jeu 23 septembre 2021 - 14:09

L’impermanence des constantes

Ce fut d’abord des parties du corps qui servirent d’unité de longueur, puis ce fut la Terre, puis un objet[1]. C’est aussi un objet qui fut la référence unitaire de la masse : le kilo étalon[2]!

Seulement voilà, ces étalons se modifient au cours du temps et, donc, ne sont plus fiables ; tout ce qui se mesure à partir de ces constantes évolutives perd de son exactitude.

Depuis le 20 mai 2019, « le mètre, symbole m, est l’unité de longueur du Système International d’unités (SI). Il est défini en prenant la valeur numérique fixée de la vitesse de la lumière dans le vide, c, égale à 299 792 458 lorsqu’elle est exprimée en m s–1, la seconde étant définie en fonction de ΔνCs[3]. Le temps mesure la longueur !

Quant au kilogramme, symbole kg, l’unité de masse ; son amplitude est déterminé en fixant la valeur numérique de la constante de Planck à exactement  6,626 06…×10−34 lorsqu’elle est exprimée en m2·kg·s−1, unité du SI égale au joule seconde, J·s. Le temps et le mètre mesurent la masse.

Les unités de références ne sont plus des objets, elles sont dématérialisées dans des relations de constantes physiques entre elles ! La méthode scientifique utilise les mathématiques des équations parce que c’est un langage symbolique et universel dans lequel la réalité physique s’exprime et dans lequel la structure sémiotique de l’ego n’est pas impliquée. «Nul n’entre ici s’il n’est géomètre» disait déjà Pythagore.

Voilà un bon prétexte pour m’interroger sur la notion de science.

Quelques réflexions sur les sciences

«La différence entre ne rien voir d’autre qu’un caillou et retranscrire l’histoire du cosmos qu’il renferme, c’est la science.»(Neil de Grasse Tyson, astrophysicien) Ce qu’elle décrit, notre univers , c’est le Cosmos c’est-à-dire l’ordre, l’harmonie, l’articulation des parties entre elles, donc des rapports.

La science est reconnue comme la voie majeure de la découverte de la réalité. Et pourtant il y a d’autres formes d’intelligence qui donnent accès à certains de ses aspects : l’instinctive, la cognitive, la réflexive et l’intuitive.

Les égyptiens, ainsi que la plupart des anciens peuples, avaient pu connaître la science dans sa pureté primitive. Cette science enseignait les lois des choses spirituelles divines et temporelles sans les distinguer. Elle indiquait aux initiés les moyens de participer à l’action des puissances qui sont chargées d’opérer dans cet Univers en faveur de l’homme, …. Mais les Sages d’Égypte, instruits de la diversité des faits qui peuvent résulter de l’action de ces puissances, fixèrent bientôt toute leur attention sur ce qui flattait le plus le penchant naturel de l’homme pour les choses sensibles et matérielles, en sorte qu’ils perdirent de vue les faits d’un ordre supérieur jusqu’à les oublier entièrement … De là vient que leurs mystères ont bien plus exprimé le culte que les initiés rendaient aux puissances actives de la nature temporelle que celui qu’ils auraient dû rendre au Principe unique de toute puissance générale et particulière[4].

La lutte de la foi contre la science si bien illustrée par le martyr de Bruno Giordano (450.fm/2021/06/21/giordano-bruno-franc-macon-sans-tablier-2/), ressurgit aujourd’hui avec les intégrismes religieux. Pourtant l’Histoire de l’Occident a été une longue et douloureuse conquête de la coexistence de la foi et de la raison sans que l’une ne l’emporte sur l’autre.

Un projet utopique, mettant la science et le savoir au centre des préoccupations humaines, les présente comme l’unique chance de survie des hommes : il “a pour fin de connaître les causes et le mouvement caché des choses, ainsi que de reculer les bornes de l’empire humain en vue de réaliser toutes les choses possibles.”[5]

Dans son Manifeste de 1740, le Grand Maître, le duc d’Antin, a le projet «d’un dictionnaire universel des arts libéraux et des sciences utiles, la théologie et la politique seules exceptées… Par là on réunira les lumières de toutes les nations dans un seul ouvrage, qui sera comme une bibliothèque universelle de ce qu’il y a de beau, de grand, de lumineux, de solide et d’utile dans toutes les  sciences et dans tous les arts nobles». Ce sera l’œuvre de Denis Diderot et de Jean Le Rond d’Alembert avec l’Encyclopédie dont les 18000 pages de textes seront éditées de 1751 à 1777.

Au congrès de Solvay en 1927 étaient présents de nombreux prix Nobel, savants représentant les sciences de l’époque. <fr.wikipedia.org/wiki/Modèle:Congrès_Solvay_(1927)>

Les découvertes scientifiques posent la question de la responsabilité morale des chercheurs. La technologie, l’application des sciences, doit avoir une juste place ; selon certains, le problème n’est pas scientifique, il est politique et moral car les sciences changent les modes de vie vie (ex, PMA, GPA, génome chimérique…problématiques très actuelles en France) mais aussi au risque de tuer la vie (ex, avortement, armement de destruction massive, …).

Les intelligences artificielles ne pourraient-elles pas nous devenir hostiles et nous détruire ? Une amorce de réponse à lire : <cnetfrance.fr/news/l-intelligence-artificielle-et-les-robots-sonneront-ils-la-fin-de-l-humanite-  39823936.htm>

Un exemple de science : la connaissance de l’univers

Pour Alice Bayley  «Tout ce que nous sommes certains de savoir, c’est que toutes les formes sont des aspects de l’énergie, qu’il existe une interaction et un impact d’énergies sur notre planète, que la planète elle-même est une unité d’énergie composée de beaucoup d’unités d’énergie, que l’homme lui aussi est un composé de forces et qu’il se meut dans un monde de forces. Voilà où la science nous a si merveilleusement conduits et voilà où l’astrologue, l’occultiste et le mystique se rencontrent et témoignent d’une divinité cachée, d’un être vivant, d’une intelligence universelle et d’une énergie centrale.»

On suivra avec enchantement les onze cours d’Aurélien Barrau[6] dont ci-dessous son cours d’introduction ou la révélation des cieux. Des cours avec la craie et le tableau noir pour évoquer les plus grandes avancées scientifiques sur la cosmologie !

Au REAA, inscrites sur le cartouche du 2ème voyage de la cérémonie d’augmentation de salaire, les sciences apparaissent pour la Franc-Maçonnerie comme une voie importante de la sagesse et de la connaissance. Mais «l’enseignement véritable n’est pas une accumulation de savoir : c’est un éveil de conscience qui exige des étapes successives, chaque étape consiste à découvrir la clef de la porte suivante» (Schwaller de Lubicz).

La Franc-Maçonnerie utilise le mot «Sciences» toujours au pluriel soulignant par-là que, comme pour les francs-maçons entre eux, il y a entre les différentes sciences tant de diversités d’approche, de spécificités contextuelles, de diversités des corpus expérimentaux, d’instanciations concrètes. Au singulier «La Science» serait lui accorder le primat quant à l’accès à la vérité voire à l’en-soi du réel en lui-même, Ce serait faire allégeance à une absoluité à caractère dogmatique surtout lorsqu’elle se crispe sur des théories polémiques ou utilise des références inadéquates[7].

L’épistémologie est la philosophie des sciences.

Conclusion des sciences : Tout est vibrations, tout est ondes et donc tout est nombres[8] ! Houzé Pythagore !  Tout est complexe, tout est relations, tout est impermanent.

L’univers n’est pas, il est étant.

Académie des sciences et des beaux-arts au XVIIe s. Allez sur la page, zoomez l’image au maximum et explorez les détails : <gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84073112>


[1] Le mètre étalon en platine, dédié  «à tous les temps, à tous les peuples», déposé en 1799 aux Archives de la République ! En 1960, le mètre devient la longueur égal à 1 650 763,73 longueurs d’onde dans le vide d’une radiation du Kripton 86. En 1983, le mètre est la longueur du trajet parcouru dans le vide par la lumière pendant une durée de 1/299 792 458 seconde.

[2] Cylindre en alliage (90 % de platine, 10 % d’iridium) conservé en atmosphère contrôlée sous trois cloches et précieusement rangé dans un coffre-fort au Bureau international des poids et mesures situé à Sèvres (Hauts-de-Seine) <lajauneetlarouge.com/la-merveilleuse-histoire-du-metre-premier-etalon-universel/>

[3] ΔνCs est la fréquence de la transition hyperfine de l’état fondamental de l’atome de césium 133 non perturbé égale à 9 192 631 770 Hz

[4] Jean-Baptiste Willermoz.

[5] Dans l’ouvrage posthume de Bacon (1627), La Nouvelle Atlantide,

[6] <blogs.futura-sciences.com/barrau/2017/09/06/videos-de-cours-public-lunivers/>

[7] Voir l’article Connaissez-vous les fractales <https://450.fm/2021/06/25/connaissez-vous-les-fractales/>

[8]Même si certains vous diraient que tout est amour,  L’amour et l’univers : 450.fm/2019/03/28/lamour-et-lunivers/

Solange Sudarskis
Maître de conférence honoraire, chevalier des Palmes académiques. Initiée au Droit Humain en 1977. Auteur de plusieurs livres maçonniques dont le "Dictionnaire vagabond de la pensée maçonnique", lauréat de l'Académie maçonnique de France (Essais et symbolisme)

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1 COMMENTAIRE

  1. Alors que la révolution faisait rage dans les années 1790, les scientifiques français ont remplacé un système chaotique de poids et de mesures par une méthode unifiée : le système métrique. pour accéder à l’article documenté de Vladimir López : nationalgeographic.fr/histoire/le-systeme-metrique-fruit-de-la-revolution-francaise?

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