Mes TT CC SS,
Mes TT CC FF,
La franc-maçonnerie repose sur trois piliers fondamentaux :
- La morale à travers sa rituélie, son symbolisme, sa tradition qui résiste aux temps,
- La philosophie et la modernité de ses visées,
- La spiritualité dans toute sa diversité.

Philippe DHAINAUT
SGM de la Grande Loge Française de Misraïm
Le franc-maçon aspire à une amélioration de la société au sein de laquelle il évolue. Pour cela, deux grandes méthodes lui sont proposées. Celle dite « sociétale » et celle dite « spiritualiste ». Schématiquement, la première prétend qu’en améliorant la société elle améliorera l’Homme. La seconde pense qu’il faut améliorer l’Homme pour espérer améliorer la société.
L’éternelle opposition philosophique intérieure de Rousseau qui, adepte de Platon, s’interroge : « les hommes sont méchants » cependant « l’homme naît bon ».
Je me garderai bien de porter un jugement sur la pertinence, les qualités ou les carences de chaque méthode comme je me suis toujours refusé à juger les différents rites. Comme dit le proverbe « comparaison n’est pas raison » même si ma tendance naturelle serait d’affirmer avec humour que le rite que je pratique, le rite de Misraïm, est de loin le plus riche et le plus beau !
Le primordial est-il le rite ? est-il la méthode ? Une réponse est apportée par notre Frère Antoine de Saint Exupéry qui fait dire au petit prince : « on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ». Car, selon mes convictions profondes, la fraternité est le cœur de l’enseignement que nous recevons quel que soit notre choix. (D’ailleurs à ce sujet, il est intéressant de constater que ces certitudes se forgent par la pratique. Le profane, lorsqu’il intègre une loge ignore souvent à quelle obédience il adhère, quel rite et quelle méthode il va pratiquer).
Si par hasard nous croisons une sœur ou un frère en difficulté notre premier réflexe sera de le (la) dépanner ou de l’apaiser sans nous enquérir préalablement de son appartenance. Cet acte spontané m’amène à évoquer la chaîne d’union au sein de la franc-maçonnerie universelle.
Instant fort du rituel, traditionnellement positionné au moment de la fermeture des travaux, les Sœurs et les Frères forment une chaine symbolisant l’union de tous les francs-maçons du monde. Qu’elle soit longue ou courte, la gestuelle est immuable, la main gauche (celle du cœur) est ouverte pour donner, la main droite est fermée pour recevoir. Cet instant est propice à la méditation et l’altruisme. Selon le rite ou les coutumes des loges, les pratiques diffèrent, ainsi, au rite de Misraïm, le chant de l’au revoir est souvent entonné. Le chant et la musique sont des vecteurs d’amour, de rapprochement des êtres entre eux et envers le GADLU.
Mais me direz-vous, en quoi la chaîne d’union maçonnique diffère-t-elle des autres fraternités ou sociétés initiatiques ?
La chaîne d’union maçonnique comporte une multitude de spécificités : elle regroupe des Sœurs et des Frères de toutes cultures, de toutes opinions, de toutes confessions, de toutes classes sociales. Elle s’inscrit dans une symbolique issue d’une rituélie millénaire qui n’a pas changée sur le fond alors que les rituels évoluent sur la forme. Elle s’adapte à la pensée de ceux qui la composent, certains y verront une simple expression de la fraternité, d’autres la traduiront comme un projet utopique de société, d’autres enfin y verront une communion de vibrations qui permet un processus alchimique de recharge et une transmission des énergies.
La chaine d’union pratiquée en loge ne diffère pas des autres symboles. Elle trouve sa source dans un lieu sacralisé, le microcosme, pour s’épanouir dans le monde profane, le macrocosme. Elle provoque un phénomène vibratoire circulaire et spiritualisé qui a pour finalité de s’élever en empruntant le chemin du fil à plomb.
Bien entendu, le franc-maçon ne manquera pas, par analogie, d’intégrer la chaine d’union à son moi intérieur. De réfléchir à cette chaine progressive qui met en action le monde émotionnel avec les mondes intellectuels et spirituels. Il prendra conscience de cette complémentarité des différents organes qui composent son corps et des énergies qui le traversent. De l’intérêt vital de prendre soin tant de son organisme que de son âme. En faisant le chemin inverse, de l’immanence à la transcendance, il découvrira la nécessité d’aimer les Hommes et les mondes qui l’entourent et de les respecter.
Il existe donc plusieurs chaînes d’union selon que l’on se situe sur l’un des piliers que j’évoquais dans mon propos liminaire mais un seul terme peut agréger les intentions, les énergies et les désirs des participants : l’égrégore.
A l’heure où beaucoup de valeurs semblent se déliter, la franc-maçonnerie brandit l’étendard de la fraternité et de l’union entre les êtres. A contrecourant diront certains, utopie diront d’autres. Rousseau et son « discours sur les sciences et les arts » est immortel. Je laisse ces réflexions à votre pertinence préférant adopter la position de Socrate : « je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien ».
Dans l’attente de nous revoir assemblés physiquement dans notre chaine d’union.
Recevez, Mes Très Chères Sœurs et Mes Très Chers Frères, mon accolade la plus fraternelle.
J’ai dit.
Vie Force Santé
Philippe DHAINAUT
SGM Directeur de la publication
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Ce qui est pour le moins explicite. Concernant les Taoïstes, il faudrait maintenant dire, d’ailleurs (de Chine !) les daoïstes et enlever les trémas : daoistes, Yangzi dit en substance, ce qui est très direct « Si il fallait que je sacrifie une rognure de mon ongle pour sauver ce monde, j’hésiterai ».