Est-il si difficile que cela d’être Franc-maçon et sympathisant RN ?

La question de la compatibilité entre la Franc-maçonnerie et le Rassemblement National (RN) revient régulièrement dans les débats, alimentée par des exclusions publiques, des rappels à l’ordre (voire à l’Ordre) prononcés par des obédiences, sans compter des tensions internes dans diverses loges. Si les positions officielles des grandes obédiences libérales restent fermes sur une incompatibilité idéologique, une réalité plus nuancée émerge : un nombre non négligeable de Francs-maçons sont désormais acquis en secret à la cause RN et certaines loges tanguent plus ou moins vers son idéologie, quoiqu’encore en toute discrétion.

Cela crée quelques inédites montées en pression, au sein d’ateliers où des Frères ou des Sœurs en viennent à régler des différends partisans — notamment, entre RN et LFI — et importent des clivages profanes menaçant l’unité fraternelle. Cet article s’efforce de jeter un jour sur ces situations, en explorant ces relations complexes… sans parti pris, si l’on ose dire.

Pourquoi est-il difficile voire incompatible d’être à la fois sympathisant ou membre du Rassemblement National (RN) et franc-maçon ?

La question est tranchée depuis des décennies par la majorité des obédiences maçonniques françaises, en particulier les obédiences libérales et adogmatiques (Grand Orient de France – GODF, Droit Humain, Grande Loge Mixte de France, etc.). Être ouvertement RN n’est pas une simple « opinion politique » comme une autre : c’est une incompatibilité idéologique et réglementaire reconnue explicitement par les textes internes et les prises de position publiques des grands maîtres. Voici l’explication factuelle et documentée.

Les valeurs maçonniques fondamentales face à l’idéologie RN

La Franc-Maçonnerie française, surtout dans ses obédiences majoritaires, repose sur trois piliers intangibles issus des Lumières et de la IIIᵉ République :

  • Laïcité stricte et universalisme : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit », comme le proclame, au demeurant, l’article premier de la Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen du 26 août 1789 et ce, sans distinction d’origine, de religion ou de nationalité. La fraternité est universelle, elle ne se colore ni ne se décolore en aucune façon, on ne saurait l’entendre comme « nationale, d’abord ». La franc-maçonnerie tout comme la République protège tous les hommes sur le même pied, dans leurs opinions et leurs croyances.
  • République et humanisme : La triade « Liberté, Égalité, Fraternité » n’est pas seulement la devise officielle de la République française ; elle énonce trois valeurs, trois principes, trois vertus que, depuis des temps immémoriaux, la plupart des francs-maçons reprennent dans leurs acclamations. Il ne s’agit point d’une allégeance conventionnelle, d’un slogan de commodité, mais bel et bien d’un ternaire constitutif et fondateur qui réside au cœur du serment rituellement prêté, lors de l’initiation, même s’il n’y est pas explicitement formulé.
  • Rejet de toute forme de discrimination et de xénophobie : la «préférence nationale » contrarie « frontalement » ces principes. Pour le franc-maçon, les différences ethniques sont sources d’enrichissement et l’obligent à rechercher la concorde.
Jordan Bardella

Le RN, qui constituerait une évolution « dédiabolisée » du Front National sous la conduite de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, n’en repose pas moins, comme nous venons de le rappeler, sur cette idée centrale de préférence nationale (priorité aux Français en matière d’emploi, de logement, d’aide sociale, etc.), dérivant d’une vision identitaire et souverainiste qui accorde une prééminence à la nation sur toute autre considération et qui ne se prive pas de démonétiser expressément l’idéal universaliste. L’ancien Grand Maître du GODF, Guillaume Trichard, l’a rappelé solennellement, en 2024-2025 :
« La préférence nationale est clairement contraire à nos valeurs humanistes et universalistes. »
« L’idéologie de l’extrême droite est contraire à nos principes. » Le GODF l’inscrit même dans son règlement général : il interdit à ses membres d’appartenir au RN, ainsi qu’à tout groupement prônant peu ou prou la discrimination ou la haine raciale.

Une incompatibilité officielle et ancienne (1987-2026)

Roger Leray – Source-INA
  • 1987 : Le Grand Maître Roger Leray (GODF) déclare publiquement : « Il y a incompatibilité entre la franc-maçonnerie et le Front National. »
  • 2016-2017 : Sept obédiences majeures (représentant la moitié des francs-maçons français) lancent un appel unitaire contre Marine Le Pen : « Le bulletin Marine Le Pen est totalement incompatible avec les principes et les valeurs humanistes défendus au sein des loges. »
  • 2016 : Jean-François Daraud, ex-UDI investi par le « Rassemblement Bleu Marine », est exclu du GODF pour « incompatibilité entre son ralliement politique et ce que prône la loge ».
  • 2022 : Jade Escoffier, candidate RN aux élections départementales dans le Vaucluse, est exclue de la Grande Loge Mixte de France (GLMF).
  • 2024 (législatives) : Le GODF appelle officiellement à « tout faire pour empêcher l’extrême droite de devenir majoritaire » et organise des manifestations publiques.
  • 2025-2026 : Encore récemment, le Grand Maître de la Grande Loge de France, Jean-Raphaël Notton, a tracé une ligne rouge très nette (très Nat’ ?) : tout acte ou déclaration xénophobe ou antisémite entraîne une exclusion immédiate. Il évoque même des «vents mauvais » comparables à ceux d’avant 1945.

Même les obédiences plus traditionnelles (comme la GLNF), qui restent officiellement apolitiques, considèrent que les valeurs du RN heurtent l’esprit maçonnique.

L’antimaçonnisme historique du FN/RN

Jean Marie Le Pen

Le Front National (le prédécesseur du RN, de 1972 à 2018) a toujours été porteur d’un antimaçonnisme viscéral :

  • Jean-Marie Le Pen réclamait ouvertement la dissolution des obédiences maçonniques.
  • Le parti a longtemps relayé la thèse en apparence éculée mais toujours vivace du « complot judéo-maçonnique » (héritée, aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, de partis, mouvements et groupuscules d’extrême droite, qui, quoique hétérogènes, conservaient des caractéristiques idéologiques communes).
  • Aujourd’hui encore, une partie de l’électorat et des cadres RN voit, dans la franc-maçonnerie, un « réseau d’influence » cosmopolite suspect, qui serait par nature favorable à l’immigration et à la dissolution des frontières.

Même si Marine Le Pen a recruté ponctuellement deux avocats francs-maçons en 2012 (ce qui avait été vécu comme une provocation), des cas semblables restent marginaux et ont souvent conduit à des tensions internes ou à des exclusions de loges libérales.

Les sympathisants RN en loge : une réalité discrète et conflictuelle

Malgré ces positions officielles, une évolution souterraine s’observe depuis 2022-2026 : d’assez nombreux Francs-maçons, surtout dans des obédiences traditionnelles ou implantées en zones rurales, sont désormais acquis en secret à la cause RN. Des témoignages internes rapportent que des Frères votent RN aux élections locales ou législatives, tout en taisant leurs convictions en loge pour éviter rebuffades et condamnations. Certaines loges, particulièrement dans le Sud-Est ou dans le Nord, penchent discrètement en faveur d’une attitude « RN-friendly », au gré de débats informels sur l’immigration ou la souveraineté qui s’infiltrent dans les tenues.

Photo satirique non contractuelle – Crédit 450.fm

Ce phénomène pose un problème majeur : la loge, censée être un espace de neutralité symbolique, voit émerger des Frères ou des Sœurs qui règlent des différends partisans — entre RN et LFI notamment. Des altercations surviennent, lors d’agapes ou d’échanges intervenant hors des tenues : un Frère, proche du RN, en accuse un autre de « laxisme sur l’immigration », un sympathisant LFI rétorque par des accusations de « xénophobie ». Ces tensions n’ont rien à voir avec la Franc-maçonnerie ; elles importent les clivages profanes au sein des temples, fracturent la fraternité et détournent du travail initiatique. Des Grands Maîtres provinciaux ou assistants Grands Maîtres, sans choisir ici entre les dénominations, ont signalé, en 2025, des « séances houleuses » menant à des démissions, rappelant que la loge ne doit en rien ressembler à un « ring électoral ».

Les conséquences pratiques pour un Franc-maçon

  • Exclusion automatique dans la plupart des obédiences libérales, dès qu’un frère affiche publiquement son soutien au RN (candidature, adhésion visible, propos xénophobes).
  • Tensions en loge : même sans exclusion formelle, évoquer la « préférence nationale » ou des thèses identitaires est perçu comme une violation du serment de fraternité et d’universalisme, notions inséparables. Cela engendre des conflits, des débats agités voire des mises à l’écart.
  • Exception rare : certaines loges très traditionnelles ou régulières (qui interdisent toute discussion politique) tolèrent parfois de discrètes inclinations, mais l’incompatibilité foncière n’est pas remise en question.

En résumé : on peut être de droite, gaulliste, libéral, conservateur et rester franc-maçon. Mais le RN incarne une rupture avec l’universalisme républicain et humaniste qui constitue le cœur de l’engagement maçonnique, depuis plus de deux siècles.

En résumé…

Un franc-maçon qui choisit le RN est donc appelé, tôt ou tard, à choisir entre sa loge et son parti. L’histoire récente (exclusions répétées, appels publics des grands maîtres, manifestations maçonniques anti-RN) montre que les obédiences n’ont jusqu’à présent jamais transigé sur ce point. Il s’agit moins là d’une question de « tolérance » que d’une exigence de fidélité aux valeurs fondamentales qui réunissent les membres des différentes obédiences maçonniques.

La Franc-Maçonnerie n’est pas un parti politique, mais elle a un ADN républicain, laïque et universaliste. Le RN, quant à lui, a un ADN nationaliste et identitaire. Ces deux ADN ne peuvent durablement se mélanger en une même personne, sans reniement de l’un ou de l’autre. C’est aussi franc que cela, maçon ou non…

Face à l’émergence de sympathisants discrets, les loges doivent, désormais, redoubler de vigilance pour préserver leur sanctuaire symbolique des vents partisans.

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22 Commentaires

  1. Bonsoir,
    Pour moi, et tant pis si je vous choque, c’est la politique quel que soit le parti qui n’a pas sa place en loge.
    Je fais partie de la GLDF, dans une petite loge de la région bordelaise et nos tenues et agapes sont joyeuses, animées mais sans jamais aucun heurt ou conflit car politique et religion en sont exclues.
    Vive le symbolisme.

  2. Histoire vraie…
    Il y a quelques années, le DH cherchait une base juridique pour exclure ceux qui votaient pour le FN. Et ça ramait grave. On ne trouvait aucun élément juridique cohérent. J’étais dans une loge de Compiègne appelée  » Raoul Aubaud  » du nom d’un ancien député local. Je demande à tous les Fr et Soeurs de la loge : si nous étions à la sortie de la guerre 39-45 et qu’on demande au profane  » as-tu soutenu le Maréchal Pétain ? « .. Il répond  » oui « … On l’autorise à nous rejoindre ? Tout le monde  » non ! ». Très bien. Deuxième question : si le profane a soutenu les lois antijuives, l’accepte-t-on dans nos rangs ? Tout les membres de la loges crient  » forcément que non !! « .
    Ok Ok … Donc Raoul Aubaud, député qui a voté les pleins pouvoirs au Maréchal ainsi que ls lois antijuives, ne pourrait pas rentrer dans la loge qui porte son nom.

  3. On peut être franc-maçon tout en étant engagé politiquement, que ce soit au RN, à LFI ou ailleurs. La franc-maçonnerie ne doit pas exclure les convictions personnelles ni les appartenances partisanes. En revanche, un principe essentiel demeure : la politique n’a pas sa place en loge, ni dans les parvis qui l’entourent. Ces espaces sont dédiés à la réflexion, au travail sur soi et à l’échange fraternel, dans le respect des opinions de chacun, sans débat partisan.

  4. L’article 93 du RG du GODF est tres clair. il concerne bien les « association ou groupement »… il ne concerne pas que le RN malheureusement.
    L’affaire MAFFESOLI est aussi révélatrice d’un délitement grave et un naufrage personnel d’un homme anciennement franc-maçon.
    Quand on ose intervenir dans une intervention officielle au sein du programme de l’organisme politique de formation de Marion Marechal Le Pen ainsi qu’en réunion publique organisée par l’Action Française, il y a bien une collaboration de fait avec ces « groupements ».
    M. MAFFESOLI fut un petit et médiocre LUCHAIRE…
    Protéger et développer les valeurs de la franc-maçonnerie n’est pas qu’une formule oratoire. Elle est un combat interne et externe aux obédiences.
    Etre franc-maçon et porteur de l’idéologie fasciste et d’extreme droite c’est comme être juif et nazi.
    Ce n’est pas une « contradiction ». C’est un naufrage et un suicide.

    • Mon Dieu ! Un professeur qui intervient dans la seule école capable de s’opposer à science po, quelle horreur !!!
      Il avait envoyé sa démission avant d’être exclu.
      Mais vous avez raison et vous confirmez ce que je pense : le franc-maçonnerie libérale (puisque ça ne concerne qu’elle) est un club de l’entre-soi dont les valeurs sont éculées… Elle chante le temps des cerises en ignorant quand elles poussent…

  5. Plutôt que de citer des noms de partis, il me semble plus cohérent d’affirmer que l’extrême droite et l’extrême gauche ne sont pas compatibles avec la Franc Maçonnerie. A chacun d’apporter sa propre définition des extrêmes.

  6. A stef34, l’article que tu cherches est ici: https://450.fm/2026/04/15/peut-on-desormais-etre-franc-macon-et-sympathisant-lfi/

    Tout d’abord, je suis un peu déçu de constater qu’il y a bien plus de réactions sur les sujets politiques que sur ceux qui abordent les questions symboliques… il serait dommage que la FM confonde initiation et militantisme…

    Mais ce qui encore plus intéressant, à la lecture de ces deux articles, c’est que la conclusion de celui sur la FM et LFI est beaucoup plus nuancée et permissive, que celle sur FM et RN… Quelle surprise ! Lisez ci-dessous, c’est pathétique :

    « Plutôt que d’affirmer une incompatibilité absolue, ne faudrait-il pas envisager cette question sous l’angle, d’abord, d’un appel à la réflexion individuelle ? Être à la fois franc-maçon et sympathisant d’un mouvement politique implique sans doute de naviguer entre des tensions, des arbitrages et, le cas échéant, des inconforts et ce n’est point exclusivement réservé à un secteur de l’opinion, en particulier. Cependant, à ce stade, on ne peut s’empêcher de se demander s’il existerait, malgré tout, un éventail d’engagements « acceptables », au sein du spectre politique global. Ce n’est pas une mince affaire…

    Et ce n’est pas, non plus, une mince affaire quand on s’interroge, en son for intérieur, sur le point de savoir jusqu’où l’on peut aller sans trahir ce que l’on considère comme les valeurs initiatiques essentielles ? À partir de quel moment une divergence de comportement ou de conviction devient-elle une contradiction ? En d’autres termes, la fidélité aux principes intangibles de la franc-maçonnerie ne peut-elle, en certaines circonstances, que conduire à un aménagement des positions politiques, de manière qu’exigence de lucidité et cohérence personnelle continuent d’aller de pair, dans un plein et constant exercice de la conscience ? »

    En résumé, la question de l’appartenance à LFI est une question de « réflexion individuelle », quand il s’agit d’un « acte contre nature » dès lors que l’on évoque le RN.

  7. Question extrêmement délicate en effet. A mon avis la politique ne doit pas entrer dans les loges. Dans la mienne j ignore les préférences partisanes des frères de ma loge.
    En revanche en dehors des loges dans le cadre d une relation amicale on peut exprimer des préférences politiques.
    A titre d’information une enquête interne avait été co.duite au sein de la gldf à la fin des années 90. Il en a été résulte que environ 3 % des frères avouait.. être antisémites!
    Les FM sont aussi des humains et le restent en loge qu’y pouvons-nous?
    Je terminerai sur une note plus optimiste: je ne connais pas d’autre lieu où l’on puisse se sentir aussi libre, respecté et stimulé intellectuellement qu’une loge maçonnique.

  8. Comme Stef34 je suis pour une symétrie RN/LFI.
    Tout simplement à partir des valeurs républicaines, du respect de l’autre et de la laïcité/

  9. Cet article est le rype même du marronnier .FM et FN sont une invention mitterrandienne.On ne fait pas de politique en loge.Point final.

  10. j’en profite pour signaler ce qui me semble une incohérence: au GODF on ne peut pas accepter un candidat qui appartient ou aurait appartenu à un parti, une association etc… qui prône des idées contraires à l’universalisme.
    par ailleurs la démarche maçonnique se fonde sur l’idée que nous sommes libres d’évoluer et de changer, d’opinion, d’appartenance etc…
    ce qui fait que le candidat qui a renié son appartenance ancienne est quand même refusé alors que le F.’. qui soutient les idées du RN reste en loge pour peu qu’il ne fasse pas de publicité.
    j’ai dit

  11. Bonjour.
    L’incompatibilité entre FM et politique est totale ou ne peut l’être. La FM se réveillerait quand il s’agit de l’extrême droite, mais faut-il rappeler aux FF et SS et surtout au niveau des obédiences que cet extrême position politique n’existe et n’est arrivé à ces scores en France, que sur la trahison des autres partis envers la fraternité des citoyens français depuis 50 ans ? L’absence des politiques envers la recherche du bien-être des citoyens, aussi bien des partis de droite comme de gauche, n’existe plus, nos élus servent le matérialisme, le consumérisme, le système économique et finalement capitaliste qui est bien, lui, non pas universelle mais international. Quelle obedience s’est réellement exprimée publiquement en ce sens depuis… 1717…? La FM est-elle alors neutre politiquement ? Serait-ce le GODF qui porte haut le drapeau du PS sans s’en cacher qui s’étonne de voir comme dans le monde profane ses brebis qui ne se retrouvent plus dans le socialisme depuis la trahison de 1981, portée pour rappel par de nombreux FF et SS ? Qu’ont-ils répandu depuis les parvis des temples vers la France profane ? Que disent-ils aussi devant toutes les horreurs presentes en direct au quotidien envers l’humanité ? Fraternité ou es-tu en faisant abstraction reelle du fait politique et spiritualité ou es-tu en faisant abstraction totale des religions ?
    A méditer. Fraternellement.

    RELIGION INITIATION POUVOIR
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  12. Cet article est utile. Il pose la question. L’achoppement tient uniquement à propose le la préférence nationale.
    Pour ma part, c’est une erreur de le critiquer sur ce point. Il est normal qu’un Français puisse bénéficier de davantage d’égards et d’aides dans son propre pays. Sinon on supprime les frontières.
    En cas de guerre, heureusement que la préférence nationale s’applique. Quant à la fraternité, nous sommes des frères, nous l’appliquons plus que tout autre. Nous nous aidons les uns le autres au motif d’une appartenance choisie. On pourrait être critiqué pour cela. L’universalisme est une valeur intellectuelle partagée avec tous les partis, La FM est internationale. Le microcosme que représente la FM est en tout cas bien meilleurs que le macrocosme de la société. On juge le RN sur des inclinations que souvent nous partageons.

      • Wikipédia « Pour la franc-maçonnerie et plus particulièrement le Grand Orient de France, l’universalisme est l’opportunité pour chaque peuple de se référer à quelque chose de plus grand et de commun à l’humanité, sans pour autant nier ses particularités. Cela a pour vertu de créer un lien entre tous les humains quelles que soient leurs cultures, origines, etc. »

  13. Si tu votes RN t’es viré de la FM , si t’es FM t’es excommunié de l’église catholique.
    Faut pas faire de politique en loge …
    Je connais des frères de gauche et des frères de droite .
    Chez un franc maçon ce qui compte c’est son comportement, pour le reste vous pourrez comme l’on dit : » toujours courir  » .

  14. Bonjour
    A quand un article sur la question de la compatibilité entre la Franc-maçonnerie et La France Insoumise (LFI) qui n’est que l’autre face d’un même danger ?

  15. Bonjour ce qui est lamentable aussi c est de se retrouver en visite dans certaines loges du G O et vous avez le Vénérable qui donne des consignes de vote alors que ce n est ni le lieu ni le moment d en parler Après pour être équitable pourquoi ne pas dire ni extrême droite ni extrême gauche ?

  16. Ce qui me frappe, chez certains francs-maçons qui veulent justifier un vote RN, c’est cet argument devenu mécanique selon lequel ce parti appartiendrait à l’arc républicain et qu’il ne serait donc pas interdit de voter pour lui.
    Mais depuis quand ce qui est légal devient-il, par magie, initiatiquement cohérent ou moralement indifférent ?
    Confondre le permis et le juste, le légal et le légitime, c’est déjà une manière de déplacer le débat.
    La question n’est pas de savoir si un bulletin de vote est autorisé par le droit. La question est de savoir s’il est compatible avec l’idéal maçonnique de fraternité, d’universalité et de refus des logiques d’exclusion.
    Rappelons aussi qu’en février 2024, un déjeuner réunissant Jordan Bardella et une trentaine de frères issus de la mouvance droitière de la franc-maçonnerie a été révélé par Le Canard Enchaîné, au point que le Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) qui se prétend régulière a dû préciser que cette rencontre s’était tenue hors des locaux et que l’obédience n’en était pas à l’initiative. Le malaise ne date donc pas d’hier.
    Et puisque certains aiment s’abriter derrière les mots, rappelons encore que le Conseil d’État a jugé en février 2026 que le classement de l’UDR dans le bloc de l’extrême droite ne relevait pas d’une erreur manifeste d’appréciation.
    À un moment, il faut cesser de prendre les frères pour des naïfs !
    Dire qu’un vote pour de telles formations ne poserait aucun problème au regard de l’engagement maçonnique, ce n’est pas éclairer le débat.
    C’est demander aux autres de ne pas voir ce qu’ils voient.
    Sans parler ouvertement, en PACA en général et à Nice en particulier, de soutiens de frères de la GLNF à Éric Ciotti…
    TAF

    • Voter RN serait incompatible avec un engagement FM. Mais être communiste, c’est à dire anti républicain, ne poserait aucun problème ! Exclure les FF ou SS qui ont un comportement en loge irréprochable, n’est pas acceptable quel que soit leur vote. C’est au Fr de prendre une décision sur la compatibilité de ses engagements. Ce n’est pas aux autres de décider pour lui.

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Charles-Albert Delatour
Charles-Albert Delatour
Ancien consultant dans le domaine de la santé, Charles-Albert Delatour, reconnu pour sa bienveillance et son dévouement envers les autres, exerce aujourd’hui en tant que cadre de santé au sein d'un grand hôpital régional. Passionné par l'histoire des organisations secrètes, il est juriste de formation et titulaire d’un Master en droit de l'Université de Bordeaux. Il a été initié dans une grande obédience il y a plus de trente ans et maçonne aujourd'hui au Rite Français philosophique, dernier Rite Français né au Grand Orient de France.

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