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Religion : est-ce religare ou religere ?

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Nombreux sont les maçons qui, un jour ou l’autre, ont « appris » lors d’une planche, que le mot religion dérivait du latin RELIGARE (relier). Et, à la suite de cette assertion viennent en général, différents développements, symboliques ou non, sur le lien quasiment ombilical qu’il y aurait entre les 2 concepts : RELIER et RELIGION.

Dans quelle mesure cette dérivation est-elle avérée et définitive ou même logique, tout d’abord au niveau du Latin, mais également au niveau du concept même de religion (religio) à l’époque de l’empire romain et aujourd’hui ?

Les évidences triomphantes ; celles qui s’emboitent merveilleusement et qui nous confortent, réservent parfois des surprises (dés)agréables quand on se donne la peine d’aller au-delà ; en un mot encore une fois, de tailler sa pierre…

Camille Tarot, spécialiste français de sociologie des religions né en 1943, s’est penché sur la question :

« La dérivation de religare vers religio -, la plus connue, est évoquée par Lactance, apologète chrétien du 4e siècle, dans son (Divinae Insitutiones, 4, 28, 12) : « Le nom de religion a été tiré du lien de piété (a vinculo pietatis), parce que Dieu se lie l’homme (sibi Deus religaverit) et l’attache par la piété. ».

(Lucius Caecilius Firmianus, dit Lactance, est un rhéteur né vers 250 en Algérie romaine, et mort vers 325. Il a été surnommé le « Cicéron chrétien » en raison de l’élégance de sa prose latine)

« L’autre correspondance sémantique de relegere vers religio, moins connue, existait déjà, un demi-siècle avant l’ère chrétienne, [plus de 300 ans avant celle de Lactance]. Elle est justement de Cicéron [le vrai] ».

« Dans son –De natura Deorum, 2, 28, 72–, le célèbre avocat fait dériver religio de relegere, verbe rare et ancien qu’il se voit obligé de traduire, pour l’expliciter, par retractare qui signifie : repasser, réviser, éprouver un scrupule. « Ceux qui reprenaient –retractarent– diligemment et en quelque sorte –relegerent– toutes choses qui se rapportent au culte des dieux, ont été appelés religiosi de religere, comme elegantes de eligere et diligentes de diligere. Tous ces mots ont en effet le même sens de « legere » que « religiosus » ».

Quelle étymologie est la bonne ? Question qui est loin d’être simple même si, comme le rapporte Camille Tarot : « Celle de Lactance […], tardive, a la fausse évidence d’une étymologie populaire, d’un jeu de mots dû à une homophonie des signifiants et à une métaphore qui servait la nouvelle conception de la religion. Elle met le vieux mot [Religare] au service d’une définition chrétienne de la religion par le monothéisme du Dieu transcendant ; une nouveauté dans le contexte romain », et même si :

« Celle de Cicéron précède l’ère chrétienne et renvoie à un verbe rare et ancien, dont le sens est déjà obscur, (Saint Augustin relisant l’œuvre de Cicéron, traduira Retractationes, non par recul ou abandon de ses thèses, mais par retraitement des problèmes et formulations) ; Étymologie qui  correspond [certes] à un sens plus difficile (mais] qui, dans le contexte de la vieille religion romaine, est plus vraisemblable ».

Question donc non évidente car « ces deux définitions classiques et concurrentes de la religion, –poursuit Camille Tarot–, vont longtemps embarrasser les philologues [et c’est] grâce à Benveniste en particulier, que l’on comprend que cela vient d’un coup de force sémantique des chrétiens ».

Émile Benveniste, (1902-1976) grand spécialiste en grammaire comparée des langues indo-européennes et en linguistique générale.

« Les lois de la dérivation latine –nous apprend Benveniste– ne pouvaient pas donner religio (religion) à partir de religare (relier) mais plutôt religatio »

 [Le vocabulaire des institutions indo-européennes, tome 2, Benveniste, Editions de Minuit, 1969, p. 271].

« Religio vient bien de religere, et son adjectif religiosus signifie bien scrupuleux à l’égard du culte [ou encore] se faisant un cas de conscience des rites, ce que confirme son antonyme, neg-ligo, « ne pas se soucier de », (négliger, en français) » [ibid. p. 270]

Il faudrait rappeler que les définitions « scrupuleux à l’égard du culte » ou « se faisant un cas de conscience des rites », sont des expressions de Cicéron, propres donc à la religio romana, et ne peuvent être mises sur le même plan que le « être religieux » de l’époque moderne.

Car comme nous le rappelle Sachot (L’invention du Christ, Genèse d’une religion, Odile Jacob, 1998, p. 370, 377), Cicéron, bien que personnellement agnostique, était un fervent défenseur de la religio romana qu’il considérait comme étant le symbole de l’identité romaine  « La religio romana est une « attitude faite de respect scrupuleux –sens premier de religio– envers l’institué« . Elle est ce qui donne force aux institutions et en garantit la durée, par ce lien, cet attachement du citoyen à respecter les institutions de sa cité […] chaque cité a sa religion ». [Cicéron, Pro Flacco, 28, 68 : sua cuique civitati religio].

Maurice Sachot né en 1943 Université de Strasbourg, domaine du christianisme primitif et du fait religieux

Dans Problèmes de linguistique générale, tome 1, Gallimard 1966, Benveniste cite des témoignages : « Au total la religio est une hésitation qui retient, un scrupule qui empêche et non un sentiment qui dirige vers une action ou qui incite à pratiquer le culte » (Festus). Dumézil confirme : « Religio, quelle qu’en soit l’étymologie, a d’abord désigné le scrupule et non pas un élan ni aucune forme d’action, mais un arrêt, une hésitation inquiète devant une manifestation qu’il faut avant tout comprendre pour s’y adapter […][car][…] toute la religion à Rome est politique ».

Il estime que pour les Romains, « Religio indique une disposition intérieure […] et non un ensemble de croyances et de pratiques » (ibid p. 272).

« Elle ne vise en rien l’union avec les dieux par l’extase, la possession ou un lien mystique. Le répondant de la religio est le citoyen ou la persona, dans son sens non pas moderne, mais ancien de rôle social et de capacité juridique ». (Ibid p 127). « La religio n’a jamais pu être purement subjective au sens moderne, puisqu’elle a toujours été publique et qu’elle consistait essentiellement en un ensemble de pratiques, de rituels, de calendriers. Cicéron la définissait par le culte (De natura deorum, 2, 8) ».

L’article aurait pu trouver sa conclusion à ce stade puisque « susciter la réflexion c’est déjà toucher son salaire », et, aller au-delà risquait de nous faire tomber en un débat d’experts. Cependant, la simple curiosité historique pourrait rester insatisfaite si la question du comment la notion de religio était-elle passée du « Éprouver un scrupule » à « Lier l’Homme à Dieu« , n’était pas abordée, au moins dans les grandes lignes.

Revenons donc à Camille Tarot qui s’appuie sur Sachot : « Avant et au début de l’ère chrétienne, le mot Superstes désigne plutôt le témoin puis ensuite le devin ; « celui qui aurait un don de seconde vue [mais] sans garantie ». Puis à cause du mépris des Romains pour la divination et sous l’influence des philosophes, Superstitio désigne des croyances méprisables ; celles de ceux qui font dans l’excès du croire » (Sachot, « Religio / Superstitio », Revue de l’histoire des religions, vol. CCVIII-4,1991, p. 373).

« Puis Superstitio finit par désigner toutes les pratiques ou crédulités qui n’avaient rien « à faire avec la religio romana« . Quand religio prend un sens plus objectif, superstitio se spécialise sur l’excès de religio ; Ce qui finit par créer un couple oppositionnel religio / superstitio ». (id p. 378).

« Au début du 2e siècle, le terme sert déjà aux Latins, attachés à la religio romana, à percevoir et penser le christianisme comme une superstitio, au double défaut d’être déraisonnable et étranger (Pline, Epist 10, 96, 8 et 9, Tacite, Annales, 14, 4, Suétone, Néron, 16) ».

« La chrétienté [en devenir] va donc garder le couple oppositionnel, religio / superstitio mais permuter les référents en déclarant le paganisme, comme étant superstitio et le christianisme, comme étant vera religio. La religion romaine ainsi sortie de la religio, libère le mot pour une nouvelle signification qui vient de « l’apologétique chrétienne, de la vraie philosophie » ».

« Et c’est Tertullien, rhéteur et juriste africain de langue latine, parfaitement bilingue, qui à la fin du 2e siècle, en une formule remarquable va parler du christianisme comme de la vera religio veri Dei (Apol, 24, 2), « la vraie religion du vrai dieu » »

« Cette synthèse ouvre une toute nouvelle carrière au christianisme. « En qualifiant le christianisme de religio, Tertullien opère un véritable coup de force qui va permettre au christianisme de se penser, de devenir la forme de civitas romana (Cité Romaine) et de faire des institutions de celle-ci l’actualisation terrestre de la civitas Dei (Cité de Dieu)  » (Sachot, 1998. p. 230) ».

Le propos de cet article était d’attirer l’attention sur le fait que les choses n’étaient pas aussi tranchées qu’elles le paraissaient à la lumière d’assertions (voire d’affirmations) concernant la dérivation de religare (relier) vers religion.

Les références ne sont là qu’à titre indicatif et non comme preuve quelconque de la justesse ou non de telle ou telle opinion. Les positions avancées et défendues restent de la responsabilité de leurs auteurs.

L’article aura rempli son rôle s’il permettait au lecteur qui le souhaite, d’élargir sa quête, en portant à sa connaissance l’existence même du débat,

Haim COHEN

Le Tétragramme et l’Amour

Aimer Dieu est le premier commandement du crédo juif après la déclaration de Son unicité (YHWH Èḥâdh). Ce n’est pas un amour théorique qui reste au niveau de l’intellect, mais un amour qui s’enracine au plus profond de notre âme pour transparaître dans tous nos actes et toutes nos pensées (cf. Deut. VI:5 :

Le Tétragramme et l’Amour

Dans le judaïsme, Dieu possède plusieurs Noms. Incidemment, la religion juive ne se dénomme pas elle-même « judaïsme » (concept forgé par les humanistes chrétiens), mais Tôrâ (Torah). Ce mot dérive en hébreu de la racine trilittère w-r-y, dont le champ sémantique est « guider, mener, enseigner ». Tôrâ signifie donc « guidance, enseignement » – et non pas « Loi (Νόμος) », comme l’ont traduit abusivement les Grecs, car pour « loi » il existe d’autres mots spécifiques tels que dîn, ḥoq ou mishpâṭ.

Au sens le plus restreint, Tôrâ désigne d’abord le « Pentateuque », c.-à-d. les cinq premiers livres de la Bible hébraïque, copiés sur un rouleau de parchemin gardé à la synagogue, et lus liturgiquement durant certains offices publics. Ensuite, plus généralement, par Tôrâ on entend l’Écriture Sainte dans son ensemble, c.-à-d. tous les 24 livres de la Bible hébraïque reçus de nos Prophètes, qui constituent la Torah dite « écrite (bikhthâv) ». Puis additionnellement, Tôrâ désigne le corpus des commentaires et des enseignements rabbiniques traditionnels, compilé dans le Midrâsh, la Mish et le Talmûdh, et appelé Torah « orale (be‘al-pè) ». Enfin, par Tôrâ – dans son sens le plus large – est nommé tout ce qui est lié à la religion juive, transmis sous la forme d’un « devar-Tôrâ (litt. “parole de Torah”, i.e. enseignement religieux) ».

Certains grammairiens soulignent la proximité de la racine w-r-y avec y-r-y « viser, tirer », et rappellent que le mot ḥéṭ (faute, péché) provient de la racine ḥ-ṭ-’ qui signifie à l’origine « rater (sa cible) ».

Selon la Torah donc, le Nom divin par excellence est le Tétragramme YHWH (dh-hê-wâw-hê). Contrairement à l’idée reçue, ce n’est pas le Nom « Ineffable » – l’appellation n’est pas très heureuse, car il est tout à fait « effable », c’est-à-dire prononçable –, mais plutôt le Nom « Ineffé ». Par respect pour Dieu, le Tétragramme n’est prononcé qu’en état d’extrême sacralité (corps saint, lieu saint, temps saint – comme un kôhén (prêtre, descendant d’Aaron) bénissant la foule dans le Temple de Jérusalem) ; du coup, on préfère lui substituer la lecture Adhônây (litt. “mon Seigneur”). Cependant, sa prononciation authentique est encore transmise sous le sceau du secret dans certains cercles mystiques, et usitée lors d’occasions spéciales. 

Accessoirement, à un autre niveau, les quatre lettres du Tétragramme YHWH correspondent aux quatre Mondes spirituels : Aṣîlâ, Berî’â, Yeṣîrâ et ‘Aśiyyâ, ainsi qu’aux quatre niveaux symboliques de lecture : peshâṭ (littéral), remâz (allégorique), derâsh (tropologique) etdh (ésotérique) – dont les initiales forment l’acronyme pardés (jardin, verger – mot d’origine perse (paridaiδa), qui signifie « verger, jardin » en hébreu mishnique, et qui au sens figuré signifie aussi « science ésotérique » – le mot paradis partage la même étymologie). 

YHWH provient de la racine trilittère h-w-y (ou h-y-y) dont le champ sémantique est « être, exister ». Ainsi, YHWH signifie donc en hébreu « l’Étant-Ultime, l’Étant-Absolu ». Nous disons deux fois par jour dans notre kérygme, le Shema‘ Yisrâ’él (Deutéronome VI:4-9) : « YHWH Èḥâdh (Dieu est Un) ». Par isopséphie (ou guématrie), la valeur numérique de èḥâdh (un) est 13 – ce qui est aussi celle du mot ahavâ (amour) – et celle de YHWH est 26 (soit deux fois 13). En affirmant que Dieu est Un, nous unifions les trois facettes qui sont l’Amour (Ahavâ), l’Amant (Ôhév) et l’Aimé (Âhûv).

Et si l’on ajoute le kôlél (c’est-à-dire l’unité) à 13 (la guématrie de ahavâ et de èḥâdh), on obtient 14, qui est la valeur numérique de âhûv (aimé) et de ôhév (amant). 14 est aussi la guématrie du mot dh (main), qui, écrit redoublé – la main dans la main –, est lu dhîdh (l’ami, l’aimé), qui n’est autre que LE dhîdh (avec une majuscule), c’est-à-dire Dieu par excellence.

C’est pour cela qu’aimer Dieu est le premier commandement du crédo juif après la déclaration de Son unicité (YHWH Èḥâdh). Ce n’est pas un amour théorique qui reste au niveau de l’intellect, mais un amour qui s’enracine au plus profond de notre âme pour transparaître dans tous nos actes et toutes nos pensées (cf. Deut. VI:5 : « […] de tout ton cœur, de toute ton âme et de tous tes moyens […] »). L’amour de Dieu pour nous incite chez nous un élan d’amour réciproque.

Et notre amour pour le Créateur entraîne un amour automatique pour Ses créatures. L’amour envers l’autre est une constante de la Torah (Lévitique XIX:18) : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » De même (Deutéronome X:19) : « Vous aimerez l’étranger, car vous avez été des étrangers en terre d’Égypte. » Cela est même l’essence du message biblique, comme il ressort d’une histoire talmudique sur Hillel l’Ancien (T. Shabbâth 31a) : « Quelqu’un demanda à Hillel de résumer la Torah en se tenant sur un seul pied. Celui-ci dit alors : “Da‘alâkh sené le-ḥavrâkhtha‘avédh (ce que tu détestes, ne le fais pas à ton prochain). Ceci est toute la Torah, le reste n’est que son commentaire ; va donc étudier !” » C’est-à-dire qu’il n’y a pas de différence entre toi et l’autre, tous deux êtes également l’œuvre des mains de Dieu. Nuire à ton prochain, c’est nuire à toi-même, c’est nuire à la Shekhînâ (la Présence divine).

Le message d’Hillel l’Ancien (Ier siècle avant EC) – de ne pas faire aux autres ce que l’on ne veut pas qu’on nous fasse –, n’est que la version plus accessible du commandement d’aimer l’autre comme soi-même (Lévitique XIX:18). L’autre est un autre moi-même ; quand j’aime l’autre, en fait je m’aime. Et je ne peux véritablement aimer l’autre que si je peux m’aimer moi-même d’abord, c’est-à-dire aimer ma véritable nature qui est Dieu. L’amour est un acte divin. Aimer l’autre, c’est réaliser sa propre nature divine et la reconnaître chez l’autre. On ne peut donc imaginer quelqu’un, au nom de son amour pour Dieu, commettant des actes nuisibles envers d’autres créatures, ses frères et sœurs en humanité.

L’amour mystérieux et incommensurable que Dieu éprouve pour nous s’exprime dans Son acte de Création. Abondant dans ce sens, un récit du Talmud (T. Sanhédhrîn 39b) raconte qu’à l’occasion du passage de la Mer Rouge, quand les Israélites entonnèrent un chant, le Cantique de la Mer (Exode XV:1-19), les anges aussi voulurent chanter. Dieu leur dit alors : « Les œuvres de Mes mains (i.e. les Égyptiens) se noient dans la mer, et vous voulez dire un chant ?! » Aux yeux de notre Créateur, toutes les vies sont égales et également aimées, celle du pécheur comme celle du Saint.

C’est par ailleurs le message de la Mish Sanhédhrîn (IV:5) : « C’est pour cela qu’Adam a été créé unique, […] pour la paix des créatures, qu’un homme ne puisse pas dire à son prochain : “abbâ gâdhôl mé-avîkhâ (mon père est plus grand que le tien)” […]. » Dans l’amour absolu de notre Créateur, il n’y a pas de créatures supérieures aux autres ; nous sommes tous égaux, quels que soient notre sexe, notre race et notre religion.

L’amour de Dieu peut prendre deux sens, que ce soit en français ou en hébreu (ahavath Adhônây) : l’amour que Dieu a pour nous et l’amour que nous avons pour Lui, qui ne sont ultimement que deux facettes du même Amour (avec un A majuscule). Celui-ci se dévoile donc sous trois aspect, Son amour pour nous, le nôtre pour Lui, et le nôtre envers nos prochains.

Nos Maîtres expliquent que ne pas aimer Dieu, c’est diminuer Son dévoilement (et non Son Être même, bien sûr). Et diminuer Son dévoilement, c’est équivalent à « profaner » Dieu. C’est ce qu’enseignent nos Sages, quand ils disent (Zohar II, 191b ; III, 93b ; etc.) : « Quand Israël est en Exil, la Shekhînâ (la Présence divine) est en Exil avec eux. »

Et cet amour réciproque du Créateur et de Sa créature s’exprime par la prière, comme il est dit : « Dieu désire la prière des vertueux [mith’awwè bithfillâthâm shèllaṣṣaddîqîm] (T. Yevâmôth 64a, T. Ḥullîn 60b). » Car prier est un acte d’Amour ; c’est vivre l’Amour divin réciproque qui relie le Créateur à Sa créature. Ceci est en allusion dans la présence de la formule be’ahavâ (litt. “par/en amour”) saupoudrée ici et là dans le texte de la prière juive liturgique, qui semble a priori superflue, car ne changeant pas le sens de la phrase où elle se trouve si on l’enlève. Pourtant, c’est là le fondement de la prière, de cette communion qui transcende le temps linéaire et porte l’esprit vers un lieu réel d’Unification de l’Être.  

Cela rejoint le concept mystique de partenariat divin de l’Homme en tant que co-Créateur, déjà rapporté par le Talmud (T. Shabbâth 119b, 10a, etc.), et essentiel pour nos traditions qabbalistiques. Ainsi que l’exprime la Mish, au nom de Rabban [notre Maître] Gamlî’él (Mishnâ Âvôth II:4) : « Fais tienne Sa volonté afin qu’Il fasse Sienne ta volonté. » Nous devons réaliser notre nature divine en l’embrassant pleinement. Nous devenons alors des êtres divins dont toutes les actions correspondent au plan prévu par Dieu pour Sa création. Notre volonté et la Sienne ne font plus qu’une. L’Amant, l’Aimé et l’Amour ne font plus qu’Un dans l’Absolu.

Liberté Égalité Fraternité… ou Solidarité ?

Depuis tout petit, cette devise me rappelle de mauvais souvenirs. Je ne parle évidement pas de son contenu, mais plutôt de sa vision. Il faut dire qu’ils l’avaient gravé au dessus de la porte de l’école. Alors imaginez le lundi matin mon enthousiasme pour cette grande idée révolutionnaire. Ma seule liberté à moi était de rester au lit.

Quelques années plus tard, qu’elle ne fut pas ma surprise de la retrouver en Loge. Je me suis aussitôt dit : « Encore une création des maçons ». Que nenni, il s’agit d’une récupération, comme la plupart des bonnes idées qu’on retrouve en Loge. Cependant, étant plutôt attaché au symbolisme, je crois fermement que les mots ont un sens, je me suis amusé à décortiquer celui de notre belle devise en trois points.

Liberté : les maçons sont-ils libres ? Force est de constater qu’il existe dans la masse des SS∴ et des FF∴ de la communauté, une minorité de maçons(nes) pour laquelle la rébellion contre les injustices et la recherche de liberté sont une seconde nature. Mais malheureusement, il existe aussi une autre partie, celle à qui on peut bien donner des passeports sanitaires, des bracelets électroniques de traçage, des portiques de sécurité à l’entrée des Temples, des fichages à n’en plus finir… sans que cela ne déclenche la moindre inquiétude ou le moindre soupçon (LA PHRASE MAGIQUE : « …puisqu’on vous dit que c’est pour votre sécurité ! »). Toute contestation à l’ordre établi pourrait-être pris comme du complotisme. Devons-nous conclure que certains maçons œuvrent pour une demie liberté, la leur (mais certainement pas celle de tous) ?

Egalité : les maçons se considèrent-ils égaux. Vous connaissez tous « La Ferme des animaux » de George Orwell. Lorsque la jument Douce demande à l’âne Benjamin de lui lire les commandements inscrits sur le mur, il lui dit qu’il n’en reste plus qu’un seul : « Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres. »

Il me semble qu’il s’agisse de la même chose chez les porteurs de tabliers. Les grades constituent bien souvent une justification de séparation des classes. Parlons aussi des comparaisons qui existent entre les obédiences. Demandez à des Frères reconnus par nos compatriotes britanniques ce qu’ils pensent des maçons qui pratiquent mon Rite, celui de Memphis Misraïm, vous verrez aussitôt un petit rictus condescendant apparaître chez certains. Demandez aussi à des Frères qui, dans leur grande mansuétude, ont accordé le Rite d’adoption à nos Sœurs en robe noire, juste après la guerre. Vous verrez ce même sourire dont je parlais à l’instant. Si si, je vous assure, certains Frères ne prennent pas la Franc-maçonnerie féminine au sérieux.

Nous pourrions également parler de la manière dont la grande majorité des maçons regarde avec respect et presque convoitise les dignitaires élus. Nous pourrions presque croire parfois qu’ils ont été envoyés sur terre par une puissance divine, tant ils sont différents des petits ; des sans grades ou des sans dents dans certains cas. En définitive, celui qui voit une égalité en Franc-maçonnerie, sera prié de me donner l’adresse, car je ne l’ai pas encore rencontrée.

Abordons enfin de la Fraternité : Le dictionnaire nous dit qu’il s’agit de l’expression du lien affectif et moral qui unit une fratrie et par extension désigne aussi un lien de solidarité et d’amitié. Alors je me suis mis en recherche des réalisations ou des implications officielles de structures maçonniques en matière de solidarité. Les 10 plus grosses associations du pays sont : « La Croix-Rouge – Association des paralysés de France – Médecins sans frontières – Action contre la faim – Les Restos du cœur – Le Secours catholique – L’Association française contre les myopathies – La Ligue contre le cancer – Le Secours populaire – Médecins du Monde. »

J’ai eu beau chercher… mais n’ai trouvé aucune trace de tabliers ou de gants, autres que ceux pour faire la vaisselle.
Alors je me suis mis à nouveau en quête de structures officielles pour la réinsertion des maçons en difficulté. Là encore, à part quelques micros-organisations locales qui peinent à être reconnues et qui font ce qu’elles peuvent avec très peu de moyens, je n’ai vu aucune solidarité fraternelle d’envergure nationale ou européenne.

Ayant été très déçu d’être resté sur ma faim, je partage avec vous une proposition qui pourrait faire son chemin. Si dans notre devise maçonnique, nous remplacions le fameux terme « égalité » totalement utopique et mensonger par « Solidarité », cela permettrait peut-être de donner un réel sens à ce célèbre « Fraternité » qui nous est si cher.

Je vous prie de m’excuser, je dois marauder avec une association de mon quartier.
Bonne soirée à bientôt

« Les francs-maçons arrêtés au milieu du gué » Le dernier ouvrage de Peter Bu

Fin du XIXe, Leo Taxil a publié les pires âneries sur la franc-maçonnerie pour voir jusqu’où allait la crédulité humaine. Elle est illimitée. Les complotistes actuels les reprennent en chœur.

En fait, la FM pourrait être très utile en ces temps de «globalisation», mais ne joue pas entièrement son rôle. Le livre «Les francs-maçons arrêtés au milieu du gué» tente d’en expliquer les causes et de proposer des solutions.

Présentation du livre « Les francs-maçons arrêtés au milieu du gué »

par les sites web des librairies Gibert, Cultura, Hall du livre, Arthaud :

« Homme de conviction, Peter Bu jette un pavé dans la marre. La Franc-Maçonnerie s’égare et a mauvaise presse. Nombre de ses membres la quittent; on la raille ou on s’en distancie; on s’en désintéresse, mais on lui prête un pouvoir occulte; d’aucuns veulent en être.

Pourquoi ? Cet ouvrage se base sur un vécu inhabituel et riche de l’auteur. Confronté à des réalités et à des questions qui se posent à tous, il répond que la Franc-Maçonnerie constitue l’une des clés pour améliorer l’humain et donc l’humanité, si elle relève le défi de parvenir à s’améliorer elle-même.

Un livre iconoclaste réaliste et constructif qui s’offre à tous. La plume acide et alarmante de Peter Bu se veut encourageante; il prétend que bien au-delà de la Maçonnerie, soit les humains comprendront leur interdépendance avec le règne du vivant, soit ils s’extermineront de la planète. »

Pour vous faire une opinion, vous pouvez lire

des extraits de la préface et de la postface du livre Les francs-maçons arrêtés au milieu du gué :

https://www.canalblog.com/cf/my/?nav=blog.manage&bid=1704859&pid=38407642

des « bonnes feuilles » du livre Les francs-maçons arrêtés au milieu du gué)

https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/311020/la-franc-maconnerie-gouverne-elle-le-monde

-Peter Bu ( peter.bu@orange.fr )

RUSSIE : Francs-maçons en Russie

De notre confrère russe ryb.ru

Les francs-maçons sont apparus en Russie au milieu du XVIIIe siècle. Pendant longtemps, l’ordre est resté majoritairement une organisation composée d’étrangers.

Les loges, composées d’Allemands, de Français et de Britanniques, fonctionnaient selon des rituels différents, et les quelques Russes qui y ont été initiés se sont retrouvés au sein de différentes structures maçonniques. Des nobles russes ont rejoint les loges maçonniques à l’étranger, comme, par exemple, Alexander Vasilyevich Suvorov, qui a été admis à la Loge des Trois Globes de Berlin le 16 mars 1761. Et le comte Alexandre Sergueïevitch Stroganov – un célèbre collectionneur, président de l’Académie des arts et directeur de la Bibliothèque publique, l’un des premiers membres du Conseil d’État – occupait une position très élevée dans la franc-maçonnerie française. En 1771, il devient le fondateur de la loge Les Amis Réunis à Paris et y reste jusqu’en 1788, et continua ensuite en Russie jusqu’à sa mort en septembre 1811.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, lorsque la franc-maçonnerie russe proprement dite se répandit de plus en plus dans la société, les loges commencèrent à s’unir en diverses obédiences. L’une des plus importantes était l’alliance de stricte observance sous l’égide de la Grande Loge de Suède. En février 1788, le Chapitre du Phénix, le suprème conseil, débuta ses travaux à Saint-Pétersbourg, et en mai 1779 la Grande Loge Nationale fut créée pour regrouper toutes les loges du système suédois en Russie. Toutes les actions du Chapitre du Phénix, selon les termes de l’accord, étaient subordonnées aux autorités maçonniques suédoises et personnellement au grand maître provincial. En 1780, l’union se composait de 21 loges.

D’où viennent les francs-maçons en Russie ? Les francs-maçons de Moscou préférèrent recevoir les patentes de la stricte observance de Berlin, et en 1779, en vertu d’un brevet délivré par le Grand Maître de la Loge des Trois Globes, le duc Ferdinand de Braunschweig, la Loge Mère Écossaise des Trois Bannières fut établie. Et à la fin de 1781, la loge de Laton Nikolai Novikov a reçu le même statut.

Mais la patente du rituel de l’Ordre de la Rose croix (Rosicruciens), qui a commencé à se former dans cette loge en 1766, reçue du maître local de la Loge des Trois Globes Welner, étaient d’une bien plus grande importance. Cet événement a divisé toute la structure des organisations maçonniques russes en deux courants pratiquement indépendants l’un de l’autre : la franc-maçonnerie traditionnelle et la franc-maçonnerie du cercle rosicrucien. Parmi les dirigeants de l’Ordre rosicrucien en Russie se trouvaient Nikolai Novikov et Ivan Lopukhin.

Catherine II, qui d’abord se moquait des francs-maçons, a commencé au fil du temps à se montrer insatisfaite de la subordination de ses sujets à des dirigeants étrangers et des activités sociales actives des francs-maçons. L’union des loges suédoises fut la première à souffrir en 1780 d’être trop proche de leurs dirigeants à Stockholm. Alors commencèrent des obstructions aux activités de Novikov et la fermeture de loges rosicruciennes évidentes. Bientôt, en raison des événements de la Révolution française, la plupart des francs-maçons russes ont également du cesser de se rassembler.

L’activité maçonnique n’a repris qu’après l’avènement d’Alexandre Ier. Le 10 juin 1802, le vénérable Alexandre Zherebtsov à Saint-Pétersbourg, selon les actes français qu’il a reçus à Paris, a ouvert la loge des Amis unis, qui dans les premières années était secrètement rassemblé dans le donjon de l’église maltaise. D’anciennes loges ont également repris, dont l’une, la Charité pour le Pélican, rouverte en 1805 sous le nom d’Alexandre de la Charité pour le Pélican couronné sous la houlette d’Ivan Beber.

Mais la méfiance du gouvernement envers les sociétés secrètes persiste, et pendant la guerre avec la France en 1805-1807, une traduction russe du livre Notes sur les Jacobins d’Augustin Barruel, révélant toute la malveillance à l’encontre des chrétiens et les mystères des loges maçonniques ayant un impact sur toutes les puissances européennes , a commencé à être publié. Il est curieux qu’à partir du début de 1806, Maxim Nevzorov, franc-maçon et rosicrucien du cercle de Novikov, soit devenu directeur de l’imprimerie de l’Université de Moscou, dans laquelle le livre a été imprimé.

Le sort du livre s’est avéré ambigu : dans la lutte politique du XIXe siècle, il est devenu non seulement un avertissement sur les dangers des sociétés secrètes, mais aussi un manuel de complot. Le grand pouvoir destructeur que Barruel attribuait aux Illuminati sembla extraordinairement attrayant pour de nombreuses organisations révolutionnaires de la nouvelle ère et, en particulier, contribua à l’attrait à leurs yeux des symboles et de l’attirail maçonniques. Mikhail Orlov, l’un des fondateurs de l’organisation secrète Union des chevaliers russes et membre de l’Union de la prospérité, possédait un exemplaire des Notes de Barruel et qui fut lu par nombre de ses connaissances.

Avec le changement de la situation politique après la conclusion de la paix de Tilsit en 1807 et la réunion des empereurs à Erfurt en 1808, une croissance rapide de la franc-maçonnerie a commencé en Russie, en particulier « française », et en 1809 Zherebtsov a fondé la deuxième loge -Palestine. L’expansion de l’ordre a été facilitée par le fait que Napoléon, à la demande d’Alexandre Ier, a envoyé un grand nombre de spécialistes (ingénieurs, docteurs en médecine, etc.) dans le pays, dont beaucoup étaient des francs-maçons.

En 1810, la loge des Amis Unis avait ses propres locaux, son orchestre bien organisé des frères de l’harmonie, et même une collection imprimée de chansons avec des notes « Hymnes et cantates pour la Loge des Amis Unis à l’Est de Saint-Pétersbourg. » La musique a été écrite par Adrien Boaldier et Caterino Cavos, les paroles par Honoré Joseph Dalmas et Vasily Lvovich Pouchkine, l’oncle du poète. Les œuvres de la loge ont été rédigées en français, mais il y avait aussi des versions russes des chansons :

Le franc-maçon connaît la sagesse.
Il aime Dieu et le Roi,
Il est calme dans la tempête,
Avec l’amour est pur chagrin.
C’est un vrai héros dans la bataille,
Et dans le monde il est l’ami le plus gentil ;
Il tend les mains aux pauvres,
C’est un chevalier, c’est un franc-maçon !

Les discours prononcés en réunion par tous les membres de la loge, à l’exception du véénrable maître, étaient soumis à une censure préalable, pour laquelle des frères spéciaux étaient nommés. Un rapport du ministre de la police de 1810 indique que la loge Amis Unis comptait 50 membres à part entière et 29 membres honoraires (532 actuellement connus). Au même endroit il est écrit : « Dans cette loge, il doit y avoir cinq sortes de réunions : 1) réception; 2) familial, ou gestion des affaires courantes ; 3) éducatif ; 4) festif; 5) funèbres. Au crédit de ces frères, je dois dire qu’ils font beaucoup de bonnes actions, visitent les prisons, aident les pauvres, etc. »

En juin 1810, la loge des Amis Unis connut un succès important. Alexandre Balachov, gouverneur général militaire de Pétersbourg, et l’oncle de l’empereur, le prince Alexandre de Wurtemberg, gouverneur général biélorusse, invités par les « frères français » à diriger les loges en Russie, sont invités à ses réunions. Balachov a présenté ce plan à l’empereur et, la même année, le gouvernement a créé un comité spécial pour examiner les actes maçonniques, dont l’un des membres était Mikhail Speransky. L’empereur Alexandre Ier lui a même promis de signer un décret sur la subordination de tous les autres ateliers de francs-maçons à sa loge « étoile du nord », mais la situation a rapidement changé radicalement.

Après le rapprochement d’Erfurt entre Alexandre Ier et Napoléon de fin 1810 à début 1811, la question de la prochaine guerre franco-russe se repose à l’ordre du jour. D’autre part, en décembre 1810, une alliance entre la Russie et la Suède a commencé à prendre forme, où après la révolution de 1809, le Riksdag a élu le duc Karl Södermanland comme roi sous le nom de Charles XIII -chef des maçons suédois et chef des frères russes du système suédois au XVIIIe siècle. Et en août 1810, grâce aux efforts des maçons, le maréchal de France Jean-Baptiste Bernadotte, qui n’aimait pas Napoléon, fut élu prince héritier de Suède, qui devint de facto chef de l’État. Du coup, le gouvernement russe a misé sur le rapprochement avec les « frères suédois », alors que les « Français » sont en disgrâce.

En 1811, l’autorisation de poursuivre les travaux est donnée à l’union suédoise de la Grande Loge de Vladimir, les loges françaises sont contraintes de s’y joindre, et dès lors la Franc-Maçonnerie est sous le contrôle du Ministère de la Police.

Même avant la Seconde Guerre mondiale, les futurs décembristes ont rejoint la loge des Amis unis : Pavel Pestel, Sergei Volkonsky, Pavel Lopukhin et autres. En 1812, la loge initie l’organisation de loges militaires lors des campagnes, ce qui augmente sa popularité auprès des jeunes soldats. Dans la période d’après-guerre, selon l’homme d’État et franc-maçon Sergueï Lansky, « la piété externe est devenue à la mode, et la tolérance discrète du gouvernement pour les loges maçonniques et ll’affection de l’empereur Alexandre pouf certains écrivains mystiques a donné lieu à à penser qu’il appartenait à la confrérie », la franc-maçonnerie a considérablement changé … La Loge des Amis Unis est devenue une organisation amorphe, un lieu de rassemblement et de festivités pour les jeunes gardes majoritairement militaires. De somptueux banquets supplantèrent peu à peu les œuvres maçonniques proprement dites. Elle perdit sa grandeur maçonnique vers 1816-1817 et se scinda pour créer la loge des astres unis.

Les désaccords entre les loges de Saint-Pétersbourg ont commencé en 1814 sur les principes de l’ordre : de nombreux francs-maçons étaient mécontents du système suédois basé sur le principe de l’autocratie, la nomination et l’inamovibilité des autorités et la subordination inconditionnelle dans les loges juniors et des nouveaux membres à leurs aînés. Ils n’étaient pas satisfaits du manque de reddition des comptes de la direction de l’ordre, y compris les dépenses de fonds. Un compromis n’a pu être trouvé et le 30 août 1815, la Loge d’Astréa a été créée, dont les principales différences étaient l’élection des officiers de l’ordre et l’égalité des différents rites maçonniques.

Les tenants de l’ancien système, après beaucoup d’hésitations, fondèrent la Grande Loge provinciale en novembre 1816, mais ils restèrent minoritaires. Les querelles internes n’ont pas contribué à la popularité de la franc-maçonnerie, entre-temps, l’attitude du gouvernement envers les francs-maçons a changé: les sentiments réformistes dans de nombreuses loges et sociétés secrètes des futurs décembristes ont commencé à énerver l’empereur. Après 1820, la franc-maçonnerie passe progressivement d’un mouvement libéral à une société fermée. Une variété d’approches et de recherches n’est plus une caractéristique de la franc-maçonnerie, et après son interdiction en 1822, seul un petit cercle de véritables adeptes des valeurs de « l’art royal » a continué à se rassembler secrètement sous le règne de Nicolas Ier.

Les lois russes interdisant les activités des sociétés secrètes étaient cependant ambivalentes : elles n’interdisaient pas la participation aux sociétés secrètes étrangères et aux loges maçonniques. Et les sujets russes ont continué à participer aux réunions des loges à l’étranger jusqu’au début des années 1840. Une fois de plus, l’intérêt pour l’Ordre des Francs-Maçons est née parmi les émigrés politiques dans les années 1870 et 1880, et ce sont les Francs-Maçons russes des loges françaises qui ont relancé l’Ordre maçonnique en Russie au début du 20ème siècle.

Mauvais temps pour les licornes !

La licorne nous est connue ! Sa corne sur le front lui donne une identité reconnaissable, outre la beauté du pelage, la profondeur du regard et le déploiement de ses ailes lors de son envol vers les cieux. Mais de bien mauvais temps menacent nos paisibles compagnes …

Dans le bestiaire symbolique, la licorne a pris place avec un  corps équin, une barbiche de bouc, des sabots fendus et cette longue corne pointue au milieu du front, droite et spiralée. À l’époque des grandes explorations, des navigateurs assuraient en avoir vues pas mal ; ils en réalisaient des portraits très précis, mais souvent contradictoires. Soit ils ont fait douter de leur existence, soit ils les apparentaient à des races différentes. Heureusement, nous possédons au Musée Cluny à Paris, une tapisserie ancienne qui atteste, à côté d’une belle jeune femme au teint pâle, de la présence de la licorne aux yeux doux !

Une récente enquête menée par un institut réputé pour le sérieux de ses méthodes d’investigation et la rigueur de ses résultats, suscite un grand émoi chez les amoureux de ces êtres hybrides : le parc des licornes affiche un nombre de plus en plus décroissant, d’année en année et cela concerne autant la licorne comme animal de compagnie que la licorne hôte de nos rêves. Autant la rareté de leurs présences chez soi que dans les songes ajoutés à la reprise de la chasse à la licorne dans nombreuses zones boisées, constituent désormais un péril sociologique associé à une inquiétante désinformation du public !

De longue mémoire, prendre une licorne comme animal de compagnie a toujours été un moyen fiable pour obtenir un sentiment de quiétude intérieure. Près d’elle, se calment les angoisses mieux que sous l’effet des anxiolytiques ! Mais, devenir l’heureux propriétaire de cet animal fabuleux s’avère de plus en plus difficile, en dépit même de l’allongement de la durée de vie des humains. S’il est établi qu’il vaut mieux avoir une certaine aisance financière pour accueillir ou sur recommandation, ou sur cooptation, ou par la voie d’un héritage, une licorne,  (rappelons- le), peut vivre plus de mille ans ! Cette espérance de vie oblige les propriétaires à passer quelques arrangements de leur vivant : notamment à contracter une couverture d’assurance pour « Entretien-gardiennage-succession de Licorne » pour s’affranchir des affres de la temporalité. Malheureusement le coût d’une telle assurance est de plus en plus cher et cette capitation décourage les engagements  à long terme !

Comme la licorne ne peut pas se passer de ballades au clair de lune, rechercher des lieux retirés pour satisfaire son besoin d’évasion et d’atmosphère onirique, devient de plus en plus compliqué : au-delà de la qualité des séries TV qui effritent le sens du devoir de quelques propriétaires en les retenant sur le sofa du salon, la pollution des cieux autant que la traque des licornes par des braconniers sont des dangers qui pèsent sur la vie de ces bêtes féériques ! Les meilleurs endroits pour amener promener sa Licorne et lui apporter une énergie vitale se font rares : d’ailleurs, ces géo-localisations ne se livrent plus que sous le sceau du secret entre les membres de discrètes  « fraternelles » du sublime équidé !

Autre écueil : pour séduire l’animal énigmatique, son propriétaire (et nécessairement ami), doit avoir un esprit de mélomane averti. La licorne apprécie profondément la musique. Des textes très anciens trouvés dans de célèbres bibliothèques, informent qu’elle sait chanter, d’autres sources prétendent qu’elle préfère écouter. De toute façon, les deux options restent vraisemblables : à chaque fois il a été vérifié que la licorne manifeste un grand contentement à l’écoute des lieds, et lorsqu’elle est en confiance, elle se risque souvent avec une voix de mezzo-soprano sur de grandes œuvres de musique classique ! Certains vous confieront que ce serait la musique des sphères qui calmerait plutôt son éventuelle intrépidité et certifierait un égrégore parfait entre l’homme et l’animal. Hélas, trois fois hélas, les fêtes de la musique successives dans notre pays ont affadi le sens musical de la population désormais plus réceptive aux sons électro-acoustiques, au rock et  folk ou hard métal, que sur la connaissance des sonates et autres symphonies sublimes.

Quant aux songes, les êtres imaginaires les désertent de plus en plus… Excepté des dragons pervers- narcissiques qui s’agrippent fermement, des psychologues et psychanalystes, dans leurs cabinets auprès de leur patientèle et à travers leurs confidences, notent qu’il n’y a plus aucune mention de licornes ! L’explication tiendrait à cette frénésie quotidienne qui oppresse nos sociétés et qui compromet la vacuité du temps. Qui prend encore le loisir à fréquenter les cercles érudits des alchimistes, des mages, voire des loges maçonniques ? Par suite, une parole sottement perdue pour l’ésotérisme ou  oublieuse de symbolisme revêt des incidences fâcheuses en terme d’imagination !

Le fait le plus dramatique touche le phénomène de chasse contre lequel les défenseurs des unicornes sont vent-debout. Depuis qu’une nouvelle légalisation permissive dans toutes les zones forestières de la planète a été adoptée, les battues en forêts se multiplient. La prolifération de ces activités meurtrières est soutenue par la puissance du lobbying international des chasseurs attachés au commerce de la corne et du sang de licorne. Pour ces produits réputés comme excellents anti-poisons,  les pisteurs passent de plus en plus de contrats sur les têtes de licorne avec des médecins-apothicaires ou des grands laboratoires pharmaceutiques qui vendent ces médications à un prix fou ! Pour ce commerce sans honneur, on déplore même l’ouverture de formations spécialisées pour apprendre l’affût et le maniement des équipements à vision nocturne ! Des sociétés privées de chasses extraordinaires traitent directement avec les grands canaux d’information en  leur délivrant des soi-disantes  études scientifiques quant à la nocivité des licornes sur l’humanité du fait d’un trop plaisant voisinage. Ainsi  les cerveaux des humains seraient-ils devenus indisponibles et pour produire et pour investir. Cette « désinformation » nous vaut d’être saoulés par cette affirmation récurrente : « Ne prenez pas les licornes pour des stocks options » !

Vraiment ce siècle est sans amour et sans tendresse ! Comment sortir  de cette période désastreuse pour l’imaginaire des enfants, mais aussi pour ceux d’adultes sensibles, d’aimables savants comme les théologiens, les historiens et les symbolistes et les psychanalystes … ? Que faire ?  Revenir régulièrement, au Musée Médiéval de Cluny, pour contempler cette chanceuse Dame à la Licorne ? Possible à titre individuel !

Plus solidairement, pétitionner sur ce site en laissant « noms et e-mails » ! Notre « newsletter », vous tiendra informés de l’avancée de notre engagement pour le retour dans nos vies de ces créatures si fascinantes et bienfaisantes.

Le mauvais esprit : l’esprit de la division maçonnique ! Comment y mettre fin ?

La franc-maçonnerie fonctionne sur un mode particulier et original : une communauté de frères et/ou de sœurs et un rituel forment une loge, élément fondateur d’un ensemble plus large, l’ordre maçonnique. Mais tout se complique avec l’intervention d’un mauvais esprit !

L’ordre maçonnique, bien qu’ayant une réalité virtuelle, correspond à cet ensemble des loges maçonniques mondiales qui fonctionnent sur un même mode, avec des symboles partagés dans une perspective de réflexion éthique sur l’existence humaine.

Depuis le début du 18ème siècle, partout dans le monde, les francs-maçons fonctionnent sur ce modèle. C’est grâce à cette permanence, que l’on peut dire que la franc-maçonnerie est universelle.

Depuis leurs origines, les loges ont voulu s’associer pour former des « grandes loges », encore appelées obédiences, et c’est ainsi que le mauvais esprit de la division s’est inséré dans le vécu maçonnique. Une grande loge, c’est toujours des obligations spécifiques supplémentaires et des interdits.

Dans la Bible, le mauvais esprit, ou esprit satanique, est l’œuvre de Dieu qui ainsi souhaite faire prendre conscience des péchés effectués.

Dans l’animisme, le « mauvais esprit », c’est tout ce qui fait obstacle au non-respect des rites et traditions, à l’ordre établi par les ancêtres, sacré et social.

On pourrait aussi assimiler ce mauvais esprit à l’incapacité de se reconnaître qui habite Jacob et Esaü jusqu’à leur réconciliation.

Aujourd’hui, pour ce qui nous concerne, on voit bien que cet esprit de division maçonnique est l’œuvre d’êtres humains qui recherchent une forme de pouvoir, principale motivation de la création d’obédience.

Dans tous les pays, et à toutes les époques, le nombre des grandes loges n’a cessé d’augmenter. Pour différents prétextes, quelques loges faisaient dissidence et formaient une autre grande loge.

Le résultat ne se fit pas attendre : querelles, exclusions, rupture des liens, concurrence malsaine.

Aujourd’hui, si l’attirance pour le travail maçonnique en loge ne faiblit pas, force est de constater que l’élan initial a perdu de sa vitalité. Les obédiences continuent de fonctionner sur un mode administratif qui leur permet de perdurer, en particulier grâce à leur puissance immobilière, mais elles n’ont plus aucune crédibilité. Leurs activités rentrent dans le cadre de l’occupationnel ; la participation des loges aux activités obédientielles est devenue formelle et ne concerne qu’une minorité des loges de chaque obédience ; les convents sont des chambres d’enregistrement où les débats sont devenus des simulacres de démocratie.

Si les dirigeants des obédiences ne sont pas personnellement en cause, ils semblent être des pantins impuissants à incarner une dynamique collective et figés dans des habitudes.

Tout cela existe grâce à la force de ce mauvais esprit, cet esprit de la division maçonnique, qui est tellement ancré dans les mentalités que le discours de certains vont même jusqu’à le justifier : quelle médiocrité !

Par quel mécanisme pourrait-on espérer combattre ce mauvais esprit ?

A mon humble avis, tout est possible si on redonne aux loges maçonniques leur autorité.

Alors que ce sont les loges qui forment les grandes loges, celles-ci les traitent comme de simples exécutants soumis à des obligations qui leur sont imposées par la super structure !

La loge, théoriquement libre et souveraine, n’est pas, aujourd’hui dans la grande majorité des cas, dans la mesure d’être un ferment de vitalité pour la simple raison qu’elle s’imagine incapable de lutter contre ce mauvais esprit qui l’amène à privilégier des faux débats et des réflexions imposées.

Déresponsabilisée par l’inflation de commissions, des questions techniques et conversations de comptoir, la loge s’est repliée sur un mode administratif qui favorise l’absentéisme et les démissions.

Chaque loge, quels que soient son effectif, sa localisation, son obédience et son ancienneté, doit assumer cette part d’autorité de l’ordre maçonnique qui lui revient de droit. Privilégier une réflexion interne sur ce qui lui paraît fondamental me semble le passage obligé pour combattre cet esprit de division, dont l’effet délétère dénature notre justification.

Au-delà du rituel et du travail maçonnique, une loge c’est avant tout une communauté d’êtres humains qui ont décidé de se rassembler, de réfléchir ensemble et de partager une partie de leurs destinées.

Périodiquement, reposer collectivement les questions afférentes (pourquoi ? Comment ?) et élaborer une réponse consensuelle sont indispensables pour permettre à la loge de se réapproprier les raisons d’existence de cette communauté.

Une loge maçonnique a tous les droits, à la simple condition qu’elle accepte que d’autres loges choisissent des options différentes des siennes. La reconnaissance maçonnique est fondée sur le respect des différences ; ce qui est vrai au niveau des relations interpersonnelles doit aussi se vérifier au nveau des relations inter-loges. L’important est simplement de conserver le mode de fonctionnement commun qui signe l’appartenance maçonnique : une communauté de participants suivant un rituel pour former une loge.

Si partout dans le monde, un certain nombre de loges effectuaient cet exercice, on peut penser que le mauvais esprit perdrait de sa virulence !

ITALIE : Les origines maçonniques des témoins de Jéhovah !

De notre confrère italien informazione.it

note de la rédaction : ce texte est la meilleure traduction possible d’un article de ce journal italien, il vise uniquement à relayer un des nombreux écrits antimaçonniques ou complotistes circulant sur la toile

  • Les Témoins de Jéhovah attribuent leur naissance à la providence divine, mais leurs origines semblent plus humaines. Derrière une activité apparemment théocratique, il y a un empire financier dont les racines plongent dans la franc-maçonnerie américaine, très active dans les années où les Témoins de Jéhovah naquirent et prospéraient. Une franc-maçonnerie, qu’il faut le signaler, n’a jamais été amie de la religion chrétienne, mais qui a toujours poursuivi des buts beaucoup plus terrestres et beaucoup plus « païens ».

    Charles Taze Russell lui-même, le pasteur adventiste qui a fondé ce mouvement, était un franc-maçon. Né en 1852, à l’âge de vingt ans, il créa un groupe d’étudiants bibliques composé de personnes comme George Stetson, George Storrs, Henry Grew et William Miller, tous parfaits francs-maçons, appartenant à l’ordre des Rosicruciens. En 1931, l’écrivain Edith Star Miller, dans son livre, The Occult Theocracy , publia une liste d’éminents francs-maçons comprenant le nom de Charles Taze Russell en tant que membre de la Grande Loge de Pennsylvanie, promu au dixième degré de Chevalier Templier , qui est, le plus élevé.

Russell n’a jamais nié son appartenance à la franc-maçonnerie. En effet, dans un article du magazine des témoins de Jéhovah, la Tour de Garde, il a remercié publiquement ses bienfaiteurs, à savoir les banquiers John David Rockefeller et le baron Edmund de Rothschild, deux francs-maçons bien connus qui dans l’histoire ont financé des événements tels que la guerre de Sécession, les deux guerres mondiales … et la révolution bolchevique de 1917. Des gens qui ont du sang sur les mains, en somme. Ce sont eux qui ont financé le développement de la Société Tour de Garde qui, entre autres, avait sur sa couverture le symbole maçonnique de la Croix dans la Couronne , emblème des Templiers.

Le nom même donné à l’entreprise, « Tour de Garde », a une origine maçonnique. La langue des francs-maçons, en effet, repose sur un alphabet composé de soixante-douze lettres. Ces derniers permettent de communiquer avec un univers parallèle qui se divise en quatre régions. Chacun d’eux est communément appelé la « Tour de guet ». Ils viennent dans cet ordre : Ethereal (Tour de Guet de la Terre) ; Astral (Tour de Guet de l’Eau) ; Mental (Tour de Guet de l’Air) et Causal (Tour de Guet du Feu).

Russell n’était pas le seul maçon de la Tour de Garde. Son successeur était également un franc-maçon, l’avocat Joseph Rutherford, qui a inventé le nom de « Témoins de Jéhovah » et a lancé une campagne de dénigrement contre l’Église catholique, ennemie de la franc-maçonnerie, et qui pendant 16 ans a utilisé le symbole de la Croix dans la Couronne, montrant que lui aussi, tout comme Russell, appartenait aux Templiers. Sauf qu’il a mis de côté toutes les doctrines de Russell pour en créer de nouvelles et a fondé l’instance dirigeante dans le but de concentrer entre ses mains un pouvoir absolu qui a soulevé de nombreuses objections au sein de la société ; des différends aplanis par la franc-maçonnerie, qui a également payé la caution pour les faire sortir de prison après avoir été emprisonné pour propagande subversive.

Son successeur, Nathan Homer Knorr, qui n’était pas un franc maçon, devint le troisième président de la tour de Garde juste au moment où les Témoins de Jéhovah connaissaient un développement planétaire sans précédent dans l’histoire, avec l’ouverture d’écoles, de succursales et de congrégations, réparties un peu partout dans le monde. Une évolution inattendue si l’on considère qu’après la mort de Rutherford, le nombre de fidèles (100 000 unités) était insuffisant pour supporter des dépenses aussi onéreuses. Un signe que l’argent provenait de sources occultes.

Nathan Knorr fit redessiner le sceau officiel de la Société tour de garde dans le style maçonnique et, dans le magazine « réveillez-vous » du 8 août 1958, écrivit un article très enthousiaste sur la franc-maçonnerie, peut-être en remerciement pour le financement abondant reçu, déclarant que la franc-maçonnerie travaillait pour l’établissement dans le champ politique et religieux d’un seul Ordre Mondial. Il est à noter que c’est lui qui a institué la pratique de l’ostracisme, isolant les exclus pour qu’ils ne nuisent pas à une organisation qui prenait peu à peu les allures d’une secte autoréférentielle et totalitaire.

Le quatrième président de la tour de garde, Frederick Franz, qui a succédé à Knorr, était également maçon et s’est vu offrir la prestigieuse bourse Rhodes. Une bourse créée par Cecil Rhodes, roi des diamants et éminent franc-maçon, qui a permis au candidat, soigneusement sélectionné par les agents des familles Rothschild et Rockefeller, de travailler à la réalisation du plus majestueux projet maçonnique : le Nouvel Ordre Mondial. Et le fait que Franz ait été choisi pour cette initiative montre que le nouveau président des Témoins de Jéhovah était un franc-maçon à part entière et de haut rang.

Sous sa présidence, l’organisation consolide son pouvoir sur les fidèles selon un schéma cher à la franc-maçonnerie : le contrôle de l’individu. Franz, en effet, a complètement réorganisé la Société, a profondément changé les intentions bibliques, a créé une gestion politique dans laquelle la liberté individuelle a été abolie et la Tour de Garde devait devenir la conscience collective de chaque Témoin de Jéhovah. Sous sa direction, une dictature s’est formée qui s’est étendue à toutes les congrégations du monde grâce au contrôle assidu exercé par les responsables locaux. La Tour de Garde est ainsi devenue le modèle de la soumission absolue. Un outil maçonnique, un laboratoire d’expérimentation idéologique, une application directe et à grande échelle du lavage de cerveau et du conditionnement humain.

Cependant, tout ne s’est pas bien passé. En 1983, des images subliminales d’un personnage maçonnique ont été découvertes dans les publications des Témoins de Jéhovah. Tous les Témoins de Jéhovah qui ont découvert celles-ci ont d’abord été ridiculisés puis, parce qu’ils ont insisté à demander une explication, ont été expulsés afin que la diffusion de cette histoire ne cause pas de préjudice à l’organisation. Robin de Ruiter a décrit ces images comme des signes ou des messages codés que seuls les « initiés » pouvaient interpréter correctement. Le plus incroyable est que certains d’entre eux représentaient des personnages mystiques de la franc-maçonnerie, comme Saint Jean (Climaque). Ce qui a amené certains à penser que les véritables destinataires de ces publications étaient les frères francs-maçons.

En tout cas, jusqu’à la mort de Frédéric Franz, l’organisation prospéra et vit le nombre de ses fidèles croître sans cesse. Ces derniers temps, cependant, les choses ont changé. Surtout pour les Témoins de Jéhovah qui pendant des années avaient bénéficié de subventions d’origines humaines qui n’ont rien à voir avec des sources divines. Selon un universitaire, Fritz Springmeyer, à la mort de Franz en 1992, la franc-maçonnerie a progressivement abandonné les Témoins de Jéhovah car de nouveaux mouvements, comme la Scientologie et les sectes évangéliques, ont surgi à l’horizon, permettant d’obtenir de meilleurs résultats en des temps plus courts.

Une préférence qui, selon certains, serait à l’origine des difficultés financières et organisationnelles que rencontrent les Témoins de Jéhovah ces dernières années, car les banques Maçonniques ont fermé les robinets de la tour de garder, laissant l’organisation à son sort. Un destin qui ne semble plus aussi radieux que par le passé, compte tenu également des problèmes d’image et de crédibilité que traversent les Témoins de Jéhovah grâce aux médias et aux réseaux sociaux qui mettent la vie, la mort et les miracles de ce mouvement sur la table. Un avenir qui apparaît actuellement bien sombre, même si seul le temps nous dira comment les choses vont évoluer.

BRESIL : Le « Club Militaire » soutient une lettre de réprobation de la franc-maçonnerie demandant à Bolsonaro d’opposer son veto à l’augmentation du financement des campagnes électorales

De notre confrère brésilien revistaforum.com.br – Par Plinio Théodore

Dans une note officielle, le Grand Orient du Brésil demande aux «frères élus » de « dépasser leurs clivages politiques pour qu’une fois mis le veto, celui-ci soit effectivement maintenu, évitant son annulation par des membres du Congrès insensibles aux problèmes rencontrés au Brésil ».

Le Club militaire de Rio de Janeiro, l’un des principaux groupes militaires, a repris sur son site Internet une lettre de réprobation dans laquelle l’institution maçonnique Grande Oriente do Brasil demande à Jair Bolsonaro (pas de parti) d’opposer son veto à la hausse du fonds électoral et appelle à « tous nos frères » à «dépasser les clivages politiques, pour q’une fois le veto opposé, le VETO soit effectivement MAINTENU, empêchant son annulation par des membres du Congrès, insensibles aux problèmes rencontrés au Brésil ».

« Le Club Militaire, en affichant ci-dessous la Note de la Grande Oriente do Brasil, apporte son soutien à cette Institution traditionnelle et honorée en ce moment critique de l’histoire de notre pays. Des positions comme celle-ci amèneront notre pays à sa vraie place sur la scène mondiale », dit le texte signé par Club Militaire à la suite de la note.

Dans le document appelant au veto sur l’augmentation du financement des campagnes électorales passant de 1,8 milliard de reais à 5,7 milliards de reais, les francs-maçons affirment que « notre Congrès national, de manière sournoise et irresponsable, a cherché à profiter du moment d’instabilité politique et de crise sanitaire pour décider cette augmentation immorale, manquant de respect à la Société, montrant que notre classe politique a encore beaucoup à évoluer dans le sens humanitaire, elle exprime la position ferme du Grand Orient du Brésil face à cet abus évident et insultant contre notre population (SIC) ».

« En raison de cela, nous demandons au président de la République de faire respecter sa prérogative constitutionnelle et de poser son véto face à l’augmentation de ce financement contraire à l’intérêt général »…

Grande Oriente do Brasil – NOTA DE REPÚDIO DO GRANDE ORIENTE DO BRASIL AO AUMENTO DO FUNDO ELEITORAL (gob.org.br)

Passe, ça n’itère la fin du monde

On m’avait demandé d’arrêter avec nos politiques, mais le problème est que ces derniers n’arrêtent pas. Ce n’est pas comme s’ils venaient de pourrir le quotidien de millions de personnes avec des mesures coercitives et contraignantes prises à la va-vite et sans concertation préalable. On devrait pourtant être habitué, depuis quelques temps. Le Grand Vizir Iznogoud, source intarissable du génie politique des marcheurs ne procède pas autrement…

Deux de nos sémillants dirigeants s’étaient engagés « les yeux dans les yeux » à ce que le dispositif de passe sanitaire ne soit pas utilisé pour tous les actes de la vie quotidienne. Et puis, le 12 juillet dernier, patatra, le robot ménager en chef dit exactement le contraire. Et ce, à la surprise générale, car tel est le bon plaisir du prince… Une fois de plus, nous allons tous subir les effets des caprices des sales mioches au pouvoir, pour notre SE-CU-RI-TE.

Je ne suis pas épidémiologiste, et il ne m’appartient certainement pas de me prononcer pour ou contre la vaccination. C’est à un médecin de le faire pour son patient. Le reste n’est que bruit.

Toutefois, du point de vue de l’éthique, l’imposition unilatérale de mesures sécuritaires et autoritaires sans s’être préalablement renseigné sur la faisabilité de l’application desdites mesures me paraît plus que dangereux. On n’impose pas des résultats sans se donner préalablement les moyens de les atteindre. Ou alors on est un pignouf (ou un énarque, ce qui revient au même). Et si on agit ainsi en connaissance de cause, la décision relève de la légèreté blâmable, voire de la faute. Et l’exhibition forcée de données relevant du secret médical à des tiers n’ayant pas habilitation à y accéder constitue aussi une faute grave. Je serai curieux d’avoir l’avis des juridictions compétentes à ce propos… Notons que toute la population va subir ces examens incohérents (et ces discriminations inutiles) pour environ 22 000 contaminations quotidiennes.

Et là, je pose cette autre donnée pour relativiser : chaque année, 300 000 femmes tombent enceintes, et ces dernières ne peuvent être vaccinées contre quoi que ce soit. Par conséquent, pas de passe pour elles. Elles vont donc, pour chaque acte quotidien, y compris les examens médicaux inhérents à leur état, devoir subir les tests antigéniques bientôt payants… C’est fou comme les femmes enceintes sont les grandes perdantes dans cette histoire ! A croire que nos dirigeants ne les aiment vraiment pas.

Attention toutefois, je ne m’inscris absolument pas dans l’analogie écoeurante que certains font avec la Deuxième Guerre mondiale et le port de l’étoile jaune. Ce n’est absolument pas le même registre. Et faire cette analogie est un crachat à la mémoire des victimes de la Shoah, indigne de ce que nous voulons représenter.

Mais plutôt que d’aborder ces histoires de passe sanitaire et taper sur nos dirigeants (et de toute façon, leur bêtise va plus vite que mon rythme d’écriture), je me suis penché sur un sujet plus léger et plus facile pour moi: la fin du monde.

« Nous autres civilisations savons que nous sommes mortelles » s’exclama Paul Valery face aux boucheries de la Première Guerre mondiale. Et ces temps de pandémie gérée à la Française ont bien failli avoir raison de nous tous. Je me suis même demandé si nos institutions maçonniques tiendraient le coup, malgré le couvre-feu de 18 heures…

La fin du monde n’a pas eu lieu, me dit-on. Et telle la Guerre de Troie, elle n’aura pas lieu. Certes, je me réjouis que nous retrouvions une activité presque normale, comme « avant ». Aller au théâtre, au cinéma, en Loge, voyager, ça m’avait manqué. Par contre, les contrôles de sac et autres mesquineries, non. Au point que j’en viens à me demander si je vais continuer de fréquenter les musées, j’en ai marre de me faire fouiller et contrôler comme un criminel. Et avec le passe sanitaire, ça ne va pas s’arranger…

En fait, je crains que ce ne soit Houellebecq qui ait raison : le monde d’après sera comme celui d’avant, mais en pire. On continue de surconsommer, de puiser dans les ressources, et surtout, de mal les répartir. Ou de les vendre à la Chine. Cette course au profit à court terme sera catastrophique à moyen et court terme. Comme nous perdons nos savoir-faire, nos entreprises industrielles ferment, au profit d’autres, localisées en des endroits moins regardants sur le droit du travail ou de le devoir de préservation de l’environnement. Pas de fin du monde ? Je ne suis pas sûr que ce soit l’avis de ceux qui ont perdu leur outil de travail, leur usine, leur PME ces derniers temps. Et le pire, c’est qu’on le savait ! Ainsi, déjà dans les années 90, Pierre Bourdieu avait prévu les ravages que causeraient les décisions politiques orientées vers le profit à tout prix de quelques uns. Il avait ainsi anticipé les mouvements indigénistes, les révoltes des oubliés de la mondialisation (les fameux Gilets Jaunes) et les autres crises que nous traversons. Son œuvre est terrifiante de clarté, mais sa voix ne fut qu’un cri dans le désert.

Et pendant que nous glosons, des espèces disparaissent. Pour elles, il s’agirait plutôt de leur fin dans le monde… Avec la chute de la biodiversité, c’est notre fin à long terme que nous programmons.

Hans Jonas avait énoncé dès les années 70, face au commencement de la prise de conscience des dégâts de l’industrialisation le fameux principe dignité : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre ».

Or, de récents papiers issus du GIEC (non officiels, car il s’agit de versions de travail pour un rapport à paraître en 2022) sonnent l’alarme : l’humanité n’est pas prête à endurer le changement brutal à venir.

En fait, nous sommes devenus la seule espèce vivante capable de jouer avec sa propre survivance. Le XXe siècle naissant a vu l’émergence de la guerre moderne : les armes automatiques, les armes à longue portée, les armes aéroportées et bien sûr les gaz de combat. Le même siècle a vu l’avènement de deux singularités particulièrement puissantes : Auschwitz (et plus largement, la Shoah) et Hiroshima. Tout cela avait été décrit par Gunther Anders, dans son obsolescence de l’Homme.

Je me demande ce qu’Anders aurait pensé de la télé-réalité, des influenceurs (y compris celui de la rue du Faubourg Saint Honoré), de l’écologie politique ou de l’Europe de Bruxelles (j’exagère, il n’y a pas que du mauvais à Bruxelles… Enfin, je suppose, je cherche encore). La gestion des crises récentes et les bourdes commises n’aident pas à penser autrement, il est vrai.

Parlant de bourde, le fondateur de l’aïkido, Morihei Ueshiba O-Sensei expliquait volontiers à ses élèves que l’échec était la clé du succès et que chaque erreur nous apprenait quelque chose. Avec les différents fiascos que nous avons contemplés en témoins impuissants, nous devrions donc être des gens superbement instruits, non ? Je vous laisse méditer sur la question.

La fin du monde n’aura pas lieu, certes. La planète, la vie n’ont pas besoin de nous et se réinventeront sans l’humanité. Je vous invite à lire l’excellent ouvrage d’entretien de l’artiste Enki Bilal pour compléter mon propos.

Mais qu’en est-il de nous, de notre civilisation ? Nous avons inventé des armes de destruction massive : l’arme nucléaire, l’arme bactériologique, les réseaux sociaux ou les normes européennes. Des boute-feu en mal de notoriété appellent à la croisade contre les mahométans et réciproquement. D’autres appellent à se replier et prendre les armes, les survivalistes. Abstraction, pas chez nous ? Hum, quid des dégradations de temples ou des projets d’attentats par des sympathisants de mouvements d’extrême-droite ?

Certes, nous goûtons une liberté presque retrouvée et fragile (et mise à mal par une décision technocratique inepte). Mais de sombres forces attendent le bon moment pour nous assaillir. Nous avons échappé à cette fin du monde, mais échapperons-nous à la prochaine ? La fin de notre monde n’a pas encore eu lieu, mais peut-être que pour que nous puissions continuer à vivre une vie digne d’être vécue comme le dit Hans Jonas, il est peut-être temps d’en finir avec ce monde et de se donner les moyens d’en créer un autre, plus juste, plus propre, avec une meilleure répartition des ressources. D’ailleurs, n’était-ce pas le projet de nos prédécesseurs, ceux-là même qui rêvaient de liberté, d’égalité, de fraternité ? Ceux qui se sont battus pour abolir l’esclavage, obtenir le droit de vote pour tous, ou le droit aux femmes de disposer de leurs propres corps ? Nos combats ont souvent été des combats d’avant-garde, peut-être est-il temps de reprendre ces bonnes vieilles habitudes ?

D’où ces mots qui me viennent, tout droit issus du Cabinet de Réflexion : VIGILANCE & PERSEVERANCE.

Je vous embrasse et vous souhaite de bonnes vacances.