Charles-Albert Delatour mérite le bûcher…

Il y a quelques jours, mon confrère Charles-Albert Delatour a publié deux textes qui proposaient, non pas des vérités révélées, mais de simples pistes de réflexion sur l’évolution possible de la Franc-maçonnerie face à la religion (lire ci-dessous). En Loge, on appellerait cela une planche ; sur les réseaux sociaux, cela devient aussitôt un crime de lèse-fraternité.

Car enfin, il faut croire qu’entre le maillet et le clavier, certains Frères ont perdu non seulement le sens de la mesure, mais aussi celui du silence. À la moindre idée qui bouscule leurs petites certitudes bien cirées, voilà le respectable initié transformé en expert autoproclamé, en procureur de salon, voire en troll à gants blancs. Trente ans de pratique, trois cordons, deux décors et un tablier impeccable… pour finir à commenter comme un comptoir de gare un soir de grève.

La Franc-maçonnerie a-t-elle vraiment baissé pavillon devant les réseaux sociaux ? À voir la vitesse avec laquelle certains confondent débat et défouloir, on pourrait le croire. Il suffit d’un désaccord pour faire tomber les belles résolutions, et d’un écran pour révéler que sous la tenue, il reste parfois un tempérament de charretier. Quel dommage : la discrétion est une vertu maçonnique ; l’agitation numérique, elle, semble devenue le nouveau rite d’initiation de quelques-uns.

Les deux articles en question

11 Commentaires

  1. Pour moi il suffit simplement de se référer à la déclaration du convent de Lausanne de 1875 qui fixe les règles…Il ne me semble pas que les rituels notamment le REAA que je pratique en loge soit dérangeant ! En effet sur nos colonnes à la GLdF nous avons toute la palette humaine de la croyance ou pas ! Donc pour moi c’est un faux problème comme c’est en générer notre époque, il suffit de reconnaître en l’autre un frère en humanité avec sa libre pensée et tout comme Voltaire est prêt à la défendre même si mon frère ou ma sœur ne pensent pas comme moi…le reste n’est que littérature.

  2. « Vous ne prendrez pas les mots pour des idées et vous vous efforcerez toujours de découvrir l’idée sous le symbole ».
    Alors, je repose ma question : où est le problème ?
    Bien fraternellement à toutes et tous.

  3. le cerveau humain est rempli de biais cognitif .Y compris l’excellent travail de notre frère .voulez vous les chercher ou souhaitez vous que je vous les révèle ?

  4. Il faudra du temps pour que nous maîtrisions l’internet et ses réseaux, nos enfants sont parfois plus sages que nous. Pour ce qui est de la maîtrise personnelle, il est certain qu’une partie d’entre nous ne maîtrisera jamais la Loge.

  5. Il est vrai que la majorité des réactions était plutôt hostile…
    Je crois qu’il y a deux débats qu’il faut distinguer :

    – Ce que l’on appelle spiritualité
    – Ce que l’on appelle Franc-Maçonnerie

    J’admets tout à fait l’existence de spiritualité athée. Il s’agit d’une recherche de sens (individuel, social et cosmique) qui considère qu’il n’existe pas de « projet » au niveau cosmique. Seul l’Homme ou bien une partie « éclairée » de l’humanité peut concevoir un sens à notre existence.
    Il existe à côté de cela des spiritualités « théistes » (selon ma définition), celles qui considèrent qu’il existe a priori (méthodologiquement) un projet cosmique et qui le recherchent.
    Ce que l’on appelle spiritualité « déiste » me parait relever en fait de l’une ou l’autre des deux catégories ci-dessus. La spiritualité « agnostique » ou « laïque » relève, à mon sens, de la spiritualité athée car en matière de recherche spirituelle, l’absence d’hypothèse est déjà l’hypothèse de l’absence. L’existence de Dieu, comme la liberté de l’Homme, n’est pas quelque chose qui se démontre métaphysiquement. Si vous ne l’avez pas au départ, vous ne l’aurez pas à l’arrivée. (A mon humble avis)
    Il ne me gêne donc nullement que certains développent une spiritualité athée.

    Une toute autre question est ce que l’on appelle Franc-Maçonnerie. Et là vous n’empêcherez pas, que pour les Francs-Maçons « réguliers » (le groupe de la GLUA, mais d’autres en dehors pensent de même), le refus de toute politique en Loge et la croyance en Dieu (en postulat méthodologique) sont des « Landmarks » essentiels.
    Ce qui peut sembler en effet bien peu fraternel vis-à-vis de ceux qui pensent et vivent différemment. Mais la fraternité et la bienveillance n’excluent pas la sincérité.
    Prenons l’exemple du football : que diriez-vous à ceux qui au nom de la « liberté de conscience » voudraient jouer au football avec un ballon ovale ? Je prétend que c’est la même chose.
    En effet la Franc-Maçonnerie se présente comme une tradition initiatique. Cela impose certaines règles. Supprimer ces deux éléments pose la question de ce que l’on peut appeler Franc-Maçonnerie.
    Il faut vraiment lire le livre de Jean Baylot, « la voie substituée ». Il vient d’être réédité. Il montre que s’est passé au 19ème siècle en France et dans d’autres pays « latins » , en réaction à la politique de l’Église catholique, quelque chose qui a profondément altéré la FM de ces pays.
    Le problème, pour moi, n’est pas tant les FF et SS du GO qui sont souvent de vrais et bons Maçons que je « reconnais comme tels », que la « doctrine » de leur obédience, qui elle, ne me parait pas maçonnique du tout (au travers de ce que j’en vois). Le dialogue doit quand même se poursuivre dans le respect réciproque. La difficulté, réelle, est de définir quelque chose qui nous rassemble et qui soit cependant spécifique. D’où le grand intérêt de l’article récent de Pierre d’Allergida sur le sujet (et auquel je n’ai pas suffisamment rendu hommage dans mon commentaire).

  6. Ce qui me frappe dans nombre de ces réactions, c’est qu’elles reposent souvent sur l’impossibilité de concevoir que d’autres puissent vivre sincèrement la spiritualité autrement.
    Pour certains, la spiritualité est indissociable de la foi en une transcendance. C’est une position parfaitement respectable. Ce qui l’est moins, c’est d’en déduire que toutes les autres approches sont nécessairement dépourvues de profondeur ou étrangères à la franc-maçonnerie.
    L’expérience personnelle devient une norme universelle. La diversité réelle de la franc-maçonnerie disparaît au profit d’une vision monolithique, doctrinaire où il n’existerait qu’une seule manière légitime d’être maçon.
    C’est précisément là que le débat se ferme. On ne discute plus des idées ; on distribue des certificats de régularité spirituelle. Celui qui pense autrement n’est plus un contradicteur mais quelqu’un qu’il faut exclure du périmètre de la « vraie » maçonnerie.
    Pourtant, l’histoire maçonnique est tout l’inverse. Il y a toujours eu au sein de la maçonnerie une coexistence entre des sensibilités théistes, déistes, agnostiques et athées. Vouloir réduire cette richesse à une seule définition revient finalement à substituer le dogme à la réflexion.

    • tout à fait d’accord. je suis membre du GO depuis 3 ans initié dans une loge très anticléricale ( certains FF étaient même antireligieux ce qui me paraissait anti maçonnique ). Athée et laïcard comme disent les Q bénis je ne confond pas mes idées et les principes maçonniques fondamentaux en particulier la tolérance tant qu’elle est réciproque. la FM offre un panel de choix selon sa sensibilité, refuser ce choix c’est sortir de la FM.
      G dit

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Alexandre Jones
Alexandre Jones
Passionné par l'Histoire, la Littérature, le Cinéma et, bien entendu, la Franc-maçonnerie, j'ai à cœur de partager mes passions. Mon objectif est de provoquer le débat, d'éveiller les esprits et de stimuler la curiosité intellectuelle. Je m'emploie à créer des espaces de discussion enrichissants où chacun peut explorer de nouvelles idées et perspectives, pour le plaisir et l'éducation de tous. À travers ces échanges, je cherche à développer une communauté où le savoir se transmet et se construit collectivement.

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