 450.fm

Musique Zivojin

Zivojin Misic était un grand duc serbe. Il a participé à toutes les guerres serbes de 1876 à 1918. Il a directement commandé la Première armée serbe lors de la bataille de Kolubara et, lors de la percée du front de Thessalonique, il était le chef du commandement suprême. Sa manœuvre militaire, qui a valu à la Serbie une victoire incroyable dans la bataille de Kolubara, est toujours enseignée dans les écoles militaires du monde entier.

Georges Weifert

 

Le franc-maçon le plus impressionnant et le plus connu de Serbie était certainement George Weifert, un industriel serbe d’origine allemande et gouverneur de la Banque nationale. Le 9 mai 1912, il est élevé au 33e degré et est le premier Grand Maître de la Grande Loge des Serbes, Croates et Slovènes – « Yougoslavie ». Grâce à lui, le Congrès mondial des francs-maçons s’est tenu à Belgrade en 1926.

Ivo Andrić

Ivo Andrić était un écrivain et diplomate serbe du Royaume de Yougoslavie. Il a remporté le prix Nobel de littérature en 1961 pour le roman Sur le pont de la Drina. L’argent reçu du prix Nobel en 1961 a été entièrement reversé au développement de la bibliothèque d’économie de Bosnie-Herzégovine.

Quelques autres maçons éminents : Stevan Stojanović Mokranjac, Stevan Sremac, Jovan Jovanović Zmaj, Slobodan Jovanović, Jovan Dučić Mahajlo Pupin, Laza Paču,Borislav Pekić…

L’impermanence des constantes

Ce fut d’abord des parties du corps qui servirent d’unité de longueur, puis ce fut la Terre, puis un objet[1]. C’est aussi un objet qui fut la référence unitaire de la masse : le kilo étalon[2]!

Seulement voilà, ces étalons se modifient au cours du temps et, donc, ne sont plus fiables ; tout ce qui se mesure à partir de ces constantes évolutives perd de son exactitude.

Depuis le 20 mai 2019, « le mètre, symbole m, est l’unité de longueur du Système International d’unités (SI). Il est défini en prenant la valeur numérique fixée de la vitesse de la lumière dans le vide, c, égale à 299 792 458 lorsqu’elle est exprimée en m s–1, la seconde étant définie en fonction de ΔνCs[3]. Le temps mesure la longueur !

Quant au kilogramme, symbole kg, l’unité de masse ; son amplitude est déterminé en fixant la valeur numérique de la constante de Planck à exactement  6,626 06…×10−34 lorsqu’elle est exprimée en m2·kg·s−1, unité du SI égale au joule seconde, J·s. Le temps et le mètre mesurent la masse.

Les unités de références ne sont plus des objets, elles sont dématérialisées dans des relations de constantes physiques entre elles ! La méthode scientifique utilise les mathématiques des équations parce que c’est un langage symbolique et universel dans lequel la réalité physique s’exprime et dans lequel la structure sémiotique de l’ego n’est pas impliquée. «Nul n’entre ici s’il n’est géomètre» disait déjà Pythagore.

Voilà un bon prétexte pour m’interroger sur la notion de science.

Quelques réflexions sur les sciences

«La différence entre ne rien voir d’autre qu’un caillou et retranscrire l’histoire du cosmos qu’il renferme, c’est la science.»(Neil de Grasse Tyson, astrophysicien) Ce qu’elle décrit, notre univers , c’est le Cosmos c’est-à-dire l’ordre, l’harmonie, l’articulation des parties entre elles, donc des rapports.

La science est reconnue comme la voie majeure de la découverte de la réalité. Et pourtant il y a d’autres formes d’intelligence qui donnent accès à certains de ses aspects : l’instinctive, la cognitive, la réflexive et l’intuitive.

Les égyptiens, ainsi que la plupart des anciens peuples, avaient pu connaître la science dans sa pureté primitive. Cette science enseignait les lois des choses spirituelles divines et temporelles sans les distinguer. Elle indiquait aux initiés les moyens de participer à l’action des puissances qui sont chargées d’opérer dans cet Univers en faveur de l’homme, …. Mais les Sages d’Égypte, instruits de la diversité des faits qui peuvent résulter de l’action de ces puissances, fixèrent bientôt toute leur attention sur ce qui flattait le plus le penchant naturel de l’homme pour les choses sensibles et matérielles, en sorte qu’ils perdirent de vue les faits d’un ordre supérieur jusqu’à les oublier entièrement … De là vient que leurs mystères ont bien plus exprimé le culte que les initiés rendaient aux puissances actives de la nature temporelle que celui qu’ils auraient dû rendre au Principe unique de toute puissance générale et particulière[4].

La lutte de la foi contre la science si bien illustrée par le martyr de Bruno Giordano (450.fm/2021/06/21/giordano-bruno-franc-macon-sans-tablier-2/), ressurgit aujourd’hui avec les intégrismes religieux. Pourtant l’Histoire de l’Occident a été une longue et douloureuse conquête de la coexistence de la foi et de la raison sans que l’une ne l’emporte sur l’autre.

Un projet utopique, mettant la science et le savoir au centre des préoccupations humaines, les présente comme l’unique chance de survie des hommes : il « a pour fin de connaître les causes et le mouvement caché des choses, ainsi que de reculer les bornes de l’empire humain en vue de réaliser toutes les choses possibles. »[5]

Dans son Manifeste de 1740, le Grand Maître, le duc d’Antin, a le projet «d’un dictionnaire universel des arts libéraux et des sciences utiles, la théologie et la politique seules exceptées… Par là on réunira les lumières de toutes les nations dans un seul ouvrage, qui sera comme une bibliothèque universelle de ce qu’il y a de beau, de grand, de lumineux, de solide et d’utile dans toutes les  sciences et dans tous les arts nobles». Ce sera l’œuvre de Denis Diderot et de Jean Le Rond d’Alembert avec l’Encyclopédie dont les 18000 pages de textes seront éditées de 1751 à 1777.

Au congrès de Solvay en 1927 étaient présents de nombreux prix Nobel, savants représentant les sciences de l’époque. <fr.wikipedia.org/wiki/Modèle:Congrès_Solvay_(1927)>

Les découvertes scientifiques posent la question de la responsabilité morale des chercheurs. La technologie, l’application des sciences, doit avoir une juste place ; selon certains, le problème n’est pas scientifique, il est politique et moral car les sciences changent les modes de vie vie (ex, PMA, GPA, génome chimérique…problématiques très actuelles en France) mais aussi au risque de tuer la vie (ex, avortement, armement de destruction massive, …).

Les intelligences artificielles ne pourraient-elles pas nous devenir hostiles et nous détruire ? Une amorce de réponse à lire : <cnetfrance.fr/news/l-intelligence-artificielle-et-les-robots-sonneront-ils-la-fin-de-l-humanite-  39823936.htm>

Un exemple de science : la connaissance de l’univers

Pour Alice Bayley  «Tout ce que nous sommes certains de savoir, c’est que toutes les formes sont des aspects de l’énergie, qu’il existe une interaction et un impact d’énergies sur notre planète, que la planète elle-même est une unité d’énergie composée de beaucoup d’unités d’énergie, que l’homme lui aussi est un composé de forces et qu’il se meut dans un monde de forces. Voilà où la science nous a si merveilleusement conduits et voilà où l’astrologue, l’occultiste et le mystique se rencontrent et témoignent d’une divinité cachée, d’un être vivant, d’une intelligence universelle et d’une énergie centrale.»

https://youtu.be/bVxBOYr9V5M

On suivra avec enchantement les onze cours d’Aurélien Barrau[6] dont ci-dessous son cours d’introduction ou la révélation des cieux. Des cours avec la craie et le tableau noir pour évoquer les plus grandes avancées scientifiques sur la cosmologie !

Au REAA, inscrites sur le cartouche du 2ème voyage de la cérémonie d’augmentation de salaire, les sciences apparaissent pour la Franc-Maçonnerie comme une voie importante de la sagesse et de la connaissance. Mais «l’enseignement véritable n’est pas une accumulation de savoir : c’est un éveil de conscience qui exige des étapes successives, chaque étape consiste à découvrir la clef de la porte suivante» (Schwaller de Lubicz).

La Franc-Maçonnerie utilise le mot «Sciences» toujours au pluriel soulignant par-là que, comme pour les francs-maçons entre eux, il y a entre les différentes sciences tant de diversités d’approche, de spécificités contextuelles, de diversités des corpus expérimentaux, d’instanciations concrètes. Au singulier «La Science» serait lui accorder le primat quant à l’accès à la vérité voire à l’en-soi du réel en lui-même, Ce serait faire allégeance à une absoluité à caractère dogmatique surtout lorsqu’elle se crispe sur des théories polémiques ou utilise des références inadéquates[7].

L’épistémologie est la philosophie des sciences.

Conclusion des sciences : Tout est vibrations, tout est ondes et donc tout est nombres[8] ! Houzé Pythagore !  Tout est complexe, tout est relations, tout est impermanent.

L’univers n’est pas, il est étant.

Académie des sciences et des beaux-arts au XVIIe s. Allez sur la page, zoomez l’image au maximum et explorez les détails : <gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84073112>


[1] Le mètre étalon en platine, dédié  «à tous les temps, à tous les peuples», déposé en 1799 aux Archives de la République ! En 1960, le mètre devient la longueur égal à 1 650 763,73 longueurs d’onde dans le vide d’une radiation du Kripton 86. En 1983, le mètre est la longueur du trajet parcouru dans le vide par la lumière pendant une durée de 1/299 792 458 seconde.

[2] Cylindre en alliage (90 % de platine, 10 % d’iridium) conservé en atmosphère contrôlée sous trois cloches et précieusement rangé dans un coffre-fort au Bureau international des poids et mesures situé à Sèvres (Hauts-de-Seine) <lajauneetlarouge.com/la-merveilleuse-histoire-du-metre-premier-etalon-universel/>

[3] ΔνCs est la fréquence de la transition hyperfine de l’état fondamental de l’atome de césium 133 non perturbé égale à 9 192 631 770 Hz

[4] Jean-Baptiste Willermoz.

[5] Dans l’ouvrage posthume de Bacon (1627), La Nouvelle Atlantide,

[6] <blogs.futura-sciences.com/barrau/2017/09/06/videos-de-cours-public-lunivers/>

[7] Voir l’article Connaissez-vous les fractales <https://450.fm/2021/06/25/connaissez-vous-les-fractales/>

[8]Même si certains vous diraient que tout est amour,  L’amour et l’univers : 450.fm/2019/03/28/lamour-et-lunivers/

ITALIE : Équilibre entre travail profane et travail initiatique dans la franc-maçonnerie actuelle

De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano –

La franc-maçonnerie cherche à rendre ses membres plus éclairés, plus forts, plus désireux de travailler individuellement et en commun pour le bien-être de l’humanité, de manière à susciter entre des personnes qui autrement seraient séparées par le rang, la fortune, la profession, les opinions politiques. religieuses, des sentiments de solidarité créés par la participation aux mêmes traditions et aux mêmes rites.

De plus, des actions concrètes découlent de cette Fraternité, tant du point de vue de la tolérance mutuelle que de la solidarité. Chez les Néophytes, elle renforce le sentiment du Devoir. Elle rappelle chez les initiés les graves problèmes relatifs à l’ordre universel et au destin de l’Homme.

L’atteinte de la perfection maçonnique n’est permise qu’après une transformation spirituelle intégrale, qui implique l’abandon de la personnalité individuelle, particulièrement existante chez les peuples latins, pour s’orienter vers le concept d’élément d’une communauté à laquelle on doit tout, sans droit de demander quoi que ce soit en retour. Pour être cohérent avec le but primitif et donc naturel de « obtenir, atteindre», il est nécessaire de le remplacer par celui de « donner, offrir, aider ».

Si l’orientation spirituelle nécessaire pour devenir de vrais francs-maçons n’était pas facile dans le passé, lorsque la vie s’écoulait plus calmement et de manière relativement étroite, elle est aujourd’hui beaucoup plus difficile, en raison de l’existence absorbante et écrasante que l’on est forcé de mener, qui nécessite une consommation remarquable d’énergies qui, parfois, monopolise tout.

Il y a certainement d’autres institutions qui ont des objectifs similaires. En dehors même des religions positives, qui poursuivent ces mêmes buts,certaines associations qui, sous les confessions les plus diverses, proposent l’éducation individuelle de leurs membres et le perfectionnement général de la communauté, sur le plan scientifique, artistique, philosophique et moral; d’autres qui s’efforcent de créer différentes formes de mutualité, d’autres encore, comme les cercles amicaux, qui correspondent toujours à des objectifs humanistes.

La franc-maçonnerie rassemble tout cela, à travers la pratique d’un symbolisme qui, à son tour, forme un caractère distinct et constitue la démarche initiative.

Quiconque souhaite être maçon doit être assidu dans son métier et fidèle au Maître qu’il sert. Il doit travailler animé d’un sens de la justice et ne doit pas profiter du pain des autres, mais payer honnêtement ce qu’il mange.

Le franc-maçon, citoyen pacifique ne doit pas participer à des complots ou des conspiration contre la paix et le bien-être de la Patrie.

La franc-maçonnerie a toujours prospéré en temps de paix et a toujours subi les dommages des guerres et des révolutions.

La franc-maçonnerie est le centre d’union, la conséquence d’une amitié sincère entre des hommes qui, en dehors d’elle, seraient constamment séparés les uns des autres.

L’œuvre morale et sociale de la Franc-Maçonnerie a son plus grand fondement en l’Amour, c’est-à-dire par Amour, l’acceptation du prochain tel qu’il est, avec ses maux physiques et moraux, avec son bien et son mal, un Amour qu’il devient don de soi aux autres, pour soulager leurs souffrances, pour essayer de résoudre leurs problèmes.

Il est évident que tout cela ne pourra être obtenu, si l’on n’est pas en paix avec soi-même et si l’on ne s’aime pas d’abord, non pas dans un sens égoïste, mais toujours dans le sens de s’accepter et de se tempérer face à une adversité continue. Avant d’aimer les autres, il faut faire un travail d’autocritique pour essayer de s’améliorer, de chasser les préjugés, pour enfin se voirà travers les autres !

L’amour est une vérité qui est la base spirituelle de toutes les autres vérités et sans laquelle le bonheur et la justice sont très difficiles. La bonté est liée à l’Amour.

Plus que le génie, la bonté donne la mesure de la grandeur de l’âme, plus que la beauté elle donne au visage de l’homme un attrait invincible. Les francs-maçons apportent un soulagement efficace aux malheureux. Sans elle, nous sommes à la merci des sentiments de jalousie et de haine, de la genèse de l’intolérance politique et de l’hostilité contre les réformes sociales nécessaires aux hommes. La tendance de la franc-maçonnerie pourrait facilement s’exprimer avec cette expression : la bonté de la maçonnerie.

Avec la bienveillance envers les autres, elle crée une joie intérieure.

Les vrais francs-maçons ont la bonté dans le cœur et en retour ils reçoivent le plaisir innommable des « mains serrées » avec effusion et des regards dans lesquels se lisent la sympathie et l’amour. Les francs-maçons n’admettent ni l’emphase des académies ni l’irritation des cercles. Sérénité, bonne humeur sont traditionnelles, au point que, depuis des siècles, le nom de Franc-Maçonnerie a donné l’idée au visage d’un diable, mais d’un diable gai et joyeux.

En soi ce n’est pas une religion, mais précisément parce qu’elle est ouverte à tous les hommes sans distinction confessionnelle, elle a le droit de mettre en évidence ce que chaque croyance a produit de meilleur. De plus, ce ne sont pas les seules institutions auxquelles elle s’adresse. Il suffit de rappeler qu’en Franc-Maçonnerie convergent tous les Rites, les traditions des guildes et des syndicats professionnels, qui constituent la première et la plus vigoureuse expression de la solidarité sociale dans l’anarchie du Moyen Âge.

On retrouve aussi le symbolisme de l’ancienne religion de Noé et des Patriarches, ainsi que les solennités de Cérès et d’Éleusis, d’Isis en Egypte, de Minerve à Athènes et l’esprit chevaleresque, qui personnifie les meilleurs côtés de la féodalité.

Telle est l’universalité incontestée de la Franc-Maçonnerie, qui utilise toutes ces créations du passé, ou du moins une partie de leurs légendes, leurs symboles, leurs cérémonies, pour en tirer les éléments d’une synthèse destinée à mettre en lumière les qualités et les Vertus les plus nécessaires à l’Homme. : la pratique de la solidarité, la justification de la tolérance, l’apologie du devoir et du travail, le recours incessant aux lumières de la raison et de la conscience, la foi dans la liberté et le progrès.