La Franc-maçonnerie ne se reconnaît plus dans la société qui l’entoure. Elle est née dans un monde encore dominé par le clergé, baignée dans une culture gréco‑romaine, judeo‑chrétienne, anglo‑saxonne, dont il serait naïf de prétendre qu’elle se serait débarrassée d’un coup de maillet. Le langage, le symbolisme, l’architecture du Temple, le vocabulaire de la lumière, la figure du Grand Architecte, le recours à la Bible, l’idée de Dieu‑créateur… tout cela porte une empreinte religieuse indélébile.
Mais reconnaître ces racines n’est pas les sacraliser pour l’éternité. Une tradition vivante ne se nourrit pas seulement de ses origines ; elle vit aussi de sa capacité à en dépasser les cadres mentaux. Lorsqu’un ordre initiatique continue à imposer des interprétations religieuses comme grille de lecture obligatoire, il finit par devenir un musée de la pensée du XVIIIe siècle, et non une voie pour le XXIe.

C’est précisément là qu’est le nœud du débat : la Franc-maçonnerie doit‑elle demeurer prisonnière d’une cosmologie déiste ou chrétienne ?
Même si elle est devenue, pour une majorité d’Occidentaux, au mieux un cadre culturel, au pis une contrainte. Ou peut‑elle, sans se renier, expurger de ses rituels toute emprise dogmatique pour redevenir une voie de spiritualité affranchie du joug de la religion.
Une cosmologie archaïque, une conscience contemporaine

Faut‑il rappeler que la Franc-maçonnerie moderne source ses mythes, ses légendes et toute la « liturgie » sur une époque où l’homme était encore pensé au centre d’un univers créé par Dieu. Les quatre éléments de Thalès, relayés par Empédocle, Aristote puis Ptolémée, soutiennent encore notre initiation. Le géocentrisme, l’anthropocentrisme, l’idée d’un cosmos organisé par une volonté transcendante : tout cela a marqué profondément le sens que l’on a donné à la matière, à l’espace, au temps, à la place de l’homme. Le problème est que cette idéologie place l’univers dans un environnement statique. Or ce postulat est totalement faux et pose les bases d’une future pratique erronée qui pénalise de manière épigénétique la structure mentale du pratiquant. En matière de recherche de liberté, on peut affirmer que la méthode n’est pas la meilleure.

Aujourd’hui, la science a bouleversé cette image du monde. L’homme n’est plus le centre de l’univers, mais un point de focalisation de conscience dans un cosmos vaste, complexe, régi par des lois sans plan providentiel apparent. La conscience humaine du XXIe siècle ne se reconnaît plus dans la pensée de Desaguliers, de Anderson ou de la plupart de nos fondateurs, même si elle leur doit beaucoup.
Ce clivage produit deux types de réactions.
D’un côté, ceux qui croient encore en Dieu, au Grand Architecte, à des entités transcendantales diverses. De l’autre, ceux qui situent toute causalité dans le monde naturel, refusant toute référence à un Dieu personnel ou créateur.
Le problème n’est pas qu’il existe des croyants et des non‑croyants : il est que la Franc-maçonnerie continue à articuler son symbolisme autour d’une notion de Dieu qui n’est ni vérifiable, ni partagée.
La croyance n’est pas le savoir. Et le simple fait de nommer Dieu, de lui donner une existence conceptuelle, finit par conditionner la lecture de tout le rituel, même chez ceux qui se pensent libres de toute religion.
Une trappe conceptuelle

Ce que l’on appelle le Grand Architecte de l’Univers, si floue et ouverte qu’elle soit, n’est jamais complètement dieu. Elle maintient l’idée d’une entité transcendante, d’un principe organisateur personnifié, implicite ou explicite. Or, à vouloir concilier à la fois ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, on finit par enfermer tous les deux dans la même logique. Lire à ce sujet l’excellent article paru hier.
Pour le croyant, Dieu est une réalité, mais sa définition glisse selon le degré de foi et de rationalité. Pour l’athée, le simple fait de parler de Dieu lui donne une existence grammaticale, symbolique, sociale, même s’il la rejette en réalité. Les deux camps se retrouvent alors piégés dans une pensée qui n’accepte pas vraiment la radicalité de leur position. La croyance devient une foi floue, et l’agnosticisme, une forme de dogme inversé. Le fondement même de la quête maçonnique – la liberté de conscience – est ainsi bridé par un vocabulaire archaïque.
La Franc-Maçonnerie, pour survivre au XXIe siècle, doit accepter une chose simple : elle ne peut plus prétendre être universelle si elle reste prisonnière d’une métaphysique particulière. Elle doit donc, sans la détruire, relire tout son symbolisme hors de la logique théologique.
Transformer le théologique en cosmologique

Le projet n’est pas de supprimer le sacré, mais de changer son centre de gravité.
Là où l’on parlait d’« œil de Dieu », on peut parler de structure de la conscience. Là où l’on évoquait la Providentia Dei, on peut parler de lois de l’harmonie. Là où l’on pensait à une révélation, on peut penser à une structure d’intelligibilité.
Autrement dit, ce qui était théologique devient cosmologique, ce qui était dogmatique devient structural, ce qui était révélé devient observable, et ce qui était mystique devient naturel. C’est une guerre de traduction, pas de suppression.
Prenons quelques exemples concrets.
Le delta rayonnant : de la Providence au champ de perception

Dans une lecture chrétienne, le delta rayonnant renvoie souvent à l’œil divin, à la Providence, à une instance qui voit tout. Dans une lecture initiatique moderne, on peut le comprendre ainsi. Le triangle = la forme stable, la structure fondamentale, l’ordre premier. L’œil central = ce qui se manifeste, ce qui devient visible, le champ de perception. Les rayons = l’énergie de relation, le passage du potentiel à l’actualisé.
Le delta rayonnant devient ainsi une structure de connaissance du monde, non plus un emblème de surveillance divine. Le triangle n’est plus un Dieu ; il est une loi de stabilité. L’œil n’est plus espionnage ; il est apparition de l’objet dans la conscience. Les rayons ne sont plus gloire céleste ; ils sont circulation de l’énergie.
Les trois piliers : cartographie de la réalité, pas de la Trinité

Les trois piliers, trop souvent lus comme une survivance de la Trinité chrétienne, peuvent être relus comme trois fonctions du réel.
Sagesse = principe d’orientation, de compréhension des lois. Force = principe de cohésion, de maintien, d’action. Beauté = principe d’harmonie, de mise en forme.
Mais on peut aller plus loin.
Le pilier du midi = le monde visible, manifesté, éclairé. Le pilier du nord = le monde non visible, latent, encore indéterminé. Le pilier central = la zone de passage, là où l’invisible devient visible.
Ainsi, les trois piliers constituent une cartographie des états de la réalité : le latent, le manifesté, le transitionnel. Ils ne sont plus un décor religieux, mais un schéma mental pour penser le mouvement du réel.
Le pavé mosaïque, les ténèbres, la lumière

Le pavé mosaïque, trop souvent réduit à une dualité bien/mal, peut être compris comme la polarité du réel : blanc = manifestation, expansion, lisibilité ; noir = retrait, réserve, potentiel. Le tout évoque l’alternance, l’oscillation, la loi des complémentarités. Ce n’est plus moral, c’est cosmologique.
Les ténèbres, dans cette lecture, ne sont pas le mal. Elles sont le non‑manifesté, le champ de possibilités, la matrice. La lumière n’est pas la révélation de Dieu, mais la condition de la visibilité, donc de la connaissance. Le passage de ténèbres à lumière devient un processus de mise au jour du réel par la conscience, non une opération théologique.
Le Temple, les colonnes, l’étoile

Le Temple n’est plus l’Église ni le Temple de Salomon. Il est la figure de l’être humain ordonné, structuré autour de fondations (principes), colonnes (polarités) et toit (unité). Les colonnes J et B ne sont plus de simples références bibliques, mais des seuils, des marqueurs de polarités, des repères de structure. L’étoile flamboyante n’est plus un signe surnaturel, mais l’image de l’émergence d’un centre de cohérence, de l’intelligence qui relie.
Le compas, l’équerre, le maître de la Loge
Le compas représente la mesure du vivant, le cycle, le rythme ; l’équerre, la structure, la rectitude, la forme stable. Ensemble, ils évoquent l’ajustement entre le mouvement et la stabilité, l’harmonie par la proportion.
Le Maître de la Loge, loin d’être une autorité quasi ecclésiale, devient le point d’équilibre du système, la fonction d’orientation, l’instance qui maintient la cohérence. Il n’est pas au‑dessus ; il est au centre.
Le cabinet de réflexion et la mort symbolique

Le cabinet de réflexion est un des lieux les plus aisés à naturaliser symboliquement. C’est le lieu de retrait, de suspension, de gestation. Les éléments qui s’y trouvent – sel, soufre, mercure, sable, terre, eau – peuvent être lus comme des principes de transformation : fixation, énergie, circulation, matière première.
La mort symbolique, enfin, ne renvoie pas à une opération de salut post‑mortem, mais à la fin d’un état de conscience, à la dissolution d’une forme ancienne pour laisser place à une forme nouvelle. C’est une métamorphose, non un dogme.
Le secret : entre écologie de la connaissance et révélation sacrée
Le secret, trop souvent légitimé par une sacralisation de l’ésotérisme, peut être compris autrement : il est ce qui n’est pas encore formulé, ce qui mérite d’être protégé de la dilution, gardé du bruit ambiant.
Le secret devient alors une écologie de la connaissance : il protège le temps de maturation, refuse la mise en scène prématurée, distingue entre ce qui est à partager et ce qui est à vivre. Le mot de passe, lui, n’est pas un mot magique, mais un seuil, un signal de passage.
Ne pas vider la forme, mais transformer le fond

Le risque majeur est d’imaginer qu’il suffit de retirer toute référence religieuse pour être plus « laïque ». Certaines obédiences, poussées par un anticléricalisme primaire, ont vidé leurs rituels de toute spiritualité, au nom d’une rationalité étroite. Elles n’ont pas libéré la Maçonnerie ; elles l’ont appauvrie. Elles ont remplacé une soumission religieuse par une soumission laïque.
L’enjeu, au contraire, est de travailler sur le fond, non sur la forme. Il ne s’agit pas de créer de nouveaux rituels exotiques, mais de reformuler la lecture traditionnelle. Le geste, le déroulement, la structure peuvent demeurer ; seule la grille de lecture change. Chaque symbole devient une structure de connaissance du monde, non un dogme.
On peut résumer cette méthode ainsi.
Ce qui était théologique devient cosmologique. Ce qui était dogmatique devient structural. Ce qui était révélé devient observable. Ce qui était mystique devient naturel. Ce qui était personnifié devient fonctionnel.
Une question de survie, pas seulement de goût
Le problème actuel de la Franc-maçonnerie n’est pas qu’elle vieillit, mais qu’elle se réfugie derrière ses anciennes formes comme un uniforme protecteur. Jadis, elle était à l’avant‑garde de l’émancipation intellectuelle. Les esprits éclairés, les philosophes, les réformateurs, les scénaristes de la modernité ont souvent été des maçons. Aujourd’hui, l’Ordre se tait souvent, se ferme, se replie, et se limite à une piété symbolique sans impact réel sur la société.
Comme le disait, dans un ton acerbe, un ami proche : « La Franc‑maçonnerie n’intéresse plus les maçons. » Il y a, dans cette phrase, une part de vérité troublante.
Si la Maçonnerie veut continuer à être une voie de transformation, il faut cesser de confondre fidélité au rituel et fidélité à l’essence. L’essence, ce n’est pas la répétition de formes, mais la capacité du rituel à produire transformation, discernement, liberté. Si les formes ne sont plus porteuses de sens pour une majorité de pratiquants, alors il faut avoir le courage de les interroger.
Une proposition claire, assumée

La proposition peut être formulée simplement. Expurger nos rituels de toute interprétation religieuse obligatoire. Conserver la structure initiatique : le maillet, la planche, le degré, le secret, le cabinet, le Temple, les outils. Relire l’ensemble de la symbolique dans un langage de lois naturelles, de relations, de formes et de structures. Cela ne signifie pas nier les lectures chrétiennes ; cela signifie les déplacer, les faire coexister avec d’autres lectures, sans qu’aucune ne devienne normative pour tous. On peut alors poser, pour chaque symbole, trois questions.
Garder à l’esprit avant toute chose que la maçonnerie est polymorphe et surtout polysémique. C’est sur ce second point qu’il faut travailler à l’évolution.
Quelle est sa fonction dans l’espace et le temps du Temple. Quel état du réel représente‑t‑il : visible, latent, transition, énergie, structure. Quel rapport décrit‑il entre matière, forme et conscience.
Avec cette méthode, on peut réécrire presque tout le langage chrétien en langage de lois de l’univers.
Une voie de spiritualité, non de religion

La Franc-maçonnerie n’a pas besoin de se cacher derrière Dieu pour être profonde. Elle n’a pas besoin d’inventer des entités surnaturelles pour avoir du sens. Elle a besoin, simplement, de retrouver le courage de ses idées, et de cesser de confondre ce qui est historiquement inévitable avec ce qui est dogmatiquement incontesté.
Expurger Dieu et la religion de nos rituels, ce n’est pas enlever le sacré. C’est le libérer du joug de la religion pour en faire une spiritualité de la connaissance, de la relation et de la transformation.
Si la Maçonnerie doit continuer à vivre au XXIe siècle, c’est précisément cette audace-là qu’elle doit assumer. Sinon, elle restera belle, cohérente, émouvante… et tragiquement décalée par rapport à ceux qu’elle prétend initier.
Autres articles sur ce thème

Dommage de voir tous les propos haineux qui suivent cet article que pour ma part, je trouve excellent. J’ignorais que l’irrespect d’autrui était le fondement de la fraternité.
Frédéric
Je serai très iinteressée que vous définissiez votre concept de la cosmologie.
Certains auteurs ont traité de la cosmogonie en l’étudiant dans les sociétés traditionnelles. Il s’agit par des rites de revivre le moment de la création pour intégrer un élément nouveau dans la tradition et maintenir l’harmonie entre le nouveau et la création (voir Mircea ÉLIADE).
La divinité, le sacré sont centraux, l’individualité au service de ce destin commun.
La tradition initiatique, symbolique maçonnique s’appuie sur l’hermètisme . C’est un courant incarné par les fondateurs de la maçonnerie tel qu’ Aschmole….( voir France Yates). C’est une large tradition hermétique héritée de Marsile Ficin, des grands auteurs de la renaissance tels Rabelais, Érasme…Cette voie alchimique est une méthode intérieure de transmutation de nos ombres en lumière, ni bien-ni mal mais une traversée des forces pour arriver de la dualité à la dialogie…par le chemin et non le mental, la rationalité.
La religion, c’est faire relation avec soi, autour de soi et plus. C’est relier dans une pensée complexe, qui prend en compte les systèmes et non qui sépare, organise, énumère voir votre texte…(Edgar Morin, introduction à la pensée complexe).
Nos réf: « la Table d’Émeraude », « les noces alchimiques » qui est la gnose d’un christianisme universel, mais aussi du judaîsme, soufisme, décrivent ce que vit tout initié qd il écoute le divin en lui.
Attention au concept hors sol, sans odeur, sans saveur qui mène vers les sombres pensées de l’obsolécence de l’homme , celles du destin individuel, de l’égo philosophique et s’autodetruisent sur le long temps avec des dégats.
prêchi-prêcha un peu facile, encore une fois trop redondant…
J’ai assisté à une conférence à Lyon où un petit homme triste essayait aussi d’amener son auditoire à l’apostasie.
Expurger ce prosélytisme plutôt que nos valeurs chrétiennes, pourquoi pas ?
MTCF extirpe-toi des profondeurs et des ténèbres, je t’envoie mes meilleures pensées les plus lumineuses pour t’aider…
Le débat qui est la source des schismes de l’église en 2000 ans est retombé très rapidement sur la FM. L’église est devenue rapidement dogmatique car c’est une construction politique de Rome, la FM dès 1717 a été créée elle sur ces bases dogmatiques encouragée par la dite période des lumieres côté protestant. La spiritualité a été elaguèe de l’église, seuls quelques hommes ont et non sans risque ont su sortir de la pensée imposée. La pensée collective n’a toujours pas d’âme et ne peut par cela recevoir l’esprit pour ceux qui comprennent. La FM ne s’est pas accaparée la notion invisible spirituelle abandonnée par le christianisme. La FM aurait pu être le nouveau phare sur l’extérieur en présentant des nouveaux vrais sages exemplaires. Trop tard. Aujourd’hui les FF et SS se font face sur un fondement incompris nommé Dieu ou GADLU universel mais inaccessible sans la démarche préalable spirituelle. Une fraternité hypocrite qui ne se reconnaît pas par logique de la raison. Comment serait-ce possible quand ont impose des interdits sur les principaux sujets qui entretiennent la pénombre quotidienne environnementale ?
RELIGION INITIATION POUVOIR
L’Orient Éternel a dit…
Auteur PHILIPPUS. 02/2026
Éditions maçonnique LOL L’Orient de lumière
440 pages. 17.50€ amazon.fr
Fraternellement mais individuellement…
Ce monsieur veut supprimer le dogme, mais il nous impose le sien. Il suffit de voir la façon dont il écrit : lui seul a la vérité absolue, sans aucun doute, avec une certitude absolue : le dogme a l’état pure. Je suis content de voir tous les commentaires qui vont dans le même sens. Ce monsieur est donc bien seul… Paix à lui.
Oui, il cite même un très excellent article paru hier sur le même sujet.
Ce n’est pas si difficile d’être juge et partie.
Où est le problème ?
« Deus sive Natura » disait Spinoza (« Dieu, c’est-à-dire la Nature »).
Ce dogmatisme athée qui veut conserver la forme mais expulser le contenu n’est plus qu’une parodie de maçonnerie. La négation de la transcendance empêche toute spiritualité.
Il ne s’agit pas non plus de pensée « laïcarde ». La laïcité, c’est d’abord la liberté de conscience, qui inclut la liberté de croire.
Bref, M. Delatour n’est pas mon Frère.
» lire l’excellent article paru hier » écrit bien sûr par ce même auteur… ce frère a une très grande humilité , une tolérance et une réflexion bien dirigée.
Si le GADLU le gêne, il y a le R F qui n’en fait pas référence.
Ahrch ! Je me méfie des gens qui veulent tout mettre dans le même sac .
Travaille .
Oui
Il y a aussi du fanatisme, à quand le 3ème épisode ?
« Si le GADLU le gêne, il y a le R F qui n’en fait pas référence. »
Le RF groussier du GO… dans les autres obédiences, Il est là, et même un peu trop « le Grand Architecte de l’Univers, qui est Dieu » y est-il explicitement récité.
Il n’existe aucune spiritualité athée…
L’athé niant toute transcendance, il ne peut concevoir de spiritualité.
C’est pour palier à son absence de Foi qu’il existe une voie substituée… Où on y parle politique et où on critique la religion chrétienne (pas les autres)…
Mais ça n’est plus de la Franc-maçonnerie.
bravo !!!
A ce sujet lire plutôt André comte sponville : « l’esprit de l’athéisme, introduction à une spiritualité sans dieu »
C’est une affirmation gratuite. Si la spiritualité se réduisait à la croyance en Dieu, alors il suffirait d’être croyant pour être spirituel, ce que l’expérience dément chaque jour.
L’athée ne nie pas nécessairement toute transcendance ; il refuse simplement d’affirmer l’existence d’un dieu. Il peut parfaitement s’interroger sur le sens, la conscience, la mort, la beauté, la morale ou sa place dans l’univers.
Quant à la franc-maçonnerie, elle est historiquement plurielle. Prétendre que plusieurs centaines de milliers de francs-maçons adogmatiques ne font « plus de franc-maçonnerie » relève davantage de l’anathème que de l’histoire.
« Un franc-maçon ne sera pas un athée stupide ni un libertin irréligieux. »
Fin de l’histoire…
Quand à croire que la maçonnerie libérale relève de la Franc-maçonnerie, c’est la méthode coué…
Relire la voie substituée de Baylot.
Laisser les métaux à la porte du temple ne s applique pas seulement aux croyants…
On nous explique ici qu’il faut sauver la Franc-maçonnerie du dogme en lui imposant une lecture obligatoire sans Dieu, sans transcendance, sans mystère. C’est audacieux : brûler l’encensoir pour parfumer le Temple au désinfectant intellectuel. La Maçonnerie n’a jamais eu besoin qu’on “expurge” ses symboles ; elle a besoin qu’on cesse de les rapetisser à la taille des certitudes de ceux qui les regardent sans plus les entendre, et encore moins de les comprendre…
Ce discours bien « laicard « du type « primitif » fait l’impasse sur notre héritage, et surtout, montre une incompréhension de ce que l’on appel « le Sacré ».
a l’heure ou nos sociétés re-cherche une spiritualité (laic ou religieuse), il atteint l’intégrité de nos Rites.
merci !!
Pour expurger non pas dieu mais ceux qui prétendent le représenter par leurs écrits il faut simplement réécrire les rituels en supprimant les références bibliques et christiques qu’ils comportent. Certaines loges certains chapitres l’ont fait.
G dit
Vous pouvez faire tout ce que vous voulez, mais n’appelez pas cela de la Maçonnerie. Celle-ci repose sur une tradition initiatique. En l’oblitérant vous la tuez. Vos conceptions sont profondément athées. C’est légitime mais ce n’est pas maçonnique.
La « traduction » que vous proposez fait l’impasse sur un élément essentiel : l’hétéronomie, l’existence d’un projet extérieur à l’Homme qui s’impose à lui et face auquel il déploie sa liberté. C’est au regard de cela que s’organise toute la Maçonnerie. Je parle bien d’un projet, pas uniquement de lois comportementales. En en faisant l’économie vous la dénaturez profondément. L’Homme alors boucle sur lui-même, seul acteur d’une pièce grandiose. On est alors dans l’athéisme total. Appelez cela comme vous voulez mais pas Franc-Maçonnerie.
La preuve suffisante que vous en extrayez est que vous renoncez au temple de Salomon. Toute la symbolique tombe alors à l’eau. On ne peut pas faire coexister une lecture fondamentalement athée et une lecture fondamentalement théiste.
Il ne s’agit pas de bondieuserie, mais fondamentalement d’hétéronomie comme l’indique Marcel Gauchet. Alors c’est peut-être moins à la mode, quoique…, mais l’initiation traditionnelle n’est pas une mode. On ne fait pas du markéting.
D’un côté vous dites que vous voulez changer la forme et garder l’essence, d’un autre vous avouez que votre projet est l’exact inverse : garder la forme, mais renoncer à l’essence.
Je bois vos paroles. Vous avez écrit un mot magique : INITIATIQUE…
Sans spiritualité, pas d’initiation.
Sans transcendance, pas de spiritualité…
CQFD.
Excellent article, qui pose une vraie question de fond. La franc-maçonnerie peut-elle encore se dire voie de liberté lorsqu’elle se laisse parfois reconduire vers des formes de religiosité à peine déguisées ? Certaines obédiences ou microstructures, le Grand Prieuré des Gaules en tête, semblent moins travailler à l’émancipation de la conscience qu’à la reconstitution d’une sorte d’aumônerie en tablier. À force de sacraliser la croyance, de confondre symbole et catéchisme, rite et dévotion, tradition et nostalgie ecclésiale, nous ne sommes plus très loin d’un rassemblement de croyants cherchant dans la maçonnerie ce qu’ils ne trouvent plus dans l’Église officielle.
Le problème n’est évidemment pas que des francs-maçons soient croyants. La liberté de conscience l’autorise pleinement. Le problème commence lorsque la croyance devient l’horizon implicite du travail initiatique, lorsque le Temple se met à ressembler à une chapelle de substitution, lorsque l’on remplace la quête symbolique par une bondieuserie rituelle. La franc-maçonnerie n’a pas vocation à devenir une seconde Église, ni une Église de rechange pour déçus du catholicisme institutionnel. Elle est un chantier de l’esprit, non une sacristie avec équerre et compas.
Que chacun prie où il veut. Mais que l’on ne confonde pas l’initiation avec la dévotion organisée.
Au moins cher Vincent, on ne pourra pas vous reprocher de ne pas exposer clairement votre position.
Pouvez-vous admettre cependant que d’autres maçons pensent autrement que vous-même ?
Et qu’ils puissent pratiquer paisiblement la maçonnerie qu’ils ont librement choisie.
Personne ne vous empêche a priori de pratiquer la vôtre, si ?
Qui donc alors ?
Certainement pas les maçons rectifiés qui semblent tant vous contrarier du seul fait de leur existence.
Liberté de penser et Initiation ?
Vous devez être de l’église du monstre en spaghetti ?
L’Initiation existe uniquement par la spiritualité. Un maçon ne saurait être athé (stupide) ni libertin (irreligieux).
Il faut donc croire en quelque chose qui nous dépasse, qui est transcendant… C’est le premier dogme maçonnique.
Si vous ne croyez en rien au nom d’une liberté de pensée illusoire, vous ne serez jamais maçon parce vous ne verrez jamais cette lumière qui brille dans vos ténèbres.
Mais on peut faire de la maçonnerie-club, ce que la maçonnerie « libérale » réussit à faire plutôt bien, allant jusqu’à critiquer les religions et faire de la politique…
Mais ce n’est pas de la maçonnerie…