Peut-on désormais être Franc-maçon et sympathisant LFI ?

Une tension difficile à penser ? Être sympathisant de La France Insoumise et franc-maçon : une compatibilité en question. La Franc-Maçonnerie française, qu’elle relève du Grand Orient de France, de la Grande Loge de France ou d’autres obédiences, s’appuie traditionnellement sur quelques repères fondamentaux : une certaine idée de la laïcité, une fraternité pensée comme universelle, le recours à la raison critique et une vigilance face aux formes de dogmatisme.

Ces principes, souvent invoqués, ont nourri l’engagement républicain des loges depuis le XIXe siècle, notamment dans leur rapport à la liberté de conscience et à la lutte contre diverses formes d’obscurantisme.

S’il existe un consensus généralement accepté au sujet de l’incompatibilité avec le RN, le débat portant sur la compatibilité LFI/FM est assez récent.

Dans ce contexte, une question peut émerger : comment articuler ces références maçonniques avec certaines évolutions récentes du paysage politique, en particulier celles attribuées à La France Insoumise (LFI) ? Depuis plusieurs années — et plus encore depuis les événements tragiques du 7 octobre 2023 —, certains observateurs estiment percevoir un déplacement idéologique du mouvement, évoquant une plus grande attention portée aux questions identitaires, religieuses ou postcoloniales. Mais comment interpréter ces évolutions ? S’agit-il d’un tournant profond, d’une stratégie politique circonstancielle ou d’une lecture partielle amplifiée par le débat public ?

Dès lors, la compatibilité entre un engagement maçonnique et une sympathie pour LFI relève-t-elle d’une contradiction insurmontable ou d’une tension féconde qui mérite d’être examinée ? La réponse semble moins évidente qu’il peut y paraître, de prime abord.

Les principes maçonniques à l’épreuve du pluralisme contemporain

Les obédiences maçonniques françaises ont historiquement défendu une conception exigeante de la laïcité : séparation des sphères religieuse et politique, égalité des citoyens, refus des assignations identitaires. Mais cette laïcité doit-elle être interprétée de manière stricte et uniforme ou peut-elle évoluer dans ses formes d’expression au regard des transformations sociales ?

De même, la fraternité universelle, souvent mise en avant, suppose-t-elle une neutralisation complète des appartenances particulières ou peut-elle coexister avec la reconnaissance de certaines expériences sociales différenciées ? Enfin, la primauté de la raison implique-t-elle une mise à distance de tout discours militant ou bien un effort constant de dialogue avec les tensions du monde contemporain ?

Ces questions traversent aujourd’hui les loges elles-mêmes et il n’est pas certain qu’elles appellent des réponses uniques.

Les prises de position de LFI : rupture, continuité ou relecture ?

Les réactions de LFI aux événements du 7 octobre 2023 ont suscité de vifs débats. L’absence initiale du terme « terrorisme » dans certaines déclarations ou encore les propos de figures du mouvement ont été diversement interprétés : pour certains, ils traduisent une ambiguïté problématique ; pour d’autres, ils relèvent d’une volonté de replacer les éléments dans une lecture géopolitique plus large.

De même, l’accent mis par LFI sur la cause palestinienne, sur la dénonciation de l’islamophobie ou sur certaines revendications liées aux minorités peut être lu de différentes manières. Est-ce le signe d’un glissement vers des formes de communautarisme ? Ou l’expression d’une tentative — discutable ou non — de répondre à des réalités sociales perçues comme insuffisamment prises en compte ?

Les données électorales, les initiatives parlementaires ou les départs de certains militants alimentent ces interrogations, sans nécessairement clore le débat.

La vie des loges face aux débats contemporains

Assemblée nationale en France
Assemblée nationale en France

Au sein même de certaines obédiences, notamment au Grand Orient de France, des tensions ont été rapportées autour de l’introduction de thématiques comme l’islamophobie ou la question palestinienne. Pour certains frères, ces sujets risqueraient de déplacer le travail maçonnique vers des terrains trop directement politiques ou identitaires ; pour d’autres, ils reflètent simplement l’inscription des loges dans leur époque.

Faut-il voir dans ces évolutions une forme d’entrisme idéologique ou plutôt l’expression d’une pluralité interne, inhérente à toute organisation vivante ? Où placer la limite entre débat légitime et dénaturation des travaux maçonniques ? Et qui en décide ?

L’histoire rappelle, d’ailleurs, qu’en France, les relations entre engagement politique et appartenance maçonnique ont toujours été complexes, parfois conflictuelles.

Universalisme et reconnaissance des différences : une opposition si nette ?

Une des lignes de fracture les plus souvent évoquées concerne l’opposition entre universalisme républicain et approches plus attentives aux identités ou aux discriminations spécifiques. Mais cette opposition est-elle aussi tranchée qu’on le dit ?

La laïcité, par exemple, doit-elle être comprise comme une stricte invisibilisation du religieux dans l’espace public ou comme un cadre permettant l’expression régulée des convictions ? La fraternité suppose-t-elle l’indifférence aux différences ou leur dépassement conscient ? Et la raison peut-elle intégrer des dimensions émotionnelles, historiques ou sociales, sans se renier ?

Dans cette perspective, les positions de LFI apparaissent à certains comme incompatibles avec l’idéal maçonnique, tandis que d’autres y voient une relecture — certes, contestée mais indéfiniment soumise à discussion — de ces mêmes principes.

Pour finir : une question de conscience… et de discernement

Plutôt que d’affirmer une incompatibilité absolue, ne faudrait-il pas envisager cette question sous l’angle, d’abord, d’un appel à la réflexion individuelle ? Être à la fois franc-maçon et sympathisant d’un mouvement politique implique sans doute de naviguer entre des tensions, des arbitrages et, le cas échéant, des inconforts et ce n’est point exclusivement réservé à un secteur de l’opinion, en particulier. Cependant, à ce stade, on ne peut s’empêcher de se demander s’il existerait, malgré tout, un éventail d’engagements « acceptables », au sein du spectre politique global. Ce n’est pas une mince affaire…

Et ce n’est pas, non plus, une mince affaire quand on s’interroge, en son for intérieur, sur le point de savoir jusqu’où l’on peut aller sans trahir ce que l’on considère comme les valeurs initiatiques essentielles ? À partir de quel moment une divergence de comportement ou de conviction devient-elle une contradiction ? En d’autres termes, la fidélité aux principes intangibles de la franc-maçonnerie ne peut-elle, en certaines circonstances, que conduire à un aménagement des positions politiques, de manière qu’exigence de lucidité et cohérence personnelle continuent d’aller de pair, dans un plein et constant exercice de la conscience ?

Se pose, alors, a minima, dans la confrontation à l’opinion d’autrui, la question de la tolérance et du respect mutuel, de l’honnêteté et de la tempérance des échanges. L’inquiétude reste nourrie par le choix de la « conflictualité » opéré par les figures majeures de LFI et c’est cette « brutalisation » du débat qui ne peut trouver place en loge ni même entre frères et sœurs, en dehors des travaux. Comme on ne peut réduire un être humain à une pièce sur un échiquier, il reste à espérer que son engagement maçonnique permette de le révéler dans sa complexité et sa nuance.

Au fond, la franc-maçonnerie n’échappe pas aux tourments contemporains mais elle doit résister aux tourmentes historiques. Sa question se résume, en quelque sorte, à ceci :

Comment rester fidèle à un idéal de raison, de fraternité et de liberté de conscience dans un monde où la violence des situations abolit les repères, où la vision des injustices comme les conceptions de la justice se fracassent constamment ?

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28 Commentaires

  1. L’antisemitisme de LFI est évident .delit puni
    Par la loi
    Ce parti doit être interdit
    Et les pseudo ff qui appartiennent à ce parti doivent dégager

  2. J’avais loupé cet article…
    Il est drôlement tolérant envers ce « parti » qu’est LFI. Moins virulent que concernant le RN. Y aurait il complaisance ?
    Chez nous, l’appartenance à un groupe appelant et prônant des idées violentes et antisémites est strictement incompatible avec notre idéal maçonnique. Comment parler de l’édification du temple de Salomon avec des antisémites ? Il y aurait là un sacré paradoxe, ne trouvez vous pas ?
    C’est pourquoi nous sommes désormais très vigilants avec les obédiences qui acceptent la double appartenance avec LFI et qui traitent le RN différemment…
    Encore une fois, au niveau maçonnique, heureusement qu’il existe des obédiences régulières…

  3. La lecture de cet article m’inquiète, car je croyais que les maçons avaient une certaine rigueur dans leurs allégations. Insoumise, je ne me retrouve aucunement dans ce qui est dit et je me vois presque violemment menacée d’expulsion, alors que toute ma vie politique et maçonnique a été fondée sur les valeurs républicaines : liberté, égalité, fraternité, valeurs humanistes, et la recherche de la vérité, et un cheminement intérieur visant entre autre à la sagesse.
    Ne devons-nous pas nous attacher aux faits ? Le programme de LFI est un programme de justice sociale, fiscale, protecteur de l’environnement, des services publics, humaniste, c’est à dire attaché aux valeurs du vivre ensemble. LFI demande le respect du droit international pour l’ensemble des conflits. Où sont les programmes des autres partis ? Les membres de LFI n’ont jamais été condamnés pour antisémitisme ou racisme et le combattent.
    Contrairement à ce que voudrait faire croire le gouvernement et le conseil d’Etat (qui s’est déjugé), LFI n’est pas d’extrême gauche, car LFI veut une révolution citoyenne par les urnes. Comment ne pas voir les instrumentalisations par les medias des milliardaires pour dézinguer ce danger pour l’ultra-libéralisme. Où est la violence quand un socialiste traite Mélenchon de « salopard anti-sémite » , quand une députée européenne LFI est tracée depuis janvier par la justice, et quand toutes les procédures contre les membres de LFI se soldent par des non-lieux. Où est la violence alors que les membres de LFI sont perpétuellement agressés par de soi-disant journalistes racistes et qui propagent des fake-news, pourtant vérifiables sur les réseaux sociaux et plateformes de qualité. Les membres de LFI sont menacés de mort, et n’ont jamais menacé personne. Je suis consternée de voir le manque de réflexion de ceux qui mettent le RN et LFI sur le même plan. Pendant ce temps, nos libertés individuelles, liberté d’expression, associatives, politiques sont de plus en plus rétrécies comme en témoigne la CNDH, cela devrait plutôt faire l’objet de nos réflexions en loge face au totalitarisme inquiétant qui se développe.

  4. Peut-on exclure un homme au nom d’un camp politique jugé incompatible ?

    La question n’est pas de savoir si l’on peut être franc-maçon et appartenir à un camp politique.

    Elle est plus précise :

    Peut-on refuser un homme au motif que le camp auquel il est associé serait, par nature, contraire aux valeurs de la franc-maçonnerie ?

    Car c’est bien cela qui est en jeu lorsque certains affirment qu’un mouvement serait incompatible en soi avec l’initiation.

    Une telle position peut sembler relever de la prudence. Elle invoque la protection de la loge, la cohérence des travaux, la fidélité à des principes. Elle naît aussi d’une crainte réelle : celle de voir la loge devenir un lieu d’affrontement, d’instrumentalisation ou de perte de repères. Cette crainte existe. Elle est légitime.

    Mais la réponse qui consiste à exclure en amont par appartenance introduit en réalité un déplacement plus profond.

    Dans la tradition maçonnique moderne, notamment depuis la fin du XIXe siècle, la liberté de conscience s’est affirmée comme un principe central. La franc-maçonnerie ne juge pas des appartenances, mais cherche à éprouver des dispositions. Elle ne sélectionne pas des opinions, mais reconnaît une capacité à entrer dans un travail.

    Le Rite Écossais Ancien et Accepté, comme les autres rites, n’est pas une doctrine à défendre. Il est une méthode. Il constitue le dépôt d’un chemin éprouvé par des générations d’initiés. Il ne définit pas, en lui-même, de critères d’exclusion a priori, mais propose un cadre de travail et d’épreuve : rencontrer, enquêter, discerner, voter, recevoir, puis éprouver dans la durée.

    La protection de la loge ne se situe pas en dehors de ce processus. Elle est contenue en lui.

    Plusieurs enquêtes, des votes successifs, un passage sous le bandeau, puis le travail régulier : tout cela constitue un dispositif exigeant. Et l’expérience montre que tout le monde ne reste pas. La méthode vise à éprouver dans la durée plutôt qu’à décider uniquement par anticipation.

    Dès lors, refuser un homme pour le camp auquel il est rattaché — et non pour ce qu’il manifeste effectivement — revient à substituer un jugement préalable à cette épreuve.

    Refuser un homme sans l’avoir réellement éprouvé, c’est renoncer à ce que la loge est précisément faite pour faire.

    À cet instant, le regard se ferme.

    On ne considère plus un être en devenir, mais une appartenance. On n’éprouve plus une capacité, on anticipe une essence. Ce geste peut se présenter comme une vigilance. Il traduit en réalité une perte de confiance dans la méthode elle-même.

    Il existe pourtant des risques réels. Le prosélytisme, l’instrumentalisation, les tensions idéologiques peuvent traverser les loges. L’histoire en témoigne. Mais précisément, la méthode initiatique est construite pour y faire face : elle permet d’observer, de confronter, de travailler, et, si nécessaire, d’écarter.

    Ajouter un critère idéologique en amont ne renforce pas cette protection : il la remplace.

    Il faut ici distinguer. Qu’un enquêteur, dans une situation singulière, exprime des réserves relève du discernement et peut être discuté. Mais ériger en principe l’exclusion d’un camp politique jugé incompatible revient à transformer la franc-maçonnerie en espace de sélection, et non plus en lieu d’épreuve.

    Or la franc-maçonnerie n’est pas une communauté d’opinions. Elle est une voie de transformation. Elle ne demande pas : « que penses-tu ? », mais : es-tu prêt à entrer dans un travail qui te transformera ?

    Le danger n’est pas seulement d’exclure par appartenance. Il est aussi de voir la franc-maçonnerie devenir un espace de conformité, où l’on affirme des valeurs sans les éprouver, où l’on juge sans travailler, et où la méthode est remplacée par des positions.

    Car il est toujours plus facile de juger un homme que de travailler avec lui. La franc-maçonnerie commence précisément là où cette facilité est refusée.

    La question devient alors :

    Sommes-nous encore fidèles à la méthode, ou cherchons-nous à la remplacer par des critères qui nous rassurent ?

    Car vouloir protéger la loge en filtrant les appartenances, c’est risquer de la détourner de ce qu’elle est : non pas un lieu où l’on trie des positions, mais un espace où l’on met à l’épreuve des hommes.

    Une loge ne se protège pas en refusant d’accueillir, mais en restant capable d’éprouver.

    La fidélité à ses principes — liberté de conscience, fraternité, recherche de la vérité, etc. — ne se mesure pas dans les exclusions que l’on prononce, mais dans la capacité à ne pas réduire l’autre à ce que l’on pense qu’il est.

    J’ai dit,

    • Je partage ta conception de la maçonnerie
      Bien que pratiquant le RER avec une doctrine Chrétienne forte et présente dès le 1er grade, il me semble essentiel de laisser la liberté au frères de s’engager dans cette voie en connaissant et en acceptant les conditions qu’elle exige
      La méthode ou la « praxis » fera son œuvre
      C’est pourquoi le parrainage est déterminant au RER en confiant la responsabilité au F. Parrain en dehors de tout critère d’appartenance ou d’opinion
      Ce qui compte avant tout c’est le « vrai désir » du candidat ou « impétrant »
      J’ai dit
      Djé
      I. O. Eq. A monte sacro

    • çà rejoint une très vieille interrogation à laquelle je n’ai jamais pu répondre : les enquêtes et le passage sous le bandeau ! de quel droit refuser un profane alors que notre école déclare être la pour l’amélioration de l’humanité ?

  5. Je suis sympathisant-militant LFI et ne me retrouve pas dans cette amalgame « des » extrêmes…en quoi le programme de LFI est-il extrême et violent? en quoi est-il diviseur de la nation?
    Le capitalisme est bien plus violent qu’en 1981 quand les socialistes ont pris le pouvoir et le « programme commun » bien plus extrême que celui de LFI. la violence vient bien de la nature même du capitalisme actuel.
    La division vient de la culture coloniale persistante en France qui est toujours un état colonial en Nouvelle Calédonie, cela donne un prisme d’observation déformant et ignorant, sous couvert d’universalisme, les discrimination des citoyens français issu des anciens pays coloniaux. L’interprétation parfois intransigeante de la laïcité, notamment au GODF, n’a rien d’universaliste mais est parasitée par une soit disant « culture française judéo-chrétienne » qui serait menacée, l’universalisme est bien l’inverse de cette interprétation. Je ne me revendique d’aucune culture française ni d’une nationalité mais d’une citoyenneté républicaine française libre de son passé colonial et raciste. Si la Franc Maçonnerie considère cela incompatible, je n’aurais aucun mal à partir et la laisser évoluer vers un conservatisme qui transparaît sur bien des sujets fondamentaux. Ne pas vouloir espérer un autre modèle de développement social et économique est bien pour moi l’expression d’un certain obscurantisme. Les tensions dans ma loge existent bien mais elles sont maitrisés, au prix, parfois d’un silence parfois pesant, mais le travail se poursuit.

  6. Le RN comme LFI sont intolérants.
    Il est de responsabilité du parrain d’éviter de parrainer un profane de ces 2 camps. Dans le cas où un des deux camps serait initié au sein d’une des Obédiences connues et reconnues, et s’il s’avérait qu’il se révélait prosélyte, il existe un CCD et un Jury Fraternel pour le radier. Il y a aussi la procédure civile.

  7. GEORGES ARMAND: la communication médiatique favorise aujourd’hui les extrêmes LFI et RN. L’entrisme LFI dans les loges, notamment parisiennes entachent des débats que la raison devrait dominer. La prise en compte de l’Histoire se limite de plus en plus à l’immédiat sans aucune réflexion sur le passé et le fondement même de nos civilisations…il est vrai que la culture se limite trop souvent aujourd’hui aux interprétations de l’actualité…Qui se souvient encore que l’un des objectifs majeurs des Templiers était la réconciliation de l’Occident et de l’Orient ? et que ce fut un échec ! Qui ose parler de l’influence croissante des Frères Musulmans, groupe terroriste dont le mode d’action efficace par la Taqiya , pratique des mouvements extrémistes islamistes? Tant que les FM ne feront usage que de la raison et de leur merveilleuse utopie universelle, en ignorant la réalité, les extrémismes de tout poil prospéreront!

  8. Je haïssais le FN, et maintenant je hais le RN, à tel point que j’ai cessé de voir un ami de longue date, car il a eu l’imprudence de me dire qu’il votait désormais RN.
    Dans LFI, je n’aime que le titre, mais je pense aussi qu’on ne peut pas avoir un avis aussi tranché qu’avec le RN. Pour LFI est violent, accueille les antisémites et il est difficile pour un FM d’en être né serait-ce que sympathisant

    • LFI n’est ni violent, ni antisémite. Il est anti-sioniste et universaliste. Ne cédez pas aux sirènes télévisuelles, faites un effort ! Rien ne sert de haïr même le RN, il faut comprendre et s’opposer à leur expansion. Nous travaillons sur nous-même, pour être meilleur et TENDRE VERS LA CONCORDE UNIVERSELLE, ou dit autrement : AIMONS-NOUS LES UNS ET LES AUTRES. Ce n’est pas un chemin facile, mais nous nous y sommes ENGAGÉ.

  9. Si de plus en plus d’électeurs se tournent vers le RN, faut-il pour autant que les FM acceptent de renier leurs idéaux pour faire plaisir à ces électeurs ?

  10. Une « planche » ou post qui pourrait de prime abord paraître passionnante qui n’ose jamais affirmer quoi que ce soit, pas de prise de position mais un nombre considérable de questions…et pas l’ombre d’une réponse ni même une tentative. Peut-être que ke courage est ce qui manque le plus à la franc-maçonnerie, peut-être n’est plus suffisamment politique, peut-être que le temps avance trop vite, peut être que la parole du franc-maçon n’est plus libre à force d’écouter les injonctions de Cnews. Mes frères et sœurs, vous avez votre propre libre arbitre, vous êtes libres et de bonnes mœurs, donc osez. Personnellement, je voterai LFI à la prochaine élection car ce sera le dernier parti respectant ses convictions, le dernier parti de gauche et humaniste.
    Il me semble avoir dit 😉

  11. pour répondre de façon maçonnique a certains commentaires pas très lointains… Les prises de positions les moins sectaires sont de loin les plus réfléchies, et de loin les plus intelligentes ( au sens étymologique d’ailleurs). Triple bise a ceux qui nous haïssent…

  12. C’est effectivement une vraie question, et je crains qu’il y ait plus de place accordée à la passion qu’ à la raison, de la part de tous ceux qui participent au débat. D’une part il y a le programme de LFI, qui présente l’intérêt de proposer une alternance de rupture sur plusieurs plans, y compris institutionnels, qui ne devrait pas nous laisser indifférents, ne serait-ce que pour alimenter les travaux sur le thème de comment réparer la République. D’autre part il y a les postures et les discours, qui éclipsent un peu le programme, sans parler de l’acharnement médiatique. Il faut noter que certaines déclarations, ou même actions, à l’extrême droite trouvent beaucoup moins d’écho dans des médias dont une grande majorité sont aujourd’hui aux mains de soutiens de l’extrême droite (Bolloré entre autres). Il y a ce que l’on sait aussi du management au sein de LFI, visiblement très éloigné des valeurs maçonniques, qui a contraint des personnalités telles qu’Alexis CORBIERES à quitter le mouvement pour se réfugier dans un nouveau micro parti « l’après ». Et point de rupture, il y a le 7 Octobre. A la base, il y a une réaction du Hamas à un calendrier de signature des accords d’Abraham qui officialiseront la disparition du peuple Palestinien, lâché par le monde entier, y compris le monde arabe. Vouloir y réagir est un acte que nous pouvons qualifier de résistance. La confrontation des notions de résistance et de terrorisme est toujours sujet à interprétation selon le point de vue où l’on se place. Nos résistants de la période de l’occupation nazie était considérés par les forces d’occupations comme des terroristes. Mais le 7 Octobre, c’est autre chose, des résistants ne massacrent pas des civils, des femmes, des enfants, des personnes âgées. La réalité est que le Hamas est un mouvement profondément religieux intégriste qui veut en découdre avec le judaïsme. Et le gouvernement actuel de l’Etat d’Israël est dirigé par des religieux intégristes qui cherchent par tous les moyens, à étendre le judaïsme, en commençant par effacer la Palestine au profit d’un grand Israël. Il ne faut pas croire qu’ils s’arrêteront aux palestiniens, ni même aux seuls musulmans. Pour revenir à notre situation Nationale, mon avis est que les postures, prises de positions publiques, mauvais jeux de mots des responsables de LFI plombent leur programme, prêtent le flan à sa diabolisation, entrainant la gauche dans son sillage, au plus grand profit de l’Extrême droite, donc sert ses intérêts en définitif. Mon avis est que la Franc-Maçonnerie semble bien dans son ensemble être tétanisée, pas nécessairement apte à se positionner facilement. Que de silences sur le massacre de la Palestine et de la Cisjordanie, sur la souffrance des peuples libanais et Iraniens du fait de la guerre menée actuellement, que de binarité dans nos réflexions, à l’image de notre société, on a du mal à accepter que l’on puisse en même temps condamner le massacre du 7 Octobre et ceux commis par Israël depuis un demi siècle, que l’on puisse à la fois condamner le régime des Mollahs en Iran, et la guerre déclenchée par Israël et son allié Américain, à entendre les milliers de voies juives, d’Israël ou de la diaspora, qui condamnent l’action du gouvernement actuel d’Israël, à appréhender la souffrance de ces milliers de civils de tous bords qui sont nos frères et soeurs en humanité. J’ai de plus en plus le sentiment que d’être en maçonnerie amène plus à un positionnement qu’à une réflexion. Je finis par me demander si la meilleure solution n’est pas de sortir de toute structure militante ou de réflexion, pour être certain de garder son idéal d’universalisme.

    • Le 7 octobre est à l’origine une opération, militaire contre des militaires, en réponse à une colonisation et un apartheide ; mais elle a été détournée par le gouvernement israélien, ceci a été démontré (ce qui n’enlève rien à votre réflexion sur l’extrémisme religieux des deux camps). Mais il est de notre devoir de tenter la concorde universelle dans nos Loges pour l’apporter à l’extérieur. Le chemin est bigrement long encore. Mais nous sommes tenus d’y travailler.

      • Ce propos est négationniste: il nie une réalité, celle d’un pogrom perpétré avec une violence inouïe par un mouvement terroriste armé sur des civils. Qu’un F.°. M.°. ose sortir une pareille abomination relève clairement d’une provocation de ce « cœur dévoué » pour qui un bébé de quelques mois est un militaire! Une question s’impose; Que fait un troll aussi flagrant dans les commentaires de cet article remarquablement lucide et respectueux de notre engagement initiatique? Et quid de la modération de 450 FM ?

  13. je suis sympathisant LFI pour le programme de politique économique que porte ce mouvement, je combats et l’antisémitisme et la politique du gouvernement israélien que des membres de la communauté juive veulent amalgamer ( voir le projet de loi Dayan ). je suis un laïcard fier de son engagement. le GODF dont je suis membre a pris des décisions que je ne soutiens pas pas plus que je ne soutiens certaines déclarations de représentants LFI. en clair j’essaie de faire le tri entre ce que je trouve important et accessoire. et j’évite de confondre opinion politique et vie en loge.
    j’ai dit

  14. Les sujets clivants tels que la politique ou la religion ne sont pas admis en loge, tout au moins à la Grande Loge de France. Cela est de tout temps. La vision est autre concernant le Grand Orient. Mélenchon en fit partie lui-même

  15. Chacun suit sa conscience, l’essentiel est ailleurs. Dans le Temple nous devons travailler à la concorde universelle, si les idées politiques sont contraires au sein de la Loge, c’est un travail que de ne pas s’exprimer sur le sujet et d’aimer l’autre sans tenir compte de ces contraires.

  16. Vous vous poser bien trop de questions… melanchon qui était FM a taillé sa pierre d’une drôle de façon. C’est pas lui qui fabrique, l’entrisme, le clientéliste,la séparation entre les français : » tout blanc tout moche  » l’anti semitisme ?
    Faut le mettre au pied du mur .c’est là qu’on voit le maçon , mais je ne crois pas que ce type sache se servir d’une truelle.
    Il faut ignorer ce  » minus habens  » , même pas parler de lui .
    Faut être un peu sérieux, il y a bien d’autres questions à se poser.

  17. Hormis les idées je ne vois pas de difference entre RN et LFI. Chacun désigne son bouc émissaire et attise la haine pour pousser ses troupes à la violence aveugle. On a vu le résultat et je pense que ce n’est pas prêt de s’arrêter. Le seul objectif des « chefs » = prendre le pouvoir non pas sur des programmes mais sur des peurs.

  18. Au delà de la laïcité, une vraie crise en perspective LFI, cas par cas au municipales pour des candidats non RN sur une liste RN dégage !
    A force d’épurer encore et encore, on va dans le mur en klaxonnant. On fait quoi des LR aux propos pire que ceux du RN ???
    LFI idem que faire ???

  19. C’est un vaste débat sur des conceptions de la laïcité qui sont irréconciliables. La conception de l’invisiblité et celle du pluralisme revendiqué qui est à l’opposé des législateurs de la loi de 1905.
    Le GODF a choisi semble t il et c’est heureux de rester dans la doxa d’il y a 120 ans et de ce point de vue l’éviction de christian eyschen est chargée de sens. Il est clair que ce dernier tentait d’imposer dans l’obédience les thèses de la LP qui n’ont plus rien à voir avec les fondements de ce mouvement qui est devenu au fil des temps un proxy de lfi sans aucun lien avec V.Hugo ou J.Rostand , dont ils se réclament.
    La recherche de la vérité exige du courage…je le retrouve au GO.

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Charles-Albert Delatour
Charles-Albert Delatour
Ancien consultant dans le domaine de la santé, Charles-Albert Delatour, reconnu pour sa bienveillance et son dévouement envers les autres, exerce aujourd’hui en tant que cadre de santé au sein d'un grand hôpital régional. Passionné par l'histoire des organisations secrètes, il est juriste de formation et titulaire d’un Master en droit de l'Université de Bordeaux. Il a été initié dans une grande obédience il y a plus de trente ans et maçonne aujourd'hui au Rite Français philosophique, dernier Rite Français né au Grand Orient de France.

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