De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano
Il n’y a rien de visible, dans le monde entier, plus digne que le soleil d’agir comme symbole de Dieu, puisqu’il illumine de la vie visible, d’abord lui-même, puis tous les corps célestes et terrestres. Dante
Le Soleil a une signification très importante en franc-maçonnerie. Adoré par presque tous les peuples anciens, il indique la sagesse, l’amour et l’intellect. Dans un sens plus large, il représente la partie masculine et fait référence à l’origine et à la raison qui apporte la lumière là où l’obscurité domine et illumine l’intellect.
Peut-être qu’aucun symbole n’est plus ancien que celui du soleil et n’a plus de sens pour le franc-maçon.
Appelé Samas par les Babyloniens, c’est-à-dire garant de la justice, Elios par les Grecs, dieu engrais, comme en témoigne l’ancienne coutume du feu de joie du solstice d’été, dont les cendres étaient dispersées pour fertiliser les champs avant les nouvelles semailles.
Image du bien et maître de notre destin selon Platon, elle était considérée comme le lien entre le monde sensible et le monde suprasensible, l’énergie, qui, émanant de l’Un, s’incarnait dans la matière et permettait à toutes choses de redevenir être , au Grand Architecte.
Avec sa dualité polaire, la Lune est placée à l’Est, et est également présente dans l’Image de la Loge. Le Soleil est à droite du Vénérable Maître, tandis que la Lune est à gauche.
Son mouvement marque le travail dans la Loge puisque le Premier Surveillant et le Second Surveillant accomplissent leur devoir en l’ayant comme référence.
Le devoir du Second Surveillant est, en effet :
rester au Sud, observer le Soleil à son méridien, appeler les Frères du Travail à la Récréation et de la Récréation au Travail.
Le Soleil est aussi générateur de lumière et de chaleur, donc de vie. Sans son existence, toute forme vivante sur Terre disparaîtrait. Il ne devrait donc pas être surprenant que, depuis des millénaires, dans la plupart des cultures, elle soit vénérée comme une divinité vivifiante, par opposition au faible clair de lune, trop faible et pâle pour remplir les mêmes fonctions que l’étoile solaire.
La soi-disant « religion solaire » est aussi vieille que l’homme. Il y en a des traces depuis les temps les plus reculés. Ennemi des ténèbres et donc de la mort, il représente non seulement la vie, mais aussi la renaissance de la nature au printemps, quand le froid et l’obscurité cèdent la place à la chaleur et à la lumière et à l’homme lui-même, quand le givre et les ténèbres de l’ignorance profane se dissolvent grâce à l’éclatement de la lumière initiatique.
Au moment où le profane abandonne son monde antérieur et embrasse la Lumière maçonnique, il renaît à lui-même, non seulement symboliquement mais réellement, c’est-à-dire psychiquement et spirituellement. Il est donc « homme nouveau », ou « Homme de Lumière » au sens le plus vrai du langage symbolique. La Lumière initiatique doit être graduée et proportionnée à sa capacité effective de réception.
Le Soleil de l’Initiation se lève et illumine la Franc-Maçonnerie lorsque les Frères, surmontant le raisonnement, développent les capacités divines qui enflamment l’Intuition et l’Imagination : alors, en fait, la Lumière brille en eux.
Un Franc-Maçon, par l’Initiation, acquiert les caractéristiques divines de la Lumière, fait descendre ici le Soleil de Sagesse et d’Amour que les légendaires Compagnons, traîtres d’Hiram, avaient obscurci. En cours de route, il devra perfectionner sa Figure « solaire », son Esprit, afin qu’il puisse éventuellement s’identifier au Soleil lui-même.
Rituellement, le Soleil maçonnique brille le plus à midi et à l’ouverture des travaux dans la Chambre du Maître : à cette heure symbolique, la Science maçonnique est exempte d’impuretés et d’ombres, elle préserve donc la véracité et la perfection et les Maîtres utilisent toutes les facultés spirituelles de compréhension pour accueillir dignement la Science divine.
Mais ce n’est que relativement parfait. Ce n’est pas le divin : pour s’élever en perfection il faut donc qu’il s’obscurcisse, se dégrade. Disparaissant dans la nuit et réapparaissant à l’aube, il montre le caractère temporaire de la connaissance et de l’ignorance.
Le terme lumière doit se référer à la connaissance et à la vie, donc l’ignorance apparaît comme un « obscurcissement », un manque de Lumière dans l’âme, la mort.
Si donc la nuit précède l’aube, pourquoi l’ignorance ne pourrait-elle pas précéder la Connaissance ? Pourquoi la mort ne pourrait-elle pas être suivie d’une nouvelle vie ?
Pour le franc-maçon, le soleil indique les deux voies principales pour s’élever à la perfection et atteindre l’immortalité : la voie de la Lumière, qui illumine la Sagesse en l’homme pour distinguer le bien du mal, et la voie du Feu, qui nous rend semblables aux êtres eux-mêmes, en allumant l’Amour divin en eux.
Le Soleil montre la beauté et la perfection, l’essentialité et la simplicité dans l’Esprit, il brille et apparaît magnifiquement rond dans l’espace : et peut-être que les comportements et les idéaux des Initiés ne sont pas brillants et « solaires » ?
Les Vampires qui absorbent, pour ainsi dire, les caractères du Soleil spirituel subissent une transformation si profonde qu’elle change, même au-delà de toute reconnaissance, leur existence, et que seuls ceux qui ont suivi le même chemin sont capables de percevoir.
C’est en fait l’Initiation : renaître intérieurement, dans l’âme et dans l’esprit, à chaque changement !
Le soleil est le symbole du pouvoir cosmique suprême ; la divinité qui voit tout et son pouvoir, l’être immobile, le cœur du cosmos, le centre de l’être et de la connaissance intuitive, l’illumination, l’œil du monde et l’œil du jour, la gloire, la splendeur, la justice et la royauté.
C’est l’image visible de la Bonté Divine… l’Archétype Transcendant de la Lumière. Denys
Tout savoir et même re-découvrir de l’histoire des Templiers et de leur actualité. La réponse enfin dévoilée à la question du lien entre le célèbre Ordre et la Franc-Maçonnerie ainsi que le mythe du trésor des Templiers … C’est tout ce que vous racontera notre invité Patrick dans ce fantastique podcast !
L’ordre du Temple est un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, dont les membres sont appelés les Templiers.
Cet ordre fut créé à l’occasion du concile de Troyes (ouvert le 13 janvier 1129a), à partir d’une milice appelée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (du nom du temple de Salomon, que les croisés avaient assimilé à la mosquée al-Aqsa, bâtie sur les vestiges de ce temple). Il œuvra pendant les xiie et xiiie siècles à l’accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem, dans le contexte de la guerre sainte et des croisades. Il participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la Reconquête ibérique. Afin de mener à bien ses missions et, notamment, d’en assurer le financement, il constitua à travers l’Europe catholique d’Occident et à partir de dons fonciers, un réseau de monastères appelés commanderies, pourvus de nombreux privilèges notamment fiscaux. Cette activité soutenue fit de l’Ordre un interlocuteur financier privilégié des puissances de l’époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif avec certains rois, ou à avoir la garde de trésors royaux.
Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-d’Acre de 1291, l’Ordre fut, en France, victime de la lutte entre la papauté avignonnaise et le roi de France Philippe le Bel. Il fut dissous par le pape français Clément V, premier des sept papes avignonnais, le 22 mars 1312a, date à laquelle Clément V fulmina la bulle Vox in excelso, officialisant la dissolution de l’ordre du Temple, à la suite d’un procès en hérésie. La fin tragique de l’Ordre en France nourrit maintes spéculations et légendes sur son compte. Ailleurs, les chevaliers templiers ne furent généralement pas condamnés, mais transférés (ainsi que leurs biens) dans d’autres ordres de droit pontifical, ou bien rejoignirent la vie civile.
Aux xie et xiie siècles, le renouveau du monachisme chrétien vit la fondation de nombreux ordres religieux avec notamment les convers qui privilégiaient le travail manuel, et la rénovation de la vie canoniale qui adopta la règle de saint Augustin, les chanoines (ordre de Saint-Lazare de Jérusalem) ou des moines (ordre de Saint-Jean de Jérusalem) s’engageant dans des activités hospitalières ou dans la vie paroissiale. C’est dans ce contexte religieux que l’Église catholique incita les chevaliers du siècle à devenir des milites Christi, autrement dit des « chevaliers du Christ » désirant combattre les infidèles en Terre sainte.
Le pape Urbain II prêcha la première croisade le 27 novembre 1095, dixième jour du concile de Clermont. La motivation du pape à voir une telle expédition militaire prendre forme venait du fait que les pèlerins chrétiens en route vers Jérusalem étaient régulièrement victimes d’exactions voire d’assassinats.
Le pape demanda donc au peuple catholique d’Occident de prendre les armes afin de venir en aide aux pèlerins et aux chrétiens d’Orient. Cette croisade eut alors comme cri de ralliement « Dieu le veut ! », et tous ceux qui prirent part à la croisade furent marqués par le signe de la croix, devenant ainsi les croisés (terme qui n’apparaît qu’au concile de Latran IV en 1215 : voir le vocabulaire des croisades et de la Reconquista). Cette action aboutit le 15 juillet 1099 à la prise de Jérusalem par les troupes chrétiennes de Godefroy de Bouillon.
Hugues de Payns, futur fondateur et premier maître de l’ordre du Temple, vint pour la première fois en Terre sainte en 1104 pour accompagner le comte Hugues de Champagne, alors en pèlerinage. Ils en revinrent en 1107 puis y repartirent en 1114, se mettant alors sous la protection et l’autorité des chanoines du Saint-Sépulcre, avec leurs chevaliers qui œuvrèrent alors à la défense des possessions de ces chanoines et à la protection du tombeau du Christ.
Après la prise de Jérusalem, Godefroy de Bouillon fut désigné roi de Jérusalem par ses pairs, titre qu’il refusa, préférant porter celui d’avoué du Saint-Sépulcre. Il mit en place l’ordre canonial régulier du Saint-Sépulcre, qui avait pour mission d’aider le patriarche de Jérusalem dans ses diverses tâches. Un certain nombre d’hommes d’armes, issus de la croisade, se mirent alors au service du patriarche afin de protéger le Saint-Sépulcre.
Une institution similaire, constituée de chevaliers appelés chevaliers de Saint-Pierre (milites sancti Petri), avait été créée en Occident pour protéger les biens des abbayes et des églises. Ces chevaliers étaient des laïcs, mais ils profitaient des bienfaits des prières. Par analogie, les hommes chargés d’assurer la protection des biens du Saint-Sépulcre ainsi que de la communauté des chanoines étaient appelés milites sancti Sepulcri (chevaliers du Saint-Sépulcre). Il est fort probable qu’Hugues de Payns a intégré cette institution dès 1115. Tous les hommes chargés de la protection du Saint-Sépulcre logeaient chez les Hospitaliers à l’hôpital Saint-Jean de Jérusalem, situé tout près.
Lorsque l’ordre de l’Hôpital, reconnu en 1113, fut chargé de s’occuper des pèlerins venant d’Occident, une idée naquit : créer une milice du Christ (militia Christi) qui ne s’occuperait que de la protection de la communauté des chanoines du Saint-Sépulcre et des pèlerins sur les chemins de Terre sainte, alors en proie aux brigands locaux. Ainsi, les chanoines s’occuperaient des affaires liturgiques, l’ordre de l’Hôpital des fonctions charitables et la milice du Christ de la fonction purement militaire. Cette répartition ternaire des tâches reproduisait l’organisation de la société médiévale, composée de prêtres et moines (oratores, littéralement ceux qui prient), de guerriers (bellatores) et de paysans (laboratores).
C’est ainsi que l’ordre du Temple, qui se nommait à cette époque militia Christi, prit naissance, avec l’ambiguïté que cette communauté monastique réunit dès le départ des oratores et des bellatores.
C’est le 23 janvier 1120, lors du concile de Naplouse9, que naquit, sous l’impulsion d’Hugues de Payns et de Godefroy de Saint-Omer, la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (en latin : pauperes commilitones Christi Templique Salomonici) : elle avait pour mission de sécuriser le voyage des pèlerins affluant d’Occident depuis la reconquête de Jérusalem, et de défendre les États latins d’Orient.
Dans un premier temps, Payns et Saint-Omer se concentrèrent sur le défilé d’Athlit, un endroit particulièrement dangereux sur la route empruntée par les pèlerins ; par la suite, l’une des plus grandes places fortes templières en Terre sainte fut construite à cet endroit : le château Pèlerin.
Le nouvel ordre ainsi créé ne pouvait survivre qu’avec l’appui de personnes influentes. Hugues de Payns réussit à convaincre le roi de Jérusalem Baudouin II de l’utilité d’une telle milice, chose assez aisée au vu de l’insécurité régnant dans la région à cette époque. Les chevaliers prononcèrent les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Ils reçurent du patriarche Gormond de Picquigny la mission de « garder voies et chemins contre les brigands, pour le salut des pèlerins » (« ut vias et itinera, ad salutem peregrinorum contra latrones ») pour la rémission de leurs péchés, mission considérée comme un quatrième vœu habituel pour les ordres religieux militaires.
La notoriété de la milice ne parvenait pas à s’étendre au-delà de la Terre sainte, c’est pourquoi Hugues de Payns, accompagné de cinq autres chevaliers (Godefroy de Saint-Omer, Payen de Montdidier, Geoffroy Bisol, Archambault de Saint-Amand et Rolland), embarqua pour l’Occident en 1127 afin de porter un message destiné au pape Honorius II et à Bernard de Clairvaux.
Fort du soutien du roi Baudouin et des instructions du patriarche Gormond de Jérusalem, Hugues de Payns avait les trois objectifs suivants :
faire reconnaître la milice par l’Église et lui donner une règle : rattachés aux chanoines du Saint-Sépulcre, les chevaliers suivaient comme eux la règle de saint Augustin ; donner une légitimité aux actions de la milice puisque la dénomination de moine-soldat, un amalgame d’une nouveauté absolue, pouvait être en contradiction avec les règles de l’Église et de la société en général ; recruter de nouveaux chevaliers et obtenir des dons qui feraient vivre la milice en Terre sainte. La tournée occidentale des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon commença en Anjou et passa ensuite par le Poitou, la Normandie, l’Angleterre où ils reçurent de nombreux dons, la Flandre et enfin la Champagne.
Cette démarche d’Hugues de Payns, accompagné de ces cinq chevaliers et soutenu par le roi de Jérusalem, suivait deux tentatives infructueuses qui avaient été faites par André de Montbard et Gondemare, probablement en 1120 et 1125
Le roi Salomon tenant le Temple dans ses mains. Sculpture du portail de la cathédrale Notre-Dame de Laon, France. Le roi Baudouin II leur octroya une partie de son palais de Jérusalem qui correspond aujourd’hui à la mosquée al-Aqsa, mais qui était appelée à l’époque « temple de Salomon », car étant, selon la tradition juive, située à l’emplacement du temple de Salomon. C’est ce « temple de Salomon », dans lequel ils installèrent leurs quartiers (notamment les anciennes écuries du Temple), qui donna par la suite le nom de Templiers ou de chevaliers du Temple11. Hugues de Payns et Godefroy de Saint-Omer ne furent pas les seuls chevaliers à avoir fait partie de la milice avant que celle-ci ne devienne l’ordre du Temple. Voici donc la liste de ces chevaliers, précurseurs ou « fondateurs » de l’ordre :
Hugues de Payns, originaire de Payns en Champagne ; Godefroy de Saint-Omer, originaire de Saint-Omer dans le comté de Flandre ; André de Montbard, originaire de la Bourgogne, oncle de Bernard de Clairvaux14 ; Payen de Montdidier, originaire de la Somme en Picardie ; Geoffroy Bisol, (dont on dit qu’il serait originaire de Frameries dans le comté de Hainaut ; affirmation contredite par une Charte signé en 1119, par son frère Petrus Bisol et conservée dans le Cartulaire de Chartres) Rolland, originaire du marquisat de Provence ; Archambault de Saint-Amand ; Arnaldo (pt) ; Gondemare (pt). Le premier don (de trente livres angevines) reçu par l’ordre du Temple vint de Foulque, comte d’Anjou, qui devint par la suite roi de Jérusalem
Le Père-Lachaise est bien plus qu’un cimetière, c’est un livre d’Histoire à ciel ouvert et il est très agréable de s’y promener aux beaux jours. Vous ne le savez peut-être pas, mais environ 400 francs-maçons, célèbres ou inconnus, y sont enterrés !
Pour vous y retrouver et enrichir votre découverte, je vous recommande d’opter pour une visite guidée proposée par les Nécro-romantiques. C’est avec Jean-François, notre guide, que nous sommes partis à la découverte des tombes de quelques-uns des francs-maçons les plus célèbres enterrés au Père-Lachaise.
Une remarque : les innombrables sépultures portant des obélisques ou des pyramides ne sont pas forcément des tombes maçonniques. C’est tout simplement que l’architecture funéraire s’inspire largement de références égyptiennes.
Je vous propose également de revenir sur l’épisode de la Commune de Paris qui célèbre cette année ses 150 ans et évoquer ses liens avec la franc-maçonnerie.
Les francs-maçons du Père-Lachaise
On repère assez souvent les tombes des francs-maçons aux symboles qui décorent les pierres tombales : branche d’acacia, feuille de chêne, compas, équerre…Cela dit, il n’y a pas de symbole maçonnique en tant que tel mais une lecture maçonniques des symboles.
Avant d’aller à la découverte des tombes, Jean-François nous a emmenés au columbarium, près du crématorium, pour nous montrer quelques cases de francs-maçons illustres :
Voici à présent quelques-unes des tombes de francs-maçons parmi celles à ne pas manquer et que j’ai pu découvrir au cours de la visite. Vous y découvrirez plus particulièrement des tombes de francs-maçons politiciens ou ayant eu un rôle dans la Commune de Paris mais sont aussi présents au Père-Lachaise de nombreux francs-maçons dans bien d’autres domaines : artistes, gens de lettre et de science, industriels…. :
Charles Voisin : certainement la plus belle sépulture maçonnique du Père-Lachaise, celle de ce franc-maçon du XIXème siècle. Une tombe très évocatrice ornée de nombreux symboles utilisés en maçonnerie.
Gustave Mesureur : dessinateur de modèles de tissus, syndicaliste, ardent républicain, homme fortement engagé, tant au niveau professionnel que maçonnique. Il mena une carrière politique exemplaire : élu Président du Conseil de Paris en 1887, plusieurs fois Député de la Seine puis, Ministre de l’Industrie, du Commerce et des Postes en 1895 et enfin, Vice-président de la Chambre des Députés et Président de la commission des finances en 1898. En 1901, il crée le Parti Radical, qui était à l’époque l’incarnation de la gauche républicaine, il en fût le premier Président.
Par la suite, il entame une carrière dans l’administration en devenant le Directeur de l’Assistance publique de Paris. Il a été initié franc-maçon à 22 ans, au Rite Ecossais Ancien et Accepté au sein de la mythique Loge « La Justice n° 133 » . Cette loge a réuni des figures marquantes de la franc-maçonnerie comme Jules Vallès, l’avocat Charles Floquet, le chimiste François Raspail, l’avocat et journaliste Henri Brisson. Pendant plusieurs années au début du XXème siècle, il sera Grand Maître de la Grande Loge de France. ll restera en maçonnerie plus de 50 ans.
Oscar Wilde : écrivain, auteur dramatique d’origine irlandaise et véritable dandy, il a été initié en 1875, dans une loge d’Oxford. Son parcours dans la franc-maçonnerie le mena jusqu’au grade de maître mais il y resta seulement 4 ans. Exilé en France après sa condamnation pour homosexualité en Grande-Bretagne, il est mort à Paris en 1900, dans la misère et la solitude.
Eugène Pottier : ouvrier chansonnier, militant socialiste, et communard, il est l’auteur des paroles de L’Internationale, un chant qui deviendra l’hymne du monde ouvrier. Dans le cadre de la répression menée contre les communards, il est condamné par contumace à la peine de mort. Il s’exile en Angleterre puis aux États-Unis où il est initié à la franc-maçonnerie. En 1880, suite au vote de la loi amnistiant les communards, il rentre en France. Le Grand Orient de France lui rend hommage tous les 1er mai, lors du défilé en hommage à la Commune.
Jules Vallès: journaliste, écrivain et homme politique français, Jules Vallès est le fondateur du journal Le Cri du peuple et il a fait partie des élus lors de la Commune de Paris en 1871. Il s’est battu toute sa vie contre l’injustice et l’ordre établi et pour la liberté de la presse.
Jean-Baptiste Clément : auteur de la chanson « Le Temps des Cerises », poème d’amour devenu un chant révolutionnaire, symbole du sort tragique d’une partie de la population ouvrière parisienne massacrée par l’armée Versaillaise lors de la Commune de Paris.
Auguste Blanqui :fondateur du journal Ni Dieu, ni maître, membre de plusieurs loges, révolutionnaire socialiste, il est une figure emblématique de la Commune de Paris. Il est surnommé « l’enfermé » car il a passé 35 ans de sa vie en prison.
Vous pourrez aussi découvrir la très belle stèle de Marc et Victor Schœlcher. Ce dernier, journaliste et homme politique français du XIXè siècle, mena un combat sans relâche en faveur de l’abolition définitive de l’esclavage dans les colonies françaises. Leurs restes furent transférés au Panthéon en 1949.
Sont également présents au Père-Lachaise : Emmanuel Arago : homme politique français, c’est l’un des pères fondateurs de la IIIème République. Eminent franc-maçon, il devient, en 1878, un haut dignitaire du Suprême Conseil de France (Grand Orateur ou Commandeur).
Jean-Jacques Régis de Cambacérès : avocat et éminent homme d’Etat français sous l’Empire, il est initié à 20 ans à la « Loge Ancienne et de la Réunion des Elus » de Montpellier, devint Vénérable de la loge parisienne « Saint-Jean de la Grande Maîtrise », puis nommé premier Grand Maître Adjoint du Grand Orient de France en 1805. Dans les faits, il sera le véritable Grand Maître du Grand Orient de France pendant toute la période napoléonienne. Il a profondément marqué l’élaboration du « Code Civil des Français ».
Source : Wikipédia
Le mur des Fédérés, hommage aux morts de la Commune de Paris
La Commune de Paris est un mouvement de révolte populaire qui dura 72 jours, du 18 mars 1871 à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871. Le peuple de Paris réclame une République démocratique et sociale. C’est un épisode peu connu ou méconnu de l’Histoire de France mais qui gagne à l’être et à s’en rappeler.
A cette époque, de nombreux ouvriers et artisans, du moins à Paris, font partie des loges. Par ailleurs, la Commune de Paris et la franc-maçonnerie partagent des valeurs communes : la défense des principes de la République, la justice sociale, la laïcité, l’éducation…Cela explique pourquoi on trouve beaucoup de francs-maçons parmi les communards, jusqu’aux responsables de la Commune. Néanmoins, la Commune de Paris divisa la franc-maçonnerie.
Les Conseils de l’Ordre, instances maçonniques dirigeantes des deux principales obédiences de l’époque (le Grand Orient de France et le Suprême Conseil de France (ce dernier administrait la Grande Loge Centrale qui deviendra la Grande Loge de France en 1894)) avaient donné des consignes de neutralité. Allant à leur encontre et après plusieurs tentatives de conciliation avec Thiers qui ont échoué, de nombreux francs-maçons parisiens (car les loges de Province sont plutôt restées en retrait) se sont engagés aux côtés des communards pour combattre Versailles. Certains le payeront de leur vie, d’autres seront emprisonnés ou déportés en Nouvelle-Calédonie.
Même si son engagement fût tardif, car elle pensait qu’en franc-maçonnerie « on n’acceptait pas les femmes », on pense bien sûr à Louise Michel, figure emblématique de la Commune.
Parmi les dirigeants du mouvement, on peut citer : Charles Amouroux, Gustave Flourens, Gabriel Ranvier, Simon Mayer. Parmi les principaux responsables politiques, élus républicains : Jules Valles, Léon Gambetta, Adolphe Crémieux, Eugène Pelletan, Emmanuel Arago. Auguste Blanqui aussi, fondateur du journal Ni Dieu ni maître. Et beaucoup d’autres.
Depuis 25 ans, chaque 1er mai (sauf cette année où ça a eu lieu le 29 mai), à l’initiative du Grand Orient De France, c’est la « montée » au Mur des Fédérés, sorte de pèlerinage laïque commémoratif au cours duquel les francs-maçons rendent hommage aux morts de la Commune. C’est à cet emplacement de l’enceinte du cimetière du Père-Lachaise que les derniers communards ont été fusillés par les Versaillais, le 28 mai 1871. Les corps ont été jetés dans une tranchée creusée au pied du mur. Le Mur des Fédérés est aujourd’hui un lieu de recueillement et dans la mémoire collective, symbolise la lutte du peuple pour la liberté. Il y a d’ailleurs une charge émotionnelle assez forte sur place.
« Si cette manifestation est le signe de notre combat pour la République, pour une société plus juste, plus fraternelle, elle est aussi une ode à la mémoire et au temps long, le temps de la perspective, le temps du souvenir et de la mise à distance. » Georges Sérignac, grand maître du Grand Orient de France (dans sa Tribune au journal Le Monde (ses propos n’engagent que plus :)).
A l’occasion des 150 ans de la Commune de Paris, TWE, un collectif de street artistes engagés a réalisé une superbe fresque murale dans la rue des Pyrénées, au niveau de l’entrée du square Henri Karcher. En partenariat avec Art Azoï, une association qui oeuvre pour la promotion et la diffusion de la création artistique dans l’espace public.
Retrouvez ci-après le webinar proposé par la Grande Loge de France le 29 avril dernier à l’occasion des 150 ans de la Commune de Paris : Les francs-maçons dans la Commune de Paris.
Je vous invite également à regarder le documentaire Les damnés de la Commune, réalisé par Raphaël Meyssan, une plongée au coeur des évènements de la Commune de Paris. Il est disponible sur Arte.tv jusqu’au 19 août 2021.
Pour aller plus loin, retrouvez la page dédiée aux commémorations de la Commune de Paris par la Bibliothèque Nationale de France : Commémorer la Commune de Paris.
Mes pensées émues vont à tous ces Femmes et Hommes qui ont lutté pour cet idéal de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. On ne vous oublie pas. Vous êtes dans nos cœurs.
Je remercie Jean-François pour la qualité de cette visite, sa générosité et nos échanges remplis d’une belle énergie qui m’a empli le coeur de joie pour le reste de la journée. J’ai été ravie de la partager avec deux autres personnes dont André Chabot, photographe, artiste et journaliste. Je vous recommande son très bel ouvrage :
Comme le pharmacien Jean-Louis Sacchet, amoureux de l’Egypte, qui a édifié sa pyramide au Père-Lachaise en vue d’être momifié, André Chabot a lui aussi déjà prévu le lieu où il reposera :
Si vous êtes sur Instagram, je vous invite à suivre le compte de Thierry Le Roi pour ses safaris nécro-romantiques. Retrouvez-le aussi sur Facebook. Et pour plus d’infos : les Nécro-Romantiques.
A suivre également le compte Instagram de Benoît Gallot, le conservateur du Père-Lachaise qui photographie la vie sauvage entre les tombes. On y croise des chats, des hérissons, des renardeaux, des oiseaux…
Retrouvez ici quelques autres photos de cette belle promenade : Visite Père-Lachaise. Pour ceux qui s’interrogent sur la sépulture énergétique du Père-Lachaise, je vous invite à regarder cette vidéo : Neuf72Céleste.
Je vous souhaite à votre tour une belle visite, d’inspirantes rencontres et découvertes !
À Londres, quatre Loges se réunissent à l’auberge Goose and Gridiron « L’Oie et le Grill ». Il s’agit du véritable acte de naissance de la Franc-Maçonnerie moderne avec la création de la première Obédience dans le monde, la Grande Loge de Londres et de Westminster…
Les quatre Loges fondatrices :
Goose and Gridiron Ale-house in St. Paul’s Church-yard ;
Crown Ale-house in Parker’s Lane near Drury’s Lane ;
Apple Tree Tavern in Charles Street, Covent Garden ;
Rummer and Grapes Tavern in Channel Row, Westminster.
La Goose and Gridiron Ale-House était située dans une section de Londres connue sous le nom de St. Paul’s Churchyard. Le nom était une parodie du « Cygne et Lyre », une société musicale qui se réunissait également au sein de ladite taverne.
The goose – Museum of Freemasonry – London
« L’Oie et le Grill » a survécu jusqu’aux années 1890. Juste avant sa démolition, un historien maçonnique a dessiné des croquis de son extérieur et mesuré la pièce dans laquelle la Grande Loge a été formée. La salle aurait pu contenir moins de 100 personnes, qui auraient dû s’amasser pour toutes tenir à l’intérieur…
Avez-vous déjà assisté à une cérémonie maçonnique très officielle ? Avez-vous vu tous ces personnages importants avec leurs jolis décors ? Je ne sais pas pour vous, mais moi je suis toujours très impressionné. Tous ces beaux messieurs avec des tissus bleus, jaunes, rouges… on se croirait à Rio en février pour le Carnaval. Les couleurs flamboient, les écoles présentent leurs artistes et leur spécialité. A celui qui saura le plus se faire remarquer, être le plus pertinent et surtout le plus remarquable.
Quelle chance avons-nous en Franc-maçonnerie d’avoir autant de goût et de savoir la mettre en musique pour valoriser les dignitaires qui se dévouent pendant parfois des années pour défendre nos Grandes Loges.
Je ne vous parle que des costumes d’apparat, mais les titres sont du même tonneau.
Vous imaginez rentrer à la maison le soir et entendre vos enfants vous accueillir avec des « Soyez le bienvenu Très Puissant Souverain Grand Commandeur papa » ou encore votre épouse dans l’intimité de la chambre vous susurrer à l’oreille « Oh vous grand hiérophante,Très éclairé et Sublime Grand Dignitaire du Cinquième Ordre de la première étoile, auriez-vous l’amabilité de m’accorder une saillie ». Avouez que ça a quand même plus d’allure que le traditionnel « Bonsoir chéri, on monte c’est vendredi ? »
Reconnaissons que toutes nos courbettes, que certains nomment des salamalecs, sont des courtoisies pour apprendre à respecter l’ordre et le cadre. Une autre forme de porte basse pour nous apprendre l’humilité et surtout la soumission aux forces et aux lois de la vie. Tout cela est louable et tant pis pour ceux qui ne le comprennent pas.
Il y a toutefois un problème et il est de taille. C’est lorsque les porteurs de décors en question un peu plus haut, s’identifient à leur fonction. Ben oui quoi, ce n’est pas une récompense ni une médaille pour services rendus. Cela se nomme une charge. C’est la preuve que c’est lourd à porter. Qu’il faut avoir les épaules larges. Qu’il faut avoir un grand cœur et surtout une humilité à toute épreuve pour ne pas avoir un double gonflement entre la tête et les chevilles.
C’est toujours marrant, enfin quand je dis marrant c’est une expression, de voir des micros Obédience de 3 Loges avec une organisation hiérarchique dignes de la présidence américaine. Enfin, je veux dire un truc ou il y plus de chefs que d’indiens quoi. Et on voit apparaitre le grand mamamouchi (généralement un gars qui a fait 3 faillites dans le civil, 2 divorces… et qui n’a pas beaucoup d’amis en dehors des Loges) arriver comme le roi soleil et sa cour. Et là tu n’as qu’une envie, c’est d’éclater de rire, car lorsque tu vois le même gars en dehors sans ses guirlandes, il passerait entre la tapisserie et le mur tellement il tenait debout par ses bijoux et tentures transformées en costumes.
Le plus dur je dois vous l’avouer, c’est lorsque de jeunes Apprentis découvrent pour la première fois ce genre de mascarade. Parce que ce jour là, tu ne peux plus dire au gars qui vient de recevoir la Lumière qu’en haut il y a des Frères et des Sœurs plein d’Amour et d’Humilité.
Tu sais à ce moment là que c’est foutu, la FM vient de se discréditer.
Alors je vais vous confier un truc. Lorsque des Apprentis me demandent pourquoi ils mettent tous ces décors et tous ces bijoux, j’ai trouvé une phrase pour justifier tout cela. J’invente une petite histoire qui permet de préserver les petits qui ont encore toutes leurs chances de devenir des maçons simples et bons. Je réponds au petit jeune :
« En fait, ceux que tu vois rentrer là, ils ont été atteint d’une maladie maçonnique qu’on nomme la cordonnite. Et si on met autant de poids sur leurs épaules avec ces décors c’est pour être certain qu’ils ne s’envoleront pas avant la fin de leur traitement. »
De notre confrère expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano
Le mythe le plus résistant à l’épreuve du temps : Dieu du soleil pour les Égyptiens, le Christ ressuscité pour les chrétiens
… mais il n’y a qu’un oiseau, qui se renouvelle et se régénère : les Assyriens l’appellent Phénix ; pas de blé ou d’herbes, mais vit de larmes d’encens et de gouttes d’amomus.
Lorsqu’il a accompli cinq siècles de vie, avec des clous et avec le pur rostre un nid est construit entre les branches d’un chêne vert ou dans la cime d’un palmier flexible.
Et dès qu’ici il a saupoudré d’épis de nard délicat et de cannelle hachée et de myrrhe fauve dessus, il se repose dessus et parmi les arômes finit son temps.
Mais d’ici, comme transmis, du corps paternel, un petit Phénix est né de nouveau, destiné à vivre autant d’années …
La légende raconte que lorsque le Phénix s’est senti proche de la mort, il a ramassé des herbes aromatiques telles que le bois de santal, le myrte, la myrrhe, la cannelle et a construit un grand nid en forme d’œuf et ici il s’est laissé mourir, brûlé par ses propres flammes. De ses cendres est né un œuf que le soleil a fait éclore en trois jours, donnant vie à un nouvel oiseau de feu, qui s’est envolé immédiatement.
Le sens ésotérique profond de Pâques, le « passage« , est le dépassement de la matière, l’évolution de la conscience, l’élévation de l’Esprit, à travers l’acquisition de la Connaissance la plus élevée, qui s’exprime, de manière complète, à travers le mythe du phénix.
Ce n’est que lorsque le « noir » deviendra « blanc » et que les éléments, savamment mélangés, donneront naissance au « rubedo » magique , que la transmutation alchimique sera achevée et que l’Or du petit matin naîtra.
HP Blavatsky dans son article « Le caractère ésotérique de l’Evangile » , en référence à la fête chrétienne de Pâques, écrit :
La venue de Christ signifie la présence de Christos dans un monde régénéré, et non la venue dans le corps de Christ-Jésus. Ce Christ ne doit pas être recherché dans le désert ou dans les «chambres basses» ou même dans le sanctuaire d’un temple ou d’une église construits par l’homme, puisque le Christ – le véritable Sauveur ésotérique – n’est pas un homme, mais le Principe divin dans chaque être humain.
Celui qui lutte pour ressusciter l’esprit crucifié de ses passions terrestres et enterré profondément dans le « sépulcre » de sa chair pécheresse, celui qui a la force de renverser la pierre de la matière de la porte de son sanctuaire intérieur, fait ressusciter le Christ en lui…
C’est précisément pour cette raison que l’oiseau mythologique symbolise également le pouvoir de la résilience, c’est-à-dire la capacité à affronter l’adversité de manière positive, en cultivant les ressources qui sont en nous, la propension à ne pas se laisser abattre par les difficultés de la vie, pour réagir et se relever plus fort qu’avant.
Le mythe du Phénix est comparable au parcours initiatique du franc-maçon, c’est-à-dire à sa capacité innée à se dépasser, mais, en même temps, en prenant garde de ne pas considérer cette attitude comme une pure et simple survie, car si l’on se borne à ne l’envisager que dans cette perspective, la cyclicité devient un piège.
Cette dernière, en effet, n’a de valeur que si elle représente une maturation toujours plus profonde. Sans une telle prévoyance, le franc-maçon reste prisonnier de lui-même, incapable d’édifier des temples à la Vertu et de creuser des prisons sombres et profondes pour le Vice.
Jamais comme en ce moment nous nous devons prendre exemple sur le Phénix et renaître de nos cendres, avec force, vigueur et conscience.
De notre confrère indonésien thejakartapost.com – Par Sylviana Hamdani (La poste de Jakarta)
Retracer l’histoire et les bâtiments patrimoniaux de la franc-maçonnerie à Jakarta. De nombreux mystères entourent la franc-maçonnerie. Selon certaines rumeurs, la société secrète serait composée d’adorateurs du diable qui mènent des orgies sauvages dans le cadre de leurs rituels. On dit que les membres sont des fonctionnaires de haut rang travaillant subrepticement ensemble pour un certain grand dessein. Il peut y avoir peu ou pas de vérité derrière ces rumeurs. Mais cette organisation prospérait en Indonésie. Et leurs héritages sont toujours présents dans les grandes villes du pays, y compris Jakarta, offrant un aperçu de la fraternité très exclusive.
« La franc-maçonnerie est en fait une organisation visant à forger le caractère », a déclaré Sam Ardi, historien et chercheur en franc-maçonnerie, lors d’un entretien téléphonique le 27 mai. Leurs enseignements s’étendent à toutes les SARA [ethnie, religion ou race]. Ils veulent s’éclairer et éclairer les autres autour d’eux. Selon l’historien, l’organisation est entrée en Indonésie au 16ème siècle avec de nombreux soldats hollandais qui en étaient également membres. « Comme de nombreux soldats néerlandais étaient également des maçons, ils se sont rassemblés et ont formé Vrijmetselarij [en néerlandais, franc-maçonnerie] dans les Indes orientales néerlandaises », a déclaré Ardi.
Symboles anciens
Certaines de leurs traces sont encore visibles au musée Taman Prasasti à Tanah Abang, dans le centre de Jakarta. Le musée, qui était autrefois un cimetière hollandais, expose plus de 1 300 pierres tombales en pierres solides, en marbre et en bronze. Tous les corps qui y sont enterrés ont été déplacés vers un autre endroit lorsqu’il a été transformé en musée en 1974. Près de l’entrée se trouve une immense pierre tombale en bronze du major Ludewyck Schneider, décédé à Ryswyk (aujourd’hui Lapangan Banteng) en 1820. Juste en dessous, un bref témoignage de l’homme étant un brave soldat et un bon ami est le symbole de l’équerre et du compas, surmonté avec l’oeil qui voit tout. « La société utilise le symbole des constructeurs [équerre et compas], car ils adoptent la philosophie [des constructeurs] », a déclaré Ardi. « Les maçons construisent aussi [quelque chose]. Ils construisent un temple de l’humanisme. Au départ, ce sont de sombres rumeurs sur la franc-maçonnerie qui ont rendu Ardi curieux de l’organisation. Le chercheur a ensuite mené des recherches approfondies sur la société en Indonésie et aux Pays-Bas. « J’ai découvert tellement d’archives, de livres, de revues et de magazines à leur sujet », a déclaré Ardi. « J’ai même trouvé l’ancien certificat de [Thomas Stamford] Raffles mis en gage [en tant que membre de la franc-maçonnerie] à Java. » Raffles a été engagé comme maçon à Buitenzorg, aujourd’hui Bogor, en juillet 1812 après avoir été nommé lieutenant général pendant la domination britannique en Indonésie. Au musée Taman Prasasti, on peut également découvrir les anciennes tombes de l’épouse de Raffles, Olivia Mariamne, et de son conseiller de confiance, John Leyden. À un jet de pierre de leurs tombes se trouve la tombe du prêteur sur gages et chef du bureau d’arpentage de Batavia, JH Horst. Même s’il n’était pas architecte, Horst a été chargé de concevoir Willemskerk (l’église de Willem) sur Jalan Medan Merdeka Timur, dans le centre de Jakarta, en 1834. Lorsque le Jakarta Post a visité le musée Taman Prasasti le 24 avril, quelqu’un avait déposé des fleurs fraîches sur l’ancienne tombe de JH Horst. Lorsque nous avons regardé de près, nous avons pu voir un énorme crâne et des os croisés gravés sur sa pierre tombale. « Le symbole représente l’un des enseignements de la franc-maçonnerie, Memento Mori [en latin, souviens-toi de la mort] », a déclaré Arifanti « Mochi » Murniawati, un guide de Walkindies, un agent de voyage qui organise des visites de la société secrète de Batavia. Willemskerk, qui possède un grand dôme, de hauts piliers et un plafond Oculus, était initialement réservé aux hauts fonctionnaires néerlandais à l’époque coloniale. Aujurd’hui, il abrite le GPIB Immanuel Jakarta. Héritage : Certaines traces de la franc-maçonnerie peuvent être trouvées au musée Taman Prasasti, notamment une pierre tombale qui porte le symbole de l’équerre et du compas. (JP/Sylviana Hamdani) (JP/Sylviana Hamdani) ‘Rumah Setan’
Héritage : Certaines traces de la franc-maçonnerie peuvent être trouvées au musée Taman Prasasti, notamment une pierre tombale qui porte le symbole de l’équerre et du compas. (JP/Sylviana Hamdani) (JP/Sylviana Hamdani)
‘Rumah Setan’ La franc-maçonnerie établit des unités organisationnelles locales, appelées loge, dans chaque pays où elles s’installent. A l’époque coloniale, il y avait plus de 20 loges franc-maçonnes dans l’archipel. Beaucoup de ces pavillons ont été conçus comme d’anciens temples romains avec de grands piliers ornant leur façade. À l’époque, de nombreux Indonésiens surnommaient ces loges « r umah Setan » (Maison de Satan). « C’est en fait une question de mauvaise prononciation et d’incompréhension », a déclaré Sam Ardi en riant. L’un des patrons de la franc-maçonnerie est Saint John, ou en néerlandais, Sint Jan. « Pour les oreilles locales, Sint Jan ressemble beaucoup à Setan « , a-t-il ajouté.
Parmi les premières loges de la franc-maçonnerie dans les Indes néerlandaises figurait De Ster in het Oosten (L’étoile de l’Est), qui a été construite sur le Vrijmetselaars Weg (en néerlandais, la route des francs-maçons) à Batavia en 1830. Aujourd’hui, le même bâtiment abrite une succursale de Kimia Farma. « Il y avait un emblème Eastern Star au sommet du bâtiment », a déclaré Mochi, le guide touristique. « Mais il a été supprimé maintenant. » Au cours de la tournée, Mochi a également montré une photo prise sur Internet, qui montrait un rituel de la franc-maçonnerie pour les nouveaux membres. Sur la photo, un nouveau membre, les yeux couverts d’un mouchoir, était porté par des membres seniors au-dessus de leurs têtes, ressemblant au moshing d’aujourd’hui lors de concerts de rock. « La franc-maçonnerie utilise des rituels comme jeu de rôle pour inculquer ses valeurs aux membres », a déclaré Ardi. Aujourd’hui, la route devant l’ancienne loge s’appelle Jalan Budi Utomo. Par coïncidence, certains des présidents et membres de Budi Utomo ont été confirmés comme maçons. Parmi eux figurent le Dr Radjiman Wedyodiningrat et le Pangeran Ario Notodirodjo. Leurs noms et photos sont inscrits dans le livre, Vrijmetselarij en samenleving in Nederlands-Indië en Indonesië 1764 – 1962 ( Société de franc-maçonnerie dans les Indes néerlandaises et en Indonésie 1764-1962), écrit par un maçon néerlandais nommé TH Stevens, en 1994. Hommes influents « En tant qu’organisation, la franc-maçonnerie n’avait rien à voir avec Budi Utomo », a déclaré Sam Ardi. « Mais il est vrai que ses membres ont tenu des rôles importants dans Budi Utomo. » « Et nous savons tous que Budi Utomo est considéré comme la force pionnière derrière le renouveau de l’Indonésie. » Radjiman, qui a présidé l’organisation de jeunesse en 1914-1915, est également devenu membre de l’Agence pour les travaux préparatoires à l’indépendance de l’Indonésie (BPUPKI), qui a formulé Pancasila comme l’idéologie de base de ce pays en 1945. Une branche indonésienne de la société, nommée Tarekat Mason Indonesia (Indonesia Freemasonry Branch), est née le 7 avril 1955. Parmi les hauts responsables de l’organisation figurait le premier chef de la police indonésienne Raden Said Soekanto Tjokrodiatmodjo. Selon le livre Tarekat Mason Bebas dan Masyarakat di Hindia Belanda dan Indonesia 1764 – 1962 , Soekanto était un grand maître de l’organisation.
Visite du cimetière : ancienne tombe de JH Horst, avec un énorme crâne et des ossements croisés, gravés sur sa pierre tombale. (JP/Sylviana Hamdani) (JP/Sylviana Hamdani)
Même si nombre de ses membres ont occupé des postes clés dans des institutions vitales en Indonésie, la franc-maçonnerie a finalement été interdite dans le pays. En 1962, Sukarno a publié le décret présidentiel n ° 264/1962 qui a interdit la société, ainsi que sept autres organisations. « Sur la base du document juridique, la franc-maçonnerie a été interdite car ses valeurs ont été jugées inadaptées à l’identité nationale de l’Indonésie », a déclaré Sam Ardi, qui étudie actuellement pour un doctorat en droit à l’Université Diponegoro, Semarang. Près de quatre décennies plus tard, le décret a été révoqué par Gus Dur avec le décret présidentiel n° 69/2000. Et pourtant, la franc-maçonnerie n’a jamais refait surface en Indonésie. « Les maçons indonésiens ont décidé de ne pas proposer de nouveau permis pour leur organisation car il existe déjà une forte stigmatisation contre la franc-maçonnerie et ses membres dans ce pays », a déclaré Ardi. Selon Ardi, il y a actuellement « moins de 100 » membres de la franc-maçonnerie en Indonésie. Ils appartiennent à des loges à Singapour, en Australie, aux Philippines et aux Pays-Bas. La franc-maçonnerie semble être plus ouverte au public dans cette ère moderne. Selon l’historien, de nombreuses loges de la franc-maçonnerie à travers le monde ont ouvert les portes de leurs loges pour la vaccination du public pendant la pandémie de COVID-19. « Cela correspond à l’objectif principal de la société d’améliorer l’humanité », a conclu Ardi.
« Tu verras en loge, tu vas rencontrer beaucoup de gens d’horizons différents, de toutes nationalités, de tous âges, de toutes opinions et de toutes confessions. Et en une soirée, après ton initiation, ils vont devenir tes frères, tes sœurs ! » …
On lui avait dit…
« Tu verras en loge, tu te feras vite des amis (es) d’enfance ! Et puis, comme on se retrouve tous ensemble après les tenues, aux agapes, et ensuite, régulièrement, chez les uns ou les autres pour les réunions, c’est vraiment très chaleureux ! » …
On lui avait dit…
« Tu verras, grâce aux rituels qui nous rapprochent les uns des autres, tu éprouveras vite un sentiment d’appartenance. Et puis, grâce à la méthode symbolique, une image vaut mille mots, alors on se comprend sur le champ ! » …
On lui avait dit…
« Tu verras, tu vas vivre de très belles cérémonies, tu vas « voyager » dans d’autres ateliers, et comme il y a des conférences, des sorties avec nos conjoints, sans oublier le Convent, tu sentiras vite qu’on est une grande famille ! » …
…Alors notre homme – en ville professionnel de la communication – convaincu par ces fortes paroles et encadré par son parrain, a envoyé sa demande d’adhésion au Président de la loge, pour lui exprimer sa soif de spiritualité et de rencontres. Puis, quelque temps après, il a avoué sa « sécheresse intellectuelle » et déballé sa vie profane à trois frères enquêteurs avides de le connaître.
Sur convocation, il s’est humblement soumis ensuite à l’épreuve du bandeau et a répondu du mieux qu’il a pu à des questions impossibles, du genre « Quelle est votre opinion de la franc-maçonnerie ? ». Et un soir, enfin, il fut initié. Il reçut la Lumière et les baisers affectueux de sa nouvelle et souriante fratrie. Avant de repartir, ébloui, heureux, confiant, résolu, vers le quotidien de la cité agressive.
En bon apprenti, il assista ensuite à toutes les tenues et aux réunions extérieures. Sa gentillesse, sa serviabilité était appréciée. Chacun reconnaissait en lui un vrai franc-maçon !
Pourtant, au fil de son apprentissage – en plus du silence « formateur » qui lui était imposé en loge – une autre chose le dérangeait. Il avait l’impression bizarre que la loge, puis les loges qu’il visitait avec son parrain, étaient composées de nombreux cercles internes, certes caractéristiques de tout groupe, mais dans lesquels, malgré ses efforts il ne parvenait pas à entrer. Il se sentait comme tenu à distance. Alors que les frères, les sœurs de sa promotion semblaient, eux, elles, pénétrer dans lesdits cercles, comme les anneaux d’un magicien s’insèrent les uns dans les autres, lui se heurtait en permanence à l’étanchéité de ce qu’il percevait comme des clans, affinités et autres apartés, entretenus par l’ancienneté. Au comptoir du bistrot près de l’obédience, mais aussi pendant les agapes, lors des réunions à domicile ou en sortie estivale. Sans parler des frères et des sœurs dont la sonnerie soudaine de leurs smartphones restés ouverts, interrompaient les dialogues. Ou de ceux et celles qui s’isolaient pour pianoter textos et mails sur leurs écrans. Aujourd’hui, ce ne sont plus les tables de Moïse, c’est la tablette qui fait la Loi, ironisa en lui-même le maçon en herbe !
Regards complices, gestes entendus, allusions orales, habilement mêlés au vocabulaire de la cité : Autant de signes mystérieux qu’il croyait percevoir dans les échanges. Il poussait la politesse jusqu’à se rendre sourd à ce langage qu’il pensait codé en embrassant ses frères et ses sœurs. Ne sait-on jamais, c’était peut-être ça le fameux secret maçonnique ? ! Il pensa un moment qu’il se faisait des idées. Qu’il fallait attendre. Que son malaise provenait de son esprit, sans doute resté dans les ténèbres ! Il confia son désarroi à son parrain, lequel essaya de le persuader qu’effectivement son intégration serait progressive, qu’il devait aller au-devant de ses frères, de ses sœurs, qu’il comprendrait le fonctionnement de la loge dans quelque temps. Qu’il allait bientôt tout voir, tout savoir, que tout allait venir ! Mais rien ne vint, en termes de vrais contacts. Ni de sa personne, ni de personne. Le filleul d’habitude si paisible, si affable, sentit une forte agressivité l’envahir, en même temps qu’il se fermait, telle une huître !
Alors il se dit, lui l’homme de communication… qu’il ne savait pas communiquer ! Et un mauvais soir, après une dure journée professionnelle, sans prendre de gants, il décida de rendre son tablier ! Il n’alla pas en tenue. Et quinzaine après quinzaine, on ne le vit plus sur les colonnes.
– Il avait certainement des problèmes personnels, dit l’un.
– Il n’a rien compris aux symboles, dit l’autre.
– Il n’a pas su s’intégrer ! ajouta un troisième
– Ce n’était pas un homme libre, ajouta un quatrième, content de lui.
Son parrain eut bien du mal à le convaincre de revenir en loge. En lui faisant comprendre qu’il ne changerait pas les autres, mais que lui pouvait changer sa vision et son écoute du monde maçonnique, de fait microcosme de la cité, avec ses bons côtés mais aussi ses travers. Il ne s’agit pas de culpabiliser et de rester dans son coin, mais de se « décrisper », somme toute d’oser s’affirmer : en n’étant ni hérisson ni paillasson ! Et le filleul, qui avait certainement trop idéalisé la franc-maçonnerie, remit in extremis son tablier pour tenter une nouvelle approche. Pour ouvrir les cercles et s’ouvrir à ses frères, à ses sœurs, humains trop humains !
On ne lui avait pas dit…
Que la fraternité est un art, ô combien difficile. Parce qu’aujourd’hui, on communique de plus en plus, mais on se parle de moins en moins !
La photographe Anna Gordon a obtenu un accès extraordinaire à la loge historiquement secrète de la franc-maçonnerie pour les femmes, l’une des deux grandes loges pour femmes au Royaume-Uni opérant depuis plus d’un siècle, alors qu’elle se tourne vers l’avenir.
Lorsque vous évoquez les francs-maçons, les gens ont tendance à avoir des réactions similaires : les membres ont-ils une poignée de main secrète ? Est-ce qu’ils retroussent leur jambe de pantalon? Y a-t-il de la corruption ? La seule chose à laquelle ils n’ont pas tendance à penser, ce sont les femmes.
Les racines de la franc-maçonnerie féminine remontent à la France de 1882, lorsque Maria Deraismes est devenue la première femme initiée, à la Loge des libres penseurs. La co-maçonnerie (franc-maçonnerie qui admet à la fois les hommes et les femmes) a été introduite de France au Royaume-Uni en 1902 par le Dr Annie Besant, qui en est devenue la dirigeante. Besant était une militante féministe, une réformatrice sociale et l’une des organisatrices de la grève des matchgirls en 1888.
En 1908, les co-maçons britanniques se sont libérés du contrôle français et ont formé trois loges sous une nouvelle Grande Loge. En 1913, la Grande Loge s’est scindée après une dispute sur les diplômes (les niveaux de la franc-maçonnerie), conduisant à la création de deux organisations distinctes qui devaient devenir l’Ordre des femmes francs-maçons et la franc-maçonnerie pour les femmes, qui continuent toutes deux à fonctionner. Depuis 1935, ce ne sont plus que des femmes.
Elles sont dirigées par deux Grands Maîtres (les loges des femmes utilisent la même langue, les mêmes traditions et les mêmes rites que celles des hommes). L’Ordre des femmes francs-maçonnes compte plusieurs milliers de membres tandis que la franc-maçonnerie pour les femmes en compte environ 700. Il existe des loges artisanales (loges locales) de femmes maçons à travers le Royaume-Uni et à l’étranger, notamment aux États-Unis, en Inde, à Gibraltar, en Espagne et en Roumanie.
La franc-maçonnerie est née parmi les guildes de tailleurs de pierre et ses symboles sont des objets utilisés dans la construction. Il existe trois degrés fondamentaux de la franc-maçonnerie : le premier est l’initiation, lorsque quelqu’un adhère ; le second est Passing to Fellowcraft; et le troisième est le maître maçon, également connu sous le nom de cérémonie de la résurrection.
« Quand je suis arrivé en 1976 , c’était plutôt ‘eux et nous’ et il fallait rester à sa place : c’était orienté vers le grade . Mais c’est beaucoup plus convivial maintenant… les hommes ont assoupli leur attitude envers nous . Au début, ils étaient hostiles et ne nous reconnaissaient pas . Les choses ont considérablement changé », explique Christine Chapman.
Christine Chapman, Très Vénérable Frère et Grand Maître. Nila Malviya, 76 ans, assistante du grand aumônier.Susan Bentley, 74 ans, grande inspectrice générale, et Marilyn Podro 82 ans, officier caritatif.
« C’est le club féminin le plus merveilleux… La camaraderie. Ce fait que vos situations dans la vie changent – personne ne sait ce qui s’en vient – mais c’est quelque chose de constant . Vous pouvez entrer et il y a toujours un visage amical et un accueil chaleureux… Si vous étiez avec un partenaire avant mais que vous ne l’êtes plus plus tard, vous avez toujours un endroit où vous pouvez aller et vous sentir à l’aise. Le lodge est toujours là pour vous », déclare Susan Bentley.
Maxine Besser, Grand Maître Adjoint, 74 ans. Elle vit dans le Sussex et en est membre depuis 1984.
« Je me suis inscrit parce que j’étais fouineur. J’étais fiancée à un gars dont le père était franc-maçon et ils organisaient toutes ces belles fêtes … J’ai déménagé à Brighton et j’ai finalement trouvé l’un des gars avec qui j’étais ami . Sa mère était franc-maçonne et elle m’a présenté une loge londonienne, et me voilà. Je n’ai jamais aspiré à ça , c’était un accident… Je n’aurais jamais imaginé que j’arriverais à ce poste », raconte Maxine Besser, adjointe au grand maître, 74 ans.
Historiquement, la franc-maçonnerie a été une affaire secrète, les membres n’étant pas autorisés à en discuter avec des étrangers. Aujourd’hui, il y a plus d’ouverture.
J’ai été invitée à une réunion de Lodge Justice No 4, qui fait partie de la franc-maçonnerie pour les femmes, dans la banlieue nord de Londres de Southgate. Une cérémonie de Raising avait lieu alors que Mathilde Mbouck, médecin du sud-ouest de Londres, recevait son troisième diplôme et devenait maître maçon.
Mathilde Mbouck, 46 ans. Au cours de la cérémonie, son tablier passera d’un portant deux rosettes, signifiant qu’elle a obtenu son deuxième diplôme, à un avec trois rosettes, montrant qu’elle est devenue Maître Maçon.Les trois rosaces signifient le statut de Mbouck en tant que maître maçon. Les membres portent du bleu clair sur leurs insignes jusqu’à ce qu’ils reçoivent un honneur
Même s’il y a plus d’ouverture, il y a des parties de la réunion que je ne suis pas autorisé à voir en tant que non-maçon. « Je préférerais ne pas utiliser le mot ‘secret’ mais plutôt dire que nous aimons garder un peu de mystère et un élément de surprise« , déclare Flora Quintner, 84 ans, professeur d’anglais et de droit à la retraite.
« Par exemple, vous ne seriez pas impressionné si vous veniez de dire à un ami que vous alliez au cinéma et que cet ami laissait échapper ce qui s’est passé à la fin. Cela enlèverait tout le plaisir de l’événement. De même, nous gardons les détails de notre cérémonie privés pour les mêmes raisons.Ce fut une cérémonie simple mais intense et émouvante pour moi. C’est un grand pas et je me sens plus partie de toute la famille » Mathilde Mbouck
Je lui pose également des questions sur la poignée de main et la jambe de pantalon retroussée. « Oui, il y a une poignée de main secrète mais je ne vais pas vous la montrer« , rigole-t-elle. Et la jambe du pantalon ? « Nous portons des jupes.«
La poignée de main secrète est utilisée pour signifier le degré atteint par un maçon. Il ne doit être utilisé que lors des cérémonies et non à l’extérieur des loges.
Dans le passé, si un individu voulait devenir franc-maçon, il devait presque toujours connaître quelqu’un qui en était membre, et le processus pouvait prendre plusieurs années. Désormais, les gens peuvent postuler pour adhérer en ligne.
Celui qui souhaite devenir franc-maçon doit répondre à trois exigences : être âgé de plus de 18 ans, être de bonne moralité (il y a un entretien pour l’établir), et s’il n’est pas nécessaire d’appartenir à une religion spécifique, il doit croire en une religion suprême. être – pendant les cérémonies, les gens sont tenus de prêter serment à un être suprême.
Et qu’en est-il des allégations de corruption? « Personnellement, je n’ai pas entendu parler de corruption au sein de notre organisation ni, d’ailleurs, dans l’UGLE [Grande Loge Unie d’Angleterre]« , déclare Quintner.
« Avant d’adhérer, tous les francs-maçons sont informés que la franc-maçonnerie ne détient aucun avantage commercial ou commercial et qu’il ne faut pas adhérer s’ils souhaitent simplement promouvoir leur entreprise. Nous ne souscrivons pas aux théories du complot, qui, nous sommes heureux de le dire, sont presque devenues une chose du passé. »
Et quel avenir pour la franc-maçonnerie féminine ? « Je crois vraiment qu’il y a une voie pour la franc-maçonnerie dans la société moderne car il y a beaucoup de membres et beaucoup d’initiations sont encore en cours« , déclare Ndanga-Adjovi.
« Le principal défi pour la franc-maçonnerie est d’envoyer les bons messages. Les anciennes traditions de garder des secrets, de ne pas communiquer suffisamment, doivent peut-être maintenant changer. »
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Cette option vous évitera les visites guidées sans intérêt, avec souvent des explications très approximatives. Il serait d’ailleurs intéressant que des francs-maçons eux-mêmes proposent ce genre de visites, à mon sens, elles n’en seraient que plus riches.
Cette balade touristique est l’occasion de vous replonger dans l’Histoire, aux côtés des francs-maçons, et de porter un regard nouveau sur des lieux emblématiques de la capitale.
Comme moi, j’espère que vous vous amuserez à déceler les symboles maçonniques, clairement visibles ou un peu plus dissimulés, laissés par les bâtisseurs francs-maçons sur des monuments, hôtels particuliers, statues ou façades. Ouvrez l’oeil et le bon, l’Histoire vous tend les bras !
Attention toutefois à ne pas associer toute représentation d’outils de maçon à une symbolique maçonnique. Un franc-maçon ne se cache pas forcément derrière chaque pyramide, chaque triangle ou chaque obélisque. A noter également que pour quelques monuments, on peut se demander si l’utilisation de symboles sont de véritables références maçonniques ou tout simplement l’iconographie de la Révolution ?
De la maçonnerie « opérative » à la maçonnerie « spéculative »
Avant de débuter la visite, voici un rappel historique pour mieux comprendre l’origine de la franc-maçonnerie avec le passage dela franc-maçonnerie dite « opérative » à la franc-maçonnerie dite « spéculative » (cette question a d’ailleurs soulevé de nombreux débats).
La première vient des métiers de la construction au Moyen-Âge (maçons, tailleurs de pierre, charpentiers…) qui étaient déjà organisés en catégories hiérarchisées. Ces corps de métier étaient dépositaires d’un grand savoir-faire pour garantir la qualité des édifices. Ils prêtaient même serment pour ne pas dévoiler les secrets professionnels transmis à des personnes qui n’étaient pas du métier. De plus, ils respectaient des exigences de bonne moralité dans leur conduite. Ces « bâtisseurs de cathédrales » se déplaçaient de ville en ville. Ils entreposaient leurs outils et se réunissaient dans des locaux souvent provisoires, édifiés sur le chantier, appelés des loges.
La seconde, la franc-maçonnerie dite « spéculative », relève d’une démarche intellectuelle, philosophique. Elle emprunte des symboles au métier de maçon pour éveiller la réflexion. Elle est née en Grande-Bretagne au XVIIIe siècle avec la création de la Grande Loge de Londres et de Westminster, résultat de la réunion de quatre loges londoniennes. Son acte fondateur est le livre des Constitutions d’Anderson de 1723. Après une querelle entre Anciens et Modernes, elle deviendra en 1813 la Grand Loge Unie d’Angleterre (GLUA) que l’on connaît aujourd’hui.
La franc-maçonnerie serait arrivée en France par les Jacobites, les partisans du roi Jacques II d’Angleterre, en exil en France, à Saint-Germain-en-Laye. Les premiers maçons en France, étaient donc écossais, anglais ou irlandais. Alors que le droit d’association n’existait pas encore en France, c’est entre 1725 et 1737 que les premières loges françaises ont été créées à Paris.
De Saint-Germain-des-Près à la place de la Concorde
Munie de ces deux guides, je suis partie à la découverte du Paris des francs-maçons ! Je vous propose tout d’abord d’explorer le quartier de Saint-Germain-des-Près, pour aller jusqu’à la place de la Concorde.
Le quartier de Saint-Germain-des-Près
La trace officielle de la première loge parisienne date de 1725-1726 avec la « loge Saint-Thomas » menée par Charles Radcliffe. Elle était installée au 12 rue de Buci, dans le quartier de Saint-Germain-des-Près, où vous pouvez encore voir le pentagramme de l’étoile flamboyante sculpté dans la pierre de la façade.
Poursuivez la visite en vous rendant au quai Malaquais, sur les bords de Seine. Vous y découvrirez une statue qui incarne la toute première représentation officielle de la République. Observez bien, on y retrouve des symboles maçonniques, très classiques au XVIIIème/XIXème siècle : un niveau et une ruche désignés par un glaive.
D’autres façades de certains immeubles du quartier de Saint-Germain-des-Près sont aussi le témoin de cet héritage maçonnique. C’est par exemple le cas au 117 Bd Saint-Germain, siège du Cercle de la librairie et au 244 Bd Saint-Germain, où se situe l’Hôtel de Roquelaure, siège du Ministère de la Transition écologique et solidaire.
La place du Palais Bourbon
A présent, direction la statue de la loi, place du Palais Bourbon, où se situe l’entrée principale de l’Assemblée Nationale. Sur la face ouest du bas-relief de la statue, vous reconnaîtrez l’œil du Grand Architecte de l’Univers, cher à de nombreux francs-maçons, entre deux plateaux d’une balance. Sur la face est, un serpent enroulé qui se mord la queue autour d’un miroir rayonnant, symbole de la connaissance initiatique. Ce serpent est appelé Ouroboros », il représente le cycle éternel et infini de l’univers qui est fait de renaissances constantes : de la vie à la mort, de la création à la destruction.
Le Palais-Bourbon fut réaménagé en Chambre des députés (Assemblée Nationale) à partir de 1827 par l’architecte Jules de Joly, fils d’un porte-parole du Grand Orient. Les décors de la salle des pas perdus et le plafond du salon de la Paix sont l’oeuvre du frère Horace Vernet. Le fronton actuel a été sculpté entre 1838 et 1841 par Jean-Pierre Cortot, membre de la loge Le Grand Sphinx. Sur celui-ci, parmi les personnages qui entourent la France drapée à l’antique, on distingue deux femmes, l’une portant une équerre et l’autre un compas.
L’Hôtel de la Marine et la place de la Concorde
Pour continuer, je vous invite à vous rendre à l’Hôtel de la Marine et place de la Concorde. Ce magnifique bâtiment du XVIIIè siècle est l’œuvre de l’architecte Ange-Jacques Gabriel. On accède aux grands salons (des Amiraux, des Ports de guerre…) par un grand escalier en marbre et stuc en trompe-l’œil attribué à Jacques-Germain Soufflot, franc-maçon, initié à la loge L’Aigle de Saint-Jean, à Joigny, dans l’Yonne.
L’obélisque de la place de la Concorde quant à elle, rappelle celle de Louxor, totem de la puissance du dieu Rê et symbole d’équilibre. C’est le baron Isidore Taylor, éminent frère, qui proposa son acquisition à Charles X et organisa son transfert d’Égypte en 1836.
Du Panthéon à la Grande Arche de la Défense
En plus des endroits ci-dessus, voici quelques-uns autres lieux emblématiques qui valent le détour et qui témoignent des liens étroits entre la franc-maçonnerie et l’Histoire à travers l’architecture parisienne. Il y en a encore beaucoup d’autres que je vous invite à découvrir par vous-même. 🙂
Le Panthéon
Situé dans le quartier latin, le monument, voulu par Louis XV, est l’oeuvre de l’architecte franc-maçon Jacques-Germain Soufflot. Au départ, il est destiné à devenir un lieu de culte catholique en l’honneur de Geneviève, la sainte patronne de Paris.
Alors qu’éclate le début de la Révolution française, le lieu est rendu à la Patrie et devient une nécrople. Le fronton est modifié pour laisser apparaître celui que l’on connaît aujourd’hui « Aux grands Hommes la Patrie reconnaissante ». Il s’agit alors de mettre à l’honneur les valeurs universelles issues du Siècle des Lumières et les grands principes de la République française.
Par la suite, sous le 1er Empire, en 1806, le bâtiment est à la fois le lieu d’inhumation des grands hommes de la patrie (dans la crypte) et un lieu de culte rendu à l’Église (dans la nef). De 1814 à 1830, l’édifice est une église et l’inscription sur le fronton est changée. La révolution de 1830 rétablit le Panthéon, il s’appelle alors le Temple de la Gloire puis le Temple de l’Humanité en 1848. Sur le fronton, la devise « Aux grands Hommes la Patrie reconnaissante » réapparaît. Sous le Second Empire, 1851-1870, l’édifice redevient une église et l’inscription disparaît.
Depuis 1885, date de la panthéonisation de Victor Hugo, l’église Sainte-Geneviève n’existe plus. Le bâtiment est bien le lieu de repos des grands hommes honorés par la République. Dans sa crypte, reposent des «grands Hommes» francs-maçons illustres, tels que Pierre Brossolette (figure emblématique de la résistance), Emile Zola ou Léon Gambetta. A noter que Jean Moulin n’a pas été initié en franc-maçonnerie mais adolescent, il a été « adopté » par la loge de son père selon la procédure du « lowton ».
Le quartier de la Tour Eiffel
Lemonument des droits de l’Homme au Champ de Mars : Situé près de la Tour Eiffel, ce temple discret d’inspiration égyptienne, érigé en 1989, est l’oeuvre de Ivan Theimer, sculpteur parisien d’origine hongroise. Il a été commandé par la Ville de Paris et commémore le bicentenaire de la proclamation des Droits de l’Homme et du Citoyen. Ce n’est pas un monument maçonnique en soi. C’est avant tout un hommage aux vertus des Lumières et à l’esprit de la liberté. Néanmoins, parmi les décorations, on y voit de nombreux ornements égyptiens et symboles maçonniques : delta rayonnant, soleil, dessins de Newton, compas, équerre….qui laisse penser aussi à un hommage à la franc-maçonnerie.
La Tour Eiffel : Si un doute subsiste sur le fait que Gustave Eiffel était lui-même franc-maçon, il était entouré de nombreux frères. C’était le cas de Maurice Koechlin, son ingénieur ou Eugène Milon, son chef de chantier. L’édification de la Tour Eiffel est étroitement liée à la franc-maçonnerie qui l’a voulue et en grande partie financée mais, d’après mes recherches, ce n’est pas un monument maçonnique en soi. Jules Ferry, alors ministre de l’Instruction publique, et René Goblet, président du Conseil, tous deux maçons, respectivement aux loges Alsace-Lorraine et La Clémente amitié, ont vivement soutenu le projet, devenu l’étendard des valeurs républicaines que les loges défendaient. Dans le contexte libéral et anticlérical de l’époque, la Tour Eiffel constituait aussi une victoire symbolique sur l’Eglise car celle-ci est plus haute que le sommet de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre ! Même si sa construction fit l’objet de nombreuses polémiques, la Tour Eiffel fut inaugurée juste à temps pour l’ouverture de l’Exposition universelle de 1889. Ainsi, même si la Tour Eiffel présente une forme pyramidale, est dotée d’un phare tout en haut illuminant la ville de ses lumières et de trois étages (à l’image des trois premiers grades des francs-maçons), elle n’en reste pas moins un pur projet d’ingénierie.
La statue de « La Liberté éclairant le monde » : Installée sur l’île aux Cygnes, elle est une réplique, dans une taille plus petite de celle la Ville de New York. Elle a été conçue par le frère Auguste Bartholdi, avec l’aide de Gustave Eiffel. On peut y voir un hommage aux idéaux maçonniques : la main gauche de la statue tient une tablette représentant la Connaissance tandis que la main droite brandit une torche enflammée, illuminant le monde grâce à la lumière de la Vérité. En vous baladant dans le Jardin du Luxembourg, vous découvrirez une autre statue de la Liberté, plus petite. Deux autres sont à également découvrir dans Paris : à l’entrée du Musée d’Orsay et une toute petite cachée dans la statue du Centaure de César, installée place Michel Debré (dans le 6ème arrondissement). Pour renforcer l’amitié franco-américaine, la France a même envoyé courant juin le modèle réduit de la statue de la Liberté qui était visible sur le parvis du Musée des Arts et Métiers. Elle a été prêtée pour 10 ans aux Etats-Unis. Après avoir fait une escale à New-York début juillet, elle a été installée dans les jardins de l’Ambassade française à Washington le 14 juillet, jour de la fête nationale française. Enfin, place de l’Alma, vous trouverez une réplique exacte de la flamme, symbole de l’amitié franco-américaine.
Les fresques du Palais d’Iéna : Le bâtiment abrite le Conseil économique, social et environnemental. Sa façade est décorée par des mosaïques qui représentent des allégories d’inspiration maçonniques, comme la pierre taillée, la voûte étoilée, la pyramide, les trois premiers grades et «la chaîne d’union fraternelle».
La Grande Arche
Le zodiaque de la Grande Arche : Au sommet de ce cube parfait de 110m de côté, de hauteur et de profondeur, conçu par l’architecte Otto von Spreckelsen, on distingue un dallage avec les douze signes du zodiaque. On peut y voir un hommage à la voûte céleste, que l’on retrouve dans les nefs des temples maçonniques.
Sur le toit de cette « fenêtre ouverte sur le monde », selon les mots de son architecte, est installée la Fondation de « L’Arche de la fraternité », inaugurée en 1989 à l’occasion du bicentenaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen. Cette fondation oeuvre au niveau mondial en faveur de la défense et de la promotion des droits de l’homme et s’intéresse aux nouvelles menaces dans les sociétés contemporaines.
Les statues de francs-maçons illustres
Dans Paris, de nombreuses statues rendent hommage à des francs-maçons célèbres qui ont marqué l’Histoire. En voici quelques-unes :
La statue de Ludwig van Beethoven, jardin du Luxembourg (6ème arrondissement) : réalisée par le sculpteur Bourdelle, en hommage à l’auteur de la Neuvième Symphonie, une oeuvre d’inspiration maçonnique.
La statue équestre d’Edouard VII, place Edouard VII (9ème arrondissement) : elle fait face au théâtre du même nom. Cet ancien roi d’Angleterre, qui fut également Grand Maître de la GLUA entre 1875 et son couronnement1910, est représenté en costume d’apparat. Il est directement à l’origine du rapprochement diplomatique entre la France et la Grande-Bretagne qu’on nomme « Entente Cordiale ».
Les statues d’Alexandre Dumas père et fils, place du Général Catroux (17ème arrondissement) : elle porte le nom du général Catroux depuis 1977, en mémoire de Georges Catroux, un militaire de haut rang qui fut parmi les premiers à se rallier au Général de Gaulle.
Elle fut longtemps surnommée ” la place des trois Dumas “ car elle réunissait la statue du général Dumas, héros des guerres de la Révolution et père du romancier, debout, son fusil à la main, aux côtés de celles de son fils et de son petit-fils. Tous trois étaient des francs-maçons notoires. La statue du Général Dumas n’existe plus, elle a été détruite durant l’occupation en 1942.
Sur la face principale de la statue d’Alexandre Dumas père, trois lecteurs feuillettent un de ses livres, allégorie de la Lecture et de l’autre côté, se tient d’Artagnan, son éternel héros.
La statue d’Alexandre Dumas fils le représente en habit de travail, un stylet à la main, entouré par un groupe de trois figures féminines qui illustrent des émotions : la Douleur, la Résignation et la Jeunesse. Celui-ci vécût dans un hôtel particulier situé au 98, avenue de Villiers.
La statue de Washington et La Fayette, place des Etats-Unis (16ème arrondissement) : la statue de ces deux francs-maçons notoires est l’oeuvre du frère Auguste Bartholdi. Ces deux héros de l’Indépendance américaine sont représentés en costume militaire, en train de se serrer fraternellement la main, devant les drapeaux de leurs deux nations.
La statue de Jules Ferry, jardin des Tuileries (1er arrondissement) : elle rend hommage à cet homme politique français qui a joué un rôle majeur dans l’instauration de l’instruction obligatoire, gratuite et laïque vers 1880. On peut dire que c’est l’un des pères fondateurs de l’identité républicaine. Si vous regardez bien les quatre coins du socle, vous apercevrez un triangle et un fil à plomb.
La statue équestre de La Fayette, cours la Reine (entre le Grand Palais et la Seine, 8ème arrondissement) : c’est à l’initiative des américains (tribut de la société nationale des filles de la révolution américaine), en remerciement de la Statue de la Liberté, que cette statue fût érigée en l’honneur de ce héros de l’indépendance américaine, « compagnon d’armes de George Washington » (comme l’indique le bas relief de la statue) et figure historique majeure des révolutions françaises de 1789 et 1830.
La statue équestre de George Washington, place d’Iéna (16ème arrondissement) : cette statue du plus illustre des pères fondateurs de la démocratie américaine, fut offerte à la France par les Etats-Unis en 1900. En un geste glorieux, Washington brandit une épée vers le ciel.
La statue de Benjamin Franklin, square de Yorktown (16ème arrondissement) : oeuvre de John Boyle, elle représente cet illustre savant et homme d’Etat, en position assise, l’air serein, le regard comme éclairé, rempli de bienveillance. Vous remarquerez que la statue est installée sous un acacia, arbre sacré des Egyptiens et symbole maçonnique par excellence. Benjamin Franklin fut élu Vénérable Maître au sein de la loge des 9 soeurs du GODF, une loge mythique du 18ème siècle, dans le courant de l’Esprit des Lumières.
La statue de Maria Deraismes dans le square des Epinettes dans le 17è arrondissement. Féministe d’avant-garde, elle fonde en 1893, avec Georges Martin, l’obédience mixte Le Droit Humain. Elle a aussi donné son nom à une rue située juste en face du square.
A noter que la toute première femme initiée franc-maçonne est Elisabeth Adlsworth née Saint-Léger à Cork, en 1712.
Et aussi, la statue de Thomas Payne, parc Montsouris (14ème), le buste du baron Taylor, place Johann-Strauss (10ème), la statue du « Triomphe de la République », place de la Nation (12ème) et la frise murale dans le square Paul Langevin, en hommage à l’engagement humaniste de ce physicien, philosophe des sciences et homme politique français qui n’a jamais été initié mais fréquentait assidûment le Grand Orient de France.
Une nouvelle fois je tiens à remercier Inspy pour sa bienveillance et pour m’avoir permis de découvrir la place du général Catroux.