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ITALIE : Les origines maçonniques des témoins de Jéhovah !

De notre confrère italien informazione.it

note de la rédaction : ce texte est la meilleure traduction possible d’un article de ce journal italien, il vise uniquement à relayer un des nombreux écrits antimaçonniques ou complotistes circulant sur la toile

  • Les Témoins de Jéhovah attribuent leur naissance à la providence divine, mais leurs origines semblent plus humaines. Derrière une activité apparemment théocratique, il y a un empire financier dont les racines plongent dans la franc-maçonnerie américaine, très active dans les années où les Témoins de Jéhovah naquirent et prospéraient. Une franc-maçonnerie, qu’il faut le signaler, n’a jamais été amie de la religion chrétienne, mais qui a toujours poursuivi des buts beaucoup plus terrestres et beaucoup plus « païens ».

    Charles Taze Russell lui-même, le pasteur adventiste qui a fondé ce mouvement, était un franc-maçon. Né en 1852, à l’âge de vingt ans, il créa un groupe d’étudiants bibliques composé de personnes comme George Stetson, George Storrs, Henry Grew et William Miller, tous parfaits francs-maçons, appartenant à l’ordre des Rosicruciens. En 1931, l’écrivain Edith Star Miller, dans son livre, The Occult Theocracy , publia une liste d’éminents francs-maçons comprenant le nom de Charles Taze Russell en tant que membre de la Grande Loge de Pennsylvanie, promu au dixième degré de Chevalier Templier , qui est, le plus élevé.

Russell n’a jamais nié son appartenance à la franc-maçonnerie. En effet, dans un article du magazine des témoins de Jéhovah, la Tour de Garde, il a remercié publiquement ses bienfaiteurs, à savoir les banquiers John David Rockefeller et le baron Edmund de Rothschild, deux francs-maçons bien connus qui dans l’histoire ont financé des événements tels que la guerre de Sécession, les deux guerres mondiales … et la révolution bolchevique de 1917. Des gens qui ont du sang sur les mains, en somme. Ce sont eux qui ont financé le développement de la Société Tour de Garde qui, entre autres, avait sur sa couverture le symbole maçonnique de la Croix dans la Couronne , emblème des Templiers.

Le nom même donné à l’entreprise, « Tour de Garde », a une origine maçonnique. La langue des francs-maçons, en effet, repose sur un alphabet composé de soixante-douze lettres. Ces derniers permettent de communiquer avec un univers parallèle qui se divise en quatre régions. Chacun d’eux est communément appelé la « Tour de guet ». Ils viennent dans cet ordre : Ethereal (Tour de Guet de la Terre) ; Astral (Tour de Guet de l’Eau) ; Mental (Tour de Guet de l’Air) et Causal (Tour de Guet du Feu).

Russell n’était pas le seul maçon de la Tour de Garde. Son successeur était également un franc-maçon, l’avocat Joseph Rutherford, qui a inventé le nom de « Témoins de Jéhovah » et a lancé une campagne de dénigrement contre l’Église catholique, ennemie de la franc-maçonnerie, et qui pendant 16 ans a utilisé le symbole de la Croix dans la Couronne, montrant que lui aussi, tout comme Russell, appartenait aux Templiers. Sauf qu’il a mis de côté toutes les doctrines de Russell pour en créer de nouvelles et a fondé l’instance dirigeante dans le but de concentrer entre ses mains un pouvoir absolu qui a soulevé de nombreuses objections au sein de la société ; des différends aplanis par la franc-maçonnerie, qui a également payé la caution pour les faire sortir de prison après avoir été emprisonné pour propagande subversive.

Son successeur, Nathan Homer Knorr, qui n’était pas un franc maçon, devint le troisième président de la tour de Garde juste au moment où les Témoins de Jéhovah connaissaient un développement planétaire sans précédent dans l’histoire, avec l’ouverture d’écoles, de succursales et de congrégations, réparties un peu partout dans le monde. Une évolution inattendue si l’on considère qu’après la mort de Rutherford, le nombre de fidèles (100 000 unités) était insuffisant pour supporter des dépenses aussi onéreuses. Un signe que l’argent provenait de sources occultes.

Nathan Knorr fit redessiner le sceau officiel de la Société tour de garde dans le style maçonnique et, dans le magazine « réveillez-vous » du 8 août 1958, écrivit un article très enthousiaste sur la franc-maçonnerie, peut-être en remerciement pour le financement abondant reçu, déclarant que la franc-maçonnerie travaillait pour l’établissement dans le champ politique et religieux d’un seul Ordre Mondial. Il est à noter que c’est lui qui a institué la pratique de l’ostracisme, isolant les exclus pour qu’ils ne nuisent pas à une organisation qui prenait peu à peu les allures d’une secte autoréférentielle et totalitaire.

Le quatrième président de la tour de garde, Frederick Franz, qui a succédé à Knorr, était également maçon et s’est vu offrir la prestigieuse bourse Rhodes. Une bourse créée par Cecil Rhodes, roi des diamants et éminent franc-maçon, qui a permis au candidat, soigneusement sélectionné par les agents des familles Rothschild et Rockefeller, de travailler à la réalisation du plus majestueux projet maçonnique : le Nouvel Ordre Mondial. Et le fait que Franz ait été choisi pour cette initiative montre que le nouveau président des Témoins de Jéhovah était un franc-maçon à part entière et de haut rang.

Sous sa présidence, l’organisation consolide son pouvoir sur les fidèles selon un schéma cher à la franc-maçonnerie : le contrôle de l’individu. Franz, en effet, a complètement réorganisé la Société, a profondément changé les intentions bibliques, a créé une gestion politique dans laquelle la liberté individuelle a été abolie et la Tour de Garde devait devenir la conscience collective de chaque Témoin de Jéhovah. Sous sa direction, une dictature s’est formée qui s’est étendue à toutes les congrégations du monde grâce au contrôle assidu exercé par les responsables locaux. La Tour de Garde est ainsi devenue le modèle de la soumission absolue. Un outil maçonnique, un laboratoire d’expérimentation idéologique, une application directe et à grande échelle du lavage de cerveau et du conditionnement humain.

Cependant, tout ne s’est pas bien passé. En 1983, des images subliminales d’un personnage maçonnique ont été découvertes dans les publications des Témoins de Jéhovah. Tous les Témoins de Jéhovah qui ont découvert celles-ci ont d’abord été ridiculisés puis, parce qu’ils ont insisté à demander une explication, ont été expulsés afin que la diffusion de cette histoire ne cause pas de préjudice à l’organisation. Robin de Ruiter a décrit ces images comme des signes ou des messages codés que seuls les « initiés » pouvaient interpréter correctement. Le plus incroyable est que certains d’entre eux représentaient des personnages mystiques de la franc-maçonnerie, comme Saint Jean (Climaque). Ce qui a amené certains à penser que les véritables destinataires de ces publications étaient les frères francs-maçons.

En tout cas, jusqu’à la mort de Frédéric Franz, l’organisation prospéra et vit le nombre de ses fidèles croître sans cesse. Ces derniers temps, cependant, les choses ont changé. Surtout pour les Témoins de Jéhovah qui pendant des années avaient bénéficié de subventions d’origines humaines qui n’ont rien à voir avec des sources divines. Selon un universitaire, Fritz Springmeyer, à la mort de Franz en 1992, la franc-maçonnerie a progressivement abandonné les Témoins de Jéhovah car de nouveaux mouvements, comme la Scientologie et les sectes évangéliques, ont surgi à l’horizon, permettant d’obtenir de meilleurs résultats en des temps plus courts.

Une préférence qui, selon certains, serait à l’origine des difficultés financières et organisationnelles que rencontrent les Témoins de Jéhovah ces dernières années, car les banques Maçonniques ont fermé les robinets de la tour de garder, laissant l’organisation à son sort. Un destin qui ne semble plus aussi radieux que par le passé, compte tenu également des problèmes d’image et de crédibilité que traversent les Témoins de Jéhovah grâce aux médias et aux réseaux sociaux qui mettent la vie, la mort et les miracles de ce mouvement sur la table. Un avenir qui apparaît actuellement bien sombre, même si seul le temps nous dira comment les choses vont évoluer.

BRESIL : Le « Club Militaire » soutient une lettre de réprobation de la franc-maçonnerie demandant à Bolsonaro d’opposer son veto à l’augmentation du financement des campagnes électorales

De notre confrère brésilien revistaforum.com.br – Par Plinio Théodore

Dans une note officielle, le Grand Orient du Brésil demande aux «frères élus » de « dépasser leurs clivages politiques pour qu’une fois mis le veto, celui-ci soit effectivement maintenu, évitant son annulation par des membres du Congrès insensibles aux problèmes rencontrés au Brésil ».

Le Club militaire de Rio de Janeiro, l’un des principaux groupes militaires, a repris sur son site Internet une lettre de réprobation dans laquelle l’institution maçonnique Grande Oriente do Brasil demande à Jair Bolsonaro (pas de parti) d’opposer son veto à la hausse du fonds électoral et appelle à « tous nos frères » à «dépasser les clivages politiques, pour q’une fois le veto opposé, le VETO soit effectivement MAINTENU, empêchant son annulation par des membres du Congrès, insensibles aux problèmes rencontrés au Brésil ».

« Le Club Militaire, en affichant ci-dessous la Note de la Grande Oriente do Brasil, apporte son soutien à cette Institution traditionnelle et honorée en ce moment critique de l’histoire de notre pays. Des positions comme celle-ci amèneront notre pays à sa vraie place sur la scène mondiale », dit le texte signé par Club Militaire à la suite de la note.

Dans le document appelant au veto sur l’augmentation du financement des campagnes électorales passant de 1,8 milliard de reais à 5,7 milliards de reais, les francs-maçons affirment que « notre Congrès national, de manière sournoise et irresponsable, a cherché à profiter du moment d’instabilité politique et de crise sanitaire pour décider cette augmentation immorale, manquant de respect à la Société, montrant que notre classe politique a encore beaucoup à évoluer dans le sens humanitaire, elle exprime la position ferme du Grand Orient du Brésil face à cet abus évident et insultant contre notre population (SIC) ».

« En raison de cela, nous demandons au président de la République de faire respecter sa prérogative constitutionnelle et de poser son véto face à l’augmentation de ce financement contraire à l’intérêt général »…

Grande Oriente do Brasil – NOTA DE REPÚDIO DO GRANDE ORIENTE DO BRASIL AO AUMENTO DO FUNDO ELEITORAL (gob.org.br)

Passe, ça n’itère la fin du monde

On m’avait demandé d’arrêter avec nos politiques, mais le problème est que ces derniers n’arrêtent pas. Ce n’est pas comme s’ils venaient de pourrir le quotidien de millions de personnes avec des mesures coercitives et contraignantes prises à la va-vite et sans concertation préalable. On devrait pourtant être habitué, depuis quelques temps. Le Grand Vizir Iznogoud, source intarissable du génie politique des marcheurs ne procède pas autrement…

Deux de nos sémillants dirigeants s’étaient engagés « les yeux dans les yeux » à ce que le dispositif de passe sanitaire ne soit pas utilisé pour tous les actes de la vie quotidienne. Et puis, le 12 juillet dernier, patatra, le robot ménager en chef dit exactement le contraire. Et ce, à la surprise générale, car tel est le bon plaisir du prince… Une fois de plus, nous allons tous subir les effets des caprices des sales mioches au pouvoir, pour notre SE-CU-RI-TE.

Je ne suis pas épidémiologiste, et il ne m’appartient certainement pas de me prononcer pour ou contre la vaccination. C’est à un médecin de le faire pour son patient. Le reste n’est que bruit.

Toutefois, du point de vue de l’éthique, l’imposition unilatérale de mesures sécuritaires et autoritaires sans s’être préalablement renseigné sur la faisabilité de l’application desdites mesures me paraît plus que dangereux. On n’impose pas des résultats sans se donner préalablement les moyens de les atteindre. Ou alors on est un pignouf (ou un énarque, ce qui revient au même). Et si on agit ainsi en connaissance de cause, la décision relève de la légèreté blâmable, voire de la faute. Et l’exhibition forcée de données relevant du secret médical à des tiers n’ayant pas habilitation à y accéder constitue aussi une faute grave. Je serai curieux d’avoir l’avis des juridictions compétentes à ce propos… Notons que toute la population va subir ces examens incohérents (et ces discriminations inutiles) pour environ 22 000 contaminations quotidiennes.

Et là, je pose cette autre donnée pour relativiser : chaque année, 300 000 femmes tombent enceintes, et ces dernières ne peuvent être vaccinées contre quoi que ce soit. Par conséquent, pas de passe pour elles. Elles vont donc, pour chaque acte quotidien, y compris les examens médicaux inhérents à leur état, devoir subir les tests antigéniques bientôt payants… C’est fou comme les femmes enceintes sont les grandes perdantes dans cette histoire ! A croire que nos dirigeants ne les aiment vraiment pas.

Attention toutefois, je ne m’inscris absolument pas dans l’analogie écoeurante que certains font avec la Deuxième Guerre mondiale et le port de l’étoile jaune. Ce n’est absolument pas le même registre. Et faire cette analogie est un crachat à la mémoire des victimes de la Shoah, indigne de ce que nous voulons représenter.

Mais plutôt que d’aborder ces histoires de passe sanitaire et taper sur nos dirigeants (et de toute façon, leur bêtise va plus vite que mon rythme d’écriture), je me suis penché sur un sujet plus léger et plus facile pour moi: la fin du monde.

« Nous autres civilisations savons que nous sommes mortelles » s’exclama Paul Valery face aux boucheries de la Première Guerre mondiale. Et ces temps de pandémie gérée à la Française ont bien failli avoir raison de nous tous. Je me suis même demandé si nos institutions maçonniques tiendraient le coup, malgré le couvre-feu de 18 heures…

La fin du monde n’a pas eu lieu, me dit-on. Et telle la Guerre de Troie, elle n’aura pas lieu. Certes, je me réjouis que nous retrouvions une activité presque normale, comme « avant ». Aller au théâtre, au cinéma, en Loge, voyager, ça m’avait manqué. Par contre, les contrôles de sac et autres mesquineries, non. Au point que j’en viens à me demander si je vais continuer de fréquenter les musées, j’en ai marre de me faire fouiller et contrôler comme un criminel. Et avec le passe sanitaire, ça ne va pas s’arranger…

En fait, je crains que ce ne soit Houellebecq qui ait raison : le monde d’après sera comme celui d’avant, mais en pire. On continue de surconsommer, de puiser dans les ressources, et surtout, de mal les répartir. Ou de les vendre à la Chine. Cette course au profit à court terme sera catastrophique à moyen et court terme. Comme nous perdons nos savoir-faire, nos entreprises industrielles ferment, au profit d’autres, localisées en des endroits moins regardants sur le droit du travail ou de le devoir de préservation de l’environnement. Pas de fin du monde ? Je ne suis pas sûr que ce soit l’avis de ceux qui ont perdu leur outil de travail, leur usine, leur PME ces derniers temps. Et le pire, c’est qu’on le savait ! Ainsi, déjà dans les années 90, Pierre Bourdieu avait prévu les ravages que causeraient les décisions politiques orientées vers le profit à tout prix de quelques uns. Il avait ainsi anticipé les mouvements indigénistes, les révoltes des oubliés de la mondialisation (les fameux Gilets Jaunes) et les autres crises que nous traversons. Son œuvre est terrifiante de clarté, mais sa voix ne fut qu’un cri dans le désert.

Et pendant que nous glosons, des espèces disparaissent. Pour elles, il s’agirait plutôt de leur fin dans le monde… Avec la chute de la biodiversité, c’est notre fin à long terme que nous programmons.

Hans Jonas avait énoncé dès les années 70, face au commencement de la prise de conscience des dégâts de l’industrialisation le fameux principe dignité : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre ».

Or, de récents papiers issus du GIEC (non officiels, car il s’agit de versions de travail pour un rapport à paraître en 2022) sonnent l’alarme : l’humanité n’est pas prête à endurer le changement brutal à venir.

En fait, nous sommes devenus la seule espèce vivante capable de jouer avec sa propre survivance. Le XXe siècle naissant a vu l’émergence de la guerre moderne : les armes automatiques, les armes à longue portée, les armes aéroportées et bien sûr les gaz de combat. Le même siècle a vu l’avènement de deux singularités particulièrement puissantes : Auschwitz (et plus largement, la Shoah) et Hiroshima. Tout cela avait été décrit par Gunther Anders, dans son obsolescence de l’Homme.

Je me demande ce qu’Anders aurait pensé de la télé-réalité, des influenceurs (y compris celui de la rue du Faubourg Saint Honoré), de l’écologie politique ou de l’Europe de Bruxelles (j’exagère, il n’y a pas que du mauvais à Bruxelles… Enfin, je suppose, je cherche encore). La gestion des crises récentes et les bourdes commises n’aident pas à penser autrement, il est vrai.

Parlant de bourde, le fondateur de l’aïkido, Morihei Ueshiba O-Sensei expliquait volontiers à ses élèves que l’échec était la clé du succès et que chaque erreur nous apprenait quelque chose. Avec les différents fiascos que nous avons contemplés en témoins impuissants, nous devrions donc être des gens superbement instruits, non ? Je vous laisse méditer sur la question.

La fin du monde n’aura pas lieu, certes. La planète, la vie n’ont pas besoin de nous et se réinventeront sans l’humanité. Je vous invite à lire l’excellent ouvrage d’entretien de l’artiste Enki Bilal pour compléter mon propos.

Mais qu’en est-il de nous, de notre civilisation ? Nous avons inventé des armes de destruction massive : l’arme nucléaire, l’arme bactériologique, les réseaux sociaux ou les normes européennes. Des boute-feu en mal de notoriété appellent à la croisade contre les mahométans et réciproquement. D’autres appellent à se replier et prendre les armes, les survivalistes. Abstraction, pas chez nous ? Hum, quid des dégradations de temples ou des projets d’attentats par des sympathisants de mouvements d’extrême-droite ?

Certes, nous goûtons une liberté presque retrouvée et fragile (et mise à mal par une décision technocratique inepte). Mais de sombres forces attendent le bon moment pour nous assaillir. Nous avons échappé à cette fin du monde, mais échapperons-nous à la prochaine ? La fin de notre monde n’a pas encore eu lieu, mais peut-être que pour que nous puissions continuer à vivre une vie digne d’être vécue comme le dit Hans Jonas, il est peut-être temps d’en finir avec ce monde et de se donner les moyens d’en créer un autre, plus juste, plus propre, avec une meilleure répartition des ressources. D’ailleurs, n’était-ce pas le projet de nos prédécesseurs, ceux-là même qui rêvaient de liberté, d’égalité, de fraternité ? Ceux qui se sont battus pour abolir l’esclavage, obtenir le droit de vote pour tous, ou le droit aux femmes de disposer de leurs propres corps ? Nos combats ont souvent été des combats d’avant-garde, peut-être est-il temps de reprendre ces bonnes vieilles habitudes ?

D’où ces mots qui me viennent, tout droit issus du Cabinet de Réflexion : VIGILANCE & PERSEVERANCE.

Je vous embrasse et vous souhaite de bonnes vacances.

ITALIE : Franc-maçonnerie – une lettre ouverte d’un frère en crise

De notre confrère italien expartibus.it

Les francs-maçons auraient de facto appuyé sans le savoir sur le bouton d’autodestruction de l’Ordre.


Alain Bauer – Le crépuscule des frères : La fin de la franc-maçonnerie ?

La franc-maçonnerie est née pour être une avant-garde spirituelle de l’humanité : elle risque aujourd’hui de constituer un fardeau anachronique plutôt qu’un moteur évolutif.
Hermeticus – Les dix portes

Cher Frère, je me réfère à votre phrase chirurgicale et incontestable en réponse à Frère V. :

L’eggregore lui-même ne peut pas contenir de maillons dans la chaîne contraire à ses énergies.

Excusez la franchise fraternelle, mais un niveau initié de ton niveau, après avoir exposé certaines réflexions partagées, par souci de cohérence, devrait tirer des décisions concrètes et opérationnelles.

Il faut espérer que les « Francs-Maçonneries » les plus connues entrent joyeusement dans une phase de crise et d’élaboration profonde. Et sérieusement commencer à laver leur linge en famille. Surtout dans les étages supérieurs, même si les vrais étages supérieurs de la Franc-Maçonnerie sont les Loges bleues, pas les Grandes Loges.

La franc-maçonnerie est une école initiatique mais, à quelques exceptions près, son « personnel enseignant » est aujourd’hui dans des conditions misérables. Surtout si l’on considère que dans une école ésotérique, ce ne sont pas les discours ou les leçons théoriques qui comptent, mais surtout les exemples concrets et opérationnels.

Les comportements de vie que tout « simple » frère plus âgé témoigne et propose comme modèle aux néophytes. Comme un bon père devrait toujours le faire envers ses enfants. Mais la classe actuellement dominante, en contraste avec tant de frères inestimables et merveilleux, vous le savez mieux que moi, est composée d’une multitude de ratés, d’arrivistes, de petits bureaucrates, de narcissiques, de carriéristes, de bourgeois et de patients. avec des  » tabliers « .

Il est temps que la franc-maçonnerie historique passe des paroles aux actes. Sinon, dans les prochaines décennies, ils seront les oubliés de l’histoire. Changer est fatigant. L’inconnu fait peur. Vous connaissez. Notre inséparable gardienne du seuil est toujours à l’affût pour nous empêcher, par des résistances infinies et « séculaires », de transcender notre ego malade. Ainsi, à la suite de dystoniques, de sommation égrégoriques, certaines institutions nobles tombent également malades. Et, en fait, ils s’opposent à ce processus inévitable de nettoyage, de réforme et de renouveau qui traverse le monde souterrain maçonnique depuis un certain temps .

Les sujets à l’ordre du jour sont toujours les mêmes. J’en ai parlé plusieurs fois mais cela vaut la peine de les résumer. L’éveil initiatique au centre de la mission, une sélection rigoureuse des impétrants, la suppression des prérogatives et des prébendes, car l’initiation et le sacré ne sont pas des biens, l’élimination de toute bureaucratie oppressive, la véritable récupération de la souveraineté de la loge, la liberté de renouvellement rituel, le thème central des opérations maçonniques, (ce qui compte ce n’est pas ce que tu dis), l’application concrète du principe de Fraternité Universelle, avec la possibilité de « circuler » librement en tant que visiteurs dans les différents Ordres, au-delà de reconnaissances officielles.

Il y a ceux qui font déjà ce travail extraordinaire avec humilité et sans proclamation. Dans le secret expérimental de nouvelles chaînes initiatiques. Mais les soi-disants « grands » ne remarquent ou ne veulent rien remarquer et la majorité des Frères qu’ils « administrent » – quelle vulgarité ! – ils continuent à vivre dans les quartiers confortables de lieux confortables et/ou prestigieux, jouant à la lyre des histoires mythiques auto-gratifiantes habituelles. Faire beaucoup de bla bla autour de débats culturels, ou pseudo-tels, centrés sur des thèmes (profanes) en tous genres. De l’épigénétique, aux ovnis, aux exploits de d’Annunzio et à l’ésotérisme des Schtroumpfs.

Autore Hermes

Je suis un franc-maçon quelconque. Fièrement placé à la base de la Pyramide. De temps en temps je me lève vers le sommet pour me dégourdir les jambes. Et il me vient à l’esprit des réflexions, des méditations, des pensées que je couche ensuite sur la feuille.

ITALIE : La construction du Temple Intérieur

De notre confrère italien : expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

Trois personnes étaient au travail sur un chantier de construction. Ils avaient la même tâche, mais lorsqu’on leur a demandé quel était leur travail, les réponses étaient différentes. « tailler des pierres » répondit le premier. « Je gagne ma vie », répondit le second. « Je participe à la construction d’une cathédrale », a déclaré le troisième.
Peter Schultz

Tout ce que l’homme édifie est destiné, tôt ou tard, à se détériorer au cours du temps, perdant ainsi la mémoire de celui qui avait travaillé sur ces œuvres qui semblaient défier les siècles.

Il faut donc penser un peu plus à façonner dans l’enveloppe périssable de notre corps quelque chose que nous ne toucherons certainement pas avec nos mains, qui ne se manifestera pas visiblement, mais qui sera intemporel et capable de vivre sans nous et au-delà de nous : ériger notre temple intérieur et donc notre sacralité, tout le soin et l’attention que nous consacrons à la construction matérielle.

La franc-maçonnerie enseigne comment s’élève le temple de l’esprit individuel et universel, avec une terre, un matériau, un architecte et un ouvrier qui sont une personne, lui-même, responsable de lui-même et de lui-même, qui, après avoir appris l’usage des outils doit avoir la volonté, la force et le courage de ne jamais les abandonner, car c’est un travail qui ne s’achève jamais.

Le franc-maçon oeuvre en permanence, il enlève les débris, renforce, répare, essaie d’ajouter quelque chose.

Mais ce n’est pas le supplice angoissant de Sisyphe, cela ne crée pas le sentiment d’inutilité et de frustration, puisque tout est le résultat d’un libre choix et, malgré les moments d’impasse, l’inattendu, comme dans toutes les œuvres, le franc-maçon perçoit la réalisation, dont la lente progression, qu’il sent constante, le rassure, lui donne l’idée de stabilité.

La course et l’essoufflement ne génèrent pas de structures solides ni même belles, aucun chef-d’œuvre ne s’est formé en peu de temps et seuls la machine et les moules produisent, en série et rapidement, toutes les mêmes choses, non pas des filles d’art, d’amour, de patience, mais aussi des échecs et des erreurs.

Aucun tailleur de pierre n’a vu la cathédrale achevée, mais sa pierre est là pour témoigner de la vie et de la contribution qu’il a pu donner et sans lesquelles la grande structure n’aurait pas vu le jour.

A tel point que John Ruski aimait répéter :

La meilleure reconnaissance de l’effort fourni n’est pas ce que vous en retirez, mais ce que vous devenez grâce à lui.

L’Apprenti qui écoute en silence et apprend le langage des symboles et celui de son esprit, le Compagnon qui sait déjà manier les outils et le Maître qui enseigne, contrôle, et continue d’approfondir et d’étudier, ne peuvent qu’imaginer la réalisation du grand oeuvre auquel ils vont s’attaquer.

Réfléchir à la construction de soi, n’est pas seulement le droit-devoir du franc-maçon ; il doit forger le monde environnant avec le feu de la purification et la force des idéaux.

La franc-maçonnerie l’a formé aux valeurs d’égalité, de liberté, de fraternité, du respect de la dignité de l’homme et de son environnement, la vie de tous les êtres.

Le travail dans le temple le prépare à écouter et à parler et l’amène à retracer un rythme millénaire qui ne s’arrête jamais, même pas avec la mort.

Le profane devient franc-maçon, il se transforme, il change au cours du parcours initiatique et avec lui aussi son être dans la Fraternité.

Quand dans le monde profane, il est d’usage de regarder avec méfiance tout ce qui est collectif, car on craint souvent à juste titre un nivellement et un anéantissement des personnalités individuelles, l’union des francs-maçons consiste dans la force d’un idéal commun, dans la pleine liberté que chacun doit expliquer et appliquer sa méthode, son art et son style.

L’initiation offre à tous ceux qui la reçoivent des règles et des exemples, que chacun doit développer selon ses capacités et ses aptitudes.

Alors le reflet dans le monde profane sera une œuvre aux mille facettes, un joyau taillé d’où resplendissent les couleurs qui forment la lumière qui rayonne autour de lui.

Sur cette route
il n’y a pas de commencement, pas de mouvement, pas de paix, pas de fin,
seulement du bruit sans mots et de la nourriture sans goût.

Sans tarder, sans hâte, nous
construirons le début et la fin du chemin.
(Thomas Stearns Eliot)

Autore Rosmunda Cristiano

l’Auteure Rosmunda Cristiano
Je m’appelle Rosmunda. Je vis la Vie avec Passion. J’ai un défaut : je suis un Libre Penseur. J’ai un mérite : je suis un Libre Penseur.

ARGENTINE : Ils rendront hommage à deux femmes de Tucumán

De notre confrère argentin lagaceta.com.ar

Honoria Zelaya recevra le prix « Femmes qui écrivent l’histoire ». Le souvenir de Lola Mora

Dans le cadre du 19e anniversaire de la Grande Loge Féminine d’Argentine, fondée le 9 juin 2003, la semaine de la franc-maçonnerie féminine se déroule dans tout le pays et au Paraguay.

Deux femmes de Tucumán seront reconnues lors d’un événement virtuel, qui aura lieu aujourd’hui à 19h00 : Lola Mora et le Dr Honoria Zelaya , qui seront présentes à la réunion pour être honorées. Le respectable loge Jardín de Granadas numéro 17, qui opère à Tucumán, les a choisis pour recevoir la reconnaissance « Femmes qui écrivent des histoires » pour leurs carrières exceptionnelles. L’événement est ouvert au public sur la plate-forme Zoom, avec un accès au numéro de réunion 850 9812 8107, Clave Jardín.

Dolores Candelaria Mora Vega de Hernández , plus connue sous le nom de Lola Mora, est née le 17 novembre 1866 et décédée le 7 juin 1936. Son lieu d’origine est à l’origine d’un vieux différend entre Salta et Tucumán, au-delà des documents qu’ils prouvent leur naissance sur le sol de la province. L’artiste s’est fait remarquer dans des espaces généralement interdits aux femmes et a été le sculpteur argentin le plus flatté de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Son œuvre la plus connue est la Fuente de las Nereidas, un complexe sculptural en marbre de Carrare inauguré en 1903 à Buenos Aires. Il a consacré sa vie à lutter contre la censure de l’époque et à défendre la création artistique.

Dr. Zelaya accrédite cinq décennies d’expérience en matière de littérature pour enfants à partir d’un profil multiforme : création littéraire, recherche, enseignement, journalisme culturel, conseil aux parents, aux enseignants et aux institutions. Elle a été directrice de la culture municipale, où elle a fondé la bibliothèque pour enfants et jeunes et le wagon-bibliothèque « La Estación de la Alegre », entre autres réalisations; et a créé le Centre d’information et de recherche en littérature pour enfants et adolescents de l’UNT.

ESPAGNE : « L’humanité a de plus en plus besoin de fraternité » – Interview de Audrey Desplanques Conseiller de l’ordre du GODF

De notre confrère espagnol elfarodeceuta.es

Audrey Desplanques, conseiller de l’Ordre du Grand Orient de France, auquel appartient le Triangle d’Hercule de Ceuta, visite notre ville.

Cette franc-maçonne, psychologue clinicienne, est la responsable du Grand Orient de France chargée des questions humanitaires. Particulièrement liée à Ceuta (qu’elle a déjà visitée), cette française connaît déjà le Triangle d’Hercule de Ceuta et ses membres.

En plus du contact avec la formation maçonnique de Ceuta, dépendante de la Loge maçonnique Héraclès de Malaga, Audrey Desplanques s’est rendue dans la Cité Autonome pour constater in situ la réalité de l’immigration dans la région du détroit de Gibraltar.

El Faro : Pourquoi la Franc-maçonnerie s’intéresse-t-elle à Ceuta?

– La Franc-maçonnerie, et en l’occurrence le Grand Orient de France (GODF), s’est toujours sentie liée à Ceuta, et les raisons ne manquent pas. Ceuta peut être décrite comme une ville dans laquelle la franc-maçonnerie avait une implantation très importante. Avant le coup d’État de 1936, il y avait à Ceuta quatre loges maçonniques ayant leur siège dans la rue Lieutenant Pacheco où se tenaient les tenues [réunions de maçons], et tout cela pour une population de 50 000 habitants. De plus, Ceuta regorge de symboles maçonniques dans tous les coins où que vous regardez, de l’ancienne salle plénière en passant par la Maison des Dragons, dans les vieux lampadaires ou la statue de notre frère « Grecia » à Gran Vía, tout nous rappelle le lien privilégié avec la franc-maçonnerie. De plus, il y a quelques années, un Triangle [structure maçonnique de base] a été créé ici, avec le nom d’Hercule au sein du Grand Orient de France. Le Triangle d’Hercule est venu prendre le relais de la loge qui fut celle d’Antonio López Sánchez-Prados. Il est clair que la maçonnerie a des raisons plus que fondées de s’intéresser à Ceuta.

Ceuta est l’un des carrefours de l’immigration…

  • C’est l’une des raisons de ma visite à Ceuta. Bien sûr, le phénomène de l’immigration n’est pas une chose qui ne concerne que Ceuta, loin de là. Nous ne pouvons pas transformer Ceuta en une île, comme le sont Malte ou Lampedusa, en un no man’s land que l’Europe ne veut pas regarder parce que la question est génante ou difficile à résoudre. En dehors de cette considération, que je considère importante pour le GODF, la question humanitaire est une priorité. En effet, le GODF apporte une aide économique importante aux pays touchés par des catastrophes naturelles et/ou une aide humanitaire (entre autres actions à travers sa Fondation). Revenons à la question de l’immigration dans la zone du détroit de Gibraltar, force est de rappeler que, précisément dans ce morceau de mer où se rencontrent la Méditerranée et l’Atlantique, c’est aujourd’hui l’un charnier les plus importants au monde. Ici, malgré les efforts du Secours Maritime, de la Garde Civile ou de la Croix Rouge, un nombre important de personnes meurent dans un cruel anonymat à la recherche d’un monde meilleur. Nous ne pouvons, ni ne voulons rester impassibles face à ce génocide social qui se déroule quotidiennement, et je suis là pour recueillir des informations de première main.

-L’immigration à Ceuta est-elle une solution ?

  • Tout d’abord, je voudrais souligner qu’on ne peut pas trouver de solution à quelque chose qui n’est pas un problème, mais un phénomène. Les phénomènes migratoires sont à l’origine de la fondation de ce que nous appelons l’humanité. Les êtres humains ont toujours migré : pour découvrir de nouveaux territoires, pour exporter et échanger leurs découvertes et leurs connaissances, pour améliorer leurs conditions de vie, ou simplement pour pouvoir survivre. Depuis, rien n’a changé.

Ce qui nécessite une intervention urgente, ce sont les conditions de vie de ces personnes, et il est clair que la ville de Ceuta est impliquée dans ces améliorations, mais elle ne peut pas être laissée seule sur ces questions. Il faut ici plus de moyens pour s’occuper de ces personnes car une chose est claire, elles continueront à venir car dans leurs pays d’origine les conditions de vie sont nettement pires que les nôtres. Évidemment, il faudra faire le nécessaire pour que, dans les territoires d’origine de ces personnes, les conditions de vie soient suffisamment décentes pour que ces femmes et ces hommes n’aient pas à risquer leur vie pour survivre. Transmettre cette idée et y travailler fait partie de notre mission de francs-maçons.

Vous avez pu voir à quoi ressemble l’immigration Ceuta …

  • J’ai été frappé par la Ceuta solidaire, la Ceuta qui se donne à l’aide, la Ceuta qui s’engage, la Ceuta qui comprend, la Ceuta humanitaire. Cette ville a un taux impressionnant de volontariat et de volontaires. Mes sœurs et frères, tous impliqués d’une manière ou d’une autre dans tout ce qui touche à l’immigration, m’avaient déjà transmis à ma demande des informations sur ce qui se passait ici dès le premier instant, y compris la crise migratoire de mai dernier. De plus, j’ai visité les campements où les gens vivent mal, en attente d’une place dans les abris, et les abris eux-mêmes ouverts par la Ville autonome et gérés par la Croix-Rouge. Je dois redire à ce sujet que Ceuta est un modèle de la manière dont il faut affronter avec humanité une crise comme celle-ci, à laquelle qui est venu se mêler le Covid et la fermeture de la frontière.

Comment le GODF compte-t-il y contribuer?

  • Les Francs-Maçons du GODF n’ont pas attendu un positionnement de l’Obédience pour se mettre au travail en citoyens et citoyens qu’ils sont, et le Triangle d’Hercule en est une bonne preuve. Non seulement ils ont rapporté de manière très précise et objective ce qui se passe ici, mais ils ont aussi été là où se trouvent toujours les membres de la Franc-Maçonnerie : en première ligne pour la défense des Droits de l’Homme. Au delà de cette situation, au Grand Orient de France nous menons depuis de nombreuses années une réflexion approfondie, afin de pouvoir apporter notre contribution spécifique sur ces questions. Indépendamment de ce que nous pouvons élaborer organiquement, notre première mission est, et restera, de mettre en lumière ces problèmes pour que tout le monde les connaisse, au-delà de la première explosion émotionnelle. Pour le GODF , nous le répétons encore, rien de la souffrance humaine ne nous est étranger, et ce depuis la création en 1728.

Considérez-vous que la Franc-Maçonnerie est nécessaire au XXIe siècle, en pleine ère numérique ?

  • La franc-maçonnerie est le plus grand représentant de la liberté et le moteur de la séparation des pouvoirs. Si l’on part du constat que la liberté doit être conquise au quotidien et que la séparation des pouvoirs est le fondement de toute société démocratique, la franc-maçonnerie est plus que jamais nécessaire. Que nous soyons au milieu de l’ère numérique, comme vous le soulignez, ne rend pas la franc-maçonnerie inutile, bien au contraire. Nous constatons le danger du contrôle que les ordinateurs peuvent exercer sur la population, si les garanties nécessaires ne sont pas exigées, et pour cela nous devons avoir une fédération de pensée, capables d’analyser, de réfléchir, de se soulever contre l’oppression et de démontrer l’injustice. Voici comment fonctionne la franc-maçonnerie depuis sa création

-Certaines publications du GODF suggèrent que la Franc-Maçonnerie est particulièrement soucieuse de l’environnement…

  • C’est tout à fait exact. L’environnement n’est pas le défi des générations futures, c’est un problème qui nous concerne tous, ici et maintenant. La crise du changement climatique a de multiples facettes, dont l’une est précisément l’immigration. La défense énergique de l’environnement est une question de survie, et la franc-maçonnerie ne peut et ne doit pas l’ignorer. Nous y travaillons à travers des études et des commissions, il y a de nombreuses loges et des centaines de Frères et Sœurs qui y participent, préparent des propositions et montrent la situation dramatique que vit la planète au bord du point de non-retour. C’est quelque chose qui me concerne directement, et je me sens très impliquée dans ces questions comme le reste de mes sœurs et frères. C’est une question vitale pour l’Humanité. Tout doit être repensé d’un point de vue humaniste et non consumériste, d’une vision rationaliste et non du marché. L’humanité a de plus en plus besoin de Fraternité, et cela en est une bonne preuve.

« La franc-maçonnerie est le plus grand représentant de la liberté et le moteur de la séparation des pouvoirs »

-GODF accepte les femmes…

  • Il y a deux réponses. L’une très évidente, et l’autre encore plus. La première est qu’il est normal qu’une femme travaille au sein de l’exécutif de l’Obédience, comme c’est mon cas. La seconde est que, contrairement à d’autres obédiences (et si je peux me permettre d’autres institutions) le GODF comprend que 50% de l’humanité ne peut être évincée de ses loges. Expliquer à ce stade l’égalité des droits qui devrait exister entre les femmes et les hommes est une idée datant au plus tard du XIXe siècle. Dans le GODF, contrairement aux autres Obédiences, nous ne faisons pas de différences ou de discriminations.

-La franc-maçonnerie est-elle utopique ?

  • Je dirais que la Franc-Maçonnerie défend une utopie différée, et je m’explique. En Espagne, notre frère Ferrer i Guardia a été fusillé pour avoir défendu une école laïque dépourvue de dogmes, mais moins de 100 ans après sa mort, ses théories sont non seulement mises en pratique dans de nombreuses écoles, mais sont aussi enseignées à l’université. Si l’utopie est de défendre quelque chose qui sera tôt ou tard la réalité, nous sommes bien des utopistes. Nous défendions l’avortement légal, la contraception, le divorce, la sécurité sociale ou, à l’époque, la séparation des pouvoirs et la séparation des Églises de l’État avant l’heure et nous avons oeuvré pour sa réalisation, certains au prix de leur vie. Comme le disait Eduardo Galeano, l’utopie sert à avancer… et nous n’avons cessé de le faire depuis la création de la franc-maçonnerie.

Pourquoi la franc-maçonnerie est-elle toujours entourée de tant de mystère et de secret ?

Il n’y a ni mystère ni secret. La franc-maçonnerie est discrète, jamais secrète. En fait, s’il était secret, le GODF n’aurait pas de quartier général ouvert, entre autres. Les francs-maçons sont des libres penseurs, nous rejetons les dogmes… et cela déplait souvent à ceux qui détiennent le pouvoir. Historiquement, il en a toujours été ainsi, en particulier dans les régimes dictatoriaux. Mussolini, Hitler, Pétain, Franco, l’Union soviétique et bien d’autres ont vu un danger dans la maçonnerie car elle représente une véritable école de citoyens, dans laquelle on leur apprend à penser par soi-même, ou à comprendre qu’une différence, loin de nous gêner enrichit. Le chemin maçonnique est initiatique, nous venons des bâtisseurs de cathédrales, de ceux qui ont fait du savoir un trésor et c’est pourquoi pour nous, culture et savoir sont fondamentaux, sans distinction de race, de sexe,

Nous passons notre vie à acquérir des connaissances et à nous améliorer en tant qu’être humain parce que nous aspirons à une société dans laquelle l’être humain est lui-même et, évidemment, nous diffusons ces valeurs. Est-il vraiment possible que quelqu’un ne soit pas d’accord avec les principes du GODF, auxquels j’ai fait allusion plus tôt ? Quelqu’un qui défend des positions démocratiques peut-il prendre position contre la liberté, l’égalité ou la fraternité ? Est-ce mystérieux de défendre ces termes?La réponse est si évidente…

  • On dit aussi que la franc-maçonnerie est élitiste ?

-Pas du tout; Les femmes et les hommes qui composent nos loges ont des origines sociales très diverses et toutes les professions sont représentées ; on ne peut le concevoir autrement. La franc-maçonnerie n’accorde aucune importance à leurs métiers respectifs mais seulement aux sentiments sociaux qu’ils nourrissent. Si quelque chose n’est pas élitiste, c’est la franc-maçonnerie.

elle est aussi stigmatisée comme sectaire…

– Cela n’a aucun sens parce que nous sommes à l’opposé. Dans une secte, il est très, très facile d’entrer et extrêmement difficile d’en sortir, quand ce n’est pas impossible. En Franc-Maçonnerie, il est difficile d’entrer, car la personne qui manifeste son intérêt à entrer est soumise à plusieurs entretiens et à un long processus pour, enfin, être soumise au vote de tous les membres de la Loge pour son admission. Au contraire, partir est aussi simple que de franchir la porte. Sans plus. Nous sommes un pari pour la liberté, pas pour les barreaux.

Un pari pour la liberté, dans quel sens ?

  • Le Grand Orient de France se soucie de ce qui se passe dans la société, mais jamais de manière partisane. Qu’il s’agisse de choix politiques ou de convictions religieuses, la liberté de conscience est essentielle. La franc-maçonnerie a vocation à réunir des hommes et des femmes d’opinions différentes et toutes les sensibilités sont ici représentées, sauf celles qui se positionnent contre la Déclaration universelle des droits de l’homme ou en faveur de la haine ou de la xénophobie.

Si vous deviez résumer la Franc-Maçonnerie… ?

  • Sans hésiter, je le ferais avec l’article premier de notre Constitution : « La franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressiste, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité. Ses principes sont la tolérance mutuelle, le respect d’autrui et de soi-même et la liberté absolue de conscience. Considérant que les conceptions métaphysiques sont du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de leurs membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle attache une importance fondamentale à la laïcité ». Il n’y a pas de meilleure façon d’exprimer ce que nous sommes et ce à quoi nous aspirons.

L’article intégral en espagnol

ITALIE : « LES MYTHES FONDATEURS DE LA FRANC-MAÇONNERIE » (Entretien avec les professeurs Nicolai et Pruneti)

De notre confrère italien L’OPINION DES LIBERTÉS – Interview de Pierpaola Meledandri

Professeur Maria Concetta Nicolai (*) , qu’est-ce que le groupe d’étude « Ninnia Primilla » et pourquoi porte-t-il ce nom ?

La Ninnia Primilla est en fait une loge appartenant à l’ Ordre maçonnique Traditionnel Italien, composée uniquement de sœurs qui se présentent au monde profane comme un groupe d’étude de la condition féminine dans les mythes et la culture classique. Il tire son nom d’une pierre tombale d’une jeune prêtresse de Cérès qui vécut dans les Abruzzes à la fin du IIe siècle av.

Professeur Nicolai, que la franc-maçonnerie doit-elle à la composante mythologique ?

Si ce n’est toute la structure, du moins la philosophie qui la soutient. Après tout, la Franc – Maçonnerie , après avoir réuni, comme dans un grand récipient, les mythes que l’humanité a produits à diverses époques et cultures, et après les avoir traduits dans le langage symbolique universel, a inventé un immense théâtre de l’imaginaire, où l’initié, dans son hic et nunc très personnel et irremplaçable, est le héros, protagoniste de toutes les histoires qui y sont représentées. En réalité, chaque situation est une navigation avec le navire des Argonautes à la conquête de la Toison d’Or .

Professeur Nicolai, parmi les divers mythes maçonniques, lequel trouvez-vous le plus actuel et le plus fascinant ?

Celui qui est peut-être le moins visible, tant il est caché par la lumière de l’étoile pythagoricienne et l’allégorie de l’homme de Vitruve. Je parle de l’homo faber qui « a la beauté de l’imagination, ajoute la force de l’intellect » un archétype qui accompagne l’évolution humaine depuis ses débuts. Le passage de la Perpendiculaire au Niveau, qui symbolise l’élévation au rang de compagnon a, signifie projeter l’œuvre de la dimension sensible de la technè, à la dimension métaphysique du sacré qui caractérise la création. En un mot, parmi tous les rituels, celui que je préfère, est celui de compagnon avec ses codes et ses enseignements. D’ailleurs, Gilbert Durand se pose comme le premier mythe fondateur de la franc-maçonnerie celui de la reconstruction permanente du Temple .

Professeur Nicolai, les mythes maçonniques correspondent-ils à des archétypes et si oui lesquels ?

Les mythes sont nés précisément pour répondre aux archétypes que l’homme a en lui, et ils le font très bien depuis de nombreux siècles. Si je devais dire quels mythes répondent directement aux archétypes de l’homme occidental, alors je dois avoir recours aux mythes préhelléniques, annoncés dans les hymnes orphiques et dans la Théogonie d’Hésiode, comme Phánēs, le premier né de l’œuf cosmique et Gaïa qui engendre seule ses fils.

Professeur Nicolai, quelle lecture anthropologique Durand propose-t-il du célèbre mythe de l’architecte Hiram ?

Celui de la mort injuste. Et en ce sens, toujours selon Durand, plus qu’à celui d’Osiris ou des nombreuses divinités mortes et ressuscitées, ou enfin de Jacques de Molay évoquée par la vulgate maçonnique, les très catholiques Jacobites, qui dans la première moitié du XVIIIe siècle en ont fait l’élément central du rite écossais ancien et accepté , en s’inspirant directement de celle du Christ .

Professeur Nicolai, quel rapport existe-t-il entre mythe et symbolisme ?

Le symbole est le langage iconique et universel du mythe. La relation est née de la primauté absolue du mythe sur le symbole. A titre d’exemple, les nombreux symboles du travail qui ont traversé l’anthropologie politique du XIXe siècle n’auraient pas eu la même valeur universelle, s’ils n’étaient tous issus du mythe de l’homo faber, en premier lieu de celui de Prométhée pour nous Occidentaux. .

Professeur Nicolai, selon vous, égalité et hiérarchie peuvent-elles cohabiter ?

A condition que les notions d’égalité et de hiérarchie soient bien comprises. L’égalité n’est pas une homologation horizontale, dépourvue de toute identité individuelle, et la hiérarchie n’est pas une position de pouvoir, mais la première est la valeur universelle de l’humanité et la seconde indique les étapes d’un cheminement personnel au sein d’une certaine communauté qui le reconnaît et le partage.

Professeur Luigi Pruneti, pourquoi avoir donné à votre préface un titre très original : « Durand et le chaman » ?

Car la conception de Durand de la franc-maçonnerie me rappelle un peu la conception cosmologique chamanique de l’univers : un pilier central, un poteau, un arbre qui soutient la création. Pour Durand, cette épine dorsale est le mythe. De plus, les chamanes croient que, grâce à un soutien central, ils sont autorisés à visiter les trois royaumes. De même Durand, à travers le mythe, explore toute la planète maçonnique. Les chamanes utilisent le tambour pour voler, Durand, l’anthropologie et sociologie culturelle.

Professeur Pruneti, Durand et Guénon, deux noms célèbres, deux auteurs importants pour la Franc-Maçonnerie. Qu’est-ce qui les unit et qu’est-ce qui les sépare ?

Tous deux sont des traditionalistes qui dénoncent la décadence de l’Occident, souffrant de dérives en tous genres et de perte d’identité, alors entre la conception traditionnelle de Guénon et celle religieuse de Durand, il y a certaines différences.

Professeur Pruneti, dans votre préface vous déclarez être en désaccord avec Durand sur l’interprétation de la franc-maçonnerie. Vous avez écrit, en effet : « La franc-maçonnerie n’est pas seulement celle mythologie et sacrée de Durand, mais aussi l’«acide », rationaliste et valorisant avec une empreinte des Lumières et positiviste. Quelle est votre conception de la Franc-Maçonnerie « qui vous permet de comprendre le présent et de regarder vers l’avenir, sans oublier le passé » ?

Durand a une conception monolithique de la franc-maçonnerie, mythologique et sacrée, il en exclut la version rationaliste, « froide », fille des Lumières et du positivisme. Cette dernière, en revanche, est une maçonnerie libre à part entière ; une vision n’exclut pas l’autre. La franc-maçonnerie est d’abord confrontation, coexistence des diversités, dans une vision dynamique du devenir de l’homme et de la société.

Les mythes fondateurs de la Franc-Maçonnerie Gilbert Durand, organisé par le Groupe d’ étude  » Ninnia Primilla  » , Introduction par Maria Concetta Nicolai, préface de Luigi Pruneti, – Mimesis Édition / La Flûte enchantée , 177 pages , 18 euros.

(*) Après avoir obtenu une licence en lettres classiques, puis une spécialisation en histoire des religions , obtenue à l’ Institut d’études supérieures du Tessin (Lugano 1971-1973) et spécialisation en anthropologie culturelle des sociétés complexes , (Université Sapienza, avec Tullio Tentori 1989 ) elle s’est consacrée à l’enseignement, à la recherche et à l’édition, en tant que rédactrice en chef de Rivista D’Abruzzo et directrice éditoriale de la maison d’édition Menabò. elle a à son actif de nombreuses publications relatives à l’anthropologie religieuse ( cent cinquante fêtes antiques, pain des hommes, pain de Dieu, un saint pour chaque clocher, etc.). Parmi ses dernières œuvres se trouve la première traduction italienne et le commentaire de « Les mythes fondateurs de la Franc-maçonnerie » (Éditions Dervy, Paris 2002) de Gilbert Durand et parmi celles en préparation Le rôle des femmes dans le contexte des religions ésotériques du monde antique.

Comment devenir célèbre ?

Être célèbre n’est pas difficile ; ce qui est difficile, c’est de le rester. Il n’y a que les génies qui y parviennent, mais tous les génies sont morts et je ne vais tout de même pas me singulariser — se disait-il résigné.

Oui, il savait qu’il ne se singulariserait pas, mais ce qui lui manquait c’était, malheureusement, le génie. De temps en temps il avait le sentiment qu’il lui chatouillait l’intelligence, mais il s’échappait presque aussitôt dans la médiocrité des jours. Ah, s’il pouvait l’avoir là, bien à lui, en lui, la renommée serait assurée. La postérité défie la mort et change une vie en destin. Mais comment diable l’acquérir, ou le conquérir, être reconnu enfin pour ce qu’il était dans son for intérieur, un génie ?

Cette question le taraudait, il n’en dormait plus. Un héros, se disait-il, c’est un moment d’audace, souvent insensée, un coup de folie, ça dure peu, le temps d’une bataille, de sauver un enfant du feu ou de la noyade, mais, au bout du compte, ça fait quelques lignes dans le journal et encore quand il y a un journaliste, et après l’histoire l’efface aussitôt, mais le génie, ah le génie !, c’est raffiné, c’est le prix d’excellence de l’au-delà, c’est ça oui, ça tutoie l’éternité… Et il en avait des rêves plein les cils.

Une nuit d’insomnie, lui revint en mémoire un roman dont il avait oublié l’auteur. Le héros du livre venait de prendre sa retraite. Quelle vie avait été la sienne ! Il pouvait en être fier. Que de souvenirs, d’expériences, de voyages, elle avait été riche sa vie, surtout quand il la comparait à celle des autres — les autres je n’en dirai rien, mais tout de même… D’ailleurs, comme il allait avoir, désormais, du temps pour lui, la retraite c’est fait pour ça, il allait le mettre à profit pour écrire ses mémoires. Quelle excellente idée, il en était tout émoustillé ! Aussitôt dit aussitôt fait, après les préparatifs indispensables le voilà assis devant sa machine à écrire, insérant religieusement la feuille de papier et tapant ses premiers mots en y mettant tout un cérémonial d’onction et de défi. Très vite, la passion de l’écriture le saisit. Ces mémoires seraient l’œuvre de sa vie. Elles le rendraient aussi immortel que Saint-Simon, Chateaubriand ou Casanova. Et il écrivait, écrivait, exalté, fiévreux, prenant à peine de temps de manger, ah ! c’était merveilleux, tout remontait à la surface, et comme il changeait le nom des gens qu’il avait côtoyés (on n’est jamais à l’abri d’une coquetterie d’auteur), sa mémoire pouvait se concentrer sur les tranches de vie qui revenaient avec fluidité. Ses jours passaient à une vitesse folle et ses nuits étaient au service du récit. Au bout de quelques petits mois de ce travail acharné, il se rendit compte qu’il en était arrivé au point actuel, celui où il se décrivait lui-même, face à sa machine, en train de rédiger ses mémoires. Il compta les pages qu’il avait écrites. Un peu plus de quatre-vingts… À peine… Ce n’était donc que ça, une vie ? Le désespoir remplit tout soudain le grand vide intérieur laissé par cette terrible découverte. Abattu, désemparé, il regardait d’un œil éteint sa feuille à moitié écrite, qui pendait de la machine comme une déchéance. Soudain lui vint l’idée de génie qui l’illumina d’un coup. Ça y est ! Il allait écrire ses mémoires du lendemain. Et tout ragaillardi, le cœur léger, il se mit à taper enthousiasmé ce qu’il n’avait pas (encore ?) vécu.

Voilà une façon superbe d’entrer dans la légende, se disait-il. Mais le hic, c’est que sa propre vie, tout bien considéré, n’avait pas été extraordinaire, tant s’en faut, et qu’il n’avait pas grand-chose à écrire. « Ah ! que la Vie est quotidienne », s’exclamait Jules Laforgue. Et en plus, écrire demande du talent, même si de nos jours, quand on voit le nombre de bouquins qui sortent tous les ans… Le mieux serait d’entrer directement dans le vif du sujet et d’écrire mes mémoires de l’au-delà. Car finalement, le véritable héros c’est celui qui transforme un instant en éternité. Ah, si je parvenais à dépasser le présent, j’entrerais dans la légende ! Pour ça, il faut fabriquer le hasard et lui donner ma dimension, toute ma dimension légendaire. Et il regardait d’un air apitoyé les gens qu’il croisait, les dévisageant pour détecter leur génie, mais ils avaient le nez collé sur l’écran de leur téléphone, un casque sur les oreilles, et ils passaient hagards, soumis, esclaves sans perspective, bien mauvais augure pour leur destinée…

En baguenaudant, il longea un vieux cimetière de centre-ville. Il y entra. J’y serai au calme pour réfléchir. C’était le cas. Des oiseaux pépiaient, des fleurs poussaient entre les tombes contrastant avec les bouquets fanés laissés par les vivants. Machinalement, il lisait les inscriptions sur les pierres tombales. C’était d’un pauvre ! Pas la moindre trace d’humour ni d’humanité. Rien que des larmoiements d’une banalité affligeante. Il se souvenait d’une épitaphe qui l’avait marqué : « Je vous avais bien dit que j’étais malade » ! Il en riait encore quand il sortit du cimetière et se retrouva dans un quartier qu’il ne connaissait pas. Tout en marchant dans son rêve, il tomba sur un bouquiniste. Probablement inspiré par la proximité des lieux, il proposait, entre autres, un ouvrage sur des épitaphes célèbres. Une l’amusa de nouveau : « Paix à mes cendres : ne pas éternuer ! » une autre l’interpella personnellement : « On peut s’éteindre sans avoir été une lumière »… Mais une autre l’enchanta :

« De l’Empereur Hadrien pour lui-même.

Petite âme, insaisissable et caressante,

hôte et compagne de mon corps,

en quels lieux vas-tu t’en aller,

pâlotte, tendue, toute nue

où, contrairement à ton habitude, tu ne pourras plus plaisanter ? »

Finalement, se dit-il, il me faut écrire une épitaphe… définitive, une épitaphe qui m’ouvrira les portes de la célébrité et fera de moi un génie posthume. Mais comme on ne devient posthume qu’en ayant été anthume, je vais écrire une maxime et la faire graver sur ma pierre tombale. J’y mettrai la frustration de ne pas avoir été reconnu à ma juste grandeur, mais je le ferai de façon élégante, avec humour, afin d’accrocher le regard des passants. Il s’attela à la tâche et inscrivit sur un carnet douze épitaphes, au fil des inspirations. La bonne ferait certainement de lui un héros. Les voici :

  • Mourir fait un peu mal sur le coup, mais après, on ne s’en souvient plus.
  • Quand je ressusciterai, je me demande si on me réclamera l’impôt sur le revenu.
  • C’est chez moi : Inutile de frapper avant d’entrer.
  • On ne devient pas un mort sans y mettre du sien.
  • Ce sommeil me fatigue terriblement.
  • Je ne sais pas si je vais m’en sortir de celle-là.
  • Ça commence à devenir long. Vous n’auriez pas un raccourci ?
  • Mon amour, si tu me cherches, je suis où tu m’avais laissé la dernière fois.
  • Quand vous mourrez, ouvrez l’oeil ! Prenez garde de ne pas tomber dans un trou.
  • Le sceptique est dans la fosse.
  • Ici gît un époux marié sous le régime de la concession à perpétuité.
  • Le gros avantage d’être mort, c’est qu’on ne manque de rien. Pensez-y !

Laquelle auriez-vous choisie, vous ?

*          *          *

La Chaîne d’Union – « Loge maçonnique : Trois la dirigent »

La Chaîne d’Union

Collectif

Conform édition, 2021, N° 97, 96 pages, 15 €

La Chaîne d’Union est la revue trimestrielle d’études maçonniques, philosophiques et symboliques du Grand Orient de France. Une revue entièrement vouée à la réflexion maçonnique et créée en 1864 à Londres par des francs-maçons français exilés, fuyant le régime autoritaire de Napoléon III.

Au sommaire du dossier de ce numéro de juillet, nous trouvons le traditionnel « Matières à débat », le « Dossier » intitulé « Loge maçonnique : Trois la dirigent », « Études et recherches, ainsi que les « Notes de lecture ».

Au sommaire : Le dossier de ce numéro est consacré à « Qu’est-ce que le secret maçonnique ? ».

Rappelons que le prix de vente inclut le port de la revue.

Le dossier inaugure-t-il une série qui pourrait s’intituler « 3 la dirigent, 5 l’éclairent et 7 la rendent juste et parfaite » ?

Ce dossier va nous offrir un éclairage sur une partie de nos rituels qui disent :

« Q : Où avez-vous été reçu Maçon ?

R : Dans une loge juste et parfaite.

Q : Que faut-il pour qu’une loge soit juste et parfaite ?

R : Trois la dirigent, cinq l’éclairent et sept la rendent juste et parfaite.

Q : Expliquez cette réponse.

R : Les trois sont le Vénérable Maître et les deux Surveillants… »

Au sommaire :

ÉDITORIAL

Jacques Garat

MATIÈRE À DÉBATS

L’art ésotérique et les racines spirituelles de l’humanité (Pierre Mollier)

Jazz et spiritualité (Naudot Taskin)

Rassembler ce qui est épars (Naudot Taskin)

D’une guerre à l’autre…Entre République école et Maçonnerie (Estelle Prouhet)

DOSSIER : LOGE MAÇONNIQUE : TROIS LA DIRIGENT

– Trois Grands Maîtres (Roger Dachez)

– De la triangulation symbolique en franc-maçonnerie (Daniel Comino)

– « Le miroir de la Sagesse » de David Rosenberg (Pierre Mollier)

– « Trois la dirigent » (Henri Krys)

– Le Vénérable Maître en chaire (Marc Fiszman)

– Un tandem indissociable : les deux Surveillants de la loge (Irène Mainguy)

ESSENTIELLEMENT PHILOSOPHIQUE « Préparer la concorde universelle » : idée mobilisatrice ou mythe ? (Pierre Rabaté)

ÉTUDES ET RECHERCHES

Quelques aspects d’un ésotérisme musical

II. Des chiffres et des lettres (Naudot Taskin)

NOTES DE LECTURE

Philippe Foussier

Yonnel Ghernaouti

À retrouver sur : https://bit.ly/36IX1EY