Il y a quelques jours, mon confrère Charles-Albert Delatour a publié deux textes qui proposaient, non pas des vérités révélées, mais de simples pistes de réflexion sur l’évolution possible de la Franc-maçonnerie face à la religion (lire ci-dessous). En Loge, on appellerait cela une planche ; sur les réseaux sociaux, cela devient aussitôt un crime de lèse-fraternité.
Car enfin, il faut croire qu’entre le maillet et le clavier, certains Frères ont perdu non seulement le sens de la mesure, mais aussi celui du silence. À la moindre idée qui bouscule leurs petites certitudes bien cirées, voilà le respectable initié transformé en expert autoproclamé, en procureur de salon, voire en troll à gants blancs. Trente ans de pratique, trois cordons, deux décors et un tablier impeccable… pour finir à commenter comme un comptoir de gare un soir de grève.

La Franc-maçonnerie a-t-elle vraiment baissé pavillon devant les réseaux sociaux ? À voir la vitesse avec laquelle certains confondent débat et défouloir, on pourrait le croire. Il suffit d’un désaccord pour faire tomber les belles résolutions, et d’un écran pour révéler que sous la tenue, il reste parfois un tempérament de charretier. Quel dommage : la discrétion est une vertu maçonnique ; l’agitation numérique, elle, semble devenue le nouveau rite d’initiation de quelques-uns.
Les deux articles en question
