Par définition, la raison est la faculté qui permet à tout être humain de réfléchir, d’analyser, de se faire des opinions, de distinguer le vrai du faux, etc. D’une manière générale, c’est cette faculté qui nous permet de penser d’une manière cohérente, de communiquer sciemment avec autrui, et d’agir en connaissance de cause.
Tout individu qui en est privé suite à des désordres mentaux devient incapable de mener une vie autonome et responsable. Tel est malheureusement le cas des personnes dont on dit qu’elles « ont perdu la raison » ; on les place généralement dans des structures d’accueil adaptées à leur état, afin de les empêcher de se nuire à elles-mêmes comme à autrui.
Raison et raisonnement
La raison est indissociable d’une autre faculté qu’elle utilise pour s’exprimer sur le plan objectif : le raisonnement. Mais comme cela est expliqué dans les enseignements de l’A.M.O.R.C., celui-ci opère à travers trois processus complémentaires : déductif, inductif et syllogistique. Que nous en ayons conscience ou non, nous utilisons chaque jour ces trois formes de raisonnement pour interpréter ce que nous voyons, entendons, touchons, etc., pour résoudre les problèmes qui se posent à nous dans la vie quotidienne, pour comprendre les informations multiples qui nous parviennent continuellement, pour anticiper l’avenir ou imaginer ce qu’il pourrait être… Raisonner est donc le propre de la raison et constitue sa fonction première.
Précédemment, j’ai précisé que l’on pouvait être privé de la raison suite à des désordres mentaux. Cela étant, des personnes « saines de corps et d’esprit » sont susceptibles également de la perdre momentanément. Ce peut être sous l’effet de l’alcool, de la drogue, de médicaments, d’un stress excessif, d’un choc émotionnel intense… Ce peut être aussi sous l’effet d’une manipulation mentale. Tel est le cas de certains adeptes de sectes avérées, qui donnent alors le sentiment de ne plus penser par eux-mêmes et d’avoir perdu tout esprit critique. Dans une moindre mesure, il en est ainsi également des membres les plus dogmatiques de certains partis politiques, qui semblent eux aussi endoctrinés et incapables de prendre du recul sur le plan idéologique.
Le bon sens
Nombre de philosophes ont exalté la raison et en ont fait la faculté la plus fiable et la plus utile. Certes, son usage est indispensable pour mener une vie équilibrée, constructive et responsable, mais encore faut-il qu’elle soit raisonnable et pas trop raisonnante. En effet, ne jurer que par elle, comme ont tendance à le faire les rationalistes “purs et durs”, ne me semble pas être une bonne chose. Ainsi que le prouve l’expérience, nos différentes formes de raisonnement sont faillibles et nous induisent souvent en erreur. Il arrive même aux plus grands penseurs et aux plus grands scientifiques de se tromper dans leurs domaines respectifs. J’ajouterai que si la raison était la panacée pour être toujours dans la vérité, il n’y aurait pas autant d’avis contradictoires sur autant de sujets. Combien de personnes ayant affirmé qu’elles avaient raison à propos de tel point avaient pourtant tort ?
Pour que la raison soit à la fois un bon guide et un bon protecteur, elle doit s’appuyer sur un bon raisonnement, un bon esprit critique et ce que l’on appelle communément le « bon sens ». Il faut aussi qu’elle intègre deux vertus essentielles : l’humilité et la tolérance. Cela suppose d’avoir toujours conscience que nous sommes imparfaits, que nous ne détenons pas la vérité, et que nous sommes sujets à l’erreur. C’est en ayant cela à l’esprit que nous devons en faire usage au quotidien. De surcroît, l’idéal, me semble-t-il, est de la mettre au service de nobles idéaux, ce qui fit dire à Francis Bacon, éminent Rose-Croix du XVIe siècle : « Peu utilisent le don divin de la raison dans l’intérêt de l’humanité. »
L’écrivaine dénonce la perception que certains africains ont de cette loge qui dans le fond n’aide pas le continent berceau de l’humanité. Dans une récente sortie ce mardi 13 juillet 2021, l’écrivaine Calixthe Beyala, fait une étude comparative entre la loge maçonnique en Afrique et en Occident. Pour elle, en occident, la loge contribue à bâtir des villes et par ricochet bataille pour la bonne organisation de la société.
« L’Afrique et ses loges maçonniques à la noix. Les maçons en Occident bâtissent leur pays, construisent des cathédrales, veillent au bon fonctionnement de la société, en améliorent les règles, proposent des lois avant-gardistes pour le bien de tous »
a publié l’écrivaine, qui pensent comparativement que les maçons africains ne contribuent en rien au développement de notre continent.
Les maçons font des rites
« En Afrique, les maçons ne bâtissent rien : ils détruisent. Ils détruisent les sociétés originelles sans proposer d’alternative ; ils construisent des écoles poubelles et des entreprises qui maltraitent leurs employés. Ils obligent des jeunes à poser des actes honteux pour leur donner le moindre job… En Afrique, les maçons confisquent les pays. Le pouvoir économique, politique et le tout à l’avenant sans se soucier du bien-être des populations »,
ajoute l’auteure de « l’homme qui m’offrait le ciel ».
« En réalité, la maçonnerie africaine est constituée de crapules dont le seul but est de s’enrichir, de dominer les populations, de les affamer, de les réduire en esclavage, presque. En Afrique, les maçons font des rites, des rites de sorcellerie qui n’ont rien à voir avec ce qui se pratique en Europe. Les maçons en Afrique sont dans une secte qui n’a de la franc-maçonnerie que le noble nom »
La police politique a interrogé le chef de la Grande Loge de Cuba. Le franc-maçon José Ramón Viñas Alonso, grand secrétaire général du Conseil suprême de l’île, a fait l’objet d’une garde à vue pendant plusieurs heures, après avoir publié une lettre adressée à Miguel Díaz-Canel dénonçant la répression brutale de la semaine dernière contre les manifestants.
José Ramón Viñas Alonso, grand secrétaire général du Conseil suprême du 33e degré de la franc-maçonnerie à Cuba, a été interrogé vendredi dernier pendant plusieurs heures par trois agents de la police politique de la dictature de Castro dans une unité de la police nationale révolutionnaire de la municipalité de la Plaza de la Revolución, à La Havane.
L’interrogatoire était une réaction du régime cubain à la sévère lettre du Conseil suprême maçonnique de Cuba qui portait la signature de Viñas Alonso et qui était adressée au dictateur Miguel Díaz Canel. Dans la lettre, José Ramón Viñas Alonso condamne les arrestations et les violences contre « des manifestants pacifiques et des citoyens qui s’opposent au système ».
En outre, il constate que l’explosion sociale sur l’île « montre le mécontentement manifeste dans lequel vit le pays » et accuse la dictature de recourir aux excuses habituelles en pointant comme responsables de la crise des « raisons externes sans reconnaître la responsabilité et l’inefficacité » du régime lui-même.
Comme le révèle CubaNet, les agents des forces cubaines « ont rmis en cause la position de la franc-maçonnerie face aux protestations et lui ont suggéré d’écrire une lettre « sur le vaccin et d’autres réalisations ».
« J’ai proposé une invitation au Conseil suprême, je leur ai dit qu’on serait trois pour trois dans une véritable égalité », a révélé Viñas Alonso après l’interrogatoire intimidant. En sortant, il a connu l’une des « plus grandes joies » de sa vie lorsqu’il a rencontré plusieurs frères maçons qui l’attendaient à la porte de l’unité de police au mépris du couvre-feu. « J’ai ressenti une fierté maçonnique », a-t-il assuré.
La position du Conseil suprême de la franc-maçonnerie est intervenue après une déclaration de la Grande Loge de Cuba qui a jugé comme « préoccupante l’utilisation excessive de la force par les responsables de l’ordre ». « Aujourd’hui, nous voyons avec tristesse qu’une réaction qui venait du mécontentement et des carences parmi la population, s’est matérialisée en manifestations dans tout le pays », a déclaré la Grande Loge et a défini comme « inacceptable l’appel à une confrontation entre Cubains ».
Les maçons ont également déclaré qu’ils étaient « du côté du peuple cubain » et ont plaidé « pour la paix, l’harmonie et la justice sociale ». « Nous demandons instamment que la tolérance, la recherche de la vérité et l’amour fraternel soient la devise qui prévaut dans toutes les circonstances. »
Selon le média cubain 14yMedio du blogueur dissident Yoani Sánchez, les francs-maçons ont eu une importante présence dans l’histoire cubaine, notamment dans les luttes pour l’indépendance. La plupart des héros étaient francs-maçons , comme Máximo Gómez et Antonio Maceo. Même le statut de franc-maçon de José Martí, mis en doute pendant des décennies, a finalement été confirmé.
Mais avec les ans et l’arrivée de la dictature castriste, le rôle politique des francs-maçons a considérablement diminué. À l’heure actuelle, on estime qu’il y a un peu plus de 27 000 maçons répartis dans 320 loges à travers l’île.
L’interrogatoire du responsable franc-maçon s’ajoute à une vague d’arrestations et de persécutions de la dictature cubaine en raison des manifestations historiques et spontanées qui ont eu lieu dans toute l’île le 11 juillet dernier.
Jusqu’à présent, les organisations de défense des droits humains et les mouvements dissidents ont réussi à définir 382 arrestations depuis dimanche dernier et 28 disparus. Les arrestations ont été effectuées par les forces du régime, pour la plupart des agents en civil, qui ont commencé leurs descentes après que le dictateur Miguel Díaz Canel ait appelé les « révolutionnaires communistes » à sortir pour combattre ceux qui protestaient, dans un acte de désespoir et d’impunité qui l’a placé sous les projecteurs de l’actualité mondiale.
Parallèlement aux arrestations, la dictature contrôlait les données des réseaux mobiles : sans accès aux réseaux sociaux, les manifestants ne pouvaient ni être informés par les autres manifestations, ni diffuser ce qui s’y passait.
Comme pour les francs-maçons, Díaz-Canel s’est aussi tourné vers la presse : il a tenté de faire taire les correspondants, ses forces de choc ont tabassé un photographe de l’agence AP et ont même arrêté en direct une influenceuse au moment où elle donnait une interview à la TV espagnole.
Mais, malgré les violences répressives, et contrairement aux marches précédentes – comme celles des Dames en blanc (groupe de mères et épouses de prisonniers politiques) et du Mouvement de San Isidro (artistes qui revendiquent la liberté d’expression) – ces manifestations s’étendent partout. Les Cubains sont donc allés au delà de leur peur.
absDe notre confrère portugais publico.pt – par Maria Lopes
Les députés approuvent l’obligation pour les hommes politiques de déclarer leur appartenance à des associations telles que la franc-maçonnerie ou l’Opus Dei. Le parti social démocrate portugais reformule la proposition visant à contourner l’inconstitutionnalité de cette obligation et prévoit que les informations ne pourront être consultées que dans les locaux de la Cour constitutionnelle ou de la future entité de la transparence.
Si la Cour constitutionnelle n’intervient pas, les hommes politiques et hauts fonctionnaires devront même déclarer leur « appartenance, participation ou exercice de toutes fonctions dans toutes entités associatives » exercées au cours des trois années précédant leur entrée en fonction ou qu’ils exercent cumulativement avec le mandat. La proposition PSD a été approuvée ce mercredi après-midi par les députés de la Commission de la transparence et du statut des députés et couvrira ceux qui appartiennent aux entités de la franc-maçonnerie ou de l’Opus Dei , mais aussi tout ce qui est une association ou un club sportif. Seul le Parti Socialiste a voté contre (il considére toujours le projet inconstitutionnel) – PSD, Bloc de gauche, Parti Communiste Portugais, CDS-PP (centre droite) et PAN (parti animaliste) ont voté pour.
La proposition du PSD, qui avait déjà été présentée pour rendre obligatoire une revendication PAN , mais qui la proposait comme facultative, a cependant été modifiée il y a quelques jours pour tenter de contourner les incertitudes constitutionnelless soulevées par les organismes consultés mais aussi par diverses partis politiques. A cet effet, les sociaux-démocrates ont ajouté que cette déclaration n’est obligatoire qu’à condition qu' »elle ne soit pas de nature à révéler des données protégées par la Constitution telles que celles relatives à la santé, à l’orientation sexuelle, à l’appartenance syndicale ou aux convictions religieuses ou politiques, auquel cas une telle mention est simplement facultatif ».
Les députés ont également approuvé la règle transitoire sur l’entrée en vigueur de ce nouveau régime, qui résulte d’une proposition du PAN et qui prévoit que le nouveau régime s’appliquera cinq jours après la publication de la loi dans le Journal officiel de la République (s’il passe le contrôle du Président de la République) pour les postes qui débutent ou renouvellent le mandat. Ce qui, en pratique, signifiera que l’Assemblée de la République, par exemple, pourra avoir des députés couverts par un régime plus restrictif : les députés qui prendront la relève après l’entrée en vigueur de la loi devront faire cette déclaration, à tandis que les autres qui ont assumé le mandat à partir de 2019 n’ont pas à le faire. Il en sera de même lors d’un remaniement gouvernemental, par exemple.
Cette déclaration sera identique à celle que doivent faire les politiques — des maires au Président de la République — et les hautes fonctionnaires publics à la Cour constitutionnelle (et cela passera à moyen terme à la future Entité de la Transparence ), où un registre des intérêts ainsi que des revenus et patrimoine est déjà existant.
Actuellement les participations dans des entreprises doivent déjà être déclarés : les données sur les activités professionnelles, les fonctions publiques, privées et sociales et autres fonctions exercées au cours des trois années précédant l’entrée dans le nouveau poste et celles qui demeureront cumulées ; des informations indiquant s’il s’agissait de fonctions rémunérées ou non rémunérées et si la personne reçoit un « soutien ou un avantage » pour mener à bien les activités ; une description des autres services fournis ; et ils reçoivent également (la personne ou son conjoint ou toute entreprise dans laquelle ils ont une part) des subventions ou un soutien financier.
Au cours de son cheminement, la proposition initiale du PAN pour la déclaration facultative d’appartenance à des sociétés secrètes ou discrètes, a été reprise par le PSD. Et au passage, il y a eu aussi la proposition d’amendement du PCP (avec les votes contre du PS, PSD, BE et CDS et le PAN s’abstenant) qui prévoyait que cette déclaration d’appartenance à des associations à caractère associatif resterait réservée et accessible uniquement « aux fins de constater la responsabilité pénale, civile ou disciplinaire ou pour l’application des règles prévues par le statut des députés et par le régime d’exercice des fonctions des titulaires de mandats politiques et de hautes fonctions publiques ». Cependant, il prévoyait également que le titulaire pouvait déclarer s’il souhaitait que ces informations soient librement accessibles.
La franc-maçonnerie « continue de promouvoir et d’œuvrer pour une culture de liberté, de tolérance et de fraternité », a déclaré le Grand Maître José Garchitorena.Le président actuel, Lacalle Pou a participé à l’événement.
La Grande Loge de la Franc-Maçonnerie d’Uruguay a officialisé ce lundi lors d’une cérémonie publique pour son 165e anniversaire que l’ancien président Tabaré Vázquez était un frère. A travers une vidéo réunissant les principales figures de la Grande Loge, on y retrouvait l’ancien président uruguayen, décédé en décembre 2020. Les règles maçonniques établissent que son initiation ne peut être révélée qu’à sa mort.
Le président Luis Lacalle Pou était présent à cet événement,commémorant la fondation de la Franc-maçonnerie en Uruguay le 17 juillet 1856. La cérémonie se déroulait sous l’égide du Grand Maître, José Garchitorena , qui est également ministre de la Cour électorale. Le président a reçu une plaque et un stylo dans ce cas.
Soulignant les « institutions politiques solides, conformes à la loi et responsables de leurs actes », Garchitorena a appelé à « empêcher la polarisation, issue dans de nombreux cas de l’indignation et de l’impuissance, de finir par affaiblir l’expérience partagée de la citoyenneté et de remettre en cause les fondements mêmes de la légitimité du système démocratique. Bref, porter atteinte à la coexistence et à l’esprit démocratique « .
« Présents depuis l’époque coloniale, de nombreux francs-maçons ont été protagonistes du processus d’indépendance, ont contribué à l’établissement et à la construction de la République et ont contribué à forger l’identité nationale », a souligné Garchitorena dans son discours, devant le président et les hautes autorités gouvernementales.
Plusieurs anciens présidents de la République étaient francs-maçons. Ce jour-là, il a été officialisé l’appartenance du premier président de gauche uruguayen à la Grande Loge.
« La maçonnerie, qui a émergé telle que nous la connaissons, en Angleterre en 1717, mais fait remonter ses origines au XIVe siècle et ses traditions, mythes et légendes à des temps encore plus anciens, continue de promouvoir et d’œuvrer pour une culture de liberté, de tolérance et de fraternité, société de personnes libres et solidaires », a ajouté le Grand Maître, qui occupe ce poste depuis 2017.
Garchitorena a assuré observer avec « préoccupation comment la postmodernité repense des débats que nous considérions réglés, remettant en cause le sens, la portée et l’importance de concepts tels que la liberté individuelle, la tolérance, la liberté de penser et de s’exprimer, la démocratie, la laïcité et le sens de la communauté ».
Il a ajouté que ces questions « dans de nombreux cas, fondées sur le mépris de la raison et de l’esprit rationnel, conduisent à des propositions qui nous ramènent à la pré-modernité ».
« Nous qui croyons en la liberté comme pierre angulaire de l’existence, à l’égalité comme exigence du développement intégral des personnes et à la fraternité comme condition de coexistence, doivons participer et contribuer aux débats de la société mondialisée d’aujourd’hui », a ajouté Garchitorena, qui a souligné que « les États, interpellés par la société civile, les capitaux transnationaux et les organisations supranationales de la communauté internationale, n’ont pas fini de repenser leur rôle ».
Ses principes directeurs sont : la liberté, l’égalité, la fraternité, la tolérance et l’humanité. Comme dans de nombreux endroits dans le monde, les francs-maçons travaillent également à Traunstein. « Nous sommes une alliance éthique fondée sur les valeurs de l’inviolabilité de la dignité humaine », déclare Englbert Rottenmoser. Il est le Vénérable Maître de la Loge « To the Drey Huegeln an der Traun ».
La première Grande Loge de Francs-Maçons a été créée à Londres en 1717, suivie par la première en Allemagne en 1737 – à Hambourg. Les francs-maçons de Traunstein suivent également cette tradition, établie à l’époque. Le vendredi, ils célèbrent – comme on dit – le « Festival de la Fondation » : la fondation de la loge il y a 25 ans. La fête commence à 19 heures dans le club house de la Traunerstraße, le conférencier principal est le Dr. Bärbel Kofler, membre du Bundestag et commissaire du gouvernement fédéral à la politique des droits de l’homme et à l’aide humanitaire. La célébration est publique, tant qu’il y a des places disponibles, les visiteurs peuvent être invités.
Les racines du lodge de Traunstein remontent aux années 1990. Tout d’abord, les francs-maçons ont fondé une association en 1994. Avec « l’Allumage des feux », ils ont créé le lodge en 1995. Avec elle, ils ont comblé le fossé géographique qui séparait les communautés de Rosenheim, Salzbourg et Bad Reichenhall.
La loge comprend actuellement 40 francs-maçons. Ils se retrouvent dans un bâtiment à l’arrière de la Maximilians strasse. Ils ne révèlent pas qui vient aux Tenues ni de quoi ils discutent. Selon la tradition, ils veulent rester anonymes et ne pas être vus sur les cartes. Ils veulent rester à l’arrière-plan en tant que personnes. Ils préfèrent travailler pour les bonnes œuvres.
La liste des dons qu’ils ont utilisé à des fins caritatives au cours des 25 dernières années est longue. Les francs-maçons ont beaucoup fait – à petite comme à grande échelle. Par exemple, en 2014, ils ont offert une allocation de repas pour un écolier d’un montant de 40 euros. Et en 2020, ils ont remis 6 500 euros : 3 000 chacun au centre d’assistance civile du bureau de district de Traunstein et à l’association Vergissmeinnicht Chiemgau, ainsi que 500 euros pour l’organisation d’une excursion « accrobranches ». Au total, les francs-maçons ont fait des dons pour environ 33 000 euros au fil des ans – et ils souhaitent continuer à promouvoir des causes caritatives à l’avenir.
« Nous n’avons pas de structure d’enseignement dogmatique ni d’idéologie à laquelle les membres doivent adhérer«
explique Englbert Rottenmoser pour lui-même et sa famille. « Les francs-maçons ne se considèrent pas comme des missionnaires, mais chacun travaille pour lui-même sur sa propre personnalité et a ainsi un effet dans son environnement personnel et aussi par l’engagement social. »
Chaque franc-maçon est libre de penser et d’agir. Il est uniquement attaché aux principes directeurs humanistes de liberté, d’égalité, de fraternité, de tolérance et d’humanité. Alors que le « Maître de la Chaire » continue, ces principes d’action humaine ont grandi au siècle des Lumières dans la « lutte contre le trône et l’autel » – contre l’État et l’église – avec leur prétention à gouverner « par la grâce de Dieu ». Et selon Rottenmoser, ces idéaux n’ont rien perdu de leur pertinence à ce jour.
On pourrait penser que les principes directeurs des francs-maçons sont depuis longtemps devenus réalité car ils font partie de la Loi fondamentale, selon Rottenmoser. « Cependant, tout le monde sait que la réalité exige un travail constant pour mettre en pratique ces droits fondamentaux et les obligations associées. »
« Nous ressentons de l’insécurité, de l’insatisfaction et de la peur de perdre », déclare Rottenmoser. Dans cet environnement, les francs-maçons sont appelés à se poser des questions : des questions sur le rapport entre liberté et responsabilité, sur la plus grande participation possible des citoyens à la communauté et sur la conception contemporaine de l’Europe. Le « maître de la chaire » souligne : « Nous ne devons pas agir en cavaliers de principes avec une prétention absolue à la vérité.
Les francs-maçons ne doivent pas se laisser « perturber par des opinions bruyantes », mais doivent être guidés par la demande d’Emmanuel Kant : « Osez savoir ! Ayez le courage d’utiliser votre propre intelligence ». Rottenmoser : « Chacun doit se débarrasser de l’esclavage intérieur des préjugés et se défendre contre le paternalisme, d’où qu’il soit. Cela inclut le courage et la confiance en votre propre force et votre capacité à penser. »
De notre confrère espagnol lne.es (La Nueva Espana) – Journaliste Saul Fernández
« Dans le monde du rock, chaque fois que le diable est de la partie, le groupe vend plus de disques ». « Mozart était un franc-maçon et une grande partie de sa musique est conditionnée par son appartenance à la franc-maçonnerie »
Le musicien madrilène Luis Antonio Muñoz (1971) a publié l’année dernière « Histoire occulte de la musique » (La sphère des livres). Il s’agit d’une étude historique des adorateurs du malin, maçons ou « Illuminati », tous ceux qui se sont attelés à étudier le côté le plus obscur de la musique. Lors de la venue de Luis Antonio Muñoz, au Festival Celsius 232 de littérature fantastique, de science-fiction et d’horreur, il a évoqué la présence du mal dans les partitions.
LES RELATIONS :
Templiers, Francs-maçons et les livrets musicaux
Pour certains, la musique du Diable est celle qui résonne lorsque vous mettez le disque à l’envers.
Pourtant, presque toutes les images que nous avons du Diable en musique viennent du monde du rock. Les motivations viennent des origines. Pour être très schématique, dans le monde du rock, mentionner le Démon est vendeur. Chaque fois que le diable est impliqué, le groupe vend plus de disques.
Les majestés sataniques. (les groupes les plus célèbres)
L’exemple type est représenté par les Rolling stones. Un Démon qui crée une esthétique à la fois sur les pochettes des albums et sur le contenu lui-même.
Parlons du « Heavy Metal ».
Autre exemple « Black Sabbath ». Leur premier album est très lugubre et ouvre une porte vers le Malin. Ce qui se passe, c’est que les gens restent dans le monde du rock, mais ne savent pas quelle est l’histoire de toute cette relation, entre la musique et le démon.
Les premiers rapports du Diable avec la musique remontent au Moyen Âge. Il y a une notion que les théoriciens de l’époque reliaient au Malin : la laideur. Les mauvaises sonorités qui étaient liées au mal.
Mais la musique a rapproché les âmes de Dieu. N’est ce pas?
– Remarquez que Saint Augustin met en garde contre le plaisir excessif que peut engendrer la musique. En d’autres termes, le problème survient car certains tenants de la foi suggèrent que lorsque la musique passe de la prière à Dieu (n’importe quel dieu) il à un acte agréable. Un pape avait même recommandé de ne pas faire de polyphonie, parce que la polyphonie était si belle qu’elle transcendait le sens du plain-chant traditionnel. Alors, attention au trop beau et passons au plus simple qui est vraiment la prière. Et cela rejoint d’autres concepts comme celui qui s’appliquaient aux enfants difformes au Moyen Âge : les enfants du Diable. L’association entre la laideur et l’influence du Diable a également affecté la musique. Il y a des intervalles qui, par une question conventionnelle, étaient considérés comme laids.
Comme le « diabolus in musica ».
– Voilà. C’est un triton qui était esthétiquement considéré comme laid et même désagréable.
Ce qui frappe, c’est que le Démon n’était pas musicien.
– Il n’était pas musicien, mais dans certains procès inquisitoriaux la voix de Satan est décrite, ainsi que les instruments dont il jouait : en Italie et en Espagne, la guitare ; et en Angleterre, avec la harpe. Ce qui en découlait, ce n’était pas que le Démon était un musicien, mais plutôt que l’acte de jouer pour le plaisir était une influence démoniaque. Dans la procédure inquisitoriale, bien sûr, il y avait de la torture et sous la torture on disait bien évidement ce que le bourreau voulait entendre.
Est-ce que la musique diabolique à un moment donné a été la « bonne » ?
– Peu de gens ont osé faire la suggestion suivante : « appelons cela « bonne » ou « mainstream » et j’adhère à celle-ci parce qu’elle appartient au Diable. Cela n’a jamais été fait. Cependant, cette approche a créé des courants esthétiques, certains très forts. Je parle, par exemple, de Goethe et de son « Faust ». Sur ce dernier, de nombreuses œuvres ont été écrites, offrants différentes lectures du démoniaque. Il y a environ 550 opéras sur Faust. Surtout aux XVIIIe et XIXe siècles. Il y en a même un qui se nomme « Si Faust était Faustine ».
Tout le monde a-t-il voulu vendre son âme au diable?
– Le thème original de « Faust » vient de la nécromancie médiévale. C’est que Goethe qui lui donne une dimension philosophique le mêlant au christianisme. Faust ne veut pas être éternel, ce n’est pas son objectif principal. Ce que Faust veut, c’est la connaissance, mais pour l’avoir, il a besoin de temps, il sacrifie pour cela son âme et pour cette raison, il est puni comme Prométhée.
Qu’étudiez-vous maintenant?
– Aujourd’hui, je travaille sur Goethe, qui appartenait aux « Illuminati » de Bavière. Toutes les analyses de ses oeuvres l’ont toujours été faites de manière universitaire.
Que voulez-vous dire?
– Lorsque une œuvre est étudiée, elle ne l’est pas à partir des croyances de l’auteur. Le grand public ne sait pas vraiment que Mozart était franc-maçon. Pourtant, une grande partie de sa musique est conditionnée par son appartenance à la franc-maçonnerie et les relations qu’il a eues dans les dernières années de sa vie : il est passé par les principales loges à Vienne et en Allemagne. Il y rencontra beaucoup de monde qui, en plus d’être francs-maçons, appartenaient à l’ordre des « Illuminati ».
Nous sommes là tranquillement et ne savons pas qu’un natif du pays de Voronej, Konstantin Rubakhin, est en train d’installer un musée de la franc-maçonnerie mondiale dans la capitale de la Lettonie.
Le musée n’est qu’à l’état de projet. Il devrait ouvrir à la fin de l’automne. Mais le 7 juillet, une interview a été publiée sur Youtube, dans laquelle Konstantin est déjà appelé le fondateur du musée de la franc-maçonnerie mondiale de Riga.
Ce dernier est diplômé de la Faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou. Depuis 2001, il s’est engagé professionnellement dans les relations publiques politiques, et a travaillé pour divers partis. Mais, un tournant dans sa vie s’est produit après qu’il a agi en tant que l’un des organisateurs d’une manifestation anti-nickel dans la région de Voronej, où la compagnie minière et métallurgique de l’Oural (UMMC) de l’oligarque Iskander Makhmudov a tenté de commencer à développer le nickel. Certains des militants anti-nickel se sont retrouvés sur le banc des accusés et Konstantin Rubakhin s’est enfui vers la capitale de la Lettonie.
Il se présente comme un chercheur de l’héritage maçonnique. Selon les entretiens, Konstantin s’est intéressé aux franc-maçons depuis son enfance à Voronej.
Le premier ouvrage que j’ai lu sur les maçons c’est chez ma grand-mère paternelle, c’était dans un livre pré-révolutionnaire présentant les maçons, – déclare-t-il dans la vidéo. – C’était dans le village d’Alferovka (district de Novokhopyorsk, région de Voronej – éd.).
Konstantin est revenu sur le sujet qui le fascinait déjà dans sa période de lettone : « lors de mon voyage de noces aux États-Unis en 2017, j’ai acheté une cruche maçonnique, et c’est devenu la première pièce d’exposition du musée ».
Lors de l’interview, l’animateur lui a demandé qui sont les maçons aujourd’hui ? Par ailleurs, comment Rubakhin lui-même se rattache à eux ?
Le fondateur du futur musée répond que pour lui, la franc-maçonnerie est avant tout associée à la recherche des savoirs anciens.
« Pour les Russes, c’est un choc, quelque chose d’indécent à ce jour« , répond Konstantin. – Mais tout ce complot est juste de la paresse intellectuelle… Vous savez, maintenant beaucoup d’africains viennent sur notre compte Facebook et demandent à être admis chez les francs-maçons.
Mais, vous n’êtes pas Franc-maçon ?
Non, un musée est un musée, pas une Loge. A l’intérieur du musée il y aura une salle, qui s’appellera – Le Temple maçonnique, toute la base du rituel y sera visible…En principe nous sommes enclins à alimenter les loges qui veulent y travailler avec cet espace. Ce sera un plaisir pour les maçons en exercice de travailler au sein d’une telle abondance d’histoire maçonnique.
Depuis le début de sa carrière professionnelle, Konstantin Rubakhin s’est engagé dans les relations politiques. Il a participé à la création et à la promotion du parti « Patrie », a travaillé dans le Parti de la Vie, sur la Première Chaîne sous la direction de Marat Helman, au Ministère des Transports de la Fédération de Russie, où il a travaillé dans la presse. Puis, selon certaines sources, il a été membre du Conseil du « Front de gauche » de Sergei Udaltsov. Il a participé aux rassemblements « White Ribbon » « For Honest Elections » à Moscou fin 2011 – début 2012. Sa spécialité était la couverture et la promotion dans le domaine de l’information des mouvements de protestation et de l’opposition. Dans le même temps, Rubakhin était assistant du député de la Douma d’Etat de la Fédération de Russie Ilya Ponomarev, qui s’est enfui en Ukraine.
L’homme est le seul être à pouvoir penser sur sa pensée, c’est ce qui fait sa spécificité.
La spiritualité est un attribut de sa condition : elle est tout simplement la vie de l’esprit.
Avant de tenter de la définir, un préalable s’impose : celui qui consiste à distinguer le savoir profane (la « doxa ») de la connaissance initiatique (la « gnôsis »).
Le savoir se comprend (par la raison, le « noüs » grec), s’apprend (par l’intelligence) et se retient (par la mémoire), il est un objet d’étude que l’esprit incorpore.
La connaissance s’expérimente (par l’action, « ergôn » en grec – qui a donné « ergonomie » en français) et s’éprouve (par la « psychè » grecque, les sentiments) : elle est un sujet d’expérience que l’esprit s’incorpore.
Si les savoirs (scientifiques, surtout) s’éloignent de l’expression des sentiments (et cherchent même à les neutraliser pour préserver une certaine objectivité), à l’inverse la connaissance a toujours besoin de s’appuyer sur les savoirs (pour ne pas risquer de s’égarer) : c’est la raison pour laquelle en franc-maçonnerie, la kinesthésie rituelle est systématiquement accompagnée de messages performatifs[1] qui explicitent le sens dans lequel il faut entendre le scénario initiatique.
Le savoir (raison) ne se confond pas avec le croire (sentiments) : il se veut objectif ; ce qui n’interdit pas que l’esprit puisse croire (et qu’il doive même croire) aux savoirs de la «doxa».
La connaissance, en revanche, ajoute un vécu aux savoirs ; en ce sens, elle est subjective : il faut croire pour connaître. Elle est la façon, dont l’adepte cherche à mettre ces savoirs en pratique dans son existence, à les internaliser dans son être total (corps, âme et esprit).
De la connaissance à la spiritualité
Dans ce canevas, que devient la spiritualité ?
C’est l’esprit qui s’interroge et qui interroge le monde ; et c’est l’ensemble des réponses qu’il apporte à ces questions. La spiritualité est un vecteur de sens. Mais elle est plus encore : c’est la capacité de l’homme à dépasser la finitude de son corps et de sa vie pour s’élever, par la pensée, à l’infini et à l’éternité.
À la lumière des connaissances qui l’éclairent, contrairement à la démarche religieuse pour laquelle le dogme et la révélation sont les modalités de la foi, le Franc-maçon va chercher une Vérité qui n’est pas révélée,mais qui reste entièrement à découvrir dans sa relation à lui-même et aux autres. Et pour cela, il n’impose aucune limite à sa recherche…
Mais où trouver la « Vérité » ?
Poser le problème ainsi, c’est le transférer d’un mot (« spiritualité ») à un autre (« Vérité » – entendue comme un absolu -) ; et rien n’est résolu.
Toute religion est spirituelle. Mais peut-il y avoir une spiritualité sans Dieu ?
Il peut y avoir une spiritualité non-religieuse comme il y a d’ailleurs une morale laïque ,qui n’est pas très éloignée de la morale chrétienne – sans s’y assimiler. Donc, il peut y avoir une spiritualité sans Dieu.
Quelles sont les caractéristiques de cette spiritualité sans Dieu ?
C’est celle de la devise de la République (et de la franc-maçonnerie) : « Liberté, Égalité, Fraternité » : elle se réfère à une spiritualité du genre humain, qui repose sur la liberté de choix, la tolérance réciproque et le respect des uns envers les autres.
Pour la spiritualité non-religieuse, deux critères sont privilégiés :
la conscience intérieure (ou ésotérique) est inhérente à l’être ;
et c’est à partir d’elle que l’appréhension du monde extérieur (exotérique) se fait.
La franc-maçonnerie affirme « la primauté du spirituel sur le temporel[2] ». Elle précise aussi que « la démarche initiatique ne peut être que spirituelle. Il s’agit bien de spiritualité et non de religion. Il ne s’agit pas d’acquérir, de consommer ou d’apprendre une spiritualité, mais bien de construire sa propre spiritualité dans un cheminement intime et personnel. En ce sens, elle se définit comme une école de spiritualité et de réflexion[3]. »
Alors, qu’est-ce que la spiritualité maçonnique ?
Comte-Sponville, dans un article intitulé : Rien n’est jamais ni passé ni futur, tout est présent, définit cette spiritualité de la manière suivante : il s’agit – dit-il – d’« une spiritualité très singulière, parce que sans promesse, sans foi, sans espérance. Rien n’est à croire : tout est à connaître. Rien n’est à espérer : tout est à aimer. Nous sommes déjà sauvés : le salut, c’est ici et maintenant[4]. »
De la spiritualité à la croyance
Cette définition est vraie… mais seulement en partie : car le Franc-maçon revendique sa promesse (il s’engage à chaque grade de son rite), sa foi et son espérance (avec la charité – les trois vertus théologales -) comme Chevalier Rose-Croix du Rite Écossais Ancien et Accepté.
Ainsi, à chaque degré de son parcours initiatique s’engage-t-il en tant qu’homme : il croit en sa démarche. Et d’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement s’il veut continuer à progresser dans son rite ?
Imaginons que des profanes, ignorants du sens de nos pratiques, assistent à une initiation. Pour eux, la planche à boules, la planche à bascule, l’éventail, le seau d’eau et le chalumeau garni de poudre de lycopode que l’on fait subir au récipiendaire ne seraient vraisemblablement rien d’autre que des épreuves conçues par des esprits perturbés qu’il faudrait enfermer !
Mais c’est parce que la planche à boules et la planche à bascule, dans cette « ascension suivie d’une chute qui aurait pu être mortelle », signifient « les obstacles presque insurmontables que l’homme rencontre sur son chemin et qu’il ne peut vaincre ou surmonter qu’autant qu’il acquiert l’énergie morale et les connaissances qui lui permettent de lutter contre l’adversité » ; c’est parce que l’éventail, qui « constitue l’épreuve de l’air des anciens Mystères » – qu’on ne lui explique pas mais auxquels on lui demande d’adhérer en confiance -, l’incite « à la sagesse dans ses desseins et à la prudence dans ses élans » ; c’est parce que le seau d’eau représente « l’épreuve de l’eau des anciens Mystères » – que l’on n’explique toujours pas -, mais qui aplanit les obstacles s’il « persévère dans les sentiers de la Vertu » ; et c’est parce qu’enfin le chalumeau garni de poudre de lycopode figure le feu, dont les flammes, « quatrième élément symbolique des Anciens » se « transmue dans son cœur en un amour ardent pour ses semblables[5] » ; c’est parce que l’on a mis derrière ces symboles les mots qui expliquent toutes ces idées qu’il peut choisir (ou non) de les faire siennes, suivant le libre arbitre qu’il en a et la décision qu’il assume, seul.
Et pourquoi le fait-il ?
Parce qu’il n’assimile pas ce qu’il voit à ce qui est (lors de la prochaine initiation à laquelle il assiste), mais parce qu’il associe ce qu’on lui dit à ce qui est : il le com-prend (du latin « cum prendere », c’est-à-dire qu’« il le prend avec lui », il s’en approprie le discours). Il se projette dans ce qu’il entend parce qu’il veut y croire, même si la raison le lui dément dans ce qu’il voit. Le langage symbolique est performatif parce que son usage expressif le rend auto-implicatif[6] : il répond, par l’idée qu’inspirent les mots, à une espérance d’idéal auquel aspire celui qui l’interroge.
De surcroît, il est toujours nécessaire de croire à ce que l’on fait pour vouloir le faire, de croire aux mots qui sont prononcés pour vouloir agir ; sinon, pourquoi faire et pourquoi agir si l’on n’accorde pas de crédit aux idées qui nous y incitent à travers les mots qui nous y poussent ?
S’il en allait autrement, pourquoi le Franc-maçon s’intéresserait-il aujourd’hui à la scolastique médiévale sous l’égide des arts libéraux du Compagnon, au soi-disant architecte Hiram qui n’est en fait que le décorateur du temple de Jérusalem ? Dans le monde réel dans lequel il évolue, comment pourrait-il accorder crédit à des légendes comme celle des Trois Mages, de Noé, de la tour de Babel, du serpent d’airain, etc. ? Ou comment, en toute logique, pourrait-il penser qu’au cours de sa progression, il ait franchi trois cieux et sept planètes ? Et comment pourrait-il accepter de comparer sa loge à l’Éden, de vivre au milieu de chérubins et de sylphes, et de confondre son président avec Adam ?…
Ces fictions, pour le commun des mortels, n’ont pas de sens ; mais c’est justement , parce qu’elles ont un sens pour l’initié qu’il y agrée, qu’il y croit – non pas réellement, mais spirituellement, justement -.
Dans une perspective analogique, il est possible de dire que, si pour le chrétien le Christ fait sens puisqu’il est « la Voie, la Vérité et la Vie[7] », pour l’initié c’est le sens qui donne une voie à la vérité de sa vie.
De la croyance à la foi
Qu’en conclure ? Quelle est la différence entre croyance et foi ?
Croire, c’est faire soi-même un choix : l’adepte décide de croire. Il opte pour un système de pensées, un contenu spirituel, une spiritualité.
Par exemple, celui qui choisit la franc-maçonnerie adopte l’un de ses rites, le pratique, y progresse et se réalise – parce qu’il y croit, c’est-à-dire qu’il tient sa démarche pour vraie (sans quoi il n’y resterait pas).
Croire relie donc un être à une spiritualité (qui peut être aussi bien profane, initiatique que religieuse) par une relation de choix individuel.
La révélation, celle qui consiste à « enlever le voile » qui recouvre nos yeux, transforme notre désir de spiritualité en foi.
La conversion de Paul sur le chemin de Damas en est le meilleur exemple : En pourchassant les chrétiens, Saül est convaincu de faire son devoir ; et il le fait avec d’autant plus de conviction que son esprit, sa spiritualité, est entièrement tourné vers les anciens dieux. Il lutte donc de toutes ses forces contre ce dieu qui vient troubler le bel équilibre du monde romain dans lequel il croit.
Mais l’appel du Christ sur le chemin de Damas, en le culbutant de son cheval le renverse dans son en-soi, le retourne intérieurement : il n’est plus le même, Dieu est entré en lui, il l’a changé. Et ce qu’il croyait auparavant, la spiritualité qu’il s’était forgée a disparu au profit d’une foi qui l’inonde et le transporte : ce qu’il condamnait avant est devenu ce qu’il défend aujourd’hui[8].
Pour Don Miguel de Mañara Vicentelo de Leca, le coup qu’il reçut à la tête et la perte de connaissance qui s’ensuivit (au propre comme au figuré, et aux sens physique, psychique et spirituel) furent les éléments déclencheurs de sa conversion.
Que devient la raison face à la prépotence de la foi ?
Les avancées de la science nous ont exhortés à avoir foi en l’intelligence. Pour la dépasser et nous dépasser, nous nous sommes orientés vers une intelligence de la foi : « L’usage de la raison précède la foi et nous conduit à elle à l’aide de la révélation et de la grâce[9] », concède l’Enchiridion symbolorum.
Si l’on peut avoir foi en la raison, il n’y a pas de foi dans la raison (c’est le domaine de la science). À l’inverse, il n’y a pas de raison à la foi ; mais nous pouvons mettre de la raison dans la foi (c’est le domaine de la théologie).
Ainsi, après avoir servi l’intelligence, la foi est enfin servie par elle.
Que recherche l’esprit au travers de la foi ?
Il recherche un monde inconnu qui libère l’homme de sa finitude, de ses doutes, de ses vices et de ses imperfections (pas seulement ceux du corps, mais autant – sinon plus – ceux de l’esprit).
Parce que l’initié croit au sens spirituel de ses rituels, il a foi en la franc-maçonnerie au-delà de sa spiritualité d’homme. Il vit son rite dans la foi maçonnique.
Quant au croyant, il a foi en un monde meilleur où règneraient pour l’éternité la perfection, la vérité, et la vertu qu’il recherche ici-bas.
Si la croyance est liée à la spiritualité, la foi est reliée à la grâce. On peut croire sans avoir la foi, mais on ne peut pas avoir la foi sans croyance.
De la foi à la grâce
Dans le monde profane, la grâce se traduit par des fulgurances. Il n’est donc pas nécessaire d’être croyant pour avoir des illuminations : l’homme de génie ou le poète ont parfois des éclairs de surconscience ; l’homme de foi, lui, vit dans la lumière de la grâce.
La révélation vient donc à nous et nous retient. Mais qu’est-ce que la révélation ?
« Révéler », c’est « re-véler » (avec « re- », préfixe latin signifiant « revenir à un état antérieur » – ici, avant celui du « voilement » -), autrement dit il s’agit de « revenir à un état antérieur à celui du voile » sur les yeux.
La « révélation » prend alors la forme d’une grâce qui se donne à nous (du radical latin « gratus », « qui reçoit bon accueil, qui est bienvenu », avec pour déverbal : « gratia », « manière d’être agréable qui se trouve dans autrui et qui se manifeste à nous » [premier sens], et « remerciement » [second sens] ; d’où, en français : « gracier », « remercier[1] » : « Dius en soit grassiés ! » et « aide de Dieu[2] ») : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, la communication du Saint-Esprit soient avec vous tous[3] ! », ponctue Saint Paul. Celui qui reçoit la grâce, la reçoit avec l’aide de Dieu. Puis il fait alliance avec l’Éternel.
Les Jansénistes ont pensé que la grâce n’était donnée qu’à quelques-uns, que Dieu aurait choisis[4]. C’était ignorer la participation de l’être à sa grâce.
L’homme ne cherche que ce qui lui manque. Et le manque est désir de plénitude ; car c’est le désir qui pousse à combler le manque. Il est puissance d’agir, donc puissance de vie[5] pour Spinoza.
Si celui qui cherche trouve et si celui qui demande reçoit, cela signifie qu’il ne suffit pas de se tourner vers l’inconnu, l’invisible pour que la grâce illumine l’être ; recevoir ce don est une chose, vouloir l’accueillir en est une autre : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Cela ne vient pas de vos actes, il n’y a pas à en tirer orgueil[6]. »
Les œuvres sont des actes, la grâce est une illumination (ce don émané de Dieu, donc extérieur à l’homme) ; mais elle-même n’est possible qu’à la condition, que celui qui en bénéficie, ait la foi.
Elle présuppose cinq critères d’accomplissement :
d’abord une forte spiritualité (comme quête de connaissance au-delà des savoirs) ;
ensuite une démarche de sens (comme voie de dépassement de soi-même) ;
couplée à une pratique vertueuse (comme principe d’une vie bonne et exemplaire) ;
puis la foi (comme ouverture de soi au divin) ;
et enfin la grâce (comme don extérieur de Dieu pour soi).
Croyance et spiritualité, foi et grâce : à chacun sa voie, son choix et son ouverture d’esprit…
Pierre PELLE LE CROISA, le 14 juin 2021
[1] SAINT ALEXIS, Fille du comte de P., poème du XIème siècle (BNF, f° 11 v-19 v, siglé A) :
[2]Le Roman d’Énéas (anonyme du XIIème siècle), apud. DUFOUMET J., Relire le Roman d’Énéas (éd. Champion, Paris, 1985).
[3] SAINT PAUL, Seconde épître aux Corinthiens, XIII, 13.
Une nouvelle alerte de l’Organisation non gouvernementale islamique Jamra. Selon un communiqué de Mame Mactar Guèye et Cie, la loge maçonnique sénégalaise est en conclave cette semaine à Ngor les 16 et 30 juillet à 20h.
Tentative de tenir un “congrès inédit”…
“Ils avaient mis les bouchées doubles dans leur tentative de tenir un “congrès inédit”, les 02 et 03 février 2018, à l’Hôtel King Fahd Palace, devant regrouper pas moins de 600 loges maçonniques d’Afrique et de Madagascar. Il s’agissait des REHFRAM (Rencontres humanistes et fraternelles d’Afrique francophone et de Madagascar), le fameux rassemblement annuel de la Conférence des puissances maçonniques africaines et malgaches, concentrant les francs-maçons africains francophones”, rappelle Mame Mactar Guèye.
Le parrain de ces assises…
D’après le vice-président de l’Ong islamique, le parrain de ces assises n’était autre que le “Grand-Orient” de France, réputée être la loge maçonnique la plus islamophobe d’Europe. Et la plus ancienne (fondée en 1776), et forte aujourd’hui de ses 50.000 membres, répartis dans 1.200 loges, dont elle parraine les activités, et contribue à leur financement.
Le nouveau Grand Maître de la Grande Loge du Sénégal…
“Sous le label de la “Grande Loge du Sénégal”, les francs-maçons sénégalais sont revenus en force. Leur “Grand Maître”, le célèbre avocat du Barreau de Dakar, Maître Yérim Thiam, avait informé ses “Bien Aimés et Très Chers Frères”, par courrier en date du 1er juin dernier, de la tenue imminente de leur “Assemblée générale”. Laquelle serait précédée de la cérémonie d’intronisation du «Frère» Charles Médor, en qualité de nouveau Grand Maître de la “Grande Loge du Sénégal”. C’est chose faite. Me Yérim Thiam et Charles Médor ont procédé à leur passation de pouvoir depuis le samedi le 05 juin 2021, à 15h00″, révèle Jamra.
Convoquer et de présider les travaux de la RL…
Selon l’Ong islamique, le nouveau “Khalife général koullou Francs-maçons du Sénégal”, Charles Médor, n’a pas perdu de temps. Et en vertu de l’article 35 du Règlement Général de la “Grande Loge du Sénégal”, il vient d’instruire le VF (“Vénérable Frère”, dans le lexique maçonnique), Christian Norgaard, de convoquer et de présider les travaux de la RL (“Respectable Loge”), “Terre Sacrée” jusqu’à l’installation du nouveau VM (“Vénérable maître”). A l’en croire, c’est finalement en leur Temple de Ngor que se dérouleront leurs travaux maçonniques, les 16 et 30 juillet à 20h.
Les manœuvres multiformes de vassalisation de nos mœurs…
L’Ong islamique Jamra et l’Observatoire de veille et de défense des valeurs culturelles et religieuses, MBAÑ GACCE, se font ainsi le devoir “d’alerter sur les manœuvres multiformes de vassalisation de nos mœurs socio-religieuses. Lesquelles stratégies se précisent chaque jour davantage, tantôt sous la forme d’un diktat maçonnique néocolonial, porté par le Grand Orient de France. Où sous les apparences d’une propagande insidieuse de lobbies LGBT français, dans l’espace public sénégalais”.