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Le corps d’Hiram est ramené dans l’enceinte du Temple. Les deux surveillants tentant de le redresser constatent que le corps se désagrège : « Tout se désunit », dit l’un. « La chair quitte les os », dit l’autre. Alors on le redresse par les cinq points de la Maîtrise.
Les cinq points de la Maîtrise

1 ° Se prendre mutuellement le poignet droit en formant la griffe
2° Approcher réciproquement le pied droit par le côté intérieur
3° Se toucher le genou droit fléchi
4° Rapprocher les poitrines du côté droit
5° Poser réciproquement la main gauche sur l’épaule droit vers le dos et appuyer la main sur le dos.
En fait si l’on regarde les séfiroth sur le corps de l’homme on constate que le V\M\ ranime en quelque sorte les séfiroth placées sur le côté droit du cadavre.
Car ne l’oublions pas : « les séfiroth brillent en chaque créature, car la puissance du Créateur réside en toute chose selon la capacité réceptrice de celle-ci. »[1]
-Par le côté intérieur du pied droit il réanime Malkhouth, Royaume
-Par le côté intérieur du genou droit Netsa’h Victoire
-Par les épaules du côté droit ‘Héssèd Clémence
-Par la poitrine Tiféréth Harmonie
-Par le côté droit du visage ‘Hokhmah Sagesse
Quant à Yessod Fondement, il est animé par Tiféréth dont il reçoit l’influx directement.
Ainsi placés, le Mot sacré substitué est communiqué en deux syllabes d’une oreille à l’autre :
« Moha » d’un côté, « Bon » de l’autre.

Ces cinq points de la Maîtrise font écho aux cinq points parfaits de la Maçonnerie opérative tels qu’on peut le voir sur de nombreuses images anciennes (comme ci-dessus sur l’église romane de notre Dame de la Grande à Poitiers à côté d’une gravure maçonnique).
Une fois ainsi enlacés, le Mot sacré substitué est communiqué en deux syllabes d’une oreille à l’autre
Moha d’un côté Bone de l’autre.
Le souffle de la parole transmis par les deux oreilles ressuscitent H’iram dans le corps du nouveau Maître qui reçoit alors les cinq souffles en rapport avec les cinq points.
La résurrection de H’iram et les cinq souffles
Pourquoi cinq ?

Parce que le nombre cinq en hébreu c’est le Hé qui est le souffle et il y a cinq niveaux de l’âme en rapport avec les cinq niveaux du souffle : Néfesh, Roua’h, Neshamah, ‘Hayah, Yé’hidah.
-Néfesh, premier niveau correspond au monde de l’Action, à Malkhouth c’est le souffle vital, la vie, la respiration, l’ego.
-Roua’h, deuxième niveau correspond au monde de la Formation, aux six séfiroth de Yessod à ‘Héssèd. C’est le souffle de l’existence.
-Neshamah, troisième niveau. Il correspond au monde de la Création, à Binah, l’âme divine.
-‘Haya, quatrième niveau. Il correspond au niveau le plus bas du monde d’Atsilouth, qui est le monde de l’Émanation soit à Keter et ‘Hokhmah. Il est déjà très élevé.
-et enfin Yé’hidah, le niveau le plus élevé d’Atsilouth au-delà du temps.
Les cinq souffles dans Ézéchiel

Ces cinq souffles prennent leur source dans Ézéchiel (Ézéchiel XXXVII).
Yahvé le dépose au milieu d’une vallée remplie d’ossements très secs. Il lui dit qu’il peut les faire revivre et lui délègue ce pouvoir :
« Prophétise sur ces ossements. Tu leur diras : écoutez la parole de Yahvé ».
Ézéchiel prophétise, les os se rapprochent, les nerfs, la chair et la peau s’y remettent par-dessus. Mais pas de souffle en eux.
Alors lui dit Yahvé « Dis au souffle : Des Quatre souffles (rouoth), Viens souffle !
Gonfle ces morts, Gonfle tous ces tués et qu’ils vivent ! Ézéchiel fait comme il l’ordonne, le souffle vient en eux et ils vivent. Ils se dressent sur leurs pieds. » (Chouraqui fait remarquer que le souffle vivifiant est distinct des quatre autres)
Ainsi L’Éternel par la bouche du prophète fait venir les cinq souffles qui font se redresser les morts[2] dont il a fait rassembler les morceaux.
Les cinq points et les cinq plaies du Christ

Ces cinq plaies, dès le 13ième siècle, s’inscrivirent dans le « culte des cinq plaies soit « les deux pieds, les deux mains et le flanc (En grec pleuran soit « côte », « côté » ou « flanc ») ouvert par la lance » Il en sortit du sang et de l’eau. (Jean 19) Il n’est pas précisé s’il s’agit du flanc droit ou gauche et il n’est pas question du cœur non plus. [3] Ce culte des cinq plaies va se trouver dans les rituels du Compagnonnage. Lors de la réception d’un candidat, celui-ci était assimilé au Christ enveloppé dans son linceul et mis dans un tombeau. Puis, relevé par ses coteries, il se faisait reconnaître par cinq points en relation avec les cinq plaies.
[1] A. Safran Sagesse de la Kabbale II Stock
[2] Marie Delclos Franc maçonnerie et Kabbale
[3] Peinture vers1320 Monastère de Klosterneubourg Autriche in Le sang et les hommes de J. L. Binet
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