Antimaçonnisme – Montpellier : quand l’école devient la cible d’une haine idéologique

L’affaire des tags racistes, antisémites et antirépublicains découverts à l’entrée de trois lycées de la métropole montpelliéraine (département de l’Hérault) – Georges-Pompidou à Castelnau-le-Lez, Georges-Clemenceau à Montpellier et Jean-François-Champollion à Lattes – dépasse le simple fait divers. Elle dit quelque chose de plus grave : la volonté de certains groupuscules d’extrême droite d’installer leurs signes, leurs mots et leur imaginaire à la porte même de l’école publique.

Carole Delga

Carole Delga – Présidente du conseil régional d’Occitanie et Présidente des Régions de France – a immédiatement dénoncé une « propagande haineuse » visant « la République et son école publique », annonçant une plainte de la Région Occitanie auprès du procureur de la République de Montpellier.

L’indignation est légitime, mais elle ne doit pas masquer l’essentiel : l’école est un lieu symbolique.

C’est là que se transmettent les principes d’égalité, de respect et de citoyenneté ; c’est là aussi que l’extrême droite cherche périodiquement à frapper, parce que l’institution scolaire incarne tout ce qu’elle conteste. Les inscriptions rapportées à Montpellier relèvent donc moins d’une provocation isolée que d’un acte de guerre symbolique contre le socle républicain.

Ce nouvel épisode s’inscrit dans un climat déjà tendu autour des établissements de l’académie de Montpellier

En janvier, des alertes avaient déjà été publiées sur la présence répétée de symboles néonazis et de slogans suprémacistes dans plusieurs lycées d’Occitanie, notamment à Georges-Pompidou, où des croix celtiques et le slogan « Europe Jeunesse Révolution » avaient été signalés. Le problème n’est donc pas ponctuel : il révèle une persistance, voire une banalisation par petites touches, de marqueurs idéologiques violents aux abords d’espaces éducatifs.

Inscriptions antimaçonniques

L’alerte lancée par la présidente de Région prend, dans ce contexte, une dimension politique plus large

En demandant une réaction ferme du ministère de l’Intérieur et du rectorat, Carole Delga place la question à la jonction de l’ordre public et de la protection des mineurs. Elle rappelle implicitement qu’on ne peut pas traiter ces faits comme de simples dégradations matérielles : ils relèvent aussi d’une stratégie d’intimidation, visant des élèves, des équipes éducatives et, au-delà, la communauté nationale tout entière.

Il faut aussi mesurer la portée du vocabulaire employé

Dire « raciste », « antisémite » et « antirépublicain » n’est pas redondant : c’est nommer la pluralité des attaques. Le racisme vise des personnes ; l’antisémitisme réactive une vieille haine européenne ; l’antirépublicanisme, enfin, revendique le refus de l’universel, du commun et de la loi égale pour tous. C’est précisément parce que ces dimensions se croisent que la réponse publique doit être claire, rapide et sans ambiguïté.

La réponse institutionnelle annoncée – dépôt de plainte, nettoyage rapide, saisine du ministère de l’Intérieur – est indispensable, mais elle ne suffira pas à elle seule.

Dans des établissements scolaires, la prévention, l’éducation au discernement historique et la vigilance collective restent essentielles. Les actes de haine prospèrent rarement dans le vide ; ils se nourrissent des silences, des minimisations et de l’habitude. C’est pourquoi chaque inscription de ce type appelle plus qu’une indignation de circonstance : elle exige une politique continue de protection de l’école comme bien commun.

Logo de la République française
Logo de la République française

Il faut donc pour chacun d’entre-nous assumer une vigilance républicaine :
dénoncer la montée des signes de l’ultradroite dans l’espace scolaire ; rappeler que l’antisémitisme et le racisme sont des attaques contre le lien civique ;
souligner que l’école publique demeure une cible symbolique des extrémismes.

Au fond, l’affaire montpelliéraine rappelle une évidence trop souvent sous-estimée : défendre l’école publique, ce n’est pas seulement défendre un service administratif, c’est défendre une idée de la société. Quand des groupes extrémistes cherchent à salir ses murs, c’est la promesse républicaine elle-même qu’ils visent. Et c’est à cette hauteur que la réponse doit être pensée.

Source : X ex Twitter Carole Delga – @CaroleDelga

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Pierre d’Allergida
Pierre d’Allergida
Pierre d'Allergida, dont l'adhésion à la Franc-Maçonnerie remonte au début des années 1970, a occupé toutes les fonctions au sein de sa Respectable Loge Initialement attiré par les idéaux de fraternité, de liberté et d'égalité, il est aussi reconnu pour avoir modernisé les pratiques rituelles et encouragé le dialogue interconfessionnel. Il pratique le Rite Écossais Ancien et Accepté et en a gravi tous les degrés.

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