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Pic de la Mirandole et l’ange jaloux

« Les Entretiens Pic de la Mirandole » sont pour nous l’occasion de vous présenter « Pic de la Mirandole et l’ange jaloux », un ouvrage de l’éditeur « Les petits Platons ». Une belle histoire racontée par Hélène Malard et illustrée par Marie Mignot.

« Les petits Platons », éditeur de livres de philosophie pour les enfants, ont été créés par Jean-Paul Mongin, directeur de la collection et également auteur des quatre premiers ouvrages d’une collection qui en compte une cinquantaine. L’objectif de cette collection est, à travers des ouvrages écrits par des philosophes reconnus et par des illustrateurs de talent, de faire appel à la fiction pour comprendre la pensée des grands philosophes. « Les petits Platons » s’adressent aux enfants entre 9 et 12 ans, mais, depuis 2009, éveillent tous les lecteurs de 9 à 99 ans à la philosophie et organisent régulièrement des rencontres littéraires et des ateliers philo.

Des livres illustrés entre 60 et 80 pages qui racontent Socrate, Descartes, Kant, mais aussi Saint Augustin, Leibniz ou Lao-Tseu à partir des fictions qui traversent leurs œuvres… Drôles, intelligents, émouvants, magnifiquement illustrés, « Les petits Platons » proposent aux petits et aux grands de vivre une expérience pleinement philosophique !

À noter, et sans doute sans rapport, le logo ressemble étrangement à une branche d’acacia…

Le catalogue 2021 https://bit.ly/3lJ15xj

Avis aux amoureux de la philosophie et de sa transmission !

Pic de la Mirandole et l’ange jaloux

Hélène Malard – Marie Mignot

Les petits Platons, 2016, 64 pages, 14 €

Présentation de l’éditeur : Dans une Italie à feu et à sang, Pic de La Mirandole veut établir la paix entre les savants. Kéroub, un ange très futé, l’observe en cachette. Pourquoi Dieu a-t-il confié ce grand projet de concorde à un simple mortel ? La nature humaine serait-elle plus digne que les esprits célestes ?

Biographie de l’auteur : Hélène Malard traduit et commente Pic de La Mirandole pour sa thèse de philosophie. Férue de contes et d’opéra, elle vit une fabuleuse aventure en étudiant les manuscrits cryptés de l’humaniste italien.

Biographie de l ‘illustratrice : Marie Mignot est diplômée des Arts Décoratifs de Strasbourg, travaille régulièrement pour la presse, et publie ici son premier livre. Parallèlement, elle développe des projets personnels allant de la bande dessinée historique à l’album jeunesse loufoque, en passant par des images gravées.

Pour mémoire, Jean Pic de la Mirandole (1463-1494), qui se faisait aussi appeler comte de la Concordia (la Concorde), est un philosophe et théologien humaniste italien, troisième fils d’une vieille famille comtale. La Mirandola étant une cité italienne située entre Parme et Pérouse en Émilie-Romagne, région du nord de l’Italie. À la recherche de la « prisca theologia » (ou théologie première exposée par les Anciens), il étudia et synthétisa les principales doctrines philosophiques et religieuses connues à son époque, notamment le platonisme, l’aristotélisme, la scolastique. Il est le fondateur de la kabbale chrétienne.

Fondation GLNF : À la rencontre des bénéficiaires

Mardi 19 octobre 2021, de 18h30 à 19h30, Grand Temple de la GLNF, 12 rue Christine de Pisan à Paris, la Fondation, reconnue d’utilité publique, vous invite à une journée portes ouvertes.

Une rencontre avec les bénéficiaires en présence du président de la Fondation, M. Jean-Pierre ROLLET.

Venez découvrir des associations telles que :

  • « Donnez la lumière », avec la remise de matériel informatique à un bénéficiaire ;
  • « Fonds d’Urgence », Pompiers de l’Urgence Internationale ;
  • « Chiens guides » Fondation Fréderic Gaillanne.

Une conclusion et un appel à mobilisation par Jean-Pierre ROLLET, Président.

Une cérémonie à retrouver en podcast sur le site de la Fondation https://www.fondationglnf.com/

Fondation GLNF : « S’engager pour l’enfance… Répondre à l’urgence « 

Faire un don : https://glnf.iraiser.eu/b/mon-don?cid=9&_cv=1

S’engager, c’est aussi cela être Maçon

∴ 3 POINTS C’EST TOUT ∴ – Mardi 19 Octobre

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🎥ALLEMAGNE : https://450.fm/2021/10/02/ff-allemagne-que-font-les-francs-macons-a-bensberg/

🎥 DRUIDISME : https://450.fm/2021/10/17/video-entretien-avec-le-druide-bran-du/

🎥 Bouddhisme : https://450.fm/2021/08/04/quest-ce-que-le-bouddhisme/

📰 3 POINTS C’EST TOUT Le rendez-vous quotidien des lecteurs de https://450.fm

Le journal de la FM sous tous ses Angles

Présentation Hadrien Berthaut

Réalisation Laurent Sirguy

Directeur de la Publication Franck Fouqueray

Grand Orient de France – Hommage à Samuel Paty

Dimanche 17 octobre dernier, les Sœurs et les Frères du GODF se sont rassemblés afin de rendre hommage à Samuel Paty.

Le square Samuel Paty, auparavant connu comme square de la Sorbonne, puis square de la place Paul-Painlevé, a été renommé en 2021 par décision du Conseil de Paris, Se situant dans le 5ᵉ arrondissement de Paris, face à la Sorbonne, il correspond à l’espace vert central de la place Paul-Painlevé.

Un lieu hautement symbolique. Symbolique de l’éducation et de la tolérance.

Rappelons que Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, a été assassiné lors d’une attaque terroriste islamiste perpétrée le 16 octobre 2020 dans la commune française d’Éragny, située dans le Val d’Oise.

Source : Facebook GODF – Photos GODF

Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie – Les racines profondes de la Franc-maçonnerie

Jean-François Guerry – Académie Maçonnique Provence-Éditions Ubik, Coll. l’intégrale, 2021, 154 pages, 15 €

Présentation de l’éditeur :

Les hommes cherchent à découvrir leur être intérieur. Ils recherchent la connaissance par un retour à l’essence de leur soi. Construire leur temple intérieur pour participer à la construction du monde qui les entoure, trouver leur juste place. Comment y parvenir ? La philosophie antique était theoria et praxis, elle était alors de vivre. La Franc-maçonnerie est aussi un art parfois qualifié de royal, un art qui impose de Savoir, Comprendre et Agir. L’observation de la pratique maçonnique démontre que les travaux maçonniques sont de véritables Exercices spirituels. On peut vivre sans la philosophie, comme l’on peut vivre sans la Franc-maçonnerie, mais moins bien.

Biographie de l’auteur :

Sur le plan profane : né en 1947 à Vanves, Jean-François Guerry suivra ses études à Paris puis en Bretagne pour s’orienter vers des études supérieures en Agriculture. Technicien de l’alimentation animale puis commercial dans l’industrie pharmaceutique, il créera ensuite une société immobilière spécialisée dans les transactions pharmaceutiques, société qu’il dirigera jusqu’à sa retraite.

Sur le plan maçonnique : initié au Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) en 1987 au sein de la GLNF, il occupera tous les Offices y compris celui de Vénérable Maître participant activement à la fondation de plusieurs Respectables Loges. Grand Officier de la Grande Loge Provinciale de Bretagne pendant plusieurs années, il en a été Assistant Grand Maître Provincial et président de la S.A Immobilière de Bretagne GLNF.

Initié en 1996 au 4e degré du Suprême Conseil pour la France, il a, en 2008, intégré la Grande Loge de France ainsi que le Suprême Conseil de France. 30e degré, il est actuellement Président d’un Souverain Chapitre du 18e degré.

Il crée en 2015 le blog « La Franc-maçonnerie au cœur, Un blog d’information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures » qu’il anime quotidiennement http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/

[NDLR : nous avions annoncé ici-même https://bit.ly/3mU5Fbk la conférence donnée par Jean-François Guerry sur les « Exercices spirituels antiques et Franc-Maçonnerie » le samedi 25 septembre 2021 au Château Saint Antoine dans le cadre des VIes Rencontres de l’Académie Maçonnique Provence. Un ouvrage préfacé par Charles-Bernard Jameux, ancien Grand Chancelier de la Grande Loge de France dont l’exorde nous propose une façon de philosopher et de maçonner. Car, en philosophie comme en Maçonnerie, nous y trouvons plaisir et joie de penser par soi-même. Et le Maçon a aussi, comme le philosophe, le devoir de s’interroger sur tout, à commencer sur lui-même…

Puis l’auteur nous conduit à travers la philosophie antique et ses exercices spirituels, comme une source de la méthode maçonnique. Il convoque Pythagore, Socrate, Platon, Aristote, architecte de la Sagesse, Cicéron, citoyen romain, Marc Aurèle et Plotin. À noter, l’annexe comprend l’esquisse d’une fresque historique et chronologique ainsi que le descriptif du célèbre tableau de Raphaël L’École d’Athènes]

ANGLETERRE : Un Franc-Maçon de Northumberland reçoit un prix prestigieux pour son travail avec des organismes de bienfaisance

De notre confrère anglais newspostleader.co.uk – Par Par David Sedgwick

Un franc-maçon de Northumberland a été récompensé pour son travail caritatif inlassable et bénévole dans la communauté, par un prix national prestigieux.

Norman West, Franc-Maçon depuis 43 ans, s’est rendu à Mansion House, à Londres, pour recevoir le prix très convoité de l’Ordre de la Miséricorde de la League of Mercy Foundation, pour son travail d’aumônier au sein des francs-maçons de Northumberland.

Au cours de ses 14 années en tant qu’aumônier des francs-maçons de Northumberland, Norman a travaillé en étroite collaboration avec le Richard Henry Holmes Benevolent Fund, la Northumberland Masonic Charity Association et la National Masonic Charitable Foundation.

Son rôle consiste chaque année, à coordonner la distribution de l’argent de la charité maçonnique aux maçons et à leurs personnes à charge en cas de détresse sociale ou pécuniaire, ainsi qu’à soutenir un nombre important d’œuvres de bienfaisance non maçonniques

Il se déplace en permanence partout pour rencontrer les demandeurs d’aides maçonniques et leurs familles ou amis afin de s’assurer que les aides correspondantes et à niveau adapté sont bien allouées.

De plus, il joue un rôle déterminant dans la recherche d’appels au soutien d’organismes de bienfaisance non maçonniques en défendant leurs demandes lors des réunions des administrateurs, et dans la distribution de fonds aux divers organismes de bienfaisance lorsqu’ils sont approuvés.

Ses collègues disent que Norman, de Newcastle, fait tout son possible pour connaître les particularités de chaque cas et porte des jugements opportuns sur les types et le niveau de soutien qui seraient nécessaires pour soulager la détresse dans les cas individuels.

Norman reste en contact étroit avec les demandeurs, assurant un visage toujours amical, avec un œil attentif sur leurs besoins et une volonté d’intervenir et d’organiser un soutien supplémentaire si nécessaire.

Dunkerque 1721, la première Loge maçonnique du Royaume de France L’Amitié et Fraternité

La tradition fait naître la Franc-Maçonnerie en France en 1721, avec peut-être un premier Atelier actif à Dunkerque. Les Archives de Dunkerque – Centre de la Mémoire Urbaine d’Agglomération (CMUA) et l’association Dunkerque 1721 restituent l’époque de cette aventure humaine.

Dunkerque avait déjà permis en 2014 à la Franc-Maçonnerie de se dévoiler. Il s’agissait alors d’une initiative de Dunkerque Espace Fraternité, association regroupant douze loges dunkerquoises représentant quatre obédiences, qui levait un coin du voile avec une exposition à la bibliothèque universitaire, en Citadelle.

Infos pratiques :

Exposition temporaire – Entrée gratuite du lundi au vendredi de 13h30 à 17h30

Halle aux Sucres ; 9003 route du Quai Freycinet 3 – 59140 Dunkerque

∴ 3 POINTS C’EST TOUT ∴ – Lundi 18 octobre

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🎥ITALIE : https://450.fm/2021/10/16/ff-italie-rosazza-la-capitale-du-spiritisme-et-de-la-franc-maconnerie-ou-madame-la-maire-est-elue-avec-100-des-voix/

🎥 Génie : https://450.fm/2021/10/16/video-susan-polgar-une-femme-grand-maitre-mondial-des-echecs/

🎥 Sondage : https://450.fm/2021/10/16/51-et-ce-nest-pas-du-pastis/

📰 3 POINTS C’EST TOUT Le rendez-vous quotidien des lecteurs de https://450.fm

Le journal de la FM sous tous ses Angles

Présentation Hadrien Berthaut

Réalisation Laurent Sirguy

Directeur de la Publication Franck Fouqueray

Mystères de l’Apocalypse de Jean

Georges Bertin – Édition du Cosmogone, 2021, 156 pages, 20,80 €

Présentation de l’éditeur :

Il manquait une véritable exégèse ésotérique de l’Apocalypse. Georges Bertin a osé « s’aventurer » dans l’univers johannique, d’avoir synthétisé les sources anciennes (juives, chrétiennes et même païennes) d’une « pensée paradoxale » qu’il explore grâce à une lecture « à plus hault sens », ancrée dans une véritable « perspective herméneutique » : nous sommes peut-être là, écrit Georges Bertin, en présence de la mise au jour par la voie symbolique de « choses enfouies depuis la création du monde » (René Girard), le texte de Jean nous ouvrant à comprendre un « noyau intérieur récurrent de vérités cachées ». L’anthropologue n’hésite pas à démontrer que les mystères de l’Apocalypse invitent à repenser la « marche des temps ». Pour ce faire, sont convoqués des mythologues comme Jean-Charles Pichon, des ésotéristes comme René Guénon, des orientalistes comme Henry Corbin, des psychologues de la profondeur comme Jung, afin d’éclairer les lectures prétéristes, historiques, futuristes et eschatologiques du livre mythique. (L. Guillaud).

Table des matières :

Préface de Lauric Guillaud

1. Le livre et ses lectures

2. Qui est Jean ? Le contexte de production de l’œuvre

3. Le livre de l’Apocalypse et son organisation

4. L’Apocalypse à plus haut sens !

5. JEAN ET LE LIVRE, UN PARCOURS D’INITIATION

6. Jean, figure de l’initié

7. La question de la grande année et du millenium

8. La Franc-maçonnerie témoin de l’Apocalypse ?

9. La révélation initiatique d’un sens caché

10. Une aventure vers la transcendance

Envoi. La jouissance de l’Âme du Monde

Annexes

Bibliographie

Biographie de l’auteur :

Georges Bertin, né le 25 février 1948, est un chercheur en sociologie, socio-anthropologue, docteur en sciences de l’éducation, habilité à diriger des recherches en sociologie. Il est directeur des recherches en sciences sociales, fonction exercée au CNAM Pays-de-la-Loire de 2006 à 2016. Il est membre du GRECO CRI, groupement de recherches coordonné des centres de recherche sur l’Imaginaire et du CRI2i. Il a dirigé à Angers et au Mans le Cercle de Recherches Anthropologiques sur l’Imaginaire (CRAI), lequel a succédé au Groupe de Recherches sur l’Imaginaire de l’Ouest (GRIOT), qu’il a fondé en 1994.

Il est aussi membre de la Société arthurienne internationale, au sein de laquelle il a été de 1990 à 2013, fondateur puis coprésident de l’AFIRSE (Association francophone internationale de recherches scientifiques en éducation). Président fondateur de l’association CENA en 1973, il en est aujourd’hui le président d’honneur et membre du Conseil scientifique de l’association des Amis de Gilbert Durand et des revues Matières à penser, Kairos et Influxus.

Il a été de 2006 à 2016, directeur exécutif de la revue internationale de sociologie Esprit critique.

Il s’intéresse particulièrement à l’imaginaire (socio-anthropologie de l’Imaginaire), aux travaux jungiens et reichiens, aux mythes, au symbolisme. De son premier ouvrage le Guide des Chevaliers de la Table Ronde en Normandie (Corlet, 1991) à celui-ci, nous lui devons entre autres, Le Christ s’est arrêté à Dozulé, 1972-1978 (Éd du Cosmogone, 2020), De la loge aux réseaux, la franc-maçonnerie au défi des siècles (Éd. du Cosmogone, 2019), Entre caverne et lumière, essai sur l’imaginaire en loge de francs-maçons (Éd. du Cosmogone, 2017), prix Cadet Roussel, La quête des chevaliers et dames de la Table Ronde (Éd. du Cosmogone, 2015) dont vous pouvez retrouvez la recension sur https://www.glnf.fr/article.php?id=442

La France et ses prénoms – Polémique

En tant que rabbin, je me dois parfois donner mon avis sur des sujets de société abordés par l’actualité.

Certains politiciens et journalistes de droite dure, continuant la polémique infâme lancée par Éric Zemmour contre Hapsatou Sy, militeraient pour suggérer une loi n’autorisant dans notre pays que les prénoms français (uniquement et exclusivement). Sans peur du cocasse, on ressortirait donc les vieux Télesphore, Philogon, Dorymédon, Rasyphe, Tydrique, Égobille, Rusicule, Hérondine, Yphenge, ou Vénéfride !

Nul besoin d’être un génie pour comprendre que derrière cette exigence ridicule se cache une xénophobie ciblée contre un seul groupe de population : les musulmans (les « Arabes » dans la bouche des ignares, qui confondent les deux). Intégrés relativement récemment sur notre territoire, leurs prénoms sonnent encore « étranger » aux oreilles de certains de nos concitoyens.  

En tout cas, quelle condescendance !

La liberté de prénommer son enfant comme on le souhaite ne serait-elle qu’un privilège d’Occidentaux ?

Un couple d’expatriés français, installé n’importe où dans le monde, ne se verra jamais reprocher le choix du prénom de son enfant.

Mais qu’est-ce qu’un prénom français ? Nadège le serait-il plus que Nadiya ? Claudia qu’Amina ? Richard que Rachid ? Kevin que Karim ? Où place-t-on la barre ?

Or, linguistiquement cela n’a aucun sens (je revêts ici brièvement ma caquette d’universitaire). Tous ceux qui ont un petit bagage historique savent qu’en France, les prénoms portés proviennent de plusieurs origines (en restant simple) :

1. Celtes (dont gauloises) – comme Hervé, Brice, Gildas, etc.– prénoms introduits avec les grandes migrations de la fin de l’Âge de Bronze.

2. Latines – comme Claude, Fabrice, Antoine, Victor, Maxime, Félix, Quentin, Régis, Lucien, Sabine, Auguste, Cécile, Florent, Martin, etc. – introduits avec la conquête romaine.

3. Grecques – comme Philippe, Théodore, Alexandre, Nicolas, Pénélope, Agnès, Étienne, Eugène, etc. – introduits avec l’Empire romain, puis plus tard avec l’influence de l’Église (dont Byzance).

4. Hébraïques et araméennes (i.e. bibliques) – comme Simon, Jésus, Isaac, Jean, Joseph, Joël, Michel, David, Mathieu, Thomas, Gabriel, Léa, Salomé, Emmanuel, etc. – introduits avec la religion chrétienne.  

5. Germaniques (dont franques) – comme Albert, Robert, Louis, Éric, Frédéric, Henri, François, Roger, Charles, Bernard, Mathilde, Ségolène, Thierry, etc. – introduits avec les grandes invasions barbares des Ve-VIe siècles.

6. Autres origines, telles vikings (avec Gustave) ou basques (avec Xavier), etc. Yves, assez courant, possède par exemple une double origine, gallo-romaine et germanique.

Je passerai sous silence la disparition des nombreux prénoms locaux (Bretagne, Pays Basque, Occitanie, Picardie, Normandie, Alsace, etc.), victimes de la politique linguistique de centralisation autour du français et de sa lutte contre les langues régionales.

Puis au vingtième siècle, arrivent des prénoms d’origine slave (comme Boris, Ivan, Igor, Marek, etc.), arménienne (comme Anouche, Hovannes, etc.) ou anglaise – avec l’influence du cinéma hollywoodien et des séries TV américaines (comme Errol, Steve, Pamela, Shirley, Jordan, etc.). Les vagues d’immigration (Italiens, Polonais, Espagnols, Portugais, etc.) amènent aussi leurs versions de prénoms déjà francisés ici – ex. Pablo pour Paul, Giuseppe pour Joseph, Pedro pour Pierre, Jacek pour Jacques, etc.

Je suis sûr qu’à chaque époque (après chaque vague d’invasion, depuis l’Antiquité), les prénoms des nouveaux arrivants sonnaient très barbares aux oreilles des autochtones.

Pourtant, à chaque fois, ces prénoms étrangers ont fini par s’acclimater et par devenir aussi naturels que les anciens. Enrichissant par ce mécanisme le long corpus de ceux donnés à nos enfants sur notre territoire.    

Incidemment, depuis plus d’un millénaire, les juifs vivant dans les pays arabophones ou musulmans ont adopté la version arabe (ou coranique) locale de leurs prénoms hébraïques dans leurs interactions en dehors de la communauté. Par exemple Mûsâ pour Môshè, Ibrâhîm pour Avrâhâm, Yûsuf pour Yôséf, Ya pour ânân, Sulaymân pour Shelômô, etc. Cela a été aussi le cas dans les pays occidentaux, où c’est la version chrétienne des prénoms qui a été adoptée. Par exemple en France, Moïse pour Môshè, Isaac pour Yiṣḥâq, Jacob ou Jacques pour Ya‘aqov, Salomon pour Shelômô, etc. Et en pays germanophone, Zalman (version vieille-allemande médiévale adoptée par les Ashkénazes) pour Shelômô, etc. Par contre, les femmes juives, elles, n’ont souvent porté que des prénoms locaux dans la langue vernaculaire. Comme par exemple Farîa, Mas‘ûda, Sulâna ou Qamra au Maghreb. Cette habitude prise par la communauté juive d’adopter des prénoms usuels de la langue dominante, existait déjà depuis l’Antiquité – avec l’égyptien, l’akkadien, le perse, le grec ou le latin. C’est pour cela que les parents d’un certain enfant juif de nationalité française ont choisi de l’appeler Éric plutôt que Yiṣḥâq.

Pour revenir donc à notre question : qu’est-ce qui fait qu’un prénom soit français ?

Je répondrais : sa francisation. C.-à-d. le fait qu’il soit utilisé dans la langue française, en cohérence avec son système phonémique, sur des territoires francophones. Or, tant pis pour É. Zemmour et ses épigones, car c’est déjà le cas pour les prénoms d’origine arabe.

C’est particulièrement audible dans la manière dont ils sont prononcés, « à la française », sans les consonnes gutturales et emphatiques propres aux langues sémitiques. Par exemple, Fatiha (Fatîa plutôt que Fâtia) est prononcé « Fatia », et Yahya (Yaḥyâ) « Yaya », conformément aux phonèmes du français où le son Ḥ est inexistant. Évolution parallèle à ce qui a déjà eu lieu en Afrique de l’Ouest, comme Mamadou pour Muammad, Abibatou pour abîba, Assana pour asan, Aïssatou pour ‘Â’isha, et le fameux Hapsatou (prononcé avec un H muet) pour afa, etc.   

De plus, une partie importante des prénoms arabes sont d’origine biblique (i.e. hébraïque) – et ne sont donc qu’une version parallèle de ceux existant déjà ici –, comme Ismâʿîl pour Ismaël, Ibrâhîm pour Abraham, Mûsâ pour Moïse, ‘Alî pour Héli, Ilyâs pour Élie, Hâjar pour Hagar, Sâra pour Sarah, Ya pour Jean, Yûsuf pour Joseph, Sulaymân pour Salomon, ‘Îsâ pour Jésus, Maryam pour Myriam, etc.

Un jour viendra en France où des non-musulmans porterons des prénoms arabes sans que cela ne pose aucun problème à personne, et se multiplieront les Malika Durand, les Kamel Martin, les Salima Lefèvre et les Ilyès Dupont. À côté des Christophe Benzema, Sabine Haddad, Anne-Marie Ndiaye, Jean-Paul Bencheikh et Sophie Diouf.

Que s’accomplisse en nous tous ici-bas le verset des Psaumes de David (133:1) :

« Qu’il est bon et qu’il est agréable le séjour des frères [et des sœurs] ensemble. »

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